Archives de la catégorie Romans

VANGO TOME 1

Timothée de Fombelle
Gallimard Jeunesse

vango-t1Au cœur des années 30, l’extraordinaire destin d’un jeune fugitif en quête de lui-même.

« J’ai mis dans ce roman tout ce qui compte pour moi : le souffle de l’aventure, la fragilité, la cruauté, la beauté des existences. Je voulais une saga qui emporte le lecteur, mais qui laisse chez lui des traces. »
(Timothée de Fombelle)

RESUME

Paris, 1934. Sur le parvis de Notre-Dame, une course-poursuite s’engage entre la police et Vango, 19 ans, au moment où il va être ordonné prêtre. Vango leur échappe. Il est accusé d’un crime. Le passé de Vango se révèle plein de mystères. À 3 ans, il est trouvé avec sa nourrice sur une île, au large de la Sicile. A dix ans, il découvre dans une île voisine un monastère secret. Il noue des liens avec les moines, part pour l’Allemagne puis pour Paris où il entre au séminaire. Il se sent menacé depuis toujours et, en effet, des espions russes sont à ses trousses. Mais qui est-il vraiment ? Dans sa fuite, il croise des personnages forts et inoubliables, comme Eckener, le commandant du Graf Zeppelin, le commissaire Boulard, le père Zefiro. Il y a l’amour de la belle Ethel. Il y a le bruit croissant de la guerre…
Vango va découvrir une partie de son histoire, mais bien des mystères demeurent…

PRESENTATION

La première partie d’un magnifique roman d’aventures, au rythme haletant, construit comme un puzzle, situé dans la période historique passionnante de l’entre-deux guerres.
Timothée de Fombelle a l’art de créer des univers romanesques d’une grande beauté : ici, il nous emporte des toits de Paris aux falaises des îles de Siciles, dans l’atmosphère étrange d’un château en Ecosse, ou encore à bord d’un Zeppelin: des voyages fabuleux, basés sur des faits véridiques.
Un héros de roman particulièrement attachant et envoûtant, mystérieux et fragile, mais aussi déterminé et irréductible.
Un style unique, d’une grande force, très maîtrisé, à la fois limpide et recherché, une construction riche en détours et retours qui aiguise l’intérêt et le suspense.

LA BANDE ANNONCE


Bande annonce VANGO de Timothée de Fombelle Par GallimardJeunesse


ENTRETIEN AVEC L’AUTEUR

Après une fable écologique dans un monde miniature, vous nous surprenez avec un récit d’aventure qui se déroule pendant l’entre-deux guerres. Pourquoi avoir choisi cette période ?
J’aime les lieux et les périodes intenses, denses. L’arbre de Tobie était une réduction de notre monde. Dans ces univers très concentrés, les héros se révèlent. Vango naît en 1915. Pendant ses trente premières années, il traverse la période la plus dramatique et passionnante du siècle. Il n’y avait plus qu’à tendre le fil de l’aventure au-dessus de ce monde et d’y lancer mon héros !

Votre précédent roman Tobie Lolness, nous entraînait sur la cime des arbres. Vango, se déroule en partie à bord d’un Zeppelin. Vous aimez prendre de la hauteur ?
Je pense que la plus belle sensation à transmettre à un lecteur, c’est le vertige ! Plus haut, plus fort, plus rapide ou au contraire beaucoup plus lent, c’est ce qui justifie l’existence de la littérature aujourd’hui. C’est vrai que l’aventure des grands dirigeables me passionne depuis toujours. C’est cette magie de l’histoire réelle que j’ai voulu mettre dans Vango. Autour de 1930, le Zeppelin reliait l’Allemagne au Brésil en trois jours et trois nuits, presque en silence, dans un confort extraordinaire, avec juste l’odeur de la mer, et les cris des singes quand on survolait l’Amazonie. Comment ne pas en rêver ?

Quels sont les romans d’aventure qui ont marqué votre enfance ?

Impossible d’en faire la liste. Je n’ai jamais autant lu qu’entre 10 et 15 ans. J’ai toujours aimé les romans qui me tenaient captif. Les livres de Dumas ont été de ceux-là. Le rythme, l’émotion, mais aussi une certaine démesure, une aventure donnée généreusement, sans compter !

EXTRAIT

LA VOIE DES ANGES
Paris, avril 1934
Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé.
On croyait voir un champ de neige. Les hirondelles frôlaient les corps en sifflant. Ils étaient des milliers à regarder ce spectacle. Notre-Dame de Paris étendait son ombre sur la foule assemblée.
Soudain, tout autour, la ville parut se recueillir.
Vango avait le front contre la pierre. Il écoutait sa propre respiration. Il pensait à la vie qui l’avait conduit ici. Pour une fois, il n’avait pas peur.
Il pensait à la mer, au vent salé, à quelques voix, quelques visages, aux larmes chaudes de celle qui l’avait élevé.
La pluie tombait maintenant sur le parvis mais Vango n’en savait rien. Allongé par terre au milieu de ses compagnons, il ne regardait pas fleurir l’un après l’autre les parapluies.
Vango ne voyait pas la foule des Parisiens réunis, les familles endimanchées, la dévotion des vieilles dames, les enfants qui passaient sous les jambes, les pigeons engourdis, la danse des hirondelles, les badauds debout sur les fiacres, ni les yeux verts, là, sur le côté, qui ne regardaient que lui.

timothee-de-fombelleL’AUTEUR

Timothée de Fombelle est né en 1973. D’abord professeur de lettres, il écrit très tôt pour le théâtre. Ses pièces ont toutes été mises en scène ou éditées. En 2006 paraît son premier roman, Tobie Lolness. Un roman magnifique et inoubliable qui est couronné de nombreux prix, traduit en 28 langues et rencontre un grand succès auprès des lecteurs. Depuis, Timothée de Fombelle a publié ou adapté d’autres histoires pour la jeunesse et continue à écrire pour le théâtre.

Parution : 18 mars 2010
Format : Broché
Nb de pages : 370 p.
ISBN : 978-2070631247
Prix : 17 €

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LE PATIENT DU DOCTEUR HIRSCHFELD

Nicolas Verdan
Bernard Campiche Editeur

le-patient-du-docteur-hirschfeldIntelligence d’un récit qui s’appuyant sur un contexte historique aborde plus généralement la question/problématique de l’exclusion. Un roman à lire à n’en pas douter !

PRESENTATION

Mais pourquoi veulent-ils tous mettre la main sur la liste des patients du Dr Hirschfeld ? Peu avant de mettre à sac son prestigieux Institut des sciences sexuelles de Berlin, en 1933, les nazis fouillent le bureau de ce sexologue qui en sait trop sur des hauts dignitaires du Reich. En vain ! Les dossiers comportant notamment le nom de centaines d’homosexuels allemands ont disparu. Vingt-cinq ans plus tard, le Mossad s’intéresse à son tour à cette fameuse liste. Construit à partir de l’histoire réelle de la dramatique fin de carrière du célèbre sexologue, ce roman explore cette tendance propre à toute société humaine à légiférer nos préférences sexuelles, jusqu’à nous assigner une “juste place” sur l’échelle des genres.

EXTRAIT

Berlin, 28 février 1933
MARINUS, qui vient de la mer. Marinus Van der Lubbe, vingt-quatre ans, citoyen hollandais, auto-stoppeur. Les nazis tenaient déjà leur coupable : un garçon hirsute, torse nu, errant hier soir dans le Reichstag en flammes. En sueur, l’air hagard, disaient les journaux, il sortait de la salle Bismarck, quand il s’était fait prendre. Ce matin, les manchettes étaient sans appel : l’incendiaire est communiste. Communiste et homosexuel.
Magnus, le grand. Magnus Hirschfeld, soixante-cinq ans, citoyen allemand, sexologue, fondateur de l’Institut de sexologie de Berlin. Ennemi désigné du Reich : fornicateur, incite la jeunesse à la dépravation. Homosexuel. Juif. En voyage. La Gestapo précisait : retour en Allemagne incertain.
Entre le Reichstag, ou ce qu’il en restait, et l’ancien hôtel particulier du Prince Hatzfeld, aujourd’hui dédié à la recherche en sexologie, il n’y avait que six cents mètres. Une courte distance parcourue à cette heure tardive par un homme qui s’était mis en tête de corriger le sens que prenaient les événements. Non pas qu’il cherchât à résister à l’installation des forces nouvelles. Au contraire, son uniforme, dissimulé ce soir par un manteau de ville et un élégant chapeau à larges bords, marquait sa foi absolue dans l’ordre qui s’établissait sous la bannière à croix gammée. Or, c’est précisément pour conserver son rang dans la Waffen SS que cet homme allait, dans un instant, entrer par effraction dans l’Institut de sexologie. Il lui fallait à tout prix y précéder les enquêteurs de la police secrète.
De Marinus Van der Lubbe, cet homme ne connaissait rien. Sinon son portrait diffusé dans les communiqués de la Preussische Pressedienst. De Magnus Hirschfeld, il conservait le souvenir détestable de leurs promenades dans le Tiergarten. Le Docteur, après l’avoir reçu une première fois dans son luxueux bureau, lui avait proposé une série de consultations en plein air. C’était son habitude. Il prenait ses patients par le bras et les conduisait dans les allées du parc. Le Docteur disait qu’on devise plus facilement en déambulant qu’en restant assis dans un fauteuil. Les mots, lors de leur première sortie, étaient venus tout seuls, c’est vrai. Il avait pu lui dire ce qui le tourmentait. Le Docteur, à l’écoute, hochait la tête, il l’encourageait à tout raconter. À sa grande surprise, il lui avait dit que son cas n’avait rien d’extraordinaire. Il n’était pas malade, il n’avait rien à se reprocher.

LU DANS LA PRESSE

Croix gammée, croupes gainées
En 1933 à Berlin, les nazis surveillent de près l’Institut des sciences sexuelles du docteur Hirschfeld. Pour la race supérieure, dont l’ouverture d’esprit n’a d’égale que la délicatesse, cette clinique spécialisée dans l’homosexualité n’est «qu’un nid de perversion et de pédés» qu’il s’agit d’anéantir au plus vite. Pourtant, plusieurs SS tremblent à l’idée que la liste des patients du fameux docteur tombe entre de mauvaises mains… Pas sûr que leur patron Heinrich Himmler se montrerait conciliant en apprenant que certains de ses hommes adorent se mettre à quatre pattes pour recevoir la fessée…
Vingt-cinq ans plus tard, alors que le Mossad recherche un ancien criminel de guerre nazi fétichiste des cheveux tressés et sectionnés, une piste va lancer les soldats israéliens sur la trace de ces dossiers compromettants.
Entre Berlin et Tel-Aviv, travestis et nazis, ce récit nous emporte dans une passionnante chasse à la liberté et au respect. Fortement inspiré de la vie du sexologue allemand Magnus Hirschfeld, qui s’opposa au paragraphe 175 du code pénal allemand condamnant l’homosexualité, ce roman décortique avec subtilité la voile, la vapeur et les peurs.
(ALINDA DUFEY, Vigousse)

L’AUTEUR

Nicolas Verdan est né à Vevey en 1971. Sa vie se partage entre la Suisse et la Grèce, sa seconde patrie.

