Archives de la catégorie Revue de presse littéraire

L’AIR DE TON NOM ET AUTRES POEMES (1986-2011)

Humbert
Bernard Campiche Editeur

lair-de-ton-nomJean-Dominique Humbert, «ce poète qui croit au pouvoir de la délicatesse», sort un recueil de ses textes. Un recueil de poème ? Un roman !

PRESENTATION

L’Air de ton nom et autres poèmes, un recueil qui invite au ressourcement. Jean-Dominique Humbert saisit les mots. Délicatement, comme l’aile d’un papillon. Avec légèreté. Avec respect. Avec amour. L’image, peu à peu, se révèle. Les idées se colorisent. Le tableau prend forme. L’espace se remplit. Imperceptiblement. Dans toutes ses dimensions. Impression de plénitude. Jean-Dominique Humbert cisèle les mots, à l’image d’un artisan.
Selon Jean Roudaut, sa poésie est «celle du mieux perçu» et comporte «ce sens de la lenteur énergique et discrète». Parcourir ce recueil, c’est aussi prendre la liberté de savourer un voyage teinté de subtilité et parfumé de volutes sensuelles. Une âme semble se promener au milieu de ses poèmes. Discrètement. En filigrane. Et pourtant omniprésente. Celle de feu son père? Un indice peut-être… Ce père qui aimait lire dans le «pavillon Flaubert» de son chalet, lieu également où le fils, poète, aime se recueillir.
Bernard Campiche met en lumière de magnifiques poèmes tels «L’Étendue», «L’Exilée», «Les Éphémères», «Vernicourt», «L’Été dernier»,  L’Air de sa venue», «Traversées», «La Nuit l’été», «Comme tu vas cet autre été», «Où se dirait la demeure», «Au passage du pré».
Sur un banc, au bord du lac, ici ou ailleurs, cette poésie nous enchante à toute heure du jour ou  «entre le ciel et la nuit»…

SOMMAIRE

L’Étendue
L’Exilée
Les Éphémères
Vernicourt
L’Été dernier
L’Air de sa venue
Traversées
La Nuit l’été
Comme tu vas cet autre été
Où se dirait la demeure
Au passage du pré
L’Air de ton nom

EXTRAIT

LENTE, LOINTAINE

Quand elle vient lente et lointaine
c’est le pré sous la pluie

Le premier pas du jour
qu’on croyait disparu

La marche du ciel
dans le long nuage,
l’eau, l’herbe, et la terre qu’on espère
si ce n’est la promesse du pommier
où grimpe la fleur de mai

*

AUX FONTAINES

Quand elle vient joyeuse
la voix qu’elle donne au vent
emporte le chant du jour

dans l’air des fontaines
le ciel est dans sa main
l’haleine du matin

Qui vient aux fontaines
va son chemin au gré du vent

Où chante une voix d’argile
Le ciel est à portée de main

L’AUTEUR

Né en 1958 à Fribourg. Il a publié depuis 1976 plusieurs recueils de poèmes, parmi lesquels L’Étendue,  L’Exilée,  Vernicourt, que l’on trouvera dans ce volume qui s’accompagne de suites parues en revues et d’un inédit,  L’Air de ton nom. Plusieurs de ses textes ont été mis en musique par des compositeurs : Henri Baeriswyl, Jean-Claude Charrez, André Ducret, Dominique Gesseney-Rappo, René Oberson et notamment Josef Haselbach. Il est l’auteur d’une traversée de ville, Fribourg clair-obscur et de récits, Si tu venais.
Il a collaboré dès 1981 à plusieurs journaux, dont La Liberté, ainsi qu’à des revues – la Revue de Belles-Lettres, Écriture – et enseigné près de vingt ans à l’Institut La Gruyère. Depuis 1998, il est rédacteur en chef adjoint, à Bâle, de l’hebdomadaire Coopération.

