Archive pour juillet 2011

J.K ROWLING VEUT FAIRE ENTRER HARRY POTTER DANS L’ERE NUMERIQUE

J.K. Rowling, dont la saga Harry Potter s’est déjà vendue à plus de 400 millions d’exemplaires dans le monde, entend désormais prospérer sur le net: les livres numérisés seront vendus à partir d’octobre et un site ludique doté de nouveaux contenus a été lancé jeudi.

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Comment maintenir l’intérêt, alors que le dernier roman est paru il y a déjà 4 ans, et que l’ultime film tiré de la série sort cet été ? L’auteur milliardaire et ses agences de communication ont plus d’un tour magique dans leur sac: depuis une semaine, le suspense était entretenu par un mystérieux site “Pottermore” sur une annonce spectaculaire le 23 juin.

Jeudi, la blonde J.K Rowling en personne, très élégante en robe fluide imprimée et talons hauts, a expliqué son projet lors d’une rare conférence de presse à Londres.

“Nous savions qu’il y avait une forte demande pour des livres en version numérique, mais je voulais faire plus que celà, et revenir à l’expérience de la lecture”, a-t-elle indiqué.

Le site internet qui est à la fois un jeu et un livre interactif avec vidéos et textes inédits, est “une façon merveilleuse d’initier la génération numérique au livre”, ajoute-t-elle.

S’il est gratuit pour sa partie ludique, le projet, en partenariat avec Sony, est aussi une boutique en ligne, où pour la première fois, J.K Rowling va vendre directement au public ses livres sous forme numérisée.

L’écrivain garde ainsi la totale maîtrise de la version numérique de sa saga, au lieu d’en confier la vente aux circuits traditionnels et aux librairies en ligne, comme Amazon ou Apple. Les “e-book” Harry Potter seront compatibles avec toutes les plate-formes existantes (tels Kindle, iPad, Sony reader).

Ils seront disponibles dans un premier temps en anglais, français, italien, allemand et espagnol, en octobre.

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L’écrivain a confirmé au passage qu’elle “n’envisageait pas d’écrire un autre roman” de la saga.

Elle a toutefois pris un plaisir évident à abonder ses livres avec des détails inédits, pour le site Pottermore.

Le site interactif devrait ravir “moldus” (non sorciers) et mordus de la saga. L’apprenti sorcier va “entrer” littéralement dans le livre, puisqu’en répondant à une batterie de questions, il va être sélectionné pour rejoindre l’une des désormais fameuses “maisons” de sorciers, Poufsouffle, Gryffondor ou Serpentard; jeter des sorts; accéder à de nouveaux chapîtres sur ses personnages préférés.

“Plus de la moitié des nouveaux contenus étaient déjà écrits et non exploités”, explique J.K Rowling. Mais elle s’est remise à écrire pour l’occasion, renouant avec un héros auquel elle est aussi attachée qu’à “un petit ami”, au point que la fin de la série a déclenché chez elle “autant de larmes que pour la mort de ma mère”.

La cérémonie au cours de laquelle chaque candidat est choisi par sa maison d’appartenance et le choix de la baguette magique (parmi 33.000 combinaisons) “m’ont le plus amusé”, sourit-elle.

Et de remarquer qu’elle a testé le choix des maisons “sur sa propre famille” et que chacun a été affecté là où elle le pensait. “Ca marche!” lance-t-elle, hilare.

La plupart des fans devront attendre octobre pour accéder à Pottermore, mais un million de “happy few” inscrits dès aujourd’hui pourront affronter des “défis” et accéder à partir du 31 juillet (date anniversaire d’Harry) au site.

Nouveau suspense ou recette marketing éprouvée? Une internaute pas dupe écrit jeudi sur son compte twitter “Harry Potter et la baguette magique du … marketing”.

(Avec AFP - 23/06/2011)

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ROCKN PHILO REVISITE LA PHILOSOPHIE A TRAVERS ELVIS PRESLEY, LES WHO ET NIRVANA

Professeur de philosophie en blouson noir, Francis Métivier, 48 ans, démontre dans un ouvrage sexy et érudit, “Rock’n philo”, tout juste paru, qu’Elvis Presley et les Who peuvent faire comprendre Spinoza et Platon. Et vice-versa.

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“Le rock brasse beaucoup de questions philosophiques: le désir, l’amour, le sens de l’existence, la mort… Et il a l’art de concentrer en quelques minutes ce qui autrement nécessite 400 pages”, souligne ce docteur en philosophie, qui enseigne comme prof agrégé dans un lycée de Saumur, sur les bords de la Loire.

Paru à la mi-juin, son ouvrage s’arrache comme jadis les 45 tours, dont il a le format. La jaquette, très punk-rock, présente un patchwork où Nina Hagen, Johnny Rotten et Marilyn Manson côtoient Nietzsche.
A l’intérieur, Métivier - fines lunettes, impeccable +tee-shirt+ noir et cheveux coupés à ras - aborde méthodiquement les 37 points au programme du bac philo. A sa façon, jubilatoire, didactique et charpentée.

La conscience ?
Les Pixies (”Where is my mind”) répondent à Descartes (”Je pense donc je suis”) et Nirvana à Pascal (”Le moi est haïssable”).
Le droit ?
Machiavel dialogue avec Noir Désir (”L’homme pressé”).
La vérité ?
Sartre trouve écho chez Bashung (”La nuit, je mens”).
Et, qui l’eût cru, The Scorpions (”Wind of change”) illustrent à merveille la fin de l’Histoire selon Kant.

Les drogues ne sont pas oubliées, au chapitre “Théorie et expérience”, avec Foucault et Jimi Hendrix. Mais le sexe, élément consubstantiel au rock s’il en est ? “Avec Dieu, ce sont malheureusement deux sujets tabous dans le programme. On ne peut les aborder qu’incidemment”, regrette l’auteur, qui avoue ne recourir que parcimonieusement aux références rock dans ses cours.

Le livre, bien qu’édité par un spécialiste des manuels scolaires, Bréal (qui avait également sorti “L’Antimanuel de philosophie” de Michel Onfray), n’est de loin pas circonscrit à un public lycéen: “Il peut permettre à des gens qui écoutent du rock sans avoir fait de philo de trouver une porte d’entrée”.

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Né en 1962, comme les Beatles, “dans une famille ouvrière de la banlieue de Tours”, Francis Métivier découvre le rock et la guitare “vers 13-14 ans, en même temps que le grec classique”.
Mais il lui faudra longtemps pour oser, le premier, théoriser un tel pont entre les deux univers. “Le lien est évident et on se demande pourquoi cela n’a pas été fait plus tôt. La réponse est que celui qui n’est que philosophe ou que musicien ne peut pas s’en sortir: il faut non seulement trouver les liens, mais aussi les démontrer et les expliquer à un grand public”, dit-il.

Ainsi le célébrissime “Stairway to heaven” de Led Zeppelin n’est-il autre, selon lui, qu’une confrontation entre un sceptique (le narrateur) et une dogmatique, “la femme qui croit qu’en achetant une échelle on arrive au but”.

Reste que les points de convergence entre rockers et grands philosophes sont plus nombreux qu’on ne pense. Le premier punk n’aurait-il pas été “Diogène le cynique dans son tonneau, avec un hareng en laisse, qui dit m… à tout le monde tout en s’érigeant en star” ?
“Les philosophes antiques veulent vivre en harmonie avec leur pensée, parfois au prix de leur vie comme Socrate. Dans le rock, on cherche aussi un accord entre ce qu’on écrit et ce qu’on vit”, note Francis Métivier, en relevant malicieusement: “Ca a disparu en philosophie, moins dans le rock”.

Auteur d’une thèse sur Kirkegaard à la Sorbonne en 1998 et d’un ouvrage sur Rabelais, Francis Métivier, qui anime depuis 12 ans des “ateliers rock” en marge des ses cours, est également militant MoDem. Même s’il admet que François Bayrou n’est pas le plus rock’n roll des personnages politiques français.

(avec AFP / 24/06/2011)

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POLEMIQUE : ”OSEZ LE CLITO”, UNE CAMPAGNE FEMINISTE DECOMPLEXEE

12 idées reçues sur le clitoris

Lancée hier par la plateforme osezlefeminisme.be, la campagne “Osez le clito!” fait déjà énormément parler d’elle. Aujourd’hui, le site vous propose de revenir sur 12 idées reçues liées au plaisir féminin. L’occasion de mettre à mal un certain nombre de clichés.

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Le clitoris est-il l’unique organe par lequel les femmes ressentent du plaisir ? L’orgasme est-il plus indispensable pour les hommes que pour les femmes?

Les réponses à toutes ces questions sont à découvrir sur cette plateforme.

http://www.osezlefeminisme.be/

REVUE DE PRESSE /
L’avis de Valérie Pétillon
Pour La Libre Belgique (20/06/2011) :

« Pourquoi le féminisme en 2011?
Bien trop souvent oublié, ignoré, voire mutilé, Osez le Féminisme lance aujourd’hui, lundi 20 juin, sa campagne “Osez le Clito !” Créé il y a 2 ans en France, Osez le Féminisme arrive en Belgique avec leur nouvelle campagne quelque peu décalée.
Pourquoi le féminisme en 2011?
Car même si il est vrai qu’aujourd’hui les femmes ont le droit de vote, un compte en banque et le choix de faire ou pas des enfants, elles restent encore payées 27% de moins que les hommes à compétences égales, se cognent les diplômes au plafond de verre, subissent des postures sexistes, des violences conjugales ou pire, des mutilations génitales…
Et pour se faire entendre, Osez le Féminisme ouvre le débat chez nous avec une campagne décomplexée : Osez le Clito ! Parce qu’il est méconnu, peu discuté, pas enseigné (saviez-vous qu’il mesure 11 cm et possède 8 000 terminaisons nerveuses?); que sa seule fonction est de nous mener à la jouissance; qu’il fait encore l’objet de violences et de mutilations…
… il est le symbole ludique de la lutte féministe! »

http://www.lalibre.be/societe/sciences-sante/article/668157/osez-le-clito-une-campagne-feministe-decomplexee.html#embed_pos1

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LES HARKIS, HISTOIRE, MEMOIRE ET TRANSMISSION

Gilles Manceron, Benoît Falaize, Fatima Besnaci-Lancou
Editions de L’Atelier

Peu à peu, la guerre d’Algérie devient un objet d’histoire abordé à l’école primaire, au collège et au lycée. Mais la question de la place des harkis, ces supplétifs enrôlés aux côtés de l’armée française, bien souvent controversée, est laissée dans l’ombre en raison des passions qu’elle suscite et des clichés qui perdurent. Cet ouvrage a pour but de permettre aux enseignants de l’aborder dans leurs cours grâce aux repères rigoureux proposés au fil des pages.

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La première partie examine de manière synthétique l’état des connaissances historiques sur le sujet en répondant à quatre questions décisives :

À quel objectif répondait le recrutement des harkis ?
Comment explique-t-on cet engagement ?
Dans quelle mesure peut-on dire que l’État français les a abandonnés ?
Que sait-on de l’ampleur des massacres à l’indépendance de l’Algérie ?

