Archive pour décembre 2011

LE TRONE DE FER L’INTEGRALE

George-R-R Martin
Editions J’ai lu

le-trone-de-ferLe livre à l’origine de la série. Une saga épique enfin adaptée à la télévision. 550 000 lecteurs n’en sont pas ressortis  indemnes. Disponible aux éditions J’ai lu en 4 volumes.

RESUME

Le royaume des Sept Couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver  : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer. Tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors, s’en sortiront indemnes…

Le Trône de fer est un cycle culte. Fantasy médiévale avec son lot de complots, trahisons, guerres, luttes de pouvoir, il se déroule dans le royaume des Sept Couronnes. Mais plutôt que de livrer une féerie épique d’aventures et de créatures extraordinaires, George R.R. Martin laisse la parole à une multitude de personnages qui tissent à travers leurs forces et leurs faiblesses l’histoire du royaume. Et mieux qu’aucun auteur, il les fait humains. Le récit s’efface, on entre dans un monde de chair, de sang. De vie. La réalité violente et crue s’éveille au fil des relations qu’entretiennent les protagonistes. Leurs doutes, leur soif de pouvoir, d’amour se révèlent. Ils ne sont plus les pions qui participent à l’Histoire. Ils sont l’Histoire, ses faiblesses, ses accès de rage et de folie, ses rêves. Construction gigantesque aux intrigues imprévisibles, le Trône de fer est vivant. On y entre facilement, on n’en sort jamais.

LA SERIE TELEVISEE INEDITE

Dans la lignée des Soprano et de Boardwalk Empire, HBO adapte enfin pour la télévision une œuvre majeure dans le domaine de la dark fantasy : Le Trône de Fer  : Game of Thrones, d’après la saga éponyme de George R.R Martin.
Sean Bean (Le Seigneur des Anneaux, GoldenEye), Mark Addy (The Full Monty), Lena Headey (Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor) et Jason Momoa (Conan le Barbare, Stargate Atlantis) sont quelques noms d’une distribution prestigieuse pour une production colossale.

Le générique de la série.

Le générique de la série sur Dailymotion.

Scénariste et producteur au cinéma et à la télévision, il est aussi l’auteur de plusieurs romans à succès (Riverdream, Armageddon, Rag). Dans la lignée des rois maudits et d’Excalibur, Le trône de fer  son plus grand succès est adapté à la télévision par HBO. Très impliqué dans ce projet George R.R. Martin est en passe de devenir l’auteur de fantasy le plus productif et respecté  de sa génération.

Format : Broché
Nb de pages : 790 p.
Parution : 20 janvier 2010
ISBN-10: 2290019437
ISBN-13: 978-2290019436
Prix : 14,90 euros.

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LA GRAND-MERE DE JADE

Frédérique Deghelt
Editions J’ai lu

la-grand-mere-de-jadeUne histoire d’amour entre deux femmes, deux générations, au dénouement troublant…

PRESENTATION

Une jeune femme moderne « kidnappe » sa grand-mère pour lui éviter la maison de retraite. Frédérique Deghelt livre un intimiste récit à deux voix. A travers le charme délicat de l’aveu, d’une écriture légère, elle procure à ses personnages la force et l’audace de réinventer leur vie.
Pour éviter à sa grand-mère – Mamoune au parfum de violette et de fleur d’oranger – un placement en maison de repos, Jade « l’enlève » et l’installe dans son appartement parisien.
L’octogénaire savoyarde et la jeune femme célibataire, journaliste indépendante, vont tisser avec douceur et simplicité une vie commune nourrie de leurs souvenirs. Mais, derrière les choses ténues du quotidien, c’est l’émouvante tragédie de la vie qui se déroule. Celle-ci se dévoile dans les récits croisés des deux femmes, l’une, écrivain en devenir, l’autre, lectrice passionnée qui a secrètement fait de ses montagnes savoyardes son cabinet de lecture. Se construit alors un échange littéraire au cours duquel elles se livrent et se découvrent. Jade, qui concevait sa vie sans ancrages ni repères, apprend de sa grand-mère que c’est dans la confiance et l’acceptation de l’autre, et seulement là, que l’on a des chances d’être soi. Grâce à Mamoune, touchante dans sa dignité chancelante, l’appartement de Jade devient le lieu de tous les possibles.
Habilement, de sa prose douce et bienveillante, Frédérique Deghelt nous raconte la libération d’une jeune femme perdue dans l’agitation de sa vie. Et livre le portrait étonnant et tendre d’une grand-mère en qui éclot un sentiment amoureux imprévisible.

AVIS DE LIBRAIRES CHEZ DECITRE

« Après le malaise de “Mamoune”, ses filles décident de la placer en maison de retraite mais Jade s’y refuse. Elle décide d’enlever sa grand-mère et de la recueillir chez elle où elle se sent seule depuis sa rupture. Jade va (re)découvrir sa grand-mère. Deux mondes se rencontrent, deux générations cohabitent, s’enrichissent pour notre plus grand bonheur. Un très beau roman aux personnages attachants. »
(Hélène, librairie Decitre Lyon Part-Dieu, le 05 avril 2011)

« Pour lui éviter la maison médicalisée, Jade décide de prendre sa grand mère dans son petit appartement parisien…
Un récit dialogué partagé entre Mamoune et Jade qui prennent chacune la parole à leur tour. Jade redécouvre sa grand mère dont elle gardait une image d’Épinal : la grand mère ardéchoise pieuse et inculte.
Loin d’être un poids, sa grand mère se révèle une femme passionnée, ouverte, qui accepte son âge et pousse Jade à s’affranchir de ses propres limites pour vivre sa vie. »

(Cendrine, librairie Decitre Saint-Genis-Laval, le 19 mars 2011)

Journaliste, réalisatrice de télévision et écrivain française, Frédérique Deghelt est une voyageuse infatigable, avec Paris pour port d’attache. Elle publie son premier roman, La valse renversante, en 1995, aux éditions Sauret. Elle est également l’auteur aux éditions Actes Sud de Je porte un enfant et dans mes yeux l’étreinte sublime qui l’a conçu, 2007, et de La Vie d’une autre (« un endroit où aller », 2007 ; Babel, n°897). La grand-mère de Jade a été récompensé par les prix Solidarité et Chronos 2010.

Format : Broché
Nb de pages : 288 p.
Parution : 2 février 2011
ISBN-10: 2290029114
ISBN-13: 978-2290029114
Prix : 6,70 euros.

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LE SANG DE LA REPUBLIQUE. LES GENERAUX FRANCS-COMTOIS DANS LA TOURMENTE REVOLUTIONNAIRE.

Philippe Thireau
Editions Cêtre

le-sang-de-la-republiqueUn ouvrage des Editions Cêtre qui relate ici un autre aspect de l’histoire régionale de la Franche-Comté : l’engagement militaire au sein de la Révolution française.

Soixante-treize généraux francs-comtois de la République se sont illustrés entre 1792 et 1799 à Valmy, Mayence, Landau, Jemmapes… Nous cheminerons rudement dans leurs pas.

Format : Broché.
Nb de pages : 376 p.
Parution : 12 février 2008
ISBN-10 : 2878231783
ISBN-13 : 978-2878231786
Prix : 25 euros.

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PROFESSION : OUVRIERS SABOTEURS. 1943. A la rencontre des hommes et des femmes qui ont fait la résurrection de Peugeot.

Daniel SEIGNEUR
Editions Cêtre

profession-ouvriers-saboteursEn Europe, les années 1940 à 1942 avaient été terribles. L’Allemagne avait envahi les territoires de l’Occident ; en novembre 1942, en France, brisant les conditions de l’armistice, les nazis s’emparaient de la zone libre. Le régime de Vichy avait fait illusion ; le maréchal Pétain, chef de l’État français, engageait une politique de collaboration avec l’ennemi…
Dans le département du Doubs, à Sochaux, les usines Peugeot, comme la plupart de celles du pays, étaient contraintes de travailler au profit des nazis. Les Anglais les avaient bombardées au mois de juillet 1943 afin qu’elles ne produisissent plus mais elles n’avaient guère été touchées ; ce bombardement avait rasé la ville et avait fait des centaines de victimes.
C’est alors qu’un groupuscule d’ouvriers courageux, intrépides,  décidaient au péril de leur vie de saboter des installations vitales inhérentes à la fabrication de matériels militaires. Ainsi, ils entendaient prouver aux Alliés que les usines n’étaient plus à même d’assurer la production, et ce, afin d’éviter un second bombardement. Ces opérations de destruction, de sabotage allaient être, non sans mal, couronnées de succès…

Complément d’histoire sur Peugeot pendant la Seconde Guerre mondiale.

Parution : 18 février 2009.
Format : Broché.
ISBN-10: 2878232011
ISBN-13: 978-2878232011
Prix: 15 euros.

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RESISTANCES 1940-1944 VOL.2 - Le Pays de Montbéliard 1944 : Lutte armée et répression.

J.P. Marandin
Editions Cêtre

resistances-1940-1944-2Le second volume porte sur le printemps, l’été et l’automne 1944. Il précise l’aide apportée par les opérations de parachutages, comptabilise les coups portés à l’ennemi, évoque les différentes générations de maquis et raconte le dur automne marqué par la stabilisation du front pendant plus de dix semaines aux portes de l’agglomération montbéliardaise.

PRESENTATION

La défaite de 1940 inaugure pour la France une période parmi les plus sombres de son histoire. Comment les Français ont-ils réagi à une occupation étrangère durable ? Se sont-ils installés dans l’attente d’une libération par les Alliés, ont-ils pris en mains leur destin au prix de transgressions de la légalité, toujours plus risquées ? L’étude porte sur cet espace clé de la Zone réservée, de la frontière avec la Suisse à Baume-les-Dames et des plateaux du Haut-Doubs au secteur Héricourt-Belfort-Montbéliard.
Elle précise des données déjà disponibles, apporte quantité d’informations inédites et finalement oblige à réévaluer l’attitude de populations placées sous la botte du vainqueur allemand durant quatre années et demie. Pour ce travail de synthèse minutieux, l’auteur a durant plusieurs années dépouillé systématiquement l’ensemble des sources accessibles, mis au jour de nouveaux documents en provenance d’archives privées, exploité les rapports conservés dans plusieurs dépôts d’archives en France ou à l’étranger, interrogé plus de trois cent trente témoins.
Au carrefour entre la génération des acteurs et celles des petits et arrière-petits-enfants soucieux de connaître un passé dépouillé de ses légendes, l’ouvrage occupe une place particulière dans la production historiographique, utile confrontation entre le temps des souvenirs et le devoir d’histoire.

SOMMAIRE

  • Printemps d’espérance
  • Les maquis du 6 juin 1944
  • L’été de toutes les incertitudes
  • Maquis du Lomont
  • Un automne de sang

Franc-comtois d’origine, Jean-Pierre Marandin est professeur d’histoire-géographie depuis 1978 dans le Pays de Montbéliard. Il a partagé sa passion pour la période contemporaine avec ses élèves et réalisé dans le cadre de projets éducatifs plusieurs expositions, ouvrages et vidéos sur l’histoire montbéliardaise et comtoise. Agrégé de l’Université, il livre ici le résultat de nombreuses années de recherche sur les résistances à l’occupation pendant le second conflit mondial.

Parution : 1 décembre 2005
Format : Broché.
Nb de pages : 264 p.
ISBN : 2-87823-141-4
EAN : 9782878231410
Prix : 28 euros.

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RESISTANCES 1940-1944 VOL.1 - A la frontière franco-suisse, des hommes et des femmes en Résistance.

J.P. Marandin
Editions Cêtre

resistances-1940-1944-1Nouvelle édition. La défaite de 1940. Cette étude porte sur un espace clé de la zone réservée, de la frontière avec la Suisse à Baume-les-Dames et des plateaux du haut Doubs au secteur Héricourt-Belfort-Montbéliard. Elle apporte quantité d’informations inédites et oblige à réévaluer l’attitude des populations placées sous la botte du vainqueur allemand durant 4 années et demie.

PRESENTATION

La défaite de 1940 inaugure pour la France une période parmi les plus sombres de son histoire. Comment les Français ont-ils réagi à une occupation étrangère durable ? Se sont-ils installés dans l’attente d’une libération par les Alliés, ont-ils pris en mains leur destin au prix de transgressions de la légalité, toujours plus risquées ? L’étude porte sur cet espace clé de la Zone réservée, de la frontière avec la Suisse à Baume-les-Dames et des plateaux du Haut-Doubs au secteur Héricourt-Belfort-Montbéliard.
Elle précise des données déjà disponibles, apporte quantité d’informations inédites et finalement oblige à réévaluer l’attitude de populations placées sous la botte du vainqueur allemand durant quatre années et demie. Pour ce travail de synthèse minutieux, l’auteur a durant plusieurs années dépouillé systématiquement l’ensemble des sources accessibles, mis au jour de nouveaux documents en provenance d’archives privées, exploité les rapports conservés dans plusieurs dépôts d’archives en France ou à l’étranger, interrogé plus de trois cent trente témoins.
Au carrefour entre la génération des acteurs et celles des petits et arrière-petits-enfants soucieux de connaître un passé dépouillé de ses légendes, l’ouvrage occupe une place particulière dans la production historiographique, utile confrontation entre le temps des souvenirs et le devoir d’histoire.

