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GASTON KABORE. CONTEUR ET VISIONNAIRE DU CINEMA AFRICAIN

Marie-Magdeleine Chirol
Presses universitaires de Lyon

gaston kaborŽsans coupePRESENTATION :

Gaston Kaboré est l’un des pionniers de l’expression cinématographique en Haute-Volta (le pays devient le Burkina Faso en 1984), lorsqu’il réalise en 1982, à 31 ans, son premier long métrage, Wênd Kûuni. Ce film sera couronné par le César du meilleur film francophone trois ans plus tard et lui offre une reconnaissance internationale que ses films suivants confortent - il siège au jury de la Mostra en 1994, à Cannes en 1997, à la Berlinade en 2009…

Dans un essai où elle reprend le parcours du conteur visionnaire en dégageant la singularité de son regard comme de son langage cinématographique, Marie-Magdeleine Chirol ne se contente pas de proposer la première synthèse sur ce créateur africain aujourd’hui à la tête d’Imagine, Institut de formation aux métiers du 7e art : elle présente chacun des 4 longs métrages et des 3 courts métrages de fiction du cinéaste, offrant en outre résumés et génériques de plus de 20 films, documentaires et reportages, et de larges extraits d’un entretien inédit avec Gaston Kaboré.

RESUME :

Cet essai retrace le parcours du cinéaste burkinabé en tentant de dégager ce qui fait sa singularité. Il présente ses quatre longs métrages et ses trois courts métrages. Il contient également plusieurs extraits d’un entretien avec l’artiste.

Maria-Magdeleine Chirol, originaire de Lyon, est professeur au Département de langues et littératures modernes de Whittier College (Californie). Ses recherches portent sur le motif de la ruine et sur le cinéma africain. Parmi ses publications figurent L’Imaginaire de la ruine dans A la recherche du temps perdu de Marcel Proust (Summa, 2001) et des études sur Sembène Ousmane, Souleymane Cissé, Idrissa Ouédraogo, Pierre Yaméogo et d’autres cinéastes africains.

Parution : mai 2011
Format : Broché
Nb de pages : 314 p.
ISBN-10: 2729708391
ISBN-13: 978-2729708399

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DES FILMS DU BENGALE

Ritwik Ghatak
L’Arachnéen

des-films-du-bengale« Nous sommes nés dans une époque de dupes. Les jours de notre enfance et de notre adolescence ont vu le plein épanouissement du Bengale : Tagore, avec son génie écrasant, au faîte de sa carrière littéraire ; la vigueur renouvelée de la littérature bengalie dans les oeuvres des jeunes écrivains du groupe Kallol ; l’élan national largement relayé dans les écoles, dans les collèges et dans la jeunesse bengalie ; les villages du Bengale débordant de l’espoir d’une vie nouvelle, avec leurs récits, leurs chants et leurs fêtes populaires.

Mais, à ce moment-là, la guerre et la famine sont arrivées. La Ligue musulmane et le parti du Congrès ont conduit le pays à sa ruine en le coupant en deux et en acceptant une indépendance dévastatrice. Les émeutes villageoises ont submergé le pays. Les eaux du Gange et de la Padma sont devenues rouges du sang des frères.
Telles ont été nos expériences. Nos rêves évanouis. Nous avons chancelé, nous sommes tombés, nous accrochant désespérément à un Bengale misérable et appauvri. Quel Bengale est-ce, où la pauvreté et l’immoralité sont nos compagnes permanentes, où règnent trafiquants du marché noir et politiciens malhonnêtes, où la peur terrible et le chagrin sont l’inévitable destinée de chacun ?
Dans les films que j’ai réalisés ces dernières années, je n’ai pas été capable de me départir de ce thème. Il m’a semblé qu’il était urgent de montrer au peuple bengali ce visage misérable, appauvri du Bengale divisé, de lui faire prendre conscience de sa propre existence, de son passé et de son futur ».