Les seconde et troisième parties du livre traitent respectivement de la gestion de la mémoire (lieux, littérature, cinéma…) et de la façon dont l’Éducation nationale aborde la question des harkis dans les programmes, les manuels et les pratiques scolaires en France et en Algérie.

PREFACE DE PHILIPPE JOUTARD, HISTORIEN, ANCIEN RECTEUR :
« UN BEAU TRAVAIL CONJOINT D’HISTOIRE ET DE MEMOIRE »

Je conserve un vif souvenir de cet après-midi d’octobre 2008 passé à écouter des interventions sur la transmission et l’enseignement de l’histoire des harkis. J’en ai retrouvé heureusement l’écho fidèle à travers cet ouvrage d’une grande richesse et d’une variété d’approches, sans parler de son originalité.
On y sent l’aboutissement d’un travail méthodiquement et obstinément mené depuis six ans à travers trois colloques et déjà un premier livre publié en 2008 dans la même maison d’édition, Les harkis dans la colonisation et ses suites. On y rencontrait déjà deux des maîtres d’oeuvre du présent ouvrage, Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron et plusieurs de ses auteurs. D’un livre à l’autre apparaît la continuité : la volonté d’établir une véritable histoire scientifique, de dépasser les légendes, et l’ambition de ne pas en rester à la seule guerre d’Algérie, mais d’envisager l’ensemble du parcours du groupe, d’une génération à l’autre. La nouveauté, c’est l’objectif d’une transmission à un public plus vaste, en particulier à travers le vecteur privilégié que constitue l’école. Cet objectif n’est pas purement théorique, mais prolonge plusieurs expériences pédagogiques réussies dont le livre se fait l’écho.
L’ouvrage vient à son heure. Le silence sur les harkis dans les classes comme dans les manuels ne tient pas seulement à l’occultation d’un sujet sensible, même s’il ne faut pas minimiser le phénomène, c’est aussi la réaction d’enseignants cernés par l’ampleur des programmes, surtout pour l’histoire très contemporaine qui s’élargit régulièrement avec l’écoulement dans le temps et la diversité des curiosités. Moins que jamais le professeur d’histoire ne peut espérer être exhaustif ; il est constamment conduit à faire des choix, une de ses tâches les plus difficiles ; sa tentation est donc grande de privilégier des questions classiques, faciles et sans problème, au risque de compromettre le véritable apport de notre discipline. Or, ce présent ouvrage, Les harkis, histoire, mémoire et transmission, devrait lui donner l’envie de choisir ce sujet à la fois comme un des meilleurs moyens d’aborder l’histoire de la guerre d’Algérie sans négliger les conséquences sur une plus longue durée et peut-être, plus décisif encore, l’occasion de faire comprendre aux élèves la valeur irremplaçable d’une histoire rigoureuse et distanciée, n’hésitons pas à le dire, scientifique, comme formatrice d’un humanisme du XXIe siècle.
Sur le premier point, je ne fais pas une suggestion paradoxale. Il suffit de lire la première partie de cet ouvrage. Prenons, par exemple, la contribution de Mohammed Harbi, on comprend comment le phénomène harki renvoie à une analyse globale de la société algérienne tiraillée entre le monde urbain avec ses prolongements outre-méditerranéens et la ruralité obéissant à d’autres logiques et solidarités. Présenter les harkis oblige à recourir à la micro-histoire, dont on connaît la fécondité, tant il est vrai que la constitution de ce groupe ne correspond pas à un modèle unique, mais à de multiples parcours dont seuls les récits de vie ou plus souvent les bribes de mémoires recueillis par les descendants, rendent compte. L’histoire des harkis illustre une règle souvent vérifiée : les marges sont les meilleures révélatrices des réalités les plus profondes et un observatoire privilégié pour comprendre les phénomènes complexes.
Tout au long de ce livre, l’élève comprendra mieux ce qu’est la démarche historique scientifique, qui dépasse le manichéisme et la représentation de la réalité en noir et blanc, et qui refuse d’être au service d’une identité quelle qu’elle soit. Il pourra y voir une belle démonstration d’une juste articulation entre mémoire et histoire au-delà des oppositions irréconciliables habituellement évoquées. Je n’hésite pas à y voir un des meilleurs exemples que je connaisse. On y découvre, d’abord, le rôle des sources mémorielles dans la constitution de l’objet historique et de sa compréhension, à condition de bien s’entendre sur ce qu’est la mémoire, non pas une instrumentalisation du passé ou la reprise d’un discours idéologique se cachant derrière un mot à la mode, mais les recueils de souvenirs, les récits de vie évoqués par Gilles Manceron dans son texte « Les mémoires et l’histoire ». Nul doute que cette mémoire ainsi retrouvée, aussi bien celle des survivants, de leurs femmes et de leurs enfants, contribue à apaiser des traumatismes et à renforcer le sentiment d’appartenance. Mais seule l’approche distanciée et rigoureuse de l’histoire débarrasse des idées reçues et des stéréotypes qui ont tant stigmatisé injustement le groupe des harkis. On songe par exemple au rapprochement pernicieux et faux avec les collaborateurs français pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est le mérite de Fatima Besnaci-Lancou et de ses amis de l’association Harkis et droits de l’Homme d’avoir compris que loin d’affaiblir leur groupe et sa mémoire, la recherche historique utilisant la confrontation des sources écrites et orales, publiques et privées, algériennes et françaises, les mettait pleinement en valeur. Par ailleurs, on comprend bien ici comment la démarche historique permet de sortir de la guerre des mémoires, non pas en niant celles-ci, mais en les contextualisant et donc en leur permettant de coexister.
Ajoutons-y, ce n’est pas un mince intérêt, que la dernière partie du présent ouvrage est l’occasion d’un travail fructueux entre professeur de lettres, professeur d’histoire et chercheurs, à partir de cette étonnante floraison de romans pour un groupe de dimension réduite. On y découvre une expression littéraire mieux à même de traduire les traumatismes persistants d’une génération à l’autre et d’en faire saisir le poids.
Au-delà d’une réflexion intellectuelle, cette belle initiative éditoriale révèlera à beaucoup un groupe qui, victime des violences de l’histoire, a su ne pas s’enfermer dans un destin souvent tragique, mais le dépasser et imposer la dignité de son attitude.

TABLE DES MATIERES

Préface par Philippe Joutard

Introduction par Fatima Besnaci-Lancou, Benoit Falaize, Gilles Manceron

PREMIERE PARTIE – L’Histoire
L’Algérie en 1954, une nation en formation par Mohammed Harbi
Les supplétifs dans la guerre d’Algérie : mythes et réalités par Gilles Manceron.
L’idéologie des officiers de supplétifs : les cas de Jean Servier et de Raymond Montaner par Neil MacMaster
La notion d’abandon des harkis par les autorités françaises par Abderahmen Moumen
Les massacres de harkis lors de l’indépendance de l’Algérie par Abderahmen Moumen
De l’histoire coloniale à l’immigration post-coloniale : le cas des harkis par Laure Pitti

DEUXIEME PARTIE – La mémoire
Les mémoires et l’histoire par Gilles Manceron
Enrôlements en mémoire, mémoires d’enrôlement par Giulia Fabbiano
Porteurs de mémoire. Quand la littérature est attente d’Histoire par Zineb Ali-Ben Ali
L’image des harkis à travers l’écran par Valérie Esclangon-Morin
Les lieux de mémoire du groupe social « harkis ». Inventaire, enjeux et évolution par Abderahmen Moumen
Transmettre l’histoire occultée et la mémoire enfouie des harkis comme une blessure emblématique des mésusages du passé par Charles Heimberg

TROISIEME PARTIE – La transmission scolaire
Les enjeux scolaires de l’histoire des harkis par Benoit Falaize.
La place des harkis dans le récit scolaire de la guerre d’Algérie. Raisons d’une défaillance et des difficultés d’un enseignement par Laurence De Cock
Des figures de l’absence. Les harkis dans les manuels d’histoire de lycée de 1962 à 1998 par Françoise Lantheaume
Figures et rôle des harkis dans l’écriture des manuels scolaires de 1998-2008 par Pascal Mériaux
Des témoins dans la classe. Récit d’une expérience par Malika Ouadi et Claire Podetti
Les harkis dans les manuels scolaires d’histoire algériens par Lydia Ait Saadi

Bibliographie

Fatima Besnaci-Lancou, auteure de Fille de harki (Editions de l’Atelier, 2003) et Des vies. 62 enfants de harkis racontent (Editions de l’Atelier, 2010), cofondatrice de l’association Harkis et droits de l’Homme. Benoit Falaize, professeur agrégé d’histoire, diplômé de sociologie politique, ancien formateur à I’IUFM de Versailles. Il est chargé d’étude et de recherche à l’Institut national de recherche pédagogique (INRP), autour des questions sensibles de l’enseignement de l’histoire. Gilles Manceron, historien, a écrit notamment Marianne et les colonies (La Découverte, 2003), 1885, Le tournant colonial de la République (La Découverte, 2007). Il est vice-président de la Ligue des droits de l’Homme.

Dimension : 215 x 131 x 18 cm
Nombre de page(s) : 222 p.
ISBN : 2708241176
EAN13 : 9782708241176

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LES AS DE LA CHIRURGIE ESTHETIQUE. BISTOURI, SERINGUE ET BUSINESS

Josseline Abonneau, Marie-Guy Baron
Alphée-Jean-Paul Bertrand

Ces portraits et spécialités d’une quarantaine de chirurgiens esthétiques de Paris, de province, de Suisse, de Belgique ou du Maroc permettent de réaliser une enquête sur la domination de la chirurgie esthétique. Elle dresse un tableau d’évaluation des dangers des produits les plus couramment injectés.

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“Avec certains produits, nous avons constaté que le marquage CE n’était pas suffisant dans la mesure où les essais cliniques sont très courts et l’échantillon de personnes testées, réduit. Et dès lors qu’il y a des défaillances à ce niveau, les risques pour la santé des patients deviennent énormes. D’où la nécessité à travers ce livre, d’attirer l’attention à la fois du public et des pouvoirs publics”.
Marie-Guy Baron, reporter pour le Figaro

Pour la première fois, une cinquantaine des meilleurs chirurgiens esthétiques ouvrent les portes de leur univers de luxe réputé sulfureux. A Paris, en province, en Suisse, en Belgique et au Maroc. Tous sont bons, beaucoup très bons, quelques uns sont des ” as ” mondiaux.

Cet ouvrage constitue un document inédit et complet et aborde tous les aspects du sujet : de l’argent gravitant autour du bistouri, aux techniques médicales les plus poussées en passant par les scandales sanitaires.

Ces portraits sont l’occasion pour ces chirurgiens de révéler les arcanes d’un métier qui fascine mais aussi de confesser leurs doutes professionnels. Entre science appliquée et potion du diable, découvrez les coulisses de cette médecine si particulière grâce à un listing des techniques, un tableau de produits, un glossaire éclairant et des conseils indispensables.