SOMMAIRE

  • Les premiers temps du refus
  • Chrétiens et communistes
  • Terre de passages
  • Une résistance tardive et pourtant active
  • Les mois difficiles

Franc-comtois d’origine, Jean-Pierre Marandin est professeur d’histoire-géographie depuis 1978 dans le Pays de Montbéliard. Il a partagé sa passion pour la période contemporaine avec ses élèves et réalisé dans le cadre de projets éducatifs plusieurs expositions, ouvrages et vidéos sur l’histoire montbéliardaise et comtoise. Agrégé de l’Université, il livre ici le résultat de nombreuses années de recherche sur les résistances à l’occupation pendant le second conflit mondial.

Parution : 30 avril 2005 (1ere Edition).
Format : Broché
Nb de pages : 240 p.
ISBN-10: 2878231406
ISBN-13: 978-2878231403
Prix : 28 euros.

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LETTRES 1961-1978

Cioran, Guerne
Editions de L’Herne

lettres-1961-1978PRESENTATION

Sans jamais se départir d’une liberté de ton à la fois incisive et drôle, cet échange épistolaire mêle anecdotes et réflexions métaphysiques, évocations d’accidents quotidiens et jugements sur l’histoire contemporaine, récits de potins littéraires et réflexions diverses sur la difficulté d’écrire, souvenirs et états d’âme, confessions et accès de rage.
D’abord témoignage d’une profonde amitié, il est pour le lecteur l’occasion de (re)découvrir un Cioran d’une extrême bienveillance, s’inquiétant, par exemple, de l’état de santé de son ami et lui prodiguant des conseils si précis, si éclairés qu’on les dirait inspirés du Vidal ou extraits de quelque ordonnance médicale !
Qu’on se rassure pourtant : le Cioran attentionné, plein d’affection qu’on sent au fil des lettres sait, ici encore, régaler son destinataire de formules sarcastiques, de pointes assassines qui sont autant de coups de gueule poussés contre l’homme et l’univers.

Guerne et Cioran se seraient rencontrés à Paris au début des années cinquante. Dans les années 60, Guerne quitte Paris pour s’installer avec sa compagne, au Vieux Moulin dans le Lot-et-Garonne. Cioran, lui, reste invariablement à Paris avec Simone. Dès lors, les lettres s’enchainent et révèlent leur vie pour le moins différente: Cioran enchaine les visites obligées qu’il hait, Guerne célèbre cette solitude loin de Paris; Cioran se montre dilettante, Guerne se livre à un travail acharné qui l’épuise; Cioran parvient à vivre décemment, Guerne accumule les difficultés financières.

EXTRAITS

Guerne n’étant pas en reste sur le sujet et jouissant d’une plume tout aussi tranchante, le lecteur savoure l’énergie qui se dégage de ce dialogue à la fois vif, chaleureux et imprégné de culture.

« Au Vieux Moulin, le 2 février 1970
Mon cher Cioran,
Ce Libanais qui vous avait téléphoné pour avoir mon adresse ne m’a jamais écrit. C’est généralement comme cela - et je peux dire que chaque fois qu’une lettre de cette sorte m’est annoncée ; je l’attends toujours. Même procédé de la part de Mme Cixous – qui a attrapé un prix dans l’intervalle, tout comme Ionesco l’Académie. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ? Ces maladies-là, cela devrait se soigner. »

LU DANS LA PRESSE

“Un Kärcher de l’esprit” pour le Figaro Littéraire.
Extrait : “Cioran n’est pas sans descen­dance. Le scepticisme en vogue d’Houellebecq rappelle celui du maître mais c’est un scepticisme médiatiquement avachi quand ­Cioran est dardé sur sa cible, dans un désespoir jubilatoire. Son style plutôt que celui d’un classique est celui d’un baroque acéré, armé d’une balistique d’adjectifs, d’antithèses et d’allitérations qui taillent les utopies à la hache. Ces aphorismes cruels sur l’amour ont fait sa gloire, mais ces sentences pour dîners en ville ne doivent pas cacher la profondeur de ses coups de sonde qui le mettent au niveau de Pascal, de Schopenhauer, de Nietzsche et de Lao-tseu. C’est pourquoi, il faudrait faire tous les ans une petite cure de Cioran plus décapante pour les lipides et les ballonnements de la pensée que n’importe quelle thalassothérapie chic. Car Cioran est un Kärcher de l’esprit.”
(Par Patrick Grainville, Le Figaro littéraire).

“L’Académie va en avaler son dentier” sur la république des livres.
“On voit par là que l’Académie mérite bien sa réputation de maison d’infinie tolérance. Et là-dessus, roulements de tambours dans un concert de sifflements de sonotones ! D’aucuns se sont damnés pour jouir de cet insigne honneur. Ce syndrome est de tous temps. Dans une lettre du 9 mars 1964, qui figure dans sa correspondance avec Armel Guerne qui vient de paraître (Lettres, 1961-1978, L’Herne), Emil Cioran écrit :
« Je suis sorti indemne des épreuves académiques ou autres. Au cocktail offert après la Réception je ne suis resté qu’une minute en tout et pour tout. Il est à peine concevable qu’on puisse se prêter à des cérémonies aussi ridicules et aussi funèbres qui, je l’ai remarqué avec quelque soulagement, n’intéressent que les femmes. Seul moment curieux sous la Coupole : l’entrée des académiciens, saluée par la fureur des tambours. Une véritable cour des Miracles… Ces octogénaires en uniforme, difformes, éclopés, aux gueules haineuses et sinistres, on les voit beaucoup mieux en clochard, sur le quai d’en face, autour d’une bouteille de rouge »
(Par Pierre Assouline sur son Blog du Monde).

E.M. Cioran  est né  le 8 avril  1911 à Rasinari (Roumanie) d’une mère athée et d’un père, pope orthodoxe. A 22 ans, il publie son premier ouvrage Sur les cimes du désespoir puis Le livre des leurres. Son troisième ouvrage très antireligieux Des larmes et des saints fait scandale dans son pays. En 1936, paraît La transfiguration de la Roumanie. On lui doit une vingtaine de livres, dont également : Précis de décomposition (1949) et De la France (2009). Cioran s’installe définitivement à Paris en 1941, et  se consacre à l’écriture, vivant très modestement à l’écart de la vie parisienne. Il fréquente des penseurs et des écrivains qui lui sont proches tels que Ionesco, Eliade, Beckett et Michaux notamment. Il rédige désormais ses ouvrages, principalement composés d’aphorismes dans un français extrêmement ciselé. Cioran publie, en 1987, son dernier ouvrage Aveux et anathèmes. Il meurt en 1995 à Paris.

Armel Guerne (1911-1980), poète et traducteur suisse de langue française, a été un temps professeur en Syrie, pour enseigner ensuite à la Sorbonne et fonder avec Roger Frétigny le Groupe d’études psychologiques. Son premier livre Oraux est publié en 1934. Il traduit de nombreux auteurs, notamment Novalis, Rilke, Hölderlin, les frères Grimm, Melville, Virginia Woolf, etc., tout en poursuivant son œuvre personnelle. On lui doit notamment : Les Jours de l’Apocalypse (1967), Au bout du temps (1981), Le Poids vivant de la parole (1983), etc.

Nb de pages : 286 p.
Parution : Janvier 2011
Format : Broché
Dimensions : 20.9 x 11.9 x 2.0 cm
ISBN : 9782851979056
EAN13 : 9782851979056
Prix : 19 euros.

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LES FABULEUX POUVOIRS DES ANIMAUX

Charlotte Portalis
One Plus One

les-fabuleux-pouvoirs-des-animauxDécouvrir, mieux connaître le monde animal qui nous entoure pour prendre conscience que nous formons un écosystème. Cet ouvrage permet tout cela de façon pratique. Très bonne sensibilisation grand public.

A l’heure où la disparition de la richesse animale devient de plus en plus alarmante, les chercheurs découvrent chaque année des animaux capables de réaliser de grandes prouesses : communiquer par ultrasons, marcher sur l’eau, se camoufler aux couleurs de son environnement, prendre l’apparence d’un mort pour mieux chasser… Ces organismes étonnent par les moyens qu’ils développent pour s’adapter à leur milieu souvent inhospitalier, et défier ainsi la dure loi de l’évolution.
Outre l’importance écologique du règne animal pour le bon fonctionnement des écosystèmes terrestres, ces animaux titillent la fibre inventive humaine. Revêtements, colles ou textiles sont directement inspirés d’eux. Des études scientifiques mettent au jour l’existence de molécules produites par ces organismes directement applicables dans le domaine médical : prothèses artificielles, ligaments synthétiques, revêtements antibactériens, médicaments, etc. Le règne animal est doué d’une intelligence et d’une richesse hors du commun.
Cet ouvrage présente 80 « super pouvoirs » animaux en détaillant leur fonctionnement, les implications qu’ils ont eu sur le progrès scientifique humain et en rendant compte des dernières avancées de la recherche pour expliquer les cas les plus énigmatiques.

Charlotte Portalis, diplômée en Biologie des populations et des écosystèmes, est journaliste Sciences et Environnement.

Parution : Juillet 2011
Nb de pages : 183 p.
Format : Broché
Dimensions : 21.0 x 20.0 x 1.5 cm
ISBN : 9782919303045
EAN13 : 9782919303045

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LE CHAGRIN

Lionel Duroy
J’ai Lu

le-chagrin

Peut-on vraiment tout écrire, au risque de rompre avec ses proches ? Une histoire familiale et personnelle. Un roman qui a reçu le Grand prix Marie Claire du roman d’émotion 2010.

De l’occupation à nos jours, Lionel Duroy retrace la lente déliquescence d’une famille au fil des événements terribles de la seconde moitié du siècle. Le portrait d’un enfant pris au piège de la fatalité familiale.

Présentation : Au départ, c’est un couple amoureux qui convole durant l’Occupation. le mari est issu de la noblesse désargentée ; d’une grande beauté, l’épouse aspire à une vie mondaine digne de sa récente particule. En catholique zélés, ils donnent naissance à onze enfants, tandis que toute la maisonnée mène aveuglément un train de vie de grands bourgeois. Prêt à se lancer dans les entreprises les plus hasardeuses pour satisfaire les exigences de sa bien-aimée, le père accumule en secret des dettes exorbitantes. La chute n’en est que plus rude. Expulsion des beaux quartiers, humiliation sociale… toute la tribu est relogée dans une cité lugubre où ne tiennent aucun des meubles fabriqués sur mesure pour le bel appartement de Neuilly. La paix du ménage se fissure, tout comme l’équilibre psychologique de la mère. Commence une longue série de galères - de magouilles paternelles en crises de nerfs maternelles. le narrateur, l’un des enfants, est le témoin épouvanté des calamités qui s’amoncellent au-dessus du foyer familial. Un chagrin qui pèsera sur ses épaules durant toute son existence. De 1940 à nos jours, la société française connaîtra elle aussi de grands bouleversements. Mais jamais cette famille ne sera du bon côté des événements politiques. Défenseur de Pétain sous l’Occupation, opposé de nouveau à de Gaulle lorsqu’il « abandonne » les Français d’Algérie, et pestant contre ces « gauchistes » qui, en 68, incendient Paris du haut de leurs barricades, le père est toujours à contre-courant des grands mouvements libérateurs. Etc…

LU SUR LES BLOGS

* Peut-on vraiment tout écrire, au risque de rompre avec ses proches ?
Lionel Duroy a fait de sa vie des romans, depuis le premier, Priez pour nous !, paru en 1990 (éditions Barrault). Journaliste, Duroy vient de perdre son travail. L’envie d’écrire un roman le tenaille depuis longtemps, il se retrouve au pied du mur, et couche sur le papier l’histoire d’une famille d’aristocrates désargentée, composée d’un père sans qualification particulière et sans grand courage, d’une mère qui nourrit des rêves de grandeur et refuse d’affronter la réalité, et de neuf enfants qui devront apprendre très tôt à se débrouiller tout seuls entre ces géniteurs irresponsables. Une enfance calamiteuse entre des parents irresponsables.
Cette histoire est en fait celle de Lionel Duroy (de son vrai nom Duroy de Suduiraut). Il n’a rien oublié de son enfance calamiteuse : les crises d’hystérie de sa mère; les mensonges de son père pour apaiser sa femme; les lettres d’huissiers qu’il fallait cacher; l’expulsion de l’appartement de Neuilly pour aller vivre dans une HLM de banlieue; les journées passées dans la voiture de son père, représentant de commerce, pour ne pas avouer à la mère que les enfants ont été chassés de l’école privée de Neuilly faute d’argent… et toutes les autres humiliations. Alors il écrit, tout. Le roman est publié, et ses frères et sœurs rompent avec Duroy, pour avoir porté à la connaissance du public une histoire qui selon eux leur appartient, et qu’ils n’ont pas forcément vécue de la même façon. L’auteur a beau leur expliquer que s’il ne publie pas ce livre, il en mourra, la fratrie de veut rien savoir. Pire encore, la porte se ferme aussi pour les enfants de Duroy, pourtant attachés à leurs cousins. Son fils n’a que six ans.
(Source : Suite101.fr)

* Je n’ai pas lâché ce livre (cette autobiographie). L’auteur raconte son histoire, de l’enfance à aujourd’hui, sa famille et surtout ses parents, cette tribu de onze enfants (si on les compte tous), ses errances, son adolescence pendant laquelle il fut, un temps, déscolarisé, ses premiers boulots de “manard”,  sa découverte de la littérature, son entrée dans le journalisme, ses voyages en Égypte, sa traversée de l’Amérique du Nord au Sud, en Algérie (suite au tremblement de terre ou pour enquêter sur les massacres de la décolonisation), en ex-Yougoslavie, etc…  Mais au travers de tous ces voyages, ce sont les images parentales que l’on retrouve.
J’ai été touchée par la sincérité de son écrit, il ne tait pas ses faiblesses, ses lâchetés, ses ambivalences, ses contradictions, ni les scénarios que chacun peut construire quand il est dans la dépression, dans la peur, dans l’urgence.
Il explique combien écrire fut, finalement, ce qui lui a permis de survivre à son enfance. Écrire ou mourir. Écrire un livre, quitte à être exclu de sa famille, renié, écrire pour témoigner de ce roman familial que ses frères et sœurs auraient aimé taire.
(Source : Le Journal de Chrys)

* A l’origine de ma venue au monde, de notre venue au monde à tous les onze, il y a l’amour que se sont déclaré nos parents.
Toutes les souffrances qu’ils se sont infligées par la suite, toutes les horreurs dont nous avons été les témoins, ne peuvent effacer les mots tendres qu’ils ont échangés durant l’hiver 1944.
De l’Occupation jusqu’à nos jours en passant par la guerre d’Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l’itinéraire chaotique d’un enfant, puis d’un homme, pris au piège d’une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises des cinquante dernières années.

