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L’ESPERANCE DU CARDINAL

Olivier Le Gendre
Lattès

lesperance-du-cardinalCinq ans après « Confession d’un cardinal », les entretiens entre l’auteur et « le cardinal » ont repris, cette fois sur un ton plus profond et plus spirituel. Le livre évoque la confiance à accorder à l’Eglise et à sa hiérarchie, ainsi que son organisation face au monde actuel.

Il y a cinq ans, le cardinal et Olivier Le Gendre commençaient une discussion d’une étonnante franchise sur l’Église, son fonctionnement et ses principales prises de position jusqu’à la disparition de Jean-Paul II et l’élection dans un climat de panique de son successeur. Ces entretiens ont donné lieu à un ouvrage, Confession d’un cardinal, qui a suscité d’intenses débats dans la communauté catholique.

Ces entretiens ont repris début 2010, mais le climat a changé : Olivier Le Gendre a frôlé la mort à cause d’une grave maladie et le cardinal s’est plongé encore davantage dans le monde des plus défavorisés. Leur ton est donc plus profond, plus spirituel, calme et passionné.

Peut-on encore avoir confiance dans le message de l’Église ? Ne s’est-il pas trop dénaturé pour avoir la capacité de revenir aux principes premiers des Évangiles et du Christ : attention aux plus démunis, humilité, charité…

Le pouvoir de l’Église ne s’est il pas sclérosé à cause d’une hiérarchie vieillotte et accrochée à ses privilèges ? Benoît XVI est-il bien entouré ou, d’une façon plus générale, l’organisation de l’Église est-elle encore adaptée au monde actuel ? Faut-il donner plus d’autonomie aux églises locales ? Y a-t-il encore de l’espérance ?…

Olivier Le Gendre doute, le cardinal est lucide : « Nous sommes dans une Église étrange, capable souvent du meilleur et nous laissant parfois surprendre par le pire. » Au cours de leur dialogue tout aussi passionné que calme, ce sont toutes les problématiques les plus profondes qu’ils exposent sans jamais fermer les yeux.

Ouvre bien renseigné. Le ton reflète l’opinion et les attentes des « petits gens » dont je fais partie. Merci à l’auteur pour les mots qui correspondent à vérité concernant les mouvements ecclésiaux à dérive sectaire. Même si l’engagement des chrétiens doit se concentrer sur le positive, il est bien de faire grande clarté pour que les jeunes ne soient plus manipulés et ne s’enferment plus dans des structures lourdes qui étouffent l’Esprit de Jésus.

Le principe de Poo est une réelle réponse et l’inspiration des conseils régionaux un chemin à parcourir à mon avis pour une vraie nouvelle évangélisation de nos vies et de la vie de l’Eglise. Merci à Olivier Le Gendre et à « son cardinal ».

CRITIQUE /
L’avis de La Procure :

« Le succès de Confession d”un cardinal ne se démentant toujours pas, Olivier Le Gendre propose ici une nouvelle réflexion passionnante avec le cardinal. Des années sont passées et le dialogue reprend plus intensément encore entre l”auteur et son interlocuteur. Ils évoquent sans tabous les problèmes que rencontre l”église, son crédit dans le monde, sa capacité de répondre aux attentes des plus démunis. Ne s”estelle pas éloignée de la saveur première des évangiles, a savoir : la charité, l”humilite ? Son organisation est elle si bien adaptée au monde actuel ? Beaucoup de questions qui interpellent et que les deux hommes abordent en confiance dans un livre o u, envers et contre tout, l”esperance garde toute sa place. »

CRITIQUE /
L’avis de Claire Lesegretain :

