Archive pour septembre 2011

AMAZONIA

James Rollins
Fleuve Noir

amazoniaUn homme mourant erre dans la forêt amazonienne. Membre des Forces Spéciales américaines, Clark est l’unique rescapé d’une expédition de chercheurs menée par le Dr Carl Rand, et disparue il y a quatre ans.
Nathan Rand, son fils, n’a jamais renoncé à retrouver sa trace. Le Dr Kelly O’Brien l’informe que des Rangers de l’armée américaine viennent d’arriver au Brésil pour organiser une nouvelle expédition à laquelle il est associé.

Pendant ce temps, le Dr Louis Favre s’évertue à contrecarrer cette initiative. Le Dr Rand était son ennemi juré à cause de la concurrence impitoyable que se livrent les laboratoires pharmaceutiques. La firme de Rand tentait d’exploiter le savoir des chamanes pour découvrir de nouvelles plantes médicinales, le fameux « or vert ». Favre se prend à rêver de vengeance : assassiner Nathan à défaut d’avoir pu tuer son père.

Lorsque la CIA, en pratiquant l’autopsie de Clark, découvre que son agent était porteur d’un virus contagieux et mortel, une course contre la montre s’engage car il s’agirait d’un prion mutant. L’expédition, quant à elle, tourne au cauchemar…

LE MOT DE L’EDITEUR :

Dans la forêt amazonienne, un Américain est retrouvé mourant aux abords d’un village. C’est l’un des membres d’une expédition scientifique partie étudier le savoir des chamans et disparue quatre ans plus tôt. Seul Nathan Rand, le fils du savant qui la dirigeait, n’a jamais perdu espoir de les retrouver vivants.
Et c’est ce fol espoir que le Dr Kelly O’Brien et son frère ravivent en lui proposant de rejoindre l’équipe de secours organisée par le gouvernement des États-Unis. Seulement, la jungle et ses enjeux pharmaceutiques attisent bien des convoitises. Des mercenaires se lancent à leur poursuite…
A mesure que le groupe progresse, l’aventure tourne au cauchemar : attaques de fourmis géantes, assaut de piranhas hypertrophiés, prolifération de sauterelles carnivores. La malédiction des Ban-ali rôderait-elle ? Mais est-elle vraiment la seule explication à ces terrifiantes mutations génétiques ?

REVUE DE PRESSE /
AMAZONIA : QUAND LA NATURE REPREND SES DROITS…
La Critique de Coupie sur le Blog MORT SURE :

« Comme son nom le laisse deviner, Amazonia est un thriller se déroulant en pleine forêt amazonienne.
Après le retour inattendu de l’un des membres d’une expédition disparue depuis quatre ans, l’Amérique se décide à lancer l’opération Amazonia. Ainsi, une autre expédition composée de chercheurs, de militaires, et d’autres experts, est lancée pour continuer le travail commencé par la première qui était à but pharmaceutique. Mais qui dit jungle dit dangers, et bientôt, suite aux attaques d’animaux mutants, l’expédition tourne au vinaigre. Et c’est sans compter le groupe de mercenaires envoyé par une société pharmaceutique concurrente…
L’histoire est racontée à travers le point de vue de plusieurs personnages, ce qui fait qu’il y a aussi plusieurs intrigues qui tournent toutes autours de la forêt est de la mystérieuse tribu des Ban-ali. Chaque personnage a son propre objectif, ses propres préoccupations : Nate, qui veut retrouver son père, membre de l’expédition disparue, où découvrir les causes de sa mort. Kelly cherche à trouver un remède contre la mystérieuse maladie transmise par Gérald Clark, le membre de l’ancienne expédition qui était reparu, et avait développé d’étonnantes tumeurs cancéreuses dans tout le corps. La maladie se transmet dans toute l’Amérique et Kelly s’inquiète pour sa fille restée là bas…
On a également le point de vue de Louis, chef des mercenaires. On sait qu’il a infiltré une “taupe”, un espion, au sein même de l’expédition, mais on ne découvre son identité qu’à la fin. Petit défaut : on devine trop facilement qui est le traître, ça parait trop évident. J’aurai aimé que l’auteur nous surprenne sur ce point.
Sinon, cette variation dans les points de vue est vraiment intéressante, car les personnages affrontent non seulement des animaux sauvages et des mercenaires, mais aussi leur propre esprit.
Autrement, j’ai apprécié la vision que donne le roman des indigènes. Ici, ils ne sont pas considérés comme des êtres primitifs, mais au contraire, l’histoire montre que s’ils n’ont pas évolué de la même façon que nous autres occidentaux, ils l’ont fait à leur façon : la médecine des chamans est remarquable.
Il y a quelques passages “scientifiques”… pas trop ardus ( la preuve : j’ai réussi à m’y retrouver !), mais on voit que l’auteur s’est bien documenté sur le sujet. Le roman traite beaucoup des l’évolution et des mutations, mais aussi de la communion entre les espèces végétales, animales, et l’homme.
Le roman est divisé en cinq actes réparties en chapitres. Chaque acte est introduit par la fiche technique d’une plante. C’est assez original.
En conclusion, c’était une lecture sympathique et remplie d’actions que rythme le style agréable de l’auteur. Je remercie le forum Mort Sûre et les éditions Fleuve Noir pour ce partenariat ! »

http://mortsure.over-blog.com/article-amazonia-de-james-rollins-fleuve-noir-74595012.html

James Rollins est un auteur de thrillers à la renommée internationale. Ce vétérinaire, spéléologue et plongeur invétéré, inspiré par un goût immodéré pour les voyages et l’aventure, passe le plus clair de son temps sous l’eau ou sous terre. Auteur de nombreux romans, dont 4 ont déjà paru au Fleuve Noir, James Rollins vit en Californie.

Traduit par Leslie Boitelle de Anglais (etats-unis)
Nb de pages : 586 p.
Parution: mars 2011
Format: Broché
Dimensions: 22.5 x 14.0 x 3.8 cm
ISBN: 9782265089716
EAN13: 9782265089716

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GASTON KABORE. CONTEUR ET VISIONNAIRE DU CINEMA AFRICAIN

Marie-Magdeleine Chirol
Presses universitaires de Lyon

gaston kaborŽsans coupePRESENTATION :

Gaston Kaboré est l’un des pionniers de l’expression cinématographique en Haute-Volta (le pays devient le Burkina Faso en 1984), lorsqu’il réalise en 1982, à 31 ans, son premier long métrage, Wênd Kûuni. Ce film sera couronné par le César du meilleur film francophone trois ans plus tard et lui offre une reconnaissance internationale que ses films suivants confortent - il siège au jury de la Mostra en 1994, à Cannes en 1997, à la Berlinade en 2009…

Dans un essai où elle reprend le parcours du conteur visionnaire en dégageant la singularité de son regard comme de son langage cinématographique, Marie-Magdeleine Chirol ne se contente pas de proposer la première synthèse sur ce créateur africain aujourd’hui à la tête d’Imagine, Institut de formation aux métiers du 7e art : elle présente chacun des 4 longs métrages et des 3 courts métrages de fiction du cinéaste, offrant en outre résumés et génériques de plus de 20 films, documentaires et reportages, et de larges extraits d’un entretien inédit avec Gaston Kaboré.

RESUME :

Cet essai retrace le parcours du cinéaste burkinabé en tentant de dégager ce qui fait sa singularité. Il présente ses quatre longs métrages et ses trois courts métrages. Il contient également plusieurs extraits d’un entretien avec l’artiste.

Maria-Magdeleine Chirol, originaire de Lyon, est professeur au Département de langues et littératures modernes de Whittier College (Californie). Ses recherches portent sur le motif de la ruine et sur le cinéma africain. Parmi ses publications figurent L’Imaginaire de la ruine dans A la recherche du temps perdu de Marcel Proust (Summa, 2001) et des études sur Sembène Ousmane, Souleymane Cissé, Idrissa Ouédraogo, Pierre Yaméogo et d’autres cinéastes africains.

Parution : mai 2011
Format : Broché
Nb de pages : 314 p.
ISBN-10: 2729708391
ISBN-13: 978-2729708399

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VERSAILLES AVANT VERSAILLES : AU TEMPS DE LOUIS XIII

Jean-Claude Le Guillou
Perrin

versailles-avant-versaillesIl était une fois Versailles…. A l’origine une jolie campagne bucolique, un terroir qui se forme au Moyen Age, divisé entre son seigneur et le prieur. Jusqu’au jour où Louis XIII passionné de nature et de chasse s’éprend de la région et décide d’y faire construire une demeure, pour commencer…

Cet ouvrage raconte la passion de bâtir qui animait le roi Louis XIII et qui fut au début de la métamorphose du petit bourg de Versailles dont on narre également ses origines médiévales jusqu’à la construction du château.(merci à Michèle)

Louis XIII architecte ? On savait son père Henri IV épris d’architecture et grand roi bâtisseur. Mais on ignorait ce goût de Louis XIII pour l’art de bâtir. Il se révéla avec le château de Versailles, première manière, qu’il conçut lui même, avant d’en faire remettre les plans au maçon avec l’ordre exprès d’oeuvrer « conformément aux dessins et élévations qui en ont été faits par Sa Majesté ».

Au début du XVIIe siècle, Versailles est encore un petit bourg tranquille et avenant, situé sur le flanc méridional d’une butte relevée au milieu d’un vallon nommé « le Valde Galie ». Son charme bucolique a conquis le jeune roi passionné de nature et de chasse qui, en 1623, s’implante d’autorité sur la terre du prieuré, en y faisant bâtir une maison isolée au sommet de la butte.

Jean-Claude Le Guillou, historien et lui-même architecte, retrace l’élaboration patiente du futur château de Versailles et montre le roi prenant plaisir à parfaire le chantier de sa demeure qu’il désire toujours plus belle.

L’on comprend ainsi pourquoi Louis XIV a toujours voulu préserver l’oeuvre de son père au milieu des somptueuses constructions dont il l’a environnée.

Au fil des pages, s’écrit aussi l’histoire du village de Versailles, de ses seigneurs et de ses habitants, des origines médiévales jusqu’à l’installation royale.

En illustration, les reconstitutions minutieuses de cartes, plans et perspectives dessinés par l’auteur permettent de se représenter en un seul coup d’oeil ce Versailles avant Versailles.

Jean-Claude Le Guillou est l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur le château de Versailles qui en ont profondément renouvelé l’histoire.

TABLE DES MATIERES

Aux temps féodaux
Un jeune chasseur
Un petit domaine royal
En son château, 1630
Louis XIII, seigneur de Versailles
La vie versaillaise
Le premier Versailles de Louis XIV

Nb de pages : 397 p.
Parution: avril 2011
Format: Broché
Dimensions: 21.0 x 14.0 x 2.5 cm
ISBN: 9782262030650
EAN13: 9782262030650

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TUNISIAN GIRL : BLOGUEUSE POUR UN PRINTEMPS ARABE

Lina Ben Mhenni
Ed. Indigènes

tunisian-girl-blogueuse-pour-un-printemps-arabeQuand le jeune Mohamed Bouazizi, martyr à l’origine de la révolution tunisienne, s’immole par le feu le 17 décembre 2010, Lina Ben Mhenni décide de mettre ses compétences de bloggeuse au service de la libération de son pays.

Elle voyage dans toute la Tunisie, recueille les témoignages des opposants au régime de Ben Ali, photographie les corps des victimes et poste tout en instantané sur son blog Tunisian Girl, activant minute après minute les ressorts d’une révolution jeune, arabe, non violente où les femmes jouent un rôle neuf et crucial. Elle écrit : « Quiconque connaît quelque chose à l’histoire sait que les grands changements sociaux sont impossibles sans le soulèvement des femmes. »

C’est la première révolution de l’histoire accomplie par une génération de jeunes gens avec, pour seules armes, des ordinateurs, des blogs, des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Flickr… La jeune Lina Ben Mhenni, aux commandes de son blog Tunisian Girl, est l’une des actrices les plus courageuses de cette guerre menée contre Ben Ali, le dictateur tunisien. Guerre virtuelle, où s’affrontent cyberactivistes, cyberpirates, cyberflics, mais avec de vrais morts, de vraies arrestations, de vraies immolations, jusqu’à ce jour du 14 janvier 2011 où le tyran, qui a bénéficié de la complaisance criminelle du monde occidental, « dégage » enfin.

Tandis qu’ex-ministres arabes et ex-ministres occidentaux palabrent sans vergogne sur le « printemps arabe », ce petit livre témoigne du rôle indéniable de la génération Facebook pour la conquête d’un monde sans violence, sans torture, sans censure et sans chefs.

Très court ouvrage que celui-ci de Lina Ben Mhenni publié aux éditions Indigènes dans la collection « Ceux qui marchent contre le vent » : une trentaine de pages, en accord avec la ligne éditoriale de cette collection qui a notamment publiée Indignez-vous de Stéphane Hessel.

Dans Tunisian Girl, la blogueuse de vint-huit ans nous raconte sa participation au printemps arabe, que ce soit sur la toile ou dans la réalité. Son blog, qui porte le même nom que le livre, a été en effet un espace d’expression qui a porté la révolution, rendant compte chaque jour de l’évolution des manifestations et des répressions par la police de Ben Ali.

En trente pages, la jeune femme met en avant le rôle des blogs et des réseaux sociaux dans la révolution tunisienne, ainsi que la lutte qui s’est lancée sur la toile entre cyberactivistes, cyberflicqs et cyberpirates. Elle n’hésite pas à s’indigner contre la censure que le régime de Ben Ali a fait peser sur ces blogueurs engagés qui ont rendu compte de la réalité du régime et dénoncé ses nombreux abus. Le contrôle des médias en Tunisie lui fait dire que c’est sur internet que la liberté d’expression du peuple tunisien a eu le plus de chance d’aboutir, sauf quand la ministère de la communication interdisait l’accès à des blogs engagés, des sites de vidéo comme youtube ou dailymotion ou encore des réseaux sociaux.