Mon impression :
Ce livre est une autobiographie.  C’est le quotidien d’une famille très nombreuse dans la France d’après l’occupation ;  c’est le récit de ses aspirations et de ses déboires financiers,  de l’expulsion, de la survie ; d’un père qui joue à cache-cache avec les huissiers, les banquiers, et sa femme. D’une mère qui se voyait tout autre et dont les rêves s’écroulent après chaque naissance, chaque perte de niveau de vie, qui se laisse parfois aller à la folie avant de reprendre sa raideur. C’est aussi une chronique de la France de cette même époque, vécue par une famille à contre courant.
La lecture m’a emportée, liée à cette famille. J’ai été troublée et émue par le ton du livre, par le chagrin évident de l’auteur au travers de son récit, de ses jugements vis à vis des siens, de ses souvenirs et de ce qu’il vit aujourd’hui encore par rapport à tout cela. Il y a en lui un enfant caché, terriblement présent, avide d’amour, de reconnaissance, celui qui  a vécu comme des injustices les évènements de son passé et qui souhaiterait sans doute cesser d’en être torturé pour comprendre et enfin expurger colère et haine qui le rongent et le minent toujours.
« …je règle déjà quelques comptes à coups de hache, découvrant combien l’écriture me sort de mon chagrin, combien elle me donne le sentiment d’exister, enfin… »
Je n’ai pas lu d’autres livres de Lionel Duroy mais je l’ai vu à « La grande librairie » lors de son passage pour la sortie de son livre « Colères » : cet homme paraît  d’une sensibilité exacerbée,  ce qui lui permet sans doute de ressentir  si profondément  les évènements, les gens et leur vécu, son passé et qui lui donne ce talent de les conter. Il ne peut évidemment le faire que par l’écriture :  s’il n’écrit pas, il s’enferme, tourne en rond comme un ours en cage, se détruit ; s’il écrit c’est à ses risques et périls, au détriment de ses liens familiaux, amoureux…  Cet homme est souffrance et déchirement quoi qu’il choisisse.
« J’étais bien placé pour savoir combien les livres peuvent être destructeurs, et cependant je ne connaissais pas de plus sûr moyen de garder auprès de soi ceux que nous aimons le plus. »
Difficile sans doute de vivre ce qu’il a vécu, difficile aussi d’être de sa  fratrie et de ne savoir réagir qu’avec une certaine violence à ses écrits et sans doute difficile de vivre avec un homme qui vous scrute, qui semble chercher  ou attendre une faille pour s’engouffrer dedans et tout voir se détruire, de nouveau comme si c’était inévitable.
Troublant, émouvant, parfois agaçant mais terriblement prenant, jusqu’au bout des 734 pages.
(Source : Isabelle Passions sur Over-Blog)

* Jamais plus je ne regarderai les familles nombreuses à la sortie de la messe de Saint-Lunaire ou de Saint-Enogat, sans penser à ce livre.
J’ai toujours eu beaucoup de compassion pour les fratries de 6 ou 7 enfants, tous coiffés de la même façon, cheveux courts pour les garçons,  carré retenu par un serre-tête écossais pour les filles (la variante avec la barrette est aussi acceptable).
Je sais par expérience que la vie dans ces familles n’est pas aussi rose que les gilets ras du cou de la dite couleur  le laisseraient croire…
Quand en plus, la mère en veut à la société, à sa famille, à son conjoint, à ses enfants, de ne pas mener la vie digne de son « rang », alors ce qui était une difficulté de vivre devient un enfer.
Au-delà de cet enfer, provoqué par la personnalité des parents, l’auteur décrit parfaitement bien la difficulté des rapports entre enfants et parents dans ce genre de famille.
J’avais déjà beaucoup aimé Priez pour nous, qui est son premier cri de désespoir adressé à ses parents.
Lionel Duroy  est plus complet dans ce livre autobiographique. Comme il commence au début de la rencontre de ses parents en 1944 et  termine dans les années 2000, nous voyons toute notre époque se dérouler, avec ses violences et ses évolutions.
On voit aussi l’auteur prit dans des amours difficiles, il faut dire que, s’il sait critiquer les autres, il ne s’épargne pas non plus. Le moment où sa jeune compagne doit avorter seule et son manque de compréhension à ce moment là est d’une tristesse incommensurable.
Toute ma jeunesse et ma vie d’adulte repassent devant mes yeux, et souvent un trait de caractère, une tristesse, un sourire, un souvenir me  revient comme une fulgurance.
Etant donné le succès de cet auteur, il doit correspondre à plusieurs formes de sensibilité.
J’ai beaucoup apprécié, également, la façon dont il décrit sa nécessité  d’écrire, on le sent dans un état d’urgence et parfois même de survie.
Il fait partie des enfants mal-aimés qui, sans l’écriture, auraient encore,  tellement plus mal vécu. Il a le talent de savoir l’écrire, d’aller au-delà de sa souffrance personnelle et de s’adresser à chacun d’entre nous.
(Source : Luocine sur Over-Blog)

* J’ai dévoré ce livre qui est pourtant assez conséquent.
Cela faisait longtemps qu’il me faisait de l’oeil et j’ai finalement craqué.
C’est un réquisitoire de l’auteur contre sa mère, une manière pour lui d’exprimer ce qu’il a ressenti au cours de son enfance et de son adolescence chaotique. Voici un petit compte-rendu de cette histoire.
Théophile Dunoyer de Pranassac, le baron Dunoyer de Pranassac, rencontre Simone Verbois pendant la seconde guerre mondiale. Ils ont une vingtaine d’année et appartiennent à des familles très différentes, mais qui partagent néanmoins des idées d’extrême-droite, ainsi qu’une foi catholique indéfectible. Les Dunoyer de Pranassac sont nobles mais désargentés, les Verbois ne sont pas nobles, mais Simone aime l’argent. Ils se marient le jour du débarquement, le 6 juin 1944, et auront 11 enfants, dogme catholique oblige. Après quelques années passées en Tunisie, les Dunoyer reviennent en France en 1957, et s’installent à Neuilly, car rien ne se refuse à la “Baronne” Simone, comme vont commencer à la surnommer ses enfants et son mari.
« A l’origine de ma venue au monde, de notre venue au monde à tous les onze, il y a l’amour que se sont déclarés nos parents. Toutes les souffrances qu’ils se sont infligées par la suite, toutes les horreurs dont nous avons été témoins ne peuvent effacer les mots tendres qu’ils ont échangés durant l’hiver 1944. »
La famille s’installe donc boulevard Richard-Wallace à Neuilly, emploie une « femme à tout faire » qui longe les murs pour arriver au salon et qui vit dans la cuisine, de peur de croiser “la baronne”. Toto (le surnom peu flatteur donné par Simone à Théophile) dépense sans compter pour faire plaisir à sa femme et satisfaire ses caprices d’enfant gâtée. La famille s’agrandit, le septième enfant arrive. L’auteur écrit: “J’ai conscience que nous courons à notre perte avec tous ces enfants.” De sa mère, il rajoute: “Notre mère, que nous découvrirons bientôt si fragile dans l’épreuve, si vulnérable, et pour ainsi dire si peu de chose, porte ici très haut notre chapeau. Sa certitude d’être à sa place dans ce triangle doré de Neuilly, sa conviction d’être issue d’une race bien supérieure aux autres, lui permet de considérer toutes ses voisines comme ses égales (…)” (p.126)
Et puis un jour, en 1959, les huissiers débarquent, et pas à l’improviste, comme pourrait le croire Simone, à qui Toto a bien soigneusement caché les mises en demeures. Cela fait des mois qu’il ne paye plus le loyer de cet appartement qu’il ne peut pas assumer, vivant au-dessus de ses moyens. Les “petits arrangements” qui lui permettaient jusque là de tenir ne suffisent plus. La famille est expulsée, et relogée à Rueil-Malmaison, au domaine de la Côte noire, où ils vont rester plusieurs années. L’électricité sera parfois coupée pour défaut de paiement, William (le prénom derrière lequel se cache Lionel Duroy) et certains de ses frères seront déscolarisés pendant plusieurs années car leur collège privé est trop cher, et cela sera caché à Simone, trop fragile, selon Toto, pour supporter la situation. Finalement, en 1962, la famille s’installera dans une banlieue plus agréable, à Vaucresson, sans que cela ne satisfasse la Baronne.
« Peut-être est-ce la conscience de leur inconscience qui, sur le moment, m’a fermé les yeux. » déclare l’auteur. Tout au long du livre, on découvre un couple qui joue à s’humilier ou à se rabaisser. On sent bien que quelque chose ne tourne pas rond, que Simone déteste ce que représente son mari, qu’elle ne supporte pas la famille de Théophile, que seuls les siens et son sacro-saint père Henry avait la grâce et l’élégance. William, lui, est un Dunoyer de Pranassac, pas un Verbois. Il n’est donc pas digne d’elle. Son mari non plus. Ne dit-elle pas de Toto qu’il est un « monstre » et que tous les malheurs qui leur arrivent sont de sa faute.  Et pourtant, les enfants se suivent à un an d’intervalle, la contraception n’est pas à l’ordre du jour, les époux aiment se chamailler et se réconcilier sous la couette. Inconscience ? Insouciance ? Jeu ?
Quoi qu’il en soit, les enfants en souffrent, le narrateur, en tout cas, s’interroge sur son père et sa « servilité ».
« Pourquoi s’humilie t-il ? Puisqu’il sait qu’elle va même passer, certains jours, sans même nous jeter un coup d’oeil, (…) comme si nous ne comptions pas plus à ses yeux que des cafards. »
Le temps passe, nous survolons les époques. Ce qui est d’autant plus intéressant dans ce livre, c’est que nous apprenons des choses sur la seconde guerre mondiale vu du camp Pétainiste (les familles paternelle et maternelle de Lionel Duroy l’étaient), la honte qu’il a ressenti autour de ses vingt ans en réalisant ce en quoi avaient cru les siens, mais nous apprenons aussi beaucoup sur la guerre d’Algérie, l’OAS, l’attentat contre De Gaulle au Petit-Clamart. Plus tard dans sa vie, Lionel Duroy - William dans le livre - deviendra journaliste à Libération, et partira enquêter sur les crimes commis par les militaires français en Algérie, dont un certain Lieutenant Jean-Marie Le Pen qui a torturé pendant la guerre les résistants Algériens. Grâce à son enquête, celui-ci aura droit à un procès au milieu des années 80. On apprend aussi beaucoup sur la crise qui a eu lieu en Nouvelle-Calédonie en 1988, Jean-Marie Djibaou et la grotte d’Ouvéa. Ces évènements ne voulaient pas dire grand-chose pour moi, car je n’avais à l’époque qu’une dizaine d’années. On apprend beaucoup sur l’Histoire en général, notre histoire et celle d’autres pays.
Pour revenir sur le texte et conclure.
Le temps passe, le narrateur évoque sa vie, son mariage, la naissance de ses enfants, son travail de journaliste. Après plusieurs années, il projette d’écrire ses souvenirs et toute l’amertume qu’il garde contre sa mère. Il raconte l’écriture de ce livre dans le livre. Il évoque le moment où il doit  prendre la décision de le publier ou non. Il décide de le publier, contre l’avis des siens, qui pensent que cela tuera ses parents de le faire. Certains s’opposent catégoriquement à la sortie d’un livre racontant l’histoire de la famille, menaçant d’exclure le narrateur de la famille. Et pourtant le livre est publié et existe. Il s’appelle « Priez pour nous ». Lionel Duroy s’est mis à dos tous les siens en publiant ce texte, et son mariage a sombré à partir de là. Et pourtant, tous ses frères et soeurs avaient vécu la même chose, mais ils n’avaient pas besoin d’exprimer leur chagrin ainsi. Alors que penser de la violence des sentiments du narrateur envers Simone, sa mère ?
Par moment, j’avais l’impression que pour mieux « guérir », William- Lionel aurait peut-être dû lui pardonner. A de rares occasions, on les voit se rapprocher, s’aimer comme un fils et sa mère, et on les voit à nouveau s’éloigner, et on se dit quel dommage. Il est vrai que Simone est fatigante, qu’elle se plaint sans cesse, qu’elle est vénale et égocentrique, que Toto est soumis et parfois humilié, que les décisions prises par ses parents n’étaient pas raisonnables, mais on se dit que la haine, la violence du ressentiment est vraiment trop forte, presque disproportionnée. En fait, j’ai autant souffert pour le narrateur que pour ses parents. Ce livre parle bien de chagrin, mais aussi des choix qui se sont imposés à l’auteur pour pouvoir se construire. L’écriture des souvenirs était nécessaire, et ses frères et soeurs auraient dû le comprendre. Je trouve son parcours courageux et sa décision saine. En tout cas, je peux comprendre sa réaction et le besoin de témoigner, de s’opposer, de ne plus se taire et se rabaisser, comme son père l’avait fait, d’après lui, à  tort ou à raison,  toute sa vie.
(Source : Syannelle sur Blogspot)

Quelques citations

Ils ne s’autorisent que la méthode du docteur Kyusagu Ogino, qui consiste, pour la femme, à déterminer ses périodes de fécondité à l’aide d’un simple thermomètre, parce que cette technique a reçu l’onction de Rome.

Tant d’années après, je me dis que c’est ce soir-là qu’elle nous a fait le plus de mal, et par notre faute, parce qu’aucun d’entre nous trois, les garçons, n’a trouvé la force de la rappeler pour lui balancer en plaine figure ces mots que je me répète silencieusement, certaines nuits, aujourd’hui encore, et alors que notre mère est morte depuis longtemps : « maman, tu pourrais au moins nous remercier. On n’est pas des chiens. »

Comme si elle n’avait trouvé aucun moyen d’échapper à son personnage d’emmerdeuse – ni la force ni l’imagination-, et je me dis aujourd’hui qu’en cédant à ses caprices, à sa bêtise affichée (revendiquée, allais-je écrire), notre père a sans doute contribué à cet enfermement.

Longtemps journaliste à Libération, Lionel Duroy est également l’auteur de Priez pour nous, Trois couples en quête d’orage et Méfiez-vous des écrivains. Immense succès, Le chagrin a obtenu le grand prix Marie Claire du roman d’émotion, le prix Marcel Pagnol, le prix François Mauriac et le prix des lecteurs de Brive-la-Gaillarde.

Parution : Avril 2011
Nb de pages : 734 p.
Format : Poche
Dimensions : 17.5 x 11.0 x 3.0 cm
ISBN : 9782290031568
EAN13 : 9782290031568

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AUX SOURCES DE L’EMIGRATION RUSSE BLANCHE

Nicolas Ross
Editions des Syrtes

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Le destin singulier des soldats russes blancs et notamment leur émigration en France dans les années 20. Un récit historique pas tout à fait neutre mais sur un versant peu étudié : les vaincus de la guerre civile russe : Les Russes Blancs !

PRESENTATION

Au fil des pages de son livre, Nicolas Ross nous entraine des combats de la guerre civile, dans le sud de la Russie, à la vie difficile dans les camps de refugiés offerts par les Alliés aux blancs vaincus, pour nous conduire jusqu’au cimetière russe blanc de Sainte-Geneviève-des-Bois. Le propos de l’auteur est autant d’évoquer le destin singulier des soldats blancs que la nature et les fruits, en France notamment, de leur émigration.

Le 22 novembre 1920, deux vapeurs russes, le Kherson et le Rion, commencent à débarquer les premiers contingents de l’armée du général Wrangel évacuée de Crimée, dans le port de la petite ville de Gallipoli, à l’entrée de la mer de Marmara. Cet épisode, à première vue insignifiant dans la perspective de la « grande histoire », fut, peut-être plus qu’aucun autre, l’événement fondateur des quatre-vingt-dix années d’existence des Russes blancs en exil.
Environ cinquante mille personnes s’installent dans des camps de fortune sur l’île grecque de Lemnos, à Bizerte en Tunisie et dans la péninsule de Gallipoli. Toutes les couches sociales sont représentées, désormais unies dans le même dénuement. Ces hommes ont un même rêve : le retour prochain au pays, les armes à la main. Mais ce retour se fait attendre et la vie s’organise dans la durée, avec les moyens du bord.
Avec le soutien des alliés, dont la France, d’associations comme la Croix-Rouge, ces villes deviennent de véritables colonies russes mêlant civils et militaires : des écoles se créent, la vie religieuse reprend. L’armée russe se réorganise, à Constantinople, le général Wrangel coordonne l’action politique autour d’un conseil russe en vue de retourner au pays et le délivrer du pouvoir bolchevik.
A partir de 1921, et en raison de la pression internationale, les camps sont évacués et les hommes dispersés dans les Balkans. Ensuite d’autres pays, qui offrent de meilleures conditions de travail, les accueilleront. La France, manquant de main-d’œuvre industrielle après la Grande Guerre, sera l’une de leurs principales destinations.
Fondé sur des sources peu connues en France et illustré d’un grand nombre de photos inédites, cet ouvrage présente de manière vivante le combat et l’exode fondateur de la Russie blanche. Il restitue ainsi la mémoire de ces hommes restés fidèles aux valeurs ancestrales de leur pays.

AVIS

Le point de départ de l’ouvrage de Nicolas Ross est la genèse de l’Armée des Volontaires, puis le récit des campagnes dans le sud de la Russie et en Crimée, entre 1918 et 1929, pour tenter de renverser le régime révolutionnaire soviétique désormais au pouvoir à Moscou. Ces troupes, conduites notamment par Alexeïev, Denikine, Koutiepov, Drozdovski ou Markov prennent en 1920, après leur défaite, les chemins de l’exil sous l’autorité suprême de Wrangel. Ce dernier n’a de cesse de préserver leur existence en tant qu’armée organisée, afin de pouvoir reprendre la lutte dès que les circonstances le permettront.
Les Russes blancs quittent la Crimée par mer, pour être accueillis dans un premier temps à Istanbul. Avec le soutien constant de la France, qui rechigne pourtant parfois à la tâche, les Russes blancs vont être dirigés vers plusieurs destinations où ils vont séjourner plusieurs années. L’escadre russe de la Mer Noire, aux mains des blancs, prend la direction de Bizerte, grand port du protectorat français de Tunisie. La vie quotidienne et religieuse s’organise sur place et la flotte continue à manœuvrer, pour l’exercice. Mais avec la reconnaissance de l’URSS par les pays européens, le dernier vestige de la flotte finit par être dissout, ses navires dispersés ou envoyés à la ferraille. Jamais pourtant la France ne cédera aux instances des Soviétiques qui en réclament les derniers vaisseaux dans les années 30.
Sur l’île grecque de Lemnos, ce sont plus de 15.000 cosaques  du Kouban qui sont accueillis dans les anciennes installations des troupes alliées. Ils sont bientôt rejoints par près de 3.000 cosaques du Don. Plus qu’ailleurs, les soldats blancs souffrent à Lemnos d’un isolement qui est jugé lancinant. Mais c’est sans aucun doute à Gallipoli où est installé le premier corps d’armée des russes blancs, que Wrangel parvient insuffler à ses troupes les valeurs qui forgeront l’avenir de l’émigration russe : « C’est largement à Gallipoli que se forgea quelque chose de beaucoup plus durable et de plus essentiel : l’autre Russie, la Russie des Russes blancs, suffisamment forte pour surmonter toutes les pressions et toutes les tentations sans perdre foi en la résurrection future  de la patrie et conserver l’espoir, durant soixante-dix ans, de la fin de la dictature communiste de ce pays » (page 111).
Là plus qu’ailleurs, alors que la région est alors sous administration grecque, les Russes blancs veillent à préserver leur culture, leur vie religieuse fervente et leur motivation à lutter à l’avenir pour retourner victorieux dans leur patrie. Le sport tient également une place importante à Gallipoli, par exemple à travers une ligue et un championnat de football, pour maintenir le moral des exilés.
Mais la vie dans ces trois premières installations, bien qu’organisée dans la durée, n’en demeure pas moins provisoire. Le Russes blancs sont bientôt accueillis par plusieurs pays. Ce sont d’abord les nations slaves et orthodoxes, Serbie et Bulgarie, qui recueillent les anciens soldats de Wrangel. La Roumanie et la Grèce, orthodoxes elles aussi, et surtout la France deviennent également des lieux d’exil privilégiés. Wrangel  a le temps d’organiser la ROVS (Rousskïï obchteche-voïnskïï soyouz – Union générale des combattants russes), avant de mourir à Bruxelles, en 1928, probablement empoisonné par des agents soviétiques.
Après le seconde guerre mondiale, la mainmise soviétique sur l’Europe orientale et centrale pousse encore plus les Russes blancs vers la France. C’est finalement dans le cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois, non loin de Paris, qu’est construite en 1961 une réplique, plus petite, du monument aux morts blancs de Gallipoli détruit par un tremblement de terre en 1940. Les temps changeant, le monument de Gallipoli est lui relevé en 2008, avec le soutien des autorités russes.
Fidèles aux valeurs ancestrales de leurs pays, les émigrés russes blancs sont désormais parfaitement intégrés dans leurs pays d’accueil et l’auteur s’attache à nous rappeler une vérité essentielle : « Il serait vraiment paradoxal qu’ont continuât en France à se contenter d’une perception incomplète, et donc fausse, du passé récent de la Russie, alors que notre pays a offert leur principal refuge aux porteurs de ses valeurs authentiques et que la terre de leurs pères a entamé un processus résolu de retour à ses fondamentaux historiques » (page 11). L’ouvrage de Nicolas Ross pallie ce risque avec sobriété et précision.
Il contient par ailleurs 20 pages de photos, souvent inédites, qui éclairent encore un peu plus le précieux témoignage qu’il constitue.
(Source : Frederic Bey)

Extrait de l’avant-propos

Le 22 novembre 1920, deux vapeurs russes, le Kherson et le Rion, commencèrent à débarquer les premiers contingents de l’armée du général Wrangel évacuée de Crimée dans le port de la petite ville turque de Gallipoli, située sur une étroite presqu’île à l’entrée de la mer de Marmara. Cette péripétie, à première vue insignifiante dans la perspective de la «grande histoire», fut, peut-être plus qu’aucun autre, l’événement fondateur de la Russie blanche en exil. Bien sûr, tous les Russes blancs ne vinrent pas de Crimée, ils ne séjournèrent pas tous à Gallipoli et ils sont loin d’avoir tous été des militaires. Mais quelque chose d’essentiel et de durable se cristallisa au camp de Gallipoli.
Ce quelque chose était la conviction assumée par la plupart de ces hommes vaincus et chassés de leur patrie que leur engagement avait été juste et nécessaire et que la résurrection d’une autre Russie, celle pour laquelle ils avaient combattu, était inéluctable. On devait lui rester fidèle le temps qu’il faudrait et continuer à se nourrir de son passé, de sa culture et de ses valeurs spirituelles traditionnelles. Et, si l’occasion se présentait, ne pas hésiter à reprendre le combat contre ses asservisseurs. Il y a en France et ailleurs dans le monde beaucoup de descendants des 27 000 Russes de Gallipoli. Peu d’entre eux parlent encore la langue de leurs pères. Le passé «blanc» de leurs familles ne leur apparaît plus guère qu’au travers de quelque récit à demi oublié naguère entendu à la table familiale. Ou bien, en feuilletant un vieil album, ils découvrent parfois des photographies de groupe représentant de jeunes militaires en vareuses mal assorties prenant la pose sur un fond de paysage pierreux et désolé. Certains se souviennent d’avoir rendu visite, enfant ou adolescent, au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois et d’y avoir entrevu des carrés de tombes identiques entourant un monument commémoratif. On leur avait juste dit alors qu’il s’agissait des sépultures des Drozdovtsy, des Alexeïevtsy ou des Gallipoliitsy, sans préciser davantage.
Parfois aussi, ils retrouvent au fond d’un tiroir quelques insignes militaires, soigneusement rangés dans une petite boîte. Parmi eux se distingue une étrange croix noire de bronze ou d’argent à liseré blanc, portant l’inscription «Gallipoli» en caractères cyrilliques, accompagnée des dates «1920-1921». Interrogés à son sujet, leur père ou leur mère ne peuvent donner beaucoup d’explications sur cette relique léguée par leur propre grand-père. Cela concerne des événements anciens, l’époque du grand exode de Russie, expliquent-ils, embarrassés. On ne leur en avait que peu parlé du temps de leur jeunesse et ils n’avaient pas tenté d’en savoir davantage.
Nous espérons que certains de ces descendants de Russes blancs de la troisième ou de la quatrième génération qui cherchent à remonter le fleuve du temps liront notre livre. Mais il s’adresse à tous ceux qui sont simplement curieux des événements mal connus qu’il décrit. Il n’a d’autre prétention que d’être fiable, concis et lisible. Les ouvrages indiqués en annexe, peu nombreux et de valeur inégale, peuvent permettre au lecteur de compléter et d’élargir un peu ses connaissances. Mais s’il veut vraiment se plonger dans l’étude du combat des volontaires blancs et des premières années de leur exil, il n’a d’autre choix que d’apprendre à lire le russe. Il pourra ainsi accéder aux souvenirs publiés par les combattants blancs eux-mêmes, ainsi qu’aux oeuvres des historiens de l’émigration ou de la Russie postcommuniste, dont certains ont traité ce sujet avec rigueur et compétence.

