Archives de la catégorie Histoire

LES CIVILISATIONS A L’EPREUVE DU CLIMAT

Vincent BOQUEHO
Editions DUNOD

les-civilisations-climatNous vous recommandons cet auteur. Explications simples, claires et toujours suivis d’exemples !

PRESENTATION

Cette analyse de l’impact du climat sur l’histoire des sociétés humaines interroge les liens entre l’évolution du climat et le développement des civilisations. Selon l’auteur, si l’industrialisation et les progrès agronomiques ont rendu les hommes plus indépendants, le climat conserve un rôle non négligeable dans l’évolution des sociétés.

RESUME

Comment le climat a-t-il évolué ? Peut-on établir un lien entre cette évolution et le développement des civilisations humaines ? Pourquoi certaines régions ont-elles connu un essor économique tandis que d’autres sont restées à l’écart du développement ? Vincent Boqueho présente dans cet ouvrage une intéressante analyse de l’impact du climat sur l’histoire humaine.
Il démontre que l’apparition des foyers de civilisation coïncide avec une notion essentielle : l’existence d’un fort stress climatique, qui tend à développer la culture d’innovation. Sans nier que l’industrialisation et les progrès agronomiques aient rendu l’homme moins dépendant du climat, l’auteur soutient que le climat reste toujours aujourd’hui un facteur explicatif essentiel.

TABLE DES MATIERES

De la préhistoire à l’histoire.
Les foyers d’innovation.
Le rôle du climat à l’époque historique.
Et demain?

CONSULTEZ L’EXTRAIT DU LIVRE

Veuillez cliquer ici.

ENTRETIEN AVEC L’AUTEUR

Vous vous interrogez sur les causes du rayonnement de telle ou telle civilisation ? Vous voulez comprendre pourquoi l’Europe a conquis l’Amérique et pas l’inverse ? Les civilisations à l’épreuve du climat (Dunod, 2012) de Vincent Boquého répond de façon argumentée à ces questions, en mettant en avant le rôle du climat. Il s’adresse à tous les amateurs d’histoire ou de géographie, ainsi qu’à tous ceux qui veulent comprendre la répartition actuelle et passée des civilisations dans le monde.

- Comment avez-vous mené cette analyse sur l’incidence du climat sur le développement des civilisations ?
Ce projet est parti d’un constat : d’une part, le passage de la Préhistoire à l’histoire a été permis grâce au réchauffement postglaciaire. D’autre part, le développement des civilisations historiques a été basé sur la pratique intensive de l’agriculture. Il m’est donc apparu que le facteur climatique devait avoir joué un grand rôle pour expliquer l’essor inégal des différentes régions du monde à l’époque historique. J’ai alors dressé une carte des civilisations du monde étant apparues de façon autonome, afin de vérifier si un dénominateur commun d’origine climatique pouvait les relier. Certaines se trouvent dans des régions sèches, d’autres dans des régions humides. Certaines sont dans des contrées froides, d’autres dans des contrées chaudes. Cependant, un détail m’a frappé : tous ces foyers de civilisation furent caractérisés par une très forte variabilité annuelle de précipitations. C’est ce qui m’a amené à mettre en évidence la notion essentielle de « stress climatique », qui pousse aux innovations matérielles. Sur une carte, l’adéquation entre le développement des premières civilisations et l’existence d’un fort stress environnemental est remarquable. Par la suite, j’ai pu constater que la « culture d’innovation » acquise se transmettait de proche en proche, permettant à de nouvelles civilisations, au contact des précédentes, d’émerger. Là encore, il m’est apparu que le climat avait joué un grand rôle dans cette diffusion sélective : elle s’est faite prioritairement dans les régions climatiquement similaires au foyer originel (chaud et sec pour les civilisations du blé, chaud et humide pour les civilisations du riz, etc.)

La suite de l’entretien sur le site des éditions DUNOD

L’AUTEUR

Ingénieur Supaero de formation, docteur en astrophysique, Vincent Boqueho est agrégé de sciences physiques et enseigne en classes préparatoires au lycée Les Eucalyptus à Nice. Il est auteur de Toute la physique sur un timbre poste (2010) et de La vie, ailleurs? (2011)

Parution : 4 avril 2012
Nb. de pages : 192 p.
ISBN : 978-2100575688
Prix : 18 €

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LE LABYRINTHE DES PYRAMIDES

Philippe Flandrin & Patrick Chapuis
Actes Sud Editions

le-labyrinthe-des-pyramidesSuperbes photographies ! Reconstitutions plus qu’intéressantes. L’on sort du simple descriptif pour entrer dans l’imagination.

PRESENTATION

Au IIIe millénaire, une avancée technologique majeure, le passage de l’architecture en brique à l’architecture en pierre de taille, et l’unification du pays sous l’égide de la double monarchie de Haute et de Basse-Egypte créent les conditions d’une révolution culturelle, sociale et politique, dont le symbole et l’expression sont les pyramides de l’Ancien Empire. L’Egypte bâtit alors la civilisation qu’elle léguera au monde. Ambition d’un peuple et de son souverain, véritable absolu de la création, la pyramide – tombeau royal – est un grand atelier où s’épanouissent à la fois les arts et les sciences, et dont les réussites permettent une constante évolution des formes et des conceptions. Quatre siècles durant, les pyramides ne cessent d’évoluer : conçues « à degrés » par Djoser et ses successeurs de la IIIe dynastie, elles sont à « face lisse » à partir du règne de Snefrou. Gigantesques sous Kheops et Khephren, ramenées à l’échelle humaine sous Mykérinos, elles abritent, à la fin de l’Ancien Empire, les Textes des Pyramides, le plus ancien corpus sacré de l’histoire de l’humanité. Quarante-cinq siècles après leur construction, les pyramides irritent la curiosité des savants de l’Expédition d’Egypte, au point de les conduire à fonder une science, l’égyptologie. Elles sont ainsi redevenues le grand atelier où, à force de recherches, elles livrent, désormais, leurs mystères au monde. Elles sont enfin un jardin secret dont les portes se referment à l’ère du tourisme de masse et de la défense du patrimoine. C’est dans ce monde souterrain que nous sommes entrés avec Jean-Philippe Lauer, son gardien, il y a vingt-cinq ans. Sur ses murs il était écrit : « Non, ce n’est pas mort que tu es entré ici, c’est vivant que tu t’en es allé ! ».

Une iconographie exceptionnelle

De 1987 à 2009, Philippe Flandrin et Patrick Chapuis ont suivi les travaux et les découvertes des plus grands égyptologues, tels Jean Leclant, Jean-Philippe Lauer et Audran Labrousse, travaillant sur les sites des pyramides d’Egypte. Les auteurs ont effectué neuf campagnes.
Ils ont rassemblé une documentation totalement inédite sur les extérieurs, le mobilier et l’environnement, mais surtout sur les souterrains et l’agencement intérieur de l’ensemble des pyramides de l’Ancien Empire : à Giza, Abousir, Saqqarah et Dahchour, au musée du Caire et au musée Imhotep.

Emission sur France-Info du Jeudi 29 Décembre 2011


LES AUTEURS

Philippe Flandrin, docteur en science politique, est journaliste et écrivain, formé au Centre iconographique de l’Univers des formes, sous la direction d’André Malraux et d’André Parrot. Il a effectué de nombreux reportages sur l’Egypte antique, publiés par Match, Figaro Magazine, GEO, National Geographic France, etc. Il a écrit Saqqarah une vie. Entretiens avec Jean-Philippe Lauer (Rivages 1988-1989-1992) et Le Roman vrai des pyramides (Rocher 2000).

Patrick Chapuis, diplômé des Arts décoratifs de Paris, est photojournaliste. Photographe officiel du musée du Louvre et de la mission française du Bubasteion à Saqqarah, il a réalisé de nombreux reportages sur l’Egypte antique, également publiés dans la presse nationale. Il est le photographe des Tombeaux retrouvés de Saqqarah avec Alain Zivie (Le Rocher 2003).

Parution : 16 novembre 2011
Nb. de pages : 220 p.
180 illustrations quadri
ouvrage cartonné
ISBN : 978-2330001254
Prix : 42.6 €

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DROGUES STORE

Arnaud Aubron
Editions Don Quichotte

drogues_store_01Sous-titré « dictionnaire rock, historique et politique des drogues », Drogues Store, dictionnaire rock, historique et politique dresse un tableau complet de la planète drogues.
Une lecture qui amène à réfléchir. Le sujet étant trop important pour lire ce livre sans prendre un certain recul des partis pris de l’auteur.

PRESENTATION

« Un monde sans drogue n’existe pas. »

Qui sait que la noix de muscade est un hallucinogène puissant ? Que les services secrets américains ont trempé dans le deal d’héroïne pour financer leur guerre secrète au Vietnam ? Que Steve Jobs fut un grand amateur de pétards et d’acide ? Que l’Etat français a vendu de l’opium dans ses colonies pendant des décennies ? Que certains Indiens se shootent à la morsure de serpent ?
Cannabis, alcool, cocaïne, caféine, tranquillisants… les drogues font partie de notre quotidien, qu’il s’agisse de nous divertir, de nous abrutir ou de nous guérir. Pourtant, notre connaissance en la matière est proche du néant. La drogue reste un tabou et le silence qui entoure sa consommation encourage clichés et préjugés.
Qu’est-ce qu’une drogue ? Qu’est-ce qui différencie une drogue illicite d’une drogue licite ? Pourquoi se drogue-t-on ? Autant de questions auxquelles s’attaque sans angélisme ni catastrophisme ce dictionnaire à la fois drôle et érudit, mêlant petites et grandes histoires.
De A comme Abstinence à Z comme Zoo, en passant par Boeing d’Air Cocaïne, Guerres de l’opium, Salles de shoot ou Poppers ou, plus surprenant, Urine, Cucaracha, Herbe du pendu, Mitterrand, Deux feuilles, Café, Pécho… ce dictionnaire rock, historique et politique dresse un tableau complet de la planète drogues, aussi bien sous son aspect historique que scientifique, politique ou philosophique. Après quarante ans d’une guerre mondiale à la drogue qui n’a empêché ni l’envol de la consommation ni la prospérité des mafias, des questions se posent au plus haut niveau.
Faut-il considérer les consommateurs de drogues illicites comme des délinquants ? Les enfermer ? Ou les traiter comme des malades que la société doit protéger d’eux-mêmes ? Partout dans le monde, le débat fait rage, dépassant les clivages politiques traditionnels.

LU DANS LA PRESSE

La collection dicoRock offre une plongée dans un univers singulier. Drôles, déjantés, et très documentés, les dicoRock mêlent petites et grandes sagas, toutes conçues comme un court essai à part entière. Instructifs et distrayants, ces dictionnaires se lisent comme des romans.
(RBH23)

Il fallait y penser. La drogue occupe un champs tellement vaste au plan social, historique et culturel qu’elle méritait bien son dictionnaire. C’est fait avec Arnaud Aubron qui a procédé à un véritable travail de recherche pour constituer son ouvrage qui en sera un de référence à coup sûr.
(Sylvain Champagne - www.culturehebdo.com)

Arnaud Aubron a choisi d’en parler de manière à la fois drôle et érudite (…) Un ouvrage très rigoureux, qui se joue des frontières géographiques et temporelles, mais aussi très surprenant, au fil des nombreuses anecdotes.
(Martine Freneuil - Le Quotidien du Médecin)

Richement documenté et s’appuyant sur de nombreux ouvrages de référence sur le sujet, le livre présente plus d’une centaine d’entrées aussi diverses que variées (…)
Complété par une sélection des plus belles citations de politiques et journalistes sur le sujet, cet ouvrage stupéfiant explique pourquoi les drogues constituent un indicateur sociétal majeur.
(Olivier Simon - www.myboox.fr)

Pari étonnant mais pari réussi : concevoir une enquête journalistique sur les drogues (…) Arnaud Aubron s’est penché sur cette problématique pour éclairer, avec le pas de côté qui fait la différence, les ressorts de nos sociétés.
(Luc Bronner - Le Monde)

Avec ce dico rock, il fait état de A à Z d’un paysage de la drogue, de son histoire, sa consommation, son commerce, à la délinquance et la science, très détaillé, surprenant, insolite et souvent en contradiction avec les rumeurs, les aprioris, les ignorances.
Sans doute pas exhaustif, l’ouvrage n’en est pas moins réellement encyclopédique tant il recèle d’informations. On parlera vite à son égard de référence en la matière.
(Luc Monge - La Savoie)