Sa révolte et celle de tout un peuple a été rendu possible grâce à facebook, twitter, skype ou encore des réseaux de discussion privés comme il est possible d’en faire sur google. Le rôle d’internet est bien mis en avant, même si c’est bien l’engagement et la révolution dans toute la Tunisie qui a permis le renversement du régime.

Son aventure à elle est très fortement liée à cette révolution, et en lisant son témoignage, c’est la révolution tunisienne que nous suivons. Nous n’échappons pas non plus à ses interrogations sur l’avenir de la Tunisie comme démocratie, avec des partis qui tentent de prendre le pouvoir en manquant clairement de considération pour le peuple qui s’est révolté et des médias (presse, télévision…) toujours dirigés par des personnes qui ont respecté et cautionné la censure de Ben Ali, mentant sans cesse au peuple.

Tunisian Girl est ainsi un beau cri d’indignation, un témoignage de grande valeur où les idées défendues s’entremêlent à un engagement directe dans la « réalité » en dehors de la toile. Elle rappelle à tous les cyberactivistes qu’il s’agit de s’engager réellement à un moment donné, d’organiser des manifestations sur internet et de descendre dans la rue le moment donné. Exprimée dans une langue claire et nette, Tunisian Girl est une trentaine de pages à lire pour mieux comprendre cettre révolution tunisienne et quelques enjeux de ce pays en train de se reconstruire politiquement. Son blog écrit en trois langues (arabe, anglais, français) est un lieu d’informations et de révolte à visiter également.

L’Auteur : Lina Ben Mhenni a reçu à Bonn, le 12 avril, le Prix du Meilleur Blog 2011 lors de la septième édition du grand concours international des blogs, les BOB’s, organisé par la radio-télévision allemande Deutsche Weil. Née le 22 mai 1983, elle enseigne à l’université de Tunis.

Nb de pages : 32 p.
Parution: juin 2011
Format: Broché
Dimensions: 21.0 x 12.5 x 0.2 cm
ISBN: 9782911939877
EAN13: 9782911939877

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SUITE ROUGE

François Boulay
Editions Télémaque

suite-rougeAdolescents marginaux fascinés par un des leurs, un pervers au charisme démoniaque, José et quelques autres l’ont suivi aveuglément.
Paniqués par l’horreur vers laquelle leur leader les entraîne inexorablement, ils ont décidé de le mettre à mort pour lui échapper. José s’en est chargé.

Vingt ans plus tard, père de deux fillettes, il les élève dans une vaste villa isolée dominant le massif des Maures. Un oiseau mort flottant dans sa piscine, le cadavre décapité d’un chat sur le seuil de la maison, des ombres furtives glissant entre les arbres.
Les signes obsédants s’accumulent bientôt, d’un passé qui ressurgit et d’un fantôme qui ne veut pas mourir.

« La silhouette était là. A vingt pas de moi. Se dandinant mollement. Elle semblait onduler avec le vent, les bras le long du corps. Dressée dans une intention précise. Me faire savoir que tout était en place, que la fête allait commencer. »

L’avis d’un lecteur sur le Net :

« Après Traces, prix Quais du Polar 2007, François Boulay revient avec l’atmosphère de pure angoisse qui caractérise son écriture.
Quinze ans après avoir supprimé un camarade qui avait guidé son adolescence sur une voie criminelle, un homme repenti, père de deux fillettes, voir resurgir une menace mortelle. Le génie du mal est-il vraiment mort ? »

Parution: avril 2011
Format: Broché
Nb de pages : 268 p.
Dimensions: 20.5 x 14.0 x 1.9 cm
ISBN: 9782753301337
EAN13: 9782753301337

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ROBERT ALDRICH, VIOLENCE ET REDEMPTION

William Bourton
Presses Universitaires de France

robert-aldrichEn quatrième vitesse, Vera Cruz, Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?, Les Douze Salopards, Tour à tour salués pour leur audace et contestés pour leur violence, les films de Robert Aldrich ont marqué leur époque.

Mais au-delà de sa manière unique de dire les choses et de donner à voir, Aldrich s’est révélé un moraliste intègre, qui sut interroger l’homme dans son rapport à autrui comme à lui-même, doublé d’un cinéaste engagé qui, de l’intérieur même du système hollywoodien, mit en débat quelques-unes des valeurs les mieux accrochées de l’American way of life.

William Bourton, journaliste et essayiste, auteur, aux PUF, d’une étude remarquée sur le western, nous livre une passionnante étude critique sur Aldrich, qui peut également se lire comme une réflexion sur l’engagement, dès lors que son œuvre témoigne philosophiquement de son époque.

TABLE DES MATIERES

Introduction

I. Un héritier rebelle
II. Premières armes (The Big Leaguer - World for Ramson)
III. En quatrième vitesse (Apache, Vera Cruz - Kiss Me Deadly - The Big Knife - Autumn Leaves - Attack ! - The Garment Jungle)
IV. Réfugié culturel (Ten Seconds to Hell - The Angry Hills - The Last Sunset - Sodom and Gomorrah)
V. Eclaircies (What ever Happened to Baby Jane? - 4 For Texas - Hush… Hush, Sweet Charlotte - Flight of the Phoenix - The Dirty Dozen - The Legend of Lylah Clare)
VI. The Aldrich Studios (The Killing of Sister George - The Greatest Mother of’em all - Too Late the Hero - The Grissom Gang)
VII. La fin des illusions (Ulzana’s Raid - Emperor of the North - The Longest Yard - Hustle)
VIII. Crépuscule (Twilight’s Last Gleaming - The Choirboys - The Frisco Kid - … All the Marbles)

Epilogue

Filmographie
Bibliographie selective

Né en 1964, William Bourton est journaliste et essayiste, auteur aux PUF d’une étude remarquée sur le western, nous livre un passionnant essai sur un réalisateur trop peu étudié qui peut également se lire comme une réflexion sur l’engagement, dès lors que l’œuvre d’Aldrich témoigne philosophiquement de son époque. Il est actuellement responsable du service Opinions/Débats et critique « essais » » au quotidien Le Soir (Bruxelles). Il a déjà publié aux PUF Le Western. Une histoire parallèle des États-Unis (2008).

Format : Broché
Paru le : 14/05/2011
Nb. de pages : 199 pages
Dimensions : 13,6cm x 20cm x 1,6cm
ISBN : 978-2-13-058320-2
EAN : 9782130583202

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PRIER 15 JOURS AVEC LES AMIS DES JUIFS

Sylvie Bernay
Nouvelle Cité

prier-15-jours-avec-les-amis-des-juifsEvocation de l’attitude des catholiques qui ont soutenu leurs semblables de confession juive pendant la Seconde Guerre mondiale, face au nazisme.

Qui sont les amis des Juifs ? Ce sont des catholiques qui les ont soutenus pendant la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale.

Un véritable ami reste fidèle au coeur de la détresse. Le cardinal Jean Verdier, le père Marie-André Dieux, le père Joseph Bonsirven, Jacques Maritain, Mgr Georges Chevrot, le père Pierre Chaillet, le père Henri de Lubac, le père Joseph-Marc Guihaire, le cardinal Emmanuel Suhard, le cardinal Jules-Géraud Saliège et enfin le pape Pie XII ont intercédé pour les Juifs persécutés. Le chemin de réconciliation s’est ouvert, en prémisses à Nostra Aetate, pendant cette période dramatique.

Ces chrétiens ont secoué les consciences afin de sauver des vies humaines tout en dévoilant la profondeur de la fraternité, qui trouve sa source en Dieu, le Père Commun de tous les hommes.

COURTS EXTRAITS DU LIVRE :

Extrait de l’introduction
Au seuil de ces quinze jours de prière, j’aimerais inviter le lecteur à mieux comprendre cette période difficile de notre histoire contemporaine. Certes, l’antisémitisme semble recouvrir l’Europe entière. Et pourtant ! Des lueurs se sont allumées.
Dès 1933, les instances du judaïsme français ont souhaité mobiliser l’opinion publique, au moment du boycott des magasins juifs qui a suivi l’avènement d’Hitler au pouvoir. Seul un front interconfessionnel, unissant Juifs et chrétiens, pouvait, à leurs yeux, rappeler la loi naturelle, l’unité du genre humain et l’impossible antisémitisme pour un chrétien.
Profondément hostile au christianisme, le nazisme s’est vite affranchi des limites imposées par la Loi morale. Bon observateur de l’antisémitisme allemand, Emmanuel Berl, rédacteur en chef du mensuel de l’Alliance israélite universelle Paix et Droit, fait le constat de l’impuissance du rappel de la Loi face au nazisme. La doctrine raciste foule aux pieds la charité.
Pendant cette période qui s’étend de l’avènement d’Hitler au pouvoir à l’apogée de la déportation des Juifs d’Europe, l’Église de France n’est pas restée insensible aux malheurs de ses compatriotes israélites. Beaucoup de catholiques sont devenus leurs amis et les ont accompagnés dans leurs souffrances. Ils ont voulu aimer les Juifs et faire disparaître la barrière de haine qui semblait les séparer. Nous aimerions faire mémoire de leur courage et des gestes qu’ils ont posés en vue de la réconciliation. Ce serait un moyen de revisiter les parties obscures de notre histoire, à la lumière de la prière. La révélation judéo-chrétienne enseigne que Dieu prend plaisir à dévoiler sa face à travers le temps des hommes.
Qui sont ces amis des Juifs ? La méditation de ce livre n’est pas centrée sur un personnage mais sur un florilège d’auteurs. La plupart sont des pasteurs qui souffrent de voir l’humanité défigurée par la lèpre du racisme et de la guerre. Discours, sermons, extraits d’encycliques et émissions radiodiffusées, ces documents sont peu connus, et certains inédits.

Sylvie Bernay est laïque consacrée dans la Communauté de l’Emmanuel depuis 1985. Agrégée d’histoire-géographie, elle enseigne en collège et lycée à Paris. Elle a soutenu une thèse de doctorat d’histoire contemporaine à la Sorbonne sur le sujet suivant : L’Église catholique et la persécution des Juifs pendant l’Occupation en France (1940-1944), entre incompréhension et sauvetages.

Paru le : 13/05/2011
Format :  Broché
Pages : 128 p
Dimension : 20 x 12 cm
ISBN : 978-2-85313-642-6
EAN13 : 9782853136426

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PARIS DES ARTS 1930-1950

Pierre Daix
RMN

paris-des-arts-1930-1950Durant les deux décennies qui s’étendent des années 1930 à 1950, Paris a été le théâtre d’une vie artistique intense. Paris est, plus encore qu’avant 1914, le rendez-vous des artistes de toutes nationalités. Matisse, Léger, Picasso ou Le Corbusier y croisent Kandinsky, Miró, Chagall, Max Ernst, Klee, Mondrian ou Brancusi.

L’après-guerre et l’explosion de nouveaux talents - De Staël, Pignon, Atlan, Manessier ou Bissière mais aussi Mathieu et Soulages - confirment la place essentielle de Paris comme creuset de la création.
De Montparnasse à Montmartre, de Pigalle à Saint-Germain-des-Prés, écrivains, artistes et
photographes, se rencontrent et multiplient les échanges ; des amitiés se nouent.
L’exposition coloniale de 1931, l’exposition internationale de 1937, les années d’occupation, les exils forcés ou la Libération, sont autant d’évènements qui nourrissent et rythment leurs créations.
Paroles d’artistes, portraits réalisés par des photographes tels que Brassaï, Kertesz, Denis Collomb, Willy Maywald, André Rogi, Man Ray et regard d’historien proposent une vision unique de la Ville Lumière, alors phare de la création artistique.

Historien d’art, journaliste et écrivain Pierre Daix est un témoin majeur de la vie artistique parisienne. Ami de Picasso - auquel il a consacré plusieurs ouvrages -, collaborateur d’Aragon et rédacteur en chef des Lettres françaises, Pierre Daix a côtoyé les plus grands noms de la création de l’après-guerre.

Format: Broché
Paru le : 26/05/2011
Nb. de pages : 223 pages
150 illustrations
Dimensions : 20,6cm x 23,8cm x 2,1cm
ISBN : 978-2-7118-5456-1
EAN : 9782711854561

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LIVRE JEUNESSE : MES PLUS BELLES HISTOIRES DE CHEVAUX

Christelle Huet-Gomez
Auzou

mes-plus-belles-histoires-de-chevauxCet album rassemble 15 histoires de chevaux, de licornes et de princesses accompagnées de leurs posters détachables.

D’un côté, une histoire, et de l’autre, une illustration pleine page. Une fois les posters détachés, l’ouvrage devient un carton à dessins.

Pour découvrir 15 histoires fabuleuses de chevaux et licornes, et voyager dans leur univers. Chaque histoire est illustrée sur un poster géant détachable ! Une fois les posters détachés, le livre devient un carton à dessins !

Un grand album pour découvrir les chevaux en images, à travers 15 histoires fabuleuses de chevaux et licornes ! Découvrez Caramel, Leïka, Jumper et bien d’autres dans leurs aventures.

Surprise, les pages de l’album se détachent et se transforment en 15 posters géants pour décorer sa chambre !

