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LES OMBRES DU DESERT

les-ombres-du-desertDe Parker Bilal

Traduit de l’anglais par Gérard de Chergé

Au Seuil

PRESENTATION

Après Meurtres rituels à Imbaba, la troisième enquête de Makana, détective privé pas comme les autres. Début 2002, peu après le 11-Septembre. Alors que les Israéliens assiègent Ramallah, une forte tension agite les rues du Caire, où Makana file tant bien que mal la Bentley de Me Ragab, que sa femme pressent d’adultère. En réalité, l’avocat va voir sa protégée, Karima, une jeune fille gravement brûlée dans l’incendie de son domicile.

La police croit à un accident, il soupçonne un crime d’honneur commis par le père de la victime, un djihadiste en cavale. Makana se rend à Siwa, oasis à la lisière du désert libyen, pour se renseigner sur la famille de Karima, mais il s’y heurte à l’hostilité des autorités, qui appliquent la loi à leur manière et se méfient des étrangers. Pire, il est accusé de deux meurtres barbares qui l’éclairent sur une donnée majeure de l’équilibre local : la présence de gisements de gaz…

A travers le personnage d’une femme membre de l’Association pour la protection des droits des Egyptiennes, la série “Makana” s’enrichit d’une nouvelle perspective : la condition des femmes et l’islam.

AUTEUR

Parker Bilal est le pseudonyme de Jamal Mahjoub, auteur anglo-soudanais de plusieurs romans non policiers publiés chez Actes Sud. Né à Londres, diplômé en géologie de l’université de Sheffield (une erreur d’orientation, selon lui), il a vécu au Caire, au Soudan, au Danemark et à Barcelone avant de s’établir à Amsterdam. Il parle six langues, dont le français.

432 pages.

22.50 € TTC

EAN 9782021238082

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LES ALLEES DU POUVOIR

Marie-Laure Delorme
Seuil

les-allees-du-pouvoirDerrière ce titre se cache un récit critique. Si les énarques n’existaient pas, il faudrait surtout ne pas les inventer. Un cycle se termine ?

PRESENTATION

Les choses étaient alors claires. On faisait, au sortir de la guerre, l’ENA pour servir la collectivité. Mais, aujourd’hui, qu’en est-il ? Neuf énarques ont accepté de parler de leurs enfances, de leurs admirations et détestations, de leurs réussites et de leurs échecs, de leurs ambitions, de leur vision de la France. Tous ont fait l’ENA entre 1987 et 1999. S’ils se sont ignorés dans les couloirs de l’École Nationale d’Administration, ils vont se croiser dans les allées du pouvoir. Ils appartiennent au monde des médias (Matthieu Pigasse, Denis Olivennes, Laurent Solly), des affaires (Nicolas Bazire), de la politique (Jean-François Copé), du service public (Sophie Boissard, Martin Hirsch). Ils sont passés en majorité dans le privé. Certains d’entre eux sont connus du grand public, d’autres ne le sont pas. Ils ont tous connu une réussite sociale fulgurante, mais est-ce que cela leur suffit ?
« Qu’est-ce qu’on va laisser comme trace ? », s’interroge Alexandre Bompard (PDG de la Fnac à 39 ans). Car si l’on peut parler à leur propos de réussites individuelles, comme le souligne Emmanuel Hoog (Président de l’AFP), on ne peut plus guère parler de réussite collective. Mais, que veulent-ils ? Encore plus d’argent, de notoriété, de pouvoir ? Pas si simple. L’ENA, qualifiée d’ « école du pouvoir », leur a heureusement apporté une certaine mauvaise conscience.
Ils veulent aussi leur propre estime. Ils savent qu’elle passe par le service de la collectivité.