Parution : 4 novembre 2011
ISBN : 978-2882413024
Prix : 8,50 €

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ELOGE DE LA VULGARITE

Claude Cabanes
Rocher

eloge_de_la_vulgarite_01« Je suis un dandy et je vomis la vulgarité. J’appelle à un soulèvement de l’esprit pour la défense du style, de la droiture et de l’élégance. »

PRESENTATION

« Descends, si t’es un homme ! ». Il n’est pas descendu. Mais l’apostrophe du Président de la République à un inconnu qui l’agressait verbalement au cours d’une sortie publique, ponctuait et officialisait en quelque sorte une autre descente : la dégringolade générale vers les cloaques de la vulgarité. Oh certes, ce type de mise en demeure sonore est plutôt banal dans la vie ordinaire. Il ne l’est pas, asséné par le Chef suprême de l’Etat : un langage et une posture grossières affectent la plus solennelle des fonctions. Piétinent sa dignité. Comme si une sentinelle, la dernière face à l’obscénité générale, désertait…
Bien sûr, nous n’allons pas jouer les chochottes coincées ni les puritains blêmes. Mais enfin, quand les troupes de la trivialité, de l’impudeur et du cynisme occupent nos écrans, défilent dans les salons les plus huppés, exhibent le spectacle de revenus indécents comme on promeut de la barbaque, corrompent les esprits, pourrissent la langue, notre langue – notre langue chérie – font étalage de l’intimité jusqu’à transformer le « moi » en porcherie, financent l’immondice sur papier glacé ou en « prime time », hissent sur le podium des héros du « people game », nous appelons à un front contre la vulgarité (ah, ce « nous », comme si j’entendais des voix…).

EXTRAIT

La sentinelle

« Descends, si t’es un homme ! » Il n’est pas descendu. Mais l’apostrophe du président de la République à un inconnu qui l’agressait verbalement au cours d’une sortie publique ponctuait et officialisait en quelque sorte une autre descente : la dégringolade générale vers les cloaques de la vulgarité. Le «casse-toi, pauvre con !», dans la même bouche et dans une circonstance identique, consacrait la mauvaise pente. Oh ! certes, ce type de mise en demeure sonore est plutôt banal dans la vie ordinaire. Il ne l’est pas, asséné par le chef suprême de l’État : un langage et une posture grossières affectent la plus solennelle des fonctions. Piétinent sa dignité. Comme si une sentinelle, la dernière face à l’obscénité générale, désertait…
Bien sûr, nous n’allons pas jouer les chochottes coincées ni les puritains blêmes. Nous ne bramons pas au retour de l’œillet à la boutonnière, nous ne gémissons pas de la disparition des glaïeuls du paysage floral, nous ne rêvons pas de curés en soutane de soie ni d’enfants de chœur amidonnés dans l’encens, qui chantent dans les rues. Mais enfin, quand les troupes de la trivialité, de l’impudeur et du cynisme occupent nos écrans, défilent dans les salons les plus huppés, exhibent le spectacle de revenus indécents comme on promeut de la barbaque, corrompent les esprits, pourrissent la langue - notre langue chérie… - font étalage de l’intimité jusqu’à transformer le «moi» en porcherie, financent l’immondice sur papier glacé ou en prime time, hissent sur le podium des héros du people game ceux qui se traînent à genoux vers la pâtée et vers la niche… Donc, nous appelons à un front contre la vulgarité (ah, ce «nous», comme si j’entendais des voix…). «Il est éloquent comme un bœuf et beau comme un boucher», écrivait Hugo d’un de ces affairistes nouveaux qui faisaient ventre de tout dans Paris après la Commune. Les revoilà : les faiseurs de fric à la louche, qui dégomment les capitaines d’industrie. Dans l’Histoire, les Restaurations sont toujours des affaissements : plus rien ne va droit; les dindons nihilistes tiennent la rampe et démolissent les colonnes vertébrales; le cynisme provincial instille son poison : on ne vit plus, on calcule.

L’AUTEUR

Claude Cabanes est né le 29 avril 1936 dans le Gers. Chef de la rubrique culture, puis rédacteur en chef adjoint de l’Humanité dimanche, il est devenu rédacteur en chef de l’Humanité pendant seize ans quand celle-ci était encore l’organe central du Parti communiste français. Le 11 décembre 1998, il est promu à la direction de la rédaction. En 2006, il devient éditorialiste de ce quotidien, ainsi que chroniqueur de l’émission « On refait le monde » sur RTL. Depuis sa création en 2007, il écrit régulièrement dans le journal Service littéraire et donne également des chroniques sur I-Télé. Il se définit lui-même comme communiste et a fait paraître en 2005 son premier roman, Le Siècle dans la peau aux éditions Buchet-Chastel.