Nb de pages : 296 p.
Parution : 3 novembre 2011
ISBN : 978-2882413000
Prix : 17 €

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L’ARMOIRE DES ROBES OUBLIEES

Riikka Pulkkinnen
Albin Michel

larmoire-des-robes-oublieesRévélation finlandaise. Richesse d’écriture qui font de Riikka Pulkkinen une romancières des plus douées de sa génération.

PRESENTATION

Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d’un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu’elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère. Mais Anna ne tarde pas à comprendre qu’elle a été beaucoup plus qu’une employée et que son grand-père, peintre célèbre, l’a profondément aimée.

LU DANS LA PRESSE

“Une écriture ample, d’un hyperréalisme saisissant. Riikka Pulkkinen est une Joyce Carol Oates finlandaise de 30 ans.” (Livres Hebdo)

“Une fresque sans pathos autour des fantômes du passé. Après Sofi Oksanen, la nouvelle découverte venue de Finlande.” (Les inrocks)

EXTRAIT

La femme courait dans sa direction.
Martti avait fait le rêve bien des fois. La femme était sur le point de dire quelque chose, Martti était tout près de comprendre. Il n’avait jamais le temps d’entendre ce qu’elle avait à lui annoncer, et se réveillait toujours avant que la lumière se fasse en lui.
De nouveau il s’éveilla. Son regard tomba sur le cadran de réveil posé sur la table de nuit.
1 h 20
Elsa dormait auprès de lui. Sa respiration était légèrement irrégulière, mais pas plus que celle d’une personne en bonne santé. Martti s’était quand même assoupi, bien qu’il eût pensé, au cours de la soirée, qu’il ne se risquerait pas à fermer les yeux.
C’était la première nuit qu’Elsa passait à la maison depuis plus de deux semaines.
Si Martti avait commencé par s’opposer à son retour, ce n’était pas parce qu’il ne voulait pas de sa femme près de lui. C’était autre chose. - Elsa appartenait à cet endroit. Elle y avait passé plus de cinquante ans. Mais il avait eu peur de la retrouver un matin, morte à côté lui, les jambes froides.
Je suis en train de pourrir. Elle lui avait dit cela la semaine précédente, dans l’unité de soins palliatifs, comme un appel au secours. Ne me laisse pas me putréfier, je veux rentrer à la maison.
C’est ainsi que les choses s’étaient finalement organisées.
Elsa n’était malade que depuis six mois. En décembre, Martti lui avait fait remarquer qu’elle avait tellement maigri qu’elle n’était plus que la moitié d’elle-même. Elle s’était pesée à la piscine, puis avait pris rendez-vous chez le médecin.
Ce n’est rien, avait-elle dit à Martti. Ce n’est certainement pas rien, lui avait-il répondu. D’un baiser, Elsa avait effacé l’inquiétude de son visage.
Tout se passa rapidement : endoscopie, biopsie, verdict.
Martti pleurait quand ils rentrèrent de l’hôpital sous le coup de la nouvelle la plus accablante qui soit. Elsa se taisait, elle étreignit sa main tout le long du chemin, la pressant encore dans l’ascenseur.
Ils se tinrent longtemps face-à-face dans le couloir. Une étoile de Noël à la fenêtre, dans l’appartement la pénombre d’un après-midi d’hiver.
Tâchons de passer un très bon Noël, ce sera déjà ça, dit Elsa.
Le jour de Noël, Eleonoora vint en famille leur rendre visite. Elsa n’avait pas encore eu le cœur de lui parler.

riikka_pulkkinnenL’AUTEUR

Riikka Pulkkinen est née à Tampere le 8 juillet 1980. Elle étudie la littérature et la philosophie à l’université d’Helsinki. En 2006, elle publie son premier roman, « Raja » (La Frontière), qui l’impose d’emblée comme un des jeunes écrivains les plus doués de sa génération. Son second roman, « L’armoire des robes oubliées », publié en 2010, confirme son talent. Sélectionné pour le plus grand prix littéraire finlandais, le Finlandia Prize, encensé par la critique, « L’armoire des robes oubliées », l’une des sensations de la Foire de Francfort 2010, a déjà été vendu dans douze pays.
Elle est traduite pour la première fois en français, chez Albin Michel, avec son dernier livre, sous le titre « L’armoire des robes oubliées ».
Les droits cinématographiques pour ce deuxième roman ont été vendus à Vertigo Production (Finlande), et une pièce inspirée du roman fut jouée pour la première fois en novembre 2011 au KOM Theatre d’Helsinki.

Parution : 4 janvier 2012
Nb de pages : 300 p.
ISBN : 978-2226238405
Prix : 21,20 €

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LE CHIFFRE DES SŒURS

Antoine Piazza
Rouergue

le-chiffre-des-soeursUn siècle de la vie d’une famille au travers l’histoire personnelle de l’auteur. Un portrait de la France. Secrets, petits scandales et bons mots d’enfant : voici la geste d’une famille française, aux portraits nombreux et truculents. Une transfiguration romanesque dans laquelle l’on s’identifie.

PRESENTATION

Le chiffre, ce sont les initiales que la grand-mère de l’auteur brodait sur le linge de ses enfants, au début du dernier siècle… Annabelle, l’aînée de la fratrie, tient salon à Maillac, petite ville industrielle où l’on joue au rugby depuis toujours, au golf depuis peu, et dont l’auteur nous raconte la prospérité d’après-guerre, puis la chute, à l’orée des années quatre-vingt. Ses soeurs sont devenues infirmière, religieuse, professeur de piano et forment avec elle le quatuor haut en couleur de cette chronique familiale… Cousins ruinés et gendres scélérats, photographies du maréchal Pétain oubliées dans un grenier et médailles pour faits de Résistance, départs en autocar pour l’Espagne et croisières dans le Grand Nord… En dressant avec minutie le portrait des siens, l’auteur dépasse la geste familiale de Français pris tour à tour dans les turbulences de l’Histoire et dans les douceurs des trente glorieuses, pour donner l’illusion du romanesque et faire œuvre littéraire.

EXTRAIT

Nice, 1999
Un homme en costume gris bleu traversa la rotonde du funérarium et vint à notre rencontre. Nous avions quelques minutes, mon cousin et moi, pour nous recueillir devant notre tante, après quoi une équipe allait fermer le cercueil. L’homme se tenait respectueusement à l’écart, parlait avec application et plaçait des silences entre chacune de ses phrases. Je ne pouvais détacher mon regard de son nez, un nez de cirrhotique, énorme, sanguin, magnifique au milieu d’un visage glabre. Comment un ordonnateur de pompes funèbres officiait-il avec un tel nez ? Pourquoi avait-il été choisi, lui plutôt qu’un autre, pour se présenter aux gens, avec son petit discours et son air contrarié ? Il marcha devant nous comme un maître d’hôtel qui conduit des invités à leur table, s’arrêta non loin du cercueil ouvert et laissa notre oncle et notre tante Angèle, les deux survivants d’une fratrie de huit, s’approcher de nous. Je m’étais penché sur ma tante Alice avec cette appréhension du vide contemplé depuis la vitre d’un téléphérique ou le sommet d’une tour. Alice était un peu à l’étroit dans la boîte que les menuisiers avaient découpée sur ses mesures, mais la toilette mortuaire avait été faite avec soin et la vieille femme allongée sous mes yeux semblait rajeunie et reposée, malgré une marque qui apparaissait sur la figure. Mon oncle se glissa derrière moi pour m’expliquer que les employés des pompes funèbres s’étaient succédé sur la dépouille afin de remettre en place la mâchoire qui s’était inexplicablement décrochée. Il cherchait ses mots. Peut-être n’osait-il pas me dire que, pendant sa dernière nuit, au moment de mourir, Alice avait poussé le cri qu’elle retenait depuis longtemps, un seul cri, trop faible pour réveiller Angèle qui occupait la chambre voisine et lui-même qui couchait sur le canapé du salon. Sur un signe de leur chef, quatre hommes en costume gris bleu vissèrent le couvercle et portèrent le cercueil jusqu’au fourgon garé devant l’entrée. L’ordonnateur aborda mon oncle et, à voix basse, avec le même ton, les mêmes précautions entrecoupées de silences dont il avait usé pour nous accueillir, mon cousin et moi, lui indiqua un snack proche du funérarium en précisant que nous avions tout notre temps, qu’ici, à Nice, les offices religieux ne commençaient jamais à l’heure.
Le snack se trouvait à côté d’un supermarché dont le toit s’était écroulé sur ses clients, quelques mois plus tôt, à une heure d’affluence, et avait fait des victimes. Mon cousin et mon oncle parlèrent de la catastrophe pour distraire ma tante. Tous ces morts, disaient-ils d’une voix monotone, si l’on s’attendait à mourir quand on fait tranquillement ses courses… Mme Guerrand, la belle-mère de mon cousin, habitait dans le quartier et se rendait souvent dans ce supermarché… Ma tante ne répondait pas. Elle s’était laissé conduire sans dire un mot. Elle ne donnait pas l’impression d’être entourée, consolée, par son frère et ses neveux, mais d’avoir été enlevée par eux, placée contre la vitre, près des passants qui ne la voyaient pas. (…)

antoine-piazzaL’AUTEUR

Né en 1957, Antoine Piazza vit à Sète où il est instituteur. Depuis le premier, Roman Fleuve, paru en 1999, tous ses romans sont parus dans la brune, notamment Les Ronces (2006, Babel 2008), salué unanimement par la critique, La Route de Tassiga (2008, Babel 2010) et Un voyage au Japon (2010).

Parution : 4 janvier 2012
Nb de pages : 240 p.
ISBN : 978-2812603136
Prix : 18,30 €

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DILEMME

Patricia Hass Nivoix
Kirographaires

dilemmeLa vie nous oblige à des choix pas forcement en accord avec nos idées sur celles-ci. La Vie est un dilemme.

RESUME

Marie, la trentaine, professeur de français est folle de joie lorsqu’elle apprend qu’elle attend un enfant. En ménage depuis trois ans avec Franck, elle lui donne rendez-vous au restaurant pour lui apprendre la nouvelle. Dès qu’il arrive, celui-ci lui demande d’annuler le dîner et de rentrer immédiatement. Il a l’air complètement bouleversé. Inquiète, Marie le suit. Trois jours plus tard, il déménage toutes ses affaires…

PRESENTATION

Ce roman est une histoire d’amour contemporaine sur fond de sujets graves tels que la mort d’un enfant, la maladie, le sacrifice… Tout au long du livre, on fait la connaissance de personnes attachantes, torturées. Chacune d’entre elles porte en elle une souffrance bien réelle au-delà des apparences.