Format : relié
Paru le : 07/04/2011
Nb. de pages : 32 pages
Dimensions : 26cm x 32,6cm x 1,7cm
ISBN : 978-2-7338-1381-2
EAN : 9782733813812

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L’OR DU RHIN, HISTOIRE D’UN FLEUVE

Philippe Meyer
Perrin

lor-du-rhinDu Rhin romain, qui détermine une frontière entre Rome et les Barbares, jusqu’au Rhin d’aujourd’hui, fleuve par excellence de l’intégration européenne, une histoire longue, riche et mouvementée.

Fleuve magique, disaient déjà les Romains qui en avaient fait un dieu, le Rhin incarne l’Europe dans ses divisions fratricides comme dans ses aspirations profondes à l’unité. Les meilleurs écrivains de ses deux pays riverains - la France et l’Allemagne - n’ont cessé de clamer leur émotion devant ses paysages et la longue, belle et riche vallée qui le conduit de Bâle à Rotterdam.

Les hommes ont aimé ses rives, y ont prié Dieu dans d’immenses cathédrales, ont été merveilleusement intelligents et artistes. Une même civilisation a réuni sur une voie de passage commune les grandes villes rhénanes, héritières à la fois de l’Antiquité méditerranéenne et des énergies nordiques.

A l’inverse d’une histoire culturelle harmonieuse, l’histoire politique des pays rhénans a été déchirée par d’incessantes rivalités, de puissants nationalismes et des pulsions expansionnistes. Cependant, l’abomination de la Seconde Guerre mondiale a fait resurgir au sein d’une Europe enfin pacifiée l’entente et la parenté de ces territoires. La vallée du Rhin a retrouvé son génie et le Rhin, son or.

Après une longue réflexion sur la philosophie de la médecine, Philippe Meyer se consacre désormais à l’histoire franco-allemande. Il a publié France et Prusse, une histoire croisée, traduit en allemand et, chez Perrin, une Histoire de l’Alsace.

INTERVIEW DE L’AUTEUR :
Pour Le Point.fr - Publiée le 09/06/2011
Propos recueillis par JEAN-MARIE QUEMENER

Les guerres hier, le nucléaire aujourd’hui… Quelles sont les frontières, les idées, les mémoires qui nous séparent de l’Allemagne ? Réponse avec le journaliste et écrivain Philippe Meyer.
Au milieu coule un fleuve, répond Philippe Meyer dans son dernier ouvrage, L’or du Rhin. Une promenade romantique, qui suit le cours de l’eau, a forgé notre réalité, distendu puis rapproché deux nations, deux cultures, deux conceptions de la vie et de l’homme… Avec l’Alsace en dénominateur commun.

Le Point : Le Rhin, un incident géographique ou une culture ?

Philippe Meyer : Difficile de séparer l’un de l’autre. J’ai essayé d’abord de clarifier une géographie éminemment diverse. Le cours du fleuve est long, très long. Il s’est façonné de tronçons d’histoires séparées qui, toutes, relèvent pourtant de la même histoire et de la même culture. On ne peut séparer artificiellement géographie et histoire. Étudier la première, c’est réfléchir à la seconde. Pour tout un chacun, évoquer une histoire, une géographie, c’est renvoyer vers une culture symbolisée par un monument : les Grecs et le Panthéon, les Romains et le Colisée… Le Rhin, lui, sera représenté peut-être par les cathédrales de Bâle, de Strasbourg ou de Cologne. Voir le Rhin encaissé entre Coblence et Mayence, c’est voir la Lorelei, les génies, les mythes, les poètes comme Heinrich Heine, mais aussi le pire des cauchemars comme le nazisme. L’histoire, la culture et la géographie s’en mêlent et s’emmêlent. Et pourtant, le fleuve est long. Il part des Alpes pour rejoindre la mer du Nord. Les hommes, eux, ne changent pas vraiment le long de ses rives. On parle ici de la même culture : une culture rhénane, symbiose de germanité et de culture française. Un beau mélange.

Un “beau mélange” sérieusement mis à mal par le dernier conflit mondial…

Il faut remonter plus loin dans le temps. La guerre du Palatinat, d’abord. Louis XIV a eu l’idée singulière, au XVIIe siècle, d’annexer les pays du Rhin. Peut-être par jeu, certainement par vanité. Les Français ont une très nette tendance à oublier cet épisode de l’histoire. Pourtant, ce fut un massacre. Louis XIV a totalement ravagé le Palatinat. Heidelberg a été saccagée. La région a été sauvagement pillée… Même pour les critères d’alors, cela a été quelque chose de monstrueux. Les Rhénans de la rive droite du fleuve en ont conçu un profond ressentiment à l’encontre de ceux de la rive gauche. Ces faits paraissent oubliés par une mémoire collective française un brin détournée. Pour elle, par exemple, Tolbiac - hormis le fait d’être une rue ou un pont de la capitale - est une victoire des Francs de Clovis sur les Allemands. C’était en fait une lutte entre “Allemands”, en tout cas entre Germains. Clovis ne parlait que le germain, mais cette fameuse mémoire collective n’en a retenu qu’une victoire française. Il faut se souvenir que les rives rhénanes franco-allemandes ont souffert de deux guerres “modernes” avant le dernier conflit. Celle de 1870 laisse la France battue. L’Alsace devient allemande, et pas à moitié. La région n’est pas simplement un protectorat ou une zone vaguement occupée, elle se voit octroyer le statut de Reichsland. Les Alsaciens du XIXe se retrouvent allemands. Ils étaient français depuis 1648… En 1914-1918, la région parcourt le chemin inverse et il est douloureux aussi. Les Allemands avaient envoyé leurs meilleurs universitaires à Strasbourg. Une culture mixte s’était installée ; elle n’a pas été respectée après la Grande Guerre. Pour la France, l’Alsace avait été libérée. Point final. Les Alsaciens en ont aussi payé le prix.

Arrive le nazisme, et le Rhin, cette fois, au moins au départ, apparaît comme une frontière contre la barbarie.

Elle a déferlé sur l’Europe quand même. Dès 1933, d’ailleurs, quand Adolf Hitler, le nouveau chancelier, veut réunir toutes les régions de langue allemande dans le vaste ensemble impérial d’une “Grande Allemagne”. Il ne voulait pas de langue française en Alsace. Pis, il voulait transformer la région de l’est de l’Allemagne, la Lusace slave, en y implantant des Alsaciens. Un déplacement ethnique. On connaît la suite. L’hégémonie germanique, la politique antisémite, les camps de la mort… Les Alsaciens ont eu un État abominable : les Malgré Nous, forcés de collaborer, voire de combattre pour le Reich, puisqu’ils étaient allemands, les résistants envoyés au camp de Schirmeck… Quand, en 1945, les troupes françaises libèrent l’Alsace à nouveau, c’est le chaos. Des familles ne se comprenaient plus entre elles. Certains Alsaciens qui s’étaient installés “vers l’intérieur”, comme on dit pour désigner le reste de la France, ont dû tirer sur leurs propres parents… Beaucoup ne s’en sont jamais remis. Témoin de tout cela : le Rhin et un peuple, partagé entre ses deux rives, totalement déchiré.

L’Europe moderne s’est-elle bâtie sur cette histoire, autour du Rhin ?

Oui, sans doute. Elle a été formidablement déchiquetée, divisée… Le Rhin symbolise cette souffrance et cette formidable résurrection. Pour les gens de ma génération, l’Europe moderne tient du miracle. Une même monnaie, les mêmes valeurs pour des pays indéfectiblement amis, alliés. Cette mutation fabuleuse s’est construite autour du Rhin et on l’oublie trop. Je reste stupéfié par ce qui a été accompli de part et d’autre des rives du fleuve.

La culture rhénane a-t-elle influencé la culture française ?

Je ne pense pas que l’on trouve beaucoup de transferts entre les deux cultures. Bien sûr, certains Alsaciens célèbres, quelques Allemands des rives rhénanes, ont eu un destin en France. Mais leur action était individuelle et ponctuelle. Le cousinage culturel va plutôt se nicher entre Strasbourg, Bâle, Brême, Cologne… Il n’y a pas de différences profondes entre ces peuples ou ces régions. La France intérieure s’est éloignée de l’Alsace. Cela peut s’expliquer : la culture, bien sûr, la façon de parler, le comportement très germanique… Cette façon de manier le fouet et la malice rhénane : on s’amuse, mais on travaille. On batifole, mais on prie… Pour la France, cette association est peu compréhensible. Surtout pour une France centralisée. Mais la même incompréhension existe de l’autre côté du Rhin. Certaines séquelles perdurent entre Allemands et Alsaciens. Autrefois, on faisait des ricochets sur le fleuve vers l’Allemagne. Le jeu, c’était de jeter le caillou en hurlant “les salauds !” Les Teutons sont plus rigides. L’Alsace a finalement le cul entre deux chaises… Aujourd’hui, elle est avant tout européenne. Pas tout à fait française. Pas tout à fait allemande.

Revenons-en au Rhin, qui offre également une mosaïque de religions le long de ses rives.

Il faut bien comprendre d’abord que le Rhin était une voie de passage entre l’Angleterre et l’Italie. Les draps flamands descendaient jusqu’au lac Majeur. Les oeuvres du quattrocento parcouraient le chemin inverse. Les gens se sont arrêtés en route, ce qui a créé ce mélange incroyable le long du fleuve. Un fleuve religieux aussi : le clergé chrétien a uni les gens, et parfois l’architecture, puisqu’on trouve des églises dans le Rhin alpin qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles de la vallée. Le judaïsme a joué également un grand rôle. Dès l’an 1000, sans doute avant, les juifs se sont installés dans la vallée rhénane. Il s’y est créé une relation forte culturelle entre les juifs et le Rhin. Et enfin, le Rhin a été protestant avec Luther… Tous les Rhin n’obéissent pas à la même religion, mais le fleuve est une source de spiritualité. Il traduit un romantisme germain exacerbé par son cours, ses forêts, ses lacs, qui ont fait émerger tant de légendes. Les Nibelungen, par exemple, naissent en partie dans les eaux du Rhin.

Et si le Rhin n’existait pas ?

Pas si théorique que cela, puisque certains géologues expliquent que le Rhin a failli se jeter dans le Danube… Il n’y aurait pas eu d’antagonisme. La région serait devenue un mélange de latin, de celte et de germanique. Sans le Rhin, pas de guerre. Les fleuves contiennent les germes de la guerre. Surtout les fleuves frontaliers. Ce n’est plus le cas du Rhin. Notre histoire démontre que cela n’aura plus jamais lieu.

Passionnant
Il ne suffit pas d’être amateur de ces régions ; comme avec Victor Hugo, on les pénètre, on y vit. Bravo à Philippe Meyer; à aucun moment, l’intérêt ne faiblit

SOMMAIRE

LE RHIN ALPIN
LE RHIN ROMAIN
BALE
ENTRE VOSGES ET FORET-NOIRE
STRASBOURG
LE RHIN IMPERIAL
LE RHIN MEDIEVAL : DE LA PUISSANCE ET DE LA FRAGILITE GERMANIQUES
MYSTIQUES ET HUMANISTES RHENANS
LUTHER SUR LE RHIN
CATHEDRALES IMPERIALES

Après une longue réflexion sur la philosophie de la médecine, Philippe Meyer se consacre désormais à l’histoire franco-allemande. Il a publié France et Prusse, une histoire croisée, traduit en allemand et, chez Perrin, une Histoire de l’Alsace.
1933 : Naissance à Neuilly-sur-Seine, dans une famille alsacienne exilée en France depuis 1871.
1956 : Concours de l’internat des Hôpitaux de Paris.
1966 : Agrégation de médecine expérimentale.
1970 - 2000 : Professeur, directeur de recherche et chef de service à l’hôpital Necker.
1982 : ” L’homme et le sel ” (Fayard).
1996 : ” Leçons d’histoire de la pensée médicale ” (Odile Jacob).
2002 : professeur invité à l’université de Berlin.
2004 : “Le bonheur de ne pas être américain” (Libella Maren Sell).
2008 : ” Histoire de l’Alsace ” (Perrin).
2009 ” France et Prusse, une histoire croisée ” (Bentzinger).

Format : Broché
Paru le : 14/04/2011
Nb. de pages : 437 pages
Dimensions : 15,5cm x 24cm x 3cm
ISBN : 978-2-262-03258-6
EAN : 9782262032586

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L’HERITAGE DE GLACE

Romain Garnier
Plon

lheritage-de-glaceLorsqu’en 2011 on retrouve un sous-marin frappé de la croix gammée pris dans les glaces du pôle Nord, c’est la stupéfaction.
D’autant plus que tous ceux qui s’approchent de l’épave meurent. Une force mortifère semble émaner de ses entrailles d’acier. Qu’allait chercher ce sous-marin dans ces contrées désolées ? Une civilisation perdue ? Une religion oubliée ?

A Berlin, le vieux professeur Manstein apprend la nouvelle avec effroi : l’engin recèle un terrible secret. Ancien membre de l’Ahnenerbe, une agence nazie ultra-secrète, Manstein sait que cette mission devait assurer la victoire du Führer par des moyens magiques. Nul ne sait si le U-Boot a pu recueillir ce qu’il était parti chercher. Manstein contacte l’un de ses étudiants, John Ackroyd, un jeune Américain, professeur de sanskrit en Allemagne.

A l’ambassade des Etats-Unis, le patron des services secrets propose aux deux chercheurs de déchiffrer un mystérieux carnet que les soldats américains, partis fouiller l’U-Boot, ont découvert en descellant une écoutille. Ce journal de bord retrace le terrible voyage des nazis jusqu’à Thulé : l’expédition nazie serait partie à la recherche du surhomme avant qu’une étrange malédiction ne s’abatte sur elle.

Envoyé au pôle Nord fouiller le submersible, le jeune sanskritiste John Akcroyd n’est pas au bout de ses surprises : de la banquise de glace aux profondeurs de la terre, il va basculer dans l’inconnu, à la poursuite d’un secret indicible, un héritage du passé aussi redoutable qu’extraordinaire.