Un guide pratique donc mais surtout analytique qui répond à toutes vos questions et offre une réflexion contemporaine sur un phénomène à double tranchant devenu omniprésent. Tant pour les patients que pour la santé publique…

REVUE DE PRESSE /
Dans les arcanes d’un univers sulfureux :

« Polémique sur certains produits de comblement, “bataille de territoire” entre des spécialistes et des imposteurs. Deux journalistes françaises entrouvrent pour nous les coulisses de l’univers secret et sulfureux de la chirurgie esthétique à travers un ouvrage présenté mercredi dernier à Casablanca.
Josseline Abonneau et Marie-Guy Baron, respectivement journaliste et reporter au Figaro, viennent de publier un ouvrage sur la chirurgie esthétique, présenté le 20 octobre à Casablanca. Intitulé Les As de la chirurgie esthétique bistouri, seringue et business, cet ouvrage est un guide analytique sur les secrets de cette spécialité, fruit d’une enquête qui a duré pas moins de 18 mois sur “l’univers secret et sulfureux des chirurgiens esthétiques”.
Deux problématiques principales ont été soulevées dans ce livre. Primo, l’insuffisance des essais cliniques en Europe, de certains produits de comblement à injecter. Et secundo, “la bataille de territoire” amorcée entre vrais spécialistes de la chirurgie esthétique et vrais imposteurs comme certains dermatologues ou médecins généralistes (…)
“Si l’injection fait moins peur que le bloc opératoire, les gens sont néanmoins, en droit de savoir que les conséquences d’une mauvaise injection peuvent être plus lourdes et ne sont pas rattrapables”, explique Josseline Abonneau. En principe, tous les produits de comblement considérés comme des dispositifs médicaux, ont besoin du marquage CE avant d’être commercialisés. Or, durant leurs travaux d’investigation, les auteures se sont rendues compte que pour certains de ces produits injectables, les essais cliniques étaient insuffisants (…)
D’autre part, si certains produits de comblement restent dignes de confiance, leur application par un non-spécialiste peut entraîner des complications graves (…)
L’an dernier, l’image jusque là “irréprochable” du milieu de la chirurgie plastique marocain, avait été ébranlée suite au décès d’une jeune femme qui avait subi deux jours plus tôt une liposuccion.
Selon toute vraisemblance, la victime avait été opérée par un médecin qui n’est pas spécialiste, alors que l’article 42 des lois relatives à l’exercice de la médecine au Maroc promulguées en 2001, stipule très clairement que le “médecin spécialiste ne peut exercer que les actes médicaux relevant de la spécialité qui lui est reconnue”.
Pour les injections, l’intervention d’imposteurs est encore plus facile puisque comme le rappelle le Dr. Fahd Benslimane, “certaines pratiques comme la liposuccion ne peuvent se faire que dans un bloc opératoire alors que les injections de produits de comblement elles, peuvent se faire dans un cabinet”. “Le fait est que le même produit injecté par deux personnes différentes, peut avoir des résultats différents”, explique Josseline Abonneau. L’idéal serait d’avoir “un produit sûr et une main sûre”. »

http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2010/10/21/dans-les-arcanes-dun-univers-sulfureux

“Les As de la chirurgie esthétique bistouri, seringue et business”: le plus

Le livre comprend également, un listing des techniques utilisées dans la chirurgie, les portraits d’une cinquantaine de grands praticiens dans le monde dont le spécialiste marocain Fahd Benslimane, réputé pour sa “théorie du cadre” (le regard). On y trouve aussi un tableau de produits, un glossaire et des conseils “indispensables”, selon les auteures.

Josseline Abonneau est journaliste au Figaro depuis 1984. Marie-Guy Baron a longuement collaboré au Figaro en qualité de grand reporter après avoir travaillé au magazine Le Point et au quotidien France-Soir.

Nb de pages : 318 p.
Dimension : 22 x 14 cm
ISBN     9782753806269
EAN13 : 9782753806269

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AUDIO-LIVRE : L’ENFANT ALLEMAND

Camilla Läckberg
Actes Sud / Audiolib

La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrik Hedström, l’inspecteur qu’elle vient d’épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n’importe où, qu’il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l’exception, constitue sans doute la règle.

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Tandis qu’elle entreprend des recherches sur cette mère qu’elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n’a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d’un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d’une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ?

Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d’histoire à la retraite. L’homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné… Dans ce cinquième volet des aventures d’Erica Falck, Camilla Läckberg mêle avec une virtuosité plus grande que jamais l’histoire de son héroïne et celle d’une jeune Suédoise prise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Tandis qu’Erica fouille le passé de sa famille, le lecteur plonge avec délice dans un nouveau bain de noirceur nordique.

Cette fois c’est décidé, Martin va prendre un congé paternité pour s’occuper de sa petite Maja. Mais voilà ,qu’ Erica trouve une croix gammée dans leur grenier, une mort étrange en lien avec cette période de l’histoire a lieu dans le village, curieuses coïncidences. Une nouvelle enquête passionnante s’annonce !
Encore des cadavres cachés dans le placard : les secrets de famille sèment la tourmente dans l’entourage d’Erica.
Polar venu du froid suédois
Cette fois ce n’est pas un meurtre qu’est confrontée Erica Falck, l’inspectrice fétiche de l’auteur, mais au passé de sa mère, une femme glaciale dont elle sait peu de chose. C’est en cherchant à percer son caractère difficile qu’Erica découvre alors un secret de famille…encore!

Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteure de plusieurs romans policiers remarqués, dont l’intrigue se situe à Fjällbacka, la petite ville de la côte suédoise où elle est née en 1974. La Princesse des glaces a reçu, en 2008, le Grand Prix de la Littérature policière et le Prix du Polar étranger au Festival de Cognac. Le Prédicateur, Le Tailleur de pierre et L’oiseau de mauvais augure ont connu, lors de leur parution en France, un succès toujours croissant.

Éric Herson-Macarel est un comédien français. Il joue régulièrement au théâtre et au cinéma. Au grand écran, il est la voix française de, entre autres, Robert Carlyle, Willem Dafoe (dans Spiderman) et de Daniel Craig (dans James Bond). Il a déjà enregistré pour Audiolib Le Prédicateur, L’Oiseau de mauvais augure et L’Enfant allemand.

Format : Broché
Nombre de page(s) : 455 p.
Dimension : 240 x 145 x 31 cm
ISBN-10: 9782742794676
ISBN-13: 978-2742794676

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LE SANG ET LA MER

Gary Victor
Vents D’ailleurs

Après la mort de leurs parents, Estevèl et Hérodiane quittent le village Saint-Jean en bord de mer pour la capitale. Ils s’installent dans une petite chambre, en haut de l’escalier serpent qui mène à Paradi, un bidonville sur les hauteurs de Port-au-Prince. Dans cet enfer de béton et de crasse, l’amour peut-il être plus fort que tout ?

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L’amour impossible entre un frère et une sœur, entre un peintre sensible et son modèle, entre une jeune fille à la beauté fracassante, passionnée de lecture mais pauvre et le riche héritier d’une des grandes fortunes du pays ? C’est la mer qui viendra aux secours des rêves brisés…

Gary Victor construit son œuvre, roman après roman, en éclatant les frontières des genres. Il puise ses sources d’inspiration dans l’imaginaire haïtien d’une richesse extraordinaire, où le réel et le merveilleux s’entrecroisent et s’interpénètrent. Dans ce roman, il aborde des thèmes universels, tels que la justice sociale, les rapports entre riches et pauvres, entre frère et sœur, l’influence des religions (vodou et catholicisme), l’amour entre hommes, le sexe comme passeport pour la réussite sociale…

Où naissent les rêves des jeunes filles ? Hérodiane, orpheline, vivant à Paradi, un bidonville de Port-au-Prince, rêve du prince charmant à la peau claire et aux yeux bleus. Est-ce parce qu’une religieuse lui a lancé sur un ton haineux : « Noire comme tu es, comment veux-tu que Jésus t’aime ? » ou parce que, Estevèl, son frère adoré, salué à sa naissance par l’écume d’une vague de mer, s’adonne à d’autres plaisirs ?

Le rêve s’incarne en Yvan, riche mulâtre d’une des grandes fortunes du pays, et se révélera un cauchemar quand Hérodiane commencera à découvrir l’envers des mythes et des discours. Si les âmes corrompues des vivants peuvent faire basculer les c urs fragiles dans l’enfer sur terre, les rêves brisés des jeunes filles créent l’espoir d’un autre avenir.

Gary Victor révise ici, avec la maestria qu’on lui connaît, le rêve du prince charmant à la manière haïtienne. Comment dans cette société perverse et corrompue, dans cet univers où les plus riches asservissent encore et toujours les plus pauvres, les jeunes filles peuvent venger le monde.

L’avis d’un lecteur :
« Deux mots importants pour le pays d’Haïti, sang et la mer. A travers ces deux thèmes Gary Victor nous convie à la lecture de son dernier roman paru aux éditions Vents d’Ailleurs.
Le pays d’Haïti saigne depuis longtemps à travers la dette pour son indépendance, l’apprentissage chimérique de la démocratie, la fuite de ses forces vives, sa jeunesse, son intelligentsia.
C’est par le sang de Hérodiane, jeune fille de 17 ans qui raconte son avortement parce que son prince charmant ne voulait surtout pas garder l’enfant d’une négresse. Le thème de la couleur de la peau, de la promotion sociale qui est souvent rendue difficile avec le stigmate de la peau. Le mulâtre est aussi une puissance économique et le rêve de la paysanne est la rencontre d’un mulâtre capable de la faire sortir de la misère.
C’est par la mer, cette savane bleutée que bon nombre de ses enfants ont emprunté pour connaître la vie qu’elle envisage meilleure. Quand Quiskéya Boyo ne leur offre en certains endroits, que des galettes de terre pour tout repas. La mer pour fuir la misère, la dictature, les zenglendos, ou les chimères… Mais au-delà de ces clichés, c’est toute la force de l’imaginaire de Gary Victor qui nous découvrir un personnage extraordinaire, Estevel qui serait un fils d’Agwé, lwa de la mer.
C’est aussi un roman de la tolérance devant le mépris d’une religieuse: «Noire comme tu es, comment crois-tu que Jésus t’aime», mais aussi de l’orientation sexuelle de son frère.
A travers la perte de son sang, l’auteur veut peut être nous dire combien son pays est presque exsangue malgré des dangers imminents comme le soubresaut de la terre.
Le lecteur va découvrir des amours contre nature, l’amour filial presque à la limite de l’inceste, l’amour homosexuel et surtout l’amour d’une femme si fort que l’on se demande jusqu’à la fin du roman s’il parviendra à triompher des barrières sociales.
Gary Victor toujours, avec autant de brio va nous entraîner dans son imaginaire débordant. Il a choisi deplanter son décor digne d’un tableau naïf haïtien; mais est-ce que son pays n’est pas en train de perdre une mer de sang?’ (Jid)

Né à Port-au-Prince, Gary Victor est le romancier haïtien le plus lu dans son pays, il est notamment adulé par la jeunesse haïtienne. Outre son travail d’écriture, il est aussi scénariste pour la radio, la télévision et le cinéma. Ses créations explorent sans complaisance aucune le mal-être haïtien pour tenter de trouver le moyen de sortir du cycle de la misère et de la violence. Il a obtenu le prix du Livre insulaire pour À l’angle des rues parallèles, le prix RFO pour Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin et le prix Caraïbe de l’Adelf pour Les Cloches de La Brésilienne.

