Articles contenant le tag Fayard

NAPOLEON ET SES HOMMES : LA MAISON DE L’EMPEREUR, 1804-1815

Pierre Branda
Fayard

napoleon-et-ses-hommesPRESENTATION

Ce n’est pas seulement à coup de victoires militaires, avec une propagande très efficace et une police ultra-moderne, que Napoléon est devenu le souverain le plus puissant d’Europe au XIXe siècle.
Contrairement aux monarques absolus de l’Ancien Régime, il comprit qu’il ne devait dépendre de personne pour ses ressources personnelles, pour sa protection, pour ses voyages, pour son logement. Mieux valait que la fidélité de son entourage dépende de lui plutôt que du seul Etat. Avec une très substantielle casette échappant à tout contrôle, et une nombreuse compétente et archi-dévouée équipe de personnes vouées à son service exclusif, il disposait, à l’intérieur de l’Etat, d’un outil dont lui seul pouvait et savait se servir. Cela explique qu’il ait si longtemps pu résister aux oppositions et aux revers qui ont accablé les dernières années du règne.

RESUME ET AVIS

En se constituant une « maison », c’est-à-dire un ensemble de services voués à sa personne, Napoléon entendait mettre en scène sa puissance nouvelle et disposer d’une Cour comme naguère les rois de France. Il pourrait recevoir les souverains d’Europe dignement et rallier à lui une partie de l’ancienne noblesse tout en s’attachant l’élite des hommes nouveaux. Cette maison, il la conçut avec son habituel esprit méthodique, en lui imposant une très rigide hiérarchie civile et militaire, un carcan budgétaire serré, une réglementation tatillonne et une opacité certaine pour la soustraire à tout contrôle extérieur. De ses collaborateurs les plus proches jusqu’aux plus humbles domestiques, des officiers et soldats de la Garde impériale aux employés des cuisines, tous les membres de la « maison » n’œuvraient que pour lui, si bien qu’ils devinrent très vite un véritable État dans l’État, disposant de budgets considérables échappant aux finances publiques et permettant à l’empereur de mener une politique parallèle, voire secrète. Personne jusqu’à présent n’avait pris la peine d’examiner avec minutie les comptes et les volumineuses correspondances relatifs à la maison de l’empereur depuis la fondation du régime jusqu’à la Cour miniature de l’île d’Elbe, celle ressuscitée des Cent-Jours et celle fantomatique de Sainte-Hélène. C’est une foule de personnages, certains célèbres comme Duroc ou Bertrand, certains oubliés comme les blanchisseuses ou les cochers, que fait revivre avec une science étourdissante Pierre Branda.

AVANT-PROPOS DU LIVRE (DE PIERRE BRANDA)

Le jeune général Bonaparte n’était guère entouré avant que sa destinée ne prenne son envol. Seuls trois aides de camp étaient à son service personnel à Paris en 1795 (précisons d’emblée que ce livre ne s’intéresse qu’à ses serviteurs). Ils se nommaient Muiron, Junot et Marmont. Leurs destins furent pour le moins contrastés. Le premier succomba au pont d’Arcole en protégeant son chef, le second mourut dément à cause d’une mauvaise blessure jamais guérie (il reçut une balle en plein visage en 1809) et le troisième, futur duc de Raguse, fut considéré comme un traître après avoir capitulé devant l’ennemi en 1814 (d’où le vieux verbe raguser signifiant trahir). Ces valeureux jeunes gens s’étaient liés avec Bonaparte lors du siège de Toulon deux ans plus tôt. Leur zèle, leur bravoure, leur entrain pendant les combats furent remarquables. Bonaparte les prit ainsi très rapidement sous son aile. Très rapidement, les trois hommes tombèrent en admiration devant leur nouveau chef : Junot lui voua un véritable culte, Marmont le qualifia d’homme « extraordinaire » et Muiron était prêt à se sacrifier pour lui, ce qu’il fit d’ailleurs. Il y avait de quoi être impressionné. La prise de Toulon grâce au génie militaire de Bonaparte fut une merveille tactique.