EXTRAIT

ABSTINENCE

« Toutes choses égales, ceux qui savent manger sont comparativement de dix ans plus jeunes que ceux à qui cette science est étrangère. Les peintres et les sculpteurs sont bien pénétrés de cette vérité, car jamais ils ne représentent ceux qui font abstinence par choix ou par devoir, comme les avares et les anachorètes, sans leur donner la pâleur de la maladie, la maigreur de la misère et les rides de la décrépitude. » Ce jugement du célèbre gastronome français Brillat-Savarin, dans sa Physiologie du goût (1825), résume aujourd’hui encore assez fidèlement le regard que porte la société sur l’abstinence. Et ce, qu’il s’agisse de nourriture, de sexe ou de substances psychotropes.
Contrairement à ce que pensent la plupart des consommateurs de drogues (qu’elles soient légales ou non), il existe en effet sur terre quelques humains ne connaissant jamais d’états de conscience modifiée. Une catégorie extrêmement minoritaire, les seuls buveurs d’alcool suffisant à faire lourdement pencher la balance, sans même parler des consommateurs de café, de cannabis ou d’antidépresseurs. Quoi qu’il en soit, pour un amateur moyen d’ivresses plus ou moins occasionnelles, l’idée que l’on puisse ne jamais connaître cette sensation est une forme d’aberration. A tel point que les abstinents, notamment pour l’alcool, se retrouvent régulièrement obligés de justifier longuement et péniblement leur refus de se «joindre à la fête» («Tu peux quand même bien en boire un petit ! Ça fait pas de mal…»). À l’arrivée, c’est l’étiquette de rabat-joie assurée, à moins de présenter un certificat médical. Subissant la pression du groupe, certains vont jusqu’à faire semblant de boire pour ne pas avoir à s’expliquer. Dans nos sociétés, abstinents et consommateurs de drogues illicites sont ainsi paradoxalement l’objet d’une même méfiance de la part de ceux qui se considèrent comme «normaux» (comprendre «buveurs d’alcool»). Dans d’autres milieux, il peut parfois être délicat de refuser de tirer sur un joint ou de prendre un rail sans passer pour un has been.
D’un point de vue thérapeutique, l’abstinence fut longtemps l’unique objectif des alcoologues et des intervenants en toxicomanie. Et une condition préalable à toute prise en charge médicale. Une stratégie qui s’avéra fort peu payante : les taux de rémission dans les centres de sevrage étaient extrêmement faibles dans les années 1970 et 1980 et les toxicomanes hésitaient à s’adresser à de telles structures tant qu’ils ne se sentaient pas «prêts à arrêter». Avec pour conséquence une mise à l’écart complète du système de soins. L’apparition de l’épidémie de sida chez les toxicomanes injecteurs a largement contribué à modifier cette approche. Face à l’urgence sanitaire, les pouvoirs publics finirent par accepter, dans les années 1990, de mettre en place des mesures de réduction des risques liés à la toxicomanie. Une véritable révolution copernicienne puisque, pour la première fois, la société acceptait de se pencher sur le cas de ceux qui n’avaient pas abjuré leur «déviance». Traitements de substitution, échanges de seringues ou encore centres dits de bas seuils, où sont accueillis les toxicomanes les plus désinsérés, constituaient autant d’exceptions à la sacro-sainte règle d’abstinence. Avec des résultats spectaculaires en matière de diminution des overdoses et de contamination au VIH ou aux hépatites.

drogues_store_02-arnaud-aubronL’AUTEUR

Après dix ans à Libération, Arnaud Aubron a cofondé, en 2007, avec d’autres anciens de Libé, le site d’informations participatif Rue89, dont il était rédacteur en chef adjoint. Il est aujourd’hui rédacteur en chef aux Inrockuptibles. Il anime parallèlement depuis 2005 le blog Drogues News, traitant aussi bien de géopolitique, de culture que de débats de société.

Parution : 8 mars 2012
Nb. de pages : 400 p.
ISBN : 978-2359490664
Prix : 19,90 €

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LOUIS XI OU LE JOUEUR INQUIET

Amable Sablon du Corail
Belin

louis-xi-ou-le-joueur-inquietJamais, depuis le règne de Philippe Auguste, le domaine royal ne connut une telle extension. Il est temps à présent de monter à cheval et de suivre Louis XI aux quatre coins du royaume, dans son activité forcenée.
Pour les passionnés d’Histoire. Vous y trouverez dans cet ouvrage tout sur le personnage, ce roi qui transforma la monarchie française grâce et via à son Etat en formation.

PRESENTATION

« Chez lui comme chez tous les autres princes que j’ai connus ou servis, j’ai vu du bien et du mal, car ils sont hommes comme nous ; à Dieu seul appartient la perfection ». Comme le relève Amable Sablon du Corail dans son érudit ouvrage Louis XI ou le joueur inquiet, c’est en ces termes que Philippe Commynes qualifiait naguère son maître, dont il avait été l’un des plus proches serviteurs.
Artisan acharné de l’unité territoriale de la France, Louis orienta la monarchie vers l’absolutisme et s’efforça d’unifier l’organisation administrative de l’Etat. De surcroît, il œuvra activement au décollage économique du pays. Redouté, le roi ne fut jamais aimé. Toute son existence, il garda un caractère tourmenté et inquiet.

RESUME

Jamais roi de France n’a été mieux obéi ni aussi craint que Louis XI à la veille de sa mort, en 1483. Le domaine royal s’est agrandi de moitié, aux dépens des grands fiefs et des apanages. Les frontières du royaume ont été repoussées vers le Nord, l’Est et le Sud. Que d’épreuves, cependant, pour en arriver là !
Louis XI dut sa victoire à sa volonté, qui lui permit de triompher de tous et d’abord de lui-même. Loin d’avoir été une machine froide et efficace, au service exclusif de l’état et de la construction de la nation française, Louis XI était un homme anxieux, impatient, dominé par ses passions. Sans la force de l’institution monarchique française, sans la puissance démographique et financière du royaume, les nombreuses fautes politiques qu’il commit à son avènement lui auraient sans doute été fatales.
Après un début de règne calamiteux, les maladresses et l’arrogance de Louis XI suscitèrent contre lui la ligue du Bien Public, formidable coalition qui fit chanceler son trône. Au Bien Public succédèrent les complots princiers, le grand duel avec Charles le Téméraire, les menaces d’invasion anglaise.
En rupture radicale avec l’idéal de « bon gouvernement » de son temps, Louis XI sacrifia tout à sa volonté de puissance, le droit, la justice, et parfois l’honneur. A la suite de ses prédécesseurs, il étouffa tout ce qui pouvait limiter l’absolutisme naissant de la monarchie française. Les succès et les échecs du roi sont à la mesure de sa personnalité exceptionnelle et violemment contrastée. Leur étude contribue à rendre à Louis XI son originalité et son humanité.

TABLE DES MATIERES

L’ENFANCE
LA PRAGUERIE, DIEPPE ET LES SUISSES
LE DAUPHINE
LES PAYS-BAS BOURGUIGNONS
L’AVENEMENT
LOUIS XI, L’EUROPE ET LES PRINCES
LOUIS XI REFORMISTE
LA GUERRE DU BIEN PUBLIC : MONTLHERY
LA GUERRE DU BIEN PUBLIC : LE SIEGE DE PARIS
UN DIFFICILE RELEVEMENT

L’AUTEUR

Amable Sablon du Corail est conservateur du patrimoine au Service historique de la Défense, au château de Vincennes, où il dirige le département de l’innovation technologique et des entrées par voie extraordinaire. Il est diplômé de l’école des chartes et de l’école du patrimoine.

Parution : 20 juin 2011
Nb. de pages : 450 p.
ISBN : 978-2701152455
Prix : 35,50 €

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SUR LA ROUTE DE COLOMB ET MAGELLAN - IDEES REÇUES SUR LES GRANDES DECOUVERTES

Michel Chandeigne et Jean-Paul Duviols
Le Cavalier Bleu

sur-la-route-de-colomb-et-magellanLe Moyen Age est – de fait – souvent associé à un âge concentré de ténèbres, de haine et de barbarie. Un âge où la saleté, la peste, les guerres et la bestialité se disputent la palme. Cette représentation fautive et caricaturale pose deux questions essentielles. L’une et l’autre étant étroitement liées, bien sûr : Pourquoi présente-t-on le moyen âge de cette manière ? Qui écrit l’histoire ?
L’Histoire étant écrite par les vainqueurs, cet ouvrage se propose de revenir sur les mythes historiques.
Une charge contre LA vérité de la corporation des historiens. Et autres généalogies des idées reçues. Passionnant !

PRESENTATION

Longtemps réduites à celle du Nouveau Monde en 1492, les Grandes Découvertes furent beaucoup plus vastes et mobilisèrent non seulement l’Espagne et le  Portugal, mais aussi marins, savants, banquiers et missionnaires de toute l’Europe.
En moins de cent ans, le monde connu se décupla, un océan et un continent furent découverts et, peu ou prou, l’espace fini tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Comme tous les grands événements, les mythes empiétèrent sur les faits. De l’école de Sagres d’Henri le Navigateur au tour du monde de Magellan, de l’œuf de Colomb aux bateaux en feu de Cortès et à la route des Indes de Vasco de Gama…, ce livre recense et analyse les idées reçues les plus répandues sur les Grandes Découvertes.

TABLE DES MATIERES

LES NAVIGATEURS PORTUGAIS, PIONNIERS DES GRANDES DECOUVERTES
“Au Moyen Age, les gens croyaient que la Terre était plate”
“L’école de Sagres fut fondée par Henri le Navigateur”
“Les caravelles sont les navires des découvertes”
CHRISTOPHE COLOMB
“Christophe a découvert l’Amérique”
“Le Nouveau Monde ne porte pas le nom de son découvreur”
“Christophe Colomb est né à Gênes”
A PROPOS DES CONQUETES ESPAGNOLES
“Cortès a brûlé ses vaisseaux”
“La controverse de Valladolid a opposé Juan Ginés de Sepulveda à Bartolomé de Las Casas, défenseurs des Indiens”
“las casas est à l’origine de la traite négrière”
MAGELLAN
“Magellan a réalisé le premier tour du monde”
“Magellan est né à Sabrosa”
“Magellan a proposé son projet au roi du Portugal qui l’a refusé”

LU DANS LA PRESSE

Ce petit livre élégant, relié dans une couverture rigide, est un recueil de surprises pour tous les amateurs d’Histoire… On croit tout connaître (ou presque) sur les Grandes Découvertes et l’on s’aperçoit qu’on a tout faux (ou presque).
Jean-Paul Duviols, professeur émérite à la Sorbonne et spécialiste de l’Amérique latine, s’est associé au bibliophile Michel Chandeigne pour composer ce bijou d’érudition. L’argumentation, fondée sur une bonne connaissance des sources, est servie par une écriture agréable.
Ainsi, Michel Chandeigne et Jean-Paul Duviols observent ce que l’on sait des prédécesseurs de Christophe Colomb, ces navigateurs européens ou asiatiques qui auraient atteint le Nouveau Monde avant lui.
(Lu sur herodote.net)

LA VIDEO


LES AUTEURS


Michel Chandeigne
est éditeur, libraire et conférencier. Il a dirigé, préfacé ou traduit plusieurs livres sur les voyages maritimes portugais et hollandais, dont un Voyage de Magellan qui fait aujourd’hui référence. Il co-dirige la collection « Magellane » qui rassemble et commente les sources sur l’histoire des Grandes Découvertes.

Jean-Paul Duviols
est professeur émérite de l’université de Paris IV-Sorbonne où il occupait une chaire de Littérature et Civilisation de l’Amérique latine. L’histoire des voyages dans le Nouveau Monde est une de ses spécialités.

Parution : 20 octobre 2011
Nombre de pages : 160 p.
ISBN : 978-2846703918
Prix : 14 €

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LES FIGURES DU SIEGE AU QUEBEC. CONCERTATION ET CONFLITS EN CONTEXTE MINORITAIRE.

SIMON HAREL et ISABELLE ST-AMAND
Les Presses de L’Université Laval

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Du conflit armé à la barricade symbolique, les modalités du siège sont diverses : en font foi les célébrations du 500e anniversaire des Amériques, la crise d’Oka, les audiences publiques de la Commission Bouchard-Taylor, les manifestations numériques dans les jeux vidéos massivement multijoueurs, ainsi que la figuration de l’isolement et de la précarité dans la poésie et la littérature (Émile Ollivier, Milton Acorn, Victor Lévy Beaulieu).
A partir de différents domaines disciplinaires (des sciences politiques aux études littéraires), les collaborateurs interrogent les tensions à l’œuvre entre marginalité et centralité, concertation et dissension, liberté et contrainte, droit d’asile et exil.
A l’encontre des discours convenus sur les flux de la postmodernité et la déterritorialisation, nous mettons ici l’accent sur les usages du pouvoir dans l’espace.
De diverses manières, la représentation du conflit et de la concertation mise en jeu lors du siège contribue à mieux cerner les modes de relation et de symbolisation qui se construisent au sein d’espaces contraints.