Aidé de Daphnée, une jeune scientifique, il partira sur la piste du sinistre « homme aux gants verts », le dangereux mage tibétain, conseiller occulte d’Hitler, qui devait offrir au Führer le secret de l’immortalité…

Ecrit par un jeune universitaire spécialiste des langues indo-européennes, « L’Héritage de glace » nous fait entrer de plain-pied dans l’histoire des mythes et toucher du doigt l’extrême vraisemblance des légendes occultes.

De nos jours, les media se font l’écho d’un évènement hors du commun. Les glaces du Groenland, sous l’effet du réchauffement climatique, ont libéré un U-boot, prisonnier depuis la seconde guerre mondiale. Cette annonce de mauvais souvenirs chez Oskar Manstein, philologue émérite de l’Université de Berlin. Avec l’aide de son disciple John Ackroyd, lui aussi spécialiste de langues orientales antiques, il entre en contact avec les autorités américaines, qui complotaient afin d’arriver à cette situation.

Car le sous-marin recèle un terrible secret : le journal de bord d’un savant, maître à penser de Manstein, qui faisait donc partie d’une mission ultra-secrète partie en 1941 en quête du mythe du surhomme sur le site de Thulé. Décodé par l’honorable vieillard, le journal livre donc l’effroyable horreur à laquelle dut faire face l’expédition von Mullendorf dans les glaces du grand Nord, et à laquelle Jack et plusieurs autres vont devoir à leur tour être confrontés…

L’avis d’un lecteur sur le Net :

« Ecrit par Romain Garnier, lui-même philologue (spécialiste des langues), L’Héritage de Glace est un thriller compact, qui recèle de nombreux éléments, reflétant la grande érudition de son auteur. Certains passages, passionnants, ont leurs revers.
D’abord un problème de rythme se fait rapidement jour. La période pendant laquelle les deux universitaires décryptent le journal est expédiée en une petite vingtaine de pages, alors qu’elle aurait mérité sans doute plus de place. Il est probable que l’auteur –guidé ou pas par son éditeur- ait voulu éviter d’embrouiller le lecteur par un langage trop technique, ce qui est louable dans l’esprit, mais je pense que Romain Garnier avait les capacités de nous proposer un récit intéressant. Bien sûr la séquence suivante est consacrée à la restitution de ce journal, une séquence ma foi plutôt réussie puisque l’on se retrouve peu ou prou dans le sous-genre lovecraftien, du moins sur le plan du thème puisqu’on n’atteint pas la dimension gothico-paranoïaque des écrits du reclus de Providence.
Je l’ai dit, le roman est compact, dense. Les chapitres, de taille à peu près classique, sont découpés en longs paragraphes ; trop longs parfois. Quelques respirations liminaires eussent été de bon aloi pour une lecture un peu plus agréable.
Les expérimentations nazies avant et pendant la guerre ont créé une sorte de mythe, de légende urbaine les concernant. Du Groenland au Tibet, Hitler aurait envoyé des hommes à la recherche de l’immortalité, de la toute-puissance afin d’assurer les mille ans du IIIème Reich. Romain Garnbier récupère donc cette posture et parle de nombreux mythes indo-européens. Intéressant, mais désordonné parfois.
De même qu’une romance avec une agent de la CIA est amorcée au début du roman ; la façon dont elle est décrite est un peu maladroite. Il en est de même dans une scène de controverse entre sciences dures et sciences molles. L’auteur a probablement mis beaucoup, peut-être trop, de sa personne, de ses opinions, dans le personnage de Jack Ackroyd et ses relations à autrui. Dans ses prochaines aventures –et nul doute qu’il y en aura vue la façon dont le roman s’achève- il faudra mieux doser sa personnalité et prendre du recul. »

Format : Broché
Paru le : 07/04/2011
Nb. de pages : 317 pages
Dimensions : 15,5cm x 24cm x 2,5cm
ISBN : 978-2-259-21119-2
EAN : 9782259211192

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L’ESPERANCE DU CARDINAL

Olivier Le Gendre
Lattès

lesperance-du-cardinalCinq ans après « Confession d’un cardinal », les entretiens entre l’auteur et « le cardinal » ont repris, cette fois sur un ton plus profond et plus spirituel. Le livre évoque la confiance à accorder à l’Eglise et à sa hiérarchie, ainsi que son organisation face au monde actuel.

Il y a cinq ans, le cardinal et Olivier Le Gendre commençaient une discussion d’une étonnante franchise sur l’Église, son fonctionnement et ses principales prises de position jusqu’à la disparition de Jean-Paul II et l’élection dans un climat de panique de son successeur. Ces entretiens ont donné lieu à un ouvrage, Confession d’un cardinal, qui a suscité d’intenses débats dans la communauté catholique.

Ces entretiens ont repris début 2010, mais le climat a changé : Olivier Le Gendre a frôlé la mort à cause d’une grave maladie et le cardinal s’est plongé encore davantage dans le monde des plus défavorisés. Leur ton est donc plus profond, plus spirituel, calme et passionné.

Peut-on encore avoir confiance dans le message de l’Église ? Ne s’est-il pas trop dénaturé pour avoir la capacité de revenir aux principes premiers des Évangiles et du Christ : attention aux plus démunis, humilité, charité…

Le pouvoir de l’Église ne s’est il pas sclérosé à cause d’une hiérarchie vieillotte et accrochée à ses privilèges ? Benoît XVI est-il bien entouré ou, d’une façon plus générale, l’organisation de l’Église est-elle encore adaptée au monde actuel ? Faut-il donner plus d’autonomie aux églises locales ? Y a-t-il encore de l’espérance ?…

Olivier Le Gendre doute, le cardinal est lucide : « Nous sommes dans une Église étrange, capable souvent du meilleur et nous laissant parfois surprendre par le pire. » Au cours de leur dialogue tout aussi passionné que calme, ce sont toutes les problématiques les plus profondes qu’ils exposent sans jamais fermer les yeux.

Ouvre bien renseigné. Le ton reflète l’opinion et les attentes des « petits gens » dont je fais partie. Merci à l’auteur pour les mots qui correspondent à vérité concernant les mouvements ecclésiaux à dérive sectaire. Même si l’engagement des chrétiens doit se concentrer sur le positive, il est bien de faire grande clarté pour que les jeunes ne soient plus manipulés et ne s’enferment plus dans des structures lourdes qui étouffent l’Esprit de Jésus.

Le principe de Poo est une réelle réponse et l’inspiration des conseils régionaux un chemin à parcourir à mon avis pour une vraie nouvelle évangélisation de nos vies et de la vie de l’Eglise. Merci à Olivier Le Gendre et à « son cardinal ».

CRITIQUE /
L’avis de La Procure :

« Le succès de Confession d”un cardinal ne se démentant toujours pas, Olivier Le Gendre propose ici une nouvelle réflexion passionnante avec le cardinal. Des années sont passées et le dialogue reprend plus intensément encore entre l”auteur et son interlocuteur. Ils évoquent sans tabous les problèmes que rencontre l”église, son crédit dans le monde, sa capacité de répondre aux attentes des plus démunis. Ne s”estelle pas éloignée de la saveur première des évangiles, a savoir : la charité, l”humilite ? Son organisation est elle si bien adaptée au monde actuel ? Beaucoup de questions qui interpellent et que les deux hommes abordent en confiance dans un livre o u, envers et contre tout, l”esperance garde toute sa place. »

CRITIQUE /
L’avis de Claire Lesegretain :

« Après le succès des «Confessions d’un cardinal», Olivier Le Gendre poursuit ses conversations fictives sur l’avenir de l’Église avec «son» cardinal.
Il n’était pas facile d’envisager une «suite» aux Confessions d’un cardinal qui, depuis 2007, connaît un réel succès (plus de 100 000 exemplaires vendus). D’autant plus quand on a traversé l’épreuve de la maladie (lire La Croix du 31 mai 2010). L’écrivain catholique et « son » cardinal octogénaire (installé en Asie du Sud-Est où il se consacre aux malades du sida) ont pourtant repris leurs conversations (par «Skype»), avec la même courtoisie lucide et exigeante, mais dans un registre plus grave, plus profond.
« Peut-on encore avoir confiance dans l’Église ? » D’emblée Olivier Le Gendre oblige l’homme d’Église à revenir sur les «incendies» que Benoît XVI a eu à combattre depuis son élection: réintégration controversée des quatre évêques intégristes; scandales de la pédophilie aux États-Unis (où le cardinal avait été envoyé par Jean-Paul II au moment des premières « affaires », sans savoir alors qu’au Vatican des prélats avaient tout fait pour imposer aux évêques une «politique du silence»); concussion de la Curie par les Légionnaires du Christ (rémunérant grassement des conférences dans leur université romaine); scandale qui a suivi les révélations sur leur fondateur…
« La baisse des vocations est un tel sujet d’angoisse pour les gouvernants de l’Église que cela les a poussés à accepter un peu n’importe quel mouvement naissant, pour peu qu’ils affichent une fidélité à la papauté, qu’ils aient des vocations abondantes et des moyens financiers conséquents », résume le cardinal. Poussé par « son » journaliste, le cardinal regrette que l’Église, qui « ne dit pas la vérité sur ses comportements », empêche ceux qui cherchent un lieu d’espérance « d’entrevoir la Vérité qu’elle annonce ».
Selon lui, c’est ce pharisaïsme qui explique la désaffection grandissante à l’égard du catholicisme. Il revient aussi sur la fonction de pape, « devenue physiquement impossible », et sur l’urgente nécessité de proposer «plusieurs conciles simultanés» sur chacun des continents, pour rééquilibrer le pouvoir de la Curie et d’éviter l’épuisement d’un pouvoir centralisé.
Puis les deux hommes se retrouvent à Rome, pendant le consistoire de novembre 2010. Si le cardinal est convaincu que «l’Église doit être pauvre au milieu des pauvres», il explique que c’est au Poverello d’Assise, grâce à la rencontre interreligieuse de 1986, qu’il doit cette conviction. À l’époque, il n’était pas encore cardinal et sans doute n’aurait-il pas accepté la pourpre cardinalice, s’il avait compris alors que seul le manteau de « Dame Pauvreté » permet à l’Église de se mettre « à genoux aux pieds du monde ».
Le livre se termine par un long courriel du cardinal à propos de quelques « papabile » (Gianfranco Ravasi, Ennio Antonelli, Christoph Schönborn, Marc Ouellet…) et de sa « grande inquiétude » pour le prochain conclave: car l’humeur de ses confrères, en comparaison de l’élection de Benoît XVI, est «encore plus frileuse qu’en 2005». »

Olivier Le Gendre est un grand connaisseur des milieux chrétiens, il y exerce de nombreuses responsabilités. Auteur de nombreux livres religieux, c’est avec Confession d’un cardinal qu’il écrit son premier livre qui touche le grand public (plus de 40 000 exemplaires). Un long seller qui se vend encore à plus de 10 000 exemplaires par an.

Format : Broché
Nb de pages : 313 p
Dimension : 23 x 14 cm
ISBN : 978-2-7096-3652-0
EAN13 : 9782709636520

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LES OMBRES

Philippe Berenger
Scrineo

les-ombresAttentat dans le métro parisien : 35 morts et des centaines de blessés. Un autre attentat échoue de justesse dans le métro lyonnais. Un groupe terroriste inconnu revendique ces actions et en annonce de nouvelles.

La France bascule dans la psychose et à Paris, le capitaine de police Franck Venel lutte contre sa propre paranoïa, dans une société dépressive où le danger peut venir de partout.

Surveillance, infiltration, filatures, planques, indic, renseignements : en dépit des lourdeurs administratives, du travail routinier qu’on ne peut abandonner, de la gestion de son groupe hétéroclite et de sa vie privée, Franck Venel doit gagner la course contre la montre qui s’annonce mortelle.

