VERS UNE NOUVELLE MONDIALISATION ?


Gabriel Wackermann
Editions Ellipses

couv_6621.inddPrésentation : Jusqu’à présent, tous les processus économiques mondiaux se sont appuyés sur des visions à court terme. Serait-il possible, désormais, d’envisager le devenir du globe à plus long terme ? De mettre en place une économie plus équilibrée, soutenable, ” durable “? Et donc de développer… une nouvelle mondialisation ?

EXTRAIT

« Introduction
L’ordre des choses et l’ordre mondial

« La notion d’obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative. Un droit n’est pas efficace par lui-même, mais seulement par l’obligation à laquelle il correspond ; l’accomplissement effectif d’un droit provient non pas de celui qui le possède, mais des autres hommes qui se reconnaissent obligés à quelque chose envers lui… Une obligation ne serait-elle reconnue par personne, elle ne perd rien de la plénitude de son être. Un droit qui n’est reconnu par personne n’est pas grand’chose ».
Simone Weil, L’Enracinement, 1949, Paris, Gallimard, coll. « Idées-NRF », p. 9.

Nous sommes constamment invités à passer de la nature à l’ordre des choses. Schopenhauer considère la finalité et la perfection comme la parfaite organisation des tendances au sein de l’univers, qui n’auraient pu être réalisées que par la volonté maîtresse la plus libre, dirigée par l’intelligence la plus pénétrante et le raisonnement le plus accompli. Il contre les philosophies finalistes, après Hume et Kant, qu’il assimile à des philosophies théologiques, notamment la Théodicée de Leibniz. Pour Schopenhauer, le monde est parfait dans ses détails, absurde dans son ensemble ; chez Leibniz, il est imparfait dans ses détails, parfait dans son ensemble. C’est, parmi l’ensemble des philosophies théologiques et finalistes, celle de Hegel qui est la plus opposée aux représentations de Schopenhauer.
La liberté, le libre choix sont-ils une illusion ? Machiavel nous dit, dans sa comédie Clitia : « Si les mêmes hommes revenaient au monde, comme y reviennent les mêmes événements, il ne se passerait jamais cent ans sans que nous nous retrouvions ensemble, à faire les mêmes choses qu’à présent ».
Ou encore Diderot qui, dans Jacques le Fataliste, parle d’« un château immense, au frontispice duquel on lisait [que] je n’appartiens à personne, et j’appartiens à tout le monde : vous y étiez avant que d’y entrer, vous y serez encore quand vous en sortirez ».
Dans le cadre de cette liberté, il nous est loisible de donner ou de ne pas donner sens à notre parcours terrestre, de préciser une ou des finalités dès lors que nous optons pour la première éventualité. Il serait inutile de méditer sur les fondements d’une mondialisation à base de valeurs éthiques si nous considérions d’emblée que l’existence est absurde, que nous ne pouvons rien y faire, qu’il faut vivre le moment sans aucune autre préoccupation. »

SOMMAIRE

Avant-propos
Vers une nouvelle mondialisation ?

Introduction

L’ordre des choses et l’ordre mondial
I. Retour aux sources et recherche d’identité première
II. Maîtrise des énergies
III. De la raison du plus fort ou du soutien
pour le plus faible ? Quel pari pour l’homme ?

Première partie
De l’internationalisation aux ordres mondiaux
et aux mondialisations

1 De l’internationalisation aux ordres mondiaux
I. Du territoire à la frontière internationale
II. L’internationalisation
III. Les « ordres » mondiaux
2 Les mondialisations
I. Les fondements
II. Mobilités, brassages et répercussions
III. L’évolution chronologique et territoriale
3 Pensée, doctrines et idéologies à travers le temps et l’espace
I. Origines antiques et médiévales des ouvertures mondiales
II. De l’époque moderne au temps présent
III. À la recherche du monde et de repères
IV. Sens et non-sens

Deuxième partie
Des fragiles équilibres aux disparités de la mondialisation actuelle

1 Le mythique équilibre, un état transitoire
I. Équilibre et mouvement
II. Des disparités aux dysfonctionnements
III. La nature et l’homme : l’exigence d’une étroite interaction
IV. Vers des tendances équilibrantes, toujours renouvelées
2 Hasard et nécessité ? Mise en garde contre l’emblématique
I. Dérives de l’esprit
II. Dérives politiques et géopolitiques
III. Dérives scientifiques et technologiques
IV. Une socio-économie obérée par la pauvreté et le privilège du savoir
3 La perversion de la puissance
I. Puissance et chaos
II. La légitimité en question ?
III. Coeur, raison et droit

Troisième partie
Prises de conscience d’exigences mondiales soutenables

1 Interrogations sur les provocations déclencheuses de sursauts
I. Remonter aux sources
II. L’incitation au changement
III. Nouvelles gouvernances
2 Les crises et leurs effets novateurs
I. Le rôle des petites et des grandes crises
II. Les effets rénovateurs
3 La question existentielle de l’humanité
I. L’équivoque civilisatrice
II. De la relative brève sortie du rang, l’Occident y est rentré avec un bilan mitigé
III. L’Occident et sa rentrée dans le rang ?

Quatrième partie
Des démarches évolutives aux mutations

1 Les évolutions font-elles sens ?
I. Les degrés d’évolution
II. Les mutations subies
III. Les mutations consenties
2 L’équivoque du progrès
I. Le progrès, une nécessité constante pour l’humanité
II. De l’optimisme depuis les Lumières jusqu’à la mise en cause
III. Pas de vrai progrès sans éthique
3 Tradition et mouvement
I. Identités et appartenances
II. De la toute-puissance des frontières physiques à l’explosion des barrières sociétales
III. Le génie des lieux, un thème rassembleur
4 Culture historique et bouillonnement technologique
I. Ruptures et déconstructions sociéto-territoriales
II. Nouvelles rencontres sociéto-territoriales
III. De la primauté de l’économie à celle de l’écosociété ?
IV. D’une mondialisation à l’autre ?

Cinquième partie
De la force des sources à celle de la science contemporaine

1 De la science des origines aux sources des cultures
I. Recherche fondamentale et recherche appliquée Savoir et savoir-faire
II. Sciences et technologies avancées accélèrent la mondialisation de la connaissance
III. Science, culture et territoires
IV. Le patrimoine scientifique et technologique
2 Une science du dépassement disciplinaire
I. Les démarches multi- et transdisciplinaires démultiplicatrices d’un progrès à plus long terme
II. La science au carrefour de préoccupations sociéto- et transterritoriales
3 Le devenir environnemental
I. La science, pivot du progrès de l’humanité et des humanités
II. Le rôle déterminant des sciences environnementales
III. La géographie, un acteur de la symbiose entre sciences dites « douces » et sciences dites « dures »
4 Une science nécessairement engagée
I. Constats de carence sociéto-territoriaux
II. Fondements des ruptures naturelles et sociétales
III. D’une science humaine et sociétale à une science engagée
IV. La nouvelle géographie active : d’autres temps, d’autres dimensions

Sixième partie
Vers des dynamiques sociéto-territoriales acceptables ?

1 Pertinