Archives de la catégorie Romans

BREVES DE PANTHEON - SARAH BERNHARDT ET GEORGE SAND

Maguy Gallet Villechange
Société Des Ecrivains

visuel-breves-de-pantheonPRESENTATION

« Chère Madame, Vous me voyez bien ennuyée avec ces idées farfelues – soi-disant “modernes” – qui veulent m’empêcher, désormais, de reposer en paix dans ma vallée noire, là où je suis toujours revenue déposer mes soucis, mes ennuis, mes déceptions, là où je me réfugiais pour travailler, m’évader de la ville, dans la paix des champs, près des gens simples et authentiques. Voilà, en quelques lignes, de quoi il s’agit : il est question de mon transfert à Paris et, bien que je n’aie plus mon mot à dire, j’aimerais, néanmoins, avoir votre avis sur la question. »

En se basant sur la question du transfert de la sépulture de George Sand au Panthéon, l’auteur imagine une correspondance entre cette dernière et une autre immense figure féminine du dix-neuvième siècle : Sarah Bernhardt. On suit avec bonheur l’évolution de leur relation épistolaire, où chacune livre, parfois avec émotion, souvent avec humour, ses états d’âme. Cette double biographie maquillée en correspondance fantomatique est des plus intéressante, extrêmement fidèle et parfaitement documentée. Un splendide hommage à deux artistes talentueuses, mais surtout à deux femmes pleines de vie.

MAGUY GALLET VILLECHANGEAUTEUR

Originaire de Montmorillon, Maguy Gallet Villechange a fait carrière dans l’éducation populaire et le théâtre. Son dernier ouvrage, Brèves de Panthéon, est un dialogue fictif entre l’écrivain George Sand et Sarah Bernhardt, autour du transfert de la sépulture de la première au Panthéon. « Je me suis beaucoup amusée à écrire ce livre et j’espère que les lecteurs s’amuseront aussi, explique l’auteure qui a imaginé les discussions des deux femmes : Elles parlent de leurs hommes, de leur enfance dans des institutions religieuses, de leurs rencontres avec Napoléon III, il y a de nombreux parallèles et aussi quelques engueulades ».

Parution : 10 juillet 2012
Nb. de pages : 156 p.
ISBN : 978-2748385984
Prix : 12 €

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LA COMPAGNE DE RUSSIE

Edouard Moradpour
Editions Michalon

la-compagne-de-russie2Confession intime ? Palpitant !
Préface de Jacques Séguéla.

PRESENTATION

Alexandre, brillant publicitaire français, partage son temps entre Moscou et Paris. Rapidement, il s’imprègne de la Russie postcommuniste, attaché à ses femmes découvrant les excès, les tourments de Moscou. Une succession de portraits de nombreuses jeunes femmes russes, toutes, tour à tour, plus ou moins mystérieuses, conquises par Alexandre, incapable de les aimer, mais trop faible pour les quitter.
En pilier et tournant de l’intrigue, le suicide inexpliqué de la jeune et belle Aliona va jouer un rôle fondamental dans l’évolution du héros. Cette transformation le conduira dans des voies jusqu’ici méconnues de lui. Parviendra-t-il à s’extraire de l’emprise fascinante des poupées russes, elles-mêmes en quête de stabilité, de reconnaissance, de maternité, et auprès de qui elles espèrent trouver enfin un but ?

RESUME

« Je me suis installé à Moscou dans le contexte sulfureux du craquèlement du mur de Berlin. » Alexandre, le héros de La Compagne de Russie, est un séduisant et successful publicitaire français, un peu paumé, qui découvre dans les bras des femmes les excès et tourments de la Moscou postcommuniste, terre adoptive d’Edouard Moradpour.
Personnage attachant et romantique, Alexandre multiplie les rencontres à la recherche de l’amour. En vain. Il est incapable d’aimer toutes ses conquêtes mais trop faible pour les quitter : « Faire l’amour sans amour, j’étais bien le dernier à qui cela pose problème. »
Au cœur de l’intrigue, le suicide inexpliqué de la jeune et belle Aliona va bouleverser notre héros et faire évoluer sa quête dans un sens inattendu. Parviendra-t-il à s’extraire de l’emprise fascinante des poupées russes, elles-mêmes en quête de stabilité, de reconnaissance et de maternité ?

Emission sur France-Info du Mardi 3 Juillet 2012


LU DANS LA PRESSE

La disparition d’un être aimé peut modifier du tout au tout le regard qu’on porte sur la vie. C’est ce que montre Edouard Moradpour (…) dans un premier roman quasi autobiographique.
Un livre d’amour où se mêlent le spiritisme et la découverte des valeurs éternelles.
(Philippe Vallet - France Info « Le livre du jour »)

Un très bon roman qui plonge son lecteur dans un vrai univers, dans le contexte sulfureux de l’effondrement du mur de Berlin et dans les affres d’un séduisant et successful enfant du siècle, qui, à la suite de l’acte fatal et désespéré de sa compagne, perd sa passion de vivre et sa raison d’être et cherche à comprendre l’incompréhensible
Paradoxalement, grâce au talent de l’auteur, le lecteur éprouve compassion et sympathie pour ce Don Juan (…) Peut-être simplement parce qu’il est sincère, authentique et qu’il émane de ce roman beaucoup d’émotions.
(Catherine Merveilleux - www.lejouretlanuit.net)

EXTRAIT

Treize heures. Sur mon téléphone un message du « Chat » : « Que se passe-t-il si l’on prend sept cachets de Mogadon ? »
Mon électrocardiogramme est plat. Il me faut de longs instants pour réaliser ce que me dit le Chat. Avec un geste mécanique, je replace parallèlement mon stylo contre le bloc de feuilles alignées. Si j’avais agi sous le coup de l’impulsion, j’aurais couru jusqu’à la porte de mon bureau, sauté dans ma voiture et serais retourné chez moi dans la minute même. Je n’ai jamais été un impulsif, mes actions ont toujours été pensées. Alors je réfléchis, mûrement, longuement. Le Mogadon, il s’agit de mes somnifères : j’en prends un chaque soir depuis des années car il m’est impossible de m’endormir sans eux. On ne meurt pas en avalant sept Mogadon. Ma première pensée va à ce chiffre sept et à sa symbolique. Il me faut un peu de temps pour en sortir et rejoindre ma voiture en hâte.
Mon chauffeur, Sacha, somnole toujours. Je me contiens, le secoue doucement et lui demande de me ramener chez moi au plus vite. Moscou est une ville désespérément embouteillée, il faut au moins une heure pour effectuer le court trajet qui sépare mon bureau de mon appartement.
C’est long, trop long, avec ce message et les sept Mogadon. Je parviens difficilement à me contenir. Relire le message rédigé en anglais ; le Chat et moi ne nous écrivons qu’en anglais. C’est une sorte d’accord tacite, mots simples dans une langue neutre. Au bout d’une énième lecture, je me rends compte que le Chat me l’avait envoyé plus de deux heures auparavant. Mon angoisse devient lourde et je sens la panique monter de manière incontrôlable. Aurait-elle vraiment tenté de se tuer ? J’appelle sans relâche son mobile et son téléphone fixe, personne ne décroche… La sonnerie s’éternise, aucune voix de l’autre côté du fil.
Il me revient alors en mémoire une conversation, quelques jours plus tôt. Elle m’avait demandé précisément si sept Mogadon pouvaient provoquer la mort. La question m’avait paru absurde et je lui avais répondu d’un ton détaché qu’il en fallait bien plus pour mettre fin à ses jours. J’avais été ridicule ! N’importe quelle personne sensée aurait émis des doutes, se serait souciée du mental de sa compagne après une telle interrogation. J’ai de plus en plus peur. Je contrôle difficilement le tremblement de mes mains. Je ne voudrais pas que Sacha s’en aperçoive. J’ai horreur d’étaler mes sentiments, surtout devant des personnes dont je désire le respect, car certaines peuvent trahir cette image d’homme fort que les gens croient voir couramment en moi.
Sacha connaît son métier. Il a la bonté de ne poser aucune question et conduit de son mieux pour me ramener au plus vite chez moi sous la pression silencieuse de ma panique. Les files de voitures n’en finissent pas de s’agglomérer, je me sens comme pris dans un terrible piège. La chaleur devient suffocante ; je ne peux que baisser la vitre.
La circulation se dégage, la voiture adopte enfin une allure normale. Mes idées redeviennent claires, je suis comme apaisé. Enfin. Le Chat n’est pas mort. Mon pressentiment est juste. Je me laisse aller au froid qui caresse mes joues et ferme les yeux. Pour un peu, je m’endormirais ici, sur la banquette arrière. La voiture marque un nouvel arrêt, la portière de Sacha claque, la mienne s’ouvre.

L’AUTEUR

Edouard Moradpour est né à Téhéran, d’une mère immigrée russe après la révolution soviétique. Il vit à Paris dès son enfance. Il est le père d’une fille dès l’âge de 18 ans, avant de passer son bac. Il se marie deux fois très jeune et divorce.
Diplômé HEC, il commence sa carrière de publicitaire en 1971 chez NCK (devenu depuis FCB), ECOM (Groupe HAVAS), LEO BURNETT, RSCG (où il devient le “Fils de Pub” de Jacques Séguéla) et SAATCHI & SAATCHI.
En 1982 il fonde et dirige l’agence de publicité MGTB (Moradpour Guilder Treguer Bely), agence indépendante à succès qui se classera en 6 ans dans les 15 premières agences en France.
De mère russe et parlant russe, il sent l’appel de la Russie en 1989, au moment où le mur de Berlin commence à se fissurer. Il commence alors sa carrière de publicitaire dans ce pays qui s’ouvre tout juste à la publicité. Il y travaillera 20 ans. Il est reconnu en Russie comme le « Père de la Publicité » et couramment présenté comme le « Séguéla » russe. Il est notamment connu pour être le créateur du slogan le plus connu en Russie auprès du grand public, « Chistota- chisto Tide », pour la lessive leader de Procter & Gamble, Tide.
Ses différentes créations sont même maintenant montrées en exemple dans les livres d’enseignement de la publicité à l’université.
Il est le fondateur et dirigeant de plusieurs agences de publicité à succès à Moscou, dont LEO BURNETT & MORADPOUR MOSCOW (maintenant dans le Groupe PUBLICIS) et enfin EURO RSCG MORADPOUR MOSCOW (Groupe HAVAS).
Après ces vingt dernières années passées en Russie, l’écriture de son premier roman La Compagne de Russie, s’est imposée à Edouard Moradpour, comme une véritable nécessité et un témoignage inévitable.

Parution : 7 juin 2012
Nb de pages : 256 p.
ISBN : 978-2841866656
Prix : 20 €

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MON PERE, C’ETAIS TOI ?

Vincent Pichon-Varin
Le Cherche Midi Editeur

mon_pere_c_etait_toiUne écriture dynamique qui donne plaisir à lire. Un plongeons dans la nature humaine qui redonne du baume au cœur.

PRESENTATION

A 40 ans passés, Gilles hérite de la maison d’un père inconnu et part sur ses traces.
Vendeur de chaussures pour femmes au Bon Marché le jour, transformiste dans un cabaret de Montmartre la nuit, il partage son existence avec Lucie, leur fille Honorine, sa mère Monica et les cinq vieux colocs de celle-ci : Blanche, Paul, Kathy, Odette et Jean.
Gilles embarque la troupe au grand complet à la découverte de son héritage et à mesure que le voile se lève sur certaines zones d’ombre de son passé, Gilles se sent de plus en plus vivant. Mais au fil de ses découvertes, certains détails viennent troubler ses nouvelles certitudes. Cette mise en scène trop évidente semble masquer la vérité.

LU DANS LA PRESSE

Vincent Pichon-Varin corrobore l’assertion d’André Malraux voulant que l’Homme soit un tas de petits secrets (…) Comme quoi la vie des gens fait la matière à de beaux romans.
(Sylvain Champagne - www.culturehebdo.com)

Ecriture dynamique de l’auteur (…) Ce livre se lit non seulement avec plaisir, mais il a aussi un effet positif sur le moral, et nous réconcilie avec la nature humaine.
(Françoise Bachelet - www.livres-a-lire.net)

Si vous avez aimé “Les Colocs”, vous serez heureux de retrouver leur petite bande dont les liens se sont resserrés autour des plus jeunes. Sinon, faites vite connaissance : vous allez les adopter !
(Jeanne Thiriet - Pleine Vie)

Une intrigue aussi haletante qu’une enquête policière, des personnages attachants, de l’humour juste ce qu’il faut et un univers à la fois fascinant et mystérieux - celui des cabarets parisiens - contrastant avec l’authenticité de la province… tous les ingrédients sont réunis (…) pour que le lecteur ait peine à le lâcher avant la fin.
(Franck Boitelle - Paris Normandie)

EXTRAIT

En ouvrant son courrier ce matin, Gilles a du mal à comprendre pourquoi un notaire de Saint-Aubin, une ville dont il n’a jamais entendu parler et où il ne connaît personne, lui adresse une convocation. À midi, il doit aller déjeuner chez sa mère. Elle pourra sans doute l’aider à éclaircir ce mystère. Il pose la lettre sur le meuble de l’entrée pour penser à l’emporter, et retourne au salon entamer le repassage de ses tenues de scène, en prenant soin de ne réveiller personne.
Gilles travaille au Bon Marché du mardi au samedi dans la journée, il est responsable du rayon chaussures pour femmes; et le soir, du mardi au dimanche, il se produit dans un petit cabaret de Montmartre, Chez Jeanjean. Le lundi, c’est son jour de repos, son dimanche à lui. Il en profite souvent pour entretenir ses tenues, et c’est un travail de titan, car son numéro de transformiste l’amène à changer d’apparence une trentaine de fois en moins de quinze minutes.
Gilles a beau s’appliquer à manier son fer à repasser, il ne peut s’empêcher de repenser à la lettre du notaire. Il quitte sa planche quelques instants et allume son ordinateur pour regarder où se trouve Saint-Aubin.
Après quelques clics, son intuition se confirme : le village se situe en Normandie, près de Bernay, entre Évreux et Lisieux, et il est sûr de ne jamais y avoir mis les pieds. La seule fois où il s’est aventuré dans la région, c’était à Trouville, avec Jean, le patron du cabaret et le colocataire de sa mère. Saint-Aubin se présente sous un agréable aspect : des maisons à colombages et des longères entretenues, un petit moulin qui surplombe un ruisseau et une campagne vallonnée. Ça lui plaît bien ; tout compte fait, il n’a rien contre l’idée d’aller rendre visite à ce notaire, même s’il n’est pas plus avancé sur les raisons de la convocation.
Il hésite à contacter le numéro figurant sur le papier à en-tête, mais préfère finalement attendre d’avoir questionné sa mère. Il range à nouveau la lettre dans l’enveloppe et, en homme un brin tatillon, la place dans la poche intérieure de sa veste.
C’est le moment précis que sa fille choisit pour l’informer en hurlant qu’elle est réveillée. Comme à chaque fois qu’elle montre le moindre signe de contrariété, il se précipite vers sa chambre. Depuis un peu plus d’un an qu’Honorine est née, il n’a jamais pu supporter de l’entendre pleurer et, comme elle l’a bien compris, elle ne se prive pas d’élever la voix dès qu’elle ne veut plus dormir ou qu’elle veut un peu de compagnie.

Emission sur France Inter du lundi 25 juin 2012

Pour écoutez l’émission cliquez ICI

mon_pere_c_etait_toi_02-vincent-pichon-varinL’AUTEUR

Vincent Pichon-Varin est auteur et éditeur ; après Les colocs (le cherche midi, 2011), Mon père, c’était toi ? est son second roman.

Parution : 10 mai 2012
Nb. de pages : 272 p.
ISBN : 978-2749126081
Prix : 17 €

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GIVRE NOIR

Pierre PELOT
Editions La Branche

givre_noir_01Voici un roman qui transpire la machination, qui suinte la vengeance, qui échaude son lecteur. Pierre Pelot nous balade dans ce récit à 100°C, révélant à pas comptés — et pour mieux dérouter — les secrets honteux de ses personnages… que l’on se prend presque à regretter de connaître…
On se laisse prendre pour arriver à une fin étonnante. Ce pourquoi, nous ne sommes pas étonné que Givre noir soit en cours d’adaptation audiovisuelle par Robin Renucci, acteur, réalisateur et directeur des Tréteaux de France, et Chantal Pelletier, auteur, scénariste et directrice de la collection XIX-XXI aux Editions La Branche.

PRESENTATION

Mado aime Dustin, qui aime Nell, que chérit Stany. Mais Mado n’est pas du genre à se laisser faire.
Même à 23h, la chaleur n’en finit pas de faire bouillir les cerveaux. On pourrait croire que tout commence ce soir-là, ce vendredi 13 caniculaire où Mado ramène Dustin à la maison, un jeune type à l’air franchement voyou. On pourrait croire aussi que Mado a un sérieux béguin pour Dustin, tant elle le protège des piques de Stany, son mari.
Mais il y a Nell, la renversante Nell, la nièce de Mado et Stany. C’est elle qui comprend la première que quelque chose cloche. Que Dustin n’est pas celui qu’on prétend. Que sa chère tante Mado a concocté une danse savante et macabre pour le quatuor en ébullition. Et que Stany pourrait bien y rester, comme feu le premier mari de Mado… Nell n’a qu’à tirer sur le fil pour que la vérité se déroule. Impitoyable et cynique.

LU DANS LA PRESSE

C’est dans le descriptif des principaux acteurs, que Pelot trace de piquantes petites esquisses de psychologie qui nous rappelle à sa façon que le mensonge est hélas le ciment du tissu social.
(Sylvain Champagne - www.culturehebdo.com)

Dans un style nerveux, sans concession, tout en finesse mais rugueux à la fois, l’auteur peint son histoire d’une manière fort habile à la manière de deux tableaux, ou plutôt d’un diptyque (…) Un roman qui décrit la vraie vie et la rend haletante, c’est cela le talent d’un grand écrivain.
(www.onirik.net)

Pelot s’en donne à coeur joie, ne reléguant pas son côté iconoclaste sous le tapis de la souris, dans cette langue qu’il s’est forgée, au ton si juste, au fur et à mesure des romans noirs qu’il a signés au cours de son exceptionnelle carrière littéraire. Ca déménage !
(Vosges Matin)

Pierre Pelot donne le ton d’entrée. Et, qu’il s’agisse de météo ou des différents protagonistes, on navigue en pleines dépressions (…)
Alors que s’articulent les différents éléments de l’histoire, la bascule du sordide au morbide s’effectue dans la finesse et la fluidité jusqu’à la fin, déjà.
Avec un romancier d’une telle qualité, le temps passe toujours trop vite.
(Dominique Bouchard - www.unwalkers.com)

EXTRAIT

Il pleuvait depuis la naissance du monde. Les semelles du Gerbois prenaient l’eau, les épaules de sa veste aussi, c’était parti pour un été pourri. Il s’était demandé en essayant de se mettre les idées en ordre, dans la voiture, sous le déluge qui brouillait le pare-brise, depuis combien d’années le printemps et l’été n’en finissaient pas de foirer, et la réponse qu’il avait finalement différée menaçait de n’être pas reluisante.
Région de merde. Jour après jour, vous entendez les bulletins météo vous dire que tout est magnifique au sud de la Loire, mais qu’au-dessus, par contre… Et vous êtes au-dessus.
Des godasses qui n’avaient pas un an d’usage. La veste, d’accord, elle n’était pas faite pour les cataractes. Et ce parapluie rétractable trouvé sur la banquette arrière avait un sérieux coup de mou dans la détente. Celui ou celle qui l’avait abandonné là ne l’avait peut-être pas fait sans savoir. C’était la voiture de Ballu, qui y faisait monter n’importe qui, qu’il soit ou pas en état de conduire raisonnablement. Depuis un mois Ballu était en maladie, il avait été embarqué contre son gré par un bus, alors que pour une fois il se mouvait à pied, sous la pluie, traversant au plus vite en dehors des clous comme n’importe qui, résultat multiples et diverses fractures, et du coup la caisse était devenue celle du journal, celle du Gerbois en priorité, ce qui tombait plutôt bien, merci Ballu, vu que de voiture il n’en avait même plus, cette garce de Cécile avait réussi à lui mettre la main dessus avec le reste, avec tout le reste. Cette garce. Ce qui est certain c’est que le parapluie n’appartenait pas au Gerbois, ni sans doute à un, ou une, des passagers, ou passagères, qu’il avait pris en charge, il ne se souvenait pas d’avoir invité quiconque à partager sa conduite dans la Fiat, d’aucune façon, depuis belle lurette. Il y avait belle lurette que lurette n’était plus belle, pour le Gerbois. Un peu trop longtemps que les fleuves débordaient, que les rives s’effritaient, que les barques prenaient l’eau de toutes parts, que les ponts branlaient lamentablement et choisissaient d’attendre qu’il les emprunte pour s’effondrer. Presque quatre ans. Depuis le divorce prononcé et le cancer dans la foulée qui lui était tombé dessus, à cette garce, ce qui n’empêchait pas que c’était une sombre garce, et maintenant Delphine qui se retrouvait en Afrique, au Sénégal, avec son grand connard de Sénégalais, et une petite fille plus belle que le jour, en Afrique, une petite fille qu’ils avaient appelée Tulipe - sans déconner.

givre_noir_02-pierre-pelotL’AUTEUR

Pierre Pelot est né en 1945 dans les Vosges où il vit toujours. Dès l’âge de 18 ans, il décide de vivre de sa plume et s’attèle à tous les genres : western, polar, S.F., littérature jeunesse, etc. On lui attribue près de 200 livres. Plusieurs de ses romans ont été portés à l’écran, parmi lesquels L’Été en pente douce, réalisé en 1987 par Gérard Krawczyk.

Parution : 8 mars 2012
Nb. de pages : 184 p.
ISBN : 978-2353060474
Prix : 15 €

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LE SECOND VOYAGE DE PASSEPARTOUT

Pierre Durandal
Editions Sirius

le-second-voyage-de-passepartoutJean Passepartout a fait le tour du monde en 80 jours. Est-il pour autant dégoûté des voyages ? Va-t-il regagner Montmartre, après avoir accompagné son maître Philéas Fogg et bravé mille périls ? Certainement pas. Envoyé à Calcutta, contraint de passer par Hong-Kong, détective sur les traces de dangereux criminels, Passepartout rencontrera mille dangers sur sa route, des bêtes sauvages jusqu’aux pirates les plus cruels.

Suite officielle et approuvée par Jules Verne lui-même de son célèbre roman Le Tour du Monde en 80 jours, Le Second Voyage de Passepartout, de Pierre Durandal, nous entraîne dans des mondes où tout peut arriver !

Avec un dossier documentaire.

EXTRAIT

Bien des fois on m’a dit : « Passepartout, vous devriez écrire vos mémoires. » Vous comprenez que j’ai commencé par éclater de rire. J’ai fait, vous le savez, tous les métiers ; mais tenir la plume lorsqu’on a manié le fouet ou le plumeau ! Pourtant, il paraît que cela s’est vu. Alors on s’est obstiné à me persuader : «  Tant de gens publient leurs souvenirs et impressions, qui n’ont voyagé que dans leur chambre, et n’ont jamais eu d’aventures. »

L’AUTEUR

Pierre Durandal, ami de Jules Verne et auteur de l’adaptation théâtrale du roman Le Tour du Monde en 80 jours, obtint de l’auteur l’autorisation de continuer les aventures du valet le plus débrouillard de l’histoire littéraire. Jules Verne venait d’inventer la licence et les droits dérivés !

Parution : 16 mai 2012
Nb. de pages : 252 p.
ISBN : 978-2364010079
Prix : 8 €

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BLADE – LES LIONS AILES DE JANTHOR

Pascal Candia
Editions Vauvenargues


blade-e28093-les-lions-ailes-de-janthor1Depuis son château aux neufs tours arrogantes, Janthor l’usurpateur règne sur le monde. Tyran sanguinaire, il est entouré de ses neuf prêtres fanatiques et de son chef des armées : Yrgan, le colosse chauve à la brutalité légendaire.

Maîtres incontestés des cinquante contrées du royaume, les despotes possèdent une arme aussi vivante qu’indestructible : la horde des 180 lions ailés. Ces monstres bleus peuvent couper un homme en deux d’un simple claquement de leur triple mâchoire. Eparpillés aux quatre coins de territoires sauvages peuplés d’animaux dangereux, les rebelles Jaybijis organisent la résistance.
Catapulté au cœur de cet univers primitif, Richard Blade pourra-t-il survivre aux rituels barbares, à la faune agressive et aux multiples complots ? Pour aider la princesse Erkah et les Jaybijis, le voyageur inter-dimensionnel s’adapte aux particularités d’une dimension dans laquelle il n’existe aucune technologie ni la moindre forme de métal.
Pour espérer rester en vie, Blade sera contraint de déployer toute sa force, son expérience et son intelligence, car dans ce monde brutal il n’y a qu’une règle : celui qui possède le Cristal possède les lions ailés, et celui qui possède les lions ailés possède le pouvoir…

L’AUTEUR

Grand lecteur d’Orson Scott Card, de Jack Vance et… de Blade, Pascal Candia est l’auteur de quatre romans noirs résolument contemporains. Il se livre avec ce diptyque (avec le deuxième ouvrage Le Secret des lions ailés) à l’exercice difficile et réussi d’inventer un monde, façon Tolkien ou Lovecraft, dans la plus grande tradition de la littérature fantastique.
Vous pouvez retrouvez son actualité sur son site.

Parution : 16 mai 2012
Nb. de pages : 312 p.
ISBN : 978-2744317927
Prix : 6,20 €

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OSEZ 20 HISTOIRES DE VAMPIRES ET DE SEXE

Octavie Delvaux, Mélanie Muller, Frédéric Chaix et Vincent Rieussec
La Musardine

osez-20-histoires-de-vampires-et-de-sexe1Sang et sexe. Romantisme et sensualisme tragique. 20 nouvelles sang pour sang érotiques…

PRESENTATION

Le vampire n’est pas seulement un monstre assoiffé de sang :  c’est aussi un héros romantique au charme trouble. L’histoire du cinéma et de la littérature l’ont montré, et la collection « Osez 20 histoires » est bien résolue à apporter sa pierre à la célébration de la sensualité vampirique. Du mystérieux vampire qui séduit ses proies sur Facebook au vampire utilisé comme esclave sexuel par une famille de nobles au dix-huitième siècle, en passant par la veuve noire, vampire femelle à tendance domina, les variétés les plus exotiques de vampires obsédés sont au rendez-vous de ce recueil pour vous faire trembler de peur… et de plaisir !

Parution : 16 février 2012
Nb. de pages : 247 p.
ISBN : 978-2842715397
Prix : 8,20 €

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LE PASSAGE DES LUMIERES - ESPOIRS, EPISODE 1

CUENCA Catherine et B. Raphaël
Gulf Stream Éditeur

le-passage-des-lumieresUne série entre XXIe siècle et Révolution française, entre passion et raison.

RESUME

Zélie, une collégienne dont son historien d’oncle a fait une incroyable découverte, se retrouve coincée au 18e siècle après avoir pénétré dans une grotte pour le moins mystérieuse. En pleine période révolutionnaire, elle rencontre le père Joseph, Albine la bonne, Fanchon la petite malade et surtout Léandre, qui va enflammer son cœur. Mais ce n’est pas facile de se faire passer pour une jeune fille respectable quand on est habituée au jean - sweat-shirt et aux baskets, qu’on a la langue bien pendue et des idées modernes ! Un mois au 18e que Zélie n’est pas prête d’oublier et qui lui donne envie dès son retour de replonger dans le passé, aussi vite que possible…

PRESENTATION

28 avril, un soir de pleine lune. Il fait presque nuit quand Zélie se rend au lieu de rendez-vous que lui a fixé son oncle Fred, un doux-dingue féru d’histoire persuadé d’avoir fait une découverte incroyable : une grotte cachée dans le jardin d’une maison en ruine, une grotte secrète rendant possible les voyages dans le temps ! Sceptique mais néanmoins intriguée, Zélie attend donc son oncle qui ne se montre toujours pas. Lasse d’attendre, Zélie se met en tête d’explorer la fameuse grotte, une lampe de poche à la main. Pas d’oncle Fred à l’intérieur. Bien décidée à rentrer chez elle, Zélie rebrousse chemin. A l’extérieur, stupeur : la maison n’est plus en ruines, de la fumée sort même de la cheminée et de la lumière provient de l’intérieur…! En face d’elle, le propriétaire de la maison, le père Joseph Aubry qui lui confirme l’impensable : Zélie est bel et bien en 1789 !

L’AUTEUR

Catherine CUENCA est diplômée d’Histoire et auteur de romans historiques pour la jeunesse. La Guerre des ombres, éd. Flammarion Castor Poche (2010), a obtenu le prix du roman historique jeunesse de Blois en 2010. Catherine Cuenca a également publié chez Oskar et Hachette jeunesse. Elle habite à Mons, dans la région lyonnaise.

Parution : 26 janvier 2012
Nb. de pages : 190 p.
ISBN : 978-2354881474
Prix : 12,30 €

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PARIS MUTUELS

Jean-Marie Laclavetine
ELB / Editions La Branche

paris_mutuels_01Il y a un peu de Brassens dans cette histoire : une jolie vache déguisée en fleur mène par le bout du cœur Vincent, qui accueille les mauvais tours des femmes comme autant de fatalités.
Mais il y a ceci de fascinant : en Vincent sommeille une mesquinerie aussi puissante que sa candeur. Et un jour, il se venge. Tous scrupules évacués. Et c’est tout simplement jouissif.

PRESENTATION

On ne choisit pas ses enfants. On ne choisit pas non plus vraiment sa femme. On ne choisit pas grand-chose quand on est Vincent. Sauf sa revanche.
Ce jour-là, Vincent pense avoir gagné le pactole : en misant tout sur Vendredi 13, un canasson qui porte bien son nom, il gagne une petite fortune mais aussi le cœur d’une éblouissante inconnue, Léa.
« Je l’ai rencontrée alors qu’elle avait à peine plus de trente ans. Il lui a fallu six mois pour tordre ma vie dans un sens déplorable, un an pour me faire arrêter à sa place (elle était enceinte, la pauvre), et huit ou dix mois supplémentaires pour me présenter Violette à ma sortie de prison. Ma première prison, ma première fille. »
Et Vincent est loin d’avoir touché le fond.

JEAN-MARIE LACLAVETINE EN PARLE

« Vincent, c’est un peu ce genre d’individu : Désespérément immature, scandaleusement naïf, nul en affaires et mauvais en amour, sans pour autant avoir l’excuse de la bonté ou de la distraction. Il n’y a pas de quoi se vanter d’avoir donné vie à un être aussi lamentable, dont on pourrait se demander s’il est vraiment issu d’une civilisation supérieure. Pourtant, que voulez-vous, j’ai de l’affection pour lui. Je n’essaierai pas de justifier ses comportements, d’excuser ses erreurs. Mais tout de même, s’il n’avait pas rencontré Léa, un jour funeste sur un champ de course, sa vie aurait pu prendre un tour plus acceptable. Il y a eu Léa, et avec elle sont arrivés les malheurs dont je raconte l’enchaînement fatal dans Paris mutuels. J’ai écrit ce livre pour l’édification des masses, afin de montrer où peuvent mener les excès de l’amour et les tentations du vice. Puissent les générations futures être épargnées par ces deux fléaux. »

LU DANS LA PRESSE

Une histoire délicieusement amorale, que le lecteur observe avec complicité et grand plaisir.
(De Claude Le Nocher - www.action-suspense.over-blog.com)

Il style puissant, toujours percutant, parfois truculent.
(De Catherine Merveilleux - www.lejouretlanuit.net)

paris_mutuels_03L’AUTEUR

Né en 1954, Jean-Marie Laclavetine est écrivain et membre du comité de lecture des Éditions Gallimard depuis 1989. Auteur d’une vingtaine de livres, il a obtenu le Grand Prix de la Nouvelle de l’Académie Française pour Le Rouge et le Blanc, le Prix Goncourt des lycéens en 1999 pour Première ligne et le Prix du Roman historique de Blois pour Nous voilà (Gallimard, 2009).

Parution : 7 mai 2012
Nombre de pages : 152 p.
ISBN : 978-2353060511
Prix : 15 €

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LA DISTRACTION DES GARES

Monique Debruxelles
Rue des Promenades

la-distraction-des-garesDes trains, des promenades, une fabrique, une péniche, un carnet, des coquelicots, une esthéticienne, des boucs émissaires, un navarin d’agneau, une poule, ces réalités de la vie ordinaire saturent les histoires que raconte Monique Debruxelles. Mais leur apparente banalité est trompeuse. Au détour d’un mot, on est déjà ailleurs. Les repères anciens ne fonctionnent plus, attention, territoires inconnus.

PRESENTATION

La Distraction des gares est un fantastique recueil de nouvelles fantastiques. On y visite une foire aux seins et on s’y débarrasse de ses tics. On y croise des trains, une fabrique, une péniche, une esthéticienne, des boucs émissaires, on y déguste un navarin d’agneau et une poule. Mais l’apparente banalité de ces réalités ordinaires est trompeuse. Au détour d’un mot, on est déjà ailleurs. Les repères anciens ne fonctionnent plus, attention, territoires inconnus.
Fille d’un porteur d’eau du quinzième siècle souffrant d’aquaphobie et d’une mère un peu moins célèbre, Monique Debruxelles a d’abord envisagé une carrière de vendeuse d’hippopotames à la sauvette place des Vosges, avant de choisir la profession moins risquée de fileuse de bas de soie. Après l’abandon de cette jolie matière au profit du nylon, elle est devenue raconteuse d’histoires, par écrit, par souci d’économiser sa voix. Elle a publié un recueil de nouvelles, Délit de vagabondage, paru chez Littera et un livre pour enfants, Les pantoufles aux sept songes, chez le même éditeur. Ses poèmes sont sortis chez Ficelle et des nouvelles de sa plume ont paru dans les revues le Billard égaré, le Pêcheur d’ombre, Brèves, Décharge, la Nef du fou et le Horla. Elle a participé, pour la partie textes, à des livres de photographies de Claude Jacquot (Laon, Bord de mer, Sous les galets).
Comme le joueur de poker professionnel Ludovic Lacay, Julos Menez est né en 1985 dans la petite ville de Cornebarrieu, dans le département de la Haute-Garonne. Très tôt déscolarisé, il travaille avec son oncle Miguel comme maraîcher. En 1999 il effectue son premier voyage au Pérou, où sa visite du Machu Picchu transformera définitivement sa vie. Dès lors, il ne cessera de s’investir. C’est par le dessin que Julos nous offre sa proposition de l’existence basée sur l’idée de la « ligne d’effondrement » issue de la théorie des équilibres tensio-actifs. Il développe un style graphique qui peut être appréhendé comme la martingale ultime face aux terrifiants vertiges du quotidien. Julos est aussi père de cinq enfants qu’il élève avec sa femme Inguill.

EXTRAIT

Au soir sanguinaire
Apulée avait deux yeux dissemblables, l’un doux comme celui d’un bœuf, l’autre ombrageux, courroucé, un œil de proviseur en quête d’un coupable. C’était pourtant un homme tout d’un bloc, qui n’aimait pas faire les choses à moitié, mais en examinant son visage, on ne l’aurait pas cru.
Il avait échoué quelques mois plus tôt dans le ventre du Canistrelli, un cargo hors d’âge, hors d’usage, qui s’écoutait mourir dans la vase d’un port oublié. C’était là qu’Apulée logeait, parmi d’autres paumés dans son genre, anciens taulards, paillards en décrépitude ou malchanceux chroniques.
Apulée bénéficiait d’une cabine individuelle qu’il jugeait fonctionnelle, cosy, de loin ce qu’il avait connu de plus luxueux jusqu’alors. Les étagères du placard étaient assez vastes pour le peu qu’il possédait : ses quelques vêtements ; l’harmonica dont il jouait souvent à la tombée du jour pour ennuyer ses compagnons ; une dizaine de livres qu’il n’avait pas lus, mais dont les couvertures lui avaient tapé dans l’œil – le plus doux des deux − et un bocal au fond duquel tournait sans fin Igor, le prince des lézards, son seul ami sur terre. Son hublot donnait sur le large, sur le bleu infini. Apulée se plaisait à bord. De sa couchette, il
pouvait admirer la mer ; sur le pont, il contemplait le ciel et la ville, au loin ; et descendu sur le quai, il emplissait ses yeux, le tendre comme l’ombrageux, de la vue de son asile, le Canistrelli, et de ses séduisantes plaies. Par nuit calme, on pouvait entendre la rouille grignoter chaque partie du cargo. Le lendemain, on constatait l’avancée des ravages.
Oui, Apulée aimait le Canistrelli. Quelques années plus tôt, il avait vécu dans une prison désaffectée. « Maison d’arrêt de Grain-les-Bois », lisait-on au-dessus d’un immense portail dont il ne restait qu’un vantail branlant, rongé par les termites. Il y avait passé trois ans, une peine que pourtant nul juge n’avait prononcée contre lui. Il s’y était plu, presque autant que sur le cargo. Les portes qui ne feraient plus, les anciennes grilles, entassées au milieu de la cour, qu’il fallait contourner pour entrer ou pour sortir, tout donnait une impression de totale liberté. Des herbes et des fleurs envahissaient l’espace, de jeunes arbres poussaient vigoureusement les murs, des chats jouaient à « un, deux, trois, soleil » dans les cellules. Ses compagnons de squat trouvaient l’isolement insupportable. De fait, la ville était à plusieurs kilomètres, mais ça ne gênait pas Apulée. Le lieu avait un tel charme qu’il lui était difficile d’imaginer entre ces murs des prisonniers en détresse.

Parution : 6 octobre 2011
ISBN : 978-2918804321
Prix : 12 €

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DES CHIFFRES ET DES LITRES

Rachid Santaki
Editions Moisson Rouge

des_chiffres_et_des_litres_01Roman noir, nerveux, analytique, plein de vitalité … La banlieue sous son jour le plus sombre. Sans pitié ! Un polar dont on ne ressort pas indifférent.

RESUME

Alors que s’achève la construction du Stade de France et que s’annonce la prochaine coupe du monde de football, Saint-Denis s’apprête à vivre une furieuse bataille pour le contrôle du trafic de drogues, opposant caïds à l’ancienne et jeunes rageux.
Hachim est un ado brillant, bon élève, curieux. Passionné de culture Hip Hop, il se destine à une carrière de journaliste spécialisé. Pourtant, les logiques de quartier, sa situation familiale et son admiration pour Houssine, caïd de Saint-Denis et figure paternelle, lui feront embrasser une autre voie. Mais dans les pas de son mentor, il se rendra compte, trop tard, qu’il n’est pas taillé pour ça.

PRESENTATION

Parcours initiatique, récit poignant d’une destinée déraillée, Des chiffres et des litres nous plonge dans le Saint-Denis en ébullition de 1998. Tandis que Zidane et les Bleus font rêver les Français, l’argent fait tourner la tête des jeunes ambitieux. Entre caïds, soldats, flics ripoux, trahisons, règlements de compte, prison, combats de chiens, il faut être le plus malin pour rester en vie.

LU DANS LA PRESSE

Un livre authentique (…) Rachid Santaki nous plonge dans l’univers des cités, un monde parallèle où le paraître, qu’accordent la violence et l’argent, semble incontournable, mais où bouillonnent aussi les nouvelles énergies créatrices, qu’on retrouve dans les tags et le hip-hop.
(De Dominique Bouchard - www.unwalkers.com)

Le département en question (93) demeure la toile de fond de son nouvel opus, comme port d’attache et unique source d’inspiration de l’auteur.
Guetteurs, rabatteurs et patrons dealers y tiennent cette fois les premiers rôles d’une fiction livrée brut de décoffrage, tant l’auteur entend rester en accord avec le milieu qu’il décrit.
(D’Alain Léauthier - Marianne)

RACHID SANTAKI EN PARLE

« J’utilise les codes du hip hop pour descendre les belles lettres françaises de ses étagères et les rendre à la rue, pour faire tourner la littérature sur la tête et lui faire parler le céfran. J’ai abordé l’écriture de ce nouveau roman avec l’envie de partager, réunir, susciter le débat sur l’art des mots entre les générations et les milieux sociaux, en assumant ma street-culture.
Je ne suis pas un écrivain de banlieue mais un auteur sans case, pas de cage mais la rage d’imposer un mouvement comme l’ont fait les danseurs des Aktuel Force, les graffeurs des 93 MC, précurseurs de cette culture émergée du bitume.
Des chiffres et des litres met en avant le problème de l’entourage. Hachim, un ado brillant, passionné de culture hip hop, va sombrer. A dix-sept ans, il va tout lâcher pour plaire à son mentor. Traiter de l’intérieur ces gamins qui dealent permettra peut-être de comprendre un peu plus ceux qu’on ne nous montre pas dans les reportages. Des chiffres et des litres est un polar pur et dur. Cette plongée, entre intrigue et documentaire, révèle surtout que le meilleur d’entre nous peut devenir le pire quand le cercle est néfaste, des halls des tours aux couloirs du commissariat. Une fiction aussi réaliste que ces faits divers qui se déroulent quotidiennement à Saint-Ouen, Marseille ou Grenoble. Cette fiction mélange plusieurs destins et faits réels. Certains reconnaîtront des voisins, des amis, des légendes urbaines ce qui amènera à des débats sur ces parcours et du dialogue. »

des_chiffres_et_des_litres_02L’AUTEUR

Ancien éducateur sportif de boxe thaïlandaise, fondateur du magazine 5Styles, et lauréat du prix Espoir de l’économie de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris en 2006, Rachid Santaki est très impliqué dans l’associatif et a ainsi cofondé le Syndikat et Saint-Denis Positif. Il a publié Les Anges s’habillent en caillera, son premier roman, en 2011.

Nombre de pages : 256 p.
Parution : 23 février 2012
ISBN : 979-1090478022
Prix : 16,50 €

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CINQUECENTO 2 - LE CHANCELIER DE SAN MARCO 1514-1524

Pierre LEGRAND et Claudine CAMBIER
Editions de l’Astronome

cinquecento-2Un roman historique aux Editions de l’Astronome. Un cycle que les passionnés du genre vont apprécier. Ce fut notre cas !

PRESENTATION

Rigoureusement documenté, soutenu par un souffle romanesque passionnant, l’ouvrage entraîne le lecteur dans la Venise du début du XVIe siècle. Après les Fortins de Venise, 2e roman dans le cycle Cinquecento.

RESUME

Venise, mai 1514. Les épousailles du Grand Chancelier Nicolò Aurelio et de la belle Laura Bagarotto, cette noble padouane au passé tourmenté, sont imminentes. Mais les doutes qui pèsent sur la mort du peintre Scarfati, ancien complice de Laura, viennent jeter le trouble entre les futurs époux.
Le Grand Chancelier de la République de Venise, homme secret au pouvoir occulte, réussira-t-il à vivre jusqu’au bout sa passion pour la belle Laura ?
Les deux personnages centraux des FORTINS DE VENISE poursuivent leur destin dans la Venise du XVIe siècle, où l’on assiste à l’avènement des nouveaux maîtres de l’Europe : François Ier et Charles-Quint. La République Sérénissime recueille les fruits de la victoire de Marignan et sort des guerres de la ligue de Cambrai, affaiblie mais libre.
Titien fait éclater son génie et devient célèbre ; la Réforme se dessine en Allemagne ; Magellan entreprend le premier voyage autour du monde ; Andrea Gritti est porté au trône de Doge ; on élit un nouveau Pape : le monde change.
En 1524, Nicolò Aurelio a un nouveau rendez-vous avec son histoire…

EXTRAIT

PROLOGUE
Bruxelles, décembre 2007
Claire et moi nous sommes penchés sur le gouffre du temps, attirés par le vertige du passé. Ce que nous distinguons dans le fond, ce sont les remous toujours fumants des passions éternelles qui consumaient aussi, dans la Venise de 1514, Laura et Nicolò.
Laura, la belle courtisane, avait inspiré les peintres de son temps, ensorcelé le Grand Chancelier Nicolò Aurelio, et reconquis son statut de noble dame avec l’aide de son amour d’enfance, le peintre Paolo Scarfati.
Peu à peu, cédant aux pressions sociales, elle avait décidé d’écouter Nicolò Aurelio quand celui-ci lui parlait de sa passion. Elle avait succombé à son charme redoutable et s’apprêtait à épouser cet homme secret qui vivait à l’ombre du pouvoir et n’avait parfois qu’à tendre la main pour s’en saisir.
Ce que le Grand Chancelier ne savait pas, c’est que Laura avait rompu avec Scarfati et que celui-ci se préparait à partir pour Rome.
Ce que savait le Grand Chancelier, c’est que Scarfati le comploteur était un ennemi sournois de la République ; il voyait en lui un rival toujours présent, un talent qui risquait de supplanter Titien, son protégé, étoile montante de la peinture à Venise.
Aussi, quand passa à sa portée le jeune Strozzi, avec son exécrable réputation de tête brûlée et de joueur de couteau, Aurelio n’hésita pas une seconde. L’accident s’était passé en plein jour au milieu de la foule amassée sur la Piazzetta. Et Scarfati était mort. Ce n’était même pas un coup du sort : tout le monde s’attendait à ce que ce Strozzi fasse un jour un malheur.
Ce siècle d’intelligence, de beauté et de conquêtes était aussi un siècle de fer et de sang. Seuls les fauves n’y vivaient pas dépendants ou victimes. Mais parfois, ils se dévoraient entre eux.
- Après tout, le chasseur de mammouth avait seulement appris à manger plus proprement que son ancêtre, me fait remarquer Claire.
Claire, c’est ma femme. Je parcours plus vite qu’elle les liasses de documents que nous ont fournies les archives. Mon esprit fouineur et jamais en repos scrute, trie, souligne, aligne les dates. Mais Claire voit au travers de tout cela. Lorsque tous deux nous nous penchons sur le puits sans fond du passé, des brouillards puissants s’emparent de nos esprits et de nos sens, et nous retrouvons, cachées parmi les sédiments accumulés par le temps, les images fraîches, les chairs palpitantes, les passions intactes des personnages qui ont vu de leurs yeux les splendeurs oubliées de la Cité des Doges.

Le cycle Cinquecento (romans historiques de Pierre Legrand et Claudine Cambier) :
- Les Fortins de Venise - Cinquecento 1 - 1509-1514
- Le Chancelier de San Marco - Cinquecento 2 - 1514-1524
- La Signora de Limena - Cinquecento 3 - 1524-1531
- Le brûlot de Clissa - Cinquecento 4 - 1531-1533
- Le captif de Raguse - Cinquecento 5 - 1532-1534
- Le complot de San Donato - Cinquecento 6 - 1534-1542

LES AUTEUR
S

Ingénieur chimiste, docteur ès sciences physiques, Pierre Legrand fait carrière à Bruxelles, au siège européen d’une multinationale américaine. Directeur marketing et technique, il a aussi représenté l’industrie chimique auprès de la Commission Européenne. Passionné d’histoire et de littérature, il est doté d’un goût pour l’analyse et l’investigation scientifique, historique et bibliographique, et possède un grand talent d’imagination. Il assure le scénario.

Après un cycle d’études classiques, Claudine Cambier est licenciée en lettres romanes, agrégée, professeur de lettres et d’histoire dans l’enseignement belge. Passionnée d’art, d’histoire et de littérature, avec un goût certain pour la création au sens large, ses talents artistiques s’expriment principalement en sculpture (terre, bois, métal, bronze), et en tout domaine où peuvent se retrouver l’invention et la recherche du beau. Elle assure l’écriture.

Parution : 20 avril 2010
Nb. de pages : 403 p.
ISBN : 978-2916147444
Prix : 23 €

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PHIPHI BREVES D’ENFANCE

Philippe Métayer
Edilivre

phiphi-breves-denfanceSouvenirs d’enfance. Récit émouvant. Cela peut toucher plus d’un lecteur. Un auteur à découvrir.

PRESENTATION

L’enfant n’a pas conscience du passé, encore moins de l’avenir. Il est dans le présent. Lorsqu’il parle, il dit « Je serai » mais pense « Je suis ».
A la suite de la découverte du carnet de guerre de son père, Phiphi décide de rassembler des témoignages et impressions de 1938 à 1945, à travers les réflexions des membres de sa famille.
Sous la forme d’un abécédaire, il nous relate les espoirs, les craintes et les peurs de ces moments sombres de l’histoire de la France.
Aujourd’hui adulte, Phiphi écrit au présent pour mieux restituer le ressenti de l’enfance, cette enfance qui fait partie intégrante de lui-même et qu’il nous fait partager dans ce témoignage émaillé d’illustrations, de lettres et de photos.

EXTRAIT

Pas hésitant, chaussures à semelle compensée, longue robe grise, manteau sombre et délavé, mantille sur la tête entourant un visage minéral, orbites profondes et noires au-dessus d’un nez tordu et d’un menton fuyant vers un cou de poulette, ridé, comme brûlé… Elle marche.
Bois-Colombes, charmante banlieue à sept minutes de Paris Saint-Lazare, où aucune troupe de soldats allemands n’a jamais mis les pieds ; on dit qu’en 1917 un soldat français aurait sauvé la vie à un soldat allemand et qu’en 1940 ils se seraient retrouvés, l’un maire de Bois-Colombes, l’autre envahisseur et qu’en souvenir il y aurait eu un marché entre eux à cause de cette dette d’honneur ? Il semble que ce genre d’accord n’ait plus cours en 2010 mais qui sait ?
À Bois-Colombes, en juin 1944 on construit quand même des barricades, elles nous servent à jouer à la petite guerre avec nos copains d’Asnières… En mai 1945 on tond des femmes, le peuple danse et fait la fête. Les déportés reviennent, tout est presque fini, on mange, on boit, on s’en met jusque-là… Enfin si on a les moyens ou des tickets… Je suis encore il, bientôt J3, je monte en grade alimentaire. De l’école libre, je vais entrer au cours complémentaire laïque…
Le jour de la rentrée des classes, je la croise sur le trottoir, à l’angle de la rue de la paix et de la rue Philippe de Metz… Elle marche.
Ma mère qui l’a rencontrée aussi me dit qu’elle revient de loin et qu’elle ne vivra pas longtemps.
Je me mets à l’observer discrètement, j’arrange mes itinéraires, pour la revoir le plus souvent possible sur mon chemin. Le temps passe, quelquefois c’est au coin de la rue de la paix et de la rue d’Estienne d’Orves. Elle se rend au marché couvert… Elle marche.
Ma mère me dit qu’elle réapprend à vivre, à manger, à bouger un peu, parce qu’elle est restée allongée de longs mois dans le froid, les cris des kapos, les râles des mourants, sur une planche avec d’autres, serrés, empilés, sales, affamés, et que c’est pour elle une grande chance d’être là ?
Quand je la rencontre sur le trottoir, elle relève la tête, elle n’a sûrement pas trente ans pourtant c’est comme cela que j’imagine une centenaire… Elle marche.
Ma mère me dit qu’elle a vingt-trois ans, qu’elle va regrossir, qu’elle va s’en sortir ?
Je marche moi aussi, mais très vite, toujours dans l’autre sens, pour elle je n’existe pas puisque pour elle plus rien n’existe. Un jour, je fais demi-tour, je la suis jusqu’au marché, rue Mertens. Elle fait des achats très limités en petites quantités, puis elle se contente de revenir chez elle, rue Philippe de Metz, où elle habite un rez-de-chaussée. Elle réapprend à vivre.
Je ne la rencontre jamais aux alentours de la voie de chemin de fer. Je ne l’ai jamais vue sur le pont qui enjambe la gare de Bois-Colombes.

philippe-metayer1L’AUTEUR

Né en 1933 à Bois-Colombes, Philippe Métayer a été instituteur, professeur, puis chef d’établissement. Connaissant bien le milieu de l’enfance, il a notamment fait de la recherche pédagogique avec Célestin Freinet. Sous le pseudonyme de Paul Barville, il a écrit pour la télévision et a aussi édité, sur Lulu.com, un roman policier, Un ticket noir pour le taxi-boy. Aujourd’hui retraité de l’Éducation Nationale, Philippe Métayer est aussi membre de la SACD et de la SACEM. Phiphi est son premier ouvrage publié chez Edilivre.

Parution : 06 janvier 2011
ISBN : 9782812146619
Prix : 17 €

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TICKET NOIR POUR TAXI BOY

Philippe Métayer
Edilivre

ticket-noir-pour-taxi-boyPRESENTATION

Mon cœur battait encore, mais je ne pouvais pas bouger. Je n’entendais rien, je ne voyais rien. Mon sang marquait le tempo, rythme binaire en porte-à-faux. Une chasse d’eau chuintait, bruit léger de source intermittente. J’ouvrais les yeux lentement, l’endroit très propre sentait l’eau de Javel, un espace lumineux, quadrillé, déformé, s’étendait devant moi et me faisait penser au tableau de Salvador Dali : Le Crâne de Zurbaran. Les personnages que je croyais voir, comme sur le tableau, n’étaient autres que les pissoirs dont je distinguais les siphons par en dessous. Un néon tressaillait de temps en temps, mais la lumière vive et blanche ne s’éteignait jamais.
Une vague douleur sur l’arcade sourcilière m’empêchait d’organiser mes pensées, j’avais dû heurter un lavabo en tombant. J’essayais de bouger, la moitié de mon corps réagissait, le côté gauche, celui du cœur.
Où avais-je vu ces chaussures gold et blanches de marque anglaise ?
Qu’est-ce que je foutais là ?

philippe-metayerL’AUTEUR

Normand d’origine, né en 1933 à Bois-Colombes, chef d’établissement retraité de l’Éducation Nationale, Philippe Métayer vit à Paris.
Il a écrit pour la télévision sous le pseudonyme de Paul Barville. Il est membre de la SACD et de la SACEM.
Il est l’auteur de Phiphi Brèves d’enfance, un témoignage sur la guerre 39-45, publié chez Edilivre en janvier 2011

Parution : 9 décembre 2011
Format : Broché
Nombre de pages : 120 p.
ISBN : 978-2332470195
Prix : 13,50 €

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LE CHIEN NOIR DU DESTIN

Peter Balakian
Métis Presses

le-chien-noir-du-destinParler d’avant et d’ailleurs pour mieux définir le présent … américain.
Le chien noir du destin a obtenu un succès considérable aux Etats Unis, où il a obtenu le Pen / Albrand Award, et il a été Best Book of the Year du Los Angeles, Publishers Weekly, Library Journal.