SOMMAIRE

L’ARMEE DES VOLONTAIRES WRANGEL EN CRIMEE
LA RUSSIE BLANCHE, L’ARME AU PIED
DESTINATION FINALE A BIZERTE
LEMNOS ET SES COSAQUES
GALLIPOLIÏSK
LE COMBAT POUR
ARMEE
UNE NOUVELLE VIE ?
ON S’ORGANISE DANS LA DUREE

Nicolas Ross est né à Paris en 1945. Docteur en histoire et spécialiste de l’histoire russe, il est notamment l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment: La Mort du dernier tsar, la fin d’un mystère ? (L’Age d’Homme, 2001), Saint-Alexandre-sur-Seine, l’église russe de Paris et ses fidèles des origines à 1917 (Institut d’études slaves/Cerf, 2005) et Saint-Alexandre-Nevski, centre spirituel de l’émigration russe, 1918-1939, (Syrtes, 2011).

Parution : Novembre 2011
Nb de pages : 192 p.
Format : Broché
Dimensions : 20.6 x 12.0 x 1.7 cm
ISBN : 9782845451667
EAN13 : 9782845451667

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LECTURES MILITANTES AU XXE SIECLE - SIECLES, N° 29

Nathalie Ponsard, Sabine Rousseau, Agnès Roche, Vincent Flauraud
PRESSES UNIVERSITAIRES BLAISE PASCAL

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Très intéressante étude. Un angle original pour comprendre l’influence de la lecture, l’utilité de celle-ci dans la sphère intellectuelle de la citoyenneté active : le militantisme !

PRESENTATION

A la croisée des sciences humaines, ce numéro contribue à une réflexion sur la construction d’une histoire des lectures militantes. Celle-ci se propose d’explorer les relations entre engagements et pratiques de lecture et tout particulièrement d’appréhender la place de la lecture autant dans les pratiques militantes que dans la construction d’univers culturels à l’échelle de militants appartenant à des sphères syndicales, politiques, religieuses diversifiées.
Si elle prend en compte les prescriptions de lectures normatives des structures syndicales et politiques, elle cherche aussi à cerner la réalité des pratiques de lecture dans l’itinéraire militant pour en étudier les modalités diverses d’appropriation. Enfin, elle réexamine le rôle du livre dans « l’agir militant », et se faisant incite à dépasser les seules références philosophiques, à porter attention à d’autres supports que le livre et à d’autres finalités telles que la construction identitaire.
En somme, c’est une histoire des lectures militantes inscrite dans une histoire sociale des idées qui se dessine à travers ce numéro.

SOMMAIRE

Nathalie Ponsard et Sabine Rousseau, « Pour une histoire des lectures militantes au 20e siècle en France » ;
Agnès Roche, « Emile Guillaumin : du lecteur au prescripteur de lectures militantes » ;
Vincent Flauraud, « Lectures jacistes. Les ressorts de la prescription dans un mouvement rural de jeunesse catholique » ;
Nicolas Defaud, « Lectures militantes et difficultés du travail théorique à la CFDT dans les années 1970 » ;
Blaise Magnin, « Fluctuations des lectures militantes et transformations du Parti socialiste. Le cas de la fédération de la Vienne (1971-2005) » ;
Nathalie Ponsard, « Lectures militantes en milieu ouvrier de la Libération aux années 1970 : entre appropriations et résistances » ;
Simon Luck, «  » Lis des livres anarchistes et tu seras un homme  » : les lectures comme de´clencheurs et matrices de l’engagement libertaire » ;
Bernard Pudal, « La bibliothèque de Maurice Thorez, un intellectuel de type nouveau (premiers éléments d’enquête) » ;
Gerd-Rainer Horn, « Influences bibliographiques sur la  » génération 68  » ;
Gérard Mauger, « Les origines intellectuelles de Mai-Juin 68 ».

Revue : Siècles, n° 29.
Parution : Mai 2011.
Nb de pages : 134 p.
Format : Broché.
Dimensions : 17.0 x 17.0 x 1.0 cm
ISBN : 9782845165076
EAN13 : 9782845165076

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EUROPE ET RUSSIE. UN PASSE POUR QUEL FUTUR ?

Michel Nazet, Roger Favry
Editions Ellipses

europe-et-russie

Une approche didactique, claire et précise ! De nombreuses cartes pour agrémenter les analyses et explications. Un ouvrage à se procurer absolument !

PRESENTATION

Une Europe toujours en construction ; une Russie en recomposition… un nouveau jeu géopolitique mondial s’engage, au cœur du Vieux Continent, autour d’un incontournable partenariat.
Un cours complet composé de tous les outils nécessaires pour réviser les données essentielles, acquérir la méthode… et réussir les concours :

L’essentiel : une introduction pour recadrer les problématiques.
Les dates indispensables : une chronologie pour aborder le sujet.
Les chiffres incontournables : les statistiques pour mémoriser les données essentielles.
Des cartes étapes : pour assimiler les grands repères.
Des cartes de synthèse : pour faire un bilan du thème abordé.
Des dissertations et des sujets de colle : pour se préparer efficacement au concours.
Les 100 mots du continent : un lexique pour maîtriser le vocabulaire indispensable.
Les lieux de la géopolitique : pour cibler les points stratégiques du continent.
Une bibliographie enrichie : livres, sites, films, musique… pour étudier le continent  autrement.

EXTRAIT

« Chapitre 1
Un continent à la géographie incertaine façonné par une histoire productrice de valeurs
L’essentiel
L’Europe a une configuration particulière. Considérée parfois comme une presqu’île du continent asiatique, elle forme un continent morcelé qui rend sa géographie incertaine. Cette géographie est aussi mouvante selon les époques qui générèrent la constitution d’empires éphémères, sa fausse simplicité mettant en évidence une histoire riche où se mêlent une multitude de peuples, lesquels forgèrent des identités successives ou antagonistes.
Cette histoire productrice de valeurs construisit une identité singulière qui tire son origine de la guerre et de la colonisation comme des expériences des nationalismes et des totalitarismes. Elle justifie enfin, après 1945, la recherche d’un projet politique fondé avant tout sur la paix, dans un contexte où l’Europe, rendue exsangue par deux guerres mondiales qu’elle a provoquées, doit se reconstruire grâce à l’immigration. La construction européenne est l’aboutissement ultime de cette logique.

- Comment la géographie physique de l’Europe façonne-t-elle ce continent ?
- Quels sont les apports de l’histoire sur les identités de l’Europe ?
- En quoi les nationalismes ont-ils pu rendre nécessaire et engendré la construction européenne ?

Les dates indispensables
– A l’échelle protohistorique…
– 800 000 à 400 000 ans avant J .-C. : « Anténéandertaliens », populations représentées notamment par l’homme de Tautavel (-450 000 ans), le « Français le plus ancien ».
– 300 000 à 30 000 ans avant J.-C. : premières traces de peuplement néandertalien en Europe.
– 6900 avant J.-C. : formation de la mer Baltique.
– 6000 avant J.-C. : la Méditerranée pénètre l’actuel détroit des Dardanelles, puis celui du Bosphore. Il s’ensuit, vers -5500, la formation de la mer Noire qui était auparavant un lac d’eau douce.
– 5500 à 4800 avant J.-C. : première culture indoeuropéenne dans la steppe pontique, au nord de la mer Noire. La langue de ses habitants, les Proto-indo-européens, est à l’origine d’une grande majorité des langues parlées en Europe (Albanais, Baltes, Celtes, Germains, Grecs, Latins, Slaves, Arméniens).
– VIe siècle avant J.-C. : apparition du mot « Europe » qui désigne d’abord pour les Grecs qui l’inventent la région continentale située au nord de Corinthe, puis les terres qu’ils découvrent peu à peu au nord du Bassin méditerranéen. Plus au nord se développent des civilisations protohistoriques, essentiellement les Celtes et les Germains.

Les chiffres incontournables
– Superficie de l’Europe : 10 392 855 km² (= 1/3 de l’Afrique ou 1/4 de l’Asie ou de l’Amérique, près de 7 % des terres émergées du monde)
– Densité : 71 habitants/km²
– L’Europe est constituée de 49 pays (en comparaison, les États-Unis d’Amérique sont constitués de 50 États fédérés auxquels s’ajoutent le district de Columbia)
– Population : 733 millions d’habitants (2007)
– Principales langues : albanais, allemand, anglais, espagnol, français, grec, hongrois, italien, néerlandais, polonais, portugais, roumain, russe, langues scandinaves, serbo-croate, ukrainien
– Principales chaînes de montagne européennes : l’Oural, le Caucase, les Carpathes, les Alpes, les Apennins, les Pennines, les Alpes scandinaves. »

SOMMAIRE

IDENTITES ET DIVERSITES DU CONTINENT EUROPEEN
- Un continent à la géographie incertaine façonné par une histoire productrice de valeur.
- L’Europe : identité géographique et diversités nationales et régionales.

L’UNION EUROPEENNE : PUISSANCE, FRAGILITES ET DEFIS D’UNE CONSTRUCTION IMPROBABLE
- L’Union européenne : un OPNI résultat de logiques multiples et d’ajouts de composantes hétérodoxes.
- Une construction d’abord économique.
- Des mutations économiques et sociales de grande ampleur au gré de la haute croissance et des perturbations depuis les années 1970.

LA RUSSIE AUX MARGES DE L’EUROPE MAIS AU CENTRE DU CONTINENT EURASIATIQUE

- La renaissance d’un vieil Etat au défi d’un jeune nationalisme.
- Entre pays en transition et pays émergent : une économie, une société, des espaces en recomposition.
- Un rêve de puissance qui l’écarte de l’UE, une réalité qui l’en rapproche.

Michel Nazet, spécialiste de géopolitique, est diplômé de Sciences Po Paris. II est professeur en classes préparatoires économiques et commerciales au lycée Saint-Michel-de-Picpus à Paris. Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages dont 30 Questions d’histoire-géographie et géopolitique et La Géopolitique pour tous (Ellipses, 2009 et 2010). Olivier Favry est docteur de l’EHESS et travaille au ministère des Affaires étrangères. II est l’auteur de Tout savoir sur l’Europe. Glossaire de l’Union européenne (Ellipses, 2005), traduit en chinois en 2008 avec une préface de Michel Rocard. Roger Favry est agrégé de lettres modernes et a enseigné le français pendant plus de 30 ans. II est l’auteur de nombreux ouvrages parus chez PEMF.

Parution : Juin 2011
Nb de pages : 264 p.
Format : Broché.
Dimensions : 24.0 x 19.0 x 1.8 cm
ISBN : 9782729866150
EAN13 : 9782729866150

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VERS UNE NOUVELLE MONDIALISATION ?

Gabriel Wackermann
Editions Ellipses

couv_6621.inddPrésentation : Jusqu’à présent, tous les processus économiques mondiaux se sont appuyés sur des visions à court terme. Serait-il possible, désormais, d’envisager le devenir du globe à plus long terme ? De mettre en place une économie plus équilibrée, soutenable, ” durable “? Et donc de développer… une nouvelle mondialisation ?

EXTRAIT

« Introduction
L’ordre des choses et l’ordre mondial

« La notion d’obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative. Un droit n’est pas efficace par lui-même, mais seulement par l’obligation à laquelle il correspond ; l’accomplissement effectif d’un droit provient non pas de celui qui le possède, mais des autres hommes qui se reconnaissent obligés à quelque chose envers lui… Une obligation ne serait-elle reconnue par personne, elle ne perd rien de la plénitude de son être. Un droit qui n’est reconnu par personne n’est pas grand’chose ».
Simone Weil, L’Enracinement, 1949, Paris, Gallimard, coll. « Idées-NRF », p. 9.

