Archives de la catégorie Biographies

BEIGBEDER L’INCORRIGIBLE

beigbeder-lincorrigibleD’Arnaud le Guern

Aux Editions Prisma

PRESENTATION

Cet ouvrage est la première biographie de Frédéric Beigbeder, rédigée par Arnaud Le Guern qui a su capter l’esprit de ses rencontres avec lui et retranscrire les confidences de ses proches. C’est un portrait conçu comme une flânerie à travers les mots, les éclats de vie de ce personnage virevoltant, ses hauts, ses bas, ses passions, ses femmes, ses films…

Frédéric Beigbeder, c’est bien plus que le publicitaire génial dont les affiches Wonderbra avec Eva Herzigova avaient aimanté tant de regards. Bien plus que l’écrivain provocateur de 99 francs, romancier à succès et lauréat des prix Interallié et Renaudot. Ce n’est pas uniquement, non plus, comme certains le pensent, la fête, la drogue, l’alcool et les jolies filles. L’enfant terrible de la littérature est aussi cinéaste, acteur, DJ, mannequin, critique littéraire, présentateur TV, patron de presse, parolier, chroniqueur sur France Inter…

Beigbeder est un homme élégant qui, de son enfance à son dernier film, L’idéal (juin 2016), en passant par le Caca’s club créé dans les années 80, ses aventures télévisuelles, ses best-sellers en librairie, et même ses échecs, a fait de sa vie une partie de plaisir.

À travers une succession de chapitres drôles, pertinents et impertinents, se jouant parfois de la chronologie, cette biographie offre aux lecteurs l’esprit d’un godelureau brillant, un feu follet entre deux siècles.

EXTRAITS

“– Si j’écoute certains témoignages, j’ai l’impression que tu as mis dans le caniveau toute une génération de jeunes gens devenus vieux trop vite. Ils ont bu à cause de toi. Ils se sont drogués à cause de toi. Ils sont en HP à cause de toi. Ils ont été ruinés, sur le plan moral et physique, à cause de toi.

– Je dois être le diable, que veux-tu. Il a bon dos, Freddy…

– Contrairement à tous ces jeunes gens plus très jeunes, tu as l’air plutôt en forme.

– J’étais un diable finalement assez sage. Ou alors c’est le piment d’Espelette qui entretient ma santé…”

La nuit tombée suspendait le temps. Frédéric était pensif. De noires idées affleuraient :

« Vous connaissez la traduction de Has-been en français ? Beigbeder ! »

« Les gens ne lisent plus me livres, les gens ne regardent plus mes films, les gens ne m’aiment plus. »

« C’est une grosse erreur d’écrire ma biographie. À la sortie, ce sera un massacre. »

« Je suis devenu le loser que l’on aime haïr. »

« Même les filles ne me regardent plus. »

« Je deviens encore plus détesté que mon frère. Et pourtant Charles, politiquement, y met du sien. »

« Je ne vais plus boire que du thé vert. »

« Tu te rends compte que ceux qui aimaient lire mes romans préfèrent aujourd’hui Foenkinos, Delacourt, Dicker, Zeller ou Pancol… Quelle tristesse ! »

« Je vais finir comme Sagan : vieux, malade, ruiné, sans amis. Et je n’aurai même pas de milliardaire lesbienne pour s’occuper de moi. »

AUTEUR

Arnaud Le Guern est écrivain, journaliste (Schnock, Technikart, Service littéraire…), éditeur et flâneur non salarié. Il a publié des portraits très personnels de personnalités “cultes” (Jean-Edern Hallier, Paul Gégauff, Roger Vadim) et deux romans : Du soufre au coeur (2010), et Adieu aux espadrilles (2015), qui a été remarqué et salué par le jury Renaudot.

312 pages + cahier photos de 8 pages

19,95 €

ISBN : 9782810419722

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LES MARCHES DE L’ENERGIE - L’ENERGIE, A QUEL PRIX ?

FAVENNEC Jean-Pierre & DARMOIS Gilles
Editions TECHNIP

lesmarchesdelenergiePRESENTATION

Le début du XXIe siècle est marqué par une forte croissance des prix de l’énergie. Le prix du pétrole, à 10 $ par baril en 1999, est à 120 $ à la fin de 2012 (après avoir atteint 147 $ en 2008). Ceci reflète à la fois une augmentation de la demande et une augmentation des coûts. La perspective d’une demande soutenue, en particulier dans les pays émergents, entraîne une modification du marché mondial de l’énergie. Dans ce contexte, cette nouvelle édition fournit une présentation claire et didactique des mécanismes de fonctionnement du pétrole, du gaz et de l’électricité, avec leurs avantages et leurs limites.

A l’heure de la globalisation de l’économie, l’ouvrage analyse les conséquences du mouvement de dérèglementation des marchés sur les prix des différentes énergies, et tente de répondre à plusieurs grandes questions : pourquoi une telle volatilité des prix ? Qui prendra désormais le risque d’investir ? Les grands acteurs de l’énergie résultant du mouvement actuel de concentration seront-ils en position dominante ?

Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui veulent, par la connaissance des outils essentiels que sont les marchés de l’énergie, anticiper les mouvements de l’économie mondiale au XXIe siècle.

TABLE DES MATIERES

1. Généralités sur l’énergie, les marchés et les marchés de l’énergie.

2. Les marchés du pétrole brut et des produits pétroliers.

3. Les marchés du gaz.

4. les marchés de l’électricité.

5. Questions ouvertes et perspectives.

Glossaire.

EXTRAIT

Extrait de l’avant-propos

Cet ouvrage traite des marchés physiques et papier du pétrole, des produits pétroliers, du gaz et de l’électricité.

Le prix du pétrole se forme par la confrontation d’une offre et d’une demande globales. En ce sens, il est un prix de marché. Cet ouvrage n’aborde pas en profondeur les contraintes de la production, les déterminants de la demande mondiale ni la théorie de la fixation des prix d’équilibre. Il n’en retient que les éléments principaux, pertinents pour la description des contraintes s’imposant aux marchés physiques et papier et en déterminant les caractéristiques.

L’ouvrage présente le fonctionnement des principaux marchés tels qu’ils existent à ce jour. Il examine, en particulier, de manière détaillée le marché du pétrole brut, le plus ancien et également le plus élaboré. Historiquement, ce marché s’est développé sur le modèle des bourses de commerce. Il répondait à une finalité industrielle claire, de couverture des risques et de stabilisation des cours. L’ouvrage présente les acteurs (sociétés de trading, spéculateurs) et les outils de sophistication croissante qui sont apparus progressivement. Il décrit les marchés de couverture et de futures, en mettant l’accent sur les fonctionnements concrets et les descriptions opérationnelles.

L’arrivée d’intervenants purement spéculateurs aux cotés des acteurs industriels, avec des objectifs et des processus de décision différents, introduit de la volatilité et des risques nouveaux. L’ouvrage montre la construction progressive des règles de marché. Il évoque, sur des exemples, les pratiques douteuses (manipulations, squeezes,…) et les solutions qui peuvent être apportées. Il rappelle à cette occasion les caractéristiques des marchés de commodités et ce qui les distingue des marchés d’actions et d’autres produits financiers. L’apparition des marchés physiques du pétrole et des produits pétroliers, concomitante à la disparition du cartel et des compagnies totalement intégrées, a contribué en l’accompagnant, à l’introduction de la concurrence dans le secteur. Les autorités et les théoriciens de la concurrence ont construit un modèle dans lequel le développement d’un marché physique, avec sa multiplicité d’acteurs et de transactions, est une condition nécessaire de la dérégulation des marchés énergétiques.

La création de marchés physiques du gaz et de l’électricité résulte d’une démarche volontariste des gouvernements dérégulateurs et des autorités de la concurrence. Elle n’est pas d’origine industrielle, même si des acteurs ont vu l’intérêt qu’ils pourraient y trouver. Dans certains cas, le passage par le marché est rendu obligatoire entre le producteur et l’acheteur. Le modèle est ici le marché physique du pétrole. L’ouvrage présente les analogies entre ces énergies (coûts des investissements, structures des industries) et les différences qui ont un impact sur la création de ces marchés. Les problèmes de qualité du produit s’y posent de manière différente. La différenciation (électricité verte,…) n’y a pas le même sens que sur les marchés pétroliers, en particulier à cause des contraintes physiques beaucoup plus fortes pour le transport de ces énergies. L’existence d’un réseau de conduites pour le gaz ou de lignes électriques dont l’équilibre doit être instantané est un préalable à l’existence de marchés régionaux. Il reste des interconnexions à construire pour en étendre le champ. Le financement de ces infrastructures peut poser des problèmes que le marché doit résoudre pour prouver son efficacité.

AUTEUR(S)

Gilles DARMOIS, ancien cadre dirigeant de société pétrolière, est professeur à l’IFP School (Ecole du pétrole et des moteurs).

Jean-Pierre FAVENNEC, ancien directeur du Centre économie et gestion de l’IFP School (Ecole du pétrole et des moteurs), est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’économie de l’énergie publiés en France et à l’étranger.

Parution : 26 novembre 2012
Nb. de pages : 232 p.
ISBN : 978-2-7108-1014-8
Prix : 32.00 €

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LA LONGUE MARCHE DU DALAI-LAMA

Philippe Flandrin
Cahier photo par Thierry Boccon-Gibod.
Editions du Rocher

la-longue-marche-rencontresAu-delà de la question du Tibet et de la Chine, ce livre apporte une connaissance de l’homme.

RESUME

Ce document rassemble une série d’entretiens dans lesquels le 14e dalaï-lama évoque les différentes étapes de son cheminement personnel et politique.

PRESENTATION

Ces entretiens avec Tezin Gyatso, le XIVe Dalaï Lama, retracent les étapes de son cheminement personnel et politique à l’heure où cette incarnation du Bouddha renonce à ses pouvoirs temporels pour donner à son peuple une constitution démocratique : comment et pourquoi il est passé de la théocratie à la démocratie, son nouveau credo, le dernier avril 2011.

A une époque où s’imposent des identités confessionnelles, éthiques et sociologiques « lourdes », ce livre fait entendre la voix d’un homme qui a choisi la non violence et la tolérance pour défendre son peuple.

Philippe Flandrin qui a choisi de s’intéresser plus à l’homme politique qu’au dignitaire religieux, publie ici une véritable biographie politique du Dalaï-Lama, nourrie d’entretiens, d’enquêtes et d’une large documentation.

Ces entretiens avec le Dalaï-Lama, retracent les étapes de son cheminement personnel et politique et paraissent à un moment clef, où le Tibet engagé dans un processus de démocratisation doit compter avec les nouveaux dirigeants du parti communiste.

Dharamsala, 6 juin 2012 : dernier entretien avec chinois.

EXTRAIT(S)

« Je suis devenu le souverain du Tibet, en 1951, à l’âge de seize ans et mon pouvoir était absolu. Le 8 août 2011, j’ai transféré le pouvoir politique à un premier ministre laïque, élu par le parlement. Par cet acte, j’ai mis fin à quatre siècles de tradition durant lesquels le dalaï-lama était à la fois le chef politique et spirituel du Tibet. Nous avons ainsi achevé la démocratisation de nos institutions. Ce soir-là, chose rare, j’ai dormi à poings fermés. Pas de rêves ! Rien ! »

Et Tenzin Gyatso le quatorzième dalaï-lama a éclaté de rire. Nous étions en 2012, à la fin du printemps. Lorsque je l’avais rencontré pour la première fois à Paris, trente ans auparavant, le dieu-roi, à la force de l’âge, portait le toit du monde sur ses épaules. Parvenu au seuil du grand âge, il entendait imposer la démocratie au Tibet et en Chine. J’ai tenté de comprendre et de relater la longue marche de l’absolutisme vers la démocratisation de cet homme qui, un jour, a dit : « Je ne suis qu’un être humain, accidentellement tibétain, devenu moine bouddhiste. »

L’AUTEUR

Philippe Flandrin, écrivain et journaliste, est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’Inde et à la Chine, anciennes et contemporaines. Témoin des grands événements politiques survenus dans cette partie de l’Asie depuis la guerre du Bangladesh en 1971.

Formé à l’école de la Sorbonne et d’André Malraux, avec qui il a travaillé, Philippe Flandrin s’est passionné pour l’histoire et les arts de la civilisation afghane. Correspondant de guerre (La Croix, Actuel, Paris-Match, Le Figaro), il a effectué de nombreux séjours clandestins en Afghanistan.