Malgré ce coup d’éclat, Bonaparte était en 1795 un général sans affectation. Ses aides de camp ne l’avaient cependant pas quitté. Ils avaient bien raison. Quand Bonaparte réprima l’insurrection royaliste en septembre, les choses changèrent du tout au tout. Celui qui fut appelé le général vendémiaire avait sauvé le régime. Le pouvoir politique, le directeur Barras en particulier, ne fut pas ingrat. Bonaparte fut récompensé au-delà de ses espérances. Tout s’enchaîna très vite. Le jeune corse fut nommé général en chef de l’armée d’Italie en mars 1796. Pour prix de leur fidélité, il n’oublia pas ses hommes. Les trois militaires restèrent à ses côtés comme aides de camp. La campagne fut, on le sait, éblouissante. Les armées autrichiennes et sardes furent mises en déroute et les victoires se succédèrent. Les aides de camp de Bonaparte furent investis de missions sensibles : reconnaissance, inspection des divisions, suivi des opérations des autres généraux et commandement provisoire d’unités. De telles missions nécessitaient des hommes de confiance. Bonaparte nomma comme premier aide de camp un autre fidèle, Joachim Murat. Le flamboyant cavalier était à ses côtés depuis vendémiaire.

La victoire de Lodi fut un tournant dans la carrière de Bonaparte. Cette bataille lui ouvrait les portes de Milan. « Après Lodi, dira-t-il à Sainte-Hélène, je me regardai, non pas comme un simple général, mais comme un homme appelé à influer sur le sort d’un peuple ». Le soir de la bataille, le bruit courut dans l’armée que le général en chef s’était trouvé à un moment sous une pluie de balles. Cette bravoure supposée (aucune preuve de cette attitude courageuse n’existe) valut à Bonaparte le surnom de « Petit caporal ». Une légende était née, celle d’un chef victorieux et proche de ses soldats.

Mais à y regarder de plus près, le « Petit caporal » n’avait aucune intention d’être un ascète vivant et marchant à côté de la troupe. Il commença par étoffer son entourage direct. Il s’attacha les services d’autres aides de camp dont Duroc, Sulkowski, Le Marois, Lavalette et son jeune frère Louis. Etre désigné pour servir Bonaparte était un grand honneur. Porter au bras gauche l’écharpe de soie blanche et rouge qui les distinguait des autres aides de camp se méritait. Le nouveau César voulait des hommes dévoués, capables de comprendre les opérations militaires et sûrs. Il s’assurait de leurs qualités en les questionnant sans relâche et avec une grande autorité la première fois qu’il les voyait. « Son air était affable, mais son regard si ferme et si fixe, que je me sentis pâlir quand il m’adressa la parole » écrit Lavalette dans ses mémoires [1]. Quand ils n’étaient pas en mission, les aides de camp vivaient aux côtés du général en chef. Ils avaient la chance de manger à sa table et de loger dans la même résidence. Et le « Petit caporal » avait plutôt l’habitude de résider à son aise.

A Milan, descendu d’abord à l’archevêché, il répugna à habiter le palais archiducal qu’il trouvait dénué d’élégance. Aussi, il accepta l’invitation du duc Galeazo Serbelloni qui mit à sa disposition son superbe palais. Cuisines, écuries, salons pour les aides de camp, promenoir, vestibule aux belles dimensions et vastes chambres, rien ne manquait pour recevoir dignement le nouveau maître de l’Italie et quelques mois plus tard, sa jeune épouse, Joséphine.

A la fin de la campagne, quand il retourna à Milan, Bonaparte loua un autre château, celui de Mombello. Plus vaste encore, cette demeure lui permet de mener grand train. Les audiences étaient nombreuses et la déférence devant le général en chef la règle. Notables, ministres, diplomates, savants et artistes accouraient de toute l’Italie. Ils attendaient en silence qu’il leur adresse la parole mais tous n’obtenaient pas cette faveur. D’un simple signe de tête, Bonaparte congédiait tout le monde. A sa table, il recevait une vingtaine de personnes par jour et pendant les repas la musique de ses guides jouait des airs d’opéra italien. Le vainqueur d’Arcole avait changé. Son attitude était plus grave, il voulait en imposer, se considérant comme l’égal des plus grands.

Un de ses amis d’enfance, Louis Fauvelet de Bourrienne fut témoin de la mue du général en chef. Lui aussi avait partagé ses moments d’ « infortune » (que la légende a cependant exagérés). Ecoutons celui qui devint son secrétaire particulier : « Je rejoignis Bonaparte à Léoben, le 19 avril [1797], le lendemain de la signature des préliminaires de paix […] Ici cessent avec Bonaparte mes relations d’égal à égal et de camarade à camarade, et commençant celles où je l’ai vu tout à coup grand, puissant, entouré d’hommages et de gloire. Je ne l’abordai plus comme je faisais d’ordinaire : j’appréciais trop bien son importance personnelle ; sa position avait mis une trop grande distance sociale entre lui et moi pour que je ne sent[e] pas le besoin d’y conformer mon abord. Je fis avec plaisir, et sans regrets, le sacrifice bien facile, d’ailleurs, de la familiarité du tutoiement et d’autres petites privautés » [2] . Toute familiarité était désormais exclue. A 27 ans, il voulait déjà être presque inaccessible.