PRESENTATION

Le récit se déroule dans les riches quartiers du New Jersey, où Peter Balakian grandit et s’immerge dans l’enfance typique d’un garçon américain des années 50 et 60. Dans cette atmosphère radieuse gît cependant le spectre du traumatisme que sa famille et ses ancêtres ont subi lors du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman en 1915. Dans une prose élégante, spirituelle et poétique, Le chien noir du destin retrace l’éveil progressif de l’auteur à ces événements et à leurs conséquences dans le présent. Dans ce voyage personnel, Balakian apprend à interpréter les mythes folkloriques, les métaphores abruptes et les silences douloureux d’une famille composée de matriarches et de marchands, de médecins et d’évêques, d’une héroïque grand-mère survivante du génocide, et de ses tantes, deux figures connues dans le monde de la littérature. En mettant au jour les secrets passés de sa famille, Le chien noir du destin est aussi l’histoire de ce que signifie être américain.

LU DANS LA PRESSE

Peter Balakian face au passé arménien

Sous-titré : « Un jeune Américain découvre son passé arménien », le Chien noir du destin, mémoires du poète et essayiste Peter Balakian, est un livre majeur. Récompensé par le prestigieux prix littéraire PEN-Martha Albrand, ce best-seller aux Etats-Unis n’est pas un récit de rescapé mais de descendant. Né en 1951 dans le New Jersey, Balakian y raconte avec humour, verve et émotion, comment il a appris, presque par effraction, le sort de sa famille, décimée en 1915, lors du premier génocide du XXe siècle.
Américain de la troisième génération, l’auteur, aîné d’une fratrie de quatre enfants, ignore tout du passé. Pourtant, ses deux parents sont arméniens. Son père, médecin prospère, est issu d’une célèbre famille d’intellectuels d’Istanbul. Sa mère descend d’une lignée de marchands de soie de Diyarbakir. Mais, dans la famille, un silence tenace recouvre le passé. Même sa grand-mère, Afina, survivante des marches de la mort vers le désert syrien de Deir ez-Zor, ne laisse rien filtrer, hormis ses cauchemars. Entre eux, les adultes parlent arménien, et toute question se heurte à un mutisme obstiné. Au point que le jeune Peter se rêve juif et rejette les savoureux repas du dimanche, leur préférant le sport et la junk food.
Le déclic viendra à 23 ans de la lecture d’Henry Morgenthau, ambassadeur américain en Turquie au temps des massacres et auteur d’un témoignage accablant. Balakian exhume alors l’histoire familiale, « un singulier cadeau pour un jeune écrivain » et découvre le négationnisme turc : il en devient un fervent combattant.
(Par Anne Dastakian, le 11 février 2012, Marianne)

EXTRAIT

Préface à l’occasion des dix ans de l’édition américaine.
Lorsque l’occasion s’est présentée pour une nouvelle édition par Basic Books, quelque dix ans après la première publication de Black Dog of Fate, mon ancienne éditrice Gail Winston, qui avait eu vent de mon voyage en Syrie en mai 2005, me proposa d’écrire un nouveau chapitre pour cette nouvelle édition. J’ai trouvé l’idée intéressante, incarnant le soutien de Gail pour que ce récit continue, et nous avons repris contact.
Ce qui avait été une tournée de conférences au Liban et en Syrie s’avéra, d’une manière spontanée et révélatrice, un voyage dans l’univers perdu de ma grand-mère, réfugiée à Alep de 1915 à 1920, suite aux convois de la mort où l’envoya en août 1915 le gouvernement turc. D’Alep, mon périple me conduisit à Deir-es-Zor, dans le désert syrien à plus de deux cents kilomètres à l’est, une zone aride qui fut l’épicentre de mort lors du génocide arménien, un lieu qui a fini par incarner ce qu’Auschwitz signifie désormais dans l’histoire de la Shoah. Deux chapitres - «En route vers Alep, mai 2005» et «Ossements» - prolongent donc le récit. J’espère que le lecteur découvrira en eux la continuation organique de mon exploration à l’intérieur d’un sombre passé et de l’évocation de ma famille disparue.
J’ai saisi aussi cette occasion pour restituer au texte quelques petites choses qui avaient été retirées de mes premiers brouillons. Dans «Liberté, New Jersey», j’ai restitué quelques paragraphes concernant le rock’n'roll, dont un court développement à propos de Bob Dylan. Dans «Enchaînement de mots», je rends à mon père quelques paroles de sagesse qu’il m’a transmises. A l’occasion, j’ai identifié des amis par un ou deux mots de plus. J’ai modifié l’orthographe du nom de l’évêque Balakian, Krikor, son prénom d’origine, en Grigoris, orthographe classique de son prénom, qu’il adopta lors de son ordination et qu’il utilisa comme auteur. Enfin, comme tant de travaux de recherche significatifs sur le génocide arménien sont parus depuis la publication de la première édition, j’ai mis à jour la bibliographie, ajoutant certains ouvrages scientifiques importants publiés ces dernières années.

L’AUTEUR

Peter Balakian est né dans le New Jersey en 1951. Il enseigne à l’Université de Colgate. Il a publié cinq recueils de poèmes, dont le plus récent est June-tree : New and Selected Poems 1974-2000, ainsi que Le tigre en flammes. Le génocide arménien et la réponse de l’Amérique et de l’Occident (éditions Phébus, 2005).

Parution : 6 octobre 2011
Format : Broché
Nombre de pages : 416 p.
ISBN : 978-2940406395
Prix : 24 €

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VANGO TOME 2 : UN PRINCE SANS ROYAUME

Timothée de Fombelle
Gallimard Jeunesse

vango-t2Un héros mystérieux et fascinant au cœur des années 1930, un extraordinaire roman d’aventures au souffle épique. Somptueusement saga !

RESUME

Poursuivi par les démons de son passé, Vango repart à l’aventure. A la fin des années trente, suspendu au sommet des gratte-ciel de New York, il affronte ses ennemis avec le moine Zefiro, et retrouve la piste de celui qui a détruit sa famille. Sa quête le fait passer tout près de la belle Ethel, l’amour de sa vie, lors de la chute du dernier grand dirigeable qui manque le blesser à jamais. Il croit alors se retirer du monde pour toujours. Mais déjà la guerre envahit l’Europe et le remet sur les routes…

PRESENTATION

New York, 1936. Accroché au sommet des gratte-ciel, Vango poursuit l’homme qui a causé son malheur et détient le secret de sa naissance. Mais la fuite de Vango ne connaît pas de trêve. Quel est le chasseur et quelle est la proie ? L’amour d’Ethel survivra-t-il à tant de tempêtes ?
A travers les champs de blé du New Jersey, les forêts du Caucase, le ciel de Paris ou de l’Écosse, ce second volume termine la saga de Vango et nous entraîne toujours plus loin, entre livre d’action, saga historique et roman d’amour.
Un héros de roman particulièrement attachant et envoûtant, mystérieux et fragile, mais aussi déterminé et irréductible.
Un style unique, d’une grande force, très maîtrisé, à la fois limpide et recherché, une construction riche en détours et retours qui aiguise l’intérêt et le suspense.
Un héros inoubliable et romantique, une aventure haletante, envoûtante, poétique. Timothée de Fombelle signe à nouveau un grand roman, après le succès international de TOBIE LOLNESS.

L’AUTEUR EN PARLE


Timothée de Fombelle - Vango Volume 2 : Un… Par Librairie_Mollat

EXTRAIT

AU COMMENCEMENT DE TOUT
Lakehurst, New Jersey, 1er septembre 1929
Un rectangle de blé écrasé leur faisait un lit à baldaquin.
Ils étaient allongés l’un près de l’autre. Les quatre côtés de ce lit étaient drapés de l’or des blés. Partout ailleurs les champs infinis se tenaient bien debout sous le soleil. On voyait le dirigeable posé sur la terre à deux kilomètres de là, comme une goutte d’argent tombée dans l’herbe.
Elle avait peut-être douze ans et lui quatorze. Elle l’avait suivi en courant à travers les blés qui se refermaient derrière eux.
- Va-t’en ! criait-il.
Elle ne comprenait pas où il allait.
Ils étaient maintenant blottis sur le sol, face à face. Elle pleurait.
- On se cache ? Pourquoi se cacher ?
Vango posa deux doigts sur la bouche d’Ethel.
- Chut… Il est là. Il me suit.
Les épis ne bruissaient même pas. Le silence était absolu. Mais il y avait la note continue de l’été, cette note grave qu’on pourrait appeler le bruit du soleil. Vango avait le regard fou.
- Dis-moi ce qui se passe…, murmura-t-elle.
La terre desséchée buvait le petit trait de larme d’Ethel.
- Il n’y a personne… Je ne te reconnais plus, Vango. Qu’est-ce que tu as ?
Ethel ne le connaissait que depuis vingt jours à peine, mais il lui semblait que cette rencontre était au commencement de tout et que, de son existence entière, elle n’avait jamais connu quelqu’un d’autre.
Vingt jours. Une éternité passée ensemble. N’avaient-ils pas eu le temps de faire le tour du monde ?
Ils en avaient même oublié les autres passagers du Graf Zeppelin, la foule à chaque escale, les journaux du monde entier qui parlaient de l’aventure du grand dirigeable, le magnésium des flashes en pluie blanche sur eux…
Dans leur esprit, c’était comme s’ils avaient volé seuls pendant tout ce temps. De New York à l’Allemagne, puis sans escale jusqu’au Japon. Après cinq jours à se perdre dans Tokyo, ils avaient enjambé en trois jours le Pacifique, ils avaient survolé dans un essaim de petits avions la baie de San Francisco au coucher du soleil, ils avaient été ovationnés à Los Angeles, à Chicago, et s’étaient enfin posés à Lakehurst tout près de New York.
Il fallait au moins une vie entière pour cela. Ou peut-être deux vies collées l’une à l’autre ?
- Je t’en supplie, souffla-t-elle. Dis-moi de quoi tu as peur. Je peux t’aider.
Il appuya à nouveau sa main ouverte sur les lèvres d’Ethel. Il venait d’entendre un craquement, comme le déclic d’une arme qu’on charge.
- Il est là.
- Qui ?
Ethel se laissa glisser sur le dos.
Vango n’était plus le même.