EXTRAIT

Assise dans un rocking-chair près de la cheminée, Marie se détend, les mains posées sur son ventre arrondi. Elle peut par moments sentir les mouvements de l’enfant quelle porte. Il doit naître dans un mois et demi. Un garçon ? Une fille ? La jeune femme n’a pas souhaité le savoir. Qu’importe le sexe ! Elle ne désire qu’une chose : qu’il soit en bonne santé. Cet enfant est le fruit d’un amour vrai, passionné, et pourtant d’un amour aujourd’hui compromis.
Depuis quelques jours, le froid a fait son apparition. Ce mois de décembre s’annonce particulièrement rigoureux. Au-dehors, quelques passants pressés, frileux, hâtent le pas. Cette offensive hivernale offre un spectacle d’une grande beauté. Les arbres, poudrés de givre, totalement dépouillés, s’étirent majestueusement vers le ciel. Le vent glacial fait courber les plus frêles. Sammy le labrador, fidèle compagnon des bons et mauvais jours, somnole aux pieds de Marie. Elle se sent bien, moins fatiguée que les jours précédents. Elle écoute la cinquième symphonie de Beethoven. La musique classique a le pouvoir de chasser de son esprit toutes les inquiétudes et la mélancolie qui la submergent parfois. Elle se lève avec peine du fauteuil et s’enroule dans un châle. Son dos la fait souffrir et son ventre la gêne, de temps à autre, dans les mouvements du quotidien. Ses yeux arpentent le salon ; ces derniers temps, elle s’y prélasse souvent, car son médecin lui a ordonné de se reposer. Les murs sont agrémentés de toiles qu’elle a peintes. Son regard s’attarde sur le portrait de son grand-père. Il a beaucoup compté dans sa vie, et malheureusement a disparu beaucoup trop tôt. C’était un gars du Nord, un ch’ti. Lorsqu’enfant, Marie venait passer quelques jours de vacances chez ses grands-parents, elle était toujours très impressionnée de voir ces maisons en brique alignées, qui se ressemblaient toutes. Son grand-père était un homme simple, il aimait la terre, les gens. Il a transmis à Marie des valeurs morales de respect, de don de soi, de loyauté. Il mourut d’une silicose, cette fichue maladie des mineurs. Lorsqu’on lui demanda ce qu’elle voulait garder du défunt, Marie n’hésita pas un seul instant et choisit le fauteuil mythique de son grand-père : le rocking-chair.
L’ameublement du salon est plutôt sommaire. Marie n’aime pas les pièces trop chargées de meubles et de bibelots inutiles. Elle n’a aménagé que l’essentiel. En face de la fenêtre, elle a installé un vieux bureau de ministre acheté chez un brocanteur. Elle y passe de longues heures à la préparation de ses cours de français et aux sempiternels corrigés de ses élèves. Dans un coin de la pièce, on trouve aussi un sofa rouge dont Platon, le chat, a fait son domaine de prédilection, une table basse toujours recouverte d’une multitude de bouquins et de revues. Et puis, au centre, il y a un piano blanc, «son piano», un cadeau de son père pour son dixième anniversaire. Elle y joue encore quelquefois, malgré ses défauts d’accordage. Le craquement des bûches dans la cheminée fait sursauter Sammy, qui s’agite dans tous les sens et vient se faufiler entre les jambes de sa maîtresse. Elle se dirige vers la cuisine pour préparer une tasse de thé vert. En passant dans le couloir, elle s’arrête un court instant devant le miroir. Platon, couché dans son panier, miaule de plaisir en la voyant. Marie affiche un petit sourire. L’anxiété des premiers mois de grossesse s’est estompée peu à peu. La peur a fait place à l’attente.

L’AUTEUR

Née en 1964, Patricia Hass Nivoix a d’abord travaillé dans l’éducation nationale avant de se consacrer à l’éducation de ses 3 enfants, ce qui lui a laissé le temps de s’adonner à sa passion, l’écriture. Dilemme est son premier roman.

Parution : 9 juin 2011
ISBN : 978-2917680612
Prix : 16,95 €

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MIDI A L’OMBRE DES RIVIERES

Masserey
Bernard Campiche Editeur

midiEfficace, envoûtant, saisissant ! Une pièce de théâtre à lire et à relire.

PRESENTATION

Cinq monologues, Les noyés, L’oubli, La promesse, Maison à vendre, Main gauche, et un dialogue à deux voix, Mon amour et moi.
Dans différents espaces de jeu - un salon, une maison à vendre, un cabanon en bord de rivière, un atelier de prises de vues, un bureau médical, une antichambre -, les spectateurs sont seuls, ou à trois, face à un personnage.

EXTRAITS

UNE ANTICHAMBRE avec quelques sièges, divans ou méridiennes. Mettez-vous à l’aise… Un couple déroule les scènes de son histoire d’amour. Vous restez un moment. Autour de vous, des portes. Vous franchissez l’une d’elles, un personnage vous accueille, et vous entrez dans le jeu.
Il est midi.
Ce personnage, parce que vous êtes là, revisite en pleine lumière un événement inattendu qui a transformé le cours de son existence - un oubli, une promesse à tenir, une chute dans l’eau…
Au terme de son récit, vous retournez dans l’antichambre. Des spectateurs continuent de suivre les aventures quotidiennes du couple. Vous vous installez à nouveau. Puis une autre porte vous attire…
Il est midi.
Vous entendez ? Vous avez raison, c’est le bruit d’une rivière…

L’OUBLI
Une femme
Elle sait que son interlocuteur ne lui est pas étranger, même si elle ne le reconnaît pas
Un sac de billes, des photos portraits de visages divers, des photos de famille, anciennes et récentes, des portraits d’elle abîmés par l’eau, à différents âges et dans différentes circonstances, un appareil photo numérique avec une imprimante

Tenez.
C’est une bille.
Elle est jolie, non ?

On s’est déjà rencontrés ?
Non ?
De toute façon, je ne sais pas. Je ne me souviens pas des gens.
Je ne me souviens de personne.
Plus exactement, je ne me souviens pas des visages. Alors si je ne reconnais pas votre visage, que reste-t-il de votre personne ? La voix, un détail : une cicatrice, une tache de naissance, des yeux particuliers, extraordinaires.
Ils sont sûrement extraordinaires pour quelqu’un, vos yeux.

SOMMAIRE

Premier monologue – « L’Oubli ».
Deuxième monologue – « Les Noyés ».
Troisième monologue – « La promesse ».
Quatrième monologue – « Maison à vendre ».
Cinquième monologue – « Main gauche ».

eric-masserey1L’AUTEUR

Eric Masserey est né en Valais où il séjourne souvent. Après des études de médecine, il vit et travaille aujourd’hui dans le canton de Vaud.
Ses livres parlent d’appartenances, d’histoires issues de généalogies lointaines, de ces liens que l’on cherche quand les événements nous isolent de tout, de corps qui vont comme ils peuvent et d’amours qui sont peut-être en route, de routes qui vendent chèrement les libertés espérées, de livres qui comblent l’oubli, et de ces esprits curieux qui vont où ils veulent.
Eric Masserey est également l’auteur de « Le Sommeil séfarade » qui a reçu le « Prix de la Loterie romande » en 2007, « Une si belle ignorance : (généalogies et autres histoires) » (2009) et « Le Retour aux Indes » qui a obtenu le « Prix des Auditeurs de la RTS » en 2011.

Parution : 3 novembre 2011
ISBN : 978-2882413031
Prix : 7,90 €

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TUER LE PERE

Amélie Nothomb
Albin Michel

tuer-le-pere« Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur. »
Amélie Nothomb

EXTRAIT

Le 6 octobre 2010, L’Illégal fêtait ses dix ans. J’avais profité de la foire d’empoigne pour infiltrer cet anniversaire auquel je n’étais pas invitée.
Des magiciens du monde entier étaient venus au club cette nuit-là. Paris n’était plus une capitale de la magie, mais la puissance de sa nostalgie agissait toujours. Les habitués échangeaient des souvenirs.
- Habile, votre déguisement d’Amélie Nothomb, me dit quelqu’un.
Je saluai d’un sourire pour qu’il ne reconnaisse pas ma voix. Porter un grand chapeau dans un club de magie, ce n’était pas assurer son incognito.
Je ne voulais pas épier ceux qui montraient leurs nouveaux tours. Munie d’une coupe de Champagne, j’allai dans la salle du fond.
Pour la plupart des magiciens, jouer au poker sans tricher, c’est un peu des vacances. Rencontrer enfin le hasard, c’est s’encanailler et, autour de cette table, les gens avaient l’air détendu. Sauf un, qui ne parlait ni ne riait et qui gagnait.
J’observai. Il pouvait avoir trente ans. Une expression de gravité ne le quittait pas. Dans la pièce, tout le monde le regardait, sauf un homme appuyé au bar. Âgé d’une cinquantaine d’années, il avait une tête magnifique. Pourquoi avais-je l’impression qu’il restait là par défi, pour déranger ?
Je rejoignis les buveurs et interrogeai. On me renseigna : celui qui gagnait au poker était Joe Whip et celui qui évitait de le regarder était Norman Terence. L’un et l’autre étaient de grands magiciens américains.
- Il y a un problème entre eux deux ? demandai-je.
- C’est une longue histoire, commença quelqu’un.

Reno, Nevada, 1994. Joe Whip a quatorze ans. Sa mère, Cassandra, vend des vélos. Quand Joe lui demande où est son père, elle répond :
- Il m’a abandonnée quand tu es né. C’est ça, les hommes.
Elle refuse de lui dire son nom. Joe sait qu’elle ment. La vérité est qu’elle n’a jamais appris qui l’avait mise enceinte. Des hommes, il en a vu défiler tant à la maison. La principale raison pour laquelle ils partent, c’est que Cassandra oublie ou confond leurs prénoms.
Pourtant, elle se sent flouée dans cette affaire.
- Regarde-moi, Joe. Est-ce que je ne suis pas une belle femme ?
- Oui, maman.

LU DANS LA PRESSE

« Ce roman ferait un très bon scénario. Moins bizarre mais plus prenante, Amélie ne fait pas du Nothomb, mais juste un bon roman. » (Elle)

« Amélie Nothomb sait ménager les rebondissements, façonner le suspense, jouer sur les mots et les situations. Elle excelle même dans ce registre. Le résultat est un petit livre cruel et dur, non dénoué de cet humour purement nothombien Attention, ça crépite ! » (L Express)

« On adore. Elle réussit un joli tour de magie et nous envoûte. » (Madame Figaro)

amelie-nothombL’AUTEUR


Amélie Nothomb
est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman Hygiène de l’assassin paru en 1992, elle s’est imposée comme un écrivain singulier. En 1999, elle obtient avec Stupeur et tremblements le Grand Prix de l’Académie française. Tuer le père est son 20e roman.

Parution : 17 août 2011
Nb de pages : 150 p.
ISBN: 978-2226229755
Prix: 16,20 €

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LES OUBLIS DU PASSE

Josette Buzaré
Editions de l’Astronome

les-oublis-du-passeNous aimons ce style de roman. Voyager dans le passé aide à parfois à se (re)situer dans le présent.