L’ami d’enfance resta son secrétaire particulier jusqu’en 1802. L’entourage domestique de Bonaparte ne cessait de grandir. Plus d’une dizaine de personnes veillaient à ce qu’il ne manque de rien. Parmi eux, on retrouvait : Charles-Louis Pfister, son intendant employé depuis le 22 septembre 1794, Louis Augustin Gallyot, son cuisinier, entré le  21 novembre 1794, Jean-Joseph Ambard et Jean Baptiste Hébert, valets de chambre engagés le 21 mars 1796, Bernard Joseph Reumont dit Blondin, son valet de pied recruté le 22 septembre 1796 et Etienne Collomb, garçon de fourneaux, qui rejoignit les cuisines le 19 juillet 1797 [3]. Les aides de camp, les secrétaires et les domestiques étaient là pour que le général puisse tenir son rang, celui d’un quasi chef d’Etat, une sorte de pro-consul à la romaine comme l’appela l’historien Albert Sorel.

Deux ans plus tard, il accéda au pouvoir suprême en tant que Premier Consul. Dans cette France encore tourmentée, il lui fallait s’affirmer. Les complots étaient nombreux et l’opinion très changeante. Il réussit à convaincre la plupart des Français en leur apportant la paix et en menant de grandes réformes. Il voulut aussi donner à son pouvoir une apparence, la plus solennelle possible. Quelques semaines après sa prise de pouvoir, il s’installa aux Tuileries, l’ancienne demeure des rois. Il n’était pas encore question de palais, ce nom sonnait encore mal, aussi il appela pudiquement sa nouvelle résidence « Le nouveau siège du gouvernement ». Il n’empêche que le ton était donné. Il n’allait pas se contenter d’un simple hôtel particulier (le Paris d’alors n’en manquait pourtant pas). Il ordonna que le transfert du gouvernement du Luxembourg aux Tuileries se fasse en grand apparat. Un cortège fut composé avec les moyens du bord. Plusieurs voitures emmenèrent les consuls et les ministres, celle de Bonaparte était tirée par six chevaux blancs. « Il faut que j’aille avec un cortège, dit-il à Bourrienne, cela m’ennuie, mais il faut parler aux yeux ; cela fait bien pour le peuple. Le Directoire était trop simple, aussi il ne jouissait d’aucune considération » [4].

L’apparat des monarchies européennes l’impressionnait. En recevant l’ambassadeur de Prusse à la Malmaison en octobre 1800, il admira ses équipages : « Le Premier Consul était à un balcon et regardait avec beaucoup d’attention la riche livrée des laquais, et paraissait frappé de l’éclat des ordres dont M. de Lucchesini était décoré »[5]. Il décida donc de les imiter et même de remettre au goût du jour les anciens usages : « Lorsque Bonaparte fut Premier Consul à vie, sa cour se trouva comme son pouvoir sur le même pied que celle d’un roi. On y procéda pas à pas, mais sans relâche. Ce fut l’affaire de deux ans. On compulsa tous les codes de l’étiquette, on consulta les vieux courtisans et les anciens valets. Comment cela était-il ? Comment cela se faisait-il autrefois ? Telle était la question à l’ordre du jour dans l’intérieur du palais, et l’on en revenait toujours aux us et coutumes du bon temps passé » se souvient Thibaudeau [6].

L’épée de cour et les bas de soie furent de nouveau à la mode. Une véritable cour faite de militaires, d’anciens émigrés, de fonctionnaires et de diplomates se pressait autour de Bonaparte et de Joséphine. On les régalait avec des cercles, des jeux ou des spectacles. Celle qui n’était pas encore impératrice s’entoura de « dames du palais ». Les Républicains étaient encore loin d’avoir tout vu. Ils leur restaient bien des couleuvres à avaler. A commencer par le retour de la messe du dimanche dans l’enceinte du palais de Saint-Cloud, l’autre résidence du Premier Consul. La première fut célébrée le 26 septembre 1802. Une foule immense attendait chaque fois le chef de l’Etat. A son arrivée, elle se rangeait sur deux haies et lui passait au milieu. Il était suivi par ses hommes, ceux qui commandaient les principaux services du palais. Dans la chapelle, le vainqueur de Marengo occupait la place autrefois dévolu à … Louis XVI. La messe terminée, il recevait les principaux dignitaires du régime dans une grande audience collective.