COLLABORATEURS

Denis Bilodeau, Maude Bonenfant, Sandra Breux, Jenny Burman, Amaryll Chanady, Claudine Cyr, Caroline Desbiens, Simon Harel, René Lapierre, Hugo Loiseau, Arianne Loranger-Saindon, Pierre Ouellet, Alena Prochazka, Roxanne Rimstead, Christian Saint-Germain, Isabelle St-Amand.

EXTRAIT

Introduction
Les discours sur le pluralisme qui mettent en relief l’altérité comme forme d’ouverture à la différence ne prennent pas suffisamment en compte la question du conflit qui est à l’oeuvre dans les groupes et les cultures minoritaires. Ayant un sens aigu de la présence de l’autre, dominant, auquel ils sont confrontés en tout temps – et qui d’ailleurs bien souvent ne les voit pas –, ces derniers ont tendance à craindre qu’une ouverture qui ferait abstraction des inégalités n’ait pour effet de favoriser une assimilation et un effacement de leur caractère distinct. L’inclusion peut alors être ressentie comme un défaut de reconnaissance, une incitation implicite à se conformer à un espace dominant qui s’impose comme allant de soi. Dans leur acharnement à poser leur existence dans un espace, à énoncer leur différence et à clarifier les rapports de force, beaucoup de communautés et de nations dominées ou minorisées finissent par se caractériser par ce que François Paré appelle une « mentalité d’assiégés ». En effet, ces dernières sont animées par une volonté de contrer l’aliénation et d’assurer une survie culturelle dans le même temps qu’elles sont freinées par une tendance au conservatisme et à la préservation à outrance des structures de l’ordre. Le défi consiste alors à imaginer des façons de délimiter un espace propre sans se figer dans le passé, de s’ouvrir à l’altérité sans nécessairement se fondre dans l’espace dominant, bref, de trouver des moyens de se transformer de façon culturellement productrice. Si cette mentalité d’assiégés se retrouve dans les petites sociétés qui tentent d’aménager un espace où elles peuvent s’actualiser, elle apparaît aussi sous d’autres formes dans les sociétés majoritaires qui, par un étrange renversement, se mettent parfois à vouloir écarter une minorité qu’elles se représentent tel un ennemi menaçant.
(…)
Plus récemment, la représentation médiatique des audiences publiques de la commission Bouchard-Taylor a renforcé la perception selon laquelle la culture québécoise dominante serait menacée et en état de crise. Dans un article inspiré de ce constat, Jenny Burman cherche à déterminer si des solidarités politiques (et parfois religieuses) transnationales peuvent cohabiter avec la volonté d’établir un ensemble de valeurs laïques nationales. Pour ce faire, elle compare deux modèles de société laïque nationale au Québec : l’un issu d’un mouvement littéraire et militant des années soixante postduplessistes, l’autre caractérisé par un sécularisme qui s’est manifesté pendant les audiences publiques de la commission Bouchard-Taylor. En faisant valoir que la volonté de collaboration et de coalition propre au radicalisme des années soixante pourrait être mis à profit pour concevoir la diversité culturelle au Québec aujourd’hui, Jenny Burman incite à porter attention aux différentes formes de concertation qui animent les projets de société. Adoptant une perspective continentale, Claudine Cyr examine de quelle façon les manifestations de célébration et de protestation entourant la parade du Colombus Day tenue à Denver, aux États-Unis, à l’occasion du 500e anniversaire des Amériques, rendent explicite une tension génératrice d’identités et d’altérités diverses au cœur de l’expérience américaine, en plus de participer à la fois de cette tension. En se basant sur le scénario d’une découverte de l’Amérique, elle examine la négociation des identités culturelles dans l’espace public américain, ce qui l’amène à interroger les limites du multiculturalisme.

TABLE DES MATIERES

Introduction / Identités multiples, identités assiégées : un point de vue critique sur la contingence / Simon Harel et Isabelle St-Amand
Chapitre 1 / De la dimension territoriale à la dimension politique : les figures du siège / Sandra Breux et Hugo Loiseau
Chapitre 2 / Territoire partagé, territoire contesté : la Côte-Nord en période de revendications territoriales autochtones / Arianne Loranger-Saindon
Chapitre 3 / Du wampum aux barricades : géographies du siège et espaces de réconciliation au Québec / Caroline Desbiens
Chapitre 4 / Actes identitaires : expressions radicales et réactionnaires de l’identité culturelle laïque dans la société québécoise / Jenny Burman
Chapitre 5 / Les défilés populaires du Columbus Day ou la négociation des identités culturelles dans l’espace public américain / Claudine Cyr
Chapitre 6 / Le siège dans l’espace numérique :le cas des joueurs experts face aux compagnies de jeux vidéo / Maude Bonenfant
Chapitre 7 / Lévinas l’obsidional / Christian Saint-Germain
Chapitre 8 / Frontières, limites et interstices : l’espace architectural comme projet de négociation / Denis Bilodeau et Alena Prochazka
Chapitre 9 / De l’ambassade au bunker : quelques réflexions sur l’architecture-forteresse de la présence diplomatique américaine à Ottawa / Simon Harel
Chapitre 10 / Voix, résistance et négativité : théorie des corps / René Lapierre
Chapitre 11 / La caméra sur les lieux du siège : la crise d’Oka dans le film documentaire Okanada / Isabelle St-Amand
Chapitre 12 / États de siège dans la poésie urbaine d’en bas : voisins pauvres et communautés connaissables / Roxanne Rimstead
Chapitre 13 / Pratiques d’espace minoritaires : entre conflits territoriaux et rencontre de l’autre / Amaryll Chanady
Chapitre 14 / Le siège de l’homme, le piège de la langue : ethnolinguistique de la grande tribu / Pierre Ouellet

LES AUTEURS

Lauréat du prix Trudeau (2009-2012), Simon Harel est membre de la Société royale du Canada. Son ouvrage Voleur de parcours (1989, réédité en 1999) est reconnu comme l’un des livres les plus significatifs dans le champ des études culturelles au Québec. Auteur et directeur de publication, il s’est intéressé aux problématiques interculturelles, à la place de l’étranger dans la société, à la précarité de nos espaces de vie. Conscient de l’insuffisance de certains discours critiques (sur l’hybridité, le métissage, l’identité à la carte), il se donne à présent l’objectif de cerner les formes instables, souvent conflictuelles, de la mobilité culturelle.

Doctorante au Département d’études littéraires à l’UQAM, Isabelle St-Amand a reçu une bourse d’études supérieures du Canada pour la réalisation d’une thèse sur la crise d’Oka sur les lieux du siège, dans les films documentaires et dans les récits littéraires autochtones et allochtones au Canada et au Québec. Elle a publié des articles sur la littérature et le théâtre autochtones dans les revues Études en littérature canadienne (2010) et Recherches amérindiennes au Québec (2009) ainsi que dans l’ouvrage collectif Littératures autochtones (2010). Dans une démarche de recherche collaborative, elle a coorganisé des événements scientifiques et culturels rassemblant chercheurs, écrivains, cinéastes et artistes autochtones du Québec et d’ailleurs dans les Amériques, dont trois éditions du colloque international sur le cinéma autochtone « R egards autochtones sur les Amériques », qui s’est tenu lors du festival Présence autochtone à Montréal (2009, 2010 et 2011).

Parution : février 2012
Nb. de pages : 318 p.
ISBN : 978-2-7637-9548-5
Prix : 35 $ CA

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CINQUECENTO 2 - LE CHANCELIER DE SAN MARCO 1514-1524

Pierre LEGRAND et Claudine CAMBIER
Editions de l’Astronome

cinquecento-2Un roman historique aux Editions de l’Astronome. Un cycle que les passionnés du genre vont apprécier. Ce fut notre cas !

PRESENTATION

Rigoureusement documenté, soutenu par un souffle romanesque passionnant, l’ouvrage entraîne le lecteur dans la Venise du début du XVIe siècle. Après les Fortins de Venise, 2e roman dans le cycle Cinquecento.

RESUME

Venise, mai 1514. Les épousailles du Grand Chancelier Nicolò Aurelio et de la belle Laura Bagarotto, cette noble padouane au passé tourmenté, sont imminentes. Mais les doutes qui pèsent sur la mort du peintre Scarfati, ancien complice de Laura, viennent jeter le trouble entre les futurs époux.
Le Grand Chancelier de la République de Venise, homme secret au pouvoir occulte, réussira-t-il à vivre jusqu’au bout sa passion pour la belle Laura ?
Les deux personnages centraux des FORTINS DE VENISE poursuivent leur destin dans la Venise du XVIe siècle, où l’on assiste à l’avènement des nouveaux maîtres de l’Europe : François Ier et Charles-Quint. La République Sérénissime recueille les fruits de la victoire de Marignan et sort des guerres de la ligue de Cambrai, affaiblie mais libre.
Titien fait éclater son génie et devient célèbre ; la Réforme se dessine en Allemagne ; Magellan entreprend le premier voyage autour du monde ; Andrea Gritti est porté au trône de Doge ; on élit un nouveau Pape : le monde change.
En 1524, Nicolò Aurelio a un nouveau rendez-vous avec son histoire…

EXTRAIT

PROLOGUE
Bruxelles, décembre 2007
Claire et moi nous sommes penchés sur le gouffre du temps, attirés par le vertige du passé. Ce que nous distinguons dans le fond, ce sont les remous toujours fumants des passions éternelles qui consumaient aussi, dans la Venise de 1514, Laura et Nicolò.
Laura, la belle courtisane, avait inspiré les peintres de son temps, ensorcelé le Grand Chancelier Nicolò Aurelio, et reconquis son statut de noble dame avec l’aide de son amour d’enfance, le peintre Paolo Scarfati.
Peu à peu, cédant aux pressions sociales, elle avait décidé d’écouter Nicolò Aurelio quand celui-ci lui parlait de sa passion. Elle avait succombé à son charme redoutable et s’apprêtait à épouser cet homme secret qui vivait à l’ombre du pouvoir et n’avait parfois qu’à tendre la main pour s’en saisir.
Ce que le Grand Chancelier ne savait pas, c’est que Laura avait rompu avec Scarfati et que celui-ci se préparait à partir pour Rome.
Ce que savait le Grand Chancelier, c’est que Scarfati le comploteur était un ennemi sournois de la République ; il voyait en lui un rival toujours présent, un talent qui risquait de supplanter Titien, son protégé, étoile montante de la peinture à Venise.
Aussi, quand passa à sa portée le jeune Strozzi, avec son exécrable réputation de tête brûlée et de joueur de couteau, Aurelio n’hésita pas une seconde. L’accident s’était passé en plein jour au milieu de la foule amassée sur la Piazzetta. Et Scarfati était mort. Ce n’était même pas un coup du sort : tout le monde s’attendait à ce que ce Strozzi fasse un jour un malheur.
Ce siècle d’intelligence, de beauté et de conquêtes était aussi un siècle de fer et de sang. Seuls les fauves n’y vivaient pas dépendants ou victimes. Mais parfois, ils se dévoraient entre eux.
- Après tout, le chasseur de mammouth avait seulement appris à manger plus proprement que son ancêtre, me fait remarquer Claire.
Claire, c’est ma femme. Je parcours plus vite qu’elle les liasses de documents que nous ont fournies les archives. Mon esprit fouineur et jamais en repos scrute, trie, souligne, aligne les dates. Mais Claire voit au travers de tout cela. Lorsque tous deux nous nous penchons sur le puits sans fond du passé, des brouillards puissants s’emparent de nos esprits et de nos sens, et nous retrouvons, cachées parmi les sédiments accumulés par le temps, les images fraîches, les chairs palpitantes, les passions intactes des personnages qui ont vu de leurs yeux les splendeurs oubliées de la Cité des Doges.

Le cycle Cinquecento (romans historiques de Pierre Legrand et Claudine Cambier) :
- Les Fortins de Venise - Cinquecento 1 - 1509-1514
- Le Chancelier de San Marco - Cinquecento 2 - 1514-1524
- La Signora de Limena - Cinquecento 3 - 1524-1531
- Le brûlot de Clissa - Cinquecento 4 - 1531-1533
- Le captif de Raguse - Cinquecento 5 - 1532-1534
- Le complot de San Donato - Cinquecento 6 - 1534-1542

LES AUTEUR
S

Ingénieur chimiste, docteur ès sciences physiques, Pierre Legrand fait carrière à Bruxelles, au siège européen d’une multinationale américaine. Directeur marketing et technique, il a aussi représenté l’industrie chimique auprès de la Commission Européenne. Passionné d’histoire et de littérature, il est doté d’un goût pour l’analyse et l’investigation scientifique, historique et bibliographique, et possède un grand talent d’imagination. Il assure le scénario.