PRESENTATION

Pour combler les oublis du passé, l’auteur tisse les existences de plusieurs personnages en un récit romanesque inspiré de réels témoignages écrits.
La plupart de ces souvenirs lui ont été confiés par des proches aujourd’hui disparus. Ils étayent le parcours d’une adolescente à la recherche de la vérité sur l’histoire de sa famille pendant la seconde guerre mondiale. Le silence que se sont longtemps imposé beaucoup de survivants dans l’espoir de préserver leurs enfants n’a fait qu’aggraver le mal-être de ces derniers face à leur futur.
La parole libère, elle aide à forger l’avenir.

EXTRAIT

Le bataillon d’Alexandre, qui faisait partie de la 28ème Division alpine, stationna défensivement sur les pentes du Mont Cenis pendant sept semaines.
Le 24 octobre 1939, la Division s’embarqua pour l’Alsace. Les chasseurs prirent position en avant de la ligne Maginot et montèrent la garde pendant tout l’hiver. Ils firent ce que l’on appelait à l’arrière « la drôle de guerre ». La vie dans les avant-postes pendant les grands froids était faite de patrouilles, d’embuscades, de coups de mains repoussés, malgré la neige et des températures descendants jusqu’à -30 degrés. Mais durant tout ce temps, Alex ne vit pas un Allemand.
Au début du mois de février, des bataillons furent détachés de la 28ème Division alpine et envoyés dans le Jura où ils retrouvèrent des sections d’éclaireurs venus de Modane. Alex, qui faisait partie du détachement, se lia d’amitié avec deux Savoyards, rudes montagnards prénommés Arsène et Francis.
Tous trois intégrèrent la même compagnie de skieurs. Les éclaireurs devaient être pourvus d’un équipement spécial nouvellement conçu mais dont la livraison tardait. Il fallut attendre la fin du mois de mars pour comprendre à quoi s’entraînaient ces soldats de haute montagne : ils faisaient partie d’un corps expéditionnaire avec une demi-brigade de Légionnaires venant du Maroc et une demi-brigade de Polonais encore en formation à Coëtquidan. Leur destination restait inconnue. Des bobards circulaient : la Norvège, les Alpes, le Caucase (à l’Etat-major,
on avait vu passer des rouleaux de cartes de cette région).
Alexandre était cantonné à Magnieu, près de Virieu-le-Grand, dans l’Ain. Lyon était proche. Fin février, il eut droit à trois jours de permission. Il lui fallut attendre le 30 mars pour obtenir un deuxième congé. On stockait encore le matériel de grand froid. À Lyon, Alex s’informait de l’évolution de la « drôle de guerre ». C’était peu encourageant : dans la Baltique les Allemands procédaient à des exercices de débarquement. Les matelots ennemis étaient rappelés de permission. Enfin dans la nuit du 4 au 5 avril une centaine de navires quittèrent les ports du Reich et firent route vers le Nord. Cela semblait plus que probable : la destination des chasseurs alpins serait la Norvège.
Le 6 avril, Alex fut rappelé au camp. Nouvelle séparation déchirante. Margot en larmes. Angoisse aggravée par le sentiment d’être enceinte. Son cœur le souhaitait, son corps le promettait. Toute vaillance l’aurait abandonnée si une extralucide lui avait prédit qu’elle ne reverrait son mari que treize mois plus tard.
Les Norvégiens ne pouvaient, seuls, défendre leur neutralité contre l’Allemagne. Les gouvernements français et anglais leur annoncèrent qu’ils avaient posé des mines flottantes dans les eaux norvégiennes et qu’ils allaient monter la garde le long des côtes. Déjà, un transport de troupes allemandes, un pétrolier, deux autres navires et un sous-marin  avaient été coulés par la flotte britannique. Puis le Reich occupa le Danemark et débarqua en divers points de Norvège. Le Conseil suprême interallié, réuni à Londres, décida d’une aide totale et immédiate à la Norvège, afin de couper la route du fer aux Allemands.
Un message urgent arriva à Virieu : « le personnel embarquera le soir même, les trains de matériel suivront le lendemain et le surlendemain ». Prévenu à quinze heures, le Corps expéditionnaire était prêt à partir à 22 heures. Les distributions urgentes, la confection des bagages, la répartition du personnel entre les trains, le chargement des voitures s’opérèrent dans une grande confusion. On fit de l’ « à peu près », le temps manquait
pour parfaire.

josette_buzareL’AUTEUR

Josette Buzaré est née à Lyon de parents savoyards. Son enfance nourrie des récits de la Résistance explique son goût pour l’Histoire. Après l’école normale d’institutrices, elle poursuit ses études à Grenoble et devient professeur de collège. Elle a ainsi enseigné les mathématiques jusqu’en 1999, principalement au Collège Louis Armand de Cruseilles en Haute-Savoie. Membre de plusieurs Sociétés d’Auteurs et d’Histoire, elle a publié romans, biographie, témoignages et nouvelles.

Parution : 15 novembre 2011
Nb de pages : 144 p.
ISBN : 978-2916147710
Prix : 16 €

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SOUVENIRS DE SANG

Meg Gardiner
Univers Poche / Fleuve Noir

souvenirs-de-sangUn thriller qui allie une enquête psychologique aux ingrédients explosifs d’une course-poursuite à perdre haleine.

PRESENTATION

La spécialité de Jo Beckett, psychiatre médico-légale, est l’autopsie psychologique. En d’autres termes, elle enquête sur la vie des gens pour établir les causes de leur mort. Mais pour la première fois de son existence, elle doit intervenir sur un sujet vivant.
Son nom : Ian Kanan. Un homme qui a été sorti d’un avion en pleine crise de folie. Bientôt, Jo détecte chez lui une rare forme d’amnésie : ses souvenirs subsistent mais aucun nouvel élément se fixe dans sa mémoire. Toutes les cinq minutes, la conscience de ce qui l’entoure s’efface. Kanan, persuadé que sa famille a été kidnappée et que lui-même a été empoisonné, disparaît de l’hôpital avant que Jo Beckett puisse en savoir davantage.
Lorsqu’elle se met à fouiller dans son passé, elle découvre que Kanan est non seulement consultant pour la sécurité chez Chira-Sayf, une entreprise de nanotechnologie, mais aussi qu’il a peut-être été exposéà une arme biologique expérimentale.
Jo se lance alors dans une course effrénée pour retrouver Kanan. Son but : les sauver lui, elle, et peut-être même l’ensemble de la population de San Francisco…

meg-gardinerL’AUTEUR

Née en 1957 dans l’Oklahoma, Meg Gardiner est diplômée de droit de l’université de Stanford, en Californie. Après avoir travaillé en entreprise, puis enseigné le droit, elle a déménagé à Londres avec son mari et ses trois enfants. Après Le dirty secrets club, Souvenirs de sang est le deuxième roman de la série mettant en scène l’héroïne Jo Beckett.

Parution : 8 septembre 2011
Nb. de pages : 397 p.
ISBN : 978-2-265-09092-7
Prix : 19,27 €

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ROUGE AU BORD DU FLEUVE

Corinne Hoex
Editions Bruno Doucey

rouge-au-bord-du-fleuve3PRESENTATION

Le fleuve qu’évoque le recueil de Corinne Hoex, quel est-il ? Sans jamais le nommer, les courts poèmes du recueil permettent de l’identifier puisque la Barthelasse, citée dans le texte, est la plus grande île fluviale de France, située entre Avignon et Villeneuve-lès-Avignon, sur le Rhône. Trop puissant pour être emprisonné, trop impétueux pour s’accorder à l’immobile, ce dernier porte encore en lui la trace du fauve qu’il était. J’aime cette eau, cette île, cette nichée de prairies et de terre, corps allongé, étendu, attendu, séquestré dans le courant du fleuve. C’est que deux bras l’étreignent – l’un vif, l’autre dormant – caressant ses courbes, submergeant ses rives, laissant les « mains nues du vent » lier et délier son châle de soie rouge. Sans que l’on sache toujours qui du fleuve ou de l’île invente l’autre, Corinne Hoex confie à la poésie le soin de dessiner les cadastres d’une absence.

EXTRAIT

« dans l’île avec le vent
et sa caresse aveugle
dans l’île ton châle rouge
et les mains nues du vent
et tu fermes les yeux
et tu entends le fleuve
son grondement sourd
le fleuve moiré d’argent »


L’AUTEUR

hoex_corinneCorinne Hoex est née à Bruxelles en 1946. Historienne d’art et d’archéologie, elle a travaillé comme enseignante et chargée de recherches, publiant plusieurs études relatives aux arts et traditions populaires, avant de se consacrer pleinement à son œuvre personnelle. Des romans – Le grand menu, (2001), Ma robe n’est pas froissée (2008), Décidément je t’assassine (2010) – et plusieurs recueils poétiques assurent sa notoriété, parmi lesquels Cendres (2002), Contre Jour (2009), juin (2011). A noter la parution en février 2012 d’un roman chez Grasset, Le ravissement des femmes.

Parution : 5 janvier 2012
Nb de pages : 64 p.
ISBN : 978-2-36229-026-8
Prix : 6,10 €

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L’AIR DE TON NOM ET AUTRES POEMES (1986-2011)

Humbert
Bernard Campiche Editeur

lair-de-ton-nomJean-Dominique Humbert, «ce poète qui croit au pouvoir de la délicatesse», sort un recueil de ses textes. Un recueil de poème ? Un roman !

PRESENTATION

L’Air de ton nom et autres poèmes, un recueil qui invite au ressourcement. Jean-Dominique Humbert saisit les mots. Délicatement, comme l’aile d’un papillon. Avec légèreté. Avec respect. Avec amour. L’image, peu à peu, se révèle. Les idées se colorisent. Le tableau prend forme. L’espace se remplit. Imperceptiblement. Dans toutes ses dimensions. Impression de plénitude. Jean-Dominique Humbert cisèle les mots, à l’image d’un artisan.
Selon Jean Roudaut, sa poésie est «celle du mieux perçu» et comporte «ce sens de la lenteur énergique et discrète». Parcourir ce recueil, c’est aussi prendre la liberté de savourer un voyage teinté de subtilité et parfumé de volutes sensuelles. Une âme semble se promener au milieu de ses poèmes. Discrètement. En filigrane. Et pourtant omniprésente. Celle de feu son père? Un indice peut-être… Ce père qui aimait lire dans le «pavillon Flaubert» de son chalet, lieu également où le fils, poète, aime se recueillir.
Bernard Campiche met en lumière de magnifiques poèmes tels «L’Étendue», «L’Exilée», «Les Éphémères», «Vernicourt», «L’Été dernier»,  L’Air de sa venue», «Traversées», «La Nuit l’été», «Comme tu vas cet autre été», «Où se dirait la demeure», «Au passage du pré».
Sur un banc, au bord du lac, ici ou ailleurs, cette poésie nous enchante à toute heure du jour ou  «entre le ciel et la nuit»…