Format : Broché
Nb de pages : 192 p.
ISBN-10: 2911412737
ISBN-13: 978-2911412738

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LA ROUTE VERS LE NOUVEAU DESORDRE MONDIAL

(50 ans d’ambitions secrètes des Etats-Unis)
Peter Dale Scott
Editions Demi Lune

Présentation de l’éditeur : Depuis les années 1960, les choix en matière de politique étrangère états-unienne ont conduit à la mise en oeuvre d’activités criminelles, et à leur dissimulation, tantôt partielle parfois totale. Dans ses précédents essais, Peter Dale SCOTT a témoigné de l’implication de la CIA dans de graves exactions, dont différents coups d’État, ou dans la mise en place d’une véritable géopolitique de la drogue et des guerres qu’elle permet de financer.

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Il sonde ici la manière dont les décisions, irrationnelles (voire paranoïaques) et à courte vue, prises par les Présidents américains depuis Nixon ont engendré une plus grande insécurité dans le monde, notamment en renforçant les réseaux terroristes responsables des attentats de 2001. L’auteur montre comment l’expansion de l’Empire américain depuis la seconde guerre mondiale a conduit à ce processus de décisions iniques et dangereuses dans le plus grand des secrets, souvent à l’insu des responsables démocratiquement élus.

À partir d’exemples précis, il illustre comment ces décisions furent l’apanage de petites factions très influentes au sein d’un « supramonde » qui agit sur l’État public à travers des institutions secrètes (comme la CIA), au détriment de l’État démocratique et de la société civile.

L’analyse de l’implémentation de ces programmes établit la longue collaboration des principaux services de renseignement des États-Unis avec des groupes terroristes, qu’ils ont à la fois aidés à créer et soutenus, dont la fameuse organisation al-Qaïda.

Dans un autre registre, parallèle et tout aussi fascinant, Peter Dale Scott explique clairement le danger que fait peser sur la démocratie l’instauration, sous l’administration Reagan, du plan ultra secret de « continuité du gouvernement », qui existe toujours.

D’aucuns crieront sans doute à la « théorie du complot », mais la qualité de l’argumentation, étayée par une documentation encyclopédique fait de ce travail une magistrale et passionnante leçon d’histoire contemporaine, qui nous plonge dans les méandres des rivalités de ceux qui détiennent le vrai pouvoir, pour comprendre le monde tel qu’il est, et non tel qu’il paraît être.

REVUE DE PRESSE /
L a critique de Bernard Norlain :

« Voilà un livre passionnant, décapant, on pourrait dire terrifiant en ce qu’il dévoile au lecteur, pourtant averti, les dérives et les pratiques mafieuses d’une démocratie emblématique, miroir de nos sociétés.
La thèse de l’auteur est, en gros, que la perte progressive de contrôle sur les décisions politiques majeures aux États-Unis a fait que le pouvoir a été confisqué de façon occulte, non démocratique, par des groupes de pression et que cette situation a totalement perverti le système politique américain et a notamment conduit au drame du 11 septembre 2001.
L’immense mérite de cet ouvrage est de s’appuyer sur un appareil de notes et de références, une bibliographie — près de 150 pages au total — très complètes et variées qui viennent étayer pas à pas la démonstration de l’auteur.
Partant d’une réflexion sur les Etats-Unis où les inégalités sociales, la faiblesse de la société civile au niveau fédéral, la puissance des intérêts particuliers, l’auteur, qui n’est pas particulièrement un néo-conservateur, mais plutôt un libéral, tendance gauche, dresse un tableau saisissant de ce qu’il appelle l’État profond. Il décompose le processus historique où les pouvoirs secrets verticaux se sont emparés de la conduite de l’action publique, et où la prise de décision politique à huis clos accorde la priorité à la sécurité et à la préservation d’intérêts privés particulièrement ceux des exportateurs d’armements et des firmes pétrolières.
Son analyse est particulièrement pertinente et convaincante dans sa description de la politique du trio Nixon-Kissinger-Rockefeller, censée contrer les progressistes et qui a conduit à renforcer les mouvements réactionnaires islamistes, mais aussi à soutenir les intérêts des pétroliers. Il met en évidence le rôle de Nixon ou plutôt sa paranoïa dans la dégradation du processus bureaucratique et démocratique de mise en œuvre de la politique et dans l’amplification du pouvoir secret. En passant il faut noter une analyse intéressante du Watergate.
A ce stade apparaît le couple diabolique, aux yeux de l’auteur, Cheney-Rumsfeld et son implication dans la planification du projet ultrasecret de Continuité du Gouvernement (COG) qui cacherait, selon l’auteur, un programme de prise de pouvoir illégal et dont il traite longuement à propos du déroulement des événements du 11 septembre pour expliquer certaines incohérences dans la version officielle.
Il continue sa démonstration avec Ford-Rumsfeld-Cheney, le virage vers le conservatisme et le début de l’envol des budgets de défense. On parle de la BCCI. Puis l’ère Carter-Brzezinski et l’Irangate. Enfin Reagan, Bush et le triomphe des neocons et du couple Cheney-Rumsfeld. Comment ils ont préparé le renversement de Saddam Hussein et comment ils doivent être considérés comme suspects dans le procès des responsables du 11 septembre.
En conclusion ce livre démêle les intrigues et l’écheveau d’imbrications et de liens, souvent occultes, entre tous les acteurs de ce théâtre d’ombres. On y parle beaucoup de la CIA, en particulier de la collusion historique entre la CIA et l’ISI pour le soutien à l’islamisme dur et aux trafiquants de drogue. Il décrit le long cheminement vers le 11/9. Plus largement ce livre critique le projet américain de domination mondiale, s’appuyant sur une machine de guerre hors de contrôle et dont la recherche d’ordre et de sécurité produit un désordre et une insécurité accrue. Il s’agit de comprendre comment nous sommes arrivés au désastre du nouveau désordre mondial.
Vous l’aurez compris ce livre est passionnant, particulièrement en ces temps de Wikileaks.
(…) cet ouvrage étonne par son originalité et sa puissance d’analyse. Il devrait être un ouvrage de référence pour tous les défenseurs de l’Etat de droit et pour tous ceux qui s’intéressent à l’avenir de nos démocraties. »

Docteur en sciences politiques et ancien diplomate, Peter Dale SCOTT est l’auteur de nombreux ouvrages analysant la politique étrangère américaine, les narcotrafics et les opérations secrètes. Ses recherches et écrits mettent en lumière le concept de ce qu’il définit comme le « supramonde » (l’État profond dissimulé au sein de l’État public). Porte-parole du mouvement antiguerre lors du conflit vietnamien, il cofonda le programme d’études « Paix et Conflit » de la prestigieuse Université de Berkeley, où il enseigna la littérature anglaise durant près de 30 ans. Primé pour ses recherches en géopolitique, Scott est également un auteur reconnu pour son uvre littéraire dans le domaine de la poésie.

Format : Broché
Nb de pages : 512 p.
Dimensions: 23.0 x 15.0 x 2.5 cm
ISBN-10: 2917112166
ISBN-13: 978-2917112168

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LE GRAND LIVRE DE VACANCES DES MONSIEUR MADAME

Roger Hargreaves
Hachette Jeunesse

Résumé : Pour s’amuser avec madame Timide, monsieur Bavard ou encore monsieur Costaud : histoires, jeux, coloriages, puzzles, devinettes…

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Accompagne madame Timide, monsieur Bavard, monsieur Costaud et bien d’autres personnages encore dans de nouvelles aventures !
Accompagne madame Bonheur, monsieur Méli-Mélo, madame Risette, monsieur Glouton et bien d’autres personnages encore dans de nouvelles aventures !

Amuse-toi avec eux grâce à de nombreuses activités : Histoires, jeux, coloriages, puzzles, devinettes…
Les Monsieur Madame vont te faire passer des vacances inoubliables !
Plus de 160 pages d’activités pour contenter les fans des Monsieur Madame pendant les vacances !

Dans ce grand livre, l’enfant sera accompagné par madame Timide, monsieur Bavard, monsieur Costaud et bien d’autres personnages encore dans de nouvelles aventures !
Avec-eux, il par s’amuser grâce à de nombreuses activités : histoires, jeux, coloriages, puzzles, devinettes… De quoi passager des vacances inoubliables en leur compagnie.

« Avec 6 histoires complètes et des dizaines de jeux dans tous les styles, voilà un Grand Livre qui tombe effectivement à pic pour les vacances. Les personnages sont toujours aussi craquants, et les enfants les adorent ! » A.J.

Format : Relié
Nb de pages : 165 p.
Dimension : 23 x 19 cm
ISBN : 978-2-01-226689-6
EAN13 : 9782012266896

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LE FIL DES MISSANGAS

Mia Couto
Traduit du portugais (Mozambique) par Elisabeth Monteiro Rodrigues
Chandeigne

Recueil de 29 nouvelles lapidaires mettant en scène des personnages soumis aux vicissitudes de destins déterminés par des normes sociales, familiales ou encore intérieures auxquelles ils tentent d’échapper pour exister. La condition des femmes, la religion, le colonialisme, les rapports entre homme et femme, l’art, la création et l’amour sont parmi les thèmes explorés.

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De vibrants portraits de femmes aux prises avec leurs désirs, leurs amours déçues et leurs blessures assassines, des êtres qui réinventent le réel, des enfants qui revisitent leurs rêves : telles sont les perles de verre (missangas) qui composent cette oeuvre où Mia Couto invente un univers singulier et un langage unique, africain et universel.

Mêlant harmonieusement registres littéraires et populaires, jeux de mots et mots-valises, ces nouvelles lapidaires tantôt cruelles, tantôt drolatiques, incarnent ici l’art du conte porté à sa perfection.

Mia Couto, né en 1955 au Mozambique, s’affirme de livre en livre comme le plus inventif et le plus fascinant des écrivains de langue portugaise.