Journaliste à la BBC, il a suivi la piste des œuvres d’art cambodgiennes et afghanes retrouvées sur le marché de l’art londonien. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels, publiés aux éditions du Rocher : Les Sept Vies du mandarin français, Le Trésor perdu des rois d’Afghanistan…

Parution : 30 novembre 2012
Nb. de pages : 317 p.
ISBN : 978-2268074689
Prix : 20 €

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LOUIS XI OU LE JOUEUR INQUIET

Amable Sablon du Corail
Belin

louis-xi-ou-le-joueur-inquietJamais, depuis le règne de Philippe Auguste, le domaine royal ne connut une telle extension. Il est temps à présent de monter à cheval et de suivre Louis XI aux quatre coins du royaume, dans son activité forcenée.
Pour les passionnés d’Histoire. Vous y trouverez dans cet ouvrage tout sur le personnage, ce roi qui transforma la monarchie française grâce et via à son Etat en formation.

PRESENTATION

« Chez lui comme chez tous les autres princes que j’ai connus ou servis, j’ai vu du bien et du mal, car ils sont hommes comme nous ; à Dieu seul appartient la perfection ». Comme le relève Amable Sablon du Corail dans son érudit ouvrage Louis XI ou le joueur inquiet, c’est en ces termes que Philippe Commynes qualifiait naguère son maître, dont il avait été l’un des plus proches serviteurs.
Artisan acharné de l’unité territoriale de la France, Louis orienta la monarchie vers l’absolutisme et s’efforça d’unifier l’organisation administrative de l’Etat. De surcroît, il œuvra activement au décollage économique du pays. Redouté, le roi ne fut jamais aimé. Toute son existence, il garda un caractère tourmenté et inquiet.

RESUME

Jamais roi de France n’a été mieux obéi ni aussi craint que Louis XI à la veille de sa mort, en 1483. Le domaine royal s’est agrandi de moitié, aux dépens des grands fiefs et des apanages. Les frontières du royaume ont été repoussées vers le Nord, l’Est et le Sud. Que d’épreuves, cependant, pour en arriver là !
Louis XI dut sa victoire à sa volonté, qui lui permit de triompher de tous et d’abord de lui-même. Loin d’avoir été une machine froide et efficace, au service exclusif de l’état et de la construction de la nation française, Louis XI était un homme anxieux, impatient, dominé par ses passions. Sans la force de l’institution monarchique française, sans la puissance démographique et financière du royaume, les nombreuses fautes politiques qu’il commit à son avènement lui auraient sans doute été fatales.
Après un début de règne calamiteux, les maladresses et l’arrogance de Louis XI suscitèrent contre lui la ligue du Bien Public, formidable coalition qui fit chanceler son trône. Au Bien Public succédèrent les complots princiers, le grand duel avec Charles le Téméraire, les menaces d’invasion anglaise.
En rupture radicale avec l’idéal de « bon gouvernement » de son temps, Louis XI sacrifia tout à sa volonté de puissance, le droit, la justice, et parfois l’honneur. A la suite de ses prédécesseurs, il étouffa tout ce qui pouvait limiter l’absolutisme naissant de la monarchie française. Les succès et les échecs du roi sont à la mesure de sa personnalité exceptionnelle et violemment contrastée. Leur étude contribue à rendre à Louis XI son originalité et son humanité.

TABLE DES MATIERES

L’ENFANCE
LA PRAGUERIE, DIEPPE ET LES SUISSES
LE DAUPHINE
LES PAYS-BAS BOURGUIGNONS
L’AVENEMENT
LOUIS XI, L’EUROPE ET LES PRINCES
LOUIS XI REFORMISTE
LA GUERRE DU BIEN PUBLIC : MONTLHERY
LA GUERRE DU BIEN PUBLIC : LE SIEGE DE PARIS
UN DIFFICILE RELEVEMENT

L’AUTEUR

Amable Sablon du Corail est conservateur du patrimoine au Service historique de la Défense, au château de Vincennes, où il dirige le département de l’innovation technologique et des entrées par voie extraordinaire. Il est diplômé de l’école des chartes et de l’école du patrimoine.

Parution : 20 juin 2011
Nb. de pages : 450 p.
ISBN : 978-2701152455
Prix : 35,50 €

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LE CHIEN NOIR DU DESTIN

Peter Balakian
Métis Presses

le-chien-noir-du-destinParler d’avant et d’ailleurs pour mieux définir le présent … américain.
Le chien noir du destin a obtenu un succès considérable aux Etats Unis, où il a obtenu le Pen / Albrand Award, et il a été Best Book of the Year du Los Angeles, Publishers Weekly, Library Journal.

PRESENTATION

Le récit se déroule dans les riches quartiers du New Jersey, où Peter Balakian grandit et s’immerge dans l’enfance typique d’un garçon américain des années 50 et 60. Dans cette atmosphère radieuse gît cependant le spectre du traumatisme que sa famille et ses ancêtres ont subi lors du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman en 1915. Dans une prose élégante, spirituelle et poétique, Le chien noir du destin retrace l’éveil progressif de l’auteur à ces événements et à leurs conséquences dans le présent. Dans ce voyage personnel, Balakian apprend à interpréter les mythes folkloriques, les métaphores abruptes et les silences douloureux d’une famille composée de matriarches et de marchands, de médecins et d’évêques, d’une héroïque grand-mère survivante du génocide, et de ses tantes, deux figures connues dans le monde de la littérature. En mettant au jour les secrets passés de sa famille, Le chien noir du destin est aussi l’histoire de ce que signifie être américain.

LU DANS LA PRESSE

Peter Balakian face au passé arménien

Sous-titré : « Un jeune Américain découvre son passé arménien », le Chien noir du destin, mémoires du poète et essayiste Peter Balakian, est un livre majeur. Récompensé par le prestigieux prix littéraire PEN-Martha Albrand, ce best-seller aux Etats-Unis n’est pas un récit de rescapé mais de descendant. Né en 1951 dans le New Jersey, Balakian y raconte avec humour, verve et émotion, comment il a appris, presque par effraction, le sort de sa famille, décimée en 1915, lors du premier génocide du XXe siècle.
Américain de la troisième génération, l’auteur, aîné d’une fratrie de quatre enfants, ignore tout du passé. Pourtant, ses deux parents sont arméniens. Son père, médecin prospère, est issu d’une célèbre famille d’intellectuels d’Istanbul. Sa mère descend d’une lignée de marchands de soie de Diyarbakir. Mais, dans la famille, un silence tenace recouvre le passé. Même sa grand-mère, Afina, survivante des marches de la mort vers le désert syrien de Deir ez-Zor, ne laisse rien filtrer, hormis ses cauchemars. Entre eux, les adultes parlent arménien, et toute question se heurte à un mutisme obstiné. Au point que le jeune Peter se rêve juif et rejette les savoureux repas du dimanche, leur préférant le sport et la junk food.
Le déclic viendra à 23 ans de la lecture d’Henry Morgenthau, ambassadeur américain en Turquie au temps des massacres et auteur d’un témoignage accablant. Balakian exhume alors l’histoire familiale, « un singulier cadeau pour un jeune écrivain » et découvre le négationnisme turc : il en devient un fervent combattant.
(Par Anne Dastakian, le 11 février 2012, Marianne)

EXTRAIT

Préface à l’occasion des dix ans de l’édition américaine.
Lorsque l’occasion s’est présentée pour une nouvelle édition par Basic Books, quelque dix ans après la première publication de Black Dog of Fate, mon ancienne éditrice Gail Winston, qui avait eu vent de mon voyage en Syrie en mai 2005, me proposa d’écrire un nouveau chapitre pour cette nouvelle édition. J’ai trouvé l’idée intéressante, incarnant le soutien de Gail pour que ce récit continue, et nous avons repris contact.
Ce qui avait été une tournée de conférences au Liban et en Syrie s’avéra, d’une manière spontanée et révélatrice, un voyage dans l’univers perdu de ma grand-mère, réfugiée à Alep de 1915 à 1920, suite aux convois de la mort où l’envoya en août 1915 le gouvernement turc. D’Alep, mon périple me conduisit à Deir-es-Zor, dans le désert syrien à plus de deux cents kilomètres à l’est, une zone aride qui fut l’épicentre de mort lors du génocide arménien, un lieu qui a fini par incarner ce qu’Auschwitz signifie désormais dans l’histoire de la Shoah. Deux chapitres - «En route vers Alep, mai 2005» et «Ossements» - prolongent donc le récit. J’espère que le lecteur découvrira en eux la continuation organique de mon exploration à l’intérieur d’un sombre passé et de l’évocation de ma famille disparue.
J’ai saisi aussi cette occasion pour restituer au texte quelques petites choses qui avaient été retirées de mes premiers brouillons. Dans «Liberté, New Jersey», j’ai restitué quelques paragraphes concernant le rock’n'roll, dont un court développement à propos de Bob Dylan. Dans «Enchaînement de mots», je rends à mon père quelques paroles de sagesse qu’il m’a transmises. A l’occasion, j’ai identifié des amis par un ou deux mots de plus. J’ai modifié l’orthographe du nom de l’évêque Balakian, Krikor, son prénom d’origine, en Grigoris, orthographe classique de son prénom, qu’il adopta lors de son ordination et qu’il utilisa comme auteur. Enfin, comme tant de travaux de recherche significatifs sur le génocide arménien sont parus depuis la publication de la première édition, j’ai mis à jour la bibliographie, ajoutant certains ouvrages scientifiques importants publiés ces dernières années.

L’AUTEUR

Peter Balakian est né dans le New Jersey en 1951. Il enseigne à l’Université de Colgate. Il a publié cinq recueils de poèmes, dont le plus récent est June-tree : New and Selected Poems 1974-2000, ainsi que Le tigre en flammes. Le génocide arménien et la réponse de l’Amérique et de l’Occident (éditions Phébus, 2005).

Parution : 6 octobre 2011
Format : Broché
Nombre de pages : 416 p.
ISBN : 978-2940406395
Prix : 24 €

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UN MONDE DE MOTS

Anne Cunoe
Bernard Campiche Editeur

un_monde_de_motsPRESENTATION

John Florio est né en Angleterre d’un père italien et d’une mère probablement anglaise ; il a grandi dans les Grisons suisses, puis, après des études à Tübingen, est retourné en Angleterre où cet Européen polyglotte a été le professeur d’italien, et parfois de français (langue qu’il parlait couramment), d’hommes et de femmes issus de toutes les classes sociales - marchands, nobles, artistes, princes et jusqu’à une reine; il se pourrait que Shakespeare ait été un de ses élèves. Son dictionnaire italien-anglais et sa traduction des Essais de Montaigne en anglais sont de véritables monuments, à la fois linguistiques et culturels.
Un monde de mots (titre emprunté au dictionnaire italien-anglais de John Florio) clôt une sorte de trilogie.
Le premier volet, Le Trajet d’une rivière, retrace l’histoire de Francis Tregian, le collectionneur du célèbre Fitzwilliam Virginal Book ; le deuxième, Objets de splendeur. Monsieur Shakespeare amoureux, permet de connaître la première femme écrivain publiée en Angleterre.
La trilogie se conclut sur Un monde de mots, qui raconte la vie et les aventures de John Florio, un des hommes qui ont, de façon ouverte ou souterraine, façonné la culture européenne.