Après un cycle d’études classiques, Claudine Cambier est licenciée en lettres romanes, agrégée, professeur de lettres et d’histoire dans l’enseignement belge. Passionnée d’art, d’histoire et de littérature, avec un goût certain pour la création au sens large, ses talents artistiques s’expriment principalement en sculpture (terre, bois, métal, bronze), et en tout domaine où peuvent se retrouver l’invention et la recherche du beau. Elle assure l’écriture.

Parution : 20 avril 2010
Nb. de pages : 403 p.
ISBN : 978-2916147444
Prix : 23 €

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LES CATHOLIQUES BELGES ET LA FRANC-MAÇONNERIE

Hervé Hasquin
Avant Propos

les-catholiques-belges-et-la-franc-maconnerieComme l’ouvrage est sous-titré, De la « rigidité Ratzinger » à la transgression ?, on se doute bien qu’il sera aussi question de l’actuel pape, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui, la veille de l’entrée en vigueur du nouveau Code canon en 1983 éclairait l’article 1734 pour rappeler que le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques n’avait pas changé.
Pour en venir à ces dernières années, Hasquin évoque des rapprochements ou tout au moins des dialogues entre catholiques et Francs-Maçons et n’ignore pas non plus certaines « affaires » ou un certain antimaçonnisme non catholique.

PRESENTATION

Pourquoi une telle virulence et cet antagonisme entre catholiques et francs-maçons ? C’est ce que nous nous proposons de comprendre en resituant cette opposition dans le contexte très particulier de l’histoire politique et philosophique du pays du XIXe siècle à nos jours. Vatican II (1965) a constitué une évolution importante dans l’histoire doctrinale de l’Église. Mais si le Code de droit canon de 1983 supprime la peine d’excommunication, l’incompatibilité de l’appartenance d’un catholique à la Franc-maçonnerie demeure. Profitant de l’accalmie des turbulences, des maçons et des catholiques belges instaurèrent des dialogues fructueux, mais ceux-ci ont montré leurs limites. Le cardinal Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI, est l’homme-clef du débat depuis 1980. Il a contribué à rigidifier l’attitude de l’Église. Le divorce doctrinal est réel. Le véritable dialogue ne peut s’opérer entre individus qu’à la condition qu’ils portent en eux la capacité de transgresser.

Préface d’Eddy Caekelberghs et d’Eric de Beukelaer.

TABLE DES MATIERES

Une franc-maçonnerie « belge » de souche catholique.
Des révolutions à l’indépendance (1789-1830).
De la rupture catholique à la singularisation (1837-1872).
Des comploteurs (1884-1944).
Apaisement et méprise (1934-1944).

L’AUTEUR

Hervé Hasquin est Docteur en Philosophie et Lettres de l’Université libre de Bruxelles. Il y enseignera l’histoire durant de nombreuses années non sans y avoir exercé les fonctions de recteur de 1982 à 1986 et celle de président du conseil d’administration de 1986 à 1995. Homme politique, il fut notamment Ministre-Président de la Communauté française de Belgique et présida aux destinées du Centre Jean Gol. Ancien président du conseil d’administration du Centre pour l’Égalité des Chances, il a été élu en 2007 Secrétaire perpétuel de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. Hervé Hasquin est également chevalier de la Légion d’honneur. Il est l’auteur de très nombreuses publications.

Parution : 17 février 2012
Nb. de pages : 272 p.
ISBN : 978-2930627182
Prix : 18,30 €

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FRANCE’S NEWS DEAL. FROM THE THIRTIES TO THE POSTWAR ERA

Philip Nord
Princeton University Press

frances-news-dealUne vision anglo-saxonne, et donc libérale, de l’histoire française. Oublié Colbert et la tradition centraliste pluri-centenaire française. Ouvrage tout de même intéressant à lire pour voir l’histoire de la France moderne d’un œil autre que franco-français.

DESCRIPTION

France’s New Deal is an in-depth and important look at the remaking of the French state after World War II, a time when the nation was endowed with brand-new institutions for managing its economy and culture. Yet, as Philip Nord reveals, the significant process of state rebuilding did not begin at the Liberation. Rather, it got started earlier, in the waning years of the Third Republic and under the Vichy regime. Tracking the nation’s evolution from the 1930s through the postwar years, Nord describes how a variety of political actors–socialists, Christian democrats, technocrats, and Gaullists–had a hand in the construction of modern France.
Nord examines the French development of economic planning and a cradle-to-grave social security system; and he explores the nationalization of radio, the creation of a national cinema, and the funding of regional theaters. Nord shows that many of the policymakers of the Liberation era had also served under the Vichy regime, and that a number of postwar institutions and policies were actually holdovers from the Vichy era–minus the authoritarianism and racism of those years. From this perspective, the French state after the war was neither entirely new nor purely social-democratic in inspiration. The state’s complex political pedigree appealed to a range of constituencies and made possible the building of a wide base of support that remained in place for decades to come.
A nuanced perspective on the French state’s postwar origins, France’s New Deal chronicles how one modern nation came into being.

REVIEWS

“[S]uperb. . . . [An] unparalleled contribution to the history of the state and society in France.”
Paul V. Dutton, American Historical Review

“Nord offers a magisterial, highly nuanced account of the dramatic remaking of the French nation after the crushing defeat of 1940 and the empty years of occupation by the Nazis.”
Choice

“[V]ery wide-ranging and informed. . . . This is a very thought-provoking work, which will be a point of reference for the discussion of French modernization in the future; it is also very well written even though it deals with daunting technical issues and is a work of primary research. It is rare to find such reader-friendly work at such a demanding level.”
David S. Bell, European Legacy

“Most of the time, reading a work on controversial eras of French history–and especially the Vichy regime–imparts a teeter-totter effect, as the historian seesaws between contrasting sides. Philip Nord, instead, quietly presents a convincing analysis that integrates and harmonizes the opposing sides without disservice to truth. . . . On the author’s insightful telling, what was new on the modern French scene was the presence, and concerted action, of Christians committed to democracy, some of them engaged as organized partisans, others as unaffiliated individuals. The emergent model–what Nord calls ‘France’s “new deal”‘–was a thoroughly French version of the activist state: modern and modernizing in economic life, yet allergic to liberal laissez-faire individualism.”
Steve Englund, Commonweal

ENDORSEMENTS

“Authoritative, subtle, and persuasive, this book is a major advance in conceptualizing the transformation of the French state in the mid-twentieth century. It will supersede any current literature on the subject.”
Richard F. Kuisel, Georgetown University

“In this splendid book, Nord takes a big topic, and addresses it with infectious enthusiasm, rigor, and humor. Nobody else knows as much about the interconnections between the lives and careers of the midcentury elite of French administrators, experts, and intellectuals, who from the 1930s to 1950s, emerged as the ruling class of the reshaped French state.”
Martin Conway, University of Oxford

TABLE OF CONTENTS

Acknowledgments ix
List of Abbreviations xi
INTRODUCTION. Postwar Stories 1
Part I. THE FRENCH MODEL 17
CHAPTER 1. The Crisis of the Thirties 25
CHAPTER 2. The War Years 88
CHAPTER 3. The Liberation Moment 145
Part II. A CULTURE OF QUALITY 215
CHAPTER 4. Art and Commerce in the Interwar Decades 221
CHAPTER 5. Culture in Wartime 254
CHAPTER 6. The Culture State 311
Conclusion 360
Notes 385
Index 435

AUTHOR

Philip Nord is the Rosengarten Professor of Modern and Contemporary History at Princeton University. His books include Paris Shopkeepers and the Politics of Resentment (Princeton), The Republican Moment: Struggles for Democracy in Nineteenth-Century France, and Impressionists and Politics: Art and Democracy in the Nineteenth Century.

September 2012
480 pp.
6 x 9
ISBN: 9780691156118
Price: $29.95 / £19.95

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BELGIQUE-BELGIË. UN ETAT, DEUX MEMOIRES COLLECTIVES ?

Sous la direction d’Olivier Luminet
Mardaga

belgique-belgieUne Histoire belge ? Non des histoires wallonnes et flamandes ! Un ouvrage d’actualité.

PRESENTATION

Ces derniers temps, l’entité « Belgique » a régulièrement été remise en question dans la presse tant belge qu’internationale. L’incapacité des différents partis élus à former un gouvernement pendant près de deux ans, l’impasse des négociations et surtout l’apparente impossibilité des ses deux principales communautés linguistiques – Flamands et francophones – à trouver un terrain d’entente ont soulevé de nombreuses questions, dont celle de la scission du pays. Les non initiés ont découvert des mots barbares comme « BHV », « facilités linguistiques » et autres « transferts communautaires » (qui trouveront leur explication dans ce livre !).
Comment en est-on arrivé là ? Comment expliquer ces désaccords profonds et apparemment inconciliables ? C’est comme si Flamands et francophones formaient deux entités séparées qui n’auraient jamais connu une histoire commune et partagée. Dans cet ouvrage, des experts se penchent sur la question. Ils sont politologue, historien, critique littéraire ou encore psychologue (clinique, social ou cognitif). Cette interdisciplinarité est l’originalité et la force de leur démarche. Tous ensemble, ils apportent un regard à la fois scientifique et dépassionné sur les troubles qui agitent ce petit pays. Leur postulat est que la mémoire collective est au fondement à la fois de l’identité collective et de l’action collective. Chacun, à sa manière, nous explique les mécanismes qui ont amené Flamands et francophones à développer une mémoire collective distincte.

Deux préfaces complètent le livre : l’une de Marc Reynebeau, journaliste et historien flamand, l’autre de Xavier Mabille, francophone, ancien directeur du Crisp (Centre de recherche et d’information socio-politiques).

TABLE DES MATIERES

Chapitre 1
Les rapports entre la mémoire collective et l’érosion des états-nations : le cas exemplaire de la Belgique.
Olivier Luminet, Laurent Licata, Olivier Klein, Valérie Rosoux, Susann Heenen-Wolff, Laurence van Yperseel et Charles B. Stone.

Chapitre 2
Le Collabo et l’Assisté : stéréotypes et mémoires collectives liés au conflit
linguistique belge.
Olivier Klein, Laurent Licata, Nicolas Van der Linden, Aurélie Mercy et Olivier Luminet.

Chapitre 3
Le passé national belge : entre commémoration et silence.
Valérie Rosoux et Laurence van Ypersele.

Chapitre 4
Le souvenir comme parricide.
L’univers commémoratif de la Flandre, produit et producteur de l’histoire belge
Marnix Beyen.

Chapitre 5
Le conflit belge en interviews de fond : la structure traumatique psychodynamique
dans l’histoire belge.
Susann Heenen-Wolff, Anne Verougstraete et Ariane Bazan.

Chapitre 6
Identité et fiction : la prose flamande après 1970.
Elke Brems

Chapitre 7
Perspectives psychologiques sur la mémoire collective et l’identité nationale :
le cas de la Belgique.
William Hirst et Ioana Apetroia Fineberg

LES AUTEURS

L’ouvrage est dirigé par Olivier Luminet, spécialiste des émotions et de la mémoire, et professeur à l’Université catholique de Louvain et à l’Université libre de Bruxelles en Belgique.
Il comporte des contributions d’auteurs tant néerlandophones que francophones.
Marc Reynebeau est journaliste et historien flamand. Xavier Mabille, francophone, est président du CRISP (Centre de recherche et d’information socio-politiques).
Son chapitre de conclusion est écrit par William Hirst, grand spécialiste américain de la mémoire collective, notamment de ses rapports avec l’identité nationale.

Parution : 8 mars 2012
Format : Broché
Nombre de pages : 192 p.
ISBN : 978-2804700980
Prix : 24,23 €

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HOMMES ET FEMMES DE LA RENAISSANCE. LES INVENTEURS DU MONDE MODERNE.

Robert Charles Davis & Elizabeth Lindsmith
Flammarion

hommes-et-femmes-de-la-renaissanceVéritable immersion dans l’une des périodes de l’histoire les plus créatives, cet ouvrage explore la Renaissance de l’intérieur, à travers cent portraits d’hommes et de femmes qui ont vécu et donné vie à deux siècles de questionnements, d’échanges et de découvertes.

RESUME

Panorama de l’effervescence intellectuelle, religieuse, scientifique, artistique et économique en Occident aux XVe et XVIe siècle à travers une centaine de portraits : Christine de Pizan, Bernardin de Sienne, Luca della Robbia, Frédéric de Montefeltre, Mehmet II, Alde Manuce, Christophe Colomb, Thomas More, Palladio, Isabelle Andreini, etc.