SOMMAIRE

L’Étendue
L’Exilée
Les Éphémères
Vernicourt
L’Été dernier
L’Air de sa venue
Traversées
La Nuit l’été
Comme tu vas cet autre été
Où se dirait la demeure
Au passage du pré
L’Air de ton nom

EXTRAIT

LENTE, LOINTAINE

Quand elle vient lente et lointaine
c’est le pré sous la pluie

Le premier pas du jour
qu’on croyait disparu

La marche du ciel
dans le long nuage,
l’eau, l’herbe, et la terre qu’on espère
si ce n’est la promesse du pommier
où grimpe la fleur de mai

*

AUX FONTAINES

Quand elle vient joyeuse
la voix qu’elle donne au vent
emporte le chant du jour

dans l’air des fontaines
le ciel est dans sa main
l’haleine du matin

Qui vient aux fontaines
va son chemin au gré du vent

Où chante une voix d’argile
Le ciel est à portée de main

L’AUTEUR

Né en 1958 à Fribourg. Il a publié depuis 1976 plusieurs recueils de poèmes, parmi lesquels L’Étendue,  L’Exilée,  Vernicourt, que l’on trouvera dans ce volume qui s’accompagne de suites parues en revues et d’un inédit,  L’Air de ton nom. Plusieurs de ses textes ont été mis en musique par des compositeurs : Henri Baeriswyl, Jean-Claude Charrez, André Ducret, Dominique Gesseney-Rappo, René Oberson et notamment Josef Haselbach. Il est l’auteur d’une traversée de ville, Fribourg clair-obscur et de récits, Si tu venais.
Il a collaboré dès 1981 à plusieurs journaux, dont La Liberté, ainsi qu’à des revues – la Revue de Belles-Lettres, Écriture – et enseigné près de vingt ans à l’Institut La Gruyère. Depuis 1998, il est rédacteur en chef adjoint, à Bâle, de l’hebdomadaire Coopération.

Parution : 4 novembre 2011
ISBN : 978-2882413024
Prix : 8,50 €

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MORTELLE TUTELLE

Rodolphe Fontaine
The Book Editions

mortelle-tutelleUne auto-édition qui mérite de s’y attarder. Humour, du souffle … surprenant !

RESUME

Délégué à la tutelle depuis quelques années, Romuald Ferrand hérite, un matin de février, du dossier de Margaux De La Source. La jeune femme vient d’être placée sous tutelle suite à une tentative de suicide, conséquence directe de la mort de ses parents dans des circonstances étranges. L’exercice de cette mesure de protection ne semble à première vue pas bien compliquée, mais Romuald va rapidement se mettre à douter. Sa nouvelle protégée est-elle réellement celle que les psychiatres décrivent ? Et ses parents, se sont-ils vraiment suicidés ? Et quel rôle joue cette soi-disant secte installée depuis peu sur la propriété familiale des De La Source ?
Romuald perd peu à peu ses repères, Margaux le perturbe un peu plus à chaque instant. D’autant plus qu’il ne peut s’empêcher en la regardant de penser à Flo, l’amour de sa vie… Romuald commence alors à prendre des risques, à outrepasser ses pouvoirs de tuteur. Il se met en danger. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

L’AUTEUR EN PARLE

Ce roman n’est pas mon premier livre mais c’est le premier que je publie. J’ai souhaité y raconter une histoire qui me tenait à coeur tout en faisant découvrir au lecteur un monde fantasmé par le grand public, celui de la tutelle.

L’AUTEUR

« Je voulais devenir le commissaire de police des romans que je dévorais adolescent. Finalement, mes études de droit m’ont conduit vers le “social”, milieu dans lequel j’ai évolué pendant plus de 7 ans ! Mon rêve ? Passer mes journées à écrire ! »

Format : Livre de poche
Nb de pages : 345 p.
ISBN : 978-2-9535228-0-8
Prix : 14,50 €

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EVASION A PERPETUITE

Luterbacher
Bernard Campiche Editeur

evasion_a_perpetuite_grandPRESENTATION

Le village aimait Emile Typhon comme le fruit défendu. Le seul à ne pas avoir été à l’envers des rêves, le seul qui avait osé défier le rail tout tracé d’avance et braver la résignation qui éduquait les gens à coups de “à quoi bon, il n’y a rien à faire”. Il avait rendu le village célèbre en devenant un mythe et même ceux qui ne juraient que par le droit chemin éprouvaient de la fierté en lisant les récits du roi de l’évasion dans le journal, en écoutant les nouvelles de la chasse à l’homme à la radio, en regardant au téléjournal la banque ou la bijouterie victime de son dernier braquage. Il était la vengeance du village et de l’insoutenable médiocrité du quotidien. Du plus humble au plus puissant, il suffisait de voir Emile Typhon pour l’aimer, il rendait les gens magnifiques et les persuadait que leur ordinaire était extraordinaire. Lorsque la “Bande de la cabane du Foyard” pensait une chose impossible, il y avait toujours eu Emile, le Fils du ciel, pour que tous croient que la vie s’invente à chaque pas.

EXTRAIT

Dans le village, il n’y avait qu’Émile pour inventer la vie. Il était là pour chacun, grand ou petit, à chaque fois que la désolation s’emparait d’une tête. Sa présence dissolvait l’ennui, anoblissait l’existence de celui qui se pensait moins que rien, persuadait de sa beauté celle qui se trouvait laide. Il suffisait de rencontrer Émile et un quelque chose d’indéfinissable enchantait la journée la plus morose. En quelques mots, il donnait à croire que chaque pas pouvait ressusciter un amour défunt, que chaque instant était porteur d’une liberté inattendue, et que chaque pensée était enfant de rêve. Émile sacralisait les anonymes, les forçats de la routine, celles et ceux qui se croyaient dévolus à la médiocrité, qui avaient abandonné l’espoir d’une autre vie. Le miracle d’Émile, c’est qu’il rendait les gens extraordinaires, il avait une grâce qui, le temps de sa présence, les transformait en la personne qu’ils auraient tant voulu devenir. Lorsque Émile avait une idée pour celui qui ne savait plus comment se sortir de la mouise, il ne la formulait pas, mais n’avait de cesse que l’idée devienne celle de l’autre.
La bande s’était constituée naturellement autour d’Émile dès la petite enfance. Il leur inventait une terre des merveilles, le pays où l’on s’ennuyait ailleurs, là où régnait /’Hêtre humain, l’arbre frère qui abritait la cabane du Foyard.
La bande du Foyard… Odile, Angèle, Louis, Arthur, Théodore, Philippe, Thomas, Paul, Lison, Joseph, Margaux et Émile. Pour être de la bande du Foyard, il fallait marauder aux grands un quelque chose qui devait servir à construire ou à décorer la cabane.
Odile qui avait été allaitée au sein de la vertu anabaptiste, et pour qui voler était un péché, a trouvé son salut dans la récolte des cheveux d’ange sur les sapins de Noël abandonnés. «Ça, c’est du réfléchi», avait dit Émile, «elle a volé sans voler !»
Angèle révélait sa tragédie par une offrande, une mèche de cheveux de son père que sa mère portait dans un pendentif. Angèle l’avait remplacée par l’une des siennes. Elle avait procédé à l’échange pendant que sa mère dormait, dérobant le pendentif de dessus de table de nuit en tremblant de peur. C’était pour Angèle la seule manière d’être portée sur le coeur de sa mère. Maintenant, lorsqu’elle était battue, Angèle voyait sa mèche qui se balançait sur la poitrine de sa mère et elle souriait aux coups. Elle obligeait sa mère à l’aimer malgré elle, et elle s’appropriait l’amour de son père qui avait pris la fuite. En offrant cette mèche de cheveux, Angèle offrait sa part la plus intime. Émile lui avait fait croire à sa beauté quand sa mère et son miroir ne cessaient de lui répéter qu’elle était laide.

luterbacher_2008_grandL’AUTEUR

Né en 1950, à Péry-Reuchenette, dans la partie francophone du canton de Berne (Suisse), Thierry Luterbacher est journaliste, réalisateur, auteur, metteur en scène de théâtre, artiste-peintre et père de trois enfants âgés de 15, 22 et 27 ans.
La route. Il la prend à 17 ans pour aller vivre et travailler dans les kibboutz, en Israël. Revenu en Suisse, il suit le cours préparatoire des Beaux-Arts, à Bâle. En 1972, il reprend la route au volant d’un Ford Transit aménagé et, « en bon hippie », parcourt le monde. Sa vie de bohème est racontée dans Le Sacre de l’inutile (Bernard Campiche Éditeur).
Le déclic créateur. Il se produit à la lecture du Grand Meaulnes, d’Alain-Fournier. Avec son premier roman, Un cerisier dans l’escalier, Thierry Luterbacher remporte le Prix Georges-Nicole en 2001.

Parution : 3 novembre 2011
Nb de pages : 200 p.
ISBN : 978-2882412997
Prix : 17 €

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LE DERNIER CONTRAT

Olivier Maulin
Editions La Branche

le_dernier_contrat_01Un roman qui diffère du genre. Nerveux et noire ironie qui vire à l’anticipation ne pouvant laisser le lecteur indifférent. Se lit d’une seule traite.
Excellente collection que Vendredi 13 aux Editions de La Branche.

PRESENTATION

Dans un futur étrangement proche, un prêtre révolutionnaire et un tueur à gage en préretraite jouent ensemble aux redresseurs de torts nationaux.
Laminée par une crise économique et politique sans précédent, la France est plongée dans le chaos.
Frère-la-Colère, un moine charismatique et exalté, émerge de la confusion, fédérant bientôt les rebelles de tout le pays pour renverser le pouvoir en place et hâter l’effondrement général. Prêt à tout, Frère-la-Colère engage un tueur à gages, un pro sur le retour, dépressif et alcoolique. Son contrat : assassiner le président de la République le samedi 14 juillet, pendant le défilé. L’avenir de la Rébellion ne dépend plus désormais que d’un seul homme…

On connaît Olivier Maulin en « formidable portraitiste des illuminés » (L’Express), en chroniqueur du monde moderne. On découvre ici son talent de romancier du noir, du crépusculaire.
Guerre civile ; clandestinité ; répression ; terrorisme. Sous ces motifs politiques puissants se dessine un roman d’action diablement efficace, mené tambour battant par un duo improbable… et franchement dérangeant.