Ritwik Ghatak

Revue de Presse / Lu dans Kritikat /
LA CARESSE ET LA GIFLE :

« Il a fallu attendre presque 40 ans (Ritwik Ghatak nous a quittés en 1976), mais le temps est bon conseiller : voici un ouvrage, qui, en plus de 400 pages, s’impose comme l’une des plus remarquables analyses existantes (certes, elles sont rares) sur l’œuvre de ce très grand cinéaste indien. Finement documenté, pertinemment illustré, Ritwik Ghatak, Des films du Bengale offre des textes d’une grande valeur formelle comme intellectuelle. En laissant également parler le cinéaste lui-même, par le biais d’articles qu’il publia de son vivant, l’ouvrage nous découvre un peu de ce personnage fantasque et de la réflexion originale qu’il portait sur le septième art, auquel il avait donné (donna) sa vie.
Quel plaisir de fêter ainsi Ritwik Ghatak, quelques semaines après le début de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française ! Et quel soulagement de voir que le cinéaste bengali, cet artiste maudit comme on les aime, n’a pas été tout à fait enfoui dans les profondeurs de l’oubli, effacé de l’histoire du cinéma par son confrère Satyajit Ray, plus connu et plus « accessible » que lui. Ritwik Ghatak, Des films du Bengale est un livre de passionnés, d’auteurs qui non seulement savent de quoi ils parlent, mais ont également un désir communicatif de transmettre les raisons pour lesquelles Ghatak ne peut pas, ne doit pas, être oublié.
Les non spécialistes de l’Inde ne s’effrayeront pas de leur absence de connaissances : la culture indienne de Ghatak, mythologique, politique ou théâtrale, à laquelle son œuvre fait abondamment référence, est parfaitement bien explicitée ici, par le biais de notes claires et pertinentes. L’aridité de certains textes ne doit pas non plus faire fuir : bien sûr, il faut voir avant de lire, tant les auteurs ont cherché les plus minutieux détails d’analyse, mais la rétrospective de la Cinémathèque n’est-elle pas faite pour cela ? On se plongera donc avec avidité dans le passionnant décorticage de L’Étoile cachée, plan par plan, de Raymond Bellour ; ou l’émouvant article de Charles Tesson détaillant la réception émotionnelle de Subarnarekha, le magnifique drame utopiste de Ghatak : « Comment reçoit-on physiquement un film comme Subarnarekha ? À la fois comme une caresse et comme une gifle. » On appréciera également le travail sur la musique chez Ghatak effectué par le critique indien Moinak Biswas, qui met en valeur la remarquable harmonie du son et de l’image chez le réalisateur, pour qui le cinéma relevait d’un délicat équilibre entre réalisme et mélodrame au strict service du film en tant qu’œuvre artistique.
Entre ces analyses de critiques, d’historiens du cinéma et de cinéastes, on aura surtout plaisir à trouver la parole du maître lui-même, abondamment exploitée sur presque la moitié de l’ouvrage. Comme Satyajit Ray, Ghatak aimait écrire sur le cinéma, penser le film, réfléchir à l’attitude à adopter « face à la vie, face à l’art ». Il explique ainsi sa passion pour le documentaire, l’originalité du cinéma indien en tant que « cinéma épique », l’importance pour lui de reconnaître le mélodrame comme forme artistique, et s’aventure même dans l’analyse ethnologique de la tribu des Oraons à l’est de l’Inde. Il évoque sa patrie (aujourd’hui le Bangladesh), la Partition de 1947, si douloureuse pour lui et des millions de réfugiés, ses rêves d’avenir et sa conception du passé dans l’anti-nostalgie. Mais à l’inverse de Ray, plus cinéphile que lui et beaucoup plus occidentalisé, Ghatak analysait peu les films eux-mêmes, car selon lui, sans idées, sans volonté créatrice, on ne pouvait apprendre à faire du cinéma simplement en regardant du cinéma. La passion destructrice qu’il vouait au médium cinématographique le rendait virulent envers ceux qui ne le respectaient pas assez, et lui qui plaçait le septième art si haut ne supportait ni l’incompréhension, la simplification ou le goût pour la facilité. S’il avait su que cinquante ans plus tard, on se pencherait avec autant de délectation sur son œuvre et qu’on la qualifierait de « révolutionnaire », peut-être aurait-il été encore là pour nous en parler »