EXTRAIT

La plus belle promotion de l’histoire de l’ENA fut celle de 1947, la première de toutes, baptisée « France combattante » : une promotion de quatre-vingt-six jeunes résistants brillants et bravaches, cerclant leur dextérité intellectuelle de principes moraux. On y trouve Simon Nora, Yves Guéna, Jacques Duhamel, Alain Peyrefitte ou Jean Serisé. On savait, au sortir de la guerre, pourquoi on faisait l’ENA. Tout était à rêver puis à créer. Sabre au clair et sens de l’histoire. On voulait travailler pour la collectivité et mettre sa rage de réussir au service de quelque chose de plus grand que son intérêt personnel. Une société à rebâtir, un Etat fort, un amour de la France. L’ENA représentait la voie royale pour des jeunes gens ambitieux, volonté d’acier et tête bien faite, portés par des idéaux sincères. « Les hauts fonctionnaires ont été, durant les Trente Glorieuses (1947-1973), en position de démiurges puisque La France était à réinventer » (Marc Lambron, promotion 1985). Mais, aujourd’hui ? Un Etat contesté de toutes parts, une société en crise, une mondialisation sans frein. L’ENA, concurrencée par des cursus internationaux, a perdu de sa superbe.
Nombre d’excellents élèves, dont Alain Juppé est un prototype, ont longtemps mis en avant leur parcours scolaire. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, fils d’agriculteurs né à Mont-de-Marsan (Landes) en 1945, a été premier prix de grec et latin au concours général des lycées, normalien, agrégé de lettres classiques, élève à Science Po, énarque (promotion 1972). Les diplômes représentaient alors une source de fierté légitime. On appartenait à l’élite républicaine. Le mérite scolaire justifiait l’ascension sociale. Mais, aujourd’hui ? Les choses, de ce point de vue-là, ont aussi changé. « On n’ose plus dire qu’on a fait l’ENA », remarque Alain Juppé. Le ministre Laurent Wauquiez, major de l’ENA (promotion 2001) et de l’agrégation d’histoire, ancien élève de la rue d’Ulm, n’aime pas, en effet, qu’on lui rappelle ses diplômes. L’ENA reste le symbole français, fantasmé ou non, de l’élite de l’élite. Il ne faut surtout pas passer pour arrogant, ne surtout pas appartenir à l’élite méritocratique dans une société où seule l’élite médiatique fait envie, ne surtout pas sembler coupé du peuple. Il y a inversion des valeurs. « Le cancre a du génie » (Régis Debray). La France est à l’image de Nicolas Sarkozy. Elle n’aime pas l’ENA.
Les énarques ont peu à peu intégré le mal que l’on pensait d’eux. Il est souvent de bon ton d’afficher, comme Laurent Fabius (promotion 1973) ou Jacques Attali (promotion 1970), un souverain mépris envers l’ENA. L’un préfère se dire normalien, l’autre polytechnicien. Louis Schweitzer (promotion 1970), PDG du groupe automobile Renault entre 1992 et 2005, a pu le constater à plusieurs reprises. « On n’a pas envie d’être assimilé à un groupe jugé peu sympathique par l’opinion publique. » Les normaliens et les polytechniciens ont toujours eu l’intelligence ou l’opportunisme de préférer leur première école à leur seconde. Louis Schweitzer se souvient du polytechnicien et énarque Valéry Giscard d’Estaing lui disant, lors de leur première rencontre : « Vous n’êtes qu’inspecteur des finances ! » Les gens vraiment bien étaient avant tout des polytechniciens comme lui. C’est donc aussi parmi les énarques qu’on trouve les plus sévères contempteurs de l’Ecole et cela ressemble parfois à un « snobisme de vengeance » (Marc Lambron) pour avoir souffert entre les fourches caudines de l’ENA. On humilie l’ENA parce qu’on a été humilié à l’ENA. L’école reste un sujet de débat politique, mais pas un sujet de fracture politique. Les critiques fusent de tous les camps.

delorme-marie-laureL’AUTEUR

Marie-Laure Delorme
, née en 1968 à Paris, est chef de la rubrique Lire du JDD. Elle a reçu le prix Hennessy de la critique littéraire (1999) et le Prix Louis Hachette du journalisme (2006). Les Allées du pouvoir est son premier livre.

Parution : 22 septembre 2011
Nb de pages : 280 p.
ISBN : 978-2021001211
Prix : 20,30 €

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APRES LE LIVRE

François Bon
Seuil

apres-le-livreAvec Après le livre, l’auteur et éditeur François Bon fait œuvre d’une réflexion intelligente et posée sur l’avenir du livre tel qu’on le connait aujourd’hui.

PRESENTATION

Les mutations de l’écrit ont une portée considérable puisqu’elles affectent la façon même dont une société se régit. C’est ainsi que le passage de l’ « imprimé » au « dématérialisé » induit, sous nos yeux, de nouveaux rapports à l’espace, de nouvelles segmentations du temps. Tout annonce que le web sera demain notre livre (qu’il soit imprimé ou électronique), cette mutation en engageant d’autres, dont François Bon se fait ici l’analyste selon trois axes d’exploration : l’axe autobiographique (ou Comment F. B. s’est approprié cette technologie et comment elle a bouleversé son travail), l’axe technique (ou Quelles sont les virtualités de ces technologies), l’axe anthropologique (ou Qu’est-ce que ces nouvelles pratiques induisent dans la culture). Passionnant et neuf.

