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LES THINK TANKS - CERVEAUX DE LA GUERRE DES IDEES

Stephen BOUCHER & Martine ROYO
Editions du FELIN

les-think-tanksEn 1997, le Project for the New American Century, un institut néo-conservateur américain, présentait au président Clinton le projet d’une attaque contre Saddam Hussein pour détruire ses armes de destruction massive. Six ans plus tard, l’administration Bush adoptait l’idée et envahissait l’Irak. Depuis les années 1980, les think tanks, ces « réservoirs d’idées » inspirés de modèles américains et britanniques, se multiplient et montent en puissance.
Sous-titré « Cerveaux de la guerre des idées » et préfacé par Pascal LAMY, cette 3e édition revue et augmentée parle des boîtes à idées pour décideurs de ce monde.
« La mondialisation ouvre le champ politique à de nouveaux acteurs, y compris dans la France autrefois jacobine. Le retrait un peu partout de l’Etat, notamment du monde universitaire, change la donne pour les think tanks. »


RESUME

Dès les années 1980, les think tanks, ces réservoirs d’idées inspirés des modèles américains et britanniques, se multiplient et façonnent les concepts sur lesquels seront fondés les projets politiques de demain. Cet ouvrage permet de comprendre comment se forgent les solutions politiques de l’avenir, comment fonctionnent ces organismes et leur influence en France, en Europe et dans le monde.

PRESENTATION

Crise financière, changement climatique, révolutions arabes, expansion économique chinoise, mutations technologiques, transition énergétique… le monde s’emballe. Qui aide les décideurs politiques à anticiper, réagir, innover dans un contexte toujours plus instable ? Depuis les années 1980, les think tanks, ces « réservoirs d’idées » politiques, se multiplient et montent en puissance dans le monde entier, en Occident mais aussi en Chine, en Inde ou en Russie et dans les pays émergents. Peu visibles, ils sont près de 6 500 dans le monde, 2 000 au sein de l’Union européenne, dont près de 200 en France. Qui sont-ils ? Qui les dirigent ? Quelles solutions défendent-ils ? Leurs idées sont-elles innovantes ou de simples instruments de propagande idéologique ? Comment fonctionnent ces cercles d’influence ? Qui les finance ? Quelles sont les ramifications entre monde politique, think thanks et monde économique ? Ont-ils un impact lors des élections?
Ouvrage de référence en actualité politique, cette 3e édition, entièrement remise à jour, analyse près de 300 think tanks parmi les plus importants dans le monde.

TABLE DES MATIERES

- LES THINK TANKS FACE AUX CRISES
- LE « LABORATOIRE A IDEES », NOUVEL ACTEUR DE LA DEMOCRATIE CONTEMPORAINE ?
- FUMEE ET FEU : UNE INFLUENCE PARFOIS BIEN REELLE
- LES THINK TANKS NAISSENT SUR LES DECOMBRES DES CRISES
- L’EUROPE EST MAL ARMEE POUR LA GUERRE DES IDEES
- LES THINK TANKS FRANÇAIS : DES IDEES MAIS PEU D’INFLUENCE
- IMAGINER L’AVENIR