PRESENTATION

Cinq siècles après avoir illuminé le paysage culturel de l’Europe, la Renaissance continue d’apparaître comme le printemps de la modernité. Les inventions de Léonard de Vinci, les chefs-d’oeuvre de Michel-Ange, les écrits savants d’Erasme et les découvertes de Copernic ont fait de cette période l’une des plus créatives de l’histoire. En réalité, tout comme les hommes qui en furent les acteurs, elle eut aussi un côté obscur. Un an après La Naissance de Vénus de Botticelli, deux prêtres allemands, Henry Institoris et Jacques Sprenger, publiaient le premier manuel complet de chasse aux sorcières.
Cet ouvrage explore les différentes facettes de la Renaissance à travers cent portraits d’hommes et de femmes qui ont vécu et donné vie à deux siècles de questionnements, d’échanges et de découvertes. Artistes et scientifiques, princes et penseurs, mais aussi marchands, courtisans, imprimeurs et religieux, tous ont participé au bouleversement du monde qui s’est opéré alors.

robert-charles-davisL’AUTEUR

Spécialiste de l’Italie de la Renaissance, Robert Charles Davis est professeur d’histoire à l’université de Columbus (Ohio). Il poursuit actuellement ses recherches sur l’esclavage en Méditerranée.

Robert Davis is a professor of Italian Renaissance and pre-modern Mediterranean history at Ohio State University. He studies Naples, Rome, Palermo, Venice, the Vatican, and Perugia, and mostly works on the lives of ordinary people and the values they cherished. His subjects have ranged from shipbuilders, bull fighters, and amateur boxers in Venice to the corsairs who terrorized the Mediterranean everywhere else. He has also recently co-authored a study of Venice, as the world’s most touristed city, and after reading this, no one can ever look at Romantic Venice in quite the same way. He has been in a number of television documentaries, on shipbuilding, Carnival, and the Mediterranean slave trade.

Parution : 5 octobre 2011
Format: Broché
Nb de pages : 336 p.
ISBN : 978-2081261402
Prix : 35 €

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LE CHIFFRE DES SŒURS

Antoine Piazza
Rouergue

le-chiffre-des-soeursUn siècle de la vie d’une famille au travers l’histoire personnelle de l’auteur. Un portrait de la France. Secrets, petits scandales et bons mots d’enfant : voici la geste d’une famille française, aux portraits nombreux et truculents. Une transfiguration romanesque dans laquelle l’on s’identifie.

PRESENTATION

Le chiffre, ce sont les initiales que la grand-mère de l’auteur brodait sur le linge de ses enfants, au début du dernier siècle… Annabelle, l’aînée de la fratrie, tient salon à Maillac, petite ville industrielle où l’on joue au rugby depuis toujours, au golf depuis peu, et dont l’auteur nous raconte la prospérité d’après-guerre, puis la chute, à l’orée des années quatre-vingt. Ses soeurs sont devenues infirmière, religieuse, professeur de piano et forment avec elle le quatuor haut en couleur de cette chronique familiale… Cousins ruinés et gendres scélérats, photographies du maréchal Pétain oubliées dans un grenier et médailles pour faits de Résistance, départs en autocar pour l’Espagne et croisières dans le Grand Nord… En dressant avec minutie le portrait des siens, l’auteur dépasse la geste familiale de Français pris tour à tour dans les turbulences de l’Histoire et dans les douceurs des trente glorieuses, pour donner l’illusion du romanesque et faire œuvre littéraire.

EXTRAIT

Nice, 1999
Un homme en costume gris bleu traversa la rotonde du funérarium et vint à notre rencontre. Nous avions quelques minutes, mon cousin et moi, pour nous recueillir devant notre tante, après quoi une équipe allait fermer le cercueil. L’homme se tenait respectueusement à l’écart, parlait avec application et plaçait des silences entre chacune de ses phrases. Je ne pouvais détacher mon regard de son nez, un nez de cirrhotique, énorme, sanguin, magnifique au milieu d’un visage glabre. Comment un ordonnateur de pompes funèbres officiait-il avec un tel nez ? Pourquoi avait-il été choisi, lui plutôt qu’un autre, pour se présenter aux gens, avec son petit discours et son air contrarié ? Il marcha devant nous comme un maître d’hôtel qui conduit des invités à leur table, s’arrêta non loin du cercueil ouvert et laissa notre oncle et notre tante Angèle, les deux survivants d’une fratrie de huit, s’approcher de nous. Je m’étais penché sur ma tante Alice avec cette appréhension du vide contemplé depuis la vitre d’un téléphérique ou le sommet d’une tour. Alice était un peu à l’étroit dans la boîte que les menuisiers avaient découpée sur ses mesures, mais la toilette mortuaire avait été faite avec soin et la vieille femme allongée sous mes yeux semblait rajeunie et reposée, malgré une marque qui apparaissait sur la figure. Mon oncle se glissa derrière moi pour m’expliquer que les employés des pompes funèbres s’étaient succédé sur la dépouille afin de remettre en place la mâchoire qui s’était inexplicablement décrochée. Il cherchait ses mots. Peut-être n’osait-il pas me dire que, pendant sa dernière nuit, au moment de mourir, Alice avait poussé le cri qu’elle retenait depuis longtemps, un seul cri, trop faible pour réveiller Angèle qui occupait la chambre voisine et lui-même qui couchait sur le canapé du salon. Sur un signe de leur chef, quatre hommes en costume gris bleu vissèrent le couvercle et portèrent le cercueil jusqu’au fourgon garé devant l’entrée. L’ordonnateur aborda mon oncle et, à voix basse, avec le même ton, les mêmes précautions entrecoupées de silences dont il avait usé pour nous accueillir, mon cousin et moi, lui indiqua un snack proche du funérarium en précisant que nous avions tout notre temps, qu’ici, à Nice, les offices religieux ne commençaient jamais à l’heure.
Le snack se trouvait à côté d’un supermarché dont le toit s’était écroulé sur ses clients, quelques mois plus tôt, à une heure d’affluence, et avait fait des victimes. Mon cousin et mon oncle parlèrent de la catastrophe pour distraire ma tante. Tous ces morts, disaient-ils d’une voix monotone, si l’on s’attendait à mourir quand on fait tranquillement ses courses… Mme Guerrand, la belle-mère de mon cousin, habitait dans le quartier et se rendait souvent dans ce supermarché… Ma tante ne répondait pas. Elle s’était laissé conduire sans dire un mot. Elle ne donnait pas l’impression d’être entourée, consolée, par son frère et ses neveux, mais d’avoir été enlevée par eux, placée contre la vitre, près des passants qui ne la voyaient pas. (…)

antoine-piazzaL’AUTEUR

Né en 1957, Antoine Piazza vit à Sète où il est instituteur. Depuis le premier, Roman Fleuve, paru en 1999, tous ses romans sont parus dans la brune, notamment Les Ronces (2006, Babel 2008), salué unanimement par la critique, La Route de Tassiga (2008, Babel 2010) et Un voyage au Japon (2010).

Parution : 4 janvier 2012
Nb de pages : 240 p.
ISBN : 978-2812603136
Prix : 18,30 €

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POMPEI : LES DOUBLES VIES DE LA CITE DU VESUVE

Béatrice Robert Boissier
Ellipses Editions

pompei-les-doubles-vies-de-la-cite-du-vesuvePompéi, patrimoine mondial. Sa vie, sa mort, sa résurrection. Très intéressant ouvrage qui renouvelle l’Histoire de Pompéi grâce à l’archéologie. Pour les passionné d’Histoire !

PRESENTATION

Pompéi, la cité mise au jour dans des conditions exceptionnelles de conservation au XVIIIe siècle, appartient désormais dans toute sa richesse à l’histoire culturelle et artistique de notre époque. Elle représente un point de référence singulier, l’horizon même d’un imaginaire allant d’Alexandre Dumas à Mark Rothko, de Théophile Gautier aux Pink Floyd, qui y ont tous vu un passage vers une autre dimension du temps et du drame humain.
Cet ouvrage se propose de retracer les différentes vies qu’a connues Pompéi, depuis l’Antiquité et sa destruction par le Vésuve un jour de 79 apr. J.-C. jusqu’à sa résurrection et son intégration progressive dans la culture moderne et contemporaine. Ce long chemin historique a permis à la cité de devenir l’un des emblèmes patrimoniaux les plus connus au monde. Instrument du pouvoir ou terrain d’expérimentation de l’archéologie naissante, symbole politique ou allégorie métaphysique, les vies de Pompéi sont toujours doubles. Vies réelles et vies rêvées se mêlent et se croisent dans cette histoire plurielle, entre archéologie et imaginaire.

EXTRAIT

Pompéi, un nom qui évoque la lave et le feu, une ville soudainement frappée par la colère du Vésuve et dont les habitants, figés pour l’éternité dans la cendre durcie, sont un témoignage vivace et poignant d’un drame qui eut lieu en 79 apr. J.-C. Au xviiie siècle, la redécouverte de Pompéi et d’Herculanum , sa voisine, et la nature particulièrement tragique de la catastrophe qui mit fin à leur existence éveillent rapidement la curiosité du monde entier, des savants comme des artistes, des curieux comme du grand public. Tout est réuni à Pompéi pour piquer la curiosité et frapper l’imagination : l’omniprésence de la mort, le secret qui entoure les premières fouilles, le parfum de scandale qui enveloppe la découverte de nombreux objets érotiques et la proximité soudaine d’un passé qui se dévoile dans ses moindres détails. Le poète Théophile Gautier (1811-1872), qui sera souvent notre guide dans le voyage anachronique que nous nous apprêtons à entreprendre, exprime mieux que quiconque l’effet du face-à-face avec la ville antique, du hiatus temporel qu’il provoque :

L’aspect de Pompeï est des plus surprenants ; ce brusque saut de dix-neuf siècles en arrière étonne même les natures les plus prosaïques et les moins compréhensives ; deux pas vous mènent de la vie antique à la vie moderne et du christianisme au paganisme ; aussi, lorsque les trois amis virent ces rues où les formes d’une existence évanouie sont conservées intactes, éprouvèrent-ils, quelque préparés qu’ils fussent par les livres et les dessins, une impression aussi étrange que profonde.
Arria Marcella, 1852

Pompéi offre une image de l’Antiquité très différente de celle que l’on connaît jusqu’alors, une image familière qui rend les Anciens beaucoup plus accessibles que ne le laissaient supposer les sculptures de marbre blanc ou les bustes impériaux. C’est encore aujourd’hui ce qui justifie en grande partie la fascination exercée par le site antique dont le nom est désormais universellement connu.
Cet intérêt explique l’enjeu politique et patrimonial que représente Pompéi dès les premiers temps de sa découverte et jusqu’à nos jours, ainsi que les récentes dégradations du site sont venus douloureusement le rappeler. Au fil des chapitres, nous suivrons le singulier destin de la petite cité du Vésuve à travers son histoire, depuis l’Antiquité jusqu’à sa disparition, depuis les premières fouilles au XVIIIe siècle jusqu’à son inscription sur la liste du patrimoine mondial en 1997. Tour à tour terrain de batailles armées, objet de conflit entre intérêts politiques et scientifiques, joyau de la couronne napolitaine et manifeste d’une Italie libérale et unifiée, laboratoire de politiques patrimoniales et destination touristique de premier choix : Pompéi semble avoir vécu mille vies, anthumes et posthumes ; ce qui n’est ici ni lapalissade ni oxymore. De surcroît, l’extraordinaire longévité post mortem de la cité antique ne présente pas un trajet linéaire, sa perception et sa réception évoluent selon le contexte politique, scientifique, historique et culturel : Pompéi est tout d’abord le patrimoine personnel et la vitrine du pouvoir de la dynastie bourbonienne, un instrument diplomatique au sein d’une Europe agitée par les rivalités nationales, puis un terrain de révolutions politiques et archéologiques en 1848 avant de devenir patrimoine national italien et patrimoine commun de l’humanité, à conserver et à transmettre aux générations futures.
Ces multiples vies, houleuses souvent, passionnantes toujours, ont en commun de n’être jamais simples, unidimensionnelles, mais toujours doubles, ambivalentes voire ambiguës. Le temps y est le premier à se dédoubler entre un passé et un présent qui se mêlent étroitement : l’histoire de Pompéi nous en révèle autant sur l’Antiquité qui l’a vu naître que sur l’époque qui l’a ressuscitée. Cette vie réelle, historique, si l’on peut la qualifier ainsi, s’enrichit aussi d’une vie rêvée, alimentée par la fantaisie des écrivains, des poètes, des peintres, des architectes ou des metteurs en scène qui ont tenté de réévoquer et de recréer la ville antique et ses habitants qui semblaient seulement endormis sous la cendre. Glaucus, Ione, Diomède ou Julia Felix traversent, au mépris du temps écoulé, frontières et océans, de la Bavière à Coney Island en passant par Paris, pour rejouer la vie et la mort de la cité du Vésuve , du mélodrame au thriller policier en passant par le spectacle pyrotechnique. La force d’évocation de Pompéi rend perméable la frontière entre science et imaginaire, la fiction se nourrissant de l’archéologie et l’archéologie se laissant parfois aller à la tentation de la fantaisie. La photographie ou le roman dit archéologique prétendent, parfois avec raison, à la fiabilité de la science tandis que l’archéologie ou la littérature spécialisée cherchent à s’approprier la séduction de la poésie. Désormais entrées dans notre imaginaire commun, ces multiples représentations pompéiennes ainsi que la manière dont elles naissent, s’influencent et s’additionnent entre elles, font l’objet de cette biographie particulière, une plurigraphie presque, de Pompéi.