Format : Broché
Nb de pages : 173 p.
Dimension : 17 x 12 cm
ISBN : 978-2-915540-76-5
EAN13 : 9782915540765

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BD : GASTON LE DICO

Tome 1 - De A à J
Renaud Mouraux , Pedro Inigo Yanez
Marsu Productions

La future bible des amateurs de Gaston …

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- Des anecdotes inédites et amusantes illustrées par les plus beaux gags de Franquin Tout l univers de Gaston décrypté avec humour et décalage
- Un format album classique qui s intègre parfaitement dans la collection des albums Gaston
- Une sortie événement pour les fêtes de fin d année
- Un deuxième et dernier tome viendra compléter le premier vers mars 2011

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Gaston Lagaffe, sans jamais oser le demander ! Comment s’appelle la tortue de Gaston ?
Quels sont les ingrédients qui entrent dans la recette de la morue aux fraises ?
Qui est cet homme d’affaires aussi colérique que malchanceux, et pourquoi ses contrats ne se signent t-ils jamais ?
Tout ! Vous saurez enfin tout sur ces mystères qui vous tarabustent depuis si longtemps.

Dans cette véritable bible pour les amateurs de Gaston, l’univers de l’abominable homme des bureaux est décrypté avec humour et décalage par le professeur Renaud Mouraux, désagrégé en Lagaffologie. On trouve de tout dans ce Petit Lagaffe illustré : les inventions loufoques et souvent visionnaires de notre héros-sans-emploi, les dizaines de personnages de la Rédaction, les centaines de petits détails cachés et rigolos qui truffent les gags de notre gaffeur…

Mais aussi de riches illustrations, de nombreux extraits visuels de gags, et des anecdotes savoureuses et peu connues sur les liens entre André Franquin et son personnage emblématique. Entrez dans le monde de Gaston, où chimie rime avec poésie, pollution avec solution et gueuleton avec intoxication… Vous ne verrez plus jamais le monde de la même façon.

Format : Broché
ISBN : 978-2-354-26045-3
EAN : 9782354260453
Nb. de pages : 80 pages
Dimensions : 22cm x 30cm x 1,1cm

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PROXIMITE DE LA MER. UNE ANTHOLOGIE DE 99 POEMES

Jorge-Luis Borges
NRF, Gallimard

La traduction de ces 99 poèmes s’attache à restituer le ton personnel de la langue de Borges qui chante la vie de tous les jours et dit son amour, sa ferveur de Buenos Aires.

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Malgré une éclipse considérable de trente ans entre son troisième recueil - Cuaderno San Martín (1929) - et son quatrième - L’Auteur (1960) -, durant laquelle il a composé ses proses les plus mémorables, Borges n’a cessé, sinon de publier, du moins d’écrire de la poésie.

Peut-être parce que le poème relève pour lui d’une nécessité existentielle. S’il y a recours aux mêmes obsessions et paradoxes qui ont fait la célébrité de ses récits - labyrinthes, tigres et miroirs, jeux sur le temps, l’espace ou l’identité, mais aussi mythologie de faubourgs, de malfrats, de guitare et de couteaux qui est celle de la mïlonga et du tango, à laquelle il restera attaché toute sa vie -, c’est moins pour nous plonger et nous perdre dans leur fascinant vertige, que pour les interroger ou nous en communiquer mezza voce l’inquiétante familiarité.

Dans ses poèmes, Borges médite et chante. Et ce croisement de pensée et d’émotion leur donne ce mélange très particulier de rigueur et d’abandon, d’emphase maîtrisée et de simplicité retorse qui fait leur tonalité singulière. Quelque chose qui hésite, entre le vers bien frappé et la confidence chuchotée, entre l’épique et l’élégiaque, entre le baroque et, nous dit Borges, « non pas la simplicité, qui n’est rien, mais la modeste et secrète complexité ».
Jacques Ancet

L’avait-on oublié ? C’est le premier mérite de cette anthologie de 99 poèmes, La proximité de la mer, choisis et traduits par Jacques Ancet, de nous rappeler le fait : Jose-Luis Borges fut d’abord et avant tout poète. El hacedor, le poïetes, celui qui fait avec et dans la langue partager « cette imminence d’une révélation qui ne se produit pas », cela même qui définit le « fait esthétique » pour Borges et qui se tient là, à côté, Buenos Aires dans Buenos Aires, « l’autre rue, celle où je n’ai jamais été, c’est le centre secret des pâtés de maisons, les patios reculés, c’est ce que dérobent les façades (…) c’est cet air de milonga sifflé que nous ne reconnaissons pas et qui nous touche, c’esty ce qui s’est perdu et ce qui sera, l’ultérieur, ce qui nous est étranger, le latéral (…) ce que nous ignorons et chérissons. »

Se lancer dans la mise sur pied d’une anthologie, c’est forcément prendre parti. L’affaire redouble lorsqu’il s’agit bien évidemment de traduction, ce corps à corps des langues, puisqu’on sait combien un poète inflige un traitement particulier à sa propre langue. De cela, Jacques Ancet s’en explique dans une forte préface : belle et, à mes yeux, si juste !

Ici, nulle fidélité, toujours prétendue et qui finalement se résout toujours soit en une plate restitution du sens, soit en une poétisation forcée qui vise à faire du poème traduit quelque chose qui ressemble à l’idée préconçue que le traducteur se fait de la poésie mais bien « une infidélité sainte » - Et pardon en passant pour l’emprunt de ces mots à Hölderlin et utilisés hors contexte ! – puisque Jacques Ancet dit avoir choisi « la voie de la recréation ou trans-création, selon la belle formule d’Haroldo de Campos ».

N’oublions jamais ce que disait Borges : « la palabra justa n’est pas le mot juste ». C’est pour cela que c’est plus l’oreille que le savoir qui a guidé Jacques Ancet. Se trouvent alors privilégiées, les vibrations, cela qui se joue entre les mots, cette résonance. Et c’est alors « l’intraduisible d’un autre corps » qui se trouve traduit, soit cela seul qui mérite de l’être.. Voie risquée mais la seule belle ! On l’aura compris, pour moi, Jacques Ancet a réussi magnifiquement sa traversée.

Dans ce livre, il y a du savoir et donc de la saveur. Le plaisir y est partout palpable, celui qui a su « être (lui)-même en l’autre et l’autre en (lui)-même ». La préférence de Jacques Ancet est allée aux « poèmes méditatifs et élégiaques en vers comptés et rimés ». On y rencontre des Haïkus, des tankas, des milongas, des hommages à Keats, Joyce, Spinoza, Emerson…et à Buenos Aires, « éternelle ainsi que l’eau et l’air ». On y retrouve des labyrinthes, des tigres, des miroirs, des « petites frappes », des guitares, des couteaux…

On y goûte la pratique de ce double amour dont parlait Georges Braque qui disait aimer « la règle qui corrige l’émotion et l’émotion qui corrige la règle », cela qui fait le ton propre de la poésie de Borges. On y comprend enfin que certes la mer importe mais que compte surtout son approche, ces chemins qui mènent jusqu’à la proximité de ses abords. Ces chemins là sont poèmes et comme tels à vivre ! Par chacun d’entre nous. À vivre et donc inépuisables. Toujours proche la mer, comme le dernier mot ! Celle qui « unit et sépare » ne s’atteint pas. Dans le vers.

Né le 24 août 1899 à Buenos Aires, Jorge Luis Borges achève ses études secondaires en Suisse. Après la chute de Peron en 1955, il est nommé directeur de la Bibliothèque nationale. Conteur, poète, essayiste, il est reconnu comme le maître incontesté des lettres argentines. Ses recueils de nouvelles passent pour des classiques de la littérature contemporaine. Il est mort à Genève le 14 juin 1986.

Préface, édité et traduit de l’espagnol (Argentine) par Jacques Ancet
Nb de pages : 177 p.
Dimension : 21 x 14 cm
ISBN-10: 2070128423
ISBN-13: 978-2070128426

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GEOPOLITIQUE & ARCHEOLOGIE : LA GUERRE DES RUINES. ARCHEOLOGIE ET GEOPOLITIQUE

Jean-Pierre Payot
Choiseul

Eclairant et original, « La Guerre des ruines » explore une face longtemps ignorée de l’archéologie : sa dimension géopolitique.

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Celle-ci remonte à la nuit des temps avec le dernier roi de l’Empire néobabylonien, Nabonide, premier souverain à se préoccuper des vestiges religieux. Auguste (1er siècle) fit de l’archéologie une science « utile » pour la politique : lieux de mémoire, mais aussi construction d’une identité et de son corollaire, la falsification.

Avec la montée des nations puis des nationalismes, les ruines ont pris une indéniable valeur politique. L’Allemagne nazie a voulu y trouver les preuves de sa supériorité et les justifications pour étendre son territoire.

Avec la mondialisation, cette archéopolitique n’a pas faibli, bien au contraire. Touchant au divin, aux symboles et à la culture, l’archéologie est devenue un outil d’influence et de séduction dans la compétition internationale.

INTERVIEW DE JEAN-PIERRE PAYOT :

Sylvie Blanchet (professeur d’histoire géographie à Paris) rencontré Jean-Pierre Payot pour lui poser trois questions au sujet de son livre, La guerre des ruines. Archéologie et géopolitique,

Sylvie Blanchet : Quelle est l’originalité de votre livre ?
Jean-Pierre Payot : L’originalité de La guerre des ruines tient essentiellement au fait d’aborder l’archéologie sous un angle qui n’a pas été éclairé jusqu’à maintenant. Les relations existantes entre archéologie et politique ont certes déjà pu être abordées dans un certain nombre d’articles parus dans des revues plus ou moins spécialisées. En particulier, les liens avec le nationalisme parfois très virulent dans certains pays ont pu être mis en évidence. Mais au-delà de ces aspects, l’apport de l’ouvrage vient de ce qu’il met en exergue la dimension géopolitique de l’archéologie. Une dimension largement ignorée dans l’ensemble. Entendons-nous. Par géopolitique, il faut comprendre l’ensemble des enjeux de pouvoir, mais aussi d’identité, relatifs à des territoires. Ces enjeux peuvent prendre la forme d’une revendication, d’une domination, ou d’un contrôle sur l’espace. De tels enjeux mettent aux prises des acteurs d’origine et de statuts très variés. Le plus souvent, il s’agit d’Etats. Mais pas seulement. Des organismes internationaux comme de simples citoyens regroupés en association peuvent à leur niveau jouer un rôle dans une certaine configuration géopolitique. Bien sûr, à ce stade, les échelles doivent être prises en compte. Quoiqu’il en soit, au cœur du problème se trouve le territoire. Ce dernier est l’entité de référence à laquelle se rapporte toute analyse géopolitique. Le territoire peut être physique, réel. Mais il peut aussi être « vécu », « représenté » par ceux qui l’occupent. Il existe donc une dimension fortement symbolique du territoire. Or, l’archéologie participe de plein droit de cette approche symbolique du territoire. Les artefacts mis régulièrement au jour, du fait de leur historicité ainsi que de leur patrimonialisation plus ou moins immédiate, renvoie en effet directement au territoire, c’est-à-dire au « sol » compris comme une strate quasi affective à laquelle se réfèrent les populations en général.
“Nos ancêtres les Gaulois…”
Il y a bien longtemps, dans une histoire nationale, on pouvait voir apparaître les Gaulois comme « nos ancêtres ». Une telle affirmation, longtemps inscrite dans les manuels scolaires français, relève d’évidence d’une vision pour le moins simpliste et déformée de l’histoire et renvoie davantage à un « lieu de mémoire » qu’à une véritable histoire scientifique. Il en va de même pour l’archéologie. Un vase, des ossements, des outils ou tout autre objet sorti du sol, évoque pour beaucoup d’entre nous -souvent à tort- une forme de généalogie abstraite propre à créer un lien, un fil conducteur entre les vies passées et la nôtre. Or, un tel lien se déploie sur le territoire, celui là même que nous partageons avec nos aïeux… Prenant acte de telles considérations, nombre de gouvernements ou d’entités diverses, n’ont pas hésité jusqu’à maintenant à jouer sur le ressort géopolitique de l’archéologie. Instrumentaliser cette discipline afin d’affirmer une domination ou un contrôle sur un territoire, tel a été, reste, et sans doute, sera encore l’objectif de bien des dictateurs ou groupes dépourvus d’arguments d’autres natures pour arriver à des fins similaires. L’instrumentalisation peut d’ailleurs prendre plusieurs formes. Il n’est par rare que la science archéologique soit elle-même directement manipulée dans un sens conforme aux intérêts géopolitiques de ceux qui en tirent les ficelles. Dans ce cas, il est instamment demandé aux archéologues d’abandonner toute forme de probité scientifique… si certains archéologues se soumettent volontiers à ce type d’injonction, l’immense majorité d’entre eux ont cependant à cœur de respecter la déontologie de leur discipline. Dans d’autres cas, ce sont les vestiges retirés des fouilles ou déjà entreposés dans des musées qui font l’objet de manipulations. Par leur forte dimension identitaire, ces vestiges peuvent alors se trouver au centre d’intentions franchement géopolitiques. Par exemple, des ossements d’un type particulier ne fournissent-ils pas une preuve d’antériorité sur le territoire d’un groupe politique social ou culturel par rapport à un autre ? On le voit bien, l’archéologie, au cours de sa longue histoire, s’est souvent trouvée et se trouve encore au cœur d’enjeux de nature spécifiquement géopolitique.