EXTRAIT

La nuit était très noire. Dans le haut mur de la sombre bâtisse, une petite porte, la seule de l’enceinte, s’était ouverte avec un bruit sourd. En scrutant la pénombre, on aurait pu deviner deux hommes. Ils tiraient un tombereau d’où s’exhalait une puanteur pestilentielle.
Ils étaient sortis précautionneusement, en veillant à ne rien heurter, et la nuit les avait absorbés. A cause du mur du couvent, et du tumulus inhabité qui lui faisait face, aucun lumignon n’éclairait leur départ. Ils marchaient avec une hâte qu’un observateur aurait, de jour, pu trouver suspecte. Mais personne ne les voyait. Ils avaient pris soin de choisir une nuit de nouvelle lune. On entendait à peine le craquètement des roues sur le gravier de la ruelle. Ils étaient finalement arrivés à une sorte de terrain vague, où un oeil perspicace aurait sans doute distingué les ruines dans le noir - l’ancien Forum, désert à cette heure-là. Ils s’étaient arrêtés, et avaient attendu. Pas un mot n’avait été échangé.
« Ogni terra ha guerra - tout pays a sa guerre », avait fini par murmurer une voix qui les avait fait sursauter. Elle semblait suspendue dans la nuit - les contours du parleur étaient invisibles ; pas d’étoile, pas la moindre lueur, le ciel était couvert.
« Ogni corpo ha la sua ombra - tout corps a son ombre », avait répliqué une voix peu assurée. C’étaient les formules convenues.
« Le Seigneur soit avec nous », avait conclu la voix anonyme. « C’est toi, Lorenzo ? »
« Moi-même. Que Sa volonté soit faite. »
Le premier obstacle était franchi, ils s’étaient retrouvés. Par une telle nuit, cela tenait du miracle.
« Qu’est-ce que c’est que cette odeur ? » avait repris le nouveau venu. « Vous m’avez amené les excréments de ces beaux messieurs, ma parole. Il n’y a qu’eux pour puer pareillement. »
« On a choisi un chargement qui ne donnerait à personne envie de fouiller », lui avait-on répliqué avec un gloussement sardonique.
« Vous avez le paquet ? »
« Oui. Il est sous les excréments, mais en mauvais état. Et il faut que vous nous emmeniez, nous aussi, parce que nous risquerions qu’on nous torture pour nous faire parler. »
Un silence.
« Ce n’était pas prévu », avait fini par dire le dernier venu. « Mais j’aurais dû y penser. Vous avez de la famille ? »
« Pas à Rome, les miens sont dans le Nord », avait dit l’un.
« Je n’ai personne », avait répondu l’autre, « je suis enfant trouvé. »
« Alors, pas de risque qu’on les arrête à votre place. Allons-y. »
Les deux moines avaient cherché du pied, à tâtons, une surface herbeuse, l’avaient trouvée, y avaient déversé leur tombereau. Sous les détritus, un ballot oblong. Ils avaient déroulé la toile qui l’enveloppait. S’il n’avait pas fait si sombre, on aurait pu voir un homme inerte, à moitié nu. Le plus costaud des deux moines l’avait chargé en travers de ses épaules, comme un paquet.
« Faisons vite, maintenant », avait-il dit d’une voix sourde. « Je ne suis même pas sûr que tout cela ait valu la peine, il est plus mort que vif, votre héros. »

L’AUTEUR

cuneo_anneAnne Cuneo est née à Paris de parents italiens, Suissesse par mariage. Licenciée ès lettres et ès sciences pédagogiques de l’Université de Lausanne, puis formation de Conseil en publicité et de journaliste. Ecrivain de livres « »ittéraires » et « documentaires ». Ecrit et met en scène pour la radio, la télévision et le théâtre. Depuis 1981 travaille aussi dans les métiers du cinéma, comme assistante, scénariste, puis comme journaliste et réalisatrice, soit de façon indépendante, soit à la Télévision suisse.
Après une première phase autobiographique, Anne Cuneo découvre, à travers l’expérience théâtrale et cinématographique, les potentialités d’une forme de roman inspirée de la réalité mais susceptible de prendre des libertés avec elle pour en mettre en valeur certains aspects. Utilisée pour la première fois avec Station Victoria, elle a permis l’écriture d’œuvres basées sur des personnages réels. Dans Le Trajet d’une rivière, c’est la redécouverte d’un personnage oublié, et capital, de l’histoire de la musique. Dans Objets de splendeur, il s’agit d’un regard différent sur la vie amoureuse du jeune Shakespeare. Le Maître de Garamond raconte l’histoire d’Antoine Augereau, imprimeur à qui l’on doit maintes caractéristiques de l’orthographe moderne, et de ses rapports avec le plus célèbre de ses apprentis, Claude Garamond. Zaïda est l’itinéraire d’une femme née en 1860, qui, l’année de ses cent ans, entreprend le récit de sa vie.
Anne Cuneo est également l’auteur d’une série de romans policiers (qu’elle qualifie plutôt de « romans sociaux ») solidement enracinés dans la réalité sociale contemporaine. Et enfın, Un monde de mots raconte l’histoire de John Florio, auteur du premier dictionnaire italien-anglais de l’histoire et traducteur de Montaigne en anglais.
Anne Cuneo collabore au Téléjournal à Genève et à Zurich, où elle demeure conjointement aujourd’hui. Ses ouvrages, constamment réédités et traduits en allemand, sont tous de grands succès de librairie en Suisse.
En juillet 2010, Anne Cuneo a été nommée par Frédéric Mitterand, ministre de la Culture de l’État français, Chevalier des Arts et des Lettres.

Parution : 8 septembre 2011
Nb de pages : 560 p.
ISBN : 978-2882412973
Prix : 21,50 €

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MA VIE AVEC MESRINE

Sylvia Jeanjacquot
Plon

ma-vie-avec-mesrineSylvia a d’abord rencontré Jacques. Puis Jacques lui a présenté Mesrine. Elle accepte alors de prendre les deux. Et de faire avec … jusqu’au 2 septembre 1979, jour où l’ennemi public numéro un a été tué par des policiers, dans sa voiture. Sylvia était à ses côtés. Dans son livre Ma vie avec Mesrine, elle raconte sa vérité sur l’homme pour qui elle a accepté de vivre dans la clandestinité.

PRESENTATION

Sylvia Jeanjacquot a été la dernière compagne de Jacques Mesrine. Elle a vécu l’ultime cavale de celui qu’on appelait l’ennemi public numéro un. Depuis le moment où il l’aborde dans le bar de Pigalle où elle travaille jusqu’à la fusillade fatale dont elle réchappe miraculeusement, elle a décidé de tout dire.
Trente ans plus tard, les souvenirs de cette femme sont intacts. Au-delà du mythe, au-delà du cinéma, on découvre dans ces pages un Mesrine inédit et intime, celui que Sylvia Jeanjacquot a aimé au point de s’embarquer à ses côtés dans une folle aventure, façon Bonnie and Clyde.

Emission sur France-Info du dimanche 06 novembre 2011.

Parution : 22 septembre 2011
Nb de pages : 237 p.
ISBN : 978-2259214360
Prix : 18 €

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LA REVOLUTION DU PASTEUR RAPPEUR

Manou Bolomik et Paul Ohlott
Première partie

la-revolution-du-pasteur-rappeurRESUME

Manou, pasteur d’une Eglise évangélique et chanteur de rap chrétien aborde son histoire personnelle, depuis son enfance difficile dans une famille des bidonvilles du Cameroun jusqu’à sa découverte de Dieu auprès d’un ami chrétien.

PRESENTATION

C’est dans le ghetto camerounais de Mokolo surnommé « Madagascar » que Manou Bolomik voit le jour. Sa mère n a que 17 ans quand il naît. Combats de rue, alcool, malnutrition plantent le décor de ce bidonville où il passera toute son enfance.
Ce contexte et plusieurs deuils familiaux viennent assombrir la vie de Manou qui s’enferme dans la haine, la violence, la pornographie… Le rap devient l’exécutoire de sa colère. Le jour de la rentrée, il est renvoyé de son lycée, malgré tous les efforts de sa mère pour rassembler des économies année après année pour lui offrir d’aller à l’école. Cette sentence irrémédiable réduit en cendres tous ses espoirs de réussite. C’est alors que sa vie bascule totalement au travers d’une rencontre forte, celle de Dieu.
Des bidonvilles du Cameroun aux défis à relever par l’Église de France, ce livre-entretien avec le journaliste Paul Ohlott est un témoignage puissant de rédemption. Plus qu’un récit de vie, il s’intéresse aux enjeux actuels des Églises ethniques en France et de l’évangélisation.

L’AUTEUR

Manou est chanteur de rap chrétien. Son 3e album, « Révolution », le classe définitivement dans les éléments majeurs de la scène rap française. Il se produit régulièrement en concerts (France métropolitaine, Québec, DOM TOM…) et a écoulé plus de 15 000 albums. Installé à Pau, il est pasteur d’une église évangélique et père de deux enfants. Son ministère est très riche et diversifié, et trouve son impact le plus fort auprès des jeunes (prévention contre le suicide, la pornographie, l’avortement, ateliers artistiques…).

Parution : 11 novembre 2011
Nb de pages : 116 p.
ISBN : 978-2916539607
Prix : 12 €

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JE SUIS NE SAUVAGE, PAYSAN… ET ENTREPRENEUR !

Eric Favre
Editions Terre d’Hommes

je-suis-ne-sauvage-paysan-et-entrepreneurFidèle à ses racines de paysan, l’auteur, autodidacte, montre qu’il est possible de réussir encore simplement et pose les bases d’une nouvelle économie soucieuse de ses PME.
Dirigeant d’une entreprise spécialisée dans les compléments alimentaires et les produits de bien-être bio, l’auteur retrace son parcours et évoque les valeurs et les convictions qui ont fait sa réussite.

PRESENTATION

On dit que pour devenir patron, il faut avoir fait des études. Eric Favre est autodidacte. On dit que pour créer son entreprise, il faut des aides publiques. Eric Favre ne s’est jamais tourné vers l’Etat providence. On dit que pour obtenir un crédit de son banquier, il vaut mieux porter costume et cravate. Eric Favre s’habille jean et santiag. On dit que pour être un bon businessman, il faut rester dans la norme. Eric Favre n’est pas un businessman, c’est un entrepreneur.
Ce livre tonique et direct, à l’image d’Eric Favre, montre comment on peut rester fidèle à ses racines de paysan, droit dans ses santiags et porté par l’amour du vivant et du naturel, et devenir patron d’une des PME de produits naturels de santé et de bien-être les plus dynamiques du pays, présente dans une cinquantaine de pays de par le monde.
Attention toutefois : si vous préférez les personnages lisses et prévisibles, Eric Favre est hors normes et instinctif ; si vous pensez que la réussite passe par des étapes obligées, Eric Favre n’a jamais établi de plan de carrière ni de stratégie de marché ; si vous préférez le monde économique qui fait toujours de la même chose et se rassure en obtenant toujours du même résultat, passez votre chemin car Eric Favre est de ceux qui posent les bases d’une nouvelle économie, de celle que les humains pris dans la mondialisation anarchique appellent de leurs voeux.
Rencontre avec un patron rock’n roll ébouriffant et visionnaire…

SOMMAIRE

Préface de François TURCAS

Introduction à l’entretien par Ronald MARY

Préambule : Hommage à Sitting Bull par Eric FAVRE

ABECEDAIRE DE MES VALEURS FONDAMENTALES

Amour / Argent / Audace / Bodybuilding et culturisme / Courage, Education, développement personnel et formations / Famille, solidarité familiale et patriarche / Johnny HALLYDAY / Leader et Patron / Loyauté / Non ! Savoir dire non / Pardon / Partage / Persévérance / Pouvoir / Respect, reconnaissance et tolérance / Rêve / Santé / Simplicité / Travail / Trois chênes / Vision / Mes objectifs.

COUPS DE GUEULE !

- Hypocrisie et incompétence des politiques face aux laboratoires pharmaceutiques et à l’industrie agroalimentaire
- Médias et surinformation négative
- Les conglomérats qui se préparent sont inévitables… peut être…
- Mon monde d’hier et d’aujourd’hui
- Immigration
- Les politiques, l’Etat et le peuple français

CONCLUSION
France bouge-toi !

Secrets d’alchimistes.

Un sourire, un espoir pour la vie

L’AUTEUR

Ayant déserté les bancs de l’école une bonne partie de sa scolarité pour travailler à la ferme avec son grand-père, le héros de son enfance, Eric Favre obtient un BEP agricole. Pourtant, il remet en cause cet avenir tout tracé et quitte l’exploitation agricole au grand dame de son aïeul.
Il n’a guère le profil de l’homme d’affaires classique. Pourtant, ce battant s’est imposé sur un marché très convoité, celui du bien-être. A 48 ans, Eric Favre incarne la génération des entrepreneurs sans complexes, sans tabous, tournés vers la créativité et la conquête des marchés internationaux.

Parution : 10 novembre 2011
Format : Broché
Nb de pages : 210 p.
ISBN : 978-2-917764-13-8
EAN13 : 9782917764138
12 Euros.

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FREUD. UNE BIOGRAPHIE DESSINEE

Corinne Maier et Anne Simon
DARGAUD

freudCette biographie dessinée retrace la vie du psychanalyste, dans un univers graphique inspiré de Vienne dans les années 1920.

