VIEILLE MERVEILLEUSES


Catherine Hermary-Vieille
Editions Albin Michel

merveilleuses_01Les grands destins de femmes passionnent depuis toujours la romancière et historienne Catherine Hermany-Vieille. Amours, ambitions, secrets d’alcôves, conspirations…, Catherine Hermany-Vieille restitue avec tout son talent romanesque et sa vivacité d’écriture les mœurs de cette époque charnière incertaine et libertine, qui mène de la Révolution à l’Empire.

PRESENTATION

1794. La Terreur oubliée, une fureur de divertissements et d’excès enfièvre Paris. On rit, on danse, on aime, on revit : jouissance et plaisirs sont les nouveaux mots d’ordre des Merveilleuses. Les égéries du jour, frivoles, légères et charmantes. Elles collectionnent les amants comme d’autres les chapeaux, lancent les modes les plus provocantes. Rose de Beauharnais et Thérésia Cabarrus, les plus merveilleuses d’entre ces Merveilleuses, mènent le bal et les hommes au pouvoir par le bout du nez.
Thérésia épouse Tallien pour devenir la maîtresse de Barras, quitté par Rose pour Bonaparte, un obscur petit général corse qui l’aime à la folie, en partance pour l’Italie, puis l’Egypte. Il en reviendra premier Consul, exigeant de celle qu’il appelle désormais Joséphine qu’elle rompe avec son passé tumultueux. Le temps des Merveilleuses a vécu !
Amours, ambitions, secrets d’alcôves, conspirations, Catherine Hermary-Vieille mène ce bal des vanités et des voluptés, qui court de la Révolution à l’Empire.

EXTRAIT

Brest, le douze octobre 1779.
Les marins avaient jeté la passerelle et les passagers de la flûte l’Île-de-France mettaient pied à terre avec précaution. Sous un ciel chargé de nuages, une foule se pressait sur les quais, familles venues accueillir un des leurs, portefaix, badauds, hôteliers accourus à la retape, cochers, domestiques, maraudeurs. On hélait, appelait, s’interpellait. Des mains, des mouchoirs s’agitaient. Sous la multitude des mouettes qui, depuis la haute mer, avaient escorté le navire, les marins perchés sur les vergues carguaient et ferlaient les voiles.
Effarée, Euphémie s’accrochait à la main de sa maîtresse qui elle-même ne quittait pas le bras de son père, tandis que la tante Rosette suivait à deux pas. Souffrant, Gaspard Tascher de La Pagerie peinait à discerner au milieu de la bousculade le mouchoir rouge du patron de l’auberge censé venir les accueillir.
Dans cette ruelle du quartier Saint-Louis de Brest, les maisonnettes se pressaient, certaines coquettes, d’autres malpropres, précédées de jardinets où poussaient des herbes folles. Du linge pendait à quelques fenêtres, des chiens, des chats, des poules erraient au hasard. Mais l’auberge avait bon air : deux étages, une porte solide surmontée d’une jolie enseigne où un peintre avait représenté un brick toutes voiles dehors porté par une mer bleu turquoise.
Tandis que monsieur de La Pagerie prenait aussitôt le lit, que Rosette s’effondrait dans un fauteuil et qu’Euphémie vidait la malle, Rose se mit à la fenêtre. Quoique le jour d’arrivée des navires en provenance des Amériques soit toujours incertain, la jeune fille avait vaguement espéré qu’Alexandre de Beauharnais serait là pour l’accueillir. Mais la déception ne pouvait l’emporter sur l’ébahissement que lui causait le spectacle de la ville. Le froid mordant ne semblait en rien affecter les passants qui trottaient sous de larges paletots ou en simples chemises de toile. Parmi eux, pas un Africain, pas même un mulâtre. Les odeurs, la lumière, les bruits, tout était étrange. Qu’avait-elle imaginé à la Martinique ? Sous le bonnet des filles, Rose distinguait des mèches allant du ficelle au châtain tandis que la plupart des hommes, sans perruque ni poudre, portaient leurs cheveux à la hauteur des épaules. Comme son futur époux, beaucoup d’entre eux étaient blonds.
De son fiancé, elle ne gardait aucun souvenir. À cinq ans, Alexandre avait quitté la Martinique avec son frère François, son père et la soeur de Gaspard de La Pagerie, madame Renaudin, qui, séparée de son époux, avait déjà uni son sort à celui de son amant. C’est elle qui avait voulu, arrangé le mariage d’Alexandre avec une des trois filles La Pagerie, la seconde, Catherine, de préférence, la mieux assortie en âge. Mais Catherine emportée par la tuberculose, Manette trop jeune, on avait dû se rabattre sur Rose, l’aînée.

Emission sur France-Info du mercredi 19 octobre 2011

L’AUTEUR

Depuis son Prix Femina en 1981 pour le Grand Vizir de la nuit, Catherine Hermary-Vieille fait alterner biographies et romans avec le même succès. Parmi les plus connus, La Marquise des ombres, L’Infidèle (Grand Prix RTL), Un amour fou (Prix des Maisons de la Presse), La Bourbonnaise, sa saga historique Le Crépuscule des Rois, Les Années Trianon…

Parution : 5 octobre 2011
Format : Broché
Nb de pages : 419 p.
ISBN: 978-2226220707
22 Euros.

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