S. B. Pouvez-vous donner un exemple significatif ?
J.-P. P. Mille exemples peuvent venir étayer la thèse de l’instrumentalisation de l’archéologie à des fins géopolitiques. Les cas sont si nombreux qu’il a fallu dans l’ouvrage les organiser par catégories. Une telle construction est d’ailleurs parfois apparue comme abstraite, tant l’ensemble des situations analysées relèvent systématiquement de la même démarche. A l’origine, une entité de nature politique, religieuse ou culturelle s’oppose à une autre à propos de tout ou portion d’un territoire. Dans chacun des cas l’archéologie fait irruption à un moment du conflit qui met aux prises les deux parties. Quelle que soit le contexte, l’archéologie est systématiquement appelée à fonder une sorte de « droit historique ». La convocation de la science archéologique ou des vestiges issus des fouilles, dans le cadre d’une sorte de « tribunal géopolitique », permet aux uns et aux autres de se fournir en arguments historiques –donc « dignes de foi »- pour légitimer telle ou telle revendication sur un territoire. Dans de tels cas de figure, l’archéologie est instrumentalisée pour attester d’une priorité, d’une prééminence et au total d’un droit sur le territoire fondé sur un pseudo-ancrage dans le temps. Ce droit peut d’ailleurs avoir un contenu politique, mais aussi culturel et religieux. Nombre d’artefacts, nombre de monuments archéologiques revêtent en effet une dimension religieuse. Souvent d’ailleurs cette dimension renvoie à des religions encore « vivantes » de nos jours. La tentation est grande alors pour ceux qui se réclament de ces religions de faire valoir les objets archéologiques comme preuve indiscutable d’un droit à dominer sans partage le territoire.

Le conflit israélo-palestien, un cas d’école
A cet égard, le Moyen-Orient peut figurer comme un cas d’école. Le conflit israélo-palestinien illustre au premier chef ce type de contentieux géopolitique dont l’archéologie est partie-prenante. Souvenons-nous. La naissance de l’Etat d’Israël en 1948 avait entrainé une première guerre avec ses voisins et en particulier avec les Palestiniens. Le conflit s’était soldé par une victoire israélienne mais a légué aux générations actuelles un conflit qui semble s’aggraver dans un contexte de mondialisation accélérée. Ce point de cristallisation n’est pas sans susciter de nombreuses réactions « identitaires » ou même ceux qui ne présentent pas de proximité immédiate avec l’une ou l’autre des deux parties, réagissent parfois de manière passionnée. Ce caractère émotionnel s’accroit en particulier avec l’utilisation parfois douteuse de l’archéologie. Une archéologie qui met au jour des vestiges rappelant la fondation du royaume de David, ou attestant de la présence de populations non juives dans des temps reculés… Jérusalem, en particulier, cité « universelle », triplement sainte, reste l’objet de toutes les convoitises. Comment des fouilles sous la ville pourraient-elles passer inaperçues ? Sous le feu des projecteurs, les campagnes archéologiques menées dans les quartiers les plus sensibles, ne peuvent paraître anodines tant elles représentent un enjeu géopolitique considérable. Outre le statut de la ville, c’est, pour certains, de l’existence même de l’Etat d’Israël dont il est question. Mais le Moyen-Orient ne se limite pas à la question israélo-palestinienne. L’Irak, à l’époque où le pays était encore sous la domination de Saddam Hussein, a fait la preuve lui aussi qu’il était possible de tirer un grand profit géopolitique de l’archéologie. Le rais irakien n’a-t-il pas remis au goût du jour l’épopée de l’empire de Nabuchodonosor ? Quel fut son objectif si ce n’est, à travers en particulier la reconstitution de la cité de Babylone, d’affirmer à la face du monde le caractère irakien de la « 21e province » de l’Irak, à savoir le petit Koweït voisin ? Simple déduction : si on admettait que les frontières de l’ancien empire intégraient celles du Koweït actuel, n’était-il pas dès lors légitime de revendiquer ce territoire au nom de l’histoire ? Malheureusement, le Proche Orient n’est pas la seule région du monde où l’archéologie est mise à contribution dans un sens géopolitique…

S. B. : Quelle a été votre surprise ?
J.-P. P. : De toute évidence, ce qui m’a le plus surpris est le caractère historique du phénomène. Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’archéologie est déviée de sa trajectoire. Son instrumentalisation dans un sens politique et en particulier nationaliste est apparu il y a longtemps. Du point de vue géopolitique, il en va de même. J’ai pu faire remonter ce mécanisme à la très haute Antiquité. Nabonide, ultime roi de Babylone savait déjà tirer profit de l’archéologie. Il est d’ailleurs connu comme le premier chef d’Etat à s’intéresser de près à cette discipline. Issu d’un milieu obscur, largement influencé par sa mère, grande prêtresse de Sîn , Nabonide est très vite entré en conflit avec les tenants du dieu Marduk, principale divinité à cette époque. Dans sa soif d’élever le dieu Sîn en concurrent de Marduk, il est évident que Nabonide a voulu affirmer son autorité impériale. Pour ce faire, il n’a pas hésité à lancer une vaste campagne de réhabilitation des temples dédiés à son dieu favori. Mais au-delà de l’affrontement religieux, Nabonide a sans doute cherché, par sa politique archéologique, à se mettre dans le sillage de son ancêtre Hammourabi et par là réaffirmer son emprise sur un immense territoire sujet à de nombreuses séditions. Comme son célèbre prédécesseur, Nabonide a cherché à dessiner une empreinte ineffaçable et originale sur le territoire. Après lui, les empereurs romains ont eux aussi usé du levier archéologique. S’appuyant sur l’héritage mythologique qui voulait que le fondateur de Rome, Romulus se soit établi sur le Palatin, Auguste, fils adoptif de César et premier empereur romain, n’a pas hésité à bâtir son palais à l’endroit même où son illustre devancier avait bâti le sien. Autant dire que, dans ce cas de figure, l’archéologie a servi à assurer un lien de continuité dans le temps. Un lien de prestige propre à confirmer une emprise politique sur l’espace.
L’archéologue et le médecin légiste
Un autre aspect tout aussi étonnant consiste dans le rôle attribué à l’archéologie dans le cadre des missions d’expertise médico-légale des charniers. Comme les chantiers archéologiques plus classiques, les charniers relèvent en effet de méthodes et de démarches propres à la discipline archéologique. L’approche stratigraphique, l’exigence de relevés précis… Toutes les techniques de base se retrouvent dans l’expertise des charniers. Ces derniers se sont multipliés dans l’histoire récente. Que l’on songe à ceux édifiés par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale ou, ceux scandaleux, plus proches de nous, qui ont procédé de la récente guerre de Yougoslavie ou du génocide rwandais. Dans chaque cas de figure, les crimes ont été commis dans des contextes géopolitiques précis. Les charniers constituent donc des preuves a postériori de massacres commis par telle ou telle partie, motivée par tel ou tel enjeu géopolitique. L’archéologue, aux côtés du médecin légiste, intervenant à la demande d’Etats ou d’organismes internationaux, est donc sommé après coup de dire « le droit ». Or, dire qui est coupable, une fois le conflit achevé, ne revient-il pas à nourrir dans un sens ou dans un autre le contentieux géopolitique préalable au conflit, tout en lui donnant une dimension nouvelle fondée sur l’accumulation d’arguments légaux nouveaux ? Comme on peut le constater, le détournement géopolitique de l’archéologie présente de multiples facettes. Des facettes dignes d’étonner le scientifique le plus averti.

Sylvie BLANCHET, le 22 septembre 2010
Copyright septembre 2010-Payot-Blanchet/Diploweb.com.

TABLE DES MATIERES

ARCHEO-POLITIQUE
UNE HISTOIRE ANCIENNE
LE PREMIER HOMME
OBJETS DE LA SOUVERAINETE
LE TRAFIC DES RUINES
L’ARCHEOLOGIE DU DIVIN
DE L’INSTRUMENTALISATION DES RUINES
“L’EFFACEMENT DE L’AUTRE”
DOMMAGES COLLATERAUX
LE RETOUR DES MORTS
GEOPOLITIQUES DE L’ARCHEOLOGIE EN FRANCE
L’EXHUMATION DE LA PASSION POLITIQUE

Passionné d’archéologie, Jean-Pierre Payot est agrégé d’histoire-géographie et formateur au CEPEC International.

Format : Broché
Nb. de pages : 188 p.
Dimensions : 15cm x 21cm x 1,5cm
ISBN : 978-2-361-59002-4
EAN : 9782361590024

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JEUNESSE : LA DOUANE VOLANTE

François Place
Gallimard

Bretagne, 1914. La guerre menace. Une nuit, la charrette de la mort s’arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C’est lui que vient chercher l’Ankou, pour l’emmener au pays dont on ne revient jamais… Quand Gwen se réveille, il est passé de l’autre côté, dans un monde comme surgi du passé.

la-douane-volante

Dans ce pays étrange, effrayant mais fascinant, dominé par la douane volante, il va vivre des aventures extraordinaires. Gwen l’Egaré parviendra-t-il à retrouver sa terre natale ou son destin sera-t-il à jamais lié à Jorn, le redoutable officier de la douane volante? Une fresque magnifique, entre roman fantastique et récit initiatique, dans laquelle François Place révèle toute la dimension de son talent d’écrivain. Avec Gwen le Tousseux, laissez-vous emporter au-delà des frontières du réel et du temps.