SOMMAIRE

Avant-propos
Introduction
Chapitre I - À l’ombre du Vésuve
Chapitre II - Une arme diplomatique des Bourbons :
secrets, intrigues et scandales
Chapitre III - La parenthèse française :
entre passion antiquaire et préocupations archéologiques
Chapitre IV - Une vitrine du pouvoir
Chapitre V - 1848 : archéologie et révolution
Chapitre VI - Science et conscience de Pompéi
Chapitre VII - Entre guerres et fascisme :
propagande et progrès archéologiques
Chapitre VIII - Pompéi, patrimoine commun de l’humanité
Chapitre IX - Une fantaisie archéologique : le poète et le savant
Chapitre X - « Caprices » pompéiens :
représentations et interprétations artistiques
Chapitre XI - De la restitution à la reconstruction :
architecture et anachronisme
Chapitre XII - « Pompéi ne meurt jamais » : filmographie et autres curiosités
Chapitre XIII - Les soeurs oubliées
En guise de conclusion
Carte et plans
Chronologie
Bibliographie
Index

L’AUTEUR

Spécialiste de l’histoire du patrimoine et de ses enjeux politiques et culturels, Béatrice Robert-Boissier, diplômée de Sciences Po Paris et de l’université de Paris I, est l’auteur de plusieurs articles sur Pompéi et la réception de l’Antiquité au XIXe siècle. Elle est actuellement chargée de mission à l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Parution : 4 octobre 2011
Nb de pages : 336 p.
ISBN : 978-2729866358
Prix : 24,40 €

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LES SECRETS DE PARIS

Clémentine Portier-Kaltenbach
Vuibert

les-secrets-de-parisUn excellent livre sur le Paris historique. L’Histoire d’une petite ville gallo-romaine des Parisii, de Lutèce, qui a grandi grâce au fait qu’elle est devenue la capitale des rois Capétiens.
Un livre plein de révélations Les époques s’emboîtent les unes dans les autres, les drames se suivent, s’inscrivent dans la pierre des monuments, des rues.
Une véritable plaisir. Des découvertes à foison.

PRESENTATION

Lever le nez et découvrir que Notre-Dame possède une girouette à laquelle on n’avait jamais prêté attention est amusant, mais auriez-vous seulement une idée de ce qu’elle contient ? Saviez-vous que le papyrus en Egypte, décimé par une maladie, a été réimplanté à partir d’un plan conservé dans les serres du Jardin du Luxembourg depuis le XIXe siècle ? Où trouver les restes du palais des Tuileries, détruit par un incendie sous la Commune ? Savez-vous qu’il existe toujours une des cloches qui sonnèrent à la volée le jour du massacre de la Saint-Barthélemy en août 1572 ? On parle et on écrit beaucoup sur Paris mais ici, avec Clémentine Portier-Kaltenbach, la Ville Lumière dévoile son « supplément d’âme » : ces lieux, monuments, statues, objets que les Parisiens et ceux qui la visitent ont régulièrement sous le nez mais sur lesquels il leur manque une information aussi réjouissante qu’insolite. L’auteur des Grands Zhéros de l’histoire de France, avec le talent et la drôlerie qu’on lui connaît désormais, nous offre un voyage nouveau et passionnant dans cet étonnant théâtre de l’histoire de France et du monde qu’est notre capitale.

DESCRIPTION

Dans son dernier ouvrage « Les Secrets de Paris », la journaliste Clémentine Portier-Kaltenbach retrace avec humour les petites ou grandes anecdotes qui composent l’Histoire de la capitale.
Anecdotes minuscules à propos de personnalités majeures (Henri IV, Napoléon, Marcellin Berthelot), détails architecturaux porteurs de légende, chronologie des tout premiers instituts de beauté (appelés autrefois « salons d’embellissement »)… La journaliste réalise une véritable enquête de terrain, retraçant des siècles d’Histoire à l’aune de la géographie parisienne. Au fil des pages, le lecteur citadin aura l’impression de flâner dans ses coins préférés, et d’en découvrir les trésors cachés. Suivez le guide…

Les mystères de la capitale
Clémentine Portier-Kaltenbach prône une poétique du lieu. Un mot, l’enseigne d’un commerce ou le nom d’une rue suffisent à éveiller son imagination et à faire naître sa curiosité. C’est au fil d’un « glanage », année après année, que l’auteur est allée chercher ce qui se cache derrière ces noms aux accents évocateurs. On y apprendra l’existence, sur les hauteurs de la cathédrale de Notre-Dame, d’une girouette en forme de coq et aux usages insoupçonnés. Quant aux riverains du 15e, ils se plairont à reconnaître les monuments qui peuplent leur quotidien et auxquels sont attachés bien des mystères. Ils apprendront, parmi tant d’autres choses, que leur arrondissement accueillit jadis les premières boucheries chevalines de la capitale, et qu’une statue à l’effigie d’Emile Decroix, promoteur de l’hippophagie et précurseur oublié de la lutte contre le tabagisme, se cache quelque part dans le square Georges Brassens…

Un regard décalé sur l’Histoire
Passionné par l’Histoire de France, Clémentine Portier-Kaltenbach est journaliste à France Télévisions, au Nouvel Observateur et sur RTL. Elle se distingue par son ton léger et décalé, son aptitude à rendre passionnants les sujets les plus pointus, en passant par la lorgnette de la « petite histoire ». C’est ainsi qu’en 2007, elle publie Histoire d’os et autres illustres abattis (éditions JC Lattès), où elle part à la recherche des ossements de grands personnages disparus. Suivent Le Grand quiz des Histoires de France (co-écrit avec Laurent Boyer) et Les Grand Zhéros de l’Histoire de France, où elle revisite notre mémoire collective sous un aspect inattendu. Actuellement disponible dans les bonnes librairies, Secrets de Paris est publié aux éditions « La Librairie Vuibert », dont le siège se trouve dans le 15e arrondissement, au 5 allée de la Deuxième Division Blindée. Une nouvelle allusion historique - à la Seconde Guerre Mondiale cette fois-ci - qui plairait, à coup sûr, à cet auteur féru de grands récits.

EXTRAIT

Qu’est-ce qu’un secret de Paris ? Un détail ornemental sur un monument, un jardinet invisible aux yeux des passants, un pas de mule dans une arrière-cour, une statue ayant quelque particularité, un défaut de construction, une mystérieuse inscription comme celle qui fut gravée sur le dôme des Invalides par ce parachutiste anglais caché là pendant l’Occupation ?
Cela peut être bien des choses en somme !
Mais bien souvent, le point commun de tous ces «secrets» égrenés au fil des livres consacrés à notre capitale est qu’ils sont cachés aux yeux du public, ou inaccessibles.
Tout au contraire, la particularité des secrets évoqués dans les pages qui vont suivre est que ceux-ci concernent essentiellement des lieux, monuments, objets, statues, éléments du mobilier urbain que les Parisiens ont constamment sous le nez, qu’ils pensent connaître par coeur, mais au sujet desquels leur manquent «la» précision réjouissante, le « supplément d’âme » qui feront que leur regard sur cet objet ou ce lieu familiers changera du tout au tout en une fraction de seconde.
Prenez la girouette de Notre-Dame. L’aviez-vous seulement déjà remarquée ? Si oui, vous êtes une exception, car la plupart des Parisiens ne lui prêtent jamais attention. Maintenant, question plus difficile : que contient ce coq girouette ? Là encore, une grande partie des Parisiens ne le sait pas. Eh bien, il contient un véritable trésor dont nous conterons l’histoire dans les pages qui vont suivre.
Vous ignoriez que Notre-Dame eût une girouette et que cette girouette contînt un trésor ? Après avoir lu ce livre, lorsque vous passerez au pied de Notre-Dame vous chercherez ce coq du regard et le considérerez très différemment, car vous appartiendrez désormais au cercle des amoureux de Paris aimant assez leur capitale pour ne pas se contenter de l’apparence des choses et de l’information sommaire que distillent la plupart des guides touristiques.
Et si l’exemple du coq girouette n’est pas suffisamment éclairant, en voici un autre que nous espérons plus probant encore : dans la cour de l’Hôtel national des Invalides, tous les oeils-de-boeuf se ressemblent et sont agrémentés de trophées militaires. Tous sauf un, qui représente un loup sortant des hautes herbes et fixant la cour. Ce loup au regard fixe, ce «loup qui voit», c’est Louvois, ministre de la Guerre de Louis XIV qui veilla pendant des années à la construction des Invalides et qui a souhaité laisser son empreinte en ce lieu. Naturellement, on peut apprécier la grandeur et la beauté de la cour des Invalides sans connaître cette anecdote, mais alors, on a vraiment perdu quelque chose !

clementine-portier-kaltenbachL’AUTEUR


Clémentine Portier-Kaltenbach
est journaliste (Le Nouvel Observateur, France 2, France 3, RTL) et auteur d’ouvrages d’histoire grand public : Histoire d’os et autres illustres abattis, J.-C. Lattès, 2007 ; Grands Zhéros de l’histoire de France, J.-C. Lattès, 2010. A paraître : Le Grand Quiz de l’histoire de France, novembre 2011.

Parution : 20 janvier 2012
Nb de pages : 288 p.
ISBN : 978-2311002553
Prix : 19 €

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UN MONDE DE MOTS

Anne Cunoe
Bernard Campiche Editeur

un_monde_de_motsPRESENTATION

John Florio est né en Angleterre d’un père italien et d’une mère probablement anglaise ; il a grandi dans les Grisons suisses, puis, après des études à Tübingen, est retourné en Angleterre où cet Européen polyglotte a été le professeur d’italien, et parfois de français (langue qu’il parlait couramment), d’hommes et de femmes issus de toutes les classes sociales - marchands, nobles, artistes, princes et jusqu’à une reine; il se pourrait que Shakespeare ait été un de ses élèves. Son dictionnaire italien-anglais et sa traduction des Essais de Montaigne en anglais sont de véritables monuments, à la fois linguistiques et culturels.
Un monde de mots (titre emprunté au dictionnaire italien-anglais de John Florio) clôt une sorte de trilogie.
Le premier volet, Le Trajet d’une rivière, retrace l’histoire de Francis Tregian, le collectionneur du célèbre Fitzwilliam Virginal Book ; le deuxième, Objets de splendeur. Monsieur Shakespeare amoureux, permet de connaître la première femme écrivain publiée en Angleterre.
La trilogie se conclut sur Un monde de mots, qui raconte la vie et les aventures de John Florio, un des hommes qui ont, de façon ouverte ou souterraine, façonné la culture européenne.

