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LA VIE EN JEU, UNE BIOGRAPHIE DE VLADIMIR MAÏAKOVSKI

Bengt Jangfeldt
Albin Michel

la-vie-en-jeuLa biographie du grand poète futuriste russe Maïakovski !
« Disons-le d’emblée : cette biographie est un chef-d’œuvre. Un travail de recherches colossal et pénétrant comme on a rarement la chance d’en lire dans une vie. »
(Dagens Nyheter, Stockholm)

English summary at the end.

Poète et révolutionnaire, immense provocateur qui joua sa vie à la roulette russe, Vladimir Maïakovski demeure, quatre-vingts ans après sa mort, une figure mythique du mouvement futuriste. Personnage paradoxal, il incarna l’avant-garde politique et esthétique mais également l’artiste au service du régime soviétique.

Néanmoins, c’est avant tout sa relation tumultueuse avec Lili Brik, la sœur d’Elsa Triolet, qui marquera son destin. Leur passion va durer quinze ans, jusqu’à ce jour d’avril 1930 où Maïakovski se suicide.

Couronnée en Suède par le prestigieux prix August de l’essai, fondée sur les témoignages des derniers proches du poète ainsi que sur des archives privées et des documents récemment rendus accessibles par les services secrets soviétiques et britanniques, cette biographie s’impose comme un ouvrage de référence. Bengt Jangfeldt y retrace le parcours fulgurant d’une comète du XXe siècle, et nous plonge dans les orages politiques, littéraires et privés d’un cercle d’écrivains et d’artistes qui ont marqué une époque.

Poète canonisé dès son vivant, parangon de l’art socialiste, Vladimir Maïakovski est un artiste essentiel de l’art du XXe siècle.
Dans son admirable biographie, Bengt Jangfeldt retrace cette vie extraordinaire, en rendant justice à celui qui fut d’abord un immense poète. Ses aventures sentimentales servent de fil conducteur au récit, en commençant par le surprenant ménage à trois qu’il forma avec Lili Brik, la soeur d’Elsa Triolet, et son mari officiel Osip Brik, théoricien de l’avant-garde futuriste. La famille Brik-Maïakovski était la clé de voute de la culture russe des années 20 et cette biographie exceptionnelle, qui se lit comme un roman, est aussi le vivant portrait d’une époque unique, cruciale pour le XXe siècle.

REVUE DE PRESSE /

La critique de Alain Guillemoles sur laprocure.com :
« Vladimir Maîakovski, ce géant pressé »

« Une biographie très fouillée du poète éclaire la figure de celui qui incarne la littérature russe des années 1920. Grand, violent, gauche, Vladimir Maïakovski est un poète paradoxal qui domine la première décennie de l’Union soviétique. Ses vers font écho à la révolution, à ses élans insensés et ses débordements. Mais, malgré son statut de propagandiste officiel, Vladimir Maïakov ski conserve en même temps en Russie l’image d’un poète « maudit ». Sans doute à cause de son suicide, en avril 1930, à 36 ans.
Bengt Jangfeldt, critique suédois, restitue aujourd’hui cette figure de la littérature russe dans une volumineuse biographie, rythmée de nombreuses photos inédites, de fac-similés de manuscrits, d’images de films ou de photos de l’époque. Ce faisant, il fait apparaître un personnage bien plus complexe que celui dans lequel il avait été figé par l’histoire officielle soviétique, soucieuse de ne conserver de Maïakovski qu’un seul visage : celui du versificateur de la révolution.
Le Maïakovski qu’on découvre est un personnage bien différent de la statue qui orne les abords du Kremlin, à Moscou, sur la place qui porte son nom. D’abord l’œuvre. L’audace des images, le culte de la modernité (il est le chef de file du courant « futuriste »), la perfection des vers que Vladimir Maïakovski se plaît à syncoper en virtuose ont depuis longtemps justifié sa place dans la littérature russe. Mais Bengt Jangfeldt nous rappelle que Vladimir Maïakovski a d’abord écrit des poèmes qui disent ce que c’est d’être au monde, ou parlent d’amour : « Voleuse de mon cœur, auquel tu as tout pris. »
Le biographe évoque la figure d’un artiste complet, passé par les Beaux-Arts, aimant d’abord dessiner avant de se mettre à écrire. Durant des années, Maïakovski gagne sa vie en travaillant dans des agences de publicité. Son sens du mot fait merveille pour produire des slogans concis. Lui-même est loin de mépriser ce travail. Il le considère au contraire comme une partie de son œuvre, allant jusqu’à reprendre ces slogans dans ses poèmes. On découvre ainsi une affiche de publicité pour les magasins Mosselprom qui clame : « Nigdie krome kak Mosselprome ! » (Nulle part comme au Mosselprom !)
Artiste se jetant dans son art avec frénésie, il touche aussi au cinéma et multiplie les lectures publiques de ses œuvres. Il tresse des lauriers à la révolution mais n’a jamais été membre du Parti communiste. Ses audaces formelles, son goût de la provocation lui valent d’ailleurs de nombreux ennemis au sein du régime.
Au fond, il ne comprend pas grand-chose à l’idéologie. Il est fasciné par le projet révolutionnaire, mais ne cesse jamais de vivre comme un dandy et un grand bourgeois, affranchi de toutes les servitudes collectivistes.
On découvre alors l’homme : joueur invétéré, ayant la phobie des microbes et la passion des femmes. Il est tyrannique avec ses proches, passionné, capable de se conduire comme un mufle. Bengt Jangfeldt s’attache à restituer l’importance de Lili Brik dans sa vie. Il ne s’éloignera jamais de celle qui fut son plus grand amour, et avec laquelle il vit dans un étrange ménage à trois, puisqu’elle est l’épouse d’un célèbre critique, Ossip Brik.
C’est par la sœur de Lili, Elsa, que Vladimir Maïakovski rencontre Lili. Plus tard, Elsa s’en va vivre en France et devient connue sous le nom d’Elsa Triolet, épouse de Louis Aragon.
On croise de nombreuses figures artistiques de l’époque dans l’entourage de Vladimir Maïakovski : Gorki, Pasternak. Il n’entretient pas forcément les meilleures relations avec eux. Lors de son premier voyage en France, il rencontre Vladimir Pozner, qui raconte : « Il est si grand que même quand il est assis, on éprouve l’envie de lui demander de s’asseoir. Je suis allé le voir dans une chambre d’hôtel si petite qu’elle ne peut contenir Maïakovski et ses chaussures à la fois. Les souliers sont restés à la porte et pour que je puisse entrer, il a dû se mettre au lit. »
Cette silhouette géante à la voix de basse, une cigarette au coin des lèvres, c’est l’image qui reste de Maïakovski. En Russie, ses lectures rassemblaient des foules. Le 14 avril 1930, il se tire un coup de pistolet dans le cœur. Ennuis privés ? Fatigue de chercher toujours à incarner l’avant-garde ? Sentiment d’étouffement politique ? Il est impossible de répondre à cette question. Sa dernière lettre est en vers : « Je meurs, n’en accusez personne. Et pas de cancans, le défunt avait cela en horreur. » Du pur Maïakovski. »