RESUME

Il est aussi connu que Shakespeare ou Einstein. Il a plus de trois millions de références sur Google… « Je m’appelle Sigmund Freud. Je suis né dans une petite ville d’Autriche-Hongrie, j’ai vécu à Vienne et je suis mort en 1939 à Londres. Mais je ne suis pas vraiment mort… » Qui était Sigmund Freud ? C’est dans la Vienne du début du XXe siècle qu’il découvre un continent encore inexploré : l’esprit humain. Il inventé la psychanalyse nous dit-on. En toute modestie, il le déclare : « Je cherche à libérer l’humanité ! » Voici l’histoire d’un des hommes les plus importants du XXe siècle…

PRESENTATION

La biographie dessinée d’une des personnalités les plus importantes du XXe siècle, dont l’actualité reste, un siècle plus tard, toujours brûlante. Freud, une valeur sûre de l’édition.
L’auteur des best-sellers Bonjour paresse et No kids raconte la vie de Sigmund Freud dans une bande dessinée à la fois drôle et sérieuse, servie par un graphisme plein de charme et d’imagination. Onirique ! Chaque case est un voyage amusant et psychédélique dans le monde freudien.

LU DANS LA PRESSE

Sigmund Freud en bande dessinée ? Pourquoi pas, à condition de ne pas tomber dans le pensum édifiant et didactique, traité dans un style réaliste ennuyeux propre à certaines bios en BD. Anne Simon et Corinne Maier (devenue célèbre avec ‘Bonjour paresse’ et ‘No Kid’) ont relevé le défi avec brio, mêlant récit historique et fantaisie bienvenue. Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, c’est oncle Sigmund himself qui fait office de narrateur à travers une succession de petites scènes comme le cas Dora, le complexe d’Œdipe ou l’homme aux rats - bref, les grands classiques de la saga freudienne, traités avec une légèreté réjouissante qui n’empêche pas le sérieux. Au-delà de l’aspect pédagogique – la vie et l’œuvre de Freud racontées à ceux qui ne les connaissent pas vraiment -, c’est le graphisme qui donne tout son charme à cet album. Le trait d’Anne Simon est tout en humour et en finesse. Et la dessinatrice propose d’excellentes astuces graphiques pour traduire en images certains concepts freudiens ou certains épisodes de l’existence du grand homme, confirmant ainsi l’adage selon lequel un bon dessin vaut toujours mieux qu’un discours alambiqué. Comme le rappelle Freud, son nom est synonyme de « joie ». Et justement, voilà un album joyeux qui fait preuve d’une bienveillance typiquement freudienne à l’égard de son sujet. Tiens, si ça se trouve, même Michel Onfray va l’apprécier…
(Critique sur le site Evene par Christophe Quillien)
http://www.evene.fr/livres/livre/anne-simon-et-corinne-maier-freud-une-biographie-dessinee-45175.php?critiques#critique-evene

Corinne Maier est née en 1963 à Genève. Essayiste, historienne, économiste, psychanalyste, elle est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages de “non-fiction”, dans des domaines différents mais qui, à ses yeux, se recoupent : psychanalyse, société, histoire, humour et pamphlets. Certains de ces ouvrages ont été des best-sellers traduits dans de nombreuses langues (entre autres, Bonjour Paresse, 2004, et No Kid, 2007).
Ses travaux récents ont porté sur le triptyque “travail-famille-patrie” cher au maréchal Pétain. Désignée comme icône de la contre-culture par le New York Times, elle assume tranquillement le fait de n’être membre de rien, d’aucun courant de pensée, d’aucune société savante, d’aucune tendance politique, d’aucun groupe psy, et de n’être salariée par personne.

Anne Simon est née en 1980 dans les Deux-Sèvres. Elle étudie aux Beaux-Arts d’Angoulême et à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Paris. Elle reçoit en 2004 le prix “Jeunes Talents” au FIBD d’Angoulême et sort sa première bande dessinée “Perséphone aux Enfers” en 2006.
Très active au sein des éditions Misma, elle collabore régulièrement à la revue de bande dessinée indépendante Dopututto. Elle prépare actuellement un livre sur Freud, en collaboration avec Corinne Maïer et travaille en parallèle pour la presse et l’édition jeunesse (Bayard, Gallimard, Albin Michel, Actes Sud…).

Format : Album
Parution : 28 octobre 2011
ISBN : 978-2-205-06828-3
EAN : 9782205068283
Nb. de pages : 54 p.
Dimensions : 22,7cm x 29,8cm x 1,2cm
13,95 euros.

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ROMAIN GARY - JEAN SEBERG : UN AMOUR A BOUT DE SOUFFLE

Pol-Serge Kakon
Hugo&Cie

un-amour-a-bout-de-souffleUne mise en lumière inédite d’un couple de légende. Ce récit biographique met en lumière la rencontre fulgurante en 1959, et l’histoire personnelle de deux êtres d’exception aux destinées tragiques et emblématiques d’une époque ; cahier central de photos en noir et blanc, bibliographie, filmographie.

Vingt-quatre ans les séparent ; la géographie, la langue et la culture aussi, mais, en 1959, le destin va s’attacher à rendre aussi inattendue qu’inéluctable, la rencontre de l’auteur de La promesse de l’aube et de l’actrice américaine, qui deviendra avec le film « A bout de souffle » l’icône de la Nouvelle Vague.
Au gré des événements qui ont fait le vingtième siècle, Romain Gary et Jean Seberg auront connu l’engagement, la célébrité, les grands de ce monde, des passions, des succès, des déchirements et une fin tragique l’un et l’autre.
A la manière d’un roman vrai, ce récit biographique met en lumière la rencontre fulgurante et l’histoire personnelle de deux êtres d’exception, emblématiques d’une époque, dont le couple aux amours tumultueuses, façonné à leur image, est devenu légendaire.

EXTRAIT

A vingt et un ans, elle a déjà tutoyé le succès, connu les brimades et les humiliations, appris à dire, à rire, à pleurer sur demande. A présent, on lui trouve la beauté de l’ange, celle du diable aussi. Des célébrités lui serrent la main, des passants lui sourient dans la rue. Elle a cru connaître l’amour. En fait, tout est arrivé si vite, trop tôt ou trop tard.
Elle a voulu satisfaire aux convenances et s’est mariée peu de temps auparavant. Ce soir-là, elle s’est un peu forcée pour accompagner son mari à ce dîner somme toute protocolaire. Et voilà que son coeur s’est soudain dérobé quand l’homme est entré dans le salon. Cette rencontre, depuis longtemps tapie dans la part d’ombre d’elle-même, elle l’appréhendait, s’y préparait depuis toujours. Le sentiment de panique qui s’est d’abord emparé d’elle a cédé la place au défi. Le dos au mur, elle est prise du vertige de l’actrice qui sent se former dans sa voix l’intonation qui va ensorceler ses mots, et dans ses membres les postures qui feront parler son corps. Cet homme concentre quelque chose d’irréel et d’éperdument vrai, de fort, de libre. Soudain prise d’une ivresse de transgression, elle a envie de se jeter dans ses bras, de dire : emmène-moi
Lui a quarante-cinq ans, l’âge qui se voudrait d’or, sur la ligne jaune entre un passé encore bouillonnant d’exigences et un présent peuplé d’impatiences. Il n’est pas du genre à donner du temps au temps ; il sait bien que cet âge qu’on dit mûr n’est autre qu’un âge ingrat, bardé d’expériences et d’épreuves qui ne sont là que pour vous rappeler à l’ordre, à la raison.
Elle a le teint de l’Amérique de la campagne, sans fard, les cheveux blonds coupés courts. Il y a du bonheur dans ce corps aux formes pleines et déliées à la fois qui rappelle les filles qu’on croise un jour sur les campus de Californie.
Il est grand, bel homme. Mais le prédateur en lui toujours prêt à bondir hésite. Depuis la seconde où cette jeune femme l’a défié du regard, il est en alerte et se hâte de rassembler ses éléments comme un soldat fourbit ses armes : une certaine hauteur exigée par sa fonction, le mot d’esprit, la curiosité, qui attesteront de ses succès, la prestance qui témoignera de sa jeunesse baroudeuse, héroïque.

Emission Livres et Vous du Samedi 25 Juin – Pol-Serge Kakon sur Radio Campus.

Pol-Serge Kakon, écrivain, auteur de chansons, peintre, court le monde entre concerts et expositions, mais revient toujours dans le Quartier Latin, où il a fondé voici près de quarante ans Le Bateau Ivre, qui a été un haut lieu de la chanson poétique.
Auteur de romans, il a publié La porte du lion (Ed. Souffles), Kahéna la magnifique et Rica la Vida aux Éditions Actes Sud, et L’Opéra Plouf (Ed. Flammarion).

Parution : 7 juillet 2011
Format : Broché
Nb. de pages : 220 p.
Dimensions : 13,1cm x 20,2cm x 1,9cm
ISBN : 978-2-7556-0781-9
EAN : 9782755607819
15 Euros.

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LE CHAGRIN

Lionel Duroy
J’ai Lu

le-chagrin

Peut-on vraiment tout écrire, au risque de rompre avec ses proches ? Une histoire familiale et personnelle. Un roman qui a reçu le Grand prix Marie Claire du roman d’émotion 2010.

De l’occupation à nos jours, Lionel Duroy retrace la lente déliquescence d’une famille au fil des événements terribles de la seconde moitié du siècle. Le portrait d’un enfant pris au piège de la fatalité familiale.

Présentation : Au départ, c’est un couple amoureux qui convole durant l’Occupation. le mari est issu de la noblesse désargentée ; d’une grande beauté, l’épouse aspire à une vie mondaine digne de sa récente particule. En catholique zélés, ils donnent naissance à onze enfants, tandis que toute la maisonnée mène aveuglément un train de vie de grands bourgeois. Prêt à se lancer dans les entreprises les plus hasardeuses pour satisfaire les exigences de sa bien-aimée, le père accumule en secret des dettes exorbitantes. La chute n’en est que plus rude. Expulsion des beaux quartiers, humiliation sociale… toute la tribu est relogée dans une cité lugubre où ne tiennent aucun des meubles fabriqués sur mesure pour le bel appartement de Neuilly. La paix du ménage se fissure, tout comme l’équilibre psychologique de la mère. Commence une longue série de galères - de magouilles paternelles en crises de nerfs maternelles. le narrateur, l’un des enfants, est le témoin épouvanté des calamités qui s’amoncellent au-dessus du foyer familial. Un chagrin qui pèsera sur ses épaules durant toute son existence. De 1940 à nos jours, la société française connaîtra elle aussi de grands bouleversements. Mais jamais cette famille ne sera du bon côté des événements politiques. Défenseur de Pétain sous l’Occupation, opposé de nouveau à de Gaulle lorsqu’il « abandonne » les Français d’Algérie, et pestant contre ces « gauchistes » qui, en 68, incendient Paris du haut de leurs barricades, le père est toujours à contre-courant des grands mouvements libérateurs. Etc…

LU SUR LES BLOGS

* Peut-on vraiment tout écrire, au risque de rompre avec ses proches ?
Lionel Duroy a fait de sa vie des romans, depuis le premier, Priez pour nous !, paru en 1990 (éditions Barrault). Journaliste, Duroy vient de perdre son travail. L’envie d’écrire un roman le tenaille depuis longtemps, il se retrouve au pied du mur, et couche sur le papier l’histoire d’une famille d’aristocrates désargentée, composée d’un père sans qualification particulière et sans grand courage, d’une mère qui nourrit des rêves de grandeur et refuse d’affronter la réalité, et de neuf enfants qui devront apprendre très tôt à se débrouiller tout seuls entre ces géniteurs irresponsables. Une enfance calamiteuse entre des parents irresponsables.
Cette histoire est en fait celle de Lionel Duroy (de son vrai nom Duroy de Suduiraut). Il n’a rien oublié de son enfance calamiteuse : les crises d’hystérie de sa mère; les mensonges de son père pour apaiser sa femme; les lettres d’huissiers qu’il fallait cacher; l’expulsion de l’appartement de Neuilly pour aller vivre dans une HLM de banlieue; les journées passées dans la voiture de son père, représentant de commerce, pour ne pas avouer à la mère que les enfants ont été chassés de l’école privée de Neuilly faute d’argent… et toutes les autres humiliations. Alors il écrit, tout. Le roman est publié, et ses frères et sœurs rompent avec Duroy, pour avoir porté à la connaissance du public une histoire qui selon eux leur appartient, et qu’ils n’ont pas forcément vécue de la même façon. L’auteur a beau leur expliquer que s’il ne publie pas ce livre, il en mourra, la fratrie de veut rien savoir. Pire encore, la porte se ferme aussi pour les enfants de Duroy, pourtant attachés à leurs cousins. Son fils n’a que six ans.
(Source : Suite101.fr)

* Je n’ai pas lâché ce livre (cette autobiographie). L’auteur raconte son histoire, de l’enfance à aujourd’hui, sa famille et surtout ses parents, cette tribu de onze enfants (si on les compte tous), ses errances, son adolescence pendant laquelle il fut, un temps, déscolarisé, ses premiers boulots de “manard”,  sa découverte de la littérature, son entrée dans le journalisme, ses voyages en Égypte, sa traversée de l’Amérique du Nord au Sud, en Algérie (suite au tremblement de terre ou pour enquêter sur les massacres de la décolonisation), en ex-Yougoslavie, etc…  Mais au travers de tous ces voyages, ce sont les images parentales que l’on retrouve.
J’ai été touchée par la sincérité de son écrit, il ne tait pas ses faiblesses, ses lâchetés, ses ambivalences, ses contradictions, ni les scénarios que chacun peut construire quand il est dans la dépression, dans la peur, dans l’urgence.
Il explique combien écrire fut, finalement, ce qui lui a permis de survivre à son enfance. Écrire ou mourir. Écrire un livre, quitte à être exclu de sa famille, renié, écrire pour témoigner de ce roman familial que ses frères et sœurs auraient aimé taire.
(Source : Le Journal de Chrys)

* A l’origine de ma venue au monde, de notre venue au monde à tous les onze, il y a l’amour que se sont déclaré nos parents.
Toutes les souffrances qu’ils se sont infligées par la suite, toutes les horreurs dont nous avons été les témoins, ne peuvent effacer les mots tendres qu’ils ont échangés durant l’hiver 1944.
De l’Occupation jusqu’à nos jours en passant par la guerre d’Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l’itinéraire chaotique d’un enfant, puis d’un homme, pris au piège d’une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises des cinquante dernières années.