EXTRAIT

Avant-propos de la 3e édition

Quoi de commun entre Jacques Delpla, économiste et conseiller sur les marchés de capitaux à BNP Paribas, John Kay, journaliste britannique au Financial Times, Sony Kapoor, créateur de l’institut Re-Define (pour Rethinking Development, Finance and Environment) ou Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies ? Tous témoignent d’une implication croissante de penseurs issus du secteur privé dans la résolution de la crise multiforme que traverse notre société, tant économique qu’écologique et sociétale. Tous commentent, analysent nos problèmes de société, sont interrogés par les médias, conseillent les gouvernements en place et parfois, les influencent. La crise a du bon : elle invite à la réflexion.
Le débat démocratique en Europe est de fait plus vivant que jamais. Le champ de la réflexion politique est ouvert. S’invitent à la table de plus en plus d’acteurs, même s’ils ne sont pas tous « penseurs » au sens académique, voire élitiste, du terme. Et si le débat d’idées ne porte pas toujours sur celles qui pourraient sembler les plus importantes aux uns ou aux autres, le fait est qu’il est dynamique dans nos démocraties occidentales. Les manifestations en sont multiples. Contactez la page « Courrier » des grands quotidiens et vous apprendrez que les contributions intéressantes de lecteurs avides de partager leur réflexion foisonnent. Elles témoignent d’une vraie soif d’argumenter et de promouvoir l’intérêt général par le débat. En découlent des initiatives nouvelles telles que Project Syndicate, une association qui diffuse des points de vue de personnalités internationalement reconnues auprès des journaux du monde entier.
De même, et c’est d’ailleurs désormais un lieu commun, Internet facilite la prise de parole et le débat, parfois même la réflexion politique. Si l’impression donnée par les réactions en ligne de lecteurs à des articles de presse laisse parfois douter de la possibilité d’une « cyberagora » citoyenne, le fait est que se multiplient les lieux d’échange, parfois de qualité, que la transparence des données est accrue, et que peut s’inviter dans le débat n’importe qui, du parfait quidam à la personnalité reconnue.
Quant aux courants et aux partis politiques, ils cherchent une inspiration nouvelle auprès d’intellectuels et d’universitaires, que ce soit la gauche social-démocrate depuis 2008 avec la fondation Terra Nova, ou les Verts européens avec la Green European Foundation ou le président français Nicolas Sarkozy en vue de sa réélection en 2012. Dans un autre registre, des bureaux d’étude tels que McKinsey ou Accenture sont consultés de manière croissante par les gouvernements et créent leurs propres centres d’expertise sur les politiques publiques. Les organisations non gouvernementales suivent le mouvement, contribuant de plus en plus aux débats législatifs et publics par des analyses détaillées. Au total, une dynamique nouvelle d’implication des acteurs privés dans la réflexion publique peut être décelée dans les démocraties occidentales, au-delà des imperfections du débat.
L’installation des think tanks dans le paysage politique des démocraties occidentales, et même au-delà, fait partie de cette mouvance et paraît irréversible. Depuis l’édition précédente de cet ouvrage (début 2009), leur réputation en Europe a largement dépassé l’image laissée par l’influence sulfureuse des officines néo-conservatrices américaines par laquelle nous ouvrions la précédente édition. Leur nombre et visibilité n’ont cessé de croître, passant d’environ 5 000 à 6 500 au niveau mondial. Certains démarrages en fanfare relatés alors n’ont certes pas été suivis de l’effet escompté – la fondation Terra Nova en France, par exemple, a certes su s’implanter, mais l’on reste loin du modèle américain que représente le Centre  for American Progress. Les groupes politiques du Parlement européen ont créé leurs cellules de réflexion, mais l’impact reste, pour le moment, limité. Certaines sociétés de conseil se sont donné le label de « think tank » sans en devenir un, révélant au passage le prestige acquis par cette appellation d’origine non contrôlée. Toutefois, globalement, c’est l’impression de vivacité du secteur qui domine.
La situation a bien changé depuis 2006, date de la première parution de cet ouvrage. On ne peut plus dire que les think tanks soient à la traîne en France ou dans d’autres pays occidentaux. Ils seraient ainsi passés de 1 200 à 1 800 pour la seule Europe depuis l’édition précédente. Ils se multiplient aussi dans d’autres parties du monde. Certaines régions, notamment le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, restent sous représentées – hébergeant seulement 5 % des think tanks identifiés dans le monde – mais gageons que l’ouverture démocratique en cours verra l’éclosion de nombreux centres propres à cette région dans les prochaines années.
Doit-on voir ainsi dans le développement des think tanks et d’autres formes de débat le signe d’une progression inéluctable de la raison et du débat démocratique ? Les pessimistes trouveront de nombreuses raisons d’en douter : piètre qualité parfois des discussions ; rôle critique des médias mis à mal ; mise en scène de la vie publique à coup d’images réductrices, de phrases chocs et de révélations superficielles sur la vie privée des figures politiques ; incapacité à réformer nos institutions et politiques en profondeur là où c’est nécessaire, y compris quand les crises sociales, économiques, financières ou écologiques l’imposeraient ; tendance à la polarisation des débats, parfois autour de polémiques stériles.
Les optimistes y verront au contraire le renouvèlement des formes de débat démocratique et de sa vitalité, d’un décloisonnement sain entre sphères privée et publique, reflet aussi d’un niveau d’éducation toujours plus élevé, le tout confluant vers une envie de participation dans le jeu politique large. Ces mêmes optimistes justifieront cette tendance par la complexité croissante des problèmes sociétaux et le niveau d’expertise toujours plus relevé requis pour les résoudre. Approfondir ce débat nécessiterait une étude complète de l’état de nos démocraties que cet ouvrage ne prétend pas offrir.
Quant à nous, nous voulons croire que la vitalité des think tanks est réelle et participe effectivement d’un renouvellement des formes de débat politique. Il n’est pas rare aujourd’hui de rencontrer des personnes qui ont envie de créer leur propre think tank, ni d’autres qui l’ont fait. Leur rôle de distillateur d’analyses, de théories, de faits pour les transformer en recommandations pratiques est nourri par et à son tour alimente le dynamisme général de l’agora démocratique. Cette troisième édition vous invite à comprendre cet univers désormais mûr en Europe, mais dont la contribution à la résolution des problèmes de société auxquels nous avons à faire face est encore loin d’être épuisée.

Stephen BOUCHER et Martine ROYO,
Novembre 2011.

LES AUTEURS

Stephen Boucher est directeur au sein de la Fondation européenne pour le climat. Diplômé de Harvard et Sciences Po Paris, il a co-dirigé le think tank Notre Europe (spécialisé dans les questions européennes fondé par Jacques Delors), a été conseiller auprès du gouvernement belge et consultant en lobbying à Bruxelles et à Londres.

La journaliste Martine Royo a collaboré à l’AFP, puis dirigé le service étranger du Nouvel Economiste et des Echos. Diplômée de l’Institut de hautes études internationales de Genève, elle travaille pour plusieurs ONG principalement la section française d’Amnesty International dont elle coordonne les actions dans les Balkans.

Le préfacier, Pascal Lamy, est directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et ancien commissaire européen au Commerce international. Il a présidé le think tank Notre Europe.

Parution : 5 avril 2012
Nb. de pages : 176 p.
ISBN : 978-2866457716
Prix : 16,90 €

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