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ATLAS DU PROCHE-ORIENT ARABE

Fabrice BALANCHE
RFI / PU Paris-Sorbonne (PUPS)


atlas-du-proche-orient-arabe« Dessiner l’unité et la diversité du Proche-Orient arabe contemporain – Syrie, Liban, Jordanie et Palestine – voici l’ambition de cet atlas, le premier du genre »

PRESENTATION

Lorsque l’on évoque le Proche-Orient, c’est avant tout pour parler des contentieux israélo-arabes. On y inclut alors les pays de cette zone de tensions : la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine et Israël. L’Égypte est sortie du Proche-Orient en signant les accords de Camp David en 1978.
Espace ouvert à l’époque ottomane, interface entre l’Europe et l’Asie, la région s’est progressivement fermée. Le conflit israélo-arabe a contribué à détourner les investissements et les courants commerciaux de la région, mais surtout, il a eu une influence notable sur la formation des Etats. Syrie, Liban et Jordanie sont nés en même temps que l’État d’Israël. Certes, ils ont choisi des voies divergentes en matières économique et politique, mais les différences ne sont pas aussi fortes qu’il n’y paraît en raison de leur proximité culturelle.

TABLE DES MATIERES

LA MENACE DE L’ARIDITE
LES DOMINATIONS ETRANGERES
LES CONSTRUCTIONS NATIONALES
POPULATION ET DEVELOPPEMENT
UNE ECONOMIE FRAGILE
L’ARCHIPEL URBAIN DU PROCHE-ORIENT
LA PALESTINE EN PARTAGE
GEOPOLITIQUE DU PROCHE-ORIENT

LU DANS LA PRESSE

« Basé sur une problématique novatrice – replacer cette zone dans son concept géographique et historique d’origine : le Bilâd es Sham – cet atlas analyse les particularités et les points communs du Proche-Orient, qui bien que constituant une « entité géographique » dès le VII ème siècle, s’est trouvé fragmenté politiquement à la suite de la Première Guerre mondiale et de la mise en place des mandats sur la Syrie, le Liban, la Palestine et la Transjordanie. Depuis 1948, avec la création de l’Etat d’Israël, cette région est en guerre : le conflit a pesé sur la construction interne de chacun des Etats du Proche-Orient et a modifié leur développement économique. L’auteur s’attache en 52 fiches réparties en huit chapitres à analyser les « traits communs » et les différences entre ces Etats sur les plans géographique, historique, politique, démographique, économique, du développement urbain, des Territoires palestiniens, géopolitique. Outre la problématique de l’ouvrage et la densité des informations contenues dans chacune des fiches thématiques, les nombreuses illustrations qui appuient chacune des analyses de l’auteur : cartes, tableaux et graphiques, sont l’autre point remarquable de l’ouvrage.
(…)
Le dernier chapitre de l’ouvrage s’intéresse à la « géopolitique du Proche-Orient ». Plusieurs enjeux sont rappelés :
le conflit israélo-arabe dans le contexte de la guerre froide (Etats alliés aux Etats occidentaux et au bloc soviétique, évolution diplomatique à la suite de l’effondrement de l’URSS)
la problématique de l’eau au Proche-Orient
la question stratégique du Golan
le rôle des Etats-Unis dans la région depuis 1945 (sécuriser la zone du Golfe arabo-persique riche en hydrocarbures, les liens avec l’Arabie saoudite, la défense d’Israël, la politique du président Bush à la suite du 11 septembre)
le Liban, « Etat-tampon » entre les Etats voisins que sont Israël et la Syrie, eux-mêmes intermédiaires des Etats-Unis, de l’Iran et de l’Union européenne
la Turquie et ses relations diplomatiques et militaires avec Israël, et avec la Syrie. »
(Les clés du Moyen-Orient)
http://www.lesclesdumoyenorient.com/Fabrice-Balanche-Atlas-du-Proche.html

L’AUTEUR

Fabrice Balanche est Maître de conférences à l’Université Lyon 2, directeur du Groupe d’études et de recherches sur la Méditerrannée et le Moyen-Orient.

Parution : 15 décembre 2011
Nb. de pages : 132 p.
ISBN : 978-2840507970
Prix : 20 €

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ELOGE DE LA HAINE

Khaled Khalifa
Actes Sud

eloge-de-la-haineComment une jeune syrienne d’Alep, élevée dans la plus pure tradition musulmane, croit trouver sa liberté en rejoignant un mouvement fondamentaliste qui l’initie aux luttes jihadistes.

De l’embrigadement volontaire à la prise de conscience rédemptrice (en passant par la case prison), Khaled Kalifa restitue, à travers ce douloureux parcours et cette confrontation conflictuelle à l’altérité, l’affrontement entre les deux forces - l’islamisme et le despotisme - qui ont ravagé la Syrie tout au long des années 1980, et met fin à l’amnésie que les Syriens se sont longtemps imposée.

