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DANS L’OEIL DES AUTRES. PERCEPTION DE L’ACTION HUMANITAIRE ET DE MSF

Caroline Abu-Sada (sous la direction de)
Editions Antipodes

dans-loeil-des-autresAprès quarante ans d’existence, tout le monde ne connaît pas si bien Médecins Sans Frontières. Cet ouvrage permet de rectifier le tir avec une mise en lumière des « humanitaires » depuis Septembre 2001 qui a bouleversé le monde sur tous les plans.
Une étude dans plusieurs pays qui permet d’aborder le repositionnement de MSF dans ce nouveau contexte international. Sans oublier la Charte de MSF fondement de son engagement.

PRESENTATION

Médecins Sans Frontières ? Un organisme basé en Arabie Saoudite et financé par une œuvre de charité musulmane ? Une compagnie privée chinoise ? Une organisation exigeant le port d’une arme pour pénétrer dans ses structures médicales ?
Telles sont certaines des réponses recueillies lors d’une étude lancée par Médecins Sans Frontières Suisse pour mieux comprendre la manière dont son travail et ses principes - neutralité, impartialité, indépendance - sont perçus par les travailleurs humanitaires ainsi que par les populations fréquentant de près ou de loin ses projets.
Dans un monde « post-septembre 2001 » qui voit une redéfinition des rapports de force dans le monde, ainsi que l’émergence de nouveaux acteurs contestant les fondements de l’action humanitaire ou son utilisation à des fins militaires, il a semblé important pour l’organisation, forte de quarante ans d’expérience, de mener une recherche d’envergure sur la perception qu’en a le public et de partager ces résultats, afin d’offrir quelques clés de compréhension, autant pour les travailleurs humanitaires que pour des personnes désireuses de saisir les enjeux cruciaux en cette première partie du XXIe siècle.
Aux résultats de cette recherche s’ajoutent des articles écrits par des chercheurs, étudiants, humanitaires qui explorent les diverses facettes de l’action humanitaire d’aujourd’hui.

EXTRAIT

La manière dont les acteurs humanitaires sont perçus a récemment fait l’objet d’une attention accrue, principalement en raison de l’émergence de nouveaux acteurs qui contestent les fondements d’une certaine forme d’action humanitaire et des difficultés de plus en plus souvent rencontrées pour accéder aux populations prises dans les zones de conflit. Différentes études ont été menées afin de comprendre les mécanismes de la perception de l’action humanitaire.
Médecins Sans Frontières est une organisation non gouvernementale à but non lucratif qui apporte une assistance médicale à des populations aux prises avec des crises menaçant leur survie : principalement en cas de conflits armés, mais aussi d’épidémies, de pandémies, de catastrophes naturelles ou encore d’exclusion des soins. Créée en 1971 en France par des médecins et des journalistes, elle est maintenant un mouvement international qui regroupe 19 associations, chacune placée sous la responsabilité d’un conseil d’administration élu par les membres lors d’une assemblée générale annuelle. Médecins Sans Frontières a reçu le prix Nobel de la Paix en 1999. Elle travaille aujourd’hui dans plus de 60 pays avec près de 27000 collaborateurs. Cependant, MSF a considéré important, à ce moment de son histoire, de lancer un projet appelé « Projet Perception » pour donner la parole aux populations vivant dans les zones où est déployée son action médicale. Cet ouvrage est la présentation des résultats et des réflexions issues de cette enquête.
MSF se conforme aux principes d’indépendance, de neutralité et d’impartialité. Ces principes sont en quelque sorte devenus sa marque de fabrique et ont conduit cette dernière à refuser de collaborer avec d’autres acteurs ou d’utiliser les infrastructures et les moyens utilisés par d’autres organisations humanitaires ou internationales sur le terrain, en conséquence de quoi certains la considèrent plus isolationniste qu’indépendante. Contrairement à d’autres acteurs humanitaires, MSF jouit d’une indépendance financière qui représente sa spécificité et fait désormais partie de son identité. Le « témoignage » 8 est un autre élément spécifique à l’organisation et l’une des principales raisons de sa création. Ses fondateurs, après la guerre au Biafra, voulaient créer une organisation qui parlerait publiquement de ce qu’elle voyait sur le terrain et ne resterait pas silencieuse, comme le faisait, d’après elle, le CICR. Quarante ans plus tard, le «témoignage», est toujours considéré comme partie intégrante de son action. Cependant, la priorité reste bien sûr l’action médicale.
Médecins Sans Frontières considère que sa capacité d’action, fondée sur son indépendance, est menacée par les initiatives de certains États ou organisations internationales qui utilisent l’action humanitaire comme un outil pour atteindre leurs objectifs politiques. Ceux-ci instrumentalisent l’aide humanitaire au service d’objectifs plus larges tels que l’établissement de la paix (les Nations Unies), la promotion de la « démocratie » (par exemple les Etats-Unis) ou, simplement, des agendas politiques nationaux. Elle a estimé nécessaire de se distancier de ces tentatives de détournement de l’action humanitaire en soulignant, dans ses prises de parole et dans ses actes, sa différence, autrement dit son indépendance. Par conséquent, MSF agit sur deux niveaux : les pays dans lesquels elle intervient et, de manière plus large, sur la scène internationale. Ces deux espaces ne sont pas homogènes et ils s’influencent mutuellement, ce qui accroît les difficultés pour l’organisation de présenter une image et un message cohérents (en particulier avec 19 sections).

L’AUTEUR

Caroline Abu-Sada
est coordinatrice de l’Unité de recherche de MSF Suisse.

Parution : 1 décembre 2011
Nb de pages : 208 p.
ISBN : 978-2889010677
Prix : 25 €

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