« Après le succès des «Confessions d’un cardinal», Olivier Le Gendre poursuit ses conversations fictives sur l’avenir de l’Église avec «son» cardinal.
Il n’était pas facile d’envisager une «suite» aux Confessions d’un cardinal qui, depuis 2007, connaît un réel succès (plus de 100 000 exemplaires vendus). D’autant plus quand on a traversé l’épreuve de la maladie (lire La Croix du 31 mai 2010). L’écrivain catholique et « son » cardinal octogénaire (installé en Asie du Sud-Est où il se consacre aux malades du sida) ont pourtant repris leurs conversations (par «Skype»), avec la même courtoisie lucide et exigeante, mais dans un registre plus grave, plus profond.
« Peut-on encore avoir confiance dans l’Église ? » D’emblée Olivier Le Gendre oblige l’homme d’Église à revenir sur les «incendies» que Benoît XVI a eu à combattre depuis son élection: réintégration controversée des quatre évêques intégristes; scandales de la pédophilie aux États-Unis (où le cardinal avait été envoyé par Jean-Paul II au moment des premières « affaires », sans savoir alors qu’au Vatican des prélats avaient tout fait pour imposer aux évêques une «politique du silence»); concussion de la Curie par les Légionnaires du Christ (rémunérant grassement des conférences dans leur université romaine); scandale qui a suivi les révélations sur leur fondateur…
« La baisse des vocations est un tel sujet d’angoisse pour les gouvernants de l’Église que cela les a poussés à accepter un peu n’importe quel mouvement naissant, pour peu qu’ils affichent une fidélité à la papauté, qu’ils aient des vocations abondantes et des moyens financiers conséquents », résume le cardinal. Poussé par « son » journaliste, le cardinal regrette que l’Église, qui « ne dit pas la vérité sur ses comportements », empêche ceux qui cherchent un lieu d’espérance « d’entrevoir la Vérité qu’elle annonce ».
Selon lui, c’est ce pharisaïsme qui explique la désaffection grandissante à l’égard du catholicisme. Il revient aussi sur la fonction de pape, « devenue physiquement impossible », et sur l’urgente nécessité de proposer «plusieurs conciles simultanés» sur chacun des continents, pour rééquilibrer le pouvoir de la Curie et d’éviter l’épuisement d’un pouvoir centralisé.
Puis les deux hommes se retrouvent à Rome, pendant le consistoire de novembre 2010. Si le cardinal est convaincu que «l’Église doit être pauvre au milieu des pauvres», il explique que c’est au Poverello d’Assise, grâce à la rencontre interreligieuse de 1986, qu’il doit cette conviction. À l’époque, il n’était pas encore cardinal et sans doute n’aurait-il pas accepté la pourpre cardinalice, s’il avait compris alors que seul le manteau de « Dame Pauvreté » permet à l’Église de se mettre « à genoux aux pieds du monde ».
Le livre se termine par un long courriel du cardinal à propos de quelques « papabile » (Gianfranco Ravasi, Ennio Antonelli, Christoph Schönborn, Marc Ouellet…) et de sa « grande inquiétude » pour le prochain conclave: car l’humeur de ses confrères, en comparaison de l’élection de Benoît XVI, est «encore plus frileuse qu’en 2005». »

Olivier Le Gendre est un grand connaisseur des milieux chrétiens, il y exerce de nombreuses responsabilités. Auteur de nombreux livres religieux, c’est avec Confession d’un cardinal qu’il écrit son premier livre qui touche le grand public (plus de 40 000 exemplaires). Un long seller qui se vend encore à plus de 10 000 exemplaires par an.

Format : Broché
Nb de pages : 313 p
Dimension : 23 x 14 cm
ISBN : 978-2-7096-3652-0
EAN13 : 9782709636520

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LA DEUXIEME FATIHA. L’ISLAM ET LA PENSEE DES DROITS DE L’HOMME.

Yadh Ben Achour
Presses Universitaires de France

la-deuxieme-fatihaLe Mot de l’éditeur :  « Comme toutes les autres religions, l’islam doit prendre conscience d’un fait capital : pour survivre dignement dans le monde moderne, il doit se justifier, d’un point de vue universel. Seul ce point de vue rend une idée ou une proposition acceptable par tous, en tant que moralement supérieure ».

Ali ’ibn ’Abî Tâlib, le quatrième Calife, aurait affirmé dans l’un de ses discours que ce ne sont pas les adeptes, fussent-ils majoritaires, qui justifient le droit, mais ce dernier qui donne aux adeptes leur légitimité, fussent-ils minoritaires. L’idée fut reprise par Ghazâlî, le théologien et philosophe musulman en ces termes, en ces termes : « Qui sonde le droit à travers ses partisans sombre dans l’erreur. Sache le droit, tu connaîtras ses hommes ». Cette démarche peut-elle permettre à l’islam de s’approprier une philosophie des droits de l’homme digne des temps modernes ?