L’AVIS D’UN LECTEUR SUR LE NET :

« Après un début de lecture assez difficile, j’avais failli refermer ce roman et passer à autre chose. Le langage des personnages était vraiment une barrière à mon plaisir, mais je trouvais dommage de baisser les bras aussi facilement car le sujet était très attractif et peut-être instructif.
Alors, j’ai pris sur moi de donner une chance aux Ombres et je dois dire que je ne le regrette pas.
Passé les premières pages, j’ai fini par intégrer l’équipe de Franck Venel, de la DCRI. Et je n’ai plus lâché ces hommes et ces femmes qui travaillent dans l’ombre pour notre sécurité.
Dans ce roman, la France est meurtrie par une série d’attentats qui sème la terreur, de part leur violence mais aussi par le manque de revendication des protagonistes.
Franck et ses hommes déploient toutes les techniques et ressources à leur disposition pour trouver les instigateurs de ce chaos. Leur force, l’anonymat. Ils sont les Ombres.
Nous suivons donc au quotidien le travail de ces fonctionnaires, mais nous découvrons aussi des personnalités toutes si différentes mais si complémentaires. Nous nous immisçons aussi dans leur intimité pour mieux comprendre leurs motivations mais aussi leurs déceptions. Il n’ait pas facile de faire un travail si prenant que la vie personnelle passe au second plan.
En entrant dans ce monde, Philippe Bérenger nous ouvre une porte sur un univers inconnu et pourtant si proche de nous.
De plus l’intrigue est très bien ficelée, cette course contre la montre, cette lutte contre le terrorisme, thème au centre de notre actualité, est prenante et conduite de main de maitre par Monsieur Bérenger.
Grâce à une écriture dynamique et beaucoup de dialogues, et ce, malgré des expressions peu flatteuses quelques fois, surtout pour la gente féminine , l’auteur réussit à impliquer le lecteur dans cette chasse aux terroristes. C’est avec un grand réalisme qu’il décrit le fonctionnement des services de renseignement français.
En bref, j’ai apprécié cette intrusion dans ce monde encore très méconnu. Cette lecture est intrigante, palpitante mais aussi très instructive.
Et le petit livret à la suite du roman est très intéressant. »

LA CRITITIQUE DE
PHILIPPE, AUTOUR DU BLOG BAZ-ART :

« Grand fan de cinéma devant l’éternel, le nom de Philippe Bérenger ne m’était pas inconnu. En effet,  dans les années 2000, je me gavais de tous les films qui passaient sur Canal Plus, et j’avais eu l’occasion de voir  les deux films que ce cinéaste  avait réalisé : Méditerranée, avec Vincent Cassel et Monica Bellucci  et On fait comme on a dit, une comédie sur une bande de braqueurs bras cassés, avec Gad Elmaleh dans un de ses premiers rôles.J’avais un peu perdu sa trace depuis quelques années,  et c’est avec surprise que  j’ai découvert qu’il  a mis de coté temporairement la mise en scène pour  tenter l’aventure de l’écriture.  Publié aux éditions Scrineo, qui, outre une  collection jeunesse très fournie, propose désormais des romans ancré dans le réel et l’actualité,  son premier roman, Les ombres est une plongée  dans le quotidien du DCRI, brigade antiterroriste issue de la fusion en 2008 entre les RG et la DST.
Les ombres est en fait un roman de politique fiction , et même d’anticipation,  puisqu’il imagine, sur une durée de 15 jours,  le quotidien de ces hommes et ces femmes, confrontés à une série d’attentats commis sur Lyon et Paris en septembre 2011 et revendiqué par  le Croissant Noir, une organisation totalement inconnue.
Pour la rédaction de ce roman, Philippe Béranger s’est offert les services d’Andréa Verducci, officier de police spécialisé dans la lutte contre le terrorisme. Cette  collaboration  contribue grandement  à la force de ce roman qui épate avant tout par la justesse de sa situation, et son expertise très prononcée.
On est ainsi totalement immergé dans le quotidien de ces fonctionnaires de police, entre filatures, surveillance, indics, et investigations poussées. Mais outre l’enquête proprement dite, la préoccupation première de l’auteur est de nous rendre ces agents, et en premier lieu, leur chef, le commandant Franck Vesnel, comme des êtres humains à part entière, avec  tout ce que cela implique de force et de faiblesse, d’états d’âme, et de joies.
Si l’intrigue parait quelque  peu embrouillée au début, avec une prolifération de personnages et de situations un peu confuses (on suit aussi les pérégrinations des suspects potentiels), le puzzle se met progressivement en place, jusqu’à son dénouement, au sommet de la Tour Eiffel, tout à la fois épique et cruel.
Toujours porté par son désir d’authenticité et de sérieux, Les ombres n’en  gardera pas moins  jusqu’au bout un réel souci du rythme et du romanesque.
Certes,  Les ombres contient quelques maladresses inhérentes à un premier roman, notamment  dans sa façon parfois artificielle d’intégrer des passages entiers  de procédure  à l’enquête proprement dite, mais ce roman n’en demeure pas moins une tentative plus qu’honorable d’apporter une vraie expertise technique à une fiction carrée et efficace. »

Nb de pages : 342 p.
Parution: mai 2011
Format: Broché
Dimensions: 24.2 x 14.7 x 2.5 cm
ISBN: 9782953495485
EAN13: 9782953495485

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LES NUITS ROUGES DE NERWOOD

Gilles Bornais
Pascal Galodé

les-nuits-rouges-de-nerwoodAngleterre, 1892. Edmund Ambrose, brillant député conservateur est retrouvé assassiné à coups de hache dans sa propriété de Somerset. La même nuit son rival du Parti libéral est grièvement blessé d’une décharge de chevrotine. Le ou les agresseurs se sont enfuis à travers la forêt d’Avon.

L’inspecteur Joe Hackney, un ancien malfrat, cynique et boiteux, est envoyé par Scotland Yard pour aider la police locale. Au milieu des bois, il mène une traque qui prend vite des allures de descente aux enfers.

Extrait
« Passé Notting Hill, commençait la langueur humide des comtés. Dans cette écume verte et grasse, les bois et les champs étranglaient la cité. Tout germait, les gens, les bêtes, les plantes et les vices. On aurait fini par l’oublier, cet inerte chaos, si, de temps en temps, des célébrités bien locales comme Edmund Ambrose ne l’avaient réveillé de leur mort insensée. D’ordinaire, le meurtrier était un domestique ou un maraud, et le mobile une sotte dispute, quelques pièces d’or ou un cheval. l’en étais quitte pour deux jours dans la verdure au milieu de sergents fiers et laids comme des briscards. Je n’en savais rien encore, mais à Nerwood c’est d’autres turpitudes qui m’attendaient. Ni querelle, ni magot. Le chaos et rien que lui, trempé d’horreur. Comme si le vice et la férocité des gens et des bêtes s’étaient mêlés en un terreau infâme. Et que les atrocités y avaient poussé aussi follement que leurs forêts lugubres ».

Gilles Bornais a été journaliste pendant trente ans, reporter sportif puis rédacteur en chef au Parisien, directeur de la rédaction de France Soir et Directeur Général de l’Écho Républicain. Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il a publié entre autres, le Diable de Glasgow (10-18), Le Mystère Willow (Grasset et 10-18) et Ali casse les prix (Grasset). Les Nuits rouges de Nerwood est une nouvelle enquête de l’inspecteur Joe Hackney.

Parution : 20/5/2011
Format : Broché
Nb de pages : 320 p.
Dimension : 150×240mm
ISBN : 9782355931376

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LE TOUR DE FRANCE 1914

Jean paul Bourgier
Le Pas d’oiseau

le-tour-de-france-191428 juin 1914 : la douzième édition du Tour de France s’élance de Paris pour rallier Le Havre ; le même jour, à Sarajevo, capitale de Bosnie-Herzégovine, l’archiduc autrichien François-Ferdinand et son épouse sont assassinés : cette concomitance de faits rend ce Tour-là bien singulier.

L’assassinat de Sarajevo qui va déclencher la guerre de 1914-1918 s’est produit la veille du départ du Tour de France 1914.
A partir de cette donnée, l’auteur raconte le déroulement du Tour 1914 en gardant un oeil sur l’actualité international qui mène à la Grande Guerre.

Dans cette troupe pleine d’ardeur, de prestigieux champions mourront au front, mais aussi des sansgrade qui ont tout autant leur place ici.
Le lecteur trouvera la liste la plus précise à ce jour des cyclistes ayant participé au Tour de France entre 1903 et 1914, morts au champ d’honneur.

Pendant que le tracé de la Grande Boucle dessine, étape après étape, le portrait de son vainqueur, les tensions diplomatiques s’aggravent pour conduire à la Première Guerre mondiale : quand Philippe Thys l’emporte, l’Europe est au bord du gouffre. Participant à l’élan patriotique qui accompagne la mobilisation, de nombreux cyclistes professionnels rejoignent leur garnison dès août 1914, le Tour à peine bouclé.

Parmi eux de prestigieux champions mourront pour la France, François Faber, Octave Lapize et Lucien Petit-Breton, mais aussi des sans-grade qui ont tout autant leur place ici. La mémoire familiale de l’auteur croise ici la grande Histoire, et Jean Bobet relève dans sa préface cet entrelacement des deux niveaux : ” On lit dans le même temps la fin des fenaisons chez le grand-père Jean-Marie en haut-Forez et l’agitation frénétique dans les chancelleries de Vienne et Budapest… ”

Jean-Paul Bourgier est né à Saint-Etienne, il a enseigné l’histoire-géographie avant de publier sur l’histoire du cyclisme.

Nb de pages : 159 p.
Parution: octobre 2010
Format: Broché
Dimensions: 24.0 x 16.0 x 1.5 cm
ISBN: 9782917971147
EAN13: 9782917971147

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THEOSOPHIE : « LA DOCTRINE SECRETE »

Helena Petrovna Blavatsky
Adyar Edition

la-doctrine-secreteLa divulgation des Enseignements contenus dans « La Doctrine Secrète » est le plus beau cadeau que l’Humanité ait jamais reçu de la part de Ceux Qui, plus adultes qu’elle, ont appris et pratiqué la Science de l’Esprit…
(with also English summary)

Des hauteurs du Tibet où cette Connaissance des réalités humaines et universelles s’était enfermée et fut donc protégée de toute incursion malveillante, une porte s’ouvrit vers l’Occident à la fin du siècle dernier pour dissiper l’ignorance et permettre aux êtres de se resituer dans un Univers qu’ils méconnaissent.

Qu’une telle Connaissance pût exister fit sourire dédaigneusement les Occidentaux du siècle dernier ; nos contemporains sourient moins, car de nombreux Scientifiques se réfèrent à « La Doctrine Secrète » pour orienter leurs recherches et trouver ce qui y était « dit » en un certain langage était une réalité expérimentable.

MAIS QUELLE EST CETTE CONNAISSANCE QUE RELATE « LA DOCTRINE SECRETE » ?

« Issue du Nord de l’Inde, des centaines de milliers d’années avant J.-C., puis transmise à l’Égypte, à la Chaldée, et, comparativement de façon plus récente, en Grèce, la Connaissance des Lois Universelles régissant l’Univers (le Macrocosme) et l’homme (le Microcosme) ainsi que la mise en œuvre de celles-ci (donc les pratiques liées à l’ascèse fondant l’évolution harmonieuse de l’être) était dispensée dans des Temples auxquels pouvaient accéder tout homme et toute femme instruits et dont l’éthique intègre était solidement établie. »

« Cette Doctrine était secrète et seules les élites en bénéficiaient car les masses, encore incultes car soumises, pour la plupart, à un statut social inférieur empêchant toute instruction, devaient être préservées de toute utilisation destructrice de ce Savoir. Aussi, se manifestait-elle pour le peuple sous la forme d’une “religion”, celle-ci n’étant que l’expression allégorique des Lois Universelles. En réalité cet Enseignement était unique et commun à tous les peuples mais il empruntait, pour se concrétiser, un symbolisme adapté à la nature propre des ethnies contactées. C’est pourquoi, sous des apparences multiples, la même Vérité était diffusée. »

« Ce fut cette Vérité qu’elle redéfinit sous l’ancien nom de “Théosophie” et dans ce même contexte nous détenons d’elle la synthèse la plus brillante qui fût jamais faite des Religions, des Mythes et de toutes les Écoles Philosophiques passées. L’universalité de la véritable Connaissance venait d’être démontrée. »

« A l’instar des Professeurs de la Sagesse Antique, elle s’attacha à recourir sans cesse au stade atteint, dans son siècle, par la Science et l’expression de la spiritualité générale afin de restaurer à nouveau la Philosophie et l’ascèse conduisant aux Mystères. »
Cet Enseignement diffusait, en conséquence, les fondements, non seulement de ce qui est devenu aujourd’hui la “Science Moderne”, dans les multiples domaines de cette dernière, mais aussi de la constitution complexe des êtres et du principe essentiel qu’est, dans l’Univers, le phénomène de la Conscience. »
« De cette exhaustivité résultait un pouvoir d’agir sur la matière ainsi que sur la structure subtile de l’être humain que la Science occidentale et les religions ignorent encore. »
« Toutefois, au cours des millénaires, la transmission de cette Doctrine secrète suivit deux voies divergentes :
En Orient, elle survécut, dans un premier temps, dans les Écoles secrètes Védiques, au Nord de l’Inde —d’où elle fut originairement divulguée— et vers lesquelles s’acheminèrent, d’Égypte, de Grèce et d’Asie Mineure, dès la fin du IIème siècle de notre ère, des manuscrits précieux que les remous de l’Histoire occidentale s’apprêtaient à détruire. »

« Elle se concentra, à partir du VIIème siècle, au Tibet. Ce fut le premier Roi Bouddhiste, Song Tsen Gam-po, qui fit venir de l’Inde, à cette époque, des manuscrits inestimables et sauva donc ceux-ci de la destruction devant frapper par la suite, en Inde même, de nombreuses traces écrites de l’Enseignement. Naropa, l’Instructeur Indien, légua, au XIIème siècle, d’autres manuscrits à Marpa le Traducteur qui les ramena au Tibet. Lorsqu’au XVème siècle, le Grand Tsong Kaparé forma le Bouddhisme Tibétain, cette Doctrine — dans toutes ses disciplines : Cosmogénèse, Anthropogénèse, Médecine, Astronomie, Astrologie, Théurgie, etc. — était déjà entièrement sauvée de l’obscurantisme qui était tombé sur le monde. Le Tibet allait préserver ainsi, dans le silence de ses Monastères inaccessibles, la Mémoire humaine. »

En Occident: par le cours de l’Histoire, cette Connaissance Globale Antique devint éparse et s’occulta de plus en plus car son fondement le plus efficace, la Théurgie, constituait un instrument de destruction aux mains d’hommes à l’éthique peu sûre, qui avaient accès d’une façon ou d’une autre à ce Savoir particulier, — ce pouvait être la caste des prêtres elle-même. »

C’est cette « École Arhat Transhimalayenne » qui, par l’intermédiaire de deux de ces Membres, livra ses Enseignements à l’auteur de « La Doctrine Secrète ».
C’est pourquoi aujourd’hui, nous avons là la révélation ésotérique la plus brillante et la plus authentique sur les Vérités éternelles exprimées dans toutes les Religions et Traditions occultes. Le Chef d’Œuvre le plus monumental de l’Occultisme.

