TUER LE PERE


Amélie Nothomb
Albin Michel

tuer-le-pere« Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur. »
Amélie Nothomb

EXTRAIT

Le 6 octobre 2010, L’Illégal fêtait ses dix ans. J’avais profité de la foire d’empoigne pour infiltrer cet anniversaire auquel je n’étais pas invitée.
Des magiciens du monde entier étaient venus au club cette nuit-là. Paris n’était plus une capitale de la magie, mais la puissance de sa nostalgie agissait toujours. Les habitués échangeaient des souvenirs.
- Habile, votre déguisement d’Amélie Nothomb, me dit quelqu’un.
Je saluai d’un sourire pour qu’il ne reconnaisse pas ma voix. Porter un grand chapeau dans un club de magie, ce n’était pas assurer son incognito.
Je ne voulais pas épier ceux qui montraient leurs nouveaux tours. Munie d’une coupe de Champagne, j’allai dans la salle du fond.
Pour la plupart des magiciens, jouer au poker sans tricher, c’est un peu des vacances. Rencontrer enfin le hasard, c’est s’encanailler et, autour de cette table, les gens avaient l’air détendu. Sauf un, qui ne parlait ni ne riait et qui gagnait.
J’observai. Il pouvait avoir trente ans. Une expression de gravité ne le quittait pas. Dans la pièce, tout le monde le regardait, sauf un homme appuyé au bar. Âgé d’une cinquantaine d’années, il avait une tête magnifique. Pourquoi avais-je l’impression qu’il restait là par défi, pour déranger ?
Je rejoignis les buveurs et interrogeai. On me renseigna : celui qui gagnait au poker était Joe Whip et celui qui évitait de le regarder était Norman Terence. L’un et l’autre étaient de grands magiciens américains.
- Il y a un problème entre eux deux ? demandai-je.
- C’est une longue histoire, commença quelqu’un.

Reno, Nevada, 1994. Joe Whip a quatorze ans. Sa mère, Cassandra, vend des vélos. Quand Joe lui demande où est son père, elle répond :
- Il m’a abandonnée quand tu es né. C’est ça, les hommes.
Elle refuse de lui dire son nom. Joe sait qu’elle ment. La vérité est qu’elle n’a jamais appris qui l’avait mise enceinte. Des hommes, il en a vu défiler tant à la maison. La principale raison pour laquelle ils partent, c’est que Cassandra oublie ou confond leurs prénoms.
Pourtant, elle se sent flouée dans cette affaire.
- Regarde-moi, Joe. Est-ce que je ne suis pas une belle femme ?
- Oui, maman.

LU DANS LA PRESSE

« Ce roman ferait un très bon scénario. Moins bizarre mais plus prenante, Amélie ne fait pas du Nothomb, mais juste un bon roman. » (Elle)

« Amélie Nothomb sait ménager les rebondissements, façonner le suspense, jouer sur les mots et les situations. Elle excelle même dans ce registre. Le résultat est un petit livre cruel et dur, non dénoué de cet humour purement nothombien Attention, ça crépite ! » (L Express)

« On adore. Elle réussit un joli tour de magie et nous envoûte. » (Madame Figaro)

amelie-nothombL’AUTEUR


Amélie Nothomb
est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman Hygiène de l’assassin paru en 1992, elle s’est imposée comme un écrivain singulier. En 1999, elle obtient avec Stupeur et tremblements le Grand Prix de l’Académie française. Tuer le père est son 20e roman.

Parution : 17 août 2011
Nb de pages : 150 p.
ISBN: 978-2226229755
Prix: 16,20 €

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