OLIVIER MAULIN EN PARLE

« Chacun de mes livres, à leur manière, tentent de passer l’époque au scanner et d’explorer les possibilités de sortir de ce monde aliénant et désenchanté.
Sur un mode “noir”, je continue avec Le dernier contrat dans cette même voie. J’ai imaginé en effet que la crise que nous vivons prenait soudain une tournure catastrophique (je veux dire encore plus catastrophique) et qu’une sorte d’illuminé (un Savonarole moderne) galvanisait les foules pour les amener à la révolte et en finir avec notre civilisation matérialiste. Afin de hâter l’effondrement général, il fait appel à un tueur à gages, le narrateur du livre, pour lui proposer d’assassiner… le président de la République.
Le tueur, c’est un homme méthodique, solitaire, carré, réfléchi, au lourd passé de pro. Mais fatigué aussi, déraciné, plus ou moins dépressif, peut-être même un peu alcoolique. À plus de quarante ans, il doute, il en a marre, il craint la faute, ne se sent plus taillé pour le rôle et n’a finalement plus qu’une envie : raccrocher. Ce dernier contrat lui en donnera bien entendu l’occasion. L’avenir de la Rébellion ne dépend plus désormais que d’un seul homme… »

EXTRAIT

La voiture s’est immobilisée au bord de la chaussée, le chauffeur a enclenché les warning, allumé le plafonnier et arrêté le compteur.
- Ça nous fait treize euros et trente centimes, bagage compris.
J’avais essuyé la buée de la vitre avec le plat de la main et approché mon visage de la fenêtre mais je ne distinguais rien d’autre que le halo jaune d’un lampadaire que les gouttes de pluie coulant le long du carreau déformaient. J’ai tiré de la poche de ma chemise mes billets plies en deux, en ai prélevé un de vingt et l’ai tendu au chauffeur.
- Arrondissez à quinze.
- A vos ordres, patron. Je vous fais une note ?
- Non.
Il a fouillé dans un gros portefeuille rempli de pièces et de coupures soigneusement classées et m’a rendu la monnaie que j’ai empochée avant de sortir de la voiture, de relever mon col et d’ajuster mon chapeau. Il y a eu un petit déclic à l’arrière du véhicule, le coffre s’est ouvert lentement, freiné par des ressorts. J’ai pris ma valise, refermé le coffre et donné un petit coup sur la carrosserie pour signifier que tout était en ordre.
Le chauffeur a répondu par un coup de klaxon, il a lâché la pédale de frein, enclenché la première, la voiture s’est éloignée. Au bout d’un instant, les warning se sont éteints, le voyant lumineux du toit s’est éclairé, le taxi a pris une rue à droite et a disparu dans la nuit.
Il pleuvait fort. En face de la rue, un petit parking désert, une église moderne à droite, un bureau de poste en brique rouge à gauche et un hôtel-restaurant de trois étages, également en brique rouge, à l’enseigne de l’Hôtel de l’Industrie. J’ai traversé la rue, poussé la porte, une clochette a tinté.
La salle du restaurant était petite, trois tables sur la gauche, deux autres le long du bar et puis une dernière, occupée par un vieux monsieur barbu assis devant un verre de vin blanc, à côté d’un poêle en fonte. Il faisait bon, le plancher en bois grinçait. Derrière le bar, une grosse femme essuyait un verre. Elle a levé la tête. J’ai posé ma valise à mes pieds et j’ai toussé pour m’éclaircir la voix.
- Bonsoir, madame. J’ai réservé une chambre.
Elle a rangé le verre qu’elle tenait dans la main, a jeté la serviette sur son épaule et s’est dirigée à l’autre bout du bar en chaussant une paire de lunettes qui pendait-à son cou. Je la suivais de l’autre côté du comptoir.
- C’est à quel nom ?
- Joseph Victor.
Elle a consulté un registre posé à même le comptoir, près d’une lampe et de quelques stylos éparpillés. A la page du jour, il y avait mon nom suivi de la mention : «combien de nuits ?» Elle a hoché la tête.

le_dernier_contrat_03L’AUTEUR

Olivier Maulin est né en 1969. Avec son premier roman, En attendant le roi du monde, il s’est imposé d’emblée comme un auteur à suivre de près, en remportant notamment le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs en 2006. Il a depuis publié quatre romans, dont Les Lumières du ciel qui vient de paraître aux Editions Balland (finaliste Prix de Flore 2011).

Parution : 9 février 2012
Nb de pages : 191 p.
ISBN : 978-2353060436
Prix : 15 €

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VIRGINIA ET VITA

Christine Orban
Editions Albin Michel

une_annee_amoureuse_dans_la_vie_de_virginia_woolf_01Une brûlante histoire d’amour, de jalousie et de création littéraire, le tout revisité par le style fiévreux et passionné de Christine Orban. (Madame Figaro)

PRESENTATION

En 1927 Virginia Woolf habite avec son mari éditeur Leonard à Monk’s House. Elle vient de publier La promenade au phare et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l’immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l’opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l’amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l’excentrique Vita qui n’a pour règle que le plaisir de l’instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l’amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire.

Christine Orban a publié avec succès presque tous ses ouvrages aux éditions Albin Michel « Petites phrases pour traverser la vie en cas de tempête… et par beau temps aussi » et « n’oublie pas d’être heureuse » se sont vendus à plus de 100 mille exemplaires. Son dernier roman Le pays de l’absence, est paru en janvier 2011. Il y a vingt ans elle publiait sous le nom de Christine Duhon et sous le titre Une année amoureuse de Virginia Woolf, ce qui n’a rien perdu de son actualité.

Virginia Woolf transformée à son tour par Christine Orban en héroïne de roman. On la voit dans les affres de la passion, de l’observation et de l’inspiration, Passionnant portrait du milieu de Bloomsbury et de celui des vieilles demeures anglaises, celui aussi de deux couples aux moeurs bien en avance sur leur temps.
Un thème toujours brûlant : comment s’est écrit un chef d’oeuvre ? Par qui a-t-il été inspiré ? Les grands écrivains peuvent-ils aimer de façon désintéressée ou se nourrissent-ils de leurs amours pour créer ?
Le portrait de Virginia Woolf est si réel qu’on a l’impression que l’auteur s’y retrouve, comme dans une autobiographie déguisée.

EXTRAITS

Et cette fois, le chemin, c’était Vita. Il fallait que Virginia expulse Vita, qu’elle la traite comme un sujet, la construise comme un chapitre, l’étale comme une phrase.
(…)
Vita entrait dans le livre pour s’y figer et Orlando en sortait pour vivre.
(…)
Vita était plus inoffensive dans l’absence que dans la présence. Virginia la maîtrisait mieux dans les songes ; elle la manœuvrait à son gré, lui prêtait paroles et pensées, l’habillait et la déshabillait, souple comme une poupée démantibulée.
(…)
Léonard était penché sur le visage de Virginia, fragile, hanté par la folie : le visage de sa femme. Depuis leur mariage - la date était brodée à l’intérieur de sa veste : 10 août 1912 - il n’avait jamais cessé de veiller sur elle. En cingalais, en tamoul, en langage chiffré de peur d’être lu, Léonard jalonnait son journal de ce leitmotiv : «Virginia tourmentée. Grand tracas. Très mauvaise nuit.»
Il souffrait quand elle souffrait, impuissant devant le spectacle de sa démence. Il voyait ses jambes se raidir, son visage se froisser. Il entendait ses cris, ses crachats, ses grossièretés hurlées par intermittence. Quel diable prenait possession de Virginia ?
Léonard caressa doucement le front moite d’un geste large et puissant, de l’intérieur vers l’extérieur, comme celui d’un exorciste chassant les démons.
- Voilà, voilà, murmura-t-il.
- C’a été long ?
Il appuya un linge blanc imbibé d’eau vinaigrée sur ses tempes.
- Cela a commencé par une très forte migraine.
- C’est terminé maintenant.
- Oui, terminé, dit-elle en ouvrant les yeux.
Elle tira Léonard par la cravate afin de rapprocher son visage du sien. Un sourire se dessinait sur ses lèvres mais les marques de la folie avaient été si lentes à s’effacer qu’elles réapparaissaient par intermittence. L’oeil était vif à présent, l’élocution plus ample, moins saccadée. Aux côtés de Léonard elle reprenait possession d’elle-même. Les médecins qui l’envoyaient au lit avec un grand verre de lait chaud n’avaient rien compris à sa pathologie. Le lait n’était peut-être qu’un placebo, mais il offrait à Léonard cette impression de la nourrir qui n’était point désagréable. La chair douloureuse de sa femme, son imagination perdue au plus noir et au plus profond des océans, était pour lui une souffrance, mais également un lien aussi fort que l’amour physique.
C’était un moment très intense celui où Virginia retrouvait son corps, son esprit, où elle revenait à elle-même. Après une longue bataille, elle et elle enfin réconciliées.
Avec l’impression de s’éveiller d’un long cauchemar, elle redécouvrait le radiateur à gaz, le papier peint jauni par les années, les livres sur les étagères en contreplaqué et cette pièce modeste et sévère lui paraissait soudain harmonieuse, c’était toujours ainsi quand elle revenait des ténèbres. L’extérieur aussi s’apaisait. Elle remarqua un amas de feuilles gisant autour de son lit. Affolée, elle demanda à Léonard :
- Tu as lu ?
- Tu sais bien que je ne lis jamais sans ta permission.

LES MEDIA EN PARLENT

Jean- Paul Enthoven, LE NOUVEL OBSERVATEUR (Lors de sa première parution)
« Ses portraits de Leonard, de Vanessa ou de Harold Nicholson sont exacts et sensibles ; on y devine la fascination ambiguë de Virginia pour une aristocratie dont elle se savait exclue ; on y sent, à chaque page, la saveur véhémente et perverse qui fit le climat d’une tribu unique en son genre. Après tout le temps est peut-être venu pour les romanciers de peupler leur livre avec des êtres engendrés de la littérature elle-même. Il est réjouissant que l’auteur, ici y parvienne avec un tact qui n’aurait guère déplus aux héros dont son ouvrage suggère, sans impudence, la brève résurrection. »

Emission sur France-Info du dimanche 05 février 2012.

RENCONTRE AVEC L’AUTEUR

Le vendredi 16 mars 2012 au Salon du livre de Paris (Porte de Versailles).
Signature de 18h30 à 20h00 sur le stand Albin Michel Stand N69.

L’AUTEUR

Christine Orban a publié avec succès presque tous ses ouvrages aux éditions Albin Michel Petites phrases pour traverser la vie en cas de tempête… et par beau temps aussi et N’oublie pas d’être heureuse se sont vendus à plus de 100 000 exemplaires. Son dernier roman Le pays de l’absence, est paru en janvier 2011. Il y a vingt ans elle publiait sous le nom de Christine Duhon et sous le titre Une année amoureuse de Virginia Woolf, ce qui n’a rien perdu de son actualité.

Parution : 4 janvier 2012
Nb de pages : 240 p.
ISBN: 978-2226238450
Prix: 17 €

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FREAKY FRIDAY

Brigitte Aubert
Editions La Branche

freaky_friday_couv« Le plus remarquable, chez Brigitte Aubert, est un art consommé du portrait, y compris dans la veine comique » (Le Monde). Elle manie la gâchette comme un gangster, fait plier les pires malfrats… et rêve d’une bonne camomille chaude ; on découvre en Mamie Hélène une héroïne pas comme les autres, aussi cocasse qu’attachante, servie par un récit truculent, et comme toujours chez Brigitte Aubert, haletant jusqu’à la dernière ligne.

