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ESTHETIQUES DE L’ARBRE

Céline Aubertin , Alain Chareyre-Méjan
Publications de l’Université de Provence

esthetiques-de-larbreAvons-nous encore le temps d’approcher les arbres immobiles ? Au bord des routes, nous les abattons, en réponse à l’injonction d’aller incessamment plus vite et plus loin.
En même temps, quelque chose nous dit que leur disparition provoquerait l’irruption d’une étrangeté insupportable.

Les textes regroupés dans ce volume questionnent tout ce que disent le bois, le végétal et l’arbre lui-même, matière et signe mêlés. Ils prennent aussi, pour certains, le risque de partager le rapport à l’arbre en tant qu’expérience fondamentale, c’est-à-dire comme mise à l’épreuve des limites de la représentation et du discours.

L’histoire des arts aussi bien que celle de la littérature et de la pensée affrontent avec l’arbre un des points focaux de la relation culture/nature. En plus d’être signe, figure ou métaphore, l’arbre habite lui aussi le monde - à sa façon, davantage et plus radicalement peut-être que l’homme…

La collection arts rassemble des ouvrages de recherche sur l’histoire des arts et sur la théorie et la pratique des arts contemporains

COURTS EXTRAITS DE LIVRES :

Avant-propos
La Maison de Arts de Carcès (83) a organisé à l’automne 2006 une exposition autour de la figure de l’Arbre, en écho à un séminaire d’Esthétique sur le même sujet mené par Alain Chareyre-Méjan à l’université de Provence (dans le cadre d’un Master Sciences de l’art intitulé Le sentiment de l’arbre, automne et hiver 2006-2007). Ce fut l’occasion de deux journées d’études interdisciplinaires où se croisèrent des intervenants curieux d’interroger la question de la représentation et du mode d’existence de l’arbre, aussi bien dans les arts plastiques et visuels qu’en musique ou en littérature. Ce livre rassemble leurs communications d’alors. On y a adjoint celles, rapportées à la demande des organisateurs du colloque, des chercheurs intéressés par le sujet et désireux de dialoguer avec les premières, de façon à obtenir un ensemble plus substantiel et plus ambitieux. Les Journées d’Études de Carcès, le séminaire aixois et le jeu des textes ultérieurs échangent ainsi leurs échos et se nourrissent mutuellement sous l’égide, elle-même silencieuse, de leur objet : l’arbre et son image. Le but étant au fond de prendre la mesure du type de présence qui est la leur, et que les arts intensifient au besoin pour les raisons que le livre souhaite donner à comprendre.
Représenter et dire l’arbre, qui n’a pas de visage, ne va pas de soi dans la tradition occidentale. Pour Platon, dans le Phèdre, il faut savoir se détourner de l’arbre, muet, pour commencer réellement à penser : «Excuse-moi, mon cher. C’est que j’aime à apprendre ; or la campagne et les arbres ne souhaitent rien m’apprendre…». À l’opposé, cependant, Heidegger a cru pouvoir de son côté attacher le mouvement de l’interrogation philosophique à l’attention donnée au silence des arbres : «Lorsque nous pensons à ce que c’est qu’un arbre qui se présente à nous, il s’agit de le laisser être debout, là où il est debout. La pensée jusqu’ici ne l’a encore jamais laissé être debout là où il est» (Qu’appelle-t-on penser ?).
Avons-nous encore le temps d’approcher les arbres immobiles ? Au bord des routes, nous les abattons, en réponse à l’injonction d’aller incessamment plus vite et plus loin. En même temps, quelque chose nous dit que leur disparition provoquerait l’irruption d’une étrangeté insupportable. Les textes regroupés dans ce volume questionnent tout ce que disent le bois, le végétal et l’arbre lui-même, matière et signe mêlés. Ils prennent aussi, pour certains, le risque de partager le rapport à l’arbre en tant qu’expérience fondamentale, c’est-à-dire comme mise à l’épreuve des limites de la représentation et du discours. L’histoire des arts aussi bien que celle de la littérature et de la pensée affrontent avec l’arbre un des points focaux de la relation culture/nature. En plus d’être signe, figure ou métaphore, l’arbre habite lui aussi le monde - à sa façon, davantage et plus radicalement peut-être que l’homme…
Les trois parties dans lesquelles les textes trouvent leur place disent la manière dont ils traduisent l’orientation de leur regard sur les arbres.
Généalogie de l’arbre regroupe, dans une approche pluridisciplinaire, des textes qui interrogent la dimension centrale de la figure de l’arbre dans l’histoire de la peinture et dans celle de la philosophie, en particulier à l’âge classique, ainsi que son usage du côté de la psychanalyse.
L’arbre dans les arts présente des analyses d’œuvres aussi bien picturales, sculpturales et photographiques que musicales et cinématographiques (essentiellement modernes et contemporaines), dans lesquelles s’exprime une attention portée à l’arbre dans toute sa singularité plastique et sémiologique.
L’arbre comme expérience esthétique présente des réflexions d’obédience phénoménologique, qui s’intéressent à l’arbre moins comme objet d’analyse que dans son devenir sensible propre. Il constitue alors un modèle de l’expérience esthétique en général. Ici l’arbre devient le lieu d’un renversement radical dans lequel il disparaît comme image pour apparaître comme sensation d’existence.

Céline Aubertin est doctorante en esthétique à l’université de Nanterre, Paris-Ouest.
Alain Chareyre-Mejan est professeur d’esthétique à l’université de Provence.

Format : Broché
Nb. de pages : 228 pages
Dimensions : 15cm x 21cm x 1,6cm
ISBN : 978-2-85399-752-2
EAN : 9782853997522

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