EXTRAIT

La nuit était très noire. Dans le haut mur de la sombre bâtisse, une petite porte, la seule de l’enceinte, s’était ouverte avec un bruit sourd. En scrutant la pénombre, on aurait pu deviner deux hommes. Ils tiraient un tombereau d’où s’exhalait une puanteur pestilentielle.
Ils étaient sortis précautionneusement, en veillant à ne rien heurter, et la nuit les avait absorbés. A cause du mur du couvent, et du tumulus inhabité qui lui faisait face, aucun lumignon n’éclairait leur départ. Ils marchaient avec une hâte qu’un observateur aurait, de jour, pu trouver suspecte. Mais personne ne les voyait. Ils avaient pris soin de choisir une nuit de nouvelle lune. On entendait à peine le craquètement des roues sur le gravier de la ruelle. Ils étaient finalement arrivés à une sorte de terrain vague, où un oeil perspicace aurait sans doute distingué les ruines dans le noir - l’ancien Forum, désert à cette heure-là. Ils s’étaient arrêtés, et avaient attendu. Pas un mot n’avait été échangé.
« Ogni terra ha guerra - tout pays a sa guerre », avait fini par murmurer une voix qui les avait fait sursauter. Elle semblait suspendue dans la nuit - les contours du parleur étaient invisibles ; pas d’étoile, pas la moindre lueur, le ciel était couvert.
« Ogni corpo ha la sua ombra - tout corps a son ombre », avait répliqué une voix peu assurée. C’étaient les formules convenues.
« Le Seigneur soit avec nous », avait conclu la voix anonyme. « C’est toi, Lorenzo ? »
« Moi-même. Que Sa volonté soit faite. »
Le premier obstacle était franchi, ils s’étaient retrouvés. Par une telle nuit, cela tenait du miracle.
« Qu’est-ce que c’est que cette odeur ? » avait repris le nouveau venu. « Vous m’avez amené les excréments de ces beaux messieurs, ma parole. Il n’y a qu’eux pour puer pareillement. »
« On a choisi un chargement qui ne donnerait à personne envie de fouiller », lui avait-on répliqué avec un gloussement sardonique.
« Vous avez le paquet ? »
« Oui. Il est sous les excréments, mais en mauvais état. Et il faut que vous nous emmeniez, nous aussi, parce que nous risquerions qu’on nous torture pour nous faire parler. »
Un silence.
« Ce n’était pas prévu », avait fini par dire le dernier venu. « Mais j’aurais dû y penser. Vous avez de la famille ? »
« Pas à Rome, les miens sont dans le Nord », avait dit l’un.
« Je n’ai personne », avait répondu l’autre, « je suis enfant trouvé. »
« Alors, pas de risque qu’on les arrête à votre place. Allons-y. »
Les deux moines avaient cherché du pied, à tâtons, une surface herbeuse, l’avaient trouvée, y avaient déversé leur tombereau. Sous les détritus, un ballot oblong. Ils avaient déroulé la toile qui l’enveloppait. S’il n’avait pas fait si sombre, on aurait pu voir un homme inerte, à moitié nu. Le plus costaud des deux moines l’avait chargé en travers de ses épaules, comme un paquet.
« Faisons vite, maintenant », avait-il dit d’une voix sourde. « Je ne suis même pas sûr que tout cela ait valu la peine, il est plus mort que vif, votre héros. »

L’AUTEUR

cuneo_anneAnne Cuneo est née à Paris de parents italiens, Suissesse par mariage. Licenciée ès lettres et ès sciences pédagogiques de l’Université de Lausanne, puis formation de Conseil en publicité et de journaliste. Ecrivain de livres « »ittéraires » et « documentaires ». Ecrit et met en scène pour la radio, la télévision et le théâtre. Depuis 1981 travaille aussi dans les métiers du cinéma, comme assistante, scénariste, puis comme journaliste et réalisatrice, soit de façon indépendante, soit à la Télévision suisse.
Après une première phase autobiographique, Anne Cuneo découvre, à travers l’expérience théâtrale et cinématographique, les potentialités d’une forme de roman inspirée de la réalité mais susceptible de prendre des libertés avec elle pour en mettre en valeur certains aspects. Utilisée pour la première fois avec Station Victoria, elle a permis l’écriture d’œuvres basées sur des personnages réels. Dans Le Trajet d’une rivière, c’est la redécouverte d’un personnage oublié, et capital, de l’histoire de la musique. Dans Objets de splendeur, il s’agit d’un regard différent sur la vie amoureuse du jeune Shakespeare. Le Maître de Garamond raconte l’histoire d’Antoine Augereau, imprimeur à qui l’on doit maintes caractéristiques de l’orthographe moderne, et de ses rapports avec le plus célèbre de ses apprentis, Claude Garamond. Zaïda est l’itinéraire d’une femme née en 1860, qui, l’année de ses cent ans, entreprend le récit de sa vie.
Anne Cuneo est également l’auteur d’une série de romans policiers (qu’elle qualifie plutôt de « romans sociaux ») solidement enracinés dans la réalité sociale contemporaine. Et enfın, Un monde de mots raconte l’histoire de John Florio, auteur du premier dictionnaire italien-anglais de l’histoire et traducteur de Montaigne en anglais.
Anne Cuneo collabore au Téléjournal à Genève et à Zurich, où elle demeure conjointement aujourd’hui. Ses ouvrages, constamment réédités et traduits en allemand, sont tous de grands succès de librairie en Suisse.
En juillet 2010, Anne Cuneo a été nommée par Frédéric Mitterand, ministre de la Culture de l’État français, Chevalier des Arts et des Lettres.

Parution : 8 septembre 2011
Nb de pages : 560 p.
ISBN : 978-2882412973
Prix : 21,50 €

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L’ASSASSINAT DE DIRIGEANTS ETRANGERS PAR LES ETATS-UNIS

Etienne Dubuis
FAVRE

lassassinat-de-dirigeants-etrangers-par-les-etats-unisSous-titré « Un siècle de complots au service de la puissance américaine », l’ouvrage d’Etienne Dubuis aux éditions Favre est une petite bombe dans le monde des « plan com » de cette Amérique que l’on nous dit vertueuse.
Documents officiels, recherches universitaires, mémoires de témoins, livres et articles, au cours de deux ans d’enquête, l’auteur s’est attaché à recourir exclusivement aux sources les plus fiables.

RESUME

Les Etats-Unis ont régulièrement tenté d’assassiner des dirigeants étrangers. De Pancho Villa à Oussama ben Laden en passant par Fidel Castro, Mouammar Kadhafi et Saddam Hussein, ils ont pris pour cible aussi bien des chefs de bandes que des chefs d’Etat dans l’espoir d’écarter une menace ou de remporter à bon compte un conflit. Mais une telle pratique pose de nombreux problèmes. Basé sur les sources les plus sérieuses, ce livre restitue pour la première fois cette histoire fascinante et méconnue.

PRESENTATION

De Pancho Villa à Saddam Hussein en passant par Fidel Castro, Mouammar Kadhafi et Slobodan Milosevic, longue est la liste des hauts dirigeants politiques ou militaires que les Etats-Unis ont essayé d’assassiner depuis qu’ils se sont imposés comme grande puissance sur la scène internationale. Tantôt commis par l’armée américaine, tantôt perpétrés par la CIA, ces attentats ont jalonné l’histoire du monde de la Première Guerre mondiale à nos jours.
La motivation a toujours été la même : gagner une guerre ou régler un contentieux stratégique à moindre frais. Mais la méthode s’est révélée au fil du temps beaucoup plus délicate que prévu. Les Etats-Unis ont non seulement échoué plus souvent qu’à leur tour. Ils ont aussi fréquemment aggravé les problèmes auxquels ils étaient confrontés. Surtout, cette pratique a entraîné des compromissions inavouables et causé la mort de nombreux innocents.
Jamais encore cette saga n’avait été racontée sur plus de quelques pages. Cet ouvrage la restitue pour la première fois en détail pour en relater les principaux épisodes et en décrire les acteurs les plus marquants. Il plonge le lecteur dans un univers trouble où agents secrets et militaires côtoient, avec la bénédiction de la Maison-Blanche, des criminels sans scrupules et d’étranges savants.

L’AUTEUR

etienne-dubuisEtienne Dubuis est journaliste au quotidien Le Temps. Sur un sujet propre à susciter tous les fantasmes, il s’est attaché au cours de deux ans d’enquête à recourir exclusivement aux sources les plus fiables : documents officiels, recherches universitaires, mémoires des principaux témoins, livres et articles des meilleurs journalistes américains.

Parution : 1 septembre 2011
Nb de pages : 400 p.
ISBN : 978-2828912277
Prix : 22,50 €

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REPUBLICANISME

Maurizio Viroli
Editions Le Bord de l’Eau

republicanismeDe l’humanisme civique florentin au républicanisme européen. Face à la crise globale de nos sociétés européennes contemporaines, cet ouvrage est un puissant revivifiant.

Les éditions Le bord de l’eau viennent de publier la traduction française de son opus magnum Repubblicanesimo (1999), c’est-à-dire Républicanisme. La notion de républicanisme n’a eu de cesse de déchaîner les passions de ses partisans, mais également de ses détracteurs. Ce très court ouvrage du spécialiste de Machiavel témoigne de l’intérêt grandissant de la communauté scientifique à l’égard de la tradition républicaine. Républicanisme vise en effet à renouveler la théorie de la république, laquelle serait mise à mal par Silvio Berlusconi en Italie. La visée de l’auteur serait donc tant théorique que pratique et… politique.
(Lectures, Les comptes rendus, 2011)

PRESENTATION

Depuis les années 1980, on assiste en France à un retour progressif de la référence à la République, comme si une certaine idéologie républicaine pouvait prendre le relais du libéralisme, du marxisme et du socialisme. Cependant, le consensus croissant autour de la République a pour envers un flou conceptuel de plus en plus embarrassant. Un décentrement dans le temps et l’espace pourrait clarifier les choses. La grande vertu du livre de Maurizio Viroli sur le républicanisme est de dresser la généalogie d’une vieille tradition – depuis la Rome républicaine jusqu’à Jean-Jacques Rousseau, et bien au-delà – afin de réfléchir à ce que le républicanisme signifie aujourd’hui pour une pensée politique qui veut promouvoir la liberté individuelle et collective. La République ou res publica, que Cicéron assimilait à la « chose du peuple » (res populi), a souvent été définie par le gouvernement de la loi et la recherche du bien commun. Elle suppose aussi une idée de la liberté comme « non-domination » : être libre, c’est ne pas vivre dans l’humiliation, la flatterie ou la peur sous la domination arbitraire d’un maître ou d’un supérieur. Ces catégories, forgées pour désigner l’opposition entre « hommes libres » et « esclaves », restent pertinentes, montre Viroli, si l’on veut comprendre et soutenir le combat des femmes et des hommes pour l’émancipation.

La pensée républicaine est de retour, et tout indique qu’elle sera au centre du débat public dans les années qui viennent. Tout particulièrement lors des prochaines échéances électorales (Election présidentielle).
La publication du célèbre ouvrage de Maurizio Viroli était donc devenue urgente pour mieux définir ce que l’on entend par « philosophie républicaine » : théorie du bien commun, de la liberté comme émancipation vis-à-vis des pouvoirs arbitraires, de l’auto-gouvernement démocratique, de l’impartialité, elle se veut un contre-poison aux tendances à la corruption des démocraties contemporaines.
L’importance de cet essai, traduit notamment aux Etats-Unis et en Allemagne, tient à sa dimension historique, qui cerne les grands moments du républicanisme – l’Antiquité, la Renaissance, Machiavel, Rousseau, etc. – et à sa dimension plus théorique, qui montre en quoi les théories de la République se séparent du libéralisme et du socialisme.

COMPLEMENT D’INFORMATION

Superbe étude pour compléter la lecture de l’ouvrage ou pour donner envie de se le procurer. C’est ICI !

L’AUTEUR

maurizio_viroliMaurizio Viroli, professeur à l’Université de Princeton et à l’Université de la Suisse Italienne de Lugano, est aujourd’hui l’un des principaux théoriciens du républicanisme. Il s’est également fait connaître en Italie par son combat contre le berlusconisme.

Parution : 8 juillet 2011
Nb de pages : 237 p.
ISBN : 978-2356871169
Prix : 20 €

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LA FRANCE DES ECRIVAINS. ECLATS D’UN MYTHE (1945-2005)

Marie-Odile ANDRE, Marc DAMBRE et Michel P.SCHMITT
Presses Sorbonne Nouvelle

la-france-des-ecrivainsSi l’Histoire est récit, penser la nation c’est avant tout lire son palimpseste. L’argument paraît d’autant plus fondé pour un pays qui n’a de cesse de clamer son exception culturelle et d’attester son ambition de grandeur littéraire, et ce dans les deux sens du terme : en tant qu’espace producteur de littérature d’abord, mais également en tant que source épique agissante. Le récent débat autour de la « littérature-monde », tout comme les craintes d’une supposée crise de la littérature française, le démontrent encore aujourd’hui.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’ouvrage La France des écrivains, Eclats d’un mythe (1945-2005). (…)

(Lectures, Les comptes rendus, 2011)

PRESENTATION

Des lendemains de la Seconde Guerre mondiale « la France » a été pour nombre d’écrivains un enjeu passionnel, cristallisant amour et haine, culte et indifférence, violence et nostalgie. Comment la littérature s’est-elle fait l’écho des interrogations souterraines, critiques ou angoissées, qui ont travaillé le pays sur la possible dissolution de son ethos ? Et comment les écrivains se sont-ils confrontés à un mythe de la France hérité du XIXe siècle, que les orages de l’Histoire ont parfois mis à mal jusqu’à l’éclatement ? Ce volume essaie de représenter la richesse des émotions, croyances et mémoires que le mythe a engendrées. Parcourant le demi-siècle dans sa diversité tant politique qu’esthétique (genres, formes, tonalités), il propose de confronter les regards d’écrivains de langue française venus d’horizons géographiques, idéologiques et culturels fortement contrastés.

