APRES LE LIVRE


François Bon
Seuil

apres-le-livreAvec Après le livre, l’auteur et éditeur François Bon fait œuvre d’une réflexion intelligente et posée sur l’avenir du livre tel qu’on le connait aujourd’hui.

PRESENTATION

Les mutations de l’écrit ont une portée considérable puisqu’elles affectent la façon même dont une société se régit. C’est ainsi que le passage de l’ « imprimé » au « dématérialisé » induit, sous nos yeux, de nouveaux rapports à l’espace, de nouvelles segmentations du temps. Tout annonce que le web sera demain notre livre (qu’il soit imprimé ou électronique), cette mutation en engageant d’autres, dont François Bon se fait ici l’analyste selon trois axes d’exploration : l’axe autobiographique (ou Comment F. B. s’est approprié cette technologie et comment elle a bouleversé son travail), l’axe technique (ou Quelles sont les virtualités de ces technologies), l’axe anthropologique (ou Qu’est-ce que ces nouvelles pratiques induisent dans la culture). Passionnant et neuf.

FRANÇOIS BON EN PARLE

« Nous vivons une des très rares mutations de l’écrit. Rares (la tablette, le rouleau, le codex, l’imprimerie), mais chaque fois irréversibles et globales.
Ce que change Internet, ce n’est pas le rapport au livre, c’est le rapport au monde. Le numérique affecte la façon dont on écrit aussi bien que celle dont on lit, nos bibliothèques comme la trace que nous laissons parmi les autres.
Il ne s’agit pas ici de prédire. Prendre le temps, au contraire, de considérer l’histoire récente de notre propre rapport à ces machines, comment nous nous en servons, ce qu’elles ouvrent de possibles. Prendre le temps de revenir à quelques oeuvres décisives, celles de Balzac ou de Rabelais en font partie, qui sont elles-mêmes l’empreinte d’une de ces transitions. Alors peut-être accepterons-nous de voir que s’offrent pour nos fables, nos récits, nos lettres, nos carnets privés, nos images aussi, d’autres vecteurs, une autre mémoire et de nouveaux modes de transmission.
Nous sommes déjà après le livre. »

EXTRAIT

Pourquoi un livre fait de pistes, de fragments, d’incises : de beaucoup d’incertitudes et très peu de technique ?
Rien à prouver, rien à démontrer, juste à comprendre. Depuis longtemps, on a appris que militer pour les promesses du futur mène plutôt à la catastrophe.
Le contexte n’est pas serein : une mutation est en cours, irréversible, et qui emporte avec elle ce à quoi nous devons le meilleur de ce que nous sommes. Des cartes sont violemment redistribuées - et c’est déjà perceptible. A quoi alors s’accrocher, sur quoi se fonder pour s’ouvrir, et sauver si on peut, sauver quoi, le sauver comment ?
La littérature fonde notre rapport direct à l’autre, construit notre regard sur le monde, par la possibilité même d’écart et de loisir dans la turbulence des choses, écart réflexif qui fonde le langage comme nôtre, et la possibilité même de se conduire dans le désordre du monde.
L’apprentissage, l’imaginaire, les chemins du savoir, la transmission des techniques, des rêves et des secrets, tout passait par le livre. Mais, depuis deux décennies (cela fait tout de même déjà une histoire), nous confions progressivement la totalité de nos usages, depuis les routines professionnelles jusqu’aux commodités les plus privées, à des appareils électroniques. Avec des risques lourds, quand ces appareils, leurs logiciels, et l’économie de ce qu’ils véhiculent, sont sous monopole de quelques groupes dont l’art et la civilisation sont moins la préoccupation que la bourse et la domination.
Alors évidemment, la situation est tendue : les métiers de l’édition et de la librairie ont été de toujours en évolution permanente, y compris dans le partage des rôles. Des acteurs neufs surgissent, on rend facilement Internet coupable de tous les maux envers lesquels on a beaucoup d’incertitude ou d’inquiétude, mais pas encore connaissance de tous les symptômes.
Surtout, plus question de rien prédire. On a connu des mutations politiques ou esthétiques tout aussi rapides et violentes - tout autant imprédictibles et arbitraires. Les mutations de l’écrit ont été plus sourdes et plus lentes, mais chaque fois totales, complexes, et irréversibles. Et la première d’entre elles a probablement été l’irruption même de l’écrit, qui n’a concerné au mieux qu’un tiers des langues recensées, mais les a emportées dans l’aventure dont nous participons encore aujourd’hui. (…)

Emission sur France-Info du mercredi 11 janvier 2012

SOMMAIRE

MUTATIONS RARES, MAIS TOTALES ET IRREVERSIBLES
ACCORDER SON TRAITEMENT DE TEXTE
LIRE EST DISCONTINU
COMMENT REMPLACER L’EPAISSEUR DU LIVRE ?
FAUT-IL UNE TABLE A NOS ORDINATEURS ?
PLUME D’OIE, PLUME DE FER
DE SE PEINDRE EN BLEU POUR MOURIR
MEMORISATION ET SPATIALISATION, SI VOUS AVEZ LA SOLUTION
DESCRIPTION DE MON ATARI 1040
VIEUX FILS DE CUIVRE

L’AUTEUR

francois-bon1Né en 1953, François Bon élabore depuis vingt-cinq ans une œuvre littéraire cohérente et forte. Son travail d’écrivain est marqué depuis son premier roman, Sortie d’usine, paru chez Minuit en 1982, par une proximité avec le quotidien, la matière, la machine, par une attention aux personnes sans gloire, depuis Le Crime de Buzon (Minuit, 1986) jusqu’à Daewoo (Fayard, 2004). Parallèlement, il élabore une réflexion sur la littérature et l’écriture, qui l’a conduit à l’expérience des ateliers d’écriture, et a abouti à Tous les mots sont adultes (Fayard, 2000), puis à L’Incendie du Hilton (Albin Michel, 2009). Une remarquable trilogie musicale a fait événement ensuite : Rolling Stones (Fayard, 2002), Bob Dylan (Albin Michel, 2007), Led Zeppelin (Albin Michel, 2008).
Mais depuis quelque temps, la vraie passion de François Bon, c’est le numérique. Son site en témoigne, la revue en ligne remue.net (qu’il a créée), son site d’auteur, www.tierslivre.net, et encore sa petite librairie en ligne… Il a aussi fondé la coopérative d’édition numérique www.publie.net

Parution : 22 septembre 2011
Nb de pages : 274 p.
ISBN : 978-2021055344
Prix : 18 €

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