PRESENTATION

Quand une tranquille sexagénaire reprend du service et règle ses comptes avec le passé…
Par un beau vendredi 13, Mamie Hélène, veuve depuis peu, apporte une tarte à ses voisins. Concert de détonations, corps sanguinolents, elle est témoin du massacre aussi expéditif que sophistiqué de toute une famille. Alors qu’elle tente de fuir, l’un des tueurs la surprend.
C’est le début d’une traque effrénée.
Pour sauver sa peau – et s’amuser un peu – Mamie Hélène n’a d’autre solution que de renouer avec son ténébreux passé… Se révèle alors une sexagénaire pas comme les autres, corrigeant les truands comme elle monte les blancs en neige : avec un solide coup de poignet et le goût du travail bien fait.

« Freaky Fridays est un clin d’œil au cinéma de genre, aux héros hard boiled. On a tous en nous un héros déglingué, un Rocky fatigué qui aimerait reprendre le combat. Et le polar permet à ce fantasme de se réaliser, de rendre coup pour coup à cette réalité bien souvent sordide qui nous entoure (voir les dernières révélations sur les caisses noires de l’Elysée par exemple, tout à fait en phase avec les découvertes de Mamie Hélène !).
Un hommage, un engrenage, un divertissement, un avertissement, le roman noir frappe souvent au dessous de la ceinture, parce que les exploiteurs n’ont pas d’âme. »

Brigitte Aubert

EXTRAIT

Hélène Robinson éteignit le gaz et leva les yeux de ses fourneaux pour regarder par la fenêtre. Le ciel s’était couvert, des nuages gris accouraient en bande, poussés par le vif vent d’est. Du côté du Havre, l’horizon restait bleu, les pétroliers défilaient lentement, les usines crachaient leurs panaches blancs. Elle soupira. Cela faisait plusieurs jours qu’elle n’était pas allée se promener sur la plage. Elle devrait prendre un chien. Ça la forcerait à sortir. Joe n’aurait pas voulu qu’elle reste confinée, le nez dans ses rosiers ou dans ses fourneaux.
Joe.
Ce vieil imbécile avait choisi de se faire la malle il y avait un peu plus d’un an. Un funeste vendredi. Mourir un vendredi pour un Robinson… En plus, un vendredi 13, comme si c’était une bonne blague. Une bonne blague à la Joe. Son cœur avait lâché alors qu’ils revenaient de leur ballade matinale en bord de mer. Il riait, il balançait un seau plein de coquillages. A 76 ans, il était encore solide comme un roc. En apparence.
Il était tombé devant le portail, une main sur la poitrine. Comme dans les films. Elle avait appelé les secours avec son portable. Elle lui avait tenu la main en attendant que l’ambulance arrive. Leurs doigts entrelacés, serrés si fort, leurs deux alliances qui brillaient côte à côte.
Il était mort en la regardant droit dans les yeux. L’homme qui avait partagé sa vie durant plus de quarante ans. L’enterrement avait eu lieu par un jour venteux sous un ciel pommelé. Pas de prêtre. Joe n’était pas croyant. Elle avait enterré un peu de son cœur avec lui.
Mamie Hélène secoua la tête pour chasser les larmes qui perlaient à ses paupières. Elle s’était rendue au cimetière, comme tous les vendredis, avec son bouquet de pivoines. Joe n’y connaissait rien en fleurs, mais il aimait leurs couleurs. Une tombe gaie. Brr…
Elle ouvrit la fenêtre de la cuisine, respira à fond. De leur petite maison sur les coteaux, elle embrassait la baie. Des chalutiers colorés rentraient de la pêche, longeant le phare de Trouville, suivis par des nuées de mouettes criardes. Une petite ville paisible, une petite vie tranquille. Si seulement Joe…
Arrête ! s’intima-t-elle. Arrête tout de suite. Reprends-toi. Joe a horreur des femmes qui pleurnichent.

L’AUTEUR

Née en 1956, Brigitte Aubert a publié une dizaine de romans pour la jeunesse et plus de vingt romans pour adultes, maîtrisant avec un talent redoutable de nombreux genres : suspense psychologique, aventure, espionnage et épouvante. Elle obtient Le prix Michel Lebrun en 1996, ainsi que le Grand Prix de littérature policière en 1997 pour La Mort des bois. Ses livres sont traduits dans plus de dix-sept pays.

RENCONTRE AVEC L’AUTEUR

Le samedi 17 mars 2012 au Salon du livre de Paris, Porte de Versailles.
Signature de 16h30 à 18h30 sur le stand ELB / Editions La Branche N° R77

Parution : 12 janvier 2012
Nb de pages : 221 p.
ISBN : 978-2353060542
Prix : 15 €

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LES POISONS DE VERSAILLES : LA VENGEANCE DES TRABUCAIRES

Guillemette Resplandy-Taï
Gulf Stream

les-poisons-de-versaillesVersailles 1672. Sur le chantier du futur palais de Versailles, le poison circule et un jeune ouvrier meurt assassiné. Sont soupçonnés la Montespan, experte en drogues, les Catalans révoltés contre la gabelle, et les habitants du village de Prats-de-Mollo, ravagé par les dragons du roi. Agnès, originaire de ce village, devient guérisseuse auprès de la reine.

PRESENTATION

Versailles, 1672. Sur le chantier de son futur palais, Louis XIV est indifférent au sort des ouvriers qui se tuent à la tâche et à celui d’un jeune jardinier retrouvé assassiné dans le potager de La Quintinie. Cependant, Sa Majesté ne devrait-elle pas se méfier ? Le poison rôde à la Cour du roi de France et nul ne sait de qui viendra le châtiment. De La Montespan, experte en drogues en tout genre ? Ou de ces Catalans révoltés contre l’insupportable gabelle et que le roi a brisés et humiliés, car un ruban à leurs couleurs, sang et or, a été retrouvé entre les doigts de la victime ? Puis, ce sont les dragons du roi, impliqués dans la tuerie d’une famille de fermiers de Prats-de-Mollo, le village d’où est partie la révolte contre le roi de France, qui disparaissent, l’un après l’autre. Autant de signes que Louis XIV se refuse à reconnaître malgré les avertissements de son fidèle Vauban. Quel est le lien fatal qui unit ces hommes et Agnès, rescapée de ce massacre et venue à la Cour pour exercer ses talents de guérisseuse auprès de la reine ? Détient-elle le secret de cette herbe que le roi recherche pour apaiser ses fièvres et qui serait alors le véritable objet de sa vengeance ?

Les poisons rôdent à la Cour du roi de France et nul ne sait de qui viendra le châtiment. De la Montespan, experte en drogues en tous genres ? Ou des Catalans humiliés et révoltés contre l’insupportable gabelle qu’on leur a imposée à la suite du traité des Pyrénées ?
Les dragons du roi, impliqués dans la tuerie d’une famille de fermiers de Prats, le village d’où est partie la révolte contre Louis XIV, disparaissent, l’un après l’autre. Autant de signes que Sa Majesté se refuse à connaître malgré les avertissements de son fidèle Vauban. Quel lien fatal unit ces hommes et Agnès, rescapée du massacre et venue à la Cour pour exercer ses talents de guérisseuse auprès de la reine ? Et qui est le mystérieux chevalier L’Aristoloche ? Détient-il le secret de cette herbe que le roi recherche pour apaiser ses fièvres et qui serait alors le véritable instrument de la vengeance des trabucaires ?

L’AUTEUR

Guillemette Resplandy-Taï, Docteur en pharmacie, est passionnée par la botanique dont elle fait l’un de ses thèmes favoris pour ses romans en jeunesse, en particulier la série des “Thomas L’Aristoloche” aux éditions Le Pommier. Elle est également l’auteur de nouvelles et de récits historiques aux éditions Montalant et Nouveau Monde. Elle a choisi de réunir ses deux passions pour Les Poisons de Versailles.

Parution : 8 septembre 2011
Nb de pages : 215 p.
ISBN : 978-2354881368
Prix : 12,50 €

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A L’ENCRE DE CHINE – LIVRE 2

Christian Lejalé
Editions Imagine & Co

a_l_encre_de_chine_livre_2_01Dans les tourments de la Révolution chinoise un amour plus fort que la mort. Des seigneurs de la guerre à la Longue Marche et au règne de Mao, le grand roman de la Chine.

PRESENTATION

1912. Le Céleste Empire est mort. La Chine vacille. Emportée dans le chaos de la révolution, Yuna ne peut plus compter que sur Zhao, l’homme qu’elle aime depuis son enfance.
Tous les deux vont connaître l’amour fou, l’exil, la violence, la peur, le dépassement, mais ils vont aussi participer à la plus grande des épopées qui soient : fonder une nation. Pour y parvenir, ils vont cheminer avec Mao, puis s’opposer à lui en un combat mortel.
Des Seigneurs de la guerre à la Longue Marche et au règne de Mao, toute l’histoire récente de la Chine dévoilée par une femme dont la vie se confond avec celle, démesurée, de son immense pays.

EXTRAIT
(Les premières lignes)

Soumettre l’ennemi sans ensanglanter la lame

Zhao est là, près de moi. Il a posé sa main sur mon épaule et me dit : « Va ! Continue. Ecris. » Cela fait d’innombrables années que j’ai terminé le premier des deux livres qui racontent l’histoire de ma vie. Depuis, j’ai sans cesse reporté le moment d’aborder le second, tant il contient d’événements que j’aimerais ne pas avoir à revivre, mais je sais que Zhao a raison. Il faut que j’aille jusqu’au bout de ce que j’ai commencé, quel qu’en soit le prix. C’est pour cela que j’écris ces mots alors même que je ne sais si je verrai le soleil se lever demain.
Nous sommes le lundi 13 septembre 1971. Il est trois heures du matin et ma vie est désormais suspendue au fait que les roues d’un avion reprennent ou non contact avec le sol. Le compte à rebours a débuté le samedi 11, à vingt heures trente exactement, quand une limousine blindée soviétique de marque ZIS, ornée d’un drapeau rouge, s’est engagée passage des Petites-Misères, dans le district Dongcheng, à Pékin. Quelques minutes plus tôt, des policiers en civil avaient dégagé la rue et ordonné aux habitants de rentrer chez eux et de n’en sortir sous aucun prétexte. Dans la ruelle devenue silencieuse, l’imposante limousine Drapeau rouge eut le plus grand mal à négocier le virage à angle droit menant à la porte de cette vaste demeure où mon père est né.
Wang Dongxing, le responsable de la sécurité de Mao Tsé-toung, est descendu seul de la voiture noire et blindée. Guidé par un secrétaire de la section locale du Parti, il a franchi le seuil de la propriété dont j’aurais dû hériter si elle n’avait été collectivisée par la commune de Pékin dix ans après l’avènement de la République populaire de Chine. Une vingtaine de familles cohabitent là où, il y a un siècle, mon père et mon grand-père étaient seuls à vivre. Je ne trouve rien à redire à cela, ni au fait de disposer dans ce lieu - pour moi chargé d’histoire - que d’une unique et modeste pièce dont l’exiguïté est à mes yeux rassurante. Elle se situe tout au fond de la propriété et Wang Dongxing pesta d’avoir à marcher si longtemps pour venir jusqu’à moi, au point que le secrétaire du Parti qui l’accompagnait redouta un instant d’avoir déplu et se mit à trembler pour la suite de sa carrière.
Âgé de cinquante-cinq ans, de taille moyenne, vêtu du strict costume gris aux larges poches mis en vogue par son maître, Wang Dongxing a un visage faussement poupin, illuminé par le sourire intérieur de celui qui, ayant triomphé de toutes les embûches, se sait désormais indispensable à l’astre le plus brillant de la Chine. Il est au service exclusif de Mao depuis trente ans et, en 1949, après la proclamation de la République populaire de Chine, a pris la tête du Bureau central des gardes, devenu ensuite la célèbre et redoutée Unité 8341, car Mao n’aime rien tant que les chiffres pour désigner les êtres ou les choses réduits par lui au rang de quantité méprisable. Promu vice-ministre de la Sécurité publique, Wang Dongxing n’a depuis cessé d’assurer la protection de Mao, à l’exception d’une période de disgrâce qui a été courte tant le dieu vivant de la Chine a besoin de ce zélé serviteur pour dissimuler ses frasques. Depuis son retour à la tête de l’Unité 8341, Wang Dongxing professe qu’il n’y a qu’une manière de durer quand on parvient au sommet de la montagne : dire oui au soleil qui vous éclaire et ne jamais en contester l’aura. Cette philosophie, si c’en est une, lui a valu d’étendre démesurément son pouvoir.