Nous sommes constamment invités à passer de la nature à l’ordre des choses. Schopenhauer considère la finalité et la perfection comme la parfaite organisation des tendances au sein de l’univers, qui n’auraient pu être réalisées que par la volonté maîtresse la plus libre, dirigée par l’intelligence la plus pénétrante et le raisonnement le plus accompli. Il contre les philosophies finalistes, après Hume et Kant, qu’il assimile à des philosophies théologiques, notamment la Théodicée de Leibniz. Pour Schopenhauer, le monde est parfait dans ses détails, absurde dans son ensemble ; chez Leibniz, il est imparfait dans ses détails, parfait dans son ensemble. C’est, parmi l’ensemble des philosophies théologiques et finalistes, celle de Hegel qui est la plus opposée aux représentations de Schopenhauer.
La liberté, le libre choix sont-ils une illusion ? Machiavel nous dit, dans sa comédie Clitia : « Si les mêmes hommes revenaient au monde, comme y reviennent les mêmes événements, il ne se passerait jamais cent ans sans que nous nous retrouvions ensemble, à faire les mêmes choses qu’à présent ».
Ou encore Diderot qui, dans Jacques le Fataliste, parle d’« un château immense, au frontispice duquel on lisait [que] je n’appartiens à personne, et j’appartiens à tout le monde : vous y étiez avant que d’y entrer, vous y serez encore quand vous en sortirez ».
Dans le cadre de cette liberté, il nous est loisible de donner ou de ne pas donner sens à notre parcours terrestre, de préciser une ou des finalités dès lors que nous optons pour la première éventualité. Il serait inutile de méditer sur les fondements d’une mondialisation à base de valeurs éthiques si nous considérions d’emblée que l’existence est absurde, que nous ne pouvons rien y faire, qu’il faut vivre le moment sans aucune autre préoccupation. »

SOMMAIRE

Avant-propos
Vers une nouvelle mondialisation ?

Introduction

L’ordre des choses et l’ordre mondial
I. Retour aux sources et recherche d’identité première
II. Maîtrise des énergies
III. De la raison du plus fort ou du soutien
pour le plus faible ? Quel pari pour l’homme ?

Première partie
De l’internationalisation aux ordres mondiaux
et aux mondialisations

1 De l’internationalisation aux ordres mondiaux
I. Du territoire à la frontière internationale
II. L’internationalisation
III. Les « ordres » mondiaux
2 Les mondialisations
I. Les fondements
II. Mobilités, brassages et répercussions
III. L’évolution chronologique et territoriale
3 Pensée, doctrines et idéologies à travers le temps et l’espace
I. Origines antiques et médiévales des ouvertures mondiales
II. De l’époque moderne au temps présent
III. À la recherche du monde et de repères
IV. Sens et non-sens

Deuxième partie
Des fragiles équilibres aux disparités de la mondialisation actuelle

1 Le mythique équilibre, un état transitoire
I. Équilibre et mouvement
II. Des disparités aux dysfonctionnements
III. La nature et l’homme : l’exigence d’une étroite interaction
IV. Vers des tendances équilibrantes, toujours renouvelées
2 Hasard et nécessité ? Mise en garde contre l’emblématique
I. Dérives de l’esprit
II. Dérives politiques et géopolitiques
III. Dérives scientifiques et technologiques
IV. Une socio-économie obérée par la pauvreté et le privilège du savoir
3 La perversion de la puissance
I. Puissance et chaos
II. La légitimité en question ?
III. Coeur, raison et droit

Troisième partie
Prises de conscience d’exigences mondiales soutenables

1 Interrogations sur les provocations déclencheuses de sursauts
I. Remonter aux sources
II. L’incitation au changement
III. Nouvelles gouvernances
2 Les crises et leurs effets novateurs
I. Le rôle des petites et des grandes crises
II. Les effets rénovateurs
3 La question existentielle de l’humanité
I. L’équivoque civilisatrice
II. De la relative brève sortie du rang, l’Occident y est rentré avec un bilan mitigé
III. L’Occident et sa rentrée dans le rang ?

Quatrième partie
Des démarches évolutives aux mutations

1 Les évolutions font-elles sens ?
I. Les degrés d’évolution
II. Les mutations subies
III. Les mutations consenties
2 L’équivoque du progrès
I. Le progrès, une nécessité constante pour l’humanité
II. De l’optimisme depuis les Lumières jusqu’à la mise en cause
III. Pas de vrai progrès sans éthique
3 Tradition et mouvement
I. Identités et appartenances
II. De la toute-puissance des frontières physiques à l’explosion des barrières sociétales
III. Le génie des lieux, un thème rassembleur
4 Culture historique et bouillonnement technologique
I. Ruptures et déconstructions sociéto-territoriales
II. Nouvelles rencontres sociéto-territoriales
III. De la primauté de l’économie à celle de l’écosociété ?
IV. D’une mondialisation à l’autre ?

Cinquième partie
De la force des sources à celle de la science contemporaine

1 De la science des origines aux sources des cultures
I. Recherche fondamentale et recherche appliquée Savoir et savoir-faire
II. Sciences et technologies avancées accélèrent la mondialisation de la connaissance
III. Science, culture et territoires
IV. Le patrimoine scientifique et technologique
2 Une science du dépassement disciplinaire
I. Les démarches multi- et transdisciplinaires démultiplicatrices d’un progrès à plus long terme
II. La science au carrefour de préoccupations sociéto- et transterritoriales
3 Le devenir environnemental
I. La science, pivot du progrès de l’humanité et des humanités
II. Le rôle déterminant des sciences environnementales
III. La géographie, un acteur de la symbiose entre sciences dites « douces » et sciences dites « dures »
4 Une science nécessairement engagée
I. Constats de carence sociéto-territoriaux
II. Fondements des ruptures naturelles et sociétales
III. D’une science humaine et sociétale à une science engagée
IV. La nouvelle géographie active : d’autres temps, d’autres dimensions

Sixième partie
Vers des dynamiques sociéto-territoriales acceptables ?

1 Pertinence et impertinence des régimes en place
I. Déviances et puissance des pesanteurs perverses
II. Sources de renouveau
2 De l’inadaptation à l’adaptation
I. La démocratie est-elle la solution ?
II. De la démocratie formelle à la démocratie réelle
3 Les potentialités régulatrices de la géopolitique
I. Forces et territoires en mutation
II. État présent des lieux
III. La pertinence de l’État et du service public
IV. Utopie et réalisme

Conclusion générale

La mondialisation éthique saurait-elle éclore d’un nouvel ordre mondial ?

Gabriel Wackermann, professeur émérite à la Sorbonne, riche de ses nombreuses missions internationales d’enseignement et de recherche et de son rôle d’expert auprès des plus grandes institutions internationales, offre ici au lecteur une analyse globale et approfondie.

Parution : Septembre 2011
Nb de pages : 429 p.
Format : Broché
Dimensions : 24.0 x 16.5 x 2.3 cm
ISBN : 9782729866211
EAN13 : 9782729866211

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L’EUROPEANISATION DE LA COMPETITION POLITIQUE NATIONALE. ADAPTATIONS ET RESISTANCES EN PERSPECTIVE COMPAREE

Mathieu Petithomme
PUG - Presses universitaires de Grenoble

europeanisation-de-la-competition_cvPrésentation : Comment les partis nationaux s’adaptent-ils au développement de l’intégration européenne ? C’est la question traitée empiriquement et en perspective comparée par cet ouvrage.
Le livre réunit les travaux de 17 chercheurs sur les questions de l’insertion des enjeux européens au sein des programmes partisans ; sur les débats internes aux partis sur l’Union européenne ; sur l’insertion des débats européens au sein de la compétition politique en Europe centrale et orientale ; et enfin sur la gestion des enjeux européens au sein des pays candidats à l’Union européenne.
Résolument comparatif et novateur, cet ouvrage contribue au débat sur les effets de l’intégration européenne sur les partis et les logiques nationales de compétition politique. Il est destiné tant aux chercheurs en sciences sociales qu’aux étudiants et au grand public en général.

SOMMAIRE

L’EUROPEANISATION DES PLATEFORMES PROGRAMMATIQUES DES PARTIS
- L’européanisation dans le texte : la place et le traitement de l’EUROPE dans les euromanifestes des partis français (1979-2002).
- L’UE dans la compétition électorale en Allemagne, en France et au Royaume-Uni (1986-2009) : un enjeu consensuel, « propriétal » ou positionnel ?
- Les usages de l’Europe dans la compétition électorale et parlementaire : les cas de l’Italie et de l’Espagne (1987-2006).

L’EUROPEANISATION DES DYNAMIQUES INTRAPARTISANES
- « En parler sans se déchirer » : une analyse de la saisie de l’Union européenne au sein des partis politiques suédois.
- L’européanisation conditionnelle de l’Irlande : le rôle de Fianna Fail.
- Contenir le « géant endormi ».
- Les partis pro-européens d’opposition et leurs stratégies de confinement du clivage européen : une comparaison entre le RPR et Fine Gael.

L’EUROPEANISATION DE LA COMPETITION POLITIQUE EN EUROPE CENTRALE ET ORIENTALE
- De l’euro-enthousiasme à l’euro-contestation ? Les méandres de l’européanisation de la compétition politique en Pologne.
- Influence de l’UE et compétition partisane nationale : la lutte contre la corruption comme enjeu de l’européanisation du système de partis en Roumanie.
- Une européanisation de façade ? Les mutations du système partisan bulgare dans le contexte de l’adhésion à l’UE.

L’EUROPEANISATION DES SYSTEMES PARTISANS A LA PERIPHERIE DE L’UE
- L’européanisation d’un système de partis en dehors de l’Union européenne : le cas suisse 1990-2010.
- L’européanisation et la mécanique des systèmes partisans : une comparaison entre la Croatie, la Serbie et le Monténégro.
- L’impact de l’UE sur le système partisan turc.

Mathieu Petithomme est diplômé de relations internationales de l’université libre d’Amsterdam et de sociologie politique de Science-Po Paris. Spécialiste de l’analyse comparée des systèmes partisans et de la sociologie de l’intégration européenne, il est actuellement chercheur en sciences sociales à l’Institut universitaire européen de Florence.

Les contributeurs : Guillaume Duseigneur, Jonathan Fallon, Danica Fink-Hafner, Katy Hayward, Fabio García Lupato, Tania Gosselin, Petia Gueorguieva, Isabelle Guinaudeau, Anna Pacze´sniak, Simon Persico, Andrea Pilotti, Marina Popescu, Hervé Rayner, Emmanuelle Reungoat, Odette Tomescu- Hatto, Umit Yazmaci.

Parution : Septembre 2011
Nb de pages : 380 p.
Format : Broché
Dimensions : 24.0 x 16.0 x 2.1 cm
ISBN : 9782706116780
EAN13 : 9782706116780

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AFGHANISTAN. GAGNER LES COEURS ET LES ESPRITS

Pierre Micheletti
PUG - Presses universitaires de Grenoble

afghanistan« Justice est faite », déclarait le président Barack Obama en mai 2011, en annonçant la mort d’Oussama Ben Laden, mettant fin à dix années de bras de fer entre les autorités américaines et le leader islamiste. Une décennie durant laquelle l’épicentre de cet affrontement s’est situé sur les terres afghanes, dix ans de violence et de guerre qui auront été le quotidien d’un peuple dont les perspectives d’avenir ne se soldent pas dans la mort d’un terroriste. Après le temps des Soviétiques, puis celui des Talibans, vient la fin annoncée du temps des Américains et de leurs alliés occidentaux, celui qui devait conduire à la paix et à la démocratie, à la fin de la production de drogue, à la liberté pour les femmes, celui qui devait, enfin, réussir à « gagner les cœurs et les esprits »… Nous en sommes loin. Dans cet ouvrage écrit à plusieurs mains, des universitaires spécialistes de la question, des journalistes de terrain et des praticiens de l’action humanitaire croisent leurs points de vue sur les mécanismes qui alimentent le conflit, dressent un bilan de la décennie qui s’achève et mettent en lumière quelques chemins possibles pour imaginer d’autres scénarios que ceux de la violence répétée. Pour enfin voir fleurir un espoir sur les cendres des attentats du 11 septembre 2001 comme sur la terre endeuillée de l’Afghanistan.

Entretien de RFI avec Pierre Micheletti, co-auteur de “AFGHANISTAN, gagner les cœurs et les esprits” (26:31)

Petit entretien par Le Monde de Pierre Micheletti et Laurent Corbaz, deux des rédacteurs. C’est ICI !

On peut également réécouter l’interview (ICI) de Pierre Micheletti à l’occasion de la sortie de son précédent ouvrage : « Humanitaire : s’adapter ou renoncer ».