FRANÇOIS BON EN PARLE

« Nous vivons une des très rares mutations de l’écrit. Rares (la tablette, le rouleau, le codex, l’imprimerie), mais chaque fois irréversibles et globales.
Ce que change Internet, ce n’est pas le rapport au livre, c’est le rapport au monde. Le numérique affecte la façon dont on écrit aussi bien que celle dont on lit, nos bibliothèques comme la trace que nous laissons parmi les autres.
Il ne s’agit pas ici de prédire. Prendre le temps, au contraire, de considérer l’histoire récente de notre propre rapport à ces machines, comment nous nous en servons, ce qu’elles ouvrent de possibles. Prendre le temps de revenir à quelques oeuvres décisives, celles de Balzac ou de Rabelais en font partie, qui sont elles-mêmes l’empreinte d’une de ces transitions. Alors peut-être accepterons-nous de voir que s’offrent pour nos fables, nos récits, nos lettres, nos carnets privés, nos images aussi, d’autres vecteurs, une autre mémoire et de nouveaux modes de transmission.
Nous sommes déjà après le livre. »

EXTRAIT

Pourquoi un livre fait de pistes, de fragments, d’incises : de beaucoup d’incertitudes et très peu de technique ?
Rien à prouver, rien à démontrer, juste à comprendre. Depuis longtemps, on a appris que militer pour les promesses du futur mène plutôt à la catastrophe.
Le contexte n’est pas serein : une mutation est en cours, irréversible, et qui emporte avec elle ce à quoi nous devons le meilleur de ce que nous sommes. Des cartes sont violemment redistribuées - et c’est déjà perceptible. A quoi alors s’accrocher, sur quoi se fonder pour s’ouvrir, et sauver si on peut, sauver quoi, le sauver comment ?
La littérature fonde notre rapport direct à l’autre, construit notre regard sur le monde, par la possibilité même d’écart et de loisir dans la turbulence des choses, écart réflexif qui fonde le langage comme nôtre, et la possibilité même de se conduire dans le désordre du monde.
L’apprentissage, l’imaginaire, les chemins du savoir, la transmission des techniques, des rêves et des secrets, tout passait par le livre. Mais, depuis deux décennies (cela fait tout de même déjà une histoire), nous confions progressivement la totalité de nos usages, depuis les routines professionnelles jusqu’aux commodités les plus privées, à des appareils électroniques. Avec des risques lourds, quand ces appareils, leurs logiciels, et l’économie de ce qu’ils véhiculent, sont sous monopole de quelques groupes dont l’art et la civilisation sont moins la préoccupation que la bourse et la domination.
Alors évidemment, la situation est tendue : les métiers de l’édition et de la librairie ont été de toujours en évolution permanente, y compris dans le partage des rôles. Des acteurs neufs surgissent, on rend facilement Internet coupable de tous les maux envers lesquels on a beaucoup d’incertitude ou d’inquiétude, mais pas encore connaissance de tous les symptômes.
Surtout, plus question de rien prédire. On a connu des mutations politiques ou esthétiques tout aussi rapides et violentes - tout autant imprédictibles et arbitraires. Les mutations de l’écrit ont été plus sourdes et plus lentes, mais chaque fois totales, complexes, et irréversibles. Et la première d’entre elles a probablement été l’irruption même de l’écrit, qui n’a concerné au mieux qu’un tiers des langues recensées, mais les a emportées dans l’aventure dont nous participons encore aujourd’hui. (…)

Emission sur France-Info du mercredi 11 janvier 2012

SOMMAIRE

MUTATIONS RARES, MAIS TOTALES ET IRREVERSIBLES
ACCORDER SON TRAITEMENT DE TEXTE
LIRE EST DISCONTINU
COMMENT REMPLACER L’EPAISSEUR DU LIVRE ?
FAUT-IL UNE TABLE A NOS ORDINATEURS ?
PLUME D’OIE, PLUME DE FER
DE SE PEINDRE EN BLEU POUR MOURIR
MEMORISATION ET SPATIALISATION, SI VOUS AVEZ LA SOLUTION
DESCRIPTION DE MON ATARI 1040
VIEUX FILS DE CUIVRE

L’AUTEUR

francois-bon1Né en 1953, François Bon élabore depuis vingt-cinq ans une œuvre littéraire cohérente et forte. Son travail d’écrivain est marqué depuis son premier roman, Sortie d’usine, paru chez Minuit en 1982, par une proximité avec le quotidien, la matière, la machine, par une attention aux personnes sans gloire, depuis Le Crime de Buzon (Minuit, 1986) jusqu’à Daewoo (Fayard, 2004). Parallèlement, il élabore une réflexion sur la littérature et l’écriture, qui l’a conduit à l’expérience des ateliers d’écriture, et a abouti à Tous les mots sont adultes (Fayard, 2000), puis à L’Incendie du Hilton (Albin Michel, 2009). Une remarquable trilogie musicale a fait événement ensuite : Rolling Stones (Fayard, 2002), Bob Dylan (Albin Michel, 2007), Led Zeppelin (Albin Michel, 2008).
Mais depuis quelque temps, la vraie passion de François Bon, c’est le numérique. Son site en témoigne, la revue en ligne remue.net (qu’il a créée), son site d’auteur, www.tierslivre.net, et encore sa petite librairie en ligne… Il a aussi fondé la coopérative d’édition numérique www.publie.net

Parution : 22 septembre 2011
Nb de pages : 274 p.
ISBN : 978-2021055344
Prix : 18 €

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