Gwen, pauvre jeune pécheur de constitution maladive (d’où son surnom de Gwen le tousseux), rencontre un « rebouteux » qui lui sauve la vie. Ce « rebouteux » va le prendre sous son aile et lui apprendre les rudiments du métier, avant de mourir subitement. Nous sommes à quelques jours de la première guerre mondiale. A peu près au moment où la guerre est déclarée, Gwen se retrouve emporté dans un monde parallèle dans la  grande charrette noire de l’Ankou lui-même. Il n’a aucune idée de l’endroit où il est, il va devoir y apprendre très vite à survivre. Il va d’abord rencontrer Jorn. Jorn qui appartient justement à cette douane volante, sorte de police aux pouvoirs quasi totalitaires. Jorn aux deux visages, parfois mesquin et brutal, parfois généreux et héroïque et qui finalement va jouer le rôle du père absent. Gwen va aussi devoir lutter contre son ignorance, continuer à développer ses dons de « rebouteux », apprendre la médecine. En cela il sera aidé aussi par des « professeurs » hors du commun. Il découvrira les premières prémices de l’amour. Il va grandir…

LU DANS LA PRESSE /
Le Coup de cœur Joëlle Favre-Bulle,
Libraire, Payot-La Chaux-de-Fonds :

« Pour la première fois depuis bien longtemps, je ne sais pas par où commencer mon billet. J’ai lu « La douane volante » quasiment d’une traite, incapable de reposer le roman avant de l’avoir fini et en en ressortant sonnée, la tête remplie des brumes bretonnes. Inutile donc de dire que j’ai aimé, c’est évident, mais je ne sais comment parler de ce roman si poignant. Je vais donc commencer par le livre lui -même en tant qu’objet. Je le trouve vraiment de toute beauté. Le dessin de couverture de François Place lui-même, rappelant ainsi son passé d’illustrateur, le titre en surépaisseur et la qualité de l’impression en fait un objet que l’on aime manipuler. Cela peut paraître idiot, mais cela ajoute sans conteste au plaisir de la lecture.
Ce roman peut se lire à plusieurs niveaux. D’abord c’est un roman fantastique et finalement il peut se lire en tant que tel sans forcément chercher plus loin et c’est déjà un régal. Mais c’est aussi l’initiation d’un jeune, qui va étudier,  lutter contre l’ordre établi, se rebeller, fuguer, aimer, frôler les interdits et être trahi. Il en ressortira grandi et adulte, mais à quel prix ?
On plonge dans ce roman, comme on plonge dans la brume de Bretagne. On est imprégné par ce monde imaginaire peuplé de démons et d’humains. On vit dans cet univers hors du temps au même rythme que Gwen : j’ai eu peur avec lui, j’ai ressenti les mêmes indignations, cette impression de piège, de nasse, j’ai lutté avec lui pour en sortir et j’ai refermé le livre épuisée et éblouie. L’histoire est pleine de poésie, elle est dense et fluide à la fois. L’auteur est un vrai conteur qui vous transporte dans un autre monde qui fait penser à certains anciens tableaux hollandais. L’ambiance y est sombre,  parfois étouffante. Un monde dur dans lequel la médecine fait penser à Molière, dans lequel les amis ne sont pas toujours ceux que l’on pense et où les ennemis se révèlent être finalement plutôt bien attentionnés.
Quel est ce monde ? Est-ce un pays imaginaire crée de toutes pièces par Gwen pour échapper aux horreurs de la guerre ? Est-ce juste un reflet de la folie et des blessures produites par cette guerre meurtrière ?  Un monde qui engloutit les jeunes comme ils ont été « avalés » et détruits entre 1914 et 1918 ? Peut-être…ou pas ! En tout cas on ne sort pas indemne de ce roman vraiment hors du commun. Je ne peux que le conseiller à tous, jeunes ou adultes, c’est vraiment un gros coup de cœur. Un très grand merci à Gallimard Jeunesse de nous avoir fait découvrir ce livre exceptionnel. »

François Place est né en 1957 en France. Illustrateur, il se met bientôt à écrire ses premiers textes, et révèle son talent d’auteur en 1992 avec Les derniers géants, qui recevra de nombreux prix. La douane volante est un récit entre réalité et fantastique, qui nous plonge dans la Bretagne du début du XXe siècle.

Format : Broché
Nb. de pages : 333 p.
Dimensions : 15,5cm x 22,5cm x 2,3cm
ISBN : 978-2-07-062815-5
EAN : 9782070628155

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J’ARRETE DE ME RONGER LES ONGLES

Comment stopper définitivement mon onychophagie
Bertrand Labes
Chariot d’or

Une méthode pour arrêter l’onychophagie, maladie qui concerne 10 à 15 % des adultes, basée sur un programme d’action et des exercices d’application.

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Tout le monde s’est, un jour ou l’autre, rongé les ongles, notamment pendant l’adolescence. Pour beaucoup, cette manie n’a duré que quelques mois, au pire quelques années. D’autres, au contraire, continuent à l’âge adulte. Ils offrent alors à la vue de tous des doigts malmenés et des ongles littéralement déchiquetés. Ils ne peuvent plus se défaire de cette mauvaise habitude dont les conséquences sur la santé sont nombreuses : propagation de maladies infectieuses, panaris, déformation des doigts, problèmes dentaires, etc.

Voici, pour la première fois en langue française, une méthode simple et très efficace pour enfin arrêter une onychophagie envahissante qui concerne aujourd’hui de 10 à 15 % des adultes.

Tout au long de votre lecture, ce petit guide vous permettra de prendre conscience de ce problème qu’est l’onychophagie, cerner votre dépendance pour composer un programme d’action en douceur et le mettre en application. Grâce à cette méthode, vous pourrez vaincre définitivement cette manie de porter vos doigts à la bouche, avec les résultats désastreux que l’on connaît, tant sur le plan physique que psychologique. Grâce à ce petit livre, prenez conscience de ce problème qu’est l’onychophagie ; cernez votre dépendance ; renforcez votre motivation ; composez un programme d’action en douceur et mettez-le en application…

SOMMAIRE

GENERALITES :
Qu’est-ce que l’onychophagie ?
La structure de l’ongle
L’ongle, révélateur de problèmes de santé
LES FORMES :
Les débutants et occasionnels
Les personnes confirmées
Une dépendance variable
Une gestuelle acquis
Le stress
LES CONSEQUENCES :
La porte ouverte aux infections
Les problèmes dentaires
La déformation des doigts
L’image de soi renvoyée aux autres
UNE APPROCHE RAISONNEE :
Des solutions ou pas ?
Les prothèses : un palliatif temporaire
Des aides substantielles : vernis, lime, onglerie…
L’hypnose, les thérapies comportementales…
Les secours homéopathiques et médicamenteux
Le cas des enfants
UN PROGRAMME SUR MESURE :
La motivation, clef du succès
La mise au point d’un programme
Les pièges à éviter
L’APPLICATION DE CE PROGRAMME DES AVANTAGES ACQUIS :
Le rôle de l’entourage
La confiance retrouvée
Soigner ses ongles… et son apparence
Changer ses habitudes

Après des études d’économie et avoir travaillé treize ans dans une librairie-papeterie-journaux, Bertrand Labes s’est dirigé vers l’écriture, notamment de guides ou de livres originaux. Parallèlement à ces créations, il travaille pour des écrivains ou des éditeurs.

Nb de pages : 119 p.
Dimension : 16 x 10 cm
ISBN : 978-2-911806-91-9
EAN13 : 9782911806919

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HOBBES ET LE SUJET DU DROIT - CONTRACTUALISME ET CONSENTEMENT

Julie Saada
Jean-François Kervégan (Préfacier)
CNRS Editions

La réflexion sur le droit peut-elle saisir son objet comme s’il se déployait dans une sphère autonome, ou bien doit-elle rapporter la logique juridique aux usages politiques qui en sont faits ? Partant de cette question, Hobbes et le sujet de droit met en lumière la rationalité juridique développée par Hobbes, rarement étudiée comme telle.

hobbes-et-le-sujet-de-droit

Le philosophe rompt en effet avec les doctrines classiques de la loi pour penser l’autonomie du droit et le type de normativité qu’il instaure. Faisant de la volonté de l’individu la racine de l’ordre juridique institué, Hobbes construit une théorie inédite de l’obligation et une pensée du contractualisme centrée sur l’affirmation du sujet de droit, cette autre figure de la subjectivité.

Mais cette pensée d’un sujet fondateur de l’ordre politique n’engendre-t-elle pas de nouvelles formes d’assujettissement ? Inscrit dans un système représentatif, jouissant d’une liberté négative plutôt que d’une absence de dépendance, le sujet de droit n’en vient-il pas à consentir à sa propre servitude ? Telles sont les interrogations qui traversent cet ouvrage et orientent une lecture politique de ce moment décisif de la rationalité juridique moderne.

LE MOT DE L’EDITEUR :
Une étude magistrale, plus actuelle que jamais, sur le grand philosophe du contrat social, à l’heure où la mondialisation atomise les sociétés et déchaîne l’individualisme.
Une pensée juridique qui a révolutionné l’histoire de la philosophie. Un maître ouvrage, le Léviathan, qui fonde l’ordre social sur un pacte entre les individus : animé par la crainte et le désir, l’homme doit sortir de l’état primitif et construire une organisation sociale sur les bases de la raison, et de la raison seule. Passage de l’état de nature à l’état civil. Passage d’une conception providentialiste de la souveraineté à une théorie qui fonde la légitimité du pouvoir sur autre chose que la religion ou la tradition. Hobbes, ou la volonté individuelle comme fondement de l’obligation. Hobbes, ou la tradition sceptique contre Aristote et les stoïciens. Hobbes, notre contemporain.

Faisant dialoguer l’histoire, la philosophie et la théorie du droit, Julie Saada signe une étude de grand style sur le fondateur du positivisme juridique, dont la pensée nourrit aujourd’hui les débats sur la notion d’obéissance, la détention préventive ou l’Etat de droit.
Comprendre Hobbes pour comprendre le présent. Un grand livre de philosophie.

Julie Saada est maître de conférences à l’université d’Artois et directeur de programme au collège international de philosophie.

Format : Broché
Nb. de pages : 250 p.
Dimensions : 15,1cm x 23cm x 2cm
ISBN : 978-2-271-06960-3
EAN : 9782271069603

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GUILLAUME TELL, DEUX FLECHES ONT SUFFI

Bertrand SOLET
SEUIL

Entre 1307 et 1315, la Suisse est occupée par les Habsbourg d’Autriche en la personne du roi Albert Ier. Les représentants de trois territoires, Uri, Schwyz et Unterwald décident de fomenter un plan pour se débarrasser de l’oppresseur. Guillaume Tell va cependant perturber leur plan pour devenir une figure de l’indépendance du pays.