LA DOCTRINE SECRÈTE
D’H.P. BLAVATSKY - VOLUME 1 / TABLE

Cosmogénèse (1ère partie) - Évolution Cosmique : les Stances de Dzyan :

Le Temps et le Mental Universel.
Les causes de l’Être.
Les causes de l’existence.
Les Hiérarchies créatrices septénaires.
L’antiquité des Sciences physiques.
Monades et Atomes.
Chimie secrète.
La formation des Mondes et des Univers
Les Grands cycles
Les Chaînes planétaires
Les Globes, les Rondes et les Races.
Les Plans de l’Univers.
LA DOCTRINE SECRÈTE
D’H.P. BLAVATSKY - VOLUME 2

Cosmogénèse (2ème partie) - Évolution du Symbolisme
Science Occulte et Science Moderne :

Symbolisme et Idéographie
Le langage des Mystères et ses Clefs
Substance Primordiale et Pensée Divine
L’Œuf du Monde
Jours et Nuits de Brahama
la Lune, le Dieu Lunus, Phoebé
La Théologie des Dieux créateurs
Les Quatre Éléments
Vie, force et gravitation
Les Éléments et les atomes
Évolution cyclique et Karma
Le Zodiaque et son antiquité
LA DOCTRINE SECRÈTE
D’H.P. BLAVATSKY - VOLUME 3

Anthropogénèse
Notes sur les stances archaïques et les 4 continents préhistoriques
Le commencement de la vie
Créations des premières Races
Des Races semi-divines aux races humaines
Évolution des animaux
La première chute
Évolution finale de l’homme
La Cinquième race et ses divins Instructeurs
LA DOCTRINE SECRÈTE
D’H.P. BLAVATSKY - VOLUME 4

Symbolisme archaïque des Religions du Monde
Principes ésotériques corroborés dans chaque Écriture
Adam-Adami
La légende des Anges déchus
Le Titan Prométhée
Le symbolisme des noms mystérieux d’Iao et de Jéhovah
La Croix et la décade de Pythagore
Les mystères du Septénaire
LA DOCTRINE SECRÈTE
D’H.P. BLAVATSKY - VOLUME 5

Miscellanées
Origine de la magie
Le secret des initiés
Quelques raisons du secret
Dangers de la magie pratique
Doctrines hermétiques et cabalistiques
Appolonius de Tyane
Magie Égyptienne
L’épreuve de l’Initié solaire
Le dernier des Mystère en Europe
LA DOCTRINE SECRÈTE
D’H.P. BLAVATSKY - VOLUME 6

Miscellanées
Symbolisme du Soleil et des Étoiles
Astrologie et Astrolâtrie
Cycles et Avatars
Cycles secrets
La Doctrine des Avatars
Les Sept Principes
Le mystère de Bouddha
Nirvâna
Moksha

ENGLISH SUMMARY :

Helena Petrovna Blavatsky (1831-91) was perhaps the greatest Occultist of the West in recent times, and an outstanding messenger who presented the Ancient Wisdom for the modern age. With little fanfare she brought to bear powerful influences on human affairs, as is exemplified in her life and works. She did not bring anything new to mankind; in fact she succeeded in the great task of communicating wisdom that is as ancient as mankind.

The Secret Doctrine
In May 1882, a spacious estate was bought at Adyar, near Madras (now Chennai), and the Theosophical Society’s Headquarters was moved there at the end of the year. This centre soon became the radiating point for worldwide activity. In 1884 Col. Olcott left for London to petition the British Government on behalf of the Buddhists of Ceylon. HPB, then in rather poor health, went to Europe with him. By the autumn of 1884 HPB was busily engaged in writing her second work, The Secret Doctrine, which was completed and published in two large volumes in October-December, 1888. The third volume was brought out posthumously. Her indefatigable helpers in the transcription and editing of the MSS were Mr Bertram Keightley and Mr Archibald Keightley.

The Secret Doctrine, based on Stanzas translated from the Secret Book of Dzyan with commentary and explanations by HPB, contains the most comprehensive account of esoteric wisdom or Theosophy available to the public. The preparation of the work was a most difficult task, since the author not only had the responsibility of explaining theosophical concepts and principles as clearly as possible, but also the further assignment of demonstrating the presence of this wisdom in religion, science, and other fields of knowledge.

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LA DEUXIEME FATIHA. L’ISLAM ET LA PENSEE DES DROITS DE L’HOMME.

Yadh Ben Achour
Presses Universitaires de France

la-deuxieme-fatihaLe Mot de l’éditeur :  « Comme toutes les autres religions, l’islam doit prendre conscience d’un fait capital : pour survivre dignement dans le monde moderne, il doit se justifier, d’un point de vue universel. Seul ce point de vue rend une idée ou une proposition acceptable par tous, en tant que moralement supérieure ».

Ali ’ibn ’Abî Tâlib, le quatrième Calife, aurait affirmé dans l’un de ses discours que ce ne sont pas les adeptes, fussent-ils majoritaires, qui justifient le droit, mais ce dernier qui donne aux adeptes leur légitimité, fussent-ils minoritaires. L’idée fut reprise par Ghazâlî, le théologien et philosophe musulman en ces termes, en ces termes : « Qui sonde le droit à travers ses partisans sombre dans l’erreur. Sache le droit, tu connaîtras ses hommes ». Cette démarche peut-elle permettre à l’islam de s’approprier une philosophie des droits de l’homme digne des temps modernes ?

Yadh Ben Achour est professeur en droit public et philosophie du droit (Université de Carthage), chercheur en idées politiques de l’islam, membre de l’Institut de droit international.

UN REGARD SUR L’OUVRAGE :

« 25 – Dieu sait mieux que quiconque ce qui est dans vos cœurs, et si vous êtes bienfaisants. Il pardonne aux repentants.
26 – Donne au proche son dû, et à l’indigent et à l’étranger. Mais ne sois pas prodigue.
30 – Dieu ouvre les voies de la fortune selon ce qui lui plaît. De ses créatures, Il voit tout. Il sait.
33 – Vous ne tuerez point, la vie est sacrée sauf pour la cause du droit. (…)
35 – Si vous mesurez, mesurez justement et pesez avec une balance droite. Ceci est juste et meilleure compréhension.
37 – Ne marche pas sur terre avec suffisance, tu ne pourras jamais fendre la terre et tu n’atteindras pas la hauteur des montagnes. »

« Ces versets 23 à 37 de la sourate Al-’isrâ (sourate des Fils d’Israël) ont la force de ceux de la première sourate du Coran intitulée Fâtiha, ouverture obligatoire de toutes les prières musulmanes. En raison de leur importance, je me permets de les regrouper sous le nom de « Deuxième Fâtiha » : par la majesté de son inspiration, cette section du Livre sacré a en effet le privilège de guider croyants et non-croyants vers une éthique universellement acceptable, potentiellement inspiratrice d’un droit moderne.

Nos fatwas pakistanaises, saoudiennes, égyptiennes ou européennes ne font que susciter la moquerie du monde et le mépris des nations non musulmanes. Leur inspiration est trahison, parce qu’elles condamnent l’islam à n’être plus qu’une religion de parade et d’accoutrements, dans laquelle le signe tient lieu de foi. On ne peut aimer l’islam et accepter un tel abrutissement. Il faut relire les quatorze commandements de cette sourate entrante du Coran pour diriger la pensée musulmane vers un renouveau radical : vers la démocratie, la liberté et l’État de droit. »
(Y. B. A.)

LA CRITIQUE DE MALEK KHADHRAOUI |
22.07.2011

« Un essai essentiel pour comprendre l’esprit des révolutions démocratiques arabes, par l’un des tout premiers juristes du Maghreb, acteur de la reconstruction politique tunisienne.
Comme toutes les autres religions, l’islam doit prendre conscience d’un fait capital : pour survivre dans le monde moderne, il doit se justifier d’un point de vue universel. Seul ce point de vue rend une idée ou une proposition acceptable par tous, en tant que moralement supérieure. L’auteur s’interroge sur une conception moderne des droits de l’homme existant dans l’islam ».

EXTRAIT

Libérer la liberté
Une victoire toujours annoncée, une défaite toujours recommencée. Ce malaise dans la liberté est aussi lointain que l’origine de l’homme. Pour une raison simple : la liberté, il la faut, pour aller de l’avant, pour penser, avant tout, pour espérer, pour défier les forces naturelles ou sociales qui nous enchaînent, pour progresser, dans le domaine de la pensée, de la science, de l’action morale et politique, en un mot pour améliorer la condition humaine.
La difficulté, c’est que l’homme est plutôt enfanté par ses servitudes. La liberté, dans son ampleur maximale, en tant qu’elle signifie l’absence de contraintes, supposerait un être inconditionné, ce qui n’est évidemment pas le cas de l’homme. En ce sens, l’histoire de la liberté est donc l’histoire d’une impossibilité, et aucune réflexion, aucune philosophie sérieuse n’a jamais prétendu attaquer le problème de la liberté sous cet angle. Elle se heurterait fatalement aux deux facteurs qui enchaînent l’homme en tant que créature.
Le premier est constitué par la chaîne du temps. Si je peux supposer être maître de mon temps présent, sachant que ce temps présent dépend d’un passé qui le conditionne par nécessité, et que ce passé que je ne peux plus gouverner a définitivement échappé à ma maîtrise, je dois en conclure que je ne peux être maître de moi-même et de mon destin.
Le deuxième est constitué par la chaîne de la nature, elle-même déterminée par la chaîne du temps. L’homme constitue un élément de cette nature. Il est, comme on l’a dit, poussière et retournera à la poussière. Naître, vivre, périr constituent les lois immuables de notre espèce, parce qu’elles sont les lois de la nature. Quelle liberté, pour des êtres qui ne peuvent rien espérer de plus que de perpétuellement donner la vie à des condamnés et qui ne cessent de recommencer, toujours recommencer, sans choix possible, le cycle infernal de la vie et de la mort ?
Pour certains penseurs, c’est pour répondre à l’inacceptabilité primordiale de l’humain que ce dernier a inventé la liberté céleste. Cette liberté absolue qui lui a été refusée, l’homme, au cours de sa longue existence, n’a fait que la penser en transférant ses conditions vers le ciel, par un acte d’abandon qui « le pose inéluctablement comme sujet du désir », désir de l’absent, de Dieu et de l’origine innommable(1). C’est au nom de cette liberté qu’une partie de l’humanité, celle du Dieu unique, a compris sa propre existence. La liberté a été posée comme un statut absolument inaccessible qui explique et justifie la condition même de l’humain.
Ce qui est certain, c’est que la religion pense la liberté au-delà du monde. Mais, en procédant ainsi, l’homme a préparé les mécanismes de sa dépendance. Par la suite, le progrès de la science, ainsi que celui de la philosophie, qui l’accompagne, a rendu caduque et inacceptable cette dépendance. La modernité a consisté, précisément, à reconquérir la liberté perdue, dans les limites plus ou moins étroites permises par la condition même de l’homme.
Comment la pensée religieuse a-t-elle théorisé la liberté en dehors du monde ? Comment sur le socle de cette liberté céleste s’est édifiée l’organisation de notre dépendance ? Enfin, comment est-il possible de reconquérir une part de cette liberté, pour la remettre au service de l’humain ?

Penser la liberté, au-delà du monde
Pour admettre le concept même de la liberté, pour le rendre possible, il a fallu ignorer et détruire ce qui le rend impossible dans l’expérience humaine. L’impermanence, le dépérissement, la finitude, sont devenus absolu, éternité et infinité. Un être en dehors du monde a ainsi été placé également en dehors du temps. Pour lui, il n’y a pas d’après, pas d’avant. Il n’est pas engendré. Il n’a pas de fin. Il est souverain – d’une souveraineté absolue. Il est l’intelligence première, à l’origine des intelligences inférieures des anges, des génies et des êtres humains. À ce titre, il devient l’ordonnateur de l’harmonie universelle.
Car, sinon, comment « tout cela » tiendrait-il, sans l’intervention divine, sa volonté, sa grâce, son action, y compris la présence du mal dans l’existence ? Le mal a embarrassé la pensée religieuse. Elle a alors répondu : les actes de Dieu ne sont pas justiciables des catégories de la morale humaine. Ce n’est pas l’affaire de Dieu de plaire aux hommes et de s’adapter à leurs valeurs ou à leur représentations. Il revient à l’homme, exclusivement, de se justifier, par ses œuvres, auprès de Dieu.
Dieu, par conséquent, est libre. Il est la seule liberté concevable. C’est cette liberté qui rend tout le reste possible (2). Mais alors plus de libre arbitre pour l’homme. Avec l’idée de Dieu, il devient en effet inconséquent de croire au libre arbitre inconditionnel, comme l’ont cru les pélagiens ou les mutazilites.
Saint Augustin, qui croyait au libre arbitre de la volonté(3) de choisir entre la passion du mal et la raison du bien, avait reproché à Pélage d’avoir prétendu : « Tous sont régis par leur volonté propre, et chacun est abandonné à son propre désir. »(4) En conséquence, Pélage, sans nier évidemment le rôle de la grâce, faisait prévaloir le libre arbitre. À ce titre, les pélagiens enseignaient que le péché originel ne se transmettait pas aux enfants. Célétius, disciple de Pélage, affirmait : « Le péché ne peut être qu’un délit de notre volonté et non pas de notre nature. » (5). Partant de l’idée que l’homme est doué de raison, et donc de discernement, les pélagiens en ont déduit une faculté humaine qui consiste en la possibilité de choisir entre des contraires, comme le bien et le mal. Cette même raison qui permet à l’homme d’accéder à la connaissance de Dieu et à sa justice devient ainsi la source de sa liberté, y compris la liberté de violer la loi divine (6). La liberté règle les rapports entre les hommes, mais également entre l’homme et Dieu, ce qui exclut la contrainte du péché originel.
Pour les mutazilites, qui réagissent au déterminisme fataliste des jabrites, la liberté procède à la fois de la justice de Dieu et de la raison humaine. La raison devient la source du libre arbitre, c’est-à- dire, comme chez les pélagiens, de la possibilité de choisir entre des contraires. Sans cette liberté, Dieu serait injuste et le Jugement dernier serait absurde. Or, Dieu s’est obligé à être juste. La rationalité de Dieu ainsi que sa justice rendent nécessaire la liberté de l’homme.
Les mutazilites furent combattus et vaincus par les asharites. Ces derniers prétendirent adopter une thèse moyenne entre le déterminisme et le libre arbitre, par leur théorie du kasb. D’après cette théorie, l’homme n’est pas l’auteur de ses actes. Ces derniers sont créés par Dieu, l’homme ne fait que les endosser. Mais Averroès, en véritable philosophe, démasquera les faiblesses de la théorie asharite, qui n’était à ses yeux qu’un déterminisme masqué. Mais il montrera également les contradictions de la théorie mutazilite du libre arbitre, philosophiquement intenable, pour les raisons que nous avons indiquées précédemment. Le temps et la nature, régis par le principe de causalité, disqualifient en effet l’idée d’une liberté humaine.