Les services domestiques du Premier Consul étaient dirigés par le gouverneur des Tuileries, Duroc assisté par plusieurs préfets du palais. Et pour que le « palais » soit digne, il fallait un personnel de plus en plus nombreux. Le lendemain du coup d’Etat, 16 personnes de plus furent employées pour les cuisines, la table, l’entretien, le linge et le service des valets de pied. Au total, une trentaine de personnes occupait les mêmes fonctions fin 1799. A la fin du Consulat, cinq ans plus tard, ils étaient 176. Les écuries grandirent dans les mêmes proportions. S’ajoutait le service de la chambre avec plusieurs valets et huissiers.

Mais pour habiter de grands palais, employer une nombreuse domesticité, déployer un bel apparat et organiser des cérémonies fastueuses, fallait-il encore avoir de l’argent. Or les finances de l’Etat consulaire n’étaient pas au mieux surtout depuis la reprise de la guerre. Pis encore, le traitement du Premier Consul même augmenté n’y suffisait pas. Heureusement quelques revenus « annexes » complétaient le tout [7]. Mais il fallait plus, beaucoup plus, surtout si Bonaparte voulait aller encore plus loin dans le luxe et la magnificence. Et c’était bien là son intention.

Le « Petit caporal » allait bientôt être sacré empereur. Pour consolider son pouvoir, pour qu’il soit respecté, admiré, et que sa propre personne soit préservée, il fallait s’attribuer d’importants moyens et surtout créer une institution capable d’atteindre de tels objectifs.

La Liste civile fut la manne financière.

La Maison de l’empereur fut cette institution.

NOTES :
[1] Lavalette, Mémoires et souvenirs, Mercure de France, 1994, p. 115.
[2] Bourrienne, Mémoires, Paris, Ladvocat, 1829, t. I, pp. 132-133.
[3] A.N., O2 22.
[4] Ibid., t. III, p. 319.
[5] Thibaudeau, Mémoires sur le Consulat, Paris, 1827, p. 15.
[6] Ibid., p. 8.
[7] Voir notre ouvrage, Le Prix de la gloire – Napoléon et l’argent, Paris, Fayard, 2007.

SOMMAIRE

Avant-propos
Introduction
Prologue : Un empereur bien doté

Première partie : Un Etat dans l’Etat
Chap. 1 : L’organisation de la Maison de l’empereur
Chap. 2 : L’intendant de Napoléon
Chap. 3 : Un domaine rentable
Chap. 4 : Le « gros oeuvre » de l’intendant général : la première restauration des palais
Chap. 5 : La sécurité du palais
Chap. 6 : Une grande bouche
Chap. 7 : La chambre de l’empereur
Chap. 8 : Divertir la Cour
Chap. 9 : Deux activités particulières : l’autel et la chasse
Chap. 10 : Les écuries
Chap. 11 : Voyages, voyages
Chap. 12 : La fortune de l’empereur
Chap. 13 : Napoléon et son personnel
Chap. 14 : Les Maisons satellites

Seconde partie : L’empereur en représentation
Chap. 15 : Etiquette quand tu nous tiens
Chap. 16 : Autour de Napoléon
Chap. 17 : La prison des vanités
Chap. 18 : Un nouveau cérémonial
Chap. 19 : Les coulisses du spectacle
Chap. 20 : Les invités de l’empereur
Chap. 21 : Un empereur généreux
Chap. 22 : L’art au service de la communication

Epilogue : La Maison en exil
Conclusion
Annexes
Notes
Remerciements
Sources et bibliographie
Index

L’AUTEUR

Pierre Branda est historien, spécialiste des questions financières et économiques de l’époque napoléonienne. Il a publié, en collaboration avec Thierry Lentz, Napoléon, les colonies et l’esclavage (Fayard, 2006) et Le Prix de la Gloire (Fayard, 2007).

Parution : 14 septembre 2011
Broché: 584 pages
ISBN : 978-2213638294
29 Euros.

, ,

Pas de commentaire

UN MONDE SANS EUROPE ?

