LE DERNIER CONTRAT


Olivier Maulin
Editions La Branche

le_dernier_contrat_01Un roman qui diffère du genre. Nerveux et noire ironie qui vire à l’anticipation ne pouvant laisser le lecteur indifférent. Se lit d’une seule traite.
Excellente collection que Vendredi 13 aux Editions de La Branche.

PRESENTATION

Dans un futur étrangement proche, un prêtre révolutionnaire et un tueur à gage en préretraite jouent ensemble aux redresseurs de torts nationaux.
Laminée par une crise économique et politique sans précédent, la France est plongée dans le chaos.
Frère-la-Colère, un moine charismatique et exalté, émerge de la confusion, fédérant bientôt les rebelles de tout le pays pour renverser le pouvoir en place et hâter l’effondrement général. Prêt à tout, Frère-la-Colère engage un tueur à gages, un pro sur le retour, dépressif et alcoolique. Son contrat : assassiner le président de la République le samedi 14 juillet, pendant le défilé. L’avenir de la Rébellion ne dépend plus désormais que d’un seul homme…

On connaît Olivier Maulin en « formidable portraitiste des illuminés » (L’Express), en chroniqueur du monde moderne. On découvre ici son talent de romancier du noir, du crépusculaire.
Guerre civile ; clandestinité ; répression ; terrorisme. Sous ces motifs politiques puissants se dessine un roman d’action diablement efficace, mené tambour battant par un duo improbable… et franchement dérangeant.

OLIVIER MAULIN EN PARLE

« Chacun de mes livres, à leur manière, tentent de passer l’époque au scanner et d’explorer les possibilités de sortir de ce monde aliénant et désenchanté.
Sur un mode “noir”, je continue avec Le dernier contrat dans cette même voie. J’ai imaginé en effet que la crise que nous vivons prenait soudain une tournure catastrophique (je veux dire encore plus catastrophique) et qu’une sorte d’illuminé (un Savonarole moderne) galvanisait les foules pour les amener à la révolte et en finir avec notre civilisation matérialiste. Afin de hâter l’effondrement général, il fait appel à un tueur à gages, le narrateur du livre, pour lui proposer d’assassiner… le président de la République.
Le tueur, c’est un homme méthodique, solitaire, carré, réfléchi, au lourd passé de pro. Mais fatigué aussi, déraciné, plus ou moins dépressif, peut-être même un peu alcoolique. À plus de quarante ans, il doute, il en a marre, il craint la faute, ne se sent plus taillé pour le rôle et n’a finalement plus qu’une envie : raccrocher. Ce dernier contrat lui en donnera bien entendu l’occasion. L’avenir de la Rébellion ne dépend plus désormais que d’un seul homme… »

EXTRAIT

La voiture s’est immobilisée au bord de la chaussée, le chauffeur a enclenché les warning, allumé le plafonnier et arrêté le compteur.
- Ça nous fait treize euros et trente centimes, bagage compris.
J’avais essuyé la buée de la vitre avec le plat de la main et approché mon visage de la fenêtre mais je ne distinguais rien d’autre que le halo jaune d’un lampadaire que les gouttes de pluie coulant le long du carreau déformaient. J’ai tiré de la poche de ma chemise mes billets plies en deux, en ai prélevé un de vingt et l’ai tendu au chauffeur.
- Arrondissez à quinze.
- A vos ordres, patron. Je vous fais une note ?
- Non.
Il a fouillé dans un gros portefeuille rempli de pièces et de coupures soigneusement classées et m’a rendu la monnaie que j’ai empochée avant de sortir de la voiture, de relever mon col et d’ajuster mon chapeau. Il y a eu un petit déclic à l’arrière du véhicule, le coffre s’est ouvert lentement, freiné par des ressorts. J’ai pris ma valise, refermé le coffre et donné un petit coup sur la carrosserie pour signifier que tout était en ordre.
Le chauffeur a répondu par un coup de klaxon, il a lâché la pédale de frein, enclenché la première, la voiture s’est éloignée. Au bout d’un instant, les warning se sont éteints, le voyant lumineux du toit s’est éclairé, le taxi a pris une rue à droite et a disparu dans la nuit.
Il pleuvait fort. En face de la rue, un petit parking désert, une église moderne à droite, un bureau de poste en brique rouge à gauche et un hôtel-restaurant de trois étages, également en brique rouge, à l’enseigne de l’Hôtel de l’Industrie. J’ai traversé la rue, poussé la porte, une clochette a tinté.
La salle du restaurant était petite, trois tables sur la gauche, deux autres le long du bar et puis une dernière, occupée par un vieux monsieur barbu assis devant un verre de vin blanc, à côté d’un poêle en fonte. Il faisait bon, le plancher en bois grinçait. Derrière le bar, une grosse femme essuyait un verre. Elle a levé la tête. J’ai posé ma valise à mes pieds et j’ai toussé pour m’éclaircir la voix.
- Bonsoir, madame. J’ai réservé une chambre.
Elle a rangé le verre qu’elle tenait dans la main, a jeté la serviette sur son épaule et s’est dirigée à l’autre bout du bar en chaussant une paire de lunettes qui pendait-à son cou. Je la suivais de l’autre côté du comptoir.
- C’est à quel nom ?
- Joseph Victor.
Elle a consulté un registre posé à même le comptoir, près d’une lampe et de quelques stylos éparpillés. A la page du jour, il y avait mon nom suivi de la mention : «combien de nuits ?» Elle a hoché la tête.

le_dernier_contrat_03L’AUTEUR

Olivier Maulin est né en 1969. Avec son premier roman, En attendant le roi du monde, il s’est imposé d’emblée comme un auteur à suivre de près, en remportant notamment le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs en 2006. Il a depuis publié quatre romans, dont Les Lumières du ciel qui vient de paraître aux Editions Balland (finaliste Prix de Flore 2011).

Parution : 9 février 2012
Nb de pages : 191 p.
ISBN : 978-2353060436
Prix : 15 €

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