REVUE DE PRESSE /
La critique de Fabienne Pascaud
Pour Telerama (n° 3179-3180 - 18 déc. 2010) :

« Est-ce parce que c’était une espèce d’ogre poétique et révolutionnaire furieusement romantique que peu de biographes ont jus­qu’alors osé aborder Vladimir Maïa­kovski ? Ayant eu la chance de rencontrer les derniers proches du futuriste bolchévique (1893-1930) et faisant d’emblée le choix (magnifique !) d’associer photos rares et écriture romanesque dans un essai monumental, le Suédois Bengt Jangfeldt, lui, n’a pas craint d’affronter celui qui inspira des années plus tard la Beat generation.
De Maïakovski, on aime à évoquer une image pittoresque : taille de géant, bouche édentée, cent cigarettes fumées chaque jour, folie du jeu, hantise des microbes, passion tumultueuse pour Lili Brik (sœur d’Elsa Triolet) et vie à trois avec le mari de cette dernière, conquêtes féminines à foison et suicide par amour (ou découragement politique ?) d’une balle en plein cœur.
On raconte moins la force créative de ce concasseur de langages, de rythmes, de sons et de sens, engagé dès l’adolescence au service d’une Révolution tous azimuts ; celle du cœur en particulier. C’est chose faite. Des espérances et rêves de toute une génération d’artistes avant et après la révolution d’Octobre, la biographie témoigne aussi avec lyrisme. On y plonge dans un univers frénétique où l’utopie semblait accessible, mais où le poète, pourtant, choisit le suicide, à 37 ans. « Et pas de cancans, exige Maïakovski dans son ultime missive. Le défunt avait cela en horreur. »
http://www.telerama.fr/livres/la-vie-en-jeu-une-biographie-de-vladimir-maiakovski,63537.php

Format : Broché
Nb de pages : 590 p.
ISBN-10: 222621853X
ISBN-13: 978-2226218537

ENGLISH SUMMARY :
Want to hear about a thrilling life in order to start the year off on the right foot?
Then take a look at that of Mayakovsky, the object of a rich and largely illustrated monograph. We can review what we know about the poet, a revolutionary of verse and a fool for speed, a cousin of the Futurists.
But we also discover that the author of Cloud in pants was also very active in other fields, transforming when necessary into a typographer, a movie director or a drawer. During the Revolution, a deep creative pot, the borders between the various forms of art were erased and all the disciplines interpenetrated one another.
While the biography describes his literary work and goes into the gossip as well (Mayakovsky accused by Gorki of transmitting syphilis to a young girl, the love triangles between Lily Brik, the poet and other conquests), it also shows the extraordinary appetite for meeting actors of the European culture, in particular in the visual arts: Rodchenko, Gontcharova, the Delaunay couple, Man Ray and Duchamp whom he met in the staircase of the Istria hotel in Paris.
Even though Mayakovsky died young (after Essenine in 1925, he too committed suicide at the age of 37 in 1930), one has the impression he had the time to live various lives …

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