LA COLLECTION ELOGE DES EDITIONS DU ROCHER

C’est une évidence, tout vice a sa vertu. Notamment celle de susciter des commentaires. En fait, tout est dans tout. Le revers de la médaille, le défaut de la cuirasse, l’envers du décor : voilà ce qui compose - ou décompose - admirablement l’âme humaine. Ces défauts, cela va de soi, sont des péchés. Capitaux ou capiteux, ils contreviennent aussi bien aux lois religieuses et à l’éthique philosophique qu’aux volontés divines. Mais ils sont l’apanage de l’homme. Cette collection ne se propose évidemment pas de plébisciter la vulgarité, l’imposture, le nihilisme, la trahison, la sauvagerie, la tricherie, la luxure, l’arrogance, la duplicité, le snobisme, la perversité, la lâcheté, l’infidélité, l’indiscrétion, l’indifférence ou tout autre travers que l’on trouve en si grande abondance dans le panier de la ménagère, lequel est aussi le coeur des hommes. Elle se propose tout simplement de savoir tirer le meilleur du pire ou, mathématiquement, le plus du moins. Sous le voile transparent de l’ironie, c’est chose faite. Avec « Éloge », une certaine morale y trouve son compte. On peut même dire qu’elle est bien servie. Et cela grâce à l’humour, au talent et au style d’écrivains qui, par l’alchimie du paradoxe, ont su dénicher la qualité d’un défaut, le défaut d’une qualité, ou encore le défaut d’un défaut, ce dont nul ne pourra se plaindre François Cérésa

Titre déjà paru : Éloge du contraire, de FRANÇOIS BOTT.

Parution : 13 mai 2011
Format : Broché
Nb de pages : 135 p.
ISBN-10: 2268071359
ISBN-13: 978-2268071350
12,90 Euros.

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LETTRES 1961-1978

Cioran, Guerne
Editions de L’Herne

lettres-1961-1978PRESENTATION

Sans jamais se départir d’une liberté de ton à la fois incisive et drôle, cet échange épistolaire mêle anecdotes et réflexions métaphysiques, évocations d’accidents quotidiens et jugements sur l’histoire contemporaine, récits de potins littéraires et réflexions diverses sur la difficulté d’écrire, souvenirs et états d’âme, confessions et accès de rage.
D’abord témoignage d’une profonde amitié, il est pour le lecteur l’occasion de (re)découvrir un Cioran d’une extrême bienveillance, s’inquiétant, par exemple, de l’état de santé de son ami et lui prodiguant des conseils si précis, si éclairés qu’on les dirait inspirés du Vidal ou extraits de quelque ordonnance médicale !
Qu’on se rassure pourtant : le Cioran attentionné, plein d’affection qu’on sent au fil des lettres sait, ici encore, régaler son destinataire de formules sarcastiques, de pointes assassines qui sont autant de coups de gueule poussés contre l’homme et l’univers.

Guerne et Cioran se seraient rencontrés à Paris au début des années cinquante. Dans les années 60, Guerne quitte Paris pour s’installer avec sa compagne, au Vieux Moulin dans le Lot-et-Garonne. Cioran, lui, reste invariablement à Paris avec Simone. Dès lors, les lettres s’enchainent et révèlent leur vie pour le moins différente: Cioran enchaine les visites obligées qu’il hait, Guerne célèbre cette solitude loin de Paris; Cioran se montre dilettante, Guerne se livre à un travail acharné qui l’épuise; Cioran parvient à vivre décemment, Guerne accumule les difficultés financières.

EXTRAITS

Guerne n’étant pas en reste sur le sujet et jouissant d’une plume tout aussi tranchante, le lecteur savoure l’énergie qui se dégage de ce dialogue à la fois vif, chaleureux et imprégné de culture.

