LE BEL AGE T.1 : DESORDRE


Merwan
Dargaud

belaget1-couvDésordre est le premier tome du Bel Âge, premier volet d’une histoire sentimentale désenchantée qui croise le destin de trois jeunes femmes, dans ce moment de la vie entre la fin de l’adolescence et l’entrée dans le monde adulte.
Un récit écrit et mis en images par Merwan chez Dargaud.

PRESENTATION

Au départ, il y a trois filles : Violette, Lila et Hélène. Elles ne se connaissent pas. Elles ont une vingtaine d’années et pas grand-chose d’autre en commun. Ou plutôt si : chacune se cherche, hésite, prend des décisions, doute et les regrette. Chacune fait ses premières expériences, douloureuses, en terres adultes. Il y a trois petits morceaux du début d’un après. Trois fils qui courent, qui se croisent, s’entrecroisent, puis se mêlent. Trois fils qui, peut-être, tricoteront une nouvelle histoire de celles qui font aimer la vie ?

Il y a Violette qui déprime, Hélène qui angoisse et Lila qui ment. Ces trois jeunes femmes ont la petite vingtaine. Le bel âge quoi. Mais à l’âge des possibles, de la fin de l’adolescence, des premiers pas dans la vie d’adulte, des engagements, nos trois héroïnes semblent bien larguées.
Violette vient de se séparer de son petit ami Damien, vit chez ses parents, a arrêté la fac, bosse à mi-temps dans le laboratoire d’analyse de sa mère et cache sa dépression à ses proches.
Hélène en est à sa troisième année de thèse avec un directeur de recherche qui la pousse plus qu’il ne la motive, est en constant décalage avec son petit ami un brin désinvolte par rapport à ses études et a une peur bleue d’être noyée dans tout ce marasme.
Lila raconte ses plans d’un soir à sa meilleure copine Marion, mais couche avec le petit ami de cette dernière, elle se raconte des histoires à elle-même, passe pour une allumeuse, refuse d’assumer le regard de son père et même son prénom.
Trois filles perdues, qui se perdent dans cette grande introduction qui est le premier tome d’une trilogie prévue sur l’année. Trois histoires croisées, lointaines, mais si proches dans leurs fragilités, leurs incapacités à se confier entièrement à quelqu’un de disponible, à trouver l’écoute. Ces tentatives de sauvetages ratées font très vraies.

Merwan maîtrise ces instants manqués, ces silences lourds. Avec son trait fin qui rappelle celui de Bastien Vivès (son camarade sur « Pour l’Empire » chez le même éditeur), il donne corps au réalisme des poses, des regards qui témoignent de la détresse et des sentiments lourds qui envahissent les personnages.
Le lecteur est témoin de cette spirale dépressive, jusqu’aux dernières pages de l’album : un éclaircie se dessine pour ces trois là. Une lueur dans la rencontre, les destins ne vont plus juste se croiser, elles vont se rencontrer.
Si Merwan part sur un rythme ternaire dans sa construction on peut s’attendre à un deuxième tome plus axé sur ces difficultés à se reconstruire, à vivre ensemble, à trouver un but. Quels choix et quels sacrifices vont devoir faire ces personnages ? Et comment vont-elles, dans le troisième tome, réussir à s’assumer complètement ? Vont-elles toutes y arriver ? Voici d’autres questions qui nous maintiennent dans l’attente du prochain épisode.

LU SUR LE NET

« (…) Pour ces 3 jeunes femmes qui se trouvent à l’âge où il faut quitter l’adolescence pour la sphère adulte, le scénario est aussi simple que la vie de tous les jours. Néanmoins, Merwan a la subtilité de souligner ce moment charnière de la vie à travers des problématiques fortes, très authentiques et variées.
(…) Mais au-delà de ces micro-intrigues de vie, que l’on suit avec grand intérêt, Merwan fait surtout une formidable analyse sociologique. Ce faisant, le jeune auteur se positionne dans la lignée de l’œuvre (déjà géniale) de son pote Bastien Vivès (et de la trilogie Celle que… de Vanyda). D’une belle modernité, l’écriture graphique de Merwan, qu’on peut qualifier de cinématographique, est parfaitement aboutie. Des cadrages originaux, des masses de noir côtoyant un trait fin et juste, des décors tantôt chiadés, tantôt en aplats de couleurs, et une mise en scène dynamique, qui joue à merveille des silences pour exprimer énormément de choses. Sans doute ce qui se fait de mieux sur la « nouvelle scène BD ». Le second tome se fait déjà cruellement attendre ! »
(Lu sur Planète BD)

« Changement de registre pour Merwan, il délaisse les soldats de l’Empire pour s’aventurer seul dans une histoire plus réelle, une histoire de filles, des filles plongées dans un quotidien trouble et instable. Des histoires d’amours, d’amitiés brisées et de futurs incertains. Merwan est plutôt à l’aise dans le domaine, on passe, après une introduction bien rythmée, d’un personnage à l’autre sans problème et la fluidité du récit rend le tout efficace.
Après, l’histoire ne fait pas preuve d’une grand originalité et même si le traitement des personnages est bien réalisé, notamment en évitant les gros clichés et les agaçants réchauffés du genre (il trouve d’ailleurs une belle résonance avec la série Les Autres Gens, le 1er tome ne m’a pas laissé suffisamment de matière pour être complètement séduit.
La curiosité de voir comment évoluera la série étant de mise, c’est une affaire à suivre ! »
(Placido sur Sceneario.com, 07 février 2012)

Parution : 6 janvier 2012
Format : Broché
Nb de pages : 72 p.
ISBN : 978-2205068238

belaget1-extrait-jan2012Un extrait du « Bel âge »
© Merwan – Dargaud

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