a_l_encre_de_chine_livre_2_03L’AUTEUR

Né en Bretagne d’une famille d’origine irlandaise, Christian Lejalé a hérité des Celtes un goût prononcé pour l’imaginaire et les voyages.
En 1982, après deux expositions photographiques présentées à Paris, en Haute-Savoie et en Bretagne, Christian Lejalé oriente ses activités de créations vers de grands spectacles. Il collabore avec le compositeur irlandais Shaun Davey pour le Brendan voyage, spectacle mêlant orchestre symphonique et images géantes auquel les cinq mille spectateurs du Festival Interceltique de Lorient et du festival des Tombées de la nuit de Rennes font un triomphe. Deux ans plus tard, c’est avec le compositeur grenoblois Henry Torgue que Christian Lejalé crée Mémoire des écumes, spectacle qu’il produit avec le même succès et qui sera prolongé par un livre et un disque.
En 1985, Christian Lejalé crée ce qui deviendra Imagine & Co et se consacre principalement au cinéma. Producteur, scénariste et réalisateur, ses films sont régulièrement primés dans les festivals et font l’objet de nombreuses diffusions en télévision.
En 1990, il reçoit le grand prix du court-métrage du Festival du film policier de Cognac pour Boomerang. L’année suivante, il tourne Loulou Graffiti (avec Anémone et Jean Reno). Ce long-métrage de fiction, diffusée avec succès en France est ensuite vendue dans quatorze pays.
En 1995, Christian Lejalé signe son premier roman Docker (Denoël) qui obtient le prix des Lycéens de Marseille et le prix René Fallet. Suivent en 1997 Les Abîmes (Denoël), et en 2002 L’Éclipse rouge, (Flammarion) qui reçoit le prix du Salon du livre d’histoire de Senlis. Poursuivant une double activité littéraire et cinématographique, Christian Lejalé écrit, produit et réalise une douzaine de films documentaires entre 1997 et 2010. Il signe également chez Flammarion le très remarqué beau livre Trois étoiles de mer consacré au grand cuisinier Olivier Roellinger. Vendu à plus de dix mille exemplaires ce beau livre est couronné par le prix Antonin Carême.
En 2010, Christian Lejalé étend les activités d’Imagine & Co à l’édition. Trois beaux livres sont publiés : Bourgeon Le Passager du vent, Voyage aux pays des merveilles avec Olivier Roellinger et À l’encre de Chine – Edition originale, illustrée de calligraphies et sceaux chinois.
Christian Lejalé sillonne la planète depuis dix ans pour enrichir la matière de romans, beaux-livres et films, qui ont en commun d’être ouverts sur le monde et seront publiés à intervalle réguliers dans les années qui viennent.

a_l_encre_de_chine_livre_11Le premier tome A l’encre de Chine – Livre 1 est paru le 21 septembre 2011

Parution : 17 janvier 2012
Nb de pages : 256 p.
Format : Broché
ISBN : 978-2953501780
16,70 Euros.

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AU PAYS DES KANGOUROUS

Gilles Paris
Editions Don Quichotte

au_pays_des_kangourousDrôlerie et tendresse, un livre intimiste  mais faussement léger. L’on passe de l’autre côté du miroir. Une réelle poésie. Un comte moderne.

PRESENTATION

« Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle. En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m’a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout replié sur lui-même. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. »
Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien au Trocadéro.
En fait, le couple n’en est plus un depuis longtemps, la faute au métier de Carole, qui l’accapare. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole est une femme d’affaires, elle passe sa vie en Australie, loin d’un mari qu’elle n’admire plus et d’un enfant qu’elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, Simon voit son quotidien bouleversé.
L’enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque et jamais mariée, adepte des séances de spiritisme avec ses amies « les sorcières », et prête à tout pour le protéger. Mais il rencontre aussi l’évanescente Lily, enfant autiste aux yeux violets, que les couloirs trop blancs des hôpitaux font paraître irréelle et qui semble pourtant résolue à lui offrir son aide.
Porté par l’amour de Lily, perdu dans un univers dont le sens lui résiste, Simon va tâcher, au travers des songes qu’il s’invente en fermant les yeux, de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu’à toucher du doigt une vérité que l’on croyait indicible.

EXTRAIT

Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle.
En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir.
J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans.
Il m’a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout coincé de partout. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand, mon papa.
J’en ai oublié mon petit déjeuner. Je ne savais pas quoi faire. Maman était repartie au pays des kangourous et, à chaque fois qu’elle voyage, elle nous demande de pas la déranger à cause du décalage horaire. Quand elle est dans le salon, avenue Paul-Doumer, elle ne veut pas qu’on la dérange non plus à cause du livre qu’elle lit, même que c’est pas un livre que papa a écrit. Ou alors elle parle à une copine sur son portable et elle fait un geste de la main comme si elle chassait une mouche ou un moustique, sauf que la mouche ou le moustique, c’est moi ou papa. On tourne autour, mais on ne sait pas trop comment l’approcher. Et puis des fois qu’il viendrait à maman l’idée de nous écraser entre ses mains… Elle n’embrasse ni papa ni moi. Elle nous éloigne avec ses gestes et le pays des kangourous.
J’ai dit : «Ça va papa ?», papa n’a pas répondu. Il a caché un peu plus sa tête dans ses bras. Alors je suis sorti de la cuisine. J’ai décroché le téléphone et j’ai appelé Lola.
« Papa est dans le lave-vaisselle, je fais quoi ?
- Papa est où ?
- Dans le lave-vaisselle, je crie.
- J’arrive, mon chéri. Ne bouge pas. »
Pour aller où ?

LU DANS LA PRESSE

« Simon, un garçon de 10 ans, nous raconte sa vie : son papa, en cure de repos parce qu’il s’est installé dans le lave-vaisselle, l’hôpital psychiatrique qui ne le laisse pas entrer dans la chambre de son père, sa maman qui occupe un poste important dans une multinationale et vit entre leur appartement parisien et le pays des kangourous. Heureusement, il y a sa grand-mère et ses amies, et surtout ses rêves et Lily ! Ce roman nous décrit la dépression et l’éloignement par les yeux d’un enfant, sans être larmoyant. »
(Christelle Buro pour la Chronique Payot-L’Hebdo)

L’AUTEUR

Gilles Paris est auteur de deux romans, Papa et maman sont morts (Le Seuil, 1991) et Autobiographie d’une courgette (Plon, 2002). Il travaille dans le monde de l’édition.

RENCONTRE

Vous pourrez rencontrer l’auteur au Salon du livre, le dimanche 18 mars 2012 à Paris, Porte de Versailles. Signature de 16h00 à 17h00 sur le stand Seuil N°15.

Parution : 19 janvier 2012
Format : Broché
Nb de pages : 288 p.
ISBN : 978-2359490589
18 Euros.

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A CAUSE D’UN BAISER

Brigitte Kernel
Editions Flammarion

a_cause_d_un_baiser_01Peut-on aimer deux personnes à la fois ? C’est la question que pose Brigitte Kernel, productrice et animatrice d’émissions littéraires sur France Inter, dans son nouveau roman. Une femme tiraillée entre deux amours aussi forts l’un que l’autre.

PRESENTATION

« Elle était si parfaite, comment avais-je pu soudain aimer une autre personne ? Que deux coups de téléphone, un déjeuner, un baiser, un seul baiser, et quelques caresses remettent à ce point ma vie, notre vie, en question ? Qu’est-ce qui m’avait pris de dire aussi vite à Léa : j’ai embrassé une autre femme ?
La greffe avait pris, en un baiser. Un baiser qui avait duré plus de deux heures et ses mains, les doigts de Marie, sous mon pull, sur ma poitrine. Il m’avait semblé que ma vie basculait. Et maintenant comment faire ?
Léa, Marie ; Marie, Léa. Peut-on donc l’espace d’un court moment, ou même d’un temps plus long, aimer deux personnes à la fois ? »
Après le succès de Fais-moi oublier, un nouveau roman d’amour, celui d’une femme tiraillée entre Léa, celle qu’elle aime, et l’envoutante Marie qui, en un baiser, vient tout bouleverser.

Un style qui décrit parfaitement les états d’âmes du couple féminin-féminin, avec de longues introspections, des questionnements, des déclarations sentimentales.
Pour reprendre Karine Flejo de toutelaculture.com « A cause d’un baiser n’est pas un roman de 366 pages que l’on tient entre ses mains, mais un coeur avec 366 pulsations cardiaques… Un coeur battant. Magnifique ! »

LU DANS LA PRESSE

« Un magnifique roman d’amour. Véritable ode à l’amour féminin plein de sensibilité et de mélancolie. »
Patrick Martinez - www.radiocoteaux.com

« Un roman formidable sur le couple féminin-féminin et le couple en général avec une dissection du sentiment amoureux. »
Michel Field, TF1

« Brigitte Kernel fait partie de ces rares romancières qui racontent une histoire d’amour entre femmes, dévoilent leur intimité, osent se livrer avec pudeur et vérité, brisent un tabou (…) Au plus près des émotions, Brigitte Kernel nous offre un magnifique hymne à l’amour. Universel, poignant, sensuel. »
Emmanuelle de Boysson - Marie Claire

Emission sur France-Info du dimanche 16 janvier 2012

L’AUTEUR

Productrice-animatrice d’émissions littéraires sur France Inter, Brigitte Kernel présente « Noctiluque » tous les dimanches soirs. Elle a déjà publié plusieurs romans, dont Autobiographie d’une tueuse, Tout sur elle ou Fais-moi oublier, chez Flammarion.

Parution : 11 janvier 2012
Nb de pages : 364 p.
Format : Broché
ISBN : 978-2081267091

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