Mon impression :
Ce livre est une autobiographie.  C’est le quotidien d’une famille très nombreuse dans la France d’après l’occupation ;  c’est le récit de ses aspirations et de ses déboires financiers,  de l’expulsion, de la survie ; d’un père qui joue à cache-cache avec les huissiers, les banquiers, et sa femme. D’une mère qui se voyait tout autre et dont les rêves s’écroulent après chaque naissance, chaque perte de niveau de vie, qui se laisse parfois aller à la folie avant de reprendre sa raideur. C’est aussi une chronique de la France de cette même époque, vécue par une famille à contre courant.
La lecture m’a emportée, liée à cette famille. J’ai été troublée et émue par le ton du livre, par le chagrin évident de l’auteur au travers de son récit, de ses jugements vis à vis des siens, de ses souvenirs et de ce qu’il vit aujourd’hui encore par rapport à tout cela. Il y a en lui un enfant caché, terriblement présent, avide d’amour, de reconnaissance, celui qui  a vécu comme des injustices les évènements de son passé et qui souhaiterait sans doute cesser d’en être torturé pour comprendre et enfin expurger colère et haine qui le rongent et le minent toujours.
« …je règle déjà quelques comptes à coups de hache, découvrant combien l’écriture me sort de mon chagrin, combien elle me donne le sentiment d’exister, enfin… »
Je n’ai pas lu d’autres livres de Lionel Duroy mais je l’ai vu à « La grande librairie » lors de son passage pour la sortie de son livre « Colères » : cet homme paraît  d’une sensibilité exacerbée,  ce qui lui permet sans doute de ressentir  si profondément  les évènements, les gens et leur vécu, son passé et qui lui donne ce talent de les conter. Il ne peut évidemment le faire que par l’écriture :  s’il n’écrit pas, il s’enferme, tourne en rond comme un ours en cage, se détruit ; s’il écrit c’est à ses risques et périls, au détriment de ses liens familiaux, amoureux…  Cet homme est souffrance et déchirement quoi qu’il choisisse.
« J’étais bien placé pour savoir combien les livres peuvent être destructeurs, et cependant je ne connaissais pas de plus sûr moyen de garder auprès de soi ceux que nous aimons le plus. »
Difficile sans doute de vivre ce qu’il a vécu, difficile aussi d’être de sa  fratrie et de ne savoir réagir qu’avec une certaine violence à ses écrits et sans doute difficile de vivre avec un homme qui vous scrute, qui semble chercher  ou attendre une faille pour s’engouffrer dedans et tout voir se détruire, de nouveau comme si c’était inévitable.
Troublant, émouvant, parfois agaçant mais terriblement prenant, jusqu’au bout des 734 pages.
(Source : Isabelle Passions sur Over-Blog)

* Jamais plus je ne regarderai les familles nombreuses à la sortie de la messe de Saint-Lunaire ou de Saint-Enogat, sans penser à ce livre.
J’ai toujours eu beaucoup de compassion pour les fratries de 6 ou 7 enfants, tous coiffés de la même façon, cheveux courts pour les garçons,  carré retenu par un serre-tête écossais pour les filles (la variante avec la barrette est aussi acceptable).
Je sais par expérience que la vie dans ces familles n’est pas aussi rose que les gilets ras du cou de la dite couleur  le laisseraient croire…
Quand en plus, la mère en veut à la société, à sa famille, à son conjoint, à ses enfants, de ne pas mener la vie digne de son « rang », alors ce qui était une difficulté de vivre devient un enfer.
Au-delà de cet enfer, provoqué par la personnalité des parents, l’auteur décrit parfaitement bien la difficulté des rapports entre enfants et parents dans ce genre de famille.
J’avais déjà beaucoup aimé Priez pour nous, qui est son premier cri de désespoir adressé à ses parents.
Lionel Duroy  est plus complet dans ce livre autobiographique. Comme il commence au début de la rencontre de ses parents en 1944 et  termine dans les années 2000, nous voyons toute notre époque se dérouler, avec ses violences et ses évolutions.
On voit aussi l’auteur prit dans des amours difficiles, il faut dire que, s’il sait critiquer les autres, il ne s’épargne pas non plus. Le moment où sa jeune compagne doit avorter seule et son manque de compréhension à ce moment là est d’une tristesse incommensurable.
Toute ma jeunesse et ma vie d’adulte repassent devant mes yeux, et souvent un trait de caractère, une tristesse, un sourire, un souvenir me  revient comme une fulgurance.
Etant donné le succès de cet auteur, il doit correspondre à plusieurs formes de sensibilité.
J’ai beaucoup apprécié, également, la façon dont il décrit sa nécessité  d’écrire, on le sent dans un état d’urgence et parfois même de survie.
Il fait partie des enfants mal-aimés qui, sans l’écriture, auraient encore,  tellement plus mal vécu. Il a le talent de savoir l’écrire, d’aller au-delà de sa souffrance personnelle et de s’adresser à chacun d’entre nous.
(Source : Luocine sur Over-Blog)

* J’ai dévoré ce livre qui est pourtant assez conséquent.
Cela faisait longtemps qu’il me faisait de l’oeil et j’ai finalement craqué.
C’est un réquisitoire de l’auteur contre sa mère, une manière pour lui d’exprimer ce qu’il a ressenti au cours de son enfance et de son adolescence chaotique. Voici un petit compte-rendu de cette histoire.
Théophile Dunoyer de Pranassac, le baron Dunoyer de Pranassac, rencontre Simone Verbois pendant la seconde guerre mondiale. Ils ont une vingtaine d’année et appartiennent à des familles très différentes, mais qui partagent néanmoins des idées d’extrême-droite, ainsi qu’une foi catholique indéfectible. Les Dunoyer de Pranassac sont nobles mais désargentés, les Verbois ne sont pas nobles, mais Simone aime l’argent. Ils se marient le jour du débarquement, le 6 juin 1944, et auront 11 enfants, dogme catholique oblige. Après quelques années passées en Tunisie, les Dunoyer reviennent en France en 1957, et s’installent à Neuilly, car rien ne se refuse à la “Baronne” Simone, comme vont commencer à la surnommer ses enfants et son mari.
« A l’origine de ma venue au monde, de notre venue au monde à tous les onze, il y a l’amour que se sont déclarés nos parents. Toutes les souffrances qu’ils se sont infligées par la suite, toutes les horreurs dont nous avons été témoins ne peuvent effacer les mots tendres qu’ils ont échangés durant l’hiver 1944. »
La famille s’installe donc boulevard Richard-Wallace à Neuilly, emploie une « femme à tout faire » qui longe les murs pour arriver au salon et qui vit dans la cuisine, de peur de croiser “la baronne”. Toto (le surnom peu flatteur donné par Simone à Théophile) dépense sans compter pour faire plaisir à sa femme et satisfaire ses caprices d’enfant gâtée. La famille s’agrandit, le septième enfant arrive. L’auteur écrit: “J’ai conscience que nous courons à notre perte avec tous ces enfants.” De sa mère, il rajoute: “Notre mère, que nous découvrirons bientôt si fragile dans l’épreuve, si vulnérable, et pour ainsi dire si peu de chose, porte ici très haut notre chapeau. Sa certitude d’être à sa place dans ce triangle doré de Neuilly, sa conviction d’être issue d’une race bien supérieure aux autres, lui permet de considérer toutes ses voisines comme ses égales (…)” (p.126)
Et puis un jour, en 1959, les huissiers débarquent, et pas à l’improviste, comme pourrait le croire Simone, à qui Toto a bien soigneusement caché les mises en demeures. Cela fait des mois qu’il ne paye plus le loyer de cet appartement qu’il ne peut pas assumer, vivant au-dessus de ses moyens. Les “petits arrangements” qui lui permettaient jusque là de tenir ne suffisent plus. La famille est expulsée, et relogée à Rueil-Malmaison, au domaine de la Côte noire, où ils vont rester plusieurs années. L’électricité sera parfois coupée pour défaut de paiement, William (le prénom derrière lequel se cache Lionel Duroy) et certains de ses frères seront déscolarisés pendant plusieurs années car leur collège privé est trop cher, et cela sera caché à Simone, trop fragile, selon Toto, pour supporter la situation. Finalement, en 1962, la famille s’installera dans une banlieue plus agréable, à Vaucresson, sans que cela ne satisfasse la Baronne.
« Peut-être est-ce la conscience de leur inconscience qui, sur le moment, m’a fermé les yeux. » déclare l’auteur. Tout au long du livre, on découvre un couple qui joue à s’humilier ou à se rabaisser. On sent bien que quelque chose ne tourne pas rond, que Simone déteste ce que représente son mari, qu’elle ne supporte pas la famille de Théophile, que seuls les siens et son sacro-saint père Henry avait la grâce et l’élégance. William, lui, est un Dunoyer de Pranassac, pas un Verbois. Il n’est donc pas digne d’elle. Son mari non plus. Ne dit-elle pas de Toto qu’il est un « monstre » et que tous les malheurs qui leur arrivent sont de sa faute.  Et pourtant, les enfants se suivent à un an d’intervalle, la contraception n’est pas à l’ordre du jour, les époux aiment se chamailler et se réconcilier sous la couette. Inconscience ? Insouciance ? Jeu ?
Quoi qu’il en soit, les enfants en souffrent, le narrateur, en tout cas, s’interroge sur son père et sa « servilité ».
« Pourquoi s’humilie t-il ? Puisqu’il sait qu’elle va même passer, certains jours, sans même nous jeter un coup d’oeil, (…) comme si nous ne comptions pas plus à ses yeux que des cafards. »
Le temps passe, nous survolons les époques. Ce qui est d’autant plus intéressant dans ce livre, c’est que nous apprenons des choses sur la seconde guerre mondiale vu du camp Pétainiste (les familles paternelle et maternelle de Lionel Duroy l’étaient), la honte qu’il a ressenti autour de ses vingt ans en réalisant ce en quoi avaient cru les siens, mais nous apprenons aussi beaucoup sur la guerre d’Algérie, l’OAS, l’attentat contre De Gaulle au Petit-Clamart. Plus tard dans sa vie, Lionel Duroy - William dans le livre - deviendra journaliste à Libération, et partira enquêter sur les crimes commis par les militaires français en Algérie, dont un certain Lieutenant Jean-Marie Le Pen qui a torturé pendant la guerre les résistants Algériens. Grâce à son enquête, celui-ci aura droit à un procès au milieu des années 80. On apprend aussi beaucoup sur la crise qui a eu lieu en Nouvelle-Calédonie en 1988, Jean-Marie Djibaou et la grotte d’Ouvéa. Ces évènements ne voulaient pas dire grand-chose pour moi, car je n’avais à l’époque qu’une dizaine d’années. On apprend beaucoup sur l’Histoire en général, notre histoire et celle d’autres pays.
Pour revenir sur le texte et conclure.
Le temps passe, le narrateur évoque sa vie, son mariage, la naissance de ses enfants, son travail de journaliste. Après plusieurs années, il projette d’écrire ses souvenirs et toute l’amertume qu’il garde contre sa mère. Il raconte l’écriture de ce livre dans le livre. Il évoque le moment où il doit  prendre la décision de le publier ou non. Il décide de le publier, contre l’avis des siens, qui pensent que cela tuera ses parents de le faire. Certains s’opposent catégoriquement à la sortie d’un livre racontant l’histoire de la famille, menaçant d’exclure le narrateur de la famille. Et pourtant le livre est publié et existe. Il s’appelle « Priez pour nous ». Lionel Duroy s’est mis à dos tous les siens en publiant ce texte, et son mariage a sombré à partir de là. Et pourtant, tous ses frères et soeurs avaient vécu la même chose, mais ils n’avaient pas besoin d’exprimer leur chagrin ainsi. Alors que penser de la violence des sentiments du narrateur envers Simone, sa mère ?
Par moment, j’avais l’impression que pour mieux « guérir », William- Lionel aurait peut-être dû lui pardonner. A de rares occasions, on les voit se rapprocher, s’aimer comme un fils et sa mère, et on les voit à nouveau s’éloigner, et on se dit quel dommage. Il est vrai que Simone est fatigante, qu’elle se plaint sans cesse, qu’elle est vénale et égocentrique, que Toto est soumis et parfois humilié, que les décisions prises par ses parents n’étaient pas raisonnables, mais on se dit que la haine, la violence du ressentiment est vraiment trop forte, presque disproportionnée. En fait, j’ai autant souffert pour le narrateur que pour ses parents. Ce livre parle bien de chagrin, mais aussi des choix qui se sont imposés à l’auteur pour pouvoir se construire. L’écriture des souvenirs était nécessaire, et ses frères et soeurs auraient dû le comprendre. Je trouve son parcours courageux et sa décision saine. En tout cas, je peux comprendre sa réaction et le besoin de témoigner, de s’opposer, de ne plus se taire et se rabaisser, comme son père l’avait fait, d’après lui, à  tort ou à raison,  toute sa vie.
(Source : Syannelle sur Blogspot)