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« Guillaume Tell leva lentement son arme. Le trait siffla dans les airs, atteignit la cible en plein cœur. La foule hurla de joie. » Suisse, 1307. Les Autrichiens règnent sur le territoire. Guillaume Tell et ses compagnons refusent de se soumettre aux oppresseurs. Guillaume Tell commet l’irréparable en refusant de saluer le symbole du pouvoir mis en place et en tuant le bailli Gessler. Ces affrontes signent le début de la révolte.

Le peuple s’allie pour retrouver une Suisse libre… Bertrand Solet nous entraîne à la découverte d’un pays méconnu à travers son plus célèbre héros de légende. A partir de 10 ans.

LU DANS LA PRESSE :

Guillaume Tell maniant l’arbalète au nom de la liberté de son pays : sans doute une légende… Il n’en reste pas moins que l’homme est devenu l’une des figures emblématiques de l’histoire suisse ! Un roman vivant et bien documenté. [Dès 9 ans].
Emeline Cardoni Gommeret, Libraire, Payot-Yverdon-les-Bains

Bertrand Solet est l?un des auteurs pour la jeunesse les plus reconnus dans le domaine du roman historique. Ses personnages se veulent toujours conscients des réalités, actifs, libres. Il sait raconter leurs histoires et il a le sens de l?Histoire. Il a déjà publié 2 romans dans la même collection : Les Prisonniers de Pompéi (2008) et Farces à Venise (2009).

Format : Broché
Nb. de pages : 120 p.
Dimensions : 13cm x 20,5cm x 1,1cm
ISBN : 978-2-02-100977-4
EAN : 9782021009774

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GESTION DES RISQUES EN SECURITE DE L’INFORMATION

Mise en œuvre de la norme ISO 27005
Anne LUPFER
Eyrolles

Comment évaluer le risque pour les SI d’entreprise ? Quels risques doit-on accepter de prendre ? La gestion des risques en sécurité de l’information, recommandée par de nombreux référentiels comme la norme ISO 27001, est en train de devenir une obligation pour les responsables de la sécurité de l’information (RSSI), les directeurs des systèmes d’information (DSI), et bien d’autres acteurs de l’entreprise.

gestion-des-risques-en-securite-dinformation

Après les démarches locales, comme Ebios et Mehari en France, la norme ISO 27005, première méthode de gestion des risques structurée et normalisée, est appelée à s’imposer. Facilement accessible, elle propose une approche continue (au quotidien, dans la durée), systématique, pragmatique et adaptée à la réalité complexe des entreprises actuelles.

S’appuyant, tout comme la norme, sur des scénarios d’incidents réels, ce guide de mise en œuvre ISO 27005 dévoile l’essence des années d’expérience et de savoir-faire de l’auteur, et constituera une aide précieuse pour la certification ISO 27005 Risk Manager.

Si ce livre est un complément indispensable de la compréhension de la norme 150 27005, le texte original de la norme reste disponible auprès des organismes de normalisation.

Sommaire

LA NORME ISO 27005
Une norme bien particulière
Présentation générale
Définitions préalables
LES ETUDES DE CAS
Les risques dans les projets
Les risques et la continuité
L’organisation et la sécurité
LA NORME ISO 27005 ET LES AUTRES REFERENTIELS
Ce qu’il faut savoir sur les normes ISO
Interopérabilité entre les normes ISO 27001 et ISO 27005
Intéropérabilité entre la norme ISO 27005 et les normes ISO 20000-1, ISO 38500 et ISO 31000

Après une expérience de gestion des risques dans l’assurance, Anne Lupfer, ingénieur diplômée de l’ECE, a créé la formation en gestion des risques en sécurité chez HSC (Hervé Schauer Consultants), préparant de nombreux stagiaires à la certification ISO 27005 Risk Manager. Ayant assisté Hervé Schauer au sein du processus d’élaboration de la norme, elle a été l’une des premières à mettre en œuvre concrètement la méthode ISO 27005 en clientèle. Depuis 2009, elle a rejoint un grand groupe pour lequel elle met à profit son expérience acquise en gestion des risques.

Preface De Herve Schauer
Format: Broché
Dimension : 230 x 165 x 16  cm
Nombre de page(s) : 229 p.
ISBN: 9782212125931
EAN13: 9782212125931

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LE PETIT LAROUSSE 2012 FAIT PEAU NEUVE !

Avec AFP.

Hessel, auteur du best-seller “Indignez-vous!”, le ténor Roberto Alagna, ou encore les acteurs Denis Podalydès et Kristin Scott Thomas font leur entrée dans le Petit Larousse 2012, aux côtés de 60 personnalités et de 3.000 nouveaux mots.

larousse

Le Petit Larousse “a bénéficié d’une refonte complète de sa nomenclature, un énorme travail qui se déroule tous les dix à douze ans et prend de deux à trois ans”, précise à l’AFP Carine Girac-Marinier, directrice du département Dictionnaires et Encyclopédies chez Larousse.
L’armée de lexicographes et de conseillers scientifiques de Larousse a inclus dans cette édition 3.000 nouveaux mots, sens ou expressions et admis quelque 150 nouveaux noms propres dont plus de 60 artistes, écrivains, scientifiques ou sportifs.

Parmi les heureux élus, figurent Marie Ndiaye, Goncourt 2009, l’écrivain d’origine haïtienne Dany Laferrière ou le dissident chinois Liu Xiaobo mais aussi Leonardo DiCaprio, Charlotte Gainsbourg ou Lambert Wilson.
Certains y font une entrée tardive: Stéphane Hessel, 93 ans, le généticien Albert Jacquard, 85 ans, Steve Jobs, patron et co-fondateur d’Apple, Venus et Serena Williams, l’écrivain Marek Halter ou le cinéaste anglais Ridley Scott, auteur du film culte “Blade Runner” en 1982.
Figurent aussi désormais trois générations de Chedid, avec l’arrivée de Louis et Matthieu, alias M, après leur mère et grand-mère Andrée Chedid, poète disparue en février.

Parmi les nouveaux mots gourmands, la “caïpirinha”, cocktail brésilien, côtoie la “chorba”, soupe servie le soir pendant le ramadan, le “malossol”, gros cornichon au vinaigre doux venu de Russie, ou encore le “gravlax” scandinave, saumon cru mariné avec de l’aneth.
Moins appétissants, entrent en 2012 le “filovirus”, en forme de filament, dont fait partie le redoutable virus Ebola, le “corium”, amas qui se forme lors d’un accident nucléaire grave, ou la “génotoxicité”, quand une substance ou un rayonnement altère le génome d’êtres vivants.

Les mots “gagnant-gagnant” ou “papy-boomeur” (baby-boomeur qui atteint l’âge de la retraite) sont devenus familiers. D’autres sont plus ésotériques comme “animatique”, application des nouvelles technologies au cinéma, “cléricature”, ensemble d’experts dans un domaine, ou “orthorexie”, trouble de l’obsession de la qualité des aliments absorbés…

Petit mais costaud, le Larousse illustré comporte au total : 62.000 noms communs, 28.000 noms propres, 150.000 définitions, 5.000 illustrations, un atlas de 350 cartes mises à jour et 128 pages de planches encyclopédiques illustrées.
Sans oublier les incontournables pages roses qui accueillent proverbes, mots historiques, locutions latines et étrangères.

“La maquette a été revue en profondeur pour être plus lisible et attractive, la couverture +en 3D+ est aussi nouvelle”, explique Mme Girac-Marinier, qui précise que le tirage du millésime 2012 est de 700.000 exemplaires.
“Chaque minute, plus d’un Petit Larousse est vendu en moyenne et il représente, selon Ipsos, 80% du marché des dictionnaires”, se félicite-t-elle, soulignant que “l’année des refontes, on constate une hausse de 20%”.

L’édition 2012 cache aussi deux “intrus” dans sa nomenclature qui pourront rapporter gros à celui qui les découvrira.

(Le Petit Larousse illustré - 1.984 p. - petit format 29,90 euros, grand format 44,50 euros)

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GAULOIS ET GALLO-ROMAINS A VERTILLUM. 160 ANS DE DECOUVERTE ARCHEOLOGIQUES

Jacky Bénard , Martine Méniel , Christophe Petit , Collectif
Infolio

Une documentation considérable a été accumulée lors des fouilles conduites sur le site archéologique de Vertault (Côte-d’Or), entre 1846 et 1938.
Cet ouvrage abondamment illustré met à la disposition d’un large public les principaux enseignements que l’on peut tirer de cette documentation.

gaulois-et-gallo-romains-a-vertillum

A la fin de l’indépendance gauloise, le site fut d’abord celui d’un oppidum secondaire des Lingons, puis pendant toute la période gallo-romaine celui d’un chef-lieu de pagus, Vertillum. Vertault est un exemple unique au nord des Alpes d’agglomération dont on peut lire le plan quasi intégralement ; ce plan est restitué à partir des croquis annuels de fouilles et des données des prospections aériennes.

Il permet de saisir l’organisation du tissu urbain (voierie, place, monuments publics) et celle de plusieurs dizaines de maisons. L’étude, par des spécialistes, de l’abondant et riche mobilier déposé au musée du Pays châtillonnais, permet de redonner vie au quotidien de ce passé, aussi bien dans le domaine privé que dans les activités de production et d’échanges. L’enseignement des fouilles anciennes est heureusement complété par deux fouilles récentes menées à proximité immédiate de l’oppidum.

L’une a retrouvé, sous un temple gallo-romain, des dépôts de chevaux et de chiens enfouis dans des fosses après sacrifice. L’autre a exploré un site principalement d’époque gauloise qui a dû fonctionner, pendant un temps, comme site de banquets rituels. Sur ce site, l’étude conjointe des données archéologiques et géologiques a permis de mettre en évidence la forte incidence des activités humaines sur l’environnement : en quelques décennies du premier siècle de notre ère, le paysage naturel de la plaine alluviale de la Laigne a été définitivement transformé.

TABLE DES MATIERES

Historique des recherches : 1846-2005
L’Oppidum et la ville Gallo-romaine
L’environnement de la ville

Jacky Bénard, docteur en archéologie et histoire de l’art, a dirigé pendant vingt ans divers chantiers de fouilles sur le site d’Alésia (oppidum, ville gallo-romaine et lignes du siège de 52 av. JC.). Martine Méniel a réuni la documentation et constitué la base de données sur l’ensemble des fouilles de Vertault. Christophe Petit, maître de conférence à l’Université de Bourgogne, géologue et archéologue, dirige de nombreux travaux sur l’impact des activités de l’homme sur son environnement.

Format : Broché
Nb. de pages : 174 p.
Dimensions : 16,8cm x 23,3cm x 1,3cm
ISBN : 978-2-88474-191-0
EAN : 9782884741910

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