L’article complet de Ophélie Wiel sur :
http://www.critikat.com/Ritwik-Ghatak-Des-films-du-Bengale.html

SOMMAIRE

Le Grand Temps de Ritwik Ghatak
Sandra Alvarez de Toledo

Ouverture / Alap :
- Le territoire de Ghatak : fragments, cartes, paysages
- Yaksha
Rabindranath Tagore
- Remémorer, remembrer. 1. Ritwik Ghatak, Kalidas et Rabindranath Tagore
Sibaji Bandyopadhyay

I – 1952-1958

Festival de cinéma à Calcutta
Ritwik Ghatak

Remémorer, remembrer. 2. Un citoyen parmi tant d’autres
Sibaji Bandyopadhyay

Quelques réflexions à propos d’Ajantrik
Ritwik Ghatak

Le tacot de Ghatak
Serge Daney

À propos des Oraons de Chhotanagpur
Ritwik Ghatak

L’erreur pathétique. Ajantrik
Hervé Joubert-Laurencin

II – 1959-1962

Une longue série d’obstacles
Ritwik Ghatak

Le temps d’une fugue (Le Fugitif)
Marianne Dautrey

Le cinéma et moi
Ritwik Ghatak

Une attitude face à la vie, une attitude face à l’art
Ritwik Ghatak

« Peu de gens devineront ce qu’il a fallu être triste pour ressusciter Carthage »
Marianne Dautrey

Le film qu’on accompagne (L’Étoile cachée)
Raymond Bellour

Reprise et variations (Komal gandhar)
Raymond Bellour

Sur mon propre chemin
Entretien avec Ritwik Ghatak

Derrière le miroir (Subarnarekha)
Charles Tesson

À propos de Subarnarekha
Ritwik Ghatak

III – 1963-1972

Le genre humain, nos traditions, notre cinéma, et mes tentatives
Ritwik Ghatak

La musique dans le cinéma indien et l’approche épique
Ritwik Ghatak

Laissons parler les chansons
Moinak Biswas

Quatre pas au Bengale. Bagalar Banga darshan
Hervé Joubert-Laurencin

Cinéma bengali : influences littéraires
Ritwik Ghatak

Lettre au président du Film and Television Institute of India
Ritwik Ghatak

Le son au cinéma
Ritwik Ghatak

Le documentaire : la plus passionnante des formes cinématographiques
Ritwik Ghatak

Deux aspects du cinéma
Ritwik Ghatak

Satyajit Ray, le seul et unique
Ritwik Ghatak

Histoire et parenté chez Ritwik Ghatak
Moinak Biswas

IV – 1972-1976

Une rivière nommée Titas
Advaita Malla-Barman

Le mélodrame est un droit naturel, c’est une forme
Entretien avec Ritwik Ghatak

Sans émerveillement, nul art n’est possible
Entretien avec Ritwik Ghatak

« Je brûle… L ’univers brûle »
Kumar Shahani

Raison, discussions et un conte
Scénario de Ritwik Ghatak

Chronologies :
- Le Bengale dans l’histoire de l’Inde. 1905-1975
- Ritwik Ghatak. 1925-1976

Sandra Alvarez de Toledo (Auteur)
Marianne Dautrey, Christophe Jouanlanne et France Bhattacharya (Traducteurs)
Nb de pages : 410 p.
Parution : 30 Avril 2011
Product Dimensions: 23 x 17.2 x 3.8 cm
ISBN-10: 2952930287
ISBN-13: 978-2952930284

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