1- Olfa Youssef, Le Coran au risque de la psychanalyse, Paris, Albin Michel, coll. « L’islam des Lumières », 2007, p. 185 et 186.
2- En posant ces fondements, la philosophie religieuse tombe dans une contradiction indépassable. En effet, pour pouvoir être au-dessus du temps, sans avant ni après, une liberté absolue suppose une immobilité absolue, sans mouvement, sans manifestation, sans communication, sans action. Or, par le fait même de la création, en particulier celle des êtres vivants, par le fait de sa communication avec les anges, avec le diable ou avec les hommes, par la réunification dernière de l’homme et de Dieu, Dieu tombe, en définitive, dans le piège du temps. Il s’inscrit lui-même dans l’avant et dans l’après, il se conditionne lui-même, ce qui limite sa souveraineté et contredit la thèse de départ d’un Dieu libre et absolument souverain, en dehors du temps.
3 -Comme cela ressort des trois livres de son Traité du libre arbitre (Oeuvres complètes de saint Augustin, t. III, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, 1869), p. 322. Et comme cela ressort encore plus clairement de son livre De la grâce et du libre arbitre (OEuvres complètes, t. XVI, Barle-Duc, L. Guérin & Cie, 1871), p. 268.
4- Dans sa « Lettre à Aurèle, évêque de Carthage », in « Les actes du procès de Pélage », OEuvres complètes de saint Augustin…, tome XV, op. cit., p. 565.
5 -M. Poujoulat, Histoire de saint Augustin, t. III, Paris, J. Labitte, 1845, p. 2.
6- Michel Meslin, article « Pélagianisme », Encyclopædia Universalis.

TABLE DES MATIERES

Avant-propos

Introduction
Les droits modernes
L’islam et la pensée des droits de l’homme
« Sache le droit, tu connaîtras ses hommes »
La norme universellement acceptable
La deuxième Fâtiha

Chapitre premier. — Le cri de la justice et la logique de l’indignation
Le sens du droit précède sa science
L’esprit de justice et ses porteurs
Les trois « vérités-droits »
Du jaillissement de l’esprit de justice
La loi de Hume, ou quand la norme est dans la chose

Chapitre II. — L’homme, « cet animal qui… »
Le corps et sa souffrance
L’islam et l’animal
La question du sacrifice
La preuve autoréférentielle

Chapitre III. — De l’esprit de justice à l’état de droit
Un certain droit
Croyant et citoyen
Un certain État
Les pesanteurs de l’histoire et les ruses de la tyrannie

Chapitre IV. — Les figures de l’homme
L’animal culturel
Imago Dei
Les droits de l’être-homme
Les droits fondamentaux entre les principes et les législations
« Vivre au moindre mal possible »

Chapitre V. — Libérer la liberté
Penser la liberté, au-delà du monde
L’organisation de la dépendance
La meilleure liberté possible

Chapitre VI. — Les trois défis de la dépendance
Défi de l’historicisme
Défi du naturalisme
Défi du culturalisme

Chapitre VII. — L’arc référentiel
Droits de l’homme et droits de Dieu
La parole incréée de Dieu
La parole inspirée
La question cruciale de la législation des droits
Le syndrome de Buridan

Chapitre VIII. — Du concordisme et de ses limites
Droits de l’homme et « révélationnisme »
L’inenvisageable brisure de l’arc
Les cas Jamâl al-Banna et Mohamad Talbi

Chapitre IX. — La lettre et l’esprit
La lettre de la loi et le mouvement de la vie
Protagonistes, enjeux, relecture
Les Maqâçid a-Shari‘a
La liberté de conscience

Chapitre X. — La loi de Dieu et la purification des sociétés impies
La destruction de la société impie (Jâhiliyya)
« Nos droits et libertés nous viennent de Dieu… »
‘Abdelqâdir ‘Ûda et la meilleure loi pénale possible
Égalité, liberté, démocratie islamiques

Conclusion
Les salafistes et « les autres »
Les batailles de la liberté

Yadh Ben Achour est professeur en droit public et philosophie du droit, spécialiste des idées politiques de l’islam, membre de l’Institut de droit international. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et en particulier, dans la même collection, d’Aux fondements de l’orthodoxie sunnite (PUF, « proche Orient », 2008/Tunis, CERES Éditions, 2009). Au lendemain de la Révolution du jasmin, il a été nommé président de la Commission de réforme politique de la Tunisie.

Date de parution : 11/05/2011
Nb de pages : 208 p.
ISBN : 978-2-13-059092-7

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FIDELE A L’AVENIR. A L’ECOUTE DU CARDINAL CONGAR

Frère Emile, de Taizé
Presses de Taizé

fidele-a-lavenirA partir de la pensée d’Yves-Marie Congar, père du Concile Vatican II, frère Emile mène une réflexion sur l’Eglise et ses ressources pour penser l’avenir.

La fidélité au passé ? Nous croyons savoir ce dont il s’agit.
Mais qu’en est-il de l’appel à être fidèle à l’avenir ? Les chrétiens sont-ils toujours conscients de leur responsabilité à cet égard ? Yves Congar (1904-1995), l’un des théologiens les plus importants du XXe siècle, s’est toujours montré attentif à cet appel. Son sens de l’avenir, sa conviction qu’il se passe réellement quelque chose dans l’histoire, l’ont conduit, en véritable sourcier, à remettre en valeur des pans oubliés de la tradition chrétienne, notamment ceux qui valorisent la personne.

Homme profondément enraciné, d’une vaste culture historique, il savait que la tradition n’est pas répétition, mais inventivité et créativité. L’urgence des réformes qu’appelle un monde en mutation caractérise nombre de ses écrits ainsi qu’un sens aigu de la catholicité, c’est-à-dire le sens d’une Eglise qui n’est pas sectaire, mais qui vit et pense ” selon le tout “. Lorsqu’il réfléchit à l’autorité et à son exercice, Yves Congar ne pense pas à un pouvoir bridant les libertés.

Tout attaché à retrouver le spécifique chrétien, il décrit une réalité qui est au service de la croissance où l’attention à l’inconnu, à l’imprévisible joue un rôle de premier plan. L’étude de ces quatre thèmes - tradition, réforme, catholicité, autorité - constitue le coeur de ce livre et permet d’entendre la voix d’Yves Congar. Une voix essentielle pour notre temps: celle d’une audacieuse fidélité.

SOMMAIRE

DES SEMENCES ET UNE TERRE ACCUEILLANTE
TRADITION ET AVENIR
« L’EGLISE NE VIT QU’EN REFORMANT »
VIVRE ET PENSER « SELON LE TOUT »
L’AUTORITE AUTREMENT

Format : Broché
Paru le : 06/05/2011
Nb. de pages : 238 pages
Dimensions : 20,5cm x 14cm x 1,4cm
ISBN : 978-2-85040-309-5
EAN : 9782850403095

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ELOGE DE LA HAINE

Khaled Khalifa
Actes Sud

eloge-de-la-haineComment une jeune syrienne d’Alep, élevée dans la plus pure tradition musulmane, croit trouver sa liberté en rejoignant un mouvement fondamentaliste qui l’initie aux luttes jihadistes.

De l’embrigadement volontaire à la prise de conscience rédemptrice (en passant par la case prison), Khaled Kalifa restitue, à travers ce douloureux parcours et cette confrontation conflictuelle à l’altérité, l’affrontement entre les deux forces - l’islamisme et le despotisme - qui ont ravagé la Syrie tout au long des années 1980, et met fin à l’amnésie que les Syriens se sont longtemps imposée.

Le personnage principal de ce roman est une jeune femme née dans une famille traditionnelle d’Alep.
Elle a passé toute son enfance et son adolescence auprès de ses trois tantes, dans un quartier de la vieille ville. Cloîtrées à la maison, celles-ci ne la quittent qu’une seule fois par semaine, sous leur hijab intégral, pour se rendre au hammam. Quant à elle, la narratrice, si elle est autorisée à sortir, c’est seulement pour faire l’aller et retour entre la maison et l’école. Devenue lycéenne, elle se lie à des militantes islamistes et finit par adhérer à leur organisation.

Mais en échappant à la prison familiale, avec son conservatisme rigide et ses occupations futiles, elle entre de plain-pied dans une autre réalité, où la haine marque chaque geste de la vie quotidienne. Se donnant désormais pour mission d’exécuter la volonté de Dieu sur terre, elle rompt avec ses anciennes amies, se dispute violemment avec l’une de ses tantes sous prétexte que celle-ci n’a pas honte d’évoquer ses désirs sexuels, déteste son corps et tout ce qui lui rappelle sa féminité, et voue surtout aux gémonies “l’autre” communauté, celle à laquelle appartiennent les principaux dirigeants du pays.

Des attentats jihadistes frappent à l’aveugle militaires et civils alaouites, ce qui entraîne une répression d’une brutalité inouïe, menée par les milices du régime, qui fait des dizaines de milliers de victimes innocentes. Mais dans ce récit imprégné d’une poignante amertume, la narratrice ne raconte pas seulement sa chute mais aussi sa rédemption, amorcée au contact d’autres femmes de différentes origines confessionnelles ou ethniques qu’elle a rencontré après son arrestation.

Elle retrace en parallèle l’évolution de chacun des membres de sa famille : son frère Hussam qui sera tué par la milice après une longue cavale, sa tante Maroua qui tombe amoureuse de l’officier qui traque Hussam, sa tante Safaa qui se marie avec un ancien marxiste devenu islamiste, et ses oncles dont l’un se réfugie dans le soufisme, l’autre dans la débauche, pendant que le troisième s’exile à Londres…

En restituant ainsi l’affrontement entre les deux forces qui ont ravagé la Syrie tout au long des années 1980, l’islamisme et le despotisme, Khaled Khalifa met fin à l’amnésie que les Syriens se sont longtemps imposés, que ce soit par peur ou par souci de restaurer la paix civile, mais qui est loin de les avoir guéris de leurs traumatismes.

L’AUTEUR :

Scénariste et romancier syrien, l’Aleppin Khaled Khalifa livre avec son troisième roman, Eloge de la haine, un magnifique récit de la jeunesse arabe des années 1980, prise en tenaille entre l’islamisme radical et le despotisme militaire. Un livre qui fait écho aux soubresauts contemporains du monde arabe.

« L’odeur de la vieille armoire a fait de moi une femme un peu maniaque, toujours affairée à fermer les portes, ou à fouiller dans les tiroirs à la recherche des vieilles photos que j’avais soigneusement rangées un jour… » Ainsi débute le beau livre du Syrien Khaled Khalifa. L’évocation de la vieille armoire aux nombreux tiroirs renfermant encore les odeurs du passé, donne le ton de ce roman nostalgique qui n’est pas sans rappeler la narration à la fois réaliste et poétique de Naguib Mahfouz fouillant dans la mémoire de ses personnages, évoluant à l’ombre des grandes maisonnées cairotes.

Tout comme le prix Nobel égyptien, le romancier syrien a construit son récit intergénérationnel, mêlant le réel et les souvenirs, la poésie du passé et la pesanteur du présent. Son roman est une construction vaste et complexe comme la conscience où hier et aujourd’hui se rejoignent dans une même résonance. Magnifiquement traduit de l’arabe avec un admirable sens de détails et de lyrisme, Eloge de la haine est un grand roman de la tragi-comédie humaine, empreint des bruits et des fureurs de l’univers syrien dont il décrit l’entrée laborieuse dans la modernité.

Une narratrice anonyme et passionnée
L’action de ce roman, qui a valu à son auteur d’être nominé pour le Prix international du roman arabe en 2008, se déroule dans la Syrie des années 1980, en proie à des violences d’une brutalité inouïe, opposant les sbires du régime militaire alaouite à des contestataires islamistes. Ces contestations réprimées dans le sang firent à l’époque plus de 25 000 morts. Elles débouchèrent sur « un Etat sécuritaire qui a confisqué tous les droits (…), la parole a été interdite et le peu de liberté a été confisqué aussi, a expliqué Khalifa dans une récente interview accordée à Médiapart. La vie en Syrie s’est figée depuis la fin des années 1980. »

La description réaliste et poignante que fait Khalid Khalifa de ces « événements » (litote qu’emploient encore aujourd’hui les Syriens pour se référer à la répression de la contestation fondamentaliste) renvoie aussi aux insurrections qui secouent son pays aujourd’hui, permettant aux lecteurs de les situer dans la longue histoire.