LU DANS LA PRESSE

« Vango porte haut le flambeau du roman d’aventures, assurément ce qui s’écrit de mieux aujourd’hui pour la jeunesse. »
LE FIGARO LITTÉRAIRE

« Un roman qui happe le lecteur. »
LIRE

« Un roman d’aventures qui vous ouvre grand les yeux. Et le cœur tout autant. »
TELERAMA

« Vango est le meilleur roman jeunesse de l’année. »

EUROPE I

« Un événement, une écriture toujours aussi généreuse. »
France Info

timothee-de-fombelle1L’AUTEUR

Timothée de Fombelle est né en 1973. Passionné de théâtre, il écrit très tôt ses premières pièces et devient aussi professeur de lettres. En 2006 paraît son premier roman, Tobie Lolness. Ce récit, couronné de nombreux prix et traduit dans près de 30 langues, rencontre un grand succès auprès des lecteurs. Depuis, Timothée de Fombelle a publié d’autres histoires pour la jeunesse et continue à écrire pour la scène.

Parution : 6 octobre 2011
Format : Broché
Nb de pages : 400 p.
ISBN: 978-2070638918
Prix : 17 €

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VANGO TOME 1

Timothée de Fombelle
Gallimard Jeunesse

vango-t1Au cœur des années 30, l’extraordinaire destin d’un jeune fugitif en quête de lui-même.

« J’ai mis dans ce roman tout ce qui compte pour moi : le souffle de l’aventure, la fragilité, la cruauté, la beauté des existences. Je voulais une saga qui emporte le lecteur, mais qui laisse chez lui des traces. »
(Timothée de Fombelle)

RESUME

Paris, 1934. Sur le parvis de Notre-Dame, une course-poursuite s’engage entre la police et Vango, 19 ans, au moment où il va être ordonné prêtre. Vango leur échappe. Il est accusé d’un crime. Le passé de Vango se révèle plein de mystères. À 3 ans, il est trouvé avec sa nourrice sur une île, au large de la Sicile. A dix ans, il découvre dans une île voisine un monastère secret. Il noue des liens avec les moines, part pour l’Allemagne puis pour Paris où il entre au séminaire. Il se sent menacé depuis toujours et, en effet, des espions russes sont à ses trousses. Mais qui est-il vraiment ? Dans sa fuite, il croise des personnages forts et inoubliables, comme Eckener, le commandant du Graf Zeppelin, le commissaire Boulard, le père Zefiro. Il y a l’amour de la belle Ethel. Il y a le bruit croissant de la guerre…
Vango va découvrir une partie de son histoire, mais bien des mystères demeurent…

PRESENTATION

La première partie d’un magnifique roman d’aventures, au rythme haletant, construit comme un puzzle, situé dans la période historique passionnante de l’entre-deux guerres.
Timothée de Fombelle a l’art de créer des univers romanesques d’une grande beauté : ici, il nous emporte des toits de Paris aux falaises des îles de Siciles, dans l’atmosphère étrange d’un château en Ecosse, ou encore à bord d’un Zeppelin: des voyages fabuleux, basés sur des faits véridiques.
Un héros de roman particulièrement attachant et envoûtant, mystérieux et fragile, mais aussi déterminé et irréductible.
Un style unique, d’une grande force, très maîtrisé, à la fois limpide et recherché, une construction riche en détours et retours qui aiguise l’intérêt et le suspense.

LA BANDE ANNONCE


Bande annonce VANGO de Timothée de Fombelle Par GallimardJeunesse


ENTRETIEN AVEC L’AUTEUR

Après une fable écologique dans un monde miniature, vous nous surprenez avec un récit d’aventure qui se déroule pendant l’entre-deux guerres. Pourquoi avoir choisi cette période ?
J’aime les lieux et les périodes intenses, denses. L’arbre de Tobie était une réduction de notre monde. Dans ces univers très concentrés, les héros se révèlent. Vango naît en 1915. Pendant ses trente premières années, il traverse la période la plus dramatique et passionnante du siècle. Il n’y avait plus qu’à tendre le fil de l’aventure au-dessus de ce monde et d’y lancer mon héros !

Votre précédent roman Tobie Lolness, nous entraînait sur la cime des arbres. Vango, se déroule en partie à bord d’un Zeppelin. Vous aimez prendre de la hauteur ?
Je pense que la plus belle sensation à transmettre à un lecteur, c’est le vertige ! Plus haut, plus fort, plus rapide ou au contraire beaucoup plus lent, c’est ce qui justifie l’existence de la littérature aujourd’hui. C’est vrai que l’aventure des grands dirigeables me passionne depuis toujours. C’est cette magie de l’histoire réelle que j’ai voulu mettre dans Vango. Autour de 1930, le Zeppelin reliait l’Allemagne au Brésil en trois jours et trois nuits, presque en silence, dans un confort extraordinaire, avec juste l’odeur de la mer, et les cris des singes quand on survolait l’Amazonie. Comment ne pas en rêver ?

Quels sont les romans d’aventure qui ont marqué votre enfance ?

Impossible d’en faire la liste. Je n’ai jamais autant lu qu’entre 10 et 15 ans. J’ai toujours aimé les romans qui me tenaient captif. Les livres de Dumas ont été de ceux-là. Le rythme, l’émotion, mais aussi une certaine démesure, une aventure donnée généreusement, sans compter !

EXTRAIT

LA VOIE DES ANGES
Paris, avril 1934
Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé.
On croyait voir un champ de neige. Les hirondelles frôlaient les corps en sifflant. Ils étaient des milliers à regarder ce spectacle. Notre-Dame de Paris étendait son ombre sur la foule assemblée.
Soudain, tout autour, la ville parut se recueillir.
Vango avait le front contre la pierre. Il écoutait sa propre respiration. Il pensait à la vie qui l’avait conduit ici. Pour une fois, il n’avait pas peur.
Il pensait à la mer, au vent salé, à quelques voix, quelques visages, aux larmes chaudes de celle qui l’avait élevé.
La pluie tombait maintenant sur le parvis mais Vango n’en savait rien. Allongé par terre au milieu de ses compagnons, il ne regardait pas fleurir l’un après l’autre les parapluies.
Vango ne voyait pas la foule des Parisiens réunis, les familles endimanchées, la dévotion des vieilles dames, les enfants qui passaient sous les jambes, les pigeons engourdis, la danse des hirondelles, les badauds debout sur les fiacres, ni les yeux verts, là, sur le côté, qui ne regardaient que lui.

timothee-de-fombelleL’AUTEUR

Timothée de Fombelle est né en 1973. D’abord professeur de lettres, il écrit très tôt pour le théâtre. Ses pièces ont toutes été mises en scène ou éditées. En 2006 paraît son premier roman, Tobie Lolness. Un roman magnifique et inoubliable qui est couronné de nombreux prix, traduit en 28 langues et rencontre un grand succès auprès des lecteurs. Depuis, Timothée de Fombelle a publié ou adapté d’autres histoires pour la jeunesse et continue à écrire pour le théâtre.

Parution : 18 mars 2010
Format : Broché
Nb de pages : 370 p.
ISBN : 978-2070631247
Prix : 17 €

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LE PATIENT DU DOCTEUR HIRSCHFELD

Nicolas Verdan
Bernard Campiche Editeur

le-patient-du-docteur-hirschfeldIntelligence d’un récit qui s’appuyant sur un contexte historique aborde plus généralement la question/problématique de l’exclusion. Un roman à lire à n’en pas douter !

PRESENTATION

Mais pourquoi veulent-ils tous mettre la main sur la liste des patients du Dr Hirschfeld ? Peu avant de mettre à sac son prestigieux Institut des sciences sexuelles de Berlin, en 1933, les nazis fouillent le bureau de ce sexologue qui en sait trop sur des hauts dignitaires du Reich. En vain ! Les dossiers comportant notamment le nom de centaines d’homosexuels allemands ont disparu. Vingt-cinq ans plus tard, le Mossad s’intéresse à son tour à cette fameuse liste. Construit à partir de l’histoire réelle de la dramatique fin de carrière du célèbre sexologue, ce roman explore cette tendance propre à toute société humaine à légiférer nos préférences sexuelles, jusqu’à nous assigner une “juste place” sur l’échelle des genres.

EXTRAIT

Berlin, 28 février 1933
MARINUS, qui vient de la mer. Marinus Van der Lubbe, vingt-quatre ans, citoyen hollandais, auto-stoppeur. Les nazis tenaient déjà leur coupable : un garçon hirsute, torse nu, errant hier soir dans le Reichstag en flammes. En sueur, l’air hagard, disaient les journaux, il sortait de la salle Bismarck, quand il s’était fait prendre. Ce matin, les manchettes étaient sans appel : l’incendiaire est communiste. Communiste et homosexuel.
Magnus, le grand. Magnus Hirschfeld, soixante-cinq ans, citoyen allemand, sexologue, fondateur de l’Institut de sexologie de Berlin. Ennemi désigné du Reich : fornicateur, incite la jeunesse à la dépravation. Homosexuel. Juif. En voyage. La Gestapo précisait : retour en Allemagne incertain.
Entre le Reichstag, ou ce qu’il en restait, et l’ancien hôtel particulier du Prince Hatzfeld, aujourd’hui dédié à la recherche en sexologie, il n’y avait que six cents mètres. Une courte distance parcourue à cette heure tardive par un homme qui s’était mis en tête de corriger le sens que prenaient les événements. Non pas qu’il cherchât à résister à l’installation des forces nouvelles. Au contraire, son uniforme, dissimulé ce soir par un manteau de ville et un élégant chapeau à larges bords, marquait sa foi absolue dans l’ordre qui s’établissait sous la bannière à croix gammée. Or, c’est précisément pour conserver son rang dans la Waffen SS que cet homme allait, dans un instant, entrer par effraction dans l’Institut de sexologie. Il lui fallait à tout prix y précéder les enquêteurs de la police secrète.
De Marinus Van der Lubbe, cet homme ne connaissait rien. Sinon son portrait diffusé dans les communiqués de la Preussische Pressedienst. De Magnus Hirschfeld, il conservait le souvenir détestable de leurs promenades dans le Tiergarten. Le Docteur, après l’avoir reçu une première fois dans son luxueux bureau, lui avait proposé une série de consultations en plein air. C’était son habitude. Il prenait ses patients par le bras et les conduisait dans les allées du parc. Le Docteur disait qu’on devise plus facilement en déambulant qu’en restant assis dans un fauteuil. Les mots, lors de leur première sortie, étaient venus tout seuls, c’est vrai. Il avait pu lui dire ce qui le tourmentait. Le Docteur, à l’écoute, hochait la tête, il l’encourageait à tout raconter. À sa grande surprise, il lui avait dit que son cas n’avait rien d’extraordinaire. Il n’était pas malade, il n’avait rien à se reprocher.