Quelques citations

Ils ne s’autorisent que la méthode du docteur Kyusagu Ogino, qui consiste, pour la femme, à déterminer ses périodes de fécondité à l’aide d’un simple thermomètre, parce que cette technique a reçu l’onction de Rome.

Tant d’années après, je me dis que c’est ce soir-là qu’elle nous a fait le plus de mal, et par notre faute, parce qu’aucun d’entre nous trois, les garçons, n’a trouvé la force de la rappeler pour lui balancer en plaine figure ces mots que je me répète silencieusement, certaines nuits, aujourd’hui encore, et alors que notre mère est morte depuis longtemps : « maman, tu pourrais au moins nous remercier. On n’est pas des chiens. »

Comme si elle n’avait trouvé aucun moyen d’échapper à son personnage d’emmerdeuse – ni la force ni l’imagination-, et je me dis aujourd’hui qu’en cédant à ses caprices, à sa bêtise affichée (revendiquée, allais-je écrire), notre père a sans doute contribué à cet enfermement.

Longtemps journaliste à Libération, Lionel Duroy est également l’auteur de Priez pour nous, Trois couples en quête d’orage et Méfiez-vous des écrivains. Immense succès, Le chagrin a obtenu le grand prix Marie Claire du roman d’émotion, le prix Marcel Pagnol, le prix François Mauriac et le prix des lecteurs de Brive-la-Gaillarde.

Parution : Avril 2011
Nb de pages : 734 p.
Format : Poche
Dimensions : 17.5 x 11.0 x 3.0 cm
ISBN : 9782290031568
EAN13 : 9782290031568

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PIERRE BERGE. LE FAISEUR D’ETOILES

Béatrice Peyrani
Editions Pygmalion

le_faiseur_d_etoile_011Les étiquettes lui collent à la peau mais aucune ne tient. Cette biographie est précise avec une abondance de citations et notes de bas de page. Plus qu’une biographie, un travail d’enquête sur la vie d’un homme. A découvrir !

Présentation
Compagnon du génial créateur Yves Saint Laurent, Pierre Bergé reste une personnalité nimbée de mystère. L’on sait qu’il se veut gardien du temple de François Mitterrand, qu’il a lancé la polémique sur le Téléthon, vendu aux enchères une des plus fabuleuses collections d’art du siècle ou vient d’accéder à la présidence du conseil de surveillance du Monde.
Mais ce fils de militants à la Fédération anarchiste se serait bien vu… écrivain, à l’instar d’un Jean Giono ou d’un Jean Cocteau qu’il admire depuis sa jeunesse et qui deviendront pour lui des amis.
Personnalité hors du commun, il s’est lancé dans d’innombrables aventures.
Rédacteur en chef d’un journal politique à 18 ans, courtier en livres puis en tableaux, directeur de théâtres parisiens, président controversé de l’Opéra Bastille, mécène et artisan de coups financiers, rien ne paraît rassasier ce milliardaire « rebelle » si bien installé dans la République.
Il fut aussi l’obstiné chef d’orchestre du succès et de la gloire de Bernard Buffet, puis d’Yves Saint Laurent. Faiseur d’étoiles, il n’aura jamais cessé, pour exister lui-même, de faire exister les autres.
Le nouveau copropriétaire du Monde n’a pas signé le livre du siècle comme il l’aurait rêvé, mais il a fait de sa vie un roman qu’il espère bien laisser à la postérité.

Chef du service économie du Point jusqu’en 2009, Béatrice Peyrani a été grand reporter au Nouvel Économiste, à L’Expansion, puis au JDD. En 2004, elle a publié L’Enfer des riches avec Corinne Tissier aux Editions Albin Michel.

Parution : 21 septembre 2011
Nb de pages : 381 p.
Format : Broché.
Dimensions : 24.0 x 15.2 x 2.5 cm
ISBN : 9782756403076
EAN13 : 9782756403076

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ROBERT ALDRICH, VIOLENCE ET REDEMPTION

William Bourton
Presses Universitaires de France

robert-aldrichEn quatrième vitesse, Vera Cruz, Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?, Les Douze Salopards, Tour à tour salués pour leur audace et contestés pour leur violence, les films de Robert Aldrich ont marqué leur époque.

Mais au-delà de sa manière unique de dire les choses et de donner à voir, Aldrich s’est révélé un moraliste intègre, qui sut interroger l’homme dans son rapport à autrui comme à lui-même, doublé d’un cinéaste engagé qui, de l’intérieur même du système hollywoodien, mit en débat quelques-unes des valeurs les mieux accrochées de l’American way of life.

William Bourton, journaliste et essayiste, auteur, aux PUF, d’une étude remarquée sur le western, nous livre une passionnante étude critique sur Aldrich, qui peut également se lire comme une réflexion sur l’engagement, dès lors que son œuvre témoigne philosophiquement de son époque.

TABLE DES MATIERES

Introduction

I. Un héritier rebelle
II. Premières armes (The Big Leaguer - World for Ramson)
III. En quatrième vitesse (Apache, Vera Cruz - Kiss Me Deadly - The Big Knife - Autumn Leaves - Attack ! - The Garment Jungle)
IV. Réfugié culturel (Ten Seconds to Hell - The Angry Hills - The Last Sunset - Sodom and Gomorrah)
V. Eclaircies (What ever Happened to Baby Jane? - 4 For Texas - Hush… Hush, Sweet Charlotte - Flight of the Phoenix - The Dirty Dozen - The Legend of Lylah Clare)
VI. The Aldrich Studios (The Killing of Sister George - The Greatest Mother of’em all - Too Late the Hero - The Grissom Gang)
VII. La fin des illusions (Ulzana’s Raid - Emperor of the North - The Longest Yard - Hustle)
VIII. Crépuscule (Twilight’s Last Gleaming - The Choirboys - The Frisco Kid - … All the Marbles)

Epilogue

Filmographie
Bibliographie selective

Né en 1964, William Bourton est journaliste et essayiste, auteur aux PUF d’une étude remarquée sur le western, nous livre un passionnant essai sur un réalisateur trop peu étudié qui peut également se lire comme une réflexion sur l’engagement, dès lors que l’œuvre d’Aldrich témoigne philosophiquement de son époque. Il est actuellement responsable du service Opinions/Débats et critique « essais » » au quotidien Le Soir (Bruxelles). Il a déjà publié aux PUF Le Western. Une histoire parallèle des États-Unis (2008).

Format : Broché
Paru le : 14/05/2011
Nb. de pages : 199 pages
Dimensions : 13,6cm x 20cm x 1,6cm
ISBN : 978-2-13-058320-2
EAN : 9782130583202

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LA VIE EN JEU, UNE BIOGRAPHIE DE VLADIMIR MAÏAKOVSKI

Bengt Jangfeldt
Albin Michel

la-vie-en-jeuLa biographie du grand poète futuriste russe Maïakovski !
« Disons-le d’emblée : cette biographie est un chef-d’œuvre. Un travail de recherches colossal et pénétrant comme on a rarement la chance d’en lire dans une vie. »
(Dagens Nyheter, Stockholm)

English summary at the end.

Poète et révolutionnaire, immense provocateur qui joua sa vie à la roulette russe, Vladimir Maïakovski demeure, quatre-vingts ans après sa mort, une figure mythique du mouvement futuriste. Personnage paradoxal, il incarna l’avant-garde politique et esthétique mais également l’artiste au service du régime soviétique.

Néanmoins, c’est avant tout sa relation tumultueuse avec Lili Brik, la sœur d’Elsa Triolet, qui marquera son destin. Leur passion va durer quinze ans, jusqu’à ce jour d’avril 1930 où Maïakovski se suicide.

Couronnée en Suède par le prestigieux prix August de l’essai, fondée sur les témoignages des derniers proches du poète ainsi que sur des archives privées et des documents récemment rendus accessibles par les services secrets soviétiques et britanniques, cette biographie s’impose comme un ouvrage de référence. Bengt Jangfeldt y retrace le parcours fulgurant d’une comète du XXe siècle, et nous plonge dans les orages politiques, littéraires et privés d’un cercle d’écrivains et d’artistes qui ont marqué une époque.

Poète canonisé dès son vivant, parangon de l’art socialiste, Vladimir Maïakovski est un artiste essentiel de l’art du XXe siècle.
Dans son admirable biographie, Bengt Jangfeldt retrace cette vie extraordinaire, en rendant justice à celui qui fut d’abord un immense poète. Ses aventures sentimentales servent de fil conducteur au récit, en commençant par le surprenant ménage à trois qu’il forma avec Lili Brik, la soeur d’Elsa Triolet, et son mari officiel Osip Brik, théoricien de l’avant-garde futuriste. La famille Brik-Maïakovski était la clé de voute de la culture russe des années 20 et cette biographie exceptionnelle, qui se lit comme un roman, est aussi le vivant portrait d’une époque unique, cruciale pour le XXe siècle.

