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PHIPHI BREVES D’ENFANCE

Philippe Métayer
Edilivre

phiphi-breves-denfanceSouvenirs d’enfance. Récit émouvant. Cela peut toucher plus d’un lecteur. Un auteur à découvrir.

PRESENTATION

L’enfant n’a pas conscience du passé, encore moins de l’avenir. Il est dans le présent. Lorsqu’il parle, il dit « Je serai » mais pense « Je suis ».
A la suite de la découverte du carnet de guerre de son père, Phiphi décide de rassembler des témoignages et impressions de 1938 à 1945, à travers les réflexions des membres de sa famille.
Sous la forme d’un abécédaire, il nous relate les espoirs, les craintes et les peurs de ces moments sombres de l’histoire de la France.
Aujourd’hui adulte, Phiphi écrit au présent pour mieux restituer le ressenti de l’enfance, cette enfance qui fait partie intégrante de lui-même et qu’il nous fait partager dans ce témoignage émaillé d’illustrations, de lettres et de photos.

EXTRAIT

Pas hésitant, chaussures à semelle compensée, longue robe grise, manteau sombre et délavé, mantille sur la tête entourant un visage minéral, orbites profondes et noires au-dessus d’un nez tordu et d’un menton fuyant vers un cou de poulette, ridé, comme brûlé… Elle marche.
Bois-Colombes, charmante banlieue à sept minutes de Paris Saint-Lazare, où aucune troupe de soldats allemands n’a jamais mis les pieds ; on dit qu’en 1917 un soldat français aurait sauvé la vie à un soldat allemand et qu’en 1940 ils se seraient retrouvés, l’un maire de Bois-Colombes, l’autre envahisseur et qu’en souvenir il y aurait eu un marché entre eux à cause de cette dette d’honneur ? Il semble que ce genre d’accord n’ait plus cours en 2010 mais qui sait ?
À Bois-Colombes, en juin 1944 on construit quand même des barricades, elles nous servent à jouer à la petite guerre avec nos copains d’Asnières… En mai 1945 on tond des femmes, le peuple danse et fait la fête. Les déportés reviennent, tout est presque fini, on mange, on boit, on s’en met jusque-là… Enfin si on a les moyens ou des tickets… Je suis encore il, bientôt J3, je monte en grade alimentaire. De l’école libre, je vais entrer au cours complémentaire laïque…
Le jour de la rentrée des classes, je la croise sur le trottoir, à l’angle de la rue de la paix et de la rue Philippe de Metz… Elle marche.
Ma mère qui l’a rencontrée aussi me dit qu’elle revient de loin et qu’elle ne vivra pas longtemps.
Je me mets à l’observer discrètement, j’arrange mes itinéraires, pour la revoir le plus souvent possible sur mon chemin. Le temps passe, quelquefois c’est au coin de la rue de la paix et de la rue d’Estienne d’Orves. Elle se rend au marché couvert… Elle marche.
Ma mère me dit qu’elle réapprend à vivre, à manger, à bouger un peu, parce qu’elle est restée allongée de longs mois dans le froid, les cris des kapos, les râles des mourants, sur une planche avec d’autres, serrés, empilés, sales, affamés, et que c’est pour elle une grande chance d’être là ?
Quand je la rencontre sur le trottoir, elle relève la tête, elle n’a sûrement pas trente ans pourtant c’est comme cela que j’imagine une centenaire… Elle marche.
Ma mère me dit qu’elle a vingt-trois ans, qu’elle va regrossir, qu’elle va s’en sortir ?
Je marche moi aussi, mais très vite, toujours dans l’autre sens, pour elle je n’existe pas puisque pour elle plus rien n’existe. Un jour, je fais demi-tour, je la suis jusqu’au marché, rue Mertens. Elle fait des achats très limités en petites quantités, puis elle se contente de revenir chez elle, rue Philippe de Metz, où elle habite un rez-de-chaussée. Elle réapprend à vivre.
Je ne la rencontre jamais aux alentours de la voie de chemin de fer. Je ne l’ai jamais vue sur le pont qui enjambe la gare de Bois-Colombes.

philippe-metayer1L’AUTEUR

Né en 1933 à Bois-Colombes, Philippe Métayer a été instituteur, professeur, puis chef d’établissement. Connaissant bien le milieu de l’enfance, il a notamment fait de la recherche pédagogique avec Célestin Freinet. Sous le pseudonyme de Paul Barville, il a écrit pour la télévision et a aussi édité, sur Lulu.com, un roman policier, Un ticket noir pour le taxi-boy. Aujourd’hui retraité de l’Éducation Nationale, Philippe Métayer est aussi membre de la SACD et de la SACEM. Phiphi est son premier ouvrage publié chez Edilivre.

Parution : 06 janvier 2011
ISBN : 9782812146619
Prix : 17 €

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TICKET NOIR POUR TAXI BOY

Philippe Métayer
Edilivre

ticket-noir-pour-taxi-boyPRESENTATION

Mon cœur battait encore, mais je ne pouvais pas bouger. Je n’entendais rien, je ne voyais rien. Mon sang marquait le tempo, rythme binaire en porte-à-faux. Une chasse d’eau chuintait, bruit léger de source intermittente. J’ouvrais les yeux lentement, l’endroit très propre sentait l’eau de Javel, un espace lumineux, quadrillé, déformé, s’étendait devant moi et me faisait penser au tableau de Salvador Dali : Le Crâne de Zurbaran. Les personnages que je croyais voir, comme sur le tableau, n’étaient autres que les pissoirs dont je distinguais les siphons par en dessous. Un néon tressaillait de temps en temps, mais la lumière vive et blanche ne s’éteignait jamais.
Une vague douleur sur l’arcade sourcilière m’empêchait d’organiser mes pensées, j’avais dû heurter un lavabo en tombant. J’essayais de bouger, la moitié de mon corps réagissait, le côté gauche, celui du cœur.
Où avais-je vu ces chaussures gold et blanches de marque anglaise ?
Qu’est-ce que je foutais là ?

philippe-metayerL’AUTEUR

Normand d’origine, né en 1933 à Bois-Colombes, chef d’établissement retraité de l’Éducation Nationale, Philippe Métayer vit à Paris.
Il a écrit pour la télévision sous le pseudonyme de Paul Barville. Il est membre de la SACD et de la SACEM.
Il est l’auteur de Phiphi Brèves d’enfance, un témoignage sur la guerre 39-45, publié chez Edilivre en janvier 2011

Parution : 9 décembre 2011
Format : Broché
Nombre de pages : 120 p.
ISBN : 978-2332470195
Prix : 13,50 €

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