LU DANS LA PRESSE

Croix gammée, croupes gainées
En 1933 à Berlin, les nazis surveillent de près l’Institut des sciences sexuelles du docteur Hirschfeld. Pour la race supérieure, dont l’ouverture d’esprit n’a d’égale que la délicatesse, cette clinique spécialisée dans l’homosexualité n’est «qu’un nid de perversion et de pédés» qu’il s’agit d’anéantir au plus vite. Pourtant, plusieurs SS tremblent à l’idée que la liste des patients du fameux docteur tombe entre de mauvaises mains… Pas sûr que leur patron Heinrich Himmler se montrerait conciliant en apprenant que certains de ses hommes adorent se mettre à quatre pattes pour recevoir la fessée…
Vingt-cinq ans plus tard, alors que le Mossad recherche un ancien criminel de guerre nazi fétichiste des cheveux tressés et sectionnés, une piste va lancer les soldats israéliens sur la trace de ces dossiers compromettants.
Entre Berlin et Tel-Aviv, travestis et nazis, ce récit nous emporte dans une passionnante chasse à la liberté et au respect. Fortement inspiré de la vie du sexologue allemand Magnus Hirschfeld, qui s’opposa au paragraphe 175 du code pénal allemand condamnant l’homosexualité, ce roman décortique avec subtilité la voile, la vapeur et les peurs.
(ALINDA DUFEY, Vigousse)

L’AUTEUR

Nicolas Verdan est né à Vevey en 1971. Sa vie se partage entre la Suisse et la Grèce, sa seconde patrie.

Nb de pages : 296 p.
Parution : 3 novembre 2011
ISBN : 978-2882413000
Prix : 17 €

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L’ARMOIRE DES ROBES OUBLIEES

Riikka Pulkkinnen
Albin Michel

larmoire-des-robes-oublieesRévélation finlandaise. Richesse d’écriture qui font de Riikka Pulkkinen une romancières des plus douées de sa génération.

PRESENTATION

Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d’un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu’elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère. Mais Anna ne tarde pas à comprendre qu’elle a été beaucoup plus qu’une employée et que son grand-père, peintre célèbre, l’a profondément aimée.

LU DANS LA PRESSE

“Une écriture ample, d’un hyperréalisme saisissant. Riikka Pulkkinen est une Joyce Carol Oates finlandaise de 30 ans.” (Livres Hebdo)

“Une fresque sans pathos autour des fantômes du passé. Après Sofi Oksanen, la nouvelle découverte venue de Finlande.” (Les inrocks)

EXTRAIT

La femme courait dans sa direction.
Martti avait fait le rêve bien des fois. La femme était sur le point de dire quelque chose, Martti était tout près de comprendre. Il n’avait jamais le temps d’entendre ce qu’elle avait à lui annoncer, et se réveillait toujours avant que la lumière se fasse en lui.
De nouveau il s’éveilla. Son regard tomba sur le cadran de réveil posé sur la table de nuit.
1 h 20
Elsa dormait auprès de lui. Sa respiration était légèrement irrégulière, mais pas plus que celle d’une personne en bonne santé. Martti s’était quand même assoupi, bien qu’il eût pensé, au cours de la soirée, qu’il ne se risquerait pas à fermer les yeux.
C’était la première nuit qu’Elsa passait à la maison depuis plus de deux semaines.
Si Martti avait commencé par s’opposer à son retour, ce n’était pas parce qu’il ne voulait pas de sa femme près de lui. C’était autre chose. - Elsa appartenait à cet endroit. Elle y avait passé plus de cinquante ans. Mais il avait eu peur de la retrouver un matin, morte à côté lui, les jambes froides.
Je suis en train de pourrir. Elle lui avait dit cela la semaine précédente, dans l’unité de soins palliatifs, comme un appel au secours. Ne me laisse pas me putréfier, je veux rentrer à la maison.
C’est ainsi que les choses s’étaient finalement organisées.
Elsa n’était malade que depuis six mois. En décembre, Martti lui avait fait remarquer qu’elle avait tellement maigri qu’elle n’était plus que la moitié d’elle-même. Elle s’était pesée à la piscine, puis avait pris rendez-vous chez le médecin.
Ce n’est rien, avait-elle dit à Martti. Ce n’est certainement pas rien, lui avait-il répondu. D’un baiser, Elsa avait effacé l’inquiétude de son visage.
Tout se passa rapidement : endoscopie, biopsie, verdict.
Martti pleurait quand ils rentrèrent de l’hôpital sous le coup de la nouvelle la plus accablante qui soit. Elsa se taisait, elle étreignit sa main tout le long du chemin, la pressant encore dans l’ascenseur.
Ils se tinrent longtemps face-à-face dans le couloir. Une étoile de Noël à la fenêtre, dans l’appartement la pénombre d’un après-midi d’hiver.
Tâchons de passer un très bon Noël, ce sera déjà ça, dit Elsa.
Le jour de Noël, Eleonoora vint en famille leur rendre visite. Elsa n’avait pas encore eu le cœur de lui parler.

riikka_pulkkinnenL’AUTEUR

Riikka Pulkkinen est née à Tampere le 8 juillet 1980. Elle étudie la littérature et la philosophie à l’université d’Helsinki. En 2006, elle publie son premier roman, « Raja » (La Frontière), qui l’impose d’emblée comme un des jeunes écrivains les plus doués de sa génération. Son second roman, « L’armoire des robes oubliées », publié en 2010, confirme son talent. Sélectionné pour le plus grand prix littéraire finlandais, le Finlandia Prize, encensé par la critique, « L’armoire des robes oubliées », l’une des sensations de la Foire de Francfort 2010, a déjà été vendu dans douze pays.
Elle est traduite pour la première fois en français, chez Albin Michel, avec son dernier livre, sous le titre « L’armoire des robes oubliées ».
Les droits cinématographiques pour ce deuxième roman ont été vendus à Vertigo Production (Finlande), et une pièce inspirée du roman fut jouée pour la première fois en novembre 2011 au KOM Theatre d’Helsinki.

Parution : 4 janvier 2012
Nb de pages : 300 p.
ISBN : 978-2226238405
Prix : 21,20 €

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LE CHIFFRE DES SŒURS

Antoine Piazza
Rouergue

le-chiffre-des-soeursUn siècle de la vie d’une famille au travers l’histoire personnelle de l’auteur. Un portrait de la France. Secrets, petits scandales et bons mots d’enfant : voici la geste d’une famille française, aux portraits nombreux et truculents. Une transfiguration romanesque dans laquelle l’on s’identifie.

PRESENTATION

Le chiffre, ce sont les initiales que la grand-mère de l’auteur brodait sur le linge de ses enfants, au début du dernier siècle… Annabelle, l’aînée de la fratrie, tient salon à Maillac, petite ville industrielle où l’on joue au rugby depuis toujours, au golf depuis peu, et dont l’auteur nous raconte la prospérité d’après-guerre, puis la chute, à l’orée des années quatre-vingt. Ses soeurs sont devenues infirmière, religieuse, professeur de piano et forment avec elle le quatuor haut en couleur de cette chronique familiale… Cousins ruinés et gendres scélérats, photographies du maréchal Pétain oubliées dans un grenier et médailles pour faits de Résistance, départs en autocar pour l’Espagne et croisières dans le Grand Nord… En dressant avec minutie le portrait des siens, l’auteur dépasse la geste familiale de Français pris tour à tour dans les turbulences de l’Histoire et dans les douceurs des trente glorieuses, pour donner l’illusion du romanesque et faire œuvre littéraire.

EXTRAIT

Nice, 1999
Un homme en costume gris bleu traversa la rotonde du funérarium et vint à notre rencontre. Nous avions quelques minutes, mon cousin et moi, pour nous recueillir devant notre tante, après quoi une équipe allait fermer le cercueil. L’homme se tenait respectueusement à l’écart, parlait avec application et plaçait des silences entre chacune de ses phrases. Je ne pouvais détacher mon regard de son nez, un nez de cirrhotique, énorme, sanguin, magnifique au milieu d’un visage glabre. Comment un ordonnateur de pompes funèbres officiait-il avec un tel nez ? Pourquoi avait-il été choisi, lui plutôt qu’un autre, pour se présenter aux gens, avec son petit discours et son air contrarié ? Il marcha devant nous comme un maître d’hôtel qui conduit des invités à leur table, s’arrêta non loin du cercueil ouvert et laissa notre oncle et notre tante Angèle, les deux survivants d’une fratrie de huit, s’approcher de nous. Je m’étais penché sur ma tante Alice avec cette appréhension du vide contemplé depuis la vitre d’un téléphérique ou le sommet d’une tour. Alice était un peu à l’étroit dans la boîte que les menuisiers avaient découpée sur ses mesures, mais la toilette mortuaire avait été faite avec soin et la vieille femme allongée sous mes yeux semblait rajeunie et reposée, malgré une marque qui apparaissait sur la figure. Mon oncle se glissa derrière moi pour m’expliquer que les employés des pompes funèbres s’étaient succédé sur la dépouille afin de remettre en place la mâchoire qui s’était inexplicablement décrochée. Il cherchait ses mots. Peut-être n’osait-il pas me dire que, pendant sa dernière nuit, au moment de mourir, Alice avait poussé le cri qu’elle retenait depuis longtemps, un seul cri, trop faible pour réveiller Angèle qui occupait la chambre voisine et lui-même qui couchait sur le canapé du salon. Sur un signe de leur chef, quatre hommes en costume gris bleu vissèrent le couvercle et portèrent le cercueil jusqu’au fourgon garé devant l’entrée. L’ordonnateur aborda mon oncle et, à voix basse, avec le même ton, les mêmes précautions entrecoupées de silences dont il avait usé pour nous accueillir, mon cousin et moi, lui indiqua un snack proche du funérarium en précisant que nous avions tout notre temps, qu’ici, à Nice, les offices religieux ne commençaient jamais à l’heure.
Le snack se trouvait à côté d’un supermarché dont le toit s’était écroulé sur ses clients, quelques mois plus tôt, à une heure d’affluence, et avait fait des victimes. Mon cousin et mon oncle parlèrent de la catastrophe pour distraire ma tante. Tous ces morts, disaient-ils d’une voix monotone, si l’on s’attendait à mourir quand on fait tranquillement ses courses… Mme Guerrand, la belle-mère de mon cousin, habitait dans le quartier et se rendait souvent dans ce supermarché… Ma tante ne répondait pas. Elle s’était laissé conduire sans dire un mot. Elle ne donnait pas l’impression d’être entourée, consolée, par son frère et ses neveux, mais d’avoir été enlevée par eux, placée contre la vitre, près des passants qui ne la voyaient pas. (…)

antoine-piazzaL’AUTEUR

Né en 1957, Antoine Piazza vit à Sète où il est instituteur. Depuis le premier, Roman Fleuve, paru en 1999, tous ses romans sont parus dans la brune, notamment Les Ronces (2006, Babel 2008), salué unanimement par la critique, La Route de Tassiga (2008, Babel 2010) et Un voyage au Japon (2010).

Parution : 4 janvier 2012
Nb de pages : 240 p.
ISBN : 978-2812603136
Prix : 18,30 €

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