Au cœur du roman de Khalifa, une jeune Syrienne qui grandit au sein d’une famille de marchands de tapis, famille conservatrice et bourgeoise d’Alep d’où était parti le mouvement de la contestation islamiste, il y a trente ans. C’est à travers les yeux de cette jeune femme anonyme, à la fois narratrice et personnage principal, que le romancier a choisi de raconter son récit. Si elle n’est pas nommée, a expliqué le romancier, c’est parce qu’elle englobe plusieurs personnages à la fois. Des personnages que Khalifa a croisés et connus à Alep, cette ville contestatrice dans l’âme dont il est lui-même originaire.

Avant d’être actrice des événements dramatiques, l’héroïne d’Eloge de la haine est d’abord le témoin de la dérive à la fois fondamentaliste et despotique de son pays. La maison de ses grands-parents où elle grandit, protégée par ses hautes murailles, est en quelque sorte une métaphore intimiste de la société syrienne en général, les nombreux oncles et les tantes qui le peuplent représentant les différentes sensibilités en présence. Pilier de la famille, la tante Mariam. Personnage profondément pieux qui inculque à la narratrice le tabou du « corps pécheur soumis aux flammes de l’enfer », et compense sa propre frustration sexuelle en écoutant les chansons d’Oum Kalthoum au lyrisme sirupeux.

Il y a aussi les trois oncles : Bakr qui fréquente les fondamentalistes musulmans, Salim le studieux et Omar aussi libertin que mafieux. Enfin, il y a Radwan l’aveugle que le grand-père avait recueilli dans la maison pour en faire le gardien de la bonne réputation de la famille. Chaque jeudi, celui-ci accompagnait les femmes de la maisonnée au hammam, attendant devant la porte qu’elles aient fini pour les raccompagner à la maison. « Il nous précédait, la tête haute, le pas sûr et mesuré, se souvient la narratrice. Cette scène récurrente consolida le prestige de notre famille dans le quartier Jelloum, indifférent aux bouleversements qu’ont connus les grandes Cités ».

UNE FRESQUE BALZACIENNE :

C’est à l’école que la jeune narratrice prend vraiment conscience des bouleversements à l’œuvre dans sa société, des conflits sourds, des ressentiments des civils face aux militaires tout-puissants qui font la loi. Jusque dans la salle de classe où les parents viennent humilier les professeurs s’ils ont eu la mauvaise idée de mal noter leurs progénitures. Seuls, les religieux osent s’élever contre ces injustices.

L’imagination de la narratrice est enflammée par le discours de la pureté et de la haine tenu par les islamistes. La haine s’accapare ainsi de la conscience de cette jeune fille fragile, lui offrant le sentiment de la supériorité sur les autres filles de son âge qui ne pensent qu’à s’amuser. Parallèlement, l’équilibre précaire qui régnait dans la maison-forteresse de la cité Jelloum est mis à mal par les violences qui éclatent opposant les militaires proches du régime à l’Organisation des Frères musulmans qu’ont rejointe les frères et oncles de la narratrice. L’été s’annonce chaud…

Fresque balzacienne de la société syrienne sur laquelle souffle les vents de l’Histoire, Eloge de la haine est le troisième roman sous la plume d’un des romanciers iconique de la Syrie contemporaine. Khaled Khalifa appartient à la nouvelle génération des écrivains qui avaient beaucoup cru aux promesses de réformes du fils Assad lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 2000. La déception et le désenchantement que leurs récits mettent en scène sont à la mesure des espoirs trahis du « printemps de Damas ».

LU DANS LA PRESSE :

Brussel Deze Week
« Un roman dur mais authentique, qui a le grand mérite de nous ouvrir les yeux sur un passé oublié ou méconnu.  »

Baudouin Loos, Le Soir
« Une fresque à la fois familiale et panoramique, intimiste et chorale, d’une Syrie méconnue. (…) Un beau roman, un auteur courageux : Khalid Khalifa dit les choses comme de plus en plus de Syriens…  »

François Armanet et Gilles Anquetil, Le Nouvel Observateur
« Un magnifique roman.  »

Rania Samara (Traductrice)
Format : Broché
Nb de pages: 368 p.
Parution : 11 mai 2011
Dimensions: 22.4 x 14 x 3 cm
ISBN : 978-2-7427-9517-8
EAN : 9782742795178

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DES FILMS DU BENGALE

Ritwik Ghatak
L’Arachnéen

des-films-du-bengale« Nous sommes nés dans une époque de dupes. Les jours de notre enfance et de notre adolescence ont vu le plein épanouissement du Bengale : Tagore, avec son génie écrasant, au faîte de sa carrière littéraire ; la vigueur renouvelée de la littérature bengalie dans les oeuvres des jeunes écrivains du groupe Kallol ; l’élan national largement relayé dans les écoles, dans les collèges et dans la jeunesse bengalie ; les villages du Bengale débordant de l’espoir d’une vie nouvelle, avec leurs récits, leurs chants et leurs fêtes populaires.

Mais, à ce moment-là, la guerre et la famine sont arrivées. La Ligue musulmane et le parti du Congrès ont conduit le pays à sa ruine en le coupant en deux et en acceptant une indépendance dévastatrice. Les émeutes villageoises ont submergé le pays. Les eaux du Gange et de la Padma sont devenues rouges du sang des frères.
Telles ont été nos expériences. Nos rêves évanouis. Nous avons chancelé, nous sommes tombés, nous accrochant désespérément à un Bengale misérable et appauvri. Quel Bengale est-ce, où la pauvreté et l’immoralité sont nos compagnes permanentes, où règnent trafiquants du marché noir et politiciens malhonnêtes, où la peur terrible et le chagrin sont l’inévitable destinée de chacun ?
Dans les films que j’ai réalisés ces dernières années, je n’ai pas été capable de me départir de ce thème. Il m’a semblé qu’il était urgent de montrer au peuple bengali ce visage misérable, appauvri du Bengale divisé, de lui faire prendre conscience de sa propre existence, de son passé et de son futur ».

Ritwik Ghatak

Revue de Presse / Lu dans Kritikat /
LA CARESSE ET LA GIFLE :

« Il a fallu attendre presque 40 ans (Ritwik Ghatak nous a quittés en 1976), mais le temps est bon conseiller : voici un ouvrage, qui, en plus de 400 pages, s’impose comme l’une des plus remarquables analyses existantes (certes, elles sont rares) sur l’œuvre de ce très grand cinéaste indien. Finement documenté, pertinemment illustré, Ritwik Ghatak, Des films du Bengale offre des textes d’une grande valeur formelle comme intellectuelle. En laissant également parler le cinéaste lui-même, par le biais d’articles qu’il publia de son vivant, l’ouvrage nous découvre un peu de ce personnage fantasque et de la réflexion originale qu’il portait sur le septième art, auquel il avait donné (donna) sa vie.
Quel plaisir de fêter ainsi Ritwik Ghatak, quelques semaines après le début de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française ! Et quel soulagement de voir que le cinéaste bengali, cet artiste maudit comme on les aime, n’a pas été tout à fait enfoui dans les profondeurs de l’oubli, effacé de l’histoire du cinéma par son confrère Satyajit Ray, plus connu et plus « accessible » que lui. Ritwik Ghatak, Des films du Bengale est un livre de passionnés, d’auteurs qui non seulement savent de quoi ils parlent, mais ont également un désir communicatif de transmettre les raisons pour lesquelles Ghatak ne peut pas, ne doit pas, être oublié.
Les non spécialistes de l’Inde ne s’effrayeront pas de leur absence de connaissances : la culture indienne de Ghatak, mythologique, politique ou théâtrale, à laquelle son œuvre fait abondamment référence, est parfaitement bien explicitée ici, par le biais de notes claires et pertinentes. L’aridité de certains textes ne doit pas non plus faire fuir : bien sûr, il faut voir avant de lire, tant les auteurs ont cherché les plus minutieux détails d’analyse, mais la rétrospective de la Cinémathèque n’est-elle pas faite pour cela ? On se plongera donc avec avidité dans le passionnant décorticage de L’Étoile cachée, plan par plan, de Raymond Bellour ; ou l’émouvant article de Charles Tesson détaillant la réception émotionnelle de Subarnarekha, le magnifique drame utopiste de Ghatak : « Comment reçoit-on physiquement un film comme Subarnarekha ? À la fois comme une caresse et comme une gifle. » On appréciera également le travail sur la musique chez Ghatak effectué par le critique indien Moinak Biswas, qui met en valeur la remarquable harmonie du son et de l’image chez le réalisateur, pour qui le cinéma relevait d’un délicat équilibre entre réalisme et mélodrame au strict service du film en tant qu’œuvre artistique.
Entre ces analyses de critiques, d’historiens du cinéma et de cinéastes, on aura surtout plaisir à trouver la parole du maître lui-même, abondamment exploitée sur presque la moitié de l’ouvrage. Comme Satyajit Ray, Ghatak aimait écrire sur le cinéma, penser le film, réfléchir à l’attitude à adopter « face à la vie, face à l’art ». Il explique ainsi sa passion pour le documentaire, l’originalité du cinéma indien en tant que « cinéma épique », l’importance pour lui de reconnaître le mélodrame comme forme artistique, et s’aventure même dans l’analyse ethnologique de la tribu des Oraons à l’est de l’Inde. Il évoque sa patrie (aujourd’hui le Bangladesh), la Partition de 1947, si douloureuse pour lui et des millions de réfugiés, ses rêves d’avenir et sa conception du passé dans l’anti-nostalgie. Mais à l’inverse de Ray, plus cinéphile que lui et beaucoup plus occidentalisé, Ghatak analysait peu les films eux-mêmes, car selon lui, sans idées, sans volonté créatrice, on ne pouvait apprendre à faire du cinéma simplement en regardant du cinéma. La passion destructrice qu’il vouait au médium cinématographique le rendait virulent envers ceux qui ne le respectaient pas assez, et lui qui plaçait le septième art si haut ne supportait ni l’incompréhension, la simplification ou le goût pour la facilité. S’il avait su que cinquante ans plus tard, on se pencherait avec autant de délectation sur son œuvre et qu’on la qualifierait de « révolutionnaire », peut-être aurait-il été encore là pour nous en parler »

L’article complet de Ophélie Wiel sur :
http://www.critikat.com/Ritwik-Ghatak-Des-films-du-Bengale.html

SOMMAIRE

Le Grand Temps de Ritwik Ghatak
Sandra Alvarez de Toledo

Ouverture / Alap :
- Le territoire de Ghatak : fragments, cartes, paysages
- Yaksha
Rabindranath Tagore
- Remémorer, remembrer. 1. Ritwik Ghatak, Kalidas et Rabindranath Tagore
Sibaji Bandyopadhyay

I – 1952-1958

Festival de cinéma à Calcutta
Ritwik Ghatak

Remémorer, remembrer. 2. Un citoyen parmi tant d’autres
Sibaji Bandyopadhyay

Quelques réflexions à propos d’Ajantrik
Ritwik Ghatak

Le tacot de Ghatak
Serge Daney

À propos des Oraons de Chhotanagpur
Ritwik Ghatak

L’erreur pathétique. Ajantrik
Hervé Joubert-Laurencin

II – 1959-1962

Une longue série d’obstacles
Ritwik Ghatak

Le temps d’une fugue (Le Fugitif)
Marianne Dautrey

Le cinéma et moi
Ritwik Ghatak

Une attitude face à la vie, une attitude face à l’art
Ritwik Ghatak

« Peu de gens devineront ce qu’il a fallu être triste pour ressusciter Carthage »
Marianne Dautrey

Le film qu’on accompagne (L’Étoile cachée)
Raymond Bellour

Reprise et variations (Komal gandhar)
Raymond Bellour

Sur mon propre chemin
Entretien avec Ritwik Ghatak

Derrière le miroir (Subarnarekha)
Charles Tesson

À propos de Subarnarekha
Ritwik Ghatak

III – 1963-1972

Le genre humain, nos traditions, notre cinéma, et mes tentatives
Ritwik Ghatak

La musique dans le cinéma indien et l’approche épique
Ritwik Ghatak

Laissons parler les chansons
Moinak Biswas

Quatre pas au Bengale. Bagalar Banga darshan
Hervé Joubert-Laurencin

Cinéma bengali : influences littéraires
Ritwik Ghatak

Lettre au président du Film and Television Institute of India
Ritwik Ghatak

Le son au cinéma
Ritwik Ghatak

Le documentaire : la plus passionnante des formes cinématographiques
Ritwik Ghatak

Deux aspects du cinéma
Ritwik Ghatak

Satyajit Ray, le seul et unique
Ritwik Ghatak

Histoire et parenté chez Ritwik Ghatak
Moinak Biswas

IV – 1972-1976

Une rivière nommée Titas
Advaita Malla-Barman

Le mélodrame est un droit naturel, c’est une forme
Entretien avec Ritwik Ghatak

Sans émerveillement, nul art n’est possible
Entretien avec Ritwik Ghatak

« Je brûle… L ’univers brûle »
Kumar Shahani

Raison, discussions et un conte
Scénario de Ritwik Ghatak

Chronologies :
- Le Bengale dans l’histoire de l’Inde. 1905-1975
- Ritwik Ghatak. 1925-1976

Sandra Alvarez de Toledo (Auteur)
Marianne Dautrey, Christophe Jouanlanne et France Bhattacharya (Traducteurs)
Nb de pages : 410 p.
Parution : 30 Avril 2011
Product Dimensions: 23 x 17.2 x 3.8 cm
ISBN-10: 2952930287
ISBN-13: 978-2952930284

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