« Au Vieux Moulin, le 2 février 1970
Mon cher Cioran,
Ce Libanais qui vous avait téléphoné pour avoir mon adresse ne m’a jamais écrit. C’est généralement comme cela - et je peux dire que chaque fois qu’une lettre de cette sorte m’est annoncée ; je l’attends toujours. Même procédé de la part de Mme Cixous – qui a attrapé un prix dans l’intervalle, tout comme Ionesco l’Académie. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ? Ces maladies-là, cela devrait se soigner. »

LU DANS LA PRESSE

“Un Kärcher de l’esprit” pour le Figaro Littéraire.
Extrait : “Cioran n’est pas sans descen­dance. Le scepticisme en vogue d’Houellebecq rappelle celui du maître mais c’est un scepticisme médiatiquement avachi quand ­Cioran est dardé sur sa cible, dans un désespoir jubilatoire. Son style plutôt que celui d’un classique est celui d’un baroque acéré, armé d’une balistique d’adjectifs, d’antithèses et d’allitérations qui taillent les utopies à la hache. Ces aphorismes cruels sur l’amour ont fait sa gloire, mais ces sentences pour dîners en ville ne doivent pas cacher la profondeur de ses coups de sonde qui le mettent au niveau de Pascal, de Schopenhauer, de Nietzsche et de Lao-tseu. C’est pourquoi, il faudrait faire tous les ans une petite cure de Cioran plus décapante pour les lipides et les ballonnements de la pensée que n’importe quelle thalassothérapie chic. Car Cioran est un Kärcher de l’esprit.”
(Par Patrick Grainville, Le Figaro littéraire).

“L’Académie va en avaler son dentier” sur la république des livres.
“On voit par là que l’Académie mérite bien sa réputation de maison d’infinie tolérance. Et là-dessus, roulements de tambours dans un concert de sifflements de sonotones ! D’aucuns se sont damnés pour jouir de cet insigne honneur. Ce syndrome est de tous temps. Dans une lettre du 9 mars 1964, qui figure dans sa correspondance avec Armel Guerne qui vient de paraître (Lettres, 1961-1978, L’Herne), Emil Cioran écrit :
« Je suis sorti indemne des épreuves académiques ou autres. Au cocktail offert après la Réception je ne suis resté qu’une minute en tout et pour tout. Il est à peine concevable qu’on puisse se prêter à des cérémonies aussi ridicules et aussi funèbres qui, je l’ai remarqué avec quelque soulagement, n’intéressent que les femmes. Seul moment curieux sous la Coupole : l’entrée des académiciens, saluée par la fureur des tambours. Une véritable cour des Miracles… Ces octogénaires en uniforme, difformes, éclopés, aux gueules haineuses et sinistres, on les voit beaucoup mieux en clochard, sur le quai d’en face, autour d’une bouteille de rouge »
(Par Pierre Assouline sur son Blog du Monde).

E.M. Cioran  est né  le 8 avril  1911 à Rasinari (Roumanie) d’une mère athée et d’un père, pope orthodoxe. A 22 ans, il publie son premier ouvrage Sur les cimes du désespoir puis Le livre des leurres. Son troisième ouvrage très antireligieux Des larmes et des saints fait scandale dans son pays. En 1936, paraît La transfiguration de la Roumanie. On lui doit une vingtaine de livres, dont également : Précis de décomposition (1949) et De la France (2009). Cioran s’installe définitivement à Paris en 1941, et  se consacre à l’écriture, vivant très modestement à l’écart de la vie parisienne. Il fréquente des penseurs et des écrivains qui lui sont proches tels que Ionesco, Eliade, Beckett et Michaux notamment. Il rédige désormais ses ouvrages, principalement composés d’aphorismes dans un français extrêmement ciselé. Cioran publie, en 1987, son dernier ouvrage Aveux et anathèmes. Il meurt en 1995 à Paris.

Armel Guerne (1911-1980), poète et traducteur suisse de langue française, a été un temps professeur en Syrie, pour enseigner ensuite à la Sorbonne et fonder avec Roger Frétigny le Groupe d’études psychologiques. Son premier livre Oraux est publié en 1934. Il traduit de nombreux auteurs, notamment Novalis, Rilke, Hölderlin, les frères Grimm, Melville, Virginia Woolf, etc., tout en poursuivant son œuvre personnelle. On lui doit notamment : Les Jours de l’Apocalypse (1967), Au bout du temps (1981), Le Poids vivant de la parole (1983), etc.

Nb de pages : 286 p.
Parution : Janvier 2011
Format : Broché
Dimensions : 20.9 x 11.9 x 2.0 cm
ISBN : 9782851979056
EAN13 : 9782851979056
Prix : 19 euros.

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