Yadh Ben Achour est professeur en droit public et philosophie du droit (Université de Carthage), chercheur en idées politiques de l’islam, membre de l’Institut de droit international.

UN REGARD SUR L’OUVRAGE :

« 25 – Dieu sait mieux que quiconque ce qui est dans vos cœurs, et si vous êtes bienfaisants. Il pardonne aux repentants.
26 – Donne au proche son dû, et à l’indigent et à l’étranger. Mais ne sois pas prodigue.
30 – Dieu ouvre les voies de la fortune selon ce qui lui plaît. De ses créatures, Il voit tout. Il sait.
33 – Vous ne tuerez point, la vie est sacrée sauf pour la cause du droit. (…)
35 – Si vous mesurez, mesurez justement et pesez avec une balance droite. Ceci est juste et meilleure compréhension.
37 – Ne marche pas sur terre avec suffisance, tu ne pourras jamais fendre la terre et tu n’atteindras pas la hauteur des montagnes. »

« Ces versets 23 à 37 de la sourate Al-’isrâ (sourate des Fils d’Israël) ont la force de ceux de la première sourate du Coran intitulée Fâtiha, ouverture obligatoire de toutes les prières musulmanes. En raison de leur importance, je me permets de les regrouper sous le nom de « Deuxième Fâtiha » : par la majesté de son inspiration, cette section du Livre sacré a en effet le privilège de guider croyants et non-croyants vers une éthique universellement acceptable, potentiellement inspiratrice d’un droit moderne.

Nos fatwas pakistanaises, saoudiennes, égyptiennes ou européennes ne font que susciter la moquerie du monde et le mépris des nations non musulmanes. Leur inspiration est trahison, parce qu’elles condamnent l’islam à n’être plus qu’une religion de parade et d’accoutrements, dans laquelle le signe tient lieu de foi. On ne peut aimer l’islam et accepter un tel abrutissement. Il faut relire les quatorze commandements de cette sourate entrante du Coran pour diriger la pensée musulmane vers un renouveau radical : vers la démocratie, la liberté et l’État de droit. »
(Y. B. A.)

LA CRITIQUE DE MALEK KHADHRAOUI |
22.07.2011

« Un essai essentiel pour comprendre l’esprit des révolutions démocratiques arabes, par l’un des tout premiers juristes du Maghreb, acteur de la reconstruction politique tunisienne.
Comme toutes les autres religions, l’islam doit prendre conscience d’un fait capital : pour survivre dans le monde moderne, il doit se justifier d’un point de vue universel. Seul ce point de vue rend une idée ou une proposition acceptable par tous, en tant que moralement supérieure. L’auteur s’interroge sur une conception moderne des droits de l’homme existant dans l’islam ».