REVUE DE PRESSE /

La critique de Alain Guillemoles sur laprocure.com :
« Vladimir Maîakovski, ce géant pressé »

« Une biographie très fouillée du poète éclaire la figure de celui qui incarne la littérature russe des années 1920. Grand, violent, gauche, Vladimir Maïakovski est un poète paradoxal qui domine la première décennie de l’Union soviétique. Ses vers font écho à la révolution, à ses élans insensés et ses débordements. Mais, malgré son statut de propagandiste officiel, Vladimir Maïakov ski conserve en même temps en Russie l’image d’un poète « maudit ». Sans doute à cause de son suicide, en avril 1930, à 36 ans.
Bengt Jangfeldt, critique suédois, restitue aujourd’hui cette figure de la littérature russe dans une volumineuse biographie, rythmée de nombreuses photos inédites, de fac-similés de manuscrits, d’images de films ou de photos de l’époque. Ce faisant, il fait apparaître un personnage bien plus complexe que celui dans lequel il avait été figé par l’histoire officielle soviétique, soucieuse de ne conserver de Maïakovski qu’un seul visage : celui du versificateur de la révolution.
Le Maïakovski qu’on découvre est un personnage bien différent de la statue qui orne les abords du Kremlin, à Moscou, sur la place qui porte son nom. D’abord l’œuvre. L’audace des images, le culte de la modernité (il est le chef de file du courant « futuriste »), la perfection des vers que Vladimir Maïakovski se plaît à syncoper en virtuose ont depuis longtemps justifié sa place dans la littérature russe. Mais Bengt Jangfeldt nous rappelle que Vladimir Maïakovski a d’abord écrit des poèmes qui disent ce que c’est d’être au monde, ou parlent d’amour : « Voleuse de mon cœur, auquel tu as tout pris. »
Le biographe évoque la figure d’un artiste complet, passé par les Beaux-Arts, aimant d’abord dessiner avant de se mettre à écrire. Durant des années, Maïakovski gagne sa vie en travaillant dans des agences de publicité. Son sens du mot fait merveille pour produire des slogans concis. Lui-même est loin de mépriser ce travail. Il le considère au contraire comme une partie de son œuvre, allant jusqu’à reprendre ces slogans dans ses poèmes. On découvre ainsi une affiche de publicité pour les magasins Mosselprom qui clame : « Nigdie krome kak Mosselprome ! » (Nulle part comme au Mosselprom !)
Artiste se jetant dans son art avec frénésie, il touche aussi au cinéma et multiplie les lectures publiques de ses œuvres. Il tresse des lauriers à la révolution mais n’a jamais été membre du Parti communiste. Ses audaces formelles, son goût de la provocation lui valent d’ailleurs de nombreux ennemis au sein du régime.
Au fond, il ne comprend pas grand-chose à l’idéologie. Il est fasciné par le projet révolutionnaire, mais ne cesse jamais de vivre comme un dandy et un grand bourgeois, affranchi de toutes les servitudes collectivistes.
On découvre alors l’homme : joueur invétéré, ayant la phobie des microbes et la passion des femmes. Il est tyrannique avec ses proches, passionné, capable de se conduire comme un mufle. Bengt Jangfeldt s’attache à restituer l’importance de Lili Brik dans sa vie. Il ne s’éloignera jamais de celle qui fut son plus grand amour, et avec laquelle il vit dans un étrange ménage à trois, puisqu’elle est l’épouse d’un célèbre critique, Ossip Brik.
C’est par la sœur de Lili, Elsa, que Vladimir Maïakovski rencontre Lili. Plus tard, Elsa s’en va vivre en France et devient connue sous le nom d’Elsa Triolet, épouse de Louis Aragon.
On croise de nombreuses figures artistiques de l’époque dans l’entourage de Vladimir Maïakovski : Gorki, Pasternak. Il n’entretient pas forcément les meilleures relations avec eux. Lors de son premier voyage en France, il rencontre Vladimir Pozner, qui raconte : « Il est si grand que même quand il est assis, on éprouve l’envie de lui demander de s’asseoir. Je suis allé le voir dans une chambre d’hôtel si petite qu’elle ne peut contenir Maïakovski et ses chaussures à la fois. Les souliers sont restés à la porte et pour que je puisse entrer, il a dû se mettre au lit. »
Cette silhouette géante à la voix de basse, une cigarette au coin des lèvres, c’est l’image qui reste de Maïakovski. En Russie, ses lectures rassemblaient des foules. Le 14 avril 1930, il se tire un coup de pistolet dans le cœur. Ennuis privés ? Fatigue de chercher toujours à incarner l’avant-garde ? Sentiment d’étouffement politique ? Il est impossible de répondre à cette question. Sa dernière lettre est en vers : « Je meurs, n’en accusez personne. Et pas de cancans, le défunt avait cela en horreur. » Du pur Maïakovski. »

REVUE DE PRESSE /
La critique de Fabienne Pascaud
Pour Telerama (n° 3179-3180 - 18 déc. 2010) :

« Est-ce parce que c’était une espèce d’ogre poétique et révolutionnaire furieusement romantique que peu de biographes ont jus­qu’alors osé aborder Vladimir Maïa­kovski ? Ayant eu la chance de rencontrer les derniers proches du futuriste bolchévique (1893-1930) et faisant d’emblée le choix (magnifique !) d’associer photos rares et écriture romanesque dans un essai monumental, le Suédois Bengt Jangfeldt, lui, n’a pas craint d’affronter celui qui inspira des années plus tard la Beat generation.
De Maïakovski, on aime à évoquer une image pittoresque : taille de géant, bouche édentée, cent cigarettes fumées chaque jour, folie du jeu, hantise des microbes, passion tumultueuse pour Lili Brik (sœur d’Elsa Triolet) et vie à trois avec le mari de cette dernière, conquêtes féminines à foison et suicide par amour (ou découragement politique ?) d’une balle en plein cœur.
On raconte moins la force créative de ce concasseur de langages, de rythmes, de sons et de sens, engagé dès l’adolescence au service d’une Révolution tous azimuts ; celle du cœur en particulier. C’est chose faite. Des espérances et rêves de toute une génération d’artistes avant et après la révolution d’Octobre, la biographie témoigne aussi avec lyrisme. On y plonge dans un univers frénétique où l’utopie semblait accessible, mais où le poète, pourtant, choisit le suicide, à 37 ans. « Et pas de cancans, exige Maïakovski dans son ultime missive. Le défunt avait cela en horreur. »
http://www.telerama.fr/livres/la-vie-en-jeu-une-biographie-de-vladimir-maiakovski,63537.php

Format : Broché
Nb de pages : 590 p.
ISBN-10: 222621853X
ISBN-13: 978-2226218537

ENGLISH SUMMARY :
Want to hear about a thrilling life in order to start the year off on the right foot?
Then take a look at that of Mayakovsky, the object of a rich and largely illustrated monograph. We can review what we know about the poet, a revolutionary of verse and a fool for speed, a cousin of the Futurists.
But we also discover that the author of Cloud in pants was also very active in other fields, transforming when necessary into a typographer, a movie director or a drawer. During the Revolution, a deep creative pot, the borders between the various forms of art were erased and all the disciplines interpenetrated one another.
While the biography describes his literary work and goes into the gossip as well (Mayakovsky accused by Gorki of transmitting syphilis to a young girl, the love triangles between Lily Brik, the poet and other conquests), it also shows the extraordinary appetite for meeting actors of the European culture, in particular in the visual arts: Rodchenko, Gontcharova, the Delaunay couple, Man Ray and Duchamp whom he met in the staircase of the Istria hotel in Paris.
Even though Mayakovsky died young (after Essenine in 1925, he too committed suicide at the age of 37 in 1930), one has the impression he had the time to live various lives …

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BOB DYLAN. CHRONIQUES

Bob Dylan & Jean-Luc Piningre (Traducteur)
Folio

Bob Dylan replonge avec délices dans le Village de 1961, quand, jeune homme introverti, il découvrait Manhattan. Pour le chanteur folk débutant né dans le Midwest, New York est la ville de tous les possibles, de toutes les passions : nuits blanches enfumées, découvertes littéraires, amours fugaces, amitiés indestructibles.

bob-dylan-chronique

Les souvenirs de l’enfance reviennent ici comme autant d’illuminations, composant l’histoire d’un musicien de génie qui aspirait à la gloire mais ne la supportait pas.

Le premier volume d’une autobiographie en roue libre qui devrait comporter trois volets.

L’AUTEUR EN QUELQUES MOTS…

Né en 1941 dans le Midwest, non loin de la frontière canadienne, Bob Dylan, de son vrai nom Robert Zimmerman, est une légende de la folk music.
On le savait poète, on l’aimait musicien, l’Amérique a découvert l’écrivain en 2004, à l’occasion de la parution du premier tome de ses mémoires, immense succès critique et public outre-Atlantique. Il a reçu une mention spéciale du Pulitzer Prize en 2008 pour sa contribution à la culture américaine. Les éditions Fayard ont publié ces Chroniques, volume 1 en 2005, ainsi que l’intégralité des paroles de ses chansons dans Lyrics.

UNE CRITIQUE :

« Ce premier tome des mémoires du bon Robert (en compteront-elles d’autres ?) tient franchement toutes ses promesses quand on a été bercé dès son plus jeune âge, comme moi, par les chansons du maître. Bob Dylan, dans ses chansons comme dans ce livre, c’est d’abord le dynamisme incroyable d’une écriture. Il sait à merveille dresser le portrait d’un type croisé un soir de dèche, décrire la magie que peut dégager une femme (Joan Baez peut rougir, les lignes qui lui sont consacrées sont splendides), planter une atmosphère, le tout en quelques mots, quelques lignes bien senties qui mettent directement le doigt là où ça fait couleur et sens. On applaudissait déjà à la concision dont faisait preuve Dylan dans ses chansons (”Hurricane”, pour ne citer qu’un exemple de portrait fulgurant) ; développée sur un livre entier, on est scié par le numéro d’équilibriste. Pourtant, à première vue, cette autobiographie est écrite au petit bonheur : aucun souci de construction d’ensemble, pensée qui passe très souvent du coq-à-l’âne sans transition, cotoiement décomplexé du réalisme et de la poésie la plus étrange. On a l’impression d’une rêverie en marche, et la sensation est délicieuse : on côtoie une véritable légende en frère, témoin privilégié du fonctionnement de son cerveau presque en direct (cette impression de work in progress qui fait une grande partie de la qualité de la chose). Mais on s’aperçoit pourtant que tout ça n’est pas si relâché que ça, et que sous ses faux airs de dilettante, Dylan maîtrise parfaitement ce qu’il est en train de faire, en terme d’image autant que d’écriture. On ne sait pas ce qu’il prévoit de décrire dans les volumes suivants, mais ici, on sent une application très forte à éviter tout ce qu’on attend de cette biographie : plutôt que de raconter son ascension, la drogue, l’accident de moto, les scandales de comportements, les errances des années 70-80, les relations amoureuses, bref tout ce qu’on connaît de Dylan, il choisit de ramasser tout ça en 5 parties inattendues : la description de New-York quand il y débarquât guitare au dos ; quelques remarques sur l’engagement politique ; puis un saut dans le temps qui décrit son état d’esprit au moment de New Morning, album de la renaissance ; puis à nouveau ellipse pour raconter très précisément la construction du chef-d’oeuvre, Oh Mercy ; et enfin retour aux années des débuts, premiers contrats et concerts. Des grandes étapes repérées de sa vie, on n’aura droit qu’à quelques mots (”Woodstock, j’étais pas là” par exemple) ; par contre, on rentrera dans l’intimité de la musique de Dylan, puisque le gars n’est pas avare en notes techniques et en descriptions des différentes étapes qui conduisent à écrire un disque complet. Tant mieux : hors des sentiers battus, cette autobiographie ramène à l’essentiel : une voix, une écriture, quelques notes de musique, une époque. Un contrepoint parfait au livre de François Bon, qui est très loin d’être un coup commercial ou publicitaire ; un vrai bon bouquin, quoi. »

Pages: 391 p.
Format: Boîte
Dimensions: 19.1 x 13.9 x 3.4 cm
Matériel d’accompagnement: 1CD audio
ISBN: 9782070441570
EAN13: 9782070441570

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ARMAND SIMON, UN SURREALISTE SINGULIER

Jacques Demoulin, Guidino Gosselin
Le Bord de l’eau

Armand Simon, un des derniers grands surréalistes belges, est mort en 1981.
Depuis sa disparition, une juste et belle reconnaissance s’exprime rarement au-delà d’un cercle restreint d’admirateurs enthousiastes. A partir des dessins du surréaliste belge Armand Simon (1906-1981), dont une soixantaine est ici reproduite, et de ses écrits, connus ou inédits, cette monographie établit un lien entre son dire et son oeuvre, et révèle un savoir insu de l’artiste.

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Jacques Demoulin est co-auteur avec Guidino Gosselin, d’un livre intitulé « Armand Simon, un surréaliste singulier », texte qu’il a sous-titré « L’œuvre d’une jouissance, la jouissance d’une œuvre ».

C’est qu’en effet, le peintre pâturageois, artiste incroyable, est obsédé par le corps de la femme, qu’il représentera souvent morcelé, à l’image des marionnettes désarticulées. Armand Simon qui fera partie du groupe hainuyer « Rupture », où il côtoie Achille Chavée et Fernand Dumont, dont l’engagement artistique se double d’une action politique, restera pourtant totalement indifférent à l’Histoire, alors qu’il vit au cœur même du Borinage minier et socialiste. Une personnalité atypique qu’il est urgent de découvrir ou de redécouvrir !

Jacques Demoulin : essayiste. Guidino Gosselin : psychanalyste, psychologue, sexologue. Ils sont les auteurs, ensemble, de La Franc-Maçonnerie au risque de la psychanalyse ; Guidino Gosselion est l’auteur de Qu’est-ce que la pédophilie? .

Pages: 127 p.
Format: Broché
Dimensions: 23.0 x 16.8 x 0.9 cm
Texte illustré (n&b)
ISBN: 9782356870902
EAN13: 9782356870902

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PARLE-LEUR DE BATAILLES, DE ROIS ET D’ELEPHANTS

Mathias Enard
Actes Sud

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants traite bien de Michel-Ange, de son supposé séjour à Constantinople, en 1506, alors qu’il fuit le pape Jules II  pour lequel il dessinait le plan d’un tombeau – le tout, sans avoir touché un sou. Las, le célèbre sculpteur de David répond à la proposition du sultan Bajazet  de venir construire un pont qui enjamberait la Corne d’Or.