Le personnage principal de ce roman est une jeune femme née dans une famille traditionnelle d’Alep.
Elle a passé toute son enfance et son adolescence auprès de ses trois tantes, dans un quartier de la vieille ville. Cloîtrées à la maison, celles-ci ne la quittent qu’une seule fois par semaine, sous leur hijab intégral, pour se rendre au hammam. Quant à elle, la narratrice, si elle est autorisée à sortir, c’est seulement pour faire l’aller et retour entre la maison et l’école. Devenue lycéenne, elle se lie à des militantes islamistes et finit par adhérer à leur organisation.

Mais en échappant à la prison familiale, avec son conservatisme rigide et ses occupations futiles, elle entre de plain-pied dans une autre réalité, où la haine marque chaque geste de la vie quotidienne. Se donnant désormais pour mission d’exécuter la volonté de Dieu sur terre, elle rompt avec ses anciennes amies, se dispute violemment avec l’une de ses tantes sous prétexte que celle-ci n’a pas honte d’évoquer ses désirs sexuels, déteste son corps et tout ce qui lui rappelle sa féminité, et voue surtout aux gémonies “l’autre” communauté, celle à laquelle appartiennent les principaux dirigeants du pays.

Des attentats jihadistes frappent à l’aveugle militaires et civils alaouites, ce qui entraîne une répression d’une brutalité inouïe, menée par les milices du régime, qui fait des dizaines de milliers de victimes innocentes. Mais dans ce récit imprégné d’une poignante amertume, la narratrice ne raconte pas seulement sa chute mais aussi sa rédemption, amorcée au contact d’autres femmes de différentes origines confessionnelles ou ethniques qu’elle a rencontré après son arrestation.

Elle retrace en parallèle l’évolution de chacun des membres de sa famille : son frère Hussam qui sera tué par la milice après une longue cavale, sa tante Maroua qui tombe amoureuse de l’officier qui traque Hussam, sa tante Safaa qui se marie avec un ancien marxiste devenu islamiste, et ses oncles dont l’un se réfugie dans le soufisme, l’autre dans la débauche, pendant que le troisième s’exile à Londres…

En restituant ainsi l’affrontement entre les deux forces qui ont ravagé la Syrie tout au long des années 1980, l’islamisme et le despotisme, Khaled Khalifa met fin à l’amnésie que les Syriens se sont longtemps imposés, que ce soit par peur ou par souci de restaurer la paix civile, mais qui est loin de les avoir guéris de leurs traumatismes.

L’AUTEUR :

Scénariste et romancier syrien, l’Aleppin Khaled Khalifa livre avec son troisième roman, Eloge de la haine, un magnifique récit de la jeunesse arabe des années 1980, prise en tenaille entre l’islamisme radical et le despotisme militaire. Un livre qui fait écho aux soubresauts contemporains du monde arabe.

« L’odeur de la vieille armoire a fait de moi une femme un peu maniaque, toujours affairée à fermer les portes, ou à fouiller dans les tiroirs à la recherche des vieilles photos que j’avais soigneusement rangées un jour… » Ainsi débute le beau livre du Syrien Khaled Khalifa. L’évocation de la vieille armoire aux nombreux tiroirs renfermant encore les odeurs du passé, donne le ton de ce roman nostalgique qui n’est pas sans rappeler la narration à la fois réaliste et poétique de Naguib Mahfouz fouillant dans la mémoire de ses personnages, évoluant à l’ombre des grandes maisonnées cairotes.

Tout comme le prix Nobel égyptien, le romancier syrien a construit son récit intergénérationnel, mêlant le réel et les souvenirs, la poésie du passé et la pesanteur du présent. Son roman est une construction vaste et complexe comme la conscience où hier et aujourd’hui se rejoignent dans une même résonance. Magnifiquement traduit de l’arabe avec un admirable sens de détails et de lyrisme, Eloge de la haine est un grand roman de la tragi-comédie humaine, empreint des bruits et des fureurs de l’univers syrien dont il décrit l’entrée laborieuse dans la modernité.

Une narratrice anonyme et passionnée
L’action de ce roman, qui a valu à son auteur d’être nominé pour le Prix international du roman arabe en 2008, se déroule dans la Syrie des années 1980, en proie à des violences d’une brutalité inouïe, opposant les sbires du régime militaire alaouite à des contestataires islamistes. Ces contestations réprimées dans le sang firent à l’époque plus de 25 000 morts. Elles débouchèrent sur « un Etat sécuritaire qui a confisqué tous les droits (…), la parole a été interdite et le peu de liberté a été confisqué aussi, a expliqué Khalifa dans une récente interview accordée à Médiapart. La vie en Syrie s’est figée depuis la fin des années 1980. »

La description réaliste et poignante que fait Khalid Khalifa de ces « événements » (litote qu’emploient encore aujourd’hui les Syriens pour se référer à la répression de la contestation fondamentaliste) renvoie aussi aux insurrections qui secouent son pays aujourd’hui, permettant aux lecteurs de les situer dans la longue histoire.