EXTRAIT

Libérer la liberté
Une victoire toujours annoncée, une défaite toujours recommencée. Ce malaise dans la liberté est aussi lointain que l’origine de l’homme. Pour une raison simple : la liberté, il la faut, pour aller de l’avant, pour penser, avant tout, pour espérer, pour défier les forces naturelles ou sociales qui nous enchaînent, pour progresser, dans le domaine de la pensée, de la science, de l’action morale et politique, en un mot pour améliorer la condition humaine.
La difficulté, c’est que l’homme est plutôt enfanté par ses servitudes. La liberté, dans son ampleur maximale, en tant qu’elle signifie l’absence de contraintes, supposerait un être inconditionné, ce qui n’est évidemment pas le cas de l’homme. En ce sens, l’histoire de la liberté est donc l’histoire d’une impossibilité, et aucune réflexion, aucune philosophie sérieuse n’a jamais prétendu attaquer le problème de la liberté sous cet angle. Elle se heurterait fatalement aux deux facteurs qui enchaînent l’homme en tant que créature.
Le premier est constitué par la chaîne du temps. Si je peux supposer être maître de mon temps présent, sachant que ce temps présent dépend d’un passé qui le conditionne par nécessité, et que ce passé que je ne peux plus gouverner a définitivement échappé à ma maîtrise, je dois en conclure que je ne peux être maître de moi-même et de mon destin.
Le deuxième est constitué par la chaîne de la nature, elle-même déterminée par la chaîne du temps. L’homme constitue un élément de cette nature. Il est, comme on l’a dit, poussière et retournera à la poussière. Naître, vivre, périr constituent les lois immuables de notre espèce, parce qu’elles sont les lois de la nature. Quelle liberté, pour des êtres qui ne peuvent rien espérer de plus que de perpétuellement donner la vie à des condamnés et qui ne cessent de recommencer, toujours recommencer, sans choix possible, le cycle infernal de la vie et de la mort ?
Pour certains penseurs, c’est pour répondre à l’inacceptabilité primordiale de l’humain que ce dernier a inventé la liberté céleste. Cette liberté absolue qui lui a été refusée, l’homme, au cours de sa longue existence, n’a fait que la penser en transférant ses conditions vers le ciel, par un acte d’abandon qui « le pose inéluctablement comme sujet du désir », désir de l’absent, de Dieu et de l’origine innommable(1). C’est au nom de cette liberté qu’une partie de l’humanité, celle du Dieu unique, a compris sa propre existence. La liberté a été posée comme un statut absolument inaccessible qui explique et justifie la condition même de l’humain.
Ce qui est certain, c’est que la religion pense la liberté au-delà du monde. Mais, en procédant ainsi, l’homme a préparé les mécanismes de sa dépendance. Par la suite, le progrès de la science, ainsi que celui de la philosophie, qui l’accompagne, a rendu caduque et inacceptable cette dépendance. La modernité a consisté, précisément, à reconquérir la liberté perdue, dans les limites plus ou moins étroites permises par la condition même de l’homme.
Comment la pensée religieuse a-t-elle théorisé la liberté en dehors du monde ? Comment sur le socle de cette liberté céleste s’est édifiée l’organisation de notre dépendance ? Enfin, comment est-il possible de reconquérir une part de cette liberté, pour la remettre au service de l’humain ?

Penser la liberté, au-delà du monde
Pour admettre le concept même de la liberté, pour le rendre possible, il a fallu ignorer et détruire ce qui le rend impossible dans l’expérience humaine. L’impermanence, le dépérissement, la finitude, sont devenus absolu, éternité et infinité. Un être en dehors du monde a ainsi été placé également en dehors du temps. Pour lui, il n’y a pas d’après, pas d’avant. Il n’est pas engendré. Il n’a pas de fin. Il est souverain – d’une souveraineté absolue. Il est l’intelligence première, à l’origine des intelligences inférieures des anges, des génies et des êtres humains. À ce titre, il devient l’ordonnateur de l’harmonie universelle.
Car, sinon, comment « tout cela » tiendrait-il, sans l’intervention divine, sa volonté, sa grâce, son action, y compris la présence du mal dans l’existence ? Le mal a embarrassé la pensée religieuse. Elle a alors répondu : les actes de Dieu ne sont pas justiciables des catégories de la morale humaine. Ce n’est pas l’affaire de Dieu de plaire aux hommes et de s’adapter à leurs valeurs ou à leur représentations. Il revient à l’homme, exclusivement, de se justifier, par ses œuvres, auprès de Dieu.
Dieu, par conséquent, est libre. Il est la seule liberté concevable. C’est cette liberté qui rend tout le reste possible (2). Mais alors plus de libre arbitre pour l’homme. Avec l’idée de Dieu, il devient en effet inconséquent de croire au libre arbitre inconditionnel, comme l’ont cru les pélagiens ou les mutazilites.
Saint Augustin, qui croyait au libre arbitre de la volonté(3) de choisir entre la passion du mal et la raison du bien, avait reproché à Pélage d’avoir prétendu : « Tous sont régis par leur volonté propre, et chacun est abandonné à son propre désir. »(4) En conséquence, Pélage, sans nier évidemment le rôle de la grâce, faisait prévaloir le libre arbitre. À ce titre, les pélagiens enseignaient que le péché originel ne se transmettait pas aux enfants. Célétius, disciple de Pélage, affirmait : « Le péché ne peut être qu’un délit de notre volonté et non pas de notre nature. » (5). Partant de l’idée que l’homme est doué de raison, et donc de discernement, les pélagiens en ont déduit une faculté humaine qui consiste en la possibilité de choisir entre des contraires, comme le bien et le mal. Cette même raison qui permet à l’homme d’accéder à la connaissance de Dieu et à sa justice devient ainsi la source de sa liberté, y compris la liberté de violer la loi divine (6). La liberté règle les rapports entre les hommes, mais également entre l’homme et Dieu, ce qui exclut la contrainte du péché originel.
Pour les mutazilites, qui réagissent au déterminisme fataliste des jabrites, la liberté procède à la fois de la justice de Dieu et de la raison humaine. La raison devient la source du libre arbitre, c’est-à- dire, comme chez les pélagiens, de la possibilité de choisir entre des contraires. Sans cette liberté, Dieu serait injuste et le Jugement dernier serait absurde. Or, Dieu s’est obligé à être juste. La rationalité de Dieu ainsi que sa justice rendent nécessaire la liberté de l’homme.
Les mutazilites furent combattus et vaincus par les asharites. Ces derniers prétendirent adopter une thèse moyenne entre le déterminisme et le libre arbitre, par leur théorie du kasb. D’après cette théorie, l’homme n’est pas l’auteur de ses actes. Ces derniers sont créés par Dieu, l’homme ne fait que les endosser. Mais Averroès, en véritable philosophe, démasquera les faiblesses de la théorie asharite, qui n’était à ses yeux qu’un déterminisme masqué. Mais il montrera également les contradictions de la théorie mutazilite du libre arbitre, philosophiquement intenable, pour les raisons que nous avons indiquées précédemment. Le temps et la nature, régis par le principe de causalité, disqualifient en effet l’idée d’une liberté humaine.