SOMMAIRE

Avant-propos
Marie-Odile André, Marc Dambre, Michel P. Schmitt

PREMIERE PARTIE :
REPARATIONS, REFONDATIONS

Malraux et Sartre lecteurs de Michelet, ou la vérité d’un mythe
Jacques Lecarme

La France des Egyptiens
Daniel Lancon

Mythes contrastés de la France résistante : René Char et Charles de Gaulle
Van Kelly

La France de Mauriac : une imagerie, une idée, une passion
Jean Touzot

La France de Romain Gary : de l’origine d’un mythe à l’éthique d’une écriture
Nicolas Gelas

Si Guitry m’était conté : la France louis-philipparde de M. Moa
Jacques Poirier

Aspects de la France chez Jacques Laurent
Francois-Jean Authier

France défaite et indifférence passionnée : Roger
Nimier
Marc Dambre

DEUXIEME PARTIE :
DECOMPOSITIONS, FRAGMENTATIONS

Roland Barthes : une certaine idée de la France et de la littérature Claude Coste
La France d’Albert Camus
Jeanyves Guérin

Aragon et la construction d’une image romanesque de la France
Maryse Vassevière

TROISIEME PARTIE
DISPARITIONS, DEPLACEMENTS

Qu’est-ce qu’une histoire de la littérature française ?
Audrey Lasserre

La France des Belges
Paul Dirkx

Le coq et l’oud
Sabrinelle Bedrane

France guide de l’utilisateur de Jean-Charles Massera : en finir avec le mythe ?
Pascal Mougin

« Gaule chevelue » et « chevalier Descartes » : quelques clichés de la France par Pierre Bergounioux
Mathilde Barraband

Le mythe de la France en pièces ?
La trilogie juive de Jean-Claude Grumberg
Catherine Douzou

Lydie Salvayre : de la « littérature en péril » au roman d’une nouvelle utopie nationale
Richard J. Golsan

Présentation des auteurs

LES AUTEURS

Maître de conférences à l’Université Paris Ouest-Nanterre La Défense, Marie-Odile André travaille sur les mécanismes de réception de la littérature ainsi que sur la production littéraire des années 1980 à nos jours.

Professeur émérite à la Sorbonne Nouvelle, Marc Dambre a consacré à la littérature française des XXe et XXIe siècles de nombreux travaux, dont L’Exception et la France contemporaine paru en 2010.

Professeur émérite à l’Université Lumière-Lyon 2, Michel P. Schmitt s’est attaché à l’étude de la prose narrative des années 1920 à 1970, aux formes littéraires non légitimes et à la réception des œuvres par des publics variés.

Parution : 30 septembre 2011
Nb de pages : 291 p.
ISBN-13: 978-2878545029
Prix : 23 €

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500 PERSONNAGES DE L’HISTOIRE DU MONDE. 500 FIGURES POLITIQUES, ARTISTIQUES, SCIENTIFIQUES, SPORTIVES… QUI ONT MARQUE LEUR SIECLE

Pierre Ripert
Editions De Vecchi

500-personnagesUn ouvrage à avoir dans sa bibliothèque. Nous avons déjà des Larousse et Universalis. Maintenant, il faut y avoir son De Vecchi.

PRESENTATION

Gengis Khan, John Lennon, Ulysse, Catherine II, Néron, Robin des bois, Cléopâtre, Gandhi, Zénobie de Palmyre, Mao, Hatshepsout, Hippocrate, Al Capone… voici quelques-uns des personnages de la vaste épopée de 500 héros, célèbres ou méconnus, dont ce livre raconte les aventures et les drames, depuis Lucy ancêtre de l’humanité, au terroriste Ben Laden.
Venus, en 3000 ans d’histoire, de tous les horizons du monde, impératrices, savants, prophètes, dieux des stades et des tréteaux, saints et salauds, conquérants et poètes, rois maudits passés du trône à l’échafaud, ils se sont, par leur sagesse ou par le sang versé, inscrits dans la légende des siècles…

EXTRAIT

- 3 millions
Lucy, la petite merveille du Harar
Baptisée Lucy par ses découvreurs, dont le paléontologue Yves Coppens, c’est une très lointaine ancêtre de l’humanité qui dormait depuis environ 3,2 millions d’années au bord de la rivière Awash, dans le Harar éthiopien. Le nom officiel sous lequel Lucy a été enregistrée en 1974 est AL 288-1, mais on peut aussi lui préférer Dinkenesh, qui en dialecte local signifie «la merveille». Lucy a d’abord été considérée comme la grand-mère du genre humain. Puis, après l’étude des cinquante-deux fragments osseux qui restaient d’elle, dont une mandibule, des fragments de crâne, un peu de son bassin et une partie de son fémur, elle n’en a plus été que l’arrière-cousine. En effet, ce frêle australopithèque [1,15 mètre pour 25 kg], s’il pouvait marcher sur ses deux jambes, tel un bipède, avait aussi des bras de singe. Lucy pouvait courir dans la savane avec la même facilité qu’elle pouvait grimper aux arbres de la forêt; grâce à elle, on sait désormais que l’acquisition de la marche bipède remonte à 3 ou 4 millions d’années. Mais, en authentique australopithèque, elle avait un petit crâne, comparé à celui de l’Homo habilis, et ne savait pas se servir de ses mains aussi bien que lui. Selon ses découvreurs, Lucy, à peine âgée de 20 ans, serait morte sans doute noyée.
Pour l’état civil, elle appartient à l’ordre des Primates, famille des Hominidés, et au genre Australopithèque de l’Afar. Ses ancêtres se seraient séparés, sur l’arbre généalogique, de la branche singe environ 6 millions d’années avant sa naissance. Comment et pourquoi ont-ils appris à se tenir debout ? Parce que la forêt reculait au profit de la savane, et qu’il y avait de moins en moins d’arbres pour apercevoir l’horizon et les prédateurs, au-dessus des hautes herbes ? La position debout offrait de nouveaux avantages : moins de surface corporelle exposée au soleil, plus de prise au vent, donc une meilleure régulation de la température du corps. Plus de mobilité et moins de fatigue pour errer dans la savane. Marcher sur deux pieds libérait les mains et permettait de s’en servir comme outil ou pour transporter de la nourriture autrement qu’en serrant les mâchoires dessus !
Lucy repose désormais au Muséum national d’Éthiopie à Addis-Abeba, où une réplique de son squelette, consolidée par du fil de fer, accueille ses admirateurs.

L’AUTEUR

Pierre Ripert, journaliste, historien et éditeur, est l’auteur de nombreux guides pratiques, dictionnaires et ouvrages d’histoire ou d’ésotérisme. Il a, entre autres, publié aux Editions De Secchi Le Bestiaire des cathédrales, L’Histoire de la franc-maçonnerie française, Le Vade-mecum des miscellanées, Les grandes amours de l’Histoire de France… et a participé à 500 histoires de l’Histoire de France…

Parution : septembre 2011
Nb de pages : 1019 p.
ISBN : 978-2732896052
Prix : 18,90 €

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HISTOIRE DU QUEBEC

Marc Durand
Editions Imago

histoire-du-quebec1Une superbe histoire du Québec, la Belle Province abandonnée par les « maudits Français ». L’Histoire de nos cousins d’Amérique !

PRESENTATION

A la différence des autres membres de la Confédération canadienne, le Québec englobe une véritable nation, celle des Canadiens français. Cette province est, en effet, peuplée en majorité - plus de 80 % de la population - de Canadiens francophones.
Tout en brossant une minutieuse étude des mentalités québécoises, Marc Durand retrace l’histoire du Québec, depuis sa découverte par Jacques Cartier en 1534 jusqu’à nos jours. Fiers de leur esprit aventurier et entreprenant, mais battus par les Anglais en 1759, les Québécois, mis à l’écart de l’économie par les vainqueurs, vont se replier sur les travaux agricoles. L’Eglise et les intellectuels s’appliqueront alors sans relâche à préserver une langue française ” pure ” et les traditions ancestrales.
Mais à partir des années 1950, et surtout avec la Révolution tranquille des années 60, les Québécois rejettent les valeurs rurales dont ils se sentent prisonniers et, qu’ils soient acquis ou non à l’idée de souveraineté, prennent en main leur destinée économique et politique. Aujourd’hui comme hier, cependant, la question du Québec est toujours l’histoire d’une lutte pour la survivance d’un peuple.

A la différence des autres membres de la Confédération canadienne, le Québec englobe une véritable nation, celle des Canadiens français. Cette province est, en effet, peuplée en majorité - plus de 80 % de la population - de Canadiens francophones.
Tout en brossant une minutieuse étude des mentalités québécoises, Marc Durand retrace l’histoire du Québec, depuis sa découverte par Jacques Cartier en 1534 jusqu’à nos jours. Fiers de leur esprit aventurier et entreprenant, mais battus par les Anglais en 1759, les Québécois, mis à l’écart de l’économie par les vainqueurs, vont se replier sur les travaux agricoles. L’Eglise et les intellectuels s’appliqueront alors sans relâche à préserver une langue française “pure” et les traditions ancestrales.
Mais à partir des années 1950, et surtout avec la Révolution tranquille des années 60, les Québécois rejettent les valeurs rurales dont ils se sentent prisonniers et, qu’ils soient acquis ou non à l’idée de souveraineté, prennent en main leur destinée économique et politique. Aujourd’hui comme hier, cependant, la question du Québec est toujours l’histoire d’une lutte pour la survivance d’un peuple.

EXTRAIT

LA NOUVELLE-FRANCE (1534-1763)

1. DÉCOUVERTES ET PREMIÈRES COLONISATIONS (1536-1660)

Les précurseurs

Après la découverte et la conquête de l’Amérique par les Espagnols et la bulle Inter Cætera qui partageait en 1493 le «nouveau monde» entre l’Espagne et le Portugal, des nations européennes telles que l’Angleterre ou la France se sentirent lésées. L’Angleterre la première, et le Portugal insatisfait du partage qui le limitait au Brésil, cherchèrent la «route de l’Asie» au nord des toutes nouvelles possessions espagnoles d’Amérique Centrale et du Sud.
Le roi d’Angleterre Henri VII encouragea ainsi Jean Cabot, dès 1497, à naviguer en route vers les «épices». Les marchands anglais furent invités à participer à une telle initiative. De 1497 à 1506, les expéditions se succédèrent depuis le port de Bristol, mais cessèrent en ce début du XVIe siècle, faute d’or et de pierres précieuses. En 1499, Don Manuel, le roi du Portugal, lançait aussi des expéditions «au-delà des Açores», au nord-ouest de l’Atlantique. Ces expéditions furent un temps communes avec les entreprises projetées depuis Bristol mais s’avérèrent, elles aussi, être un échec, faute d’or. C’est à cette époque qu’une entreprise lusitano-anglaise découvrit, probablement en 1501, le Groenland.
La France, durant les premières années du XVIe siècle, est absente. Les monarques Charles VIII et Louis XII sont occupés par les guerres d’Italie et se désintéressent de l’Atlantique.
En l’absence de patronage royal, les pêcheurs français, bretons et normands, explorent les bancs de morue de Terre-Neuve dès 1504. Des expéditions plus conséquentes, en nombre de navires et en hommes, sont entreprises, en 1506 à Honneur, et en 1508 à Dieppe grâce au soutien de l’armateur Jean Ango. Progressivement, d’autres ports français tels que Rouen, La Rochelle ou Bordeaux manifestent leur présence, saisonnière certes, mais régulière au large de Terre-Neuve. Au cours de ces années, les pêcheurs s’identifient d’ores et déjà à une nation française, comme en font foi les querelles pour la délimitation des zones de pêche. Avant 1550, la France semble avoir engagé le long des côtes du Saint-Laurent et de Terre-Neuve le plus grand nombre de bâtiments. L’Angleterre, en effet, profitait des pêcheries islandaises et laissa ainsi le champ libre aux pêches françaises.

SOMMAIRE

LA NOUVELLE FRANCE (1534-1763)
LA DOMINATION BRITANNIQUE (1763-1840)
UNE SOCIETE AUTARCIQUE (1840-1940)
LE DECLIN DES VALEURS TRADITIONNELLES (1940-1960)
LA REVOLUTION TRANQUILLE (1960-1966)
LES DERNIERS DEFIS (1966-2002)
QUEBEC, NATION RESPONSABLE (1960-2002)

L’AUTEUR

Marc Durand est historien de formation et travaille au ministère de l’Economie et des Finances. Il a déjà publié plusieurs ouvrages dont L’Artisanat en France (P.U.F.).

Parution : 15 novembre 2002
Nb de pages : 236 p.
ISBN : 978-2911416743
Prix : 20 €

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