LU DANS LA PRESSE

« Une décennie après le début de leur intervention, les armées occidentales s’apprêtent à se retirer d’Afghanistan sur un constat d’échec de leur stratégie politico-militaire. Dans ce contexte, le pays semble promis à une nouvelle guerre civile meurtrière, et les populations à une situation humanitaire peu enviable. De l’autre côté de la frontière, le Pakistan ne peut se réjouir de cette perspective alors que sur son sol les victimes des combats opposant l’armée aux islamistes alliés des insurgés afghans se comptent, depuis quatre ans, à raison d’une vingtaine par jour. Pour les organisations non-gouvernementales, le bilan de la décennie écoulée n’est guère plus satisfaisant. Devenues pour nombre d’entre elles des auxiliaires des forces de l’Otan ou des substituts à l’administration de Kaboul, elles y ont perdu leur indépendance, pour ne pas dire leur identité. Le constat dressé par dix-sept universitaires, journalistes et praticiens humanitaires lors d’un colloque organisé à Grenoble en octobre 2010 et dont cet ouvrage est le fruit, est sévère. Il offre aussi une réflexion détaillée sur les ressorts de la violence, les rivalités interétatiques ou le peu d’efficacité de l’aide. Un exposé stimulant pour ceux qui s’interrogent sur les modalités du retrait occidental et la nature du dialogue à instituer ou non avec les talibans, sur l’action des ONG dans les plans de stabilisation onusiens, européens et otaniens ou sur le respect du droit international humanitaire. »
(Christian Lechervy  dans Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011)

« AFGHANISTAN : Gagner les cœurs et les esprits »Alors que le sommet de Lisbonne à l’automne 2010 avait entériné le retrait progressif des troupes de l’OTAN à partir de 2011 (mais avec une fin de calendrier très incertaine, qui oscille entre 2014 et 2020), vient le moment d’un bilan de la stratégie mise en place, depuis quelques années, pour « gagner les cœurs et les esprits ». Au fil des chapitres une question dérangeante a peu à peu émergé : qui a véritablement intérêt, parmi les parties au conflit comme parmi les principaux acteurs et bénéficiaires de l’économie de guerre qui prévaut dans le pays, à voir aboutir un processus de paix que la population ne peut qu’appeler de ses vœux ? Autrement dit, où la majorité des afghans, après trente ans de guerre et de violence, pourrait-elle déceler des signes d’espoir ?
La litanie des sujets de préoccupation
Différentes analyses ont égrené au fil des chapitres, telle une litanie, les sujets de préoccupation qui demeurent d’actualité, voire qui traduisent une détérioration qui va crescendo. La violence et l’insécurité gagnent en intensité comme en extension territoriale.
Selon le bureau afghan pour la sécurité des organisations non gouvernementales (ANSO ou Afghan National Safety Office), le nombre de civils tués par les insurgés est passé de 1 755 en 2008 à 2 428 en 20101. De 2006 à 2010, le nombre d’attaques mensuelles menées par l’opposition armée a été en constante progression. Chaque année, c’est durant les mois d’été que le pays connaît un pic de violence. En août 2006, ce pic était de 335 attaques enregistrées. Il a été de 1 541 pour le mois de septembre 2010. Sur un total de trente-quatre provinces, huit sont considérées comme à très haut risque en matière de sécurité, six comme à haut risque ; seules quatre provinces comportent de faibles niveaux de violence, mais même le nord du pays, traditionnellement réputé plus calme, connaît dorénavant une dégradation rapide de la situation. Sur près de trente millions d’habitants, neuf vivent sous le seuil de pauvreté absolue (avec moins de un dollar par jour) et cinq disposent de moins de deux dollars par jour (Donini, mai 2010).
La paysannerie afghane et son modèle économique sont en pleine décomposition, ce qui fait le lit d’une production d’opium florissante ces dernières années. En 2005 l’Afghanistan produisait 4 100 tonnes d’opium. La récolte de 2006 se montait à 6 100 tonnes, puis 8 200 tonnes en 2007, 7 700 tonnes en 2008 et 6 900 tonnes en 2009. Par une sorte de retour ironique de l’histoire, c’est le voisin russe qui se mobilise aux côtés de la coalition et tire la sonnette d’alarme. Le circuit d’approvisionnement par la route depuis Karachi au Pakistan étant devenu extrêmement dangereux pour les camionneurs (Bobin, 19 avril 2011), la Russie pèse maintenant de tout son poids pour qu’une partie de l’énorme logistique nécessaire aux 132 000 hommes que déploie l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) arrive via des États d’Asie centrale qui restent en partie sous sa dépendance. En contrepartie, la Russie demande avec insistance que soit revisitée la stratégie de la coalition pour combattre la drogue (Smolar, 2 avril 2011) : l’occupant d’hier consomme en effet 20 % de l’héroïne produite dans le monde.
Ce n’est en tout cas pas dans la vie politique locale que la population afghane trouvera de flagrants motifs d’espérance : l’élection présidentielle de 2009 a été entachée d’irrégularités majeures, mais finalement entérinée par une coalition embarrassée ; les affaires de corruption vont notoirement jusqu’au sommet de l’État, et on assiste à une fuite massive des capitaux. Les États-Unis ont injecté 1 000 milliards de dollars dans cette guerre, qui leur coûte encore actuellement 150 milliards de dollars par an (Darronsoro, décembre 2010, p. 122).
Au-delà des résultats militaires, largement problématiques au regard des objectifs initiaux, c’est tout le modèle de l’aide internationale qui est en cause. Très vite après le début de l’offensive militaire de 2001, la rhétorique américaine, que la coalition a faite sienne, a parlé de phase de reconstruction et de post-conflit – comme si les problèmes de fond du pays, multiples et intriqués, s’étaient trouvés résolus d’un coup de baguette magique, en même temps que l’état-major d’al-Qaeda était mis en déroute dans les grottes de Tora Bora.
Mais la réalité des complexités afghanes et de leurs racines est têtue, et les discours, comme les actes belliqueux, ne suffisent pas à la faire mentir. La population, aussi bien que les soldats de la coalition, continue à en faire l’amère expérience. En réalité, l’État afghan est défaillant dans sa capacité à se déployer partout sur le territoire national. Les exemples de corruption s’accumulent, faisant le jeu du mouvement taliban qui s’alimente des dividendes de l’économie de guerre, dont l’énorme logistique lui profite en partie, et de la production de drogue. Cela conduit la coalition à concentrer ses efforts militaires ainsi que son soutien financier et humanitaire vers les zones les plus violentes, celles où l’insurrection est la plus active. La population vit cette situation comme une sorte de paradoxe, une prime octroyée aux zones les plus en révolte (Gompelman, janvier 2011)…Mais ces zones sont aussi, souvent, celles des pachtounes, et ainsi se trouvent renforcées les rivalités tribales dans la mosaïque ethnique afghane – en réalité afghano-pakistanaise – qui a été décrite.
Enfin, le conflit en cours organise, à un niveau jamais atteint, la confusion des genres entre militaires et humanitaires. Cette confusion est de nature à hypothéquer, très au-delà du théâtre afghan, la capacité à agir et la sécurité des organisations non gouvernementales. C’est un vrai changement de paradigme auquel le mouvement humanitaire est ici confronté2. Ce mouvement se voit en effet délibérément, et contre la volonté de quelques grandes organisations non gouvernementale (ONG) internationales et du Comité international de la Croix Rouge (CICR), placé, par l’État-major de la coalition et par une partie des financeurs, comme l’USAID (United Stated Agency for International Development), dans le rôle de voiture-balai des opérations militaires. Le travail des ONG qui se prêtent à cette manipulation est présenté comme un outil au service de la reconstruction. Dans les faits, ce discours et cette stratégie constituent un déni de réalité. On assiste au contraire à la détérioration des conditions de vie et de sécurité. (…)
(Source et suite : Pierre Micheletti, le 2 septembre 2011 : ICI).

« Après le temps des Soviétiques, puis celui des Talibans, vient la fin annoncée du temps des Américains en Afghanistan. La population afghane aimerait panser les plaies de ces multiples guerres. Ecrit par des journalistes, des chercheurs et des humanitaires, le livre Afghanistan. Gagner les cœurs et les esprits revient sur les acteurs et les intérêts qui s’affrontent encore dans ce pays.
« Justice est faite. » Ainsi parlait Barack Obama en évoquant la mort d’Oussama ben Laden et le retrait des troupes américaines d’Afghanistan. Pour autant, à l’heure du retrait des troupes étrangères, quels sont les acteurs et les intérêts qui s’affrontent encore dans ce pays ? L’Afghanistan a-t-il été effectivement reconstruit ? La brutale guerre à la drogue a-t-elle porté ses fruits ? La pauvreté a-t-elle diminué ? C’est à ces questions et à bien d’autres que le livre Afghanistan. Gagner les cœurs et les esprits invite à réfléchir.
Ecrit par des journalistes, des chercheurs et des humanitaires, sous la direction de Pierre Micheletti, ancien président de l’ONG Médecins du monde, cette coédition RFI-Presses universitaires de Grenoble éclaire l’avenir d’un pays passionnant et de son peuple. »
(Sur RFI)

SOMMAIRE

Préface, par Azim Naim
Prologue, par Frédéric Bobin
Introduction, par Pierre Micheletti

Première partie : Des intérêts multiples qui sont des obstacles à la paix.
Ch. I. Des voisins qui contribuent à l’instabilité, par Jean Paul Burdy.
Ch. II. Une violence alimentée par des conflits tribaux et religieux, par Georges Lefeuvre.
Ch. III. Ceux que le business de la guerre enrichit, par Louis Imbert.
Ch. IV. La production de drogue : un enjeu qui dépasse largement les frontières, par Olivier Maguet.
Ch. V. La contre-insurrection privatisée : les nouveaux mercenaires en Afghanistan, par Sami Makki.

Deuxième partie : Des acteurs internationaux qui ne jouent pas la même partition.
Ch. I. Le leader américain : de la valse-hésitation à la nouvelle doctrine militaro-humanitaire, par Philippe Droz-Vincent.
Ch. II. L’Union européenne aux marges du conflit afghan, par Franck Petiteville.
Ch. III. La coordination de l’aide : entre choc des cultures et risque de manipulation, par Laurent Saillard.
Ch. IV. Les Nations Unies entre démission et compromis, par Antonio Donini.

Troisième partie : Regards d’humanitaires à l’heure du retrait des troupes étrangères.
Ch. I. Entre pauvretés rurales et bombes urbaines, par François Grünwald.
Ch. II. Guerre à la drogue ou guerre aux drogués: le quotidien des usagers de drogues afghans, par Olivier Vandecasteele.
Ch. III. Regarder le passé pour baliser l’avenir, par Pierre Salignon.
Ch. IV. Les conditions du retour dans un contexte à haut risque, par Michiel Hofman.
Ch. V. Aujourd’hui et demain, maintenir une capacité à agir, par Fiona Terry et Laurent Corbaz.

Conclusion : Pierre Micheletti.

Pierre Micheletti est médecin de santé publique, professeur associé à l’IEP de Grenoble, co-responsable du master OIG/ONG. Ancien directeur des programmes et président de Médecins du Monde France, il a notamment publié Humanitaire, s’adapter ou renoncer (Paris, Hachette, 2008).

Parution : Septembre 2011
Nb de pages : 295 p.
Format : Broché.
Dimensions : 21.6 x 14.3 x 2.3 cm
ISBN : 9782706116728
EAN13 : 9782706116728

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LA POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE

Ledent et Burny
Presses agronomiques de Gembioux

la-politique-agricole-communePrésentation : Lors de l’élaboration du traité instituant la Communauté économique européenne et dès son application, en 1958, l’agriculture n’a cessé de susciter d’âpres débats, renouvelés et renforcés par les élargissements successifs et à l’occasion des négociations commerciales multilatérales.
Cependant, la politique agricole commune est restée longtemps la seule construction élaborée par les Etats membres et l’agriculture est toujours une activité importante dans l’Union européenne. Outre son rôle nourricier, elle participe intensément au commerce international et compose le fondement de nombre d’industries d’amont et d’aval (agro-industries). Elle est aussi un facteur essentiel du développement rural, de l’aménagement des territoires, de la préservation et de la réhabilitation des paysages qu’elle a souvent façonnés.
L’ouvrage reconstitue l’historique de la PAC. De manière critique, il en décrit les péripéties multiples et complexés, retracé ses succès mais aussi ses échecs et ses contradictions.
Il relève de nombreux défis auxquels l’agriculture et la politique ont dû et doivent faire face : progrès technique spectaculaire, mondialisation de l’économie, négociations commerciales projetées dans le cadre de l’organisation mondiale du commerce, élargissement à nombre d’Etats candidats, sécurité alimentaire du monde, respect de l’environnement et insertion au sein du développement durable, sûreté et qualité des denrées.
Enfin, il se soucie de la pérennité du modèle agricole européen dans un monde sans cesse changeant.
Cet ouvrage est le fruit de l’expérience d’A. Ledent, président du Conseil supérieur wallon de l’agriculture, l’agroalimentaire et l’alimentation, recteur honoraire de la Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux où il a enseigné l’économie rurale durant 40 ans, ancien directeur général de l’Office belge chargé de l’intervention sur des marchés agricoles et de P Burny, son ancien élève, chercheur qualifié, maître de Conférence à la même faculté et attaché au cabinet du Ministre wallon de l’agriculture et de la ruralité.