Christian de Boissieu, Pierre Delvolvé, Christophe Jaffrelot, Philippe Esper
Fayard

un-monde-sans-europe Suite aux travaux du Conseil économique de la Défense sur le thème « Nouvelles menaces, nouvelles puissances : quels enjeux, et, éventuellement, quelles opportunités pour la France et l’Europe face à un monde en mutation ? », nous avons comme synthèse la publication d’un livre : « Un Monde sans Europe ? » aux Editions Fayard.

Des menaces de toutes formes, nombreuses et diffuses, pèsent sur le monde, dans le monde sur l’Europe, dans l’Europe sur la France : sécuritaires, climatiques, énergétiques, démographiques, idéologiques…

Quelles sont les possibilités pour l’Europe d’y faire face, alors qu’Henry Kissinger observait, avec ironie, il y a trente-cinq ans, ne pas savoir à quel numéro appeler l’Europe ? Catherine Ashton aurait récemment communiqué la référence d’un standard téléphonique branché en boucle sur le répondeur suivant : « For Germany, press one ; for France, press two ; for England, press three ; for Italy, press four ; for Poland, press five… , for Malta, press twenty-seven. » Ce qui est le constat à la fois de la division et de l’impuissance de l’Europe.

Le Conseil économique de la défense, composé d’une centaine de personnalités de l’entreprise, de l’économie, de l’international, de l’université, des administrations civiles ou militaires et de la politique, s’est interrogé sur l’hypothèse et le risque d’ « un monde sans Europe ».

L’identification des tensions et des menaces doit aider à déterminer les solutions permettant à l’Europe, et donc à la France dans l’Europe, d’y faire face.

L’Union européenne, ses Etats-membres, ses populations sont doublement affectés. D’une part, bien qu’étant au premier rang du classement des Pib, légèrement devant les Etats-Unis et largement devant l’Inde et la Chine, les deux « empires du milliard », ils sont engagés par rapport à eux dans un déclin relatif, accéléré par la crise économique et financière. D’autre part, ils sont exposés à de multiples dangers, sinon des menaces, de toute nature, le terrorisme étant la plus spectaculaire, mais non la seule.

En conformité avec l’approche dynamique du Conseil et avec son parti-pris européen, les auteurs du livre proposent dans le dernier chapitre une vingtaine de conclusions précises et positives, sur des sujets, tels que la place de l’Europe dans la gouvernance économique et politique mondiale, l’éthique internationale des affaires et l’éradication de la corruption, le maintien d’une option électronucléaire avec une priorité sans concession aux pratique de sûreté, un rôle moteur et persévérant dans la lutte contre la prolifération nucléaire, un plaidoyer pour une politique industrielle moderne devant encourager un emploi durable de qualité et enfin l’appel de quelques pays “qui le peuvent et qui le veulent” à une relance de l’Europe de la défense.

Pour ce livre au titre interrogatif, le Président du Conseil, Philippe Esper a animé un éminent Comité de rédaction composé de  Christian de Boissieu, Jean-François Bureau, le général Robert Creuzé, Pierre Delvolvé, Pierre Hassner, Christophe Jaffrelot, l’amiral Jacques Launay, Claude Mandil, Philippe Méchet, et le général Patrick de Rousiers.

Cette étude propose, à partir d’analyses factuelles, des solutions et ouvre des voies pour notre pays et quelques pays européens « qui le veulent et qui le peuvent. »

« Un Monde sans Europe ? » est le troisième ouvrage public du Conseil après « Défendre la France et l’Europe » (Perrin, avril 2007) et « Eurodéfense, pour une relance d’une Europe de la défense » (Unicomm, juin 2009).

Christophe Jaffrelot est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, de l’université Paris I-Sorbonne et de l’Institut national des langues et civilisations orientales. Il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques, et est habilité à diriger des recherches à l’Institut d’études politiques de Paris où il enseigne la politique de l’Asie du sud. Directeur du CERI (Centre d’études et de recherches internationales), Christophe Jaffrelot est l’un des meilleurs spécialistes de l’Asie du Sud en France.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et essais - pour la plupart traduits dans plusieurs pays. Il a notamment publié La Démocratie en Inde (Fayard, 1998), Le Pakistan (Fayard, 2000), Inde : la démocratie par la caste (2005) et L’Inde contemporaine (Fayard, 2006).

Parution : 8 juin 2011
Format : Broché
Nb de pages : 260 p.
ISBN-10: 2213662959
ISBN-13: 978-2213662954

, , , , ,

Pas de commentaire

Your server is running PHP version 4.4.9 but WordPress 4.0 requires at least 5.2.4.