Au cœur du roman de Khalifa, une jeune Syrienne qui grandit au sein d’une famille de marchands de tapis, famille conservatrice et bourgeoise d’Alep d’où était parti le mouvement de la contestation islamiste, il y a trente ans. C’est à travers les yeux de cette jeune femme anonyme, à la fois narratrice et personnage principal, que le romancier a choisi de raconter son récit. Si elle n’est pas nommée, a expliqué le romancier, c’est parce qu’elle englobe plusieurs personnages à la fois. Des personnages que Khalifa a croisés et connus à Alep, cette ville contestatrice dans l’âme dont il est lui-même originaire.

Avant d’être actrice des événements dramatiques, l’héroïne d’Eloge de la haine est d’abord le témoin de la dérive à la fois fondamentaliste et despotique de son pays. La maison de ses grands-parents où elle grandit, protégée par ses hautes murailles, est en quelque sorte une métaphore intimiste de la société syrienne en général, les nombreux oncles et les tantes qui le peuplent représentant les différentes sensibilités en présence. Pilier de la famille, la tante Mariam. Personnage profondément pieux qui inculque à la narratrice le tabou du « corps pécheur soumis aux flammes de l’enfer », et compense sa propre frustration sexuelle en écoutant les chansons d’Oum Kalthoum au lyrisme sirupeux.

Il y a aussi les trois oncles : Bakr qui fréquente les fondamentalistes musulmans, Salim le studieux et Omar aussi libertin que mafieux. Enfin, il y a Radwan l’aveugle que le grand-père avait recueilli dans la maison pour en faire le gardien de la bonne réputation de la famille. Chaque jeudi, celui-ci accompagnait les femmes de la maisonnée au hammam, attendant devant la porte qu’elles aient fini pour les raccompagner à la maison. « Il nous précédait, la tête haute, le pas sûr et mesuré, se souvient la narratrice. Cette scène récurrente consolida le prestige de notre famille dans le quartier Jelloum, indifférent aux bouleversements qu’ont connus les grandes Cités ».

UNE FRESQUE BALZACIENNE :

C’est à l’école que la jeune narratrice prend vraiment conscience des bouleversements à l’œuvre dans sa société, des conflits sourds, des ressentiments des civils face aux militaires tout-puissants qui font la loi. Jusque dans la salle de classe où les parents viennent humilier les professeurs s’ils ont eu la mauvaise idée de mal noter leurs progénitures. Seuls, les religieux osent s’élever contre ces injustices.

L’imagination de la narratrice est enflammée par le discours de la pureté et de la haine tenu par les islamistes. La haine s’accapare ainsi de la conscience de cette jeune fille fragile, lui offrant le sentiment de la supériorité sur les autres filles de son âge qui ne pensent qu’à s’amuser. Parallèlement, l’équilibre précaire qui régnait dans la maison-forteresse de la cité Jelloum est mis à mal par les violences qui éclatent opposant les militaires proches du régime à l’Organisation des Frères musulmans qu’ont rejointe les frères et oncles de la narratrice. L’été s’annonce chaud…

Fresque balzacienne de la société syrienne sur laquelle souffle les vents de l’Histoire, Eloge de la haine est le troisième roman sous la plume d’un des romanciers iconique de la Syrie contemporaine. Khaled Khalifa appartient à la nouvelle génération des écrivains qui avaient beaucoup cru aux promesses de réformes du fils Assad lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 2000. La déception et le désenchantement que leurs récits mettent en scène sont à la mesure des espoirs trahis du « printemps de Damas ».

LU DANS LA PRESSE :

Brussel Deze Week
« Un roman dur mais authentique, qui a le grand mérite de nous ouvrir les yeux sur un passé oublié ou méconnu.  »

Baudouin Loos, Le Soir
« Une fresque à la fois familiale et panoramique, intimiste et chorale, d’une Syrie méconnue. (…) Un beau roman, un auteur courageux : Khalid Khalifa dit les choses comme de plus en plus de Syriens…  »

François Armanet et Gilles Anquetil, Le Nouvel Observateur
« Un magnifique roman.  »

Rania Samara (Traductrice)
Format : Broché
Nb de pages: 368 p.
Parution : 11 mai 2011
Dimensions: 22.4 x 14 x 3 cm
ISBN : 978-2-7427-9517-8
EAN : 9782742795178

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