1- Olfa Youssef, Le Coran au risque de la psychanalyse, Paris, Albin Michel, coll. « L’islam des Lumières », 2007, p. 185 et 186.
2- En posant ces fondements, la philosophie religieuse tombe dans une contradiction indépassable. En effet, pour pouvoir être au-dessus du temps, sans avant ni après, une liberté absolue suppose une immobilité absolue, sans mouvement, sans manifestation, sans communication, sans action. Or, par le fait même de la création, en particulier celle des êtres vivants, par le fait de sa communication avec les anges, avec le diable ou avec les hommes, par la réunification dernière de l’homme et de Dieu, Dieu tombe, en définitive, dans le piège du temps. Il s’inscrit lui-même dans l’avant et dans l’après, il se conditionne lui-même, ce qui limite sa souveraineté et contredit la thèse de départ d’un Dieu libre et absolument souverain, en dehors du temps.
3 -Comme cela ressort des trois livres de son Traité du libre arbitre (Oeuvres complètes de saint Augustin, t. III, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, 1869), p. 322. Et comme cela ressort encore plus clairement de son livre De la grâce et du libre arbitre (OEuvres complètes, t. XVI, Barle-Duc, L. Guérin & Cie, 1871), p. 268.
4- Dans sa « Lettre à Aurèle, évêque de Carthage », in « Les actes du procès de Pélage », OEuvres complètes de saint Augustin…, tome XV, op. cit., p. 565.
5 -M. Poujoulat, Histoire de saint Augustin, t. III, Paris, J. Labitte, 1845, p. 2.
6- Michel Meslin, article « Pélagianisme », Encyclopædia Universalis.

TABLE DES MATIERES

Avant-propos

Introduction
Les droits modernes
L’islam et la pensée des droits de l’homme
« Sache le droit, tu connaîtras ses hommes »
La norme universellement acceptable
La deuxième Fâtiha

Chapitre premier. — Le cri de la justice et la logique de l’indignation
Le sens du droit précède sa science
L’esprit de justice et ses porteurs
Les trois « vérités-droits »
Du jaillissement de l’esprit de justice
La loi de Hume, ou quand la norme est dans la chose

Chapitre II. — L’homme, « cet animal qui… »
Le corps et sa souffrance
L’islam et l’animal
La question du sacrifice
La preuve autoréférentielle

Chapitre III. — De l’esprit de justice à l’état de droit
Un certain droit
Croyant et citoyen
Un certain État
Les pesanteurs de l’histoire et les ruses de la tyrannie

Chapitre IV. — Les figures de l’homme
L’animal culturel
Imago Dei
Les droits de l’être-homme
Les droits fondamentaux entre les principes et les législations
« Vivre au moindre mal possible »