SOMMAIRE

Des projets d’intégration des agricultures européennes au traité de Rome
Les secteurs de la politique agricole commune ; Nécessité, objectifs et principes de la PAC
L’organisation commune des marchés et la politique des prix agricoles
Les premières révisions et réformes de la PAC - l’aménagement d’organisations communes de marchés
Les négociations multilatérales (GATT) et l’agriculture
L’accord d’Uruguay sur l’agriculture et la PAC des marchés
De l’Agenda 2000 à la réforme de la PAC en vue du troisième millénaire
Les mesures connexes à la politique des marchés et des prix
Un monde en mouvement, une agriculture et une politique agricole en adaptation constante

Format : Broché
Nb de pages : 600 p.
Dimensions : 24.0 x 17.0 x 2.7 cm
ISBN-10: 2870160666
ISBN-13: 978-2870160664

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REMY COGGHE, COMBAT DE COQS EN FLANDRE

POUY Jean-Bernard
Ed Invenit

remy-cogghe-combat-de-coqs-en-flandre« Au moins, avec la peinture de la fin du XIXe siècle, il y a, sans vilain jeu de mots, à croûter » : avec sa gouaille habituelle, Jean-Bernard Pouy ouvre l’exercice qui lui a été confié et livre son interprétation du Combat de coqs en Flandre (1889) conservé au musée La Piscine à Roubaix. Il frime, il tergiverse, il tourne autour de la toile tel un fauve entêté. Il y fait intriguer Zola, y reconnaît Victor Hugo, « notre Totor national », en spectateur omniscient, présidant cette assemblée de parieurs qui incarnent à la fois la France qui travaille et la France qui dirige dans une bataille qui pourrait tout aussi bien avoir comme décor la scène d’un théâtre que celle de l’hémicycle. Faussement enveloppée d’une verve triviale, c’est une réflexion habile sur la tradition et l’interprétation dans l’art que nous livre Jean-Bernard Pouy.

Fils d’ouvrier, Rémy Cogghe passe son enfance à Roubaix où son père travaille à la filature Cordonnier à partir de 1863. Remarqué pour ses talents de dessinateurs, il s’inscrit aux cours de dessin et de peinture des écoles Académiques de Roubaix. En 1876, Rémy Cogghe entre à l’École des beaux-arts de Paris, dans la classe d’Alexandre Cabanel. En 1880, il se présente au prix de Rome belge décerné par l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers et obtient la médaille d’or pour son tableau Les Aduatiques vendus à l’encan. Il voyage alors pendant cinq ans, à Paris, Rome, Barcelone, Madrid, Tolède, en Algérie, en Italie, en Tunisie… Il revient s’installer à Roubaix en 1885, où il fera construire sa maison en 1893 par l’architecte roubaisien Paul Destombes, dans la rue des Fleurs. Il y réalise de nombreux portraits de commandes de notables mais aussi des tableaux qui retracent les gestes de la vie quotidienne dans la région. Entre 1879 et 1926, il participe 29 fois au Salon des artistes français à Paris dans la section étrangère.

Né en 1946, auteur de plus de soixante-dix romans noirs (dont onze dans la collection Série noire) et d’une centaine de nouvelles, directeur et créateur de collections, partagé entre distance cynique et gravité libertaire, évoque, dans la plupart de ses récits, les dysfonctionnements de notre société contemporaine. Il est le créateur du personnage Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe, aux éditions Baleine dont il est un des fondateurs. En 2002, il publie Die Amsel (Le Merle), laissant croire qu’il n’est que le traducteur d’Arthur Keelt, romancier imaginaire auteur du roman, et dont les citations se retrouvent dans d’autres livres de Pouy. Adepte de l’Oulipo, il pratique assidûment l’écriture à contraintes. Il participe également à l’émission Des Papous dans la tête sur France Culture. Il a publié en 2010 Bord à canal. L’Escaut à l’œuvre aux éditions invenit, en collaboration avec la photographe Yohanne Lamoulère.

Format : Broché
Nb de pages : 29 p.
Parution : 25 février 2011
ISBN-10: 2918698156
ISBN-13: 978-2918698159

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GEORGES DE LA TOUR, LE VIELLEUR AU CHIEN

Philippe Beaussant
Ed Invenit

georges-de-la-tour-le-vielleur-au-chienLʼacadémicien Philippe Beaussant, romancier et essayiste, met son amour du baroque au service du joyau du musée de Bergues, Le Vielleur au chien de Georges de La Tour. Ce peintre, décédé brutalement en 1652, ne sera redécouvert quʼau début du XXe siècle, pour être aujourd’hui célébré comme l’un des plus grands peintres français. Philippe Beaussant éclaire pour nous la perception de ce peintre de la lumière qui, grâce à la représentation d’un aveugle, de manière exceptionnelle, peint un homme qui porte la nuit au fond de son âme. Même la musique semble prisonnière de cette vielle, lʼinstrument des pauvres, qui ne permet que quelques notes et quelques mélodies. Pourtant, grâce au regard du chien couché à ses pieds, le peintre parvient à transfigurer la lumière car elle permet au vieil homme « quelque chose de plus serein dans la manière même qu’il a de vous envoyer son chant que vous écoutez sans lʼentendre, comme il vous regarde sans vous voir. »

Georges de La Tour est né à Vic-sur-Seille (Lorraine) en 1593. Fils de boulanger, il accède à la noblesse en se mariant en 1617 avec Diane de Nerf, membre d’une grande famille de Lunéville où il part s’installer. Il y reçoit des commandes de tableaux mais s’enrichit surtout en spéculant sur le grain. Il se met quelques temps à l’abri à Paris pour échapper aux conflits qui sévissent autour de Lunéville durant la Guerre de Trente ans et il est possible, même si les archives royales n’en gardent pas la preuve, qu’il y ait été promu au titre de « peintre ordinaire du roi ». Georges de La Tour meurt en 1652 d’une pleurésie mais c’est bien des siècles plus tard que commença son véritable destin. Jusqu’au début du XXe siècle, le peintre était en effet complètement passé dans l’oubli si bien que ses œuvres, caractéristiques du clair-obscur et de l’esthétiques caravaggienne, étaient recensées dans les collections des musées sous les noms de Guido Reni, Saraceni, Gentileschi, Terbrugghen, Honthorst ou encore Zurbaran ou Velasquez. C’est l’historien Hermann Voss qui le premier perça à jour, en 1915, l’identité du peintre, en lui attribuant deux toiles du musée de Nantes. En 1934, 13 de ses œuvres sont présentées à l’Orangerie et le public découvre émerveillé un des plus grands représentants de la peinture française. Le Vielleur au chien exposé au musée de Bergues fait partie d’une série de toiles présentant des mendiants jouant de cet instrument à cordes dont l’usage, lorsqu’il tomba en désuétude, leur fut souvent réservé. En marge de son œuvre qui privilégia les sujets nocturnes, le tableau représente, dans une mise en scène épurée, un être maudit car le jour est, selon René Char, « l’exemplaire fontainier de nos maux. Georges de La Tour ne s’y est pas trompé. »

Philippe Beaussant, écrivain et musicologue, passionné de musique baroque et spécialiste du XVIIe siècle français, a consacré de nombreux romans et plusieurs essais à la musique. Lully ou le musicien du soleil, dont s’inspira le cinéaste Gérard Corbiau pour réaliser Le Roi danse, a reçu de nombreux prix. Il a publié récemment Le chant du cygne (Fayard, 2009), commentaire éclairé sur l’art du portrait chez Titien. Membre de l’Académie française, Philippe Beaussant a reçu pour l’ensemble de son oeuvre le Prix de la langue française en 2001.

Format : Broché
Nb de pages : 28 p.
Parution : 25 août 2011
ISBN-10: 2918698113
ISBN-13: 978-2918698111

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ON NE PEUT PAS PRIER POUR LA PLUIE ET SE PLAINDRE QUAND ON EST MOUILLE

Simon Collins
Editions Guérin

on-ne-peut-pas-prier-pour-la-pluie-et-se-plaindre-quand-on-est-mouillePrésentation : Simon Collins, financier de la City à Londres, a choisi de vivre « proche du climat et de la terre », dans un hameau que seule la lune éclaire à la nuit tombée. Abasourdi par les beautés de la montagne, dans le silence des grandes chutes de neige, il découvre la simplicité crue du monde paysan et comprend peu à peu, ce que la montagne recèle de violence et de vérité. Il n’en sortira pas indemne. Mais avec la fierté d’être homme.
Ce texte est une ode à la montagne et au courage des hommes qui vivent loin des « imbécillités allègres » de la ville.

Un rêve de citadin : vivre dans la nature, écrire cette aventure. Simon Collins a réalisé les deux avec talent !

LU DANS LA PRESSE

Une ode aux paysans des montagnes
Pays de Savoie “On ne peut pas prier pour la pluie et se plaindre quand on est mouille” II y a dans ce titre toute la contradiction humaine a l’égard de ce relief qui attire et repousse, selon que l’on y vienne ou que l’on y habite Simon Collins était financier a la City de Londres lorsqu’il a choisi de vivre proche du climat et de la terre, dans un hameau du Beaufortain que seule la Lune eclaire a la nuit tombée, dans une ferme sous le mont Mirantin II a d’abord le regard beat du touriste pour ces montagnes a l’esthétique belle Puis, le British va surtout découvrir les hommes qui y vivent, leur simplicité franche II n’est pas question ici d’alpinistes ou de skieurs de l’extrême Non plus de paysans qui ont appris a s’adapter a cette géographie indocile Et comprendre pourquoi, entre le blanc du matin et la naissance d’un veau, peu leur importe le nom des sommets au-dessus
de leur tête Leur courage et leur lien a ces terres inhospitalières se mesurent a l’aune de la sueur qu’ils ont dépensée dans le travail des poutres qui supportent leurs maisons Ils n’ont que faire de connaître les routes qui mènent la-haut Car la montagne dicte une loi violente a la vente crue Comme la moitié de la population du Beufortain au fil des siècles, Simon Collins la quittera a son tour Lui n’aura pas le coeur leger maîs aura le sentiment d’avoir mûn son chemin d’homme Et il ne regardera plus les sommets comme avant “On ne peut pas prier pour la pluie et se plaindre quand on est mouille”, de Simon Collins, aux éditions Guerin
(Le Dauphiné Libéré, Antoine CHANDELLIER)

VIDEO DE L’ENTRETIEN AVEC L’AUTEUR

Feuilletez un extrait ICI

Né en 1964, Simon Collins a grandi en Afrique et en Asie. Après des études à Oxford, il a travaillé dans la City, à Londres. Il a tout abandonné à 31 ans pour s’installer en Savoie. Plus de dix ans dans le Beaufortain et trois enfants plus tard, il habite aujourd’hui dans l’Aude. Il a été naturalisé français en 2002. Il est auteur de Morts naturelles, chez le même éditeur.

Nb de pages : 300 p.
Parution : Novembre 2011
Format : Broché
Dimensions : 17.0 x 12.0 x 0.8 cm
ISBN : 9782352210528
EAN13 : 9782352210528

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NOUS ETIONS LES MULVANEY

Joyce Carol Oates
Le Livre de Poche

nous-etions-les-mulvaneyA Mont-Ephraim, une petite ville des Etats-Unis située dans l’Etat de New York, vit une famille pas comme les autres : les Mulvaney.
Michael, le père, d’origine modeste, a su à force de travail se faire accepter par la bonne société de la veille. Grâce à sa femme qu’il adore, la ferme qu’ils habitent est un coin de paradis, une maison de contes de fées où, au milieu d’une nature splendide, entourés de chiens, de chats, d’oiseaux, de chevaux - et immensément d’amour -, leurs trois fils et leur fille Marianne vivent une enfance inoubliable. Une image d’une famille parfaite, comme chacun rêverait d’en avoir.
Jusqu’à cette nuit de 1976 où le rêve vire au cauchemar… Une soirée de Saint-Valentin arrosée. Un cavalier douteux. Des souvenirs flous et contradictoires. Le regard des autres qui change. La honte et le rejet. Un drame personnel qui devient un drame familial. Joyce Carol Oates épingle l’hypocrisie d’une société où le paraître règne en maître ; où un sourire chaleureux cache souvent un secret malheureux ; où il faut se taire, au risque de briser l’éclat du rêve américain.

EXTRAITS

Une maison de conte de fées
Nous étions les Mulvaney, vous vous souvenez ? Vous croyiez peut-être notre famille plus nombreuse ; j’ai souvent rencontré des gens qui pensaient que nous, les Mulvaney, formions quasiment un clan, mais en réalité nous n’étions que six : mon père Michael John Mulvaney ; ma mère Corinne ; mes frères Mike et Patrick; ma soeur Marianne et moi… Judd.
De l’été 1955 au printemps 1980, date à laquelle mes parents durent vendre la propriété, il y eut des Mulvaney à High Point Farm, sur la route de High Point, onze kilomètres au nord-est de la petite ville de Mont-Ephraim, État de New York, dans la vallée du Chautauqua, cent dix kilomètres au sud du lac Ontario.
High Point Farm était une propriété bien connue dans la vallée - inscrite plus tard aux Monuments historiques - et «Mulvaney» était un nom bien connu.
Longtemps vous nous avez enviés, puis vous nous avez plaints.
Longtemps vous nous avez admirés, puis vous avez pensé Tant mieux !… ils n’ont que ce qu’ils méritent.
« Trop brutal, Judd ! » dirait ma mère, gênée, en se tordant les mains. Mais j’estime qu’il faut dire la vérité, même si elle fait mal. Surtout si elle fait mal.

Née en 1938, auteur d’une trentaine de romans qui l’ont placée au premier rang des écrivains contemporains, Joyce Carol Oates enseigne la littérature à l’université de Princeton.

Parution : 16 mars 2011
Format : Broché
Nb de pages : 695 p.
Dimensions : 17.7 x 11.0 x 2.6 cm
ISBN : 9782253157502
EAN13 : 9782253157502

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