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MATINES DE L’OISELEUR

Gertrud Leutenegger
Editions Zoé

matines-de-loiseleurUne ville au bord d’un lac. Au milieu d’une baie que bordent des rangées d’hôtels, une construction en bois se dresse. Elle est la reproduction d’une tour d’oiseleur dont les montagnes alentour étaient pleines jadis. Les autorités de la ville veulent en faire une attraction touristique, dotée d’un gardien qui serait en même temps un guide afin d’expliquer aux visiteurs l’ancien dispositif de capture des oiseaux au moment des migrations.
La vie dans la tour s’effectue au rythme des livraisons anonymes et quotidiennes d’une ration toujours identique de polenta ; une règle stricte ne laisse rien au hasard, nombre de visiteurs admis, horaires. Ceux-ci, monastiques, prescrivent des sortes de matines.
L’héroïne qui obtient le poste de gardienne et avec laquelle on glisse dans le récit va peu à peu, au fil des jours, faire se lézarder ces règles. Entre cauchemars peuplés d’oiseaux et souvenirs oniriques, tout est sujet à métamorphose pour faire vivre un passé et un présent où la nature et la cruauté sont liées, comme les oiseaux et ceux qui les captent.

LU DANS LA PRESSE

« Une ville au bord d’un lac réintroduit une tour d’oiseleur ; la narratrice en devient la gardienne. Jadis destinée à la capture des oiseaux migrateurs, la tour se saisit de la vie, des couleurs flamboyantes, des gazouillis et de la lumière. Mais, alors que les jours s’égrainent et que le temps se dilate, les souvenirs oniriques et les rêves captifs se libèrent. Le drame de la tour est celui du drame humain où, à parts égales, la souffrance, la solitude et l’obscurité s’unissent à la lumière, à la multitude et à la liberté ! »
(Anne Junker, Libraire, Payot-Lausanne)

Dans une ville qui pourrait être Lugano, une femme garde seule une tour à oiseaux.
« Matines de l’oiseleur » est le premier livre traduit de la Zurichoise Gertrud Leutenegger. Etrange et prenant récit d’une libération, l’ouvrage, paru en allemand en 2008, tient à la fois du conte, de l’allégorie politique et de la poésie.
Il a fallu attendre une quinzaine de livres (tous publiés chez Suhrkamp en Allemagne, depuis 1975) pour qu’un texte de Gertrud Leutenegger paraisse en français. L’entrée dans cet univers très singulier se fait à l’envers, par le dernier titre: Matines de l’oiseleur (2008). Récit, conte, allégorie, le genre n’est pas désigné. «J’ai toujours essayé d’y échapper», dit l’auteure. Ses titres souvent brefs, elliptiques, éveillent des références mythologiques ou bibliques: Ninive, Méduse, Achéron, Pomona. Et ce Matutin qui renvoie à l’ordre du jour des couvents. «Ce sont plutôt des indications, des allusions, pas un programme», précise en souriant Gertrud Leutenegger. Elle a situé Matines de l’oiseleur dans une tour, un monument au bord d’un lac, la copie, par un architecte obsédé de ­rigueur, de ces tours qui servaient à attraper les petits oiseaux. Un lac entre deux montagnes, des palmiers, des hôtels, des églises baroques: on reconnaît Lugano. Mais, remplaçant l’hommage à Borromini conçu par Mario Botta pour les 400 ans du génial bâtisseur, un édifice fatal à la faune ailée, comme il y en avait beaucoup dans les forêts, dit l’auteure, qui a vécu une vingtaine d’années au Tessin, et qui aime ancrer ses récits dans le réel pour mieux s’envoler dans la fiction.
La narratrice a trouvé un emploi de gardienne dans cette tour. Les services municipaux lui imposent des règles très strictes et un régime monacal dans ce bâtiment ouvert sur l’eau et le ciel. Pour toute nourriture, elle reçoit une ration quotidienne de polenta fumante. A la tête d’une documentation exhaustive, la gardienne est supposée renseigner les visiteurs, dès l’aube et en détail, sur les pratiques cruelles des oiseleurs, les techniques de capture, les différentes espèces d’oiseaux. Pendant le mois que dure son contrat, la femme ne reçoit cependant qu’une personne. Il faut dire qu’elle s’ingénie à décourager les éventuels curieux. Victoria, celle qui vient occuper nuit après nuit le lit spartiate à l’étage, est une Péruvienne sans papiers, qui transporte toute sa vie dans quelques sacs en plastique et prétend travailler dans un des hôtels du quai. C’est là qu’elle aurait rencontré la gardienne, quand celle-ci y abritait ses amours. Mais se souvient-on du personnel de maison qui nous sert dans l’anonymat? Victoria représente le volet politique implicite de ce récit, figure de l’étrangère, de l’exil, de la précarité. Existe-t-elle vraiment? Elle finit par disparaître.
(…)
(Lundi 14 novembre 2011, Le Temps, par  Isabelle RÜF)

Gertrud Leutenegger a passé son enfance en Suisse centrale et vit aujourd’hui à Zurich. Dans son œuvre, la nature joue un rôle proche de celui qu’elle revêt auprès des romancières anglaises : une véritable inspiratrice. Auteur d’une dizaine de romans, elle est publiée pour la première fois en français.

Traduit de l’allemand par Yves Guignard
Parution : Septembre 2011.
Nb de pages : 186 p.
Format : Broché.
ISBN : 9782881827044
EAN13 : 9782881827044
18 Euros.

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