Chapitre V. — Libérer la liberté
Penser la liberté, au-delà du monde
L’organisation de la dépendance
La meilleure liberté possible

Chapitre VI. — Les trois défis de la dépendance
Défi de l’historicisme
Défi du naturalisme
Défi du culturalisme

Chapitre VII. — L’arc référentiel
Droits de l’homme et droits de Dieu
La parole incréée de Dieu
La parole inspirée
La question cruciale de la législation des droits
Le syndrome de Buridan

Chapitre VIII. — Du concordisme et de ses limites
Droits de l’homme et « révélationnisme »
L’inenvisageable brisure de l’arc
Les cas Jamâl al-Banna et Mohamad Talbi

Chapitre IX. — La lettre et l’esprit
La lettre de la loi et le mouvement de la vie
Protagonistes, enjeux, relecture
Les Maqâçid a-Shari‘a
La liberté de conscience

Chapitre X. — La loi de Dieu et la purification des sociétés impies
La destruction de la société impie (Jâhiliyya)
« Nos droits et libertés nous viennent de Dieu… »
‘Abdelqâdir ‘Ûda et la meilleure loi pénale possible
Égalité, liberté, démocratie islamiques

Conclusion
Les salafistes et « les autres »
Les batailles de la liberté

Yadh Ben Achour est professeur en droit public et philosophie du droit, spécialiste des idées politiques de l’islam, membre de l’Institut de droit international. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et en particulier, dans la même collection, d’Aux fondements de l’orthodoxie sunnite (PUF, « proche Orient », 2008/Tunis, CERES Éditions, 2009). Au lendemain de la Révolution du jasmin, il a été nommé président de la Commission de réforme politique de la Tunisie.

Date de parution : 11/05/2011
Nb de pages : 208 p.
ISBN : 978-2-13-059092-7

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FIDELE A L’AVENIR. A L’ECOUTE DU CARDINAL CONGAR

Frère Emile, de Taizé
Presses de Taizé

fidele-a-lavenirA partir de la pensée d’Yves-Marie Congar, père du Concile Vatican II, frère Emile mène une réflexion sur l’Eglise et ses ressources pour penser l’avenir.

La fidélité au passé ? Nous croyons savoir ce dont il s’agit.
Mais qu’en est-il de l’appel à être fidèle à l’avenir ? Les chrétiens sont-ils toujours conscients de leur responsabilité à cet égard ? Yves Congar (1904-1995), l’un des théologiens les plus importants du XXe siècle, s’est toujours montré attentif à cet appel. Son sens de l’avenir, sa conviction qu’il se passe réellement quelque chose dans l’histoire, l’ont conduit, en véritable sourcier, à remettre en valeur des pans oubliés de la tradition chrétienne, notamment ceux qui valorisent la personne.

Homme profondément enraciné, d’une vaste culture historique, il savait que la tradition n’est pas répétition, mais inventivité et créativité. L’urgence des réformes qu’appelle un monde en mutation caractérise nombre de ses écrits ainsi qu’un sens aigu de la catholicité, c’est-à-dire le sens d’une Eglise qui n’est pas sectaire, mais qui vit et pense ” selon le tout “. Lorsqu’il réfléchit à l’autorité et à son exercice, Yves Congar ne pense pas à un pouvoir bridant les libertés.

Tout attaché à retrouver le spécifique chrétien, il décrit une réalité qui est au service de la croissance où l’attention à l’inconnu, à l’imprévisible joue un rôle de premier plan. L’étude de ces quatre thèmes - tradition, réforme, catholicité, autorité - constitue le coeur de ce livre et permet d’entendre la voix d’Yves Congar. Une voix essentielle pour notre temps: celle d’une audacieuse fidélité.

SOMMAIRE

DES SEMENCES ET UNE TERRE ACCUEILLANTE
TRADITION ET AVENIR
« L’EGLISE NE VIT QU’EN REFORMANT »
VIVRE ET PENSER « SELON LE TOUT »
L’AUTORITE AUTREMENT

Format : Broché
Paru le : 06/05/2011
Nb. de pages : 238 pages
Dimensions : 20,5cm x 14cm x 1,4cm
ISBN : 978-2-85040-309-5
EAN : 9782850403095

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