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Mais ce n’est pas pour découvrir les rives du Bosphore que l’artiste s’engage : flatté de passer après Leonard de Vinci, dont le projet fut refusé, c’est l’appât du gain et de la célébrité mondiale qui le jette dans le dédale des rues de Constantinople.

Mathias Enard dresse le portrait d’un homme vaniteux, orgueilleux, colérique, névrosé, solitaire, manquant cruellement d’assurance : « “c’est peut-être dans la frustration qu’on peut trouver l’énergie de son art” » nous dit-il. Il préfère gratter la couche de vernis surplombant la légende pour mettre le doigt sur l’humanité de l’artiste plutôt que de combler d’éloges un être supposé supérieur. Ses problèmes d’argent, ses sautes d’humeur, ses angoisses, sa peur maladive du complot, ses pannes d’inspiration, sa propre condition d’homme sont autant de palettes avec lesquelles Mathias Enard compose des chapitres, qui constituent autant de voies de passage entre l’homme et l’artiste.

Tout le projet d’Enard tient peut-être dans cette phrase: «” le sculpteur sans égal, futur peintre de génie et immense architecte n’est plus qu’un corps, tordu par la peur et la nausée” ». Michel-Ange dans sa condition humaine, avant tout.

Enard nous confirme, à la fin de Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (mais on l’avait quand même bien deviné) que le roman n’est pas précisément un récit historique. Il s’est pourtant appuyé autant qu’il le pouvait sur des vérités : ainsi, il traduit des lettres, reproduit des dessins, s’appuie sur la biographie de Michel-Ange par Ascanio Condivi, mais c’est ainsi, « “pour le reste, on n’en sait rien” ». A partir de là, Mathias Enard peut nous emmener là où bon lui semble, la fiction peut s’emparer des faits dans les règles de l’art.

Alors, l’auteur livre Michel-Ange aux assauts de l’amour, qui le laissent de marbre. Les affres du désir. Avec une écriture et un style sensuels, Mathias Enard donne vie à un être androgyne, à un poète transi d’amour pour le sculpteur, qui sont l’occasion de multiplier les points de vue, de raconter d’autres histoires, à propos de batailles, de rois et d’éléphants, qui comptent parmi les passages les plus lyriques du livre, les plus jouissifs, de ceux qui laisseront un souvenir impérissable: « “Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour ; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards ; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage” ».

Même les descriptions de cette ville aux saveurs colorées qu’est Constantinople sont emplies de lyrisme, d’une force poétique : « “la Corne d’Or se perd dans des méandres de brume obscure, et, à l’est, le Bosphore dessine une barrière grise dominée par les épaules sombres de Sainte-Sophie, gardienne du fossé qui les sépare de l’Asie” ».

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants interroge les limites de l’artiste face à son œuvre, le processus de création, et en profite pour revisiter un mythe. Assurément, un roman de la rentrée à ne pas manquer. Puisse Mathias Enard nous parler encore longtemps d’autres batailles, d’autres rois et d’autres éléphants.

REVUE DE PRESSE /
La critique de Stéphane Bernard et Delphine Gorréguès
pour Zone (17 août 2010) :

« Dans ce livre, Mathias Enard nous parle de batailles : celles que mène Michel-Ange pour créer, face à la matière, à l’adversité et aux contingences de la vie, face aux tentations qui pourraient l’en détourner, et face à ces puissants qui sont ses commanditaires. Donc il nous parle aussi de rois : le pape Jules II, brutal et mauvais payeur, que quitte Michel-Ange pour le Grand Turc, qui l’invite à Constantinople construire un pont sur le Bosphore. Et il y aura même un (magnifique) éléphant, rencontré et dessiné par Michel-Ange.
Mathias Enard tient donc la promesse de son titre, tiré d’une phrase fort énigmatique de Kipling et dont on se demande bien, au départ, ce qu’elle fait là. En fin de compte tout y est.
Reprenons. Nous sommes en 1506, Michel-Ange doit réaliser un tombeau pour le pape. Par manque de fonds, il stoppe son projet et en accepte un autre, insolite. Le sultan de Constantinople l’invite dans son royaume afin de construire un pont au-dessus de la corne d’or. Quel défi alléchant ! Là où Léonard de Vinci a échoué, il réussira. Des traces de cet épisode existent, de nombreux autres détails et épisodes de cette aventure sont documentés. Le reste, Mathias Enard l’imagine et nous le fait vivre à travers de très courts chapitres où l’on vit Michel-Ange au travail, notant, dessinant, imaginant. Mais surtout s’imprégnant, vivant cette ville pour être capable de lui imaginer un chef d’oeuvre: « Un pont surgit de la nuit, pétri de la matière de la ville. »
Nous vivons un processus de création à travers les promenades, les dérives, les désirs, la comptabilité minutieuse des marchandises, des épices, la fréquentation des rues, l’envoûtement des danses et la subtilité des poèmes.
Cependant, ne cherchez pas, ce pont n’existe pas et c’est bien là le thème du livre : comment il aurait pu être et pourquoi il n’a pas été. Alors que tout le reste, vécu par Michel-Ange à Constantinople, a forcément existé. Car c’est grâce à cet épisode turc (entre autres) que Michel-Ange, qui n’a alors pas trente ans, va pouvoir encore un demi-siècle continuer à affronter batailles, rois et éléphants en tous genres.
Ce court récit est très limpide, d’une écriture simple et poétique. La poésie joue d’ailleurs un rôle à travers la figure énigmatique d’un poète khosovar passionnément épris de la splendeur de Michel-Ange, par ailleurs décrit par Mathias Enard comme fort peu attirant physiquement. Si on compare cette vie imaginaire à celles brossées par Jean Echenoz dans ses trois derniers romans, on est est frappé par la différence : le regard d’Echenoz est tout en acuité, en justesse du trait, mais aussi plein de distance, parfois d’ironie mordante. Enard, lui, nous brosse un portrait tout en rondeur, englobant tout une ville, tout un environnement humain dans sa description du personnage. Toute une vie, même si elle n’est encore qu’en devenir dans ces moments où il erre « en compagnie des tristes et des coeurs brisés ». »

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants,
de Mathias Enard
(Actes Sud)
Pages : 154 p.

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NE QUELQUE PART

Maxime Le Forestier / Sophie Delassein
Editions Don Quichotte

ne_quelque_part_01Présentation : Portrait intime de Maxime Le Forestier, l’un des artistes les plus populaires du paysage musical français.
Dans un ouvrage écrit à la première personne, Maxime Le Forestier dessine son portrait avec la rigueur, l’honnêteté et la sensibilité qu’on lui connaît. L’enfant, élevé dans une famille musicienne et dont le père disparut pendant quinze ans, fit ses débuts dans l’ombre des deux Georges (Moustaki et Brassens) et connut le triomphe d’un premier album empli de tubes. Après les glorieuses années soixante-dix du succès populaire et de la vague hippie, ce chanteur-guitariste subit le désamour du public et une longue traversée du désert, qui prit fin le jour où il créa « Né quelque part », chanson incontournable devenue un hymne antiraciste.
Si ce livre est le fruit d’un premier travail entrepris par Maxime Le Forestier avec Sophie Delassein (et paru en 2005 sous forme d’entretiens), il en est surtout une version remaniée et considérablement augmentée. En six ans, les échanges du chanteur et de la journaliste se sont enrichis (une tournée a eu lieu, de nouvelles chansons ont vu le jour, la célébrité de l’artiste n’a cessé de grandir et de s’affirmer…) et Maxime Le Forestier a souhaité se livrer cette fois à un véritable récit, intime et poignant, de sa vie et de son parcours. Né quelque part, un ouvrage en partie inédit, permet au lecteur d’entendre la voix de ce personnage discret, qui brille par sa variété et sa longévité musicale et suscite depuis toujours la curiosité, tant on en sait peu sur sa vie et ses opinions profondes.
L’année 2011 est d’ailleurs importante pour Maxime Le Forestier : au mois de juin, il célébrera les quarante ans de son voyage jusqu’à San Francisco et de son séjour dans la mythique “maison bleue”. À l’occasion de cet anniversaire, un événement colossal est organisé. Il s’agira de repeindre la maison en bleu, d’y apposer une plaque commémorative, et de reprendre, avec de nombreux artistes, l’intégralité du premier album éponyme.

Note de l’éditeur : Le 21 juin 2011, Maxime le Forestier donnera un grand concert à San Francisco avec, comme invités, Joan Baez et Francis Cabrel. Un film documentaire ayant pour thème le retour du chanteur sur la Côte Ouest sera tourné à cette occasion

ne_quelque_part_02Maxime Le Forestier a commencé sa carrière musicale dans les années soixante. L’auteur et interprète de « San Francisco », « Mon frère » et « Né quelque part » compte parmi les plus grands chanteurs français.
Sophie Delassein, journaliste au Nouvel Observateur, est l’auteur de plusieurs biographies, dont Barbara, une vie et Aimez-vous Sagan.

Parution : mai 2011
Nb de pages : 340 p.
Format : Broché
Dimensions : 22.5 x 14.0 x 2.5 cm
ISBN : 9782359490398
EAN13 : 9782359490398

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LA DERNIERE BAGNARDE

Bernadette Pecassou-Camebrac
Editions Flammarion

Résumé : Marie Bartête, sans être une criminelle, est envoyée au bagne à 25 ans pour conduite et moralité détestables. Cette orpheline mariée à 15 ans, veuve à 20 ans, est l’une des reléguées de Guyane, où elle subit la condition des femmes-forçats encadrées par les bonnes sœurs du Couvent de Saint-Laurent du Maroni. Albert Londres lui rendit visite en 1923 et relata son entretien dans « Au bagne ».

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Présentation : Marie Bartête serait sans doute restée à jamais une inconnue si elle n’avait reçu la visite d’Albert Londres en 1923 qui relata cet entretien dans son livre intitulé Au Bagne. Elle est pourtant la dernière femme morte au bagne de Guyane, dans les années 1930, après y avoir passé un demi-siècle. Née en 1863 dans les Pyrénées atlantiques, abandonnée par sa mère, orpheline à 9 ans, mariée à 15, elle est veuve à l’âge de 20 ans. Voilà tout pour sa vie de femme libre. Marie n’est pas une criminelle : condamnée à plusieurs reprises à quelques mois de prison pour vol, elle est envoyée au bagne après qu’on l’eut accusée de « conduite et moralité détestables ». En fait, tout à son projet de purger la société des honnêtes gens, l’administration pénitentiaire a besoin de forces vives pour repeupler les colonies.
C’est la figure de cette « reléguée » au bagne de Saint-Laurent du Maroni que fait revivre Bernadette Pécassou dans son nouveau roman. Elle nous fait découvrir le destin tragique d’une jeune femme abandonnée de tous et la terrible condition des « femmes forçats », encadrées par les bonnes sœurs du Couvent de Saint-Laurent du Maroni. En 1923, lorsque Albert Londres la rencontre, Marie Bartête, pourtant relevée de relégation, vivait toujours en Guyane, faute d’argent pour payer le voyage du retour.

Un peu d’histoire
L’histoire des bagnes commence avec la loi du 30 mai 1854, qui décrète que toute personne condamnée aux travaux forcés sera envoyée en Guyane, y compris les femmes. Le but est d’écarter de la métropole les citoyens indésirables, mais aussi de repeupler les colonies. Les femmes déportées auront la possibilité, pour ne pas dire l’obligation, de convoler avec un bagnard et de disposer d’un terrain. C’est la seule façon de recouvrer une certaine liberté. Ce qu’on ne leur dit pas, c’est que le terrain est un lopin de terre perdu en brousse, et qu’aucun moyen de subsistance ne leur sera donné.
Entre-temps, la troisième république s’installe. Pour la première fois depuis près d’un siècle, un gouvernement stable est créé. La politique des bagnes est renforcée, et tous les petits délinquants condamnés deux fois, hommes et femmes, seront expédiés au bagne.

Bernadette Pécassou-Camebrac est journaliste, et réalisatrice pour la télévision. Elle a publié cinq romans chez Flammarion : La Belle Chocolatière (2001), Le Bel Italien (2003), L’Impératrice des roses (2005), La Villa Belza (2007) et La Passagère du France (2009).

Format : Broché
Nb de pages : 312 p.
Parution : 13 avril 2011
ISBN-10: 2081221411
ISBN-13: 978-2081221413

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