Archive pour avril 2013

HEGEL. INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE

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Editeur : Le Livre de Poche

Collection : Classiques

“L’histoire mondiale est le progrès dans la conscience de la liberté” : cette formule condense l’essentiel de l’enseignement que déploie Hegel dans sa Philosophie de l’histoire, dont on découvrira ici la célèbre Introduction.

Ce texte fondamental, plus connu en français sous le titre La Raison dans l’histoire, est l’un des plus lus et des plus étudiés de Hegel. Il est ici traduit et annoté sur la base d’une édition scientifique du texte allemand, établie à partir de sources de première main.

Le volume comporte en complément d’autres textes du philosophe (extraits des Principes de la Philosophie du droit et de l’Encyclopédie des sciences philosophiques, des cours de 1831 sur l’histoire récente en France et sur la religion), ainsi qu’un dossier, composé de textes fondateurs de la philosophie de l’histoire (Lessing, Kant), d’évaluations critiques (Kierkegaard, Marx, Nietzsche), et d’interprétations récentes.

L’Introduction à la philosophie de l’histoire offre les deux versions de l’Introduction générale à la fameuse Philosophie de l’histoire, précédemment éditée en intégralité dans la collection « La Pochothèque », sous la direction de Myriam Bienenstock (2009).

La présente publication correspond dans ce format au volume bien connu de la collection 10×18, intitulé La Raison dans l’histoire, le texte assurément le plus diffusé de Hegel, et largement étudié en classe de Terminale, mais elle s’en distingue à plusieurs titres. L’édition et la traduction du texte (version de 1822 revue en 1828, et version de 1830) ont une valeur scientifique que n’avait pas le travail de K. Papaioannou, publié en 1965 chez 10×18.

Le texte de Hegel est en outre précédé d’une introduction substantielle, et il s’accompagne de notes explicatives, ainsi que d’un dossier des plus étoffés (choix de textes complémentaires majeurs de Hegel sur la philosophie de l’histoire; de textes de référence antérieurs ou postérieurs à Hegel, de Lessing, Kant, Kierkegaard, Marx, Nietzsche, Ritter; de textes critiques contemporains notamment sur la use de la raison, et la question de la fin de l’histoire).

Le volume, par sa qualité et sa conception, est donc destiné à s’imposer comme édition de travail de référence sur ce texte majeur, aussi bien pour le public de Terminale qu’à l’Université.

G. W. F. Hegel (1770-1831) a professé les Leçons sur la philosophie de l’histoire, pour la première fois à Berlin au cours du semestre d’hiver 1822-1823. Elles ont été réitérées avec de multiples changements à cinq reprises, tous les deux ans. Après la disparition du philosophe, hégéliens de gauche et de droite se disputeront les dépouilles d’un système qui n’aura eu pour but - par-delà les formules sur « la fin de l’histoire » ou « la ruse de la Raison » - que de montrer à l’œuvre dans l’histoire la réalisation de la raison et de la liberté. « La seule idée qu’apporte la philosophie est la simple idée de la Raison - l’idée que la Raison gouverne le monde et que, par conséquent, l’histoire universelle s’est elle aussi déroulée rationnellement. »

C’est entendu, l’histoire est tragique : « L’histoire universelle n’est pas le lieu de la félicité. Les périodes de bonheur y sont ses pages blanches. » Toute la question que le philosophe de l’histoire aura à résoudre sera de montrer en quoi, derrière les apparences chaotiques du devenir, règne en fait une raison universelle qui dépasse ses acteurs, transcendant leurs buts et volontés finis.

Cette Raison universelle, bien distincte des raisons subjectives, ne se réalise pas de façon linéaire, comme le voulaient les philosophes des Lumières. Il lui faut emprunter des voies plus tortueuses : les passions, les désirs, les intérêts qui meuvent les individus singuliers, dans leur lutte pour se faire reconnaître, agissent non seulement pour eux-mêmes mais réalisent en même temps, à leur corps défendant, les fins cachées de la Raison. Cette double scène dont seul le philosophe est apte à déchiffrer l’unique enjeu.

La Raison qui, pour devenir monde, doit emprunter les voies de son contraire (la passion), n’apparaît « rusée » que pour un entendement qui n’a pas su s’élever au niveau de l’Histoire universelle laquelle, par tous les moyens dont les hommes sont prodigues, veut inexorablement se réaliser.

La philosophie de l’histoire est la branche de la philosophie qui s’attache à réfléchir sur le sens et sur les finalités du devenir historique. On peut, schématiquement, distinguer deux écoles de pensée, l’une qui nie toute idée de finalité ou de détermination en affirmant la foncière “absurdité” de l’histoire, fruit du hasard et de l’imprévu, et l’autre qui affirme, au contraire, qu’elle obéit à un dessein, lequel peut être déterminé de l’extérieur par un principe transcendant ou idéal, ou, au contraire, le produit d’une logique et de forces immanentes.

L’expression apparaît en français d’abord dans le titre d’un essai de Voltaire, puis elle est reprise dans le titre de la traduction libre que Jules Michelet donne de la Science nouvelle de Giambattista Vico, et elle devient alors un concept universitaire avec la diffusion en France des œuvres de Hegel et de la philosophie allemande (par exemple certaines œuvres de Kant mais aussi de Herder).

Pour Hegel, le sens de l’histoire est la « réalisation de l’Esprit absolu, c’est-à-dire d’un esprit du monde devenu conscient de lui-même par la philosophie, la construction de l’État prussien et la science ».

Pour Karl Marx, selon la théorie du matérialisme historique, le sens de l’histoire est l’avènement d’une « société sans classes », l’abolition de la propriété privée par la révolution communiste rendant possible l’abolition de l’État, qui n’a jamais eu pour autre finalité que de garantir la propriété des classes dominantes : lorsque l’égalité économique sera établie, l’État n’aura plus lieu d’exister. Pour Karl Marx, l’histoire a un mouvement dialectique (non linéaire), elle dépend des conditions matérielles de l’existence, et elle est la succession de différents systèmes économiques. L’esclavage est remplacé par le servage, qui constituerait l’antithèse, et dont la synthèse serait le salariat. La finalité historique de cette évolution est, selon Karl Marx, le communisme. Le point de vue de Marx sur le déroulement de l’histoire a influencé de nombreux historiens.

Peu après l’effondrement du bloc communiste, Francis Fukuyama pronostiquait, en 1992 et dans la lignée de Hegel et d’Alexandre Kojève, « la fin de l’histoire ». L’histoire étant, par essence, la confrontation des modèles d’organisation sociale, l’extinction du communisme en sonnerait le glas : les nations du monde n’auraient d’autre horizon que le développement de la démocratie et de l’économie libérale incarnées par le modèle américain.

Editeur : Le Livre de Poche

Collection : Classiques

Langue : Français

ISBN-10: 2253088749

ISBN-13: 978-2253088745

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