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LE TOUR DU MONDE EN 80 LIVRES

Marc Wiltz
Magellan & Cie Editions

le_tour_du_monde_en_80_livres_01Sous le regard attentif des dieux de l’Olympe, Homère le premier prophète offre une vision double de l’humanité à ses lecteurs. Il y a ceux qui tiennent de L’Iliade, c’est-à-dire de la guerre, l’affrontement, la ruse, la gloire, le pouvoir, les alliances, l’amour considéré comme une conquête ou une possession – et malheur donc à qui s’en empare indûment. Ce sont, résumés en un mot, les politiques, ceux pour lesquels le vaste monde est une question d’organisation, avec des places à défendre et des ambitions à assouvir.
Et il y a ceux qui tiennent de L’Odyssée, avec Ulysse, l’homme seul face à son destin, à ses choix, à ses amours. Ce sont, d’un autre mot, les aventuriers, et c’est d’eux qu’il s’agit dans ce livre.

Depuis « Mythologies » jusqu’aux « Conquérants », en passant par « Du bon usage des moyens de transport », « Les Vagabonds » ou « Partir en mer », Marc Wiltz, éditeur de livres de voyage depuis quinze ans, a « classé » quatre-vingts livres dont il s’est nourri pour ses propres voyages.
Sont ainsi convoqués, dans cette saga de l’aventure par l’écriture, Don Quichotte et Casanova, Henry Miller et André Malraux, Bruce Chatwin et Victor Segalen, Saint-Exupéry et Hemingway… Et le personnage mythique du premier voyageur : Ulysse.
Pour en faire connaître certains ou mieux comprendre d’autres, et pour dire l’affection profonde qu’il ressent pour leurs auteurs, il se livre à un salutaire exercice d’admiration. Quelques lignes suffisent parfois au lecteur pour partager immédiatement une communauté de vues avec les pages qu’il a sous les yeux - ainsi, pour lui, du Don Quichotte de Cervantès ou du Chant des pistes de Bruce Chatwin ; pour comprendre que sous ces mots se trouve le saisissement d’une intelligence qu’on ne côtoiera jamais d’aussi près - ainsi Les Immémoriaux de Victor Segalen ; pour imaginer l’aventure de partir au loin avec ce mimétisme qui rend les choses a priori plus faciles parce que déjà accomplies par d’autres - ainsi La Voie royale d’André Malraux dans les jungles du Cambodge. Et puis, il faut bien rire aussi du monde parce que vivre est une fête - ainsi, avec ses Mémoires, Giacomo Casanova est-il le grand ordonnateur de l’hommage perpétuel rendu à la beauté.
Pour présenter les chapitres de ce grand rassemblement, l’auteur explique par l’exemple en quoi ses propres voyages ont été influencés par les lectures de ces auteurs magnifiques pour lesquels il se livre là à un salutaire exercice d’admiration.

EXTRAIT

Aimer les voyages et les explorateurs

Tout est parti d’Homère, le poète sans yeux, le chantre qui, pour le bonheur ou le soin de l’esprit des autres, a la charge de les distraire, de les sortir de leurs préoccupations, de rassembler dans un verbe social les faits et gestes mythifiés de leur existence. Au commencement était la parole de l’aveugle, celui qui n’existait pas, celui qui ne savait pas écrire… Au commencement était la foi.
Les religions, les cultes et les dogmes sont innombrables, et l’armée des croyants se lève au premier appel de son dieu, quel qu’il soit, lui sacrifiant sa raison, et construisant des histoires, au sens de contes, qui nourrissent les hommes, leurs actes et leurs terres hérissées des manifestations qu’ils ont sublimées. Aux sources qu’on remonte lors des voyages, ces histoires sont omniprésentes, et très variées. Elles dominent le monde et le nombre des dieux qu’elles agitent est infini. Elles sont profondément respectables et souvent superbes. Elles décrivent magnifiquement la conscience que l’homme, seul ou en groupes organisés, a de lui-même sur le morceau de Terre qu’il foule tous les jours. Il a façonné ainsi ses aspirations les plus intimes pour les renforcer, et y croire. Et quand ces manifestations viennent à mourir et se vident de leurs prêtres et de leurs rites quotidiens, les générations suivantes devenues archéologues s’ingénient à les retrouver, les rassembler patiemment, les sortir de la poussière des âges, les préserver et bâtir des musées-mausolées-sanctuaires au gré des chemins de la révélation pour en faire l’Histoire cette fois, et y croire à nouveau, autrement.
Mais je suis un croyant d’un autre genre. L’infini cosmos, les lois de la science, et l’incroyable diversité des puissances naturelles ou culturelles répandues sur la surface de la Terre, m’enseignent autre chose, et notamment la curiosité, indispensable au voyageur. Malgré le doute historique sur la réalité physique d’Homère, que plusieurs lieux ont vu naître et grandir en Turquie ou en Grèce, c’est de son culte que je me réclame, lui qui sans écrire lui-même, dit-on, n’aurait fait «que» concentrer dans ses chants, figés et normes au fur et à mesure du temps (le temps, figure majeure de cette œuvre première), les récits oraux racontés lors des veillées de l’Antiquité. Avant les dieux incarnés, cet autre prophète a ainsi offert quelques clés à l’intelligence des hommes – et je crois en celles-ci plutôt qu’aux fables mâtinées de commandements divins que les prêtres ont longuement laissé mijoter dans leurs marmites de mystères pour mieux impressionner les crédules.
Homère, avec ses œuvres réunies et par lui et par ses compagnons sous les regards attentifs et interventionnistes des dieux de l’Olympe – tout aussi réels que d’autres –, offre une vision double de l’humanité, qui sépare nettement les attentes et l’identification de ses lecteurs. Il y a ceux qui tiennent de L’Iliade, c’est-à-dire de la guerre, l’affrontement, la ruse, la gloire, le pouvoir, les alliances, l’amour considéré comme une conquête ou une possession – et malheur donc à qui s’en empare indûment. Ce sont, résumés en un mot, les politiques, ceux pour lesquels le vaste monde est une question d’organisation, avec des places à défendre et des ambitions à assumer. Et il y a ceux qui tiennent de L’Odyssée, avec Ulysse, l’homme seul face à son destin, à ses choix, à ses amours. Ce sont, d’un autre mot, les aventuriers, et c’est d’eux qu’il s’agit dans ce livre.

Né le 12 septembre 1961 à Saint-Mandé, Marc Wiltz a passé toute son enfance au Havre jusqu’à 22 ans. Diplômé de l’ESC du Havre 1983 (qui lui a appris à gérer des budgets), Marc Wiltz essaye le théâtre, la radio (Porte Océane au Havre), l’édition (Petit Futé en 1983) et un stage de deuxième année à la maison de la Culture (Le Volcan au Havre). Puis il travaille chez IBM, passe deux ans en Afrique, avant de devenir gestionnaire de studios de tournage de cinéma pendant 4 ans.
Marc Wiltz a toujours eu deux passions dans l’existence : les livres et les voyages, ce qui l’a amené à créer MAGELLAN & Cie en 1999 pour les conjuguer. Cette maison d’édition compte aujourd’hui 250 titres au catalogue, pour beaucoup d’entre eux basés sur un montage « cinéma » comme l’éditeur aime à le rappeler, c’est-à-dire en cherchant à trouver l’équivalent des avances sur recettes…

Parution : 8 septembre 2011
Format : Broché
Nb de pages : 264 p.
Dimension : 15,5 x 22,5
ISBN-10: 2350741958
ISBN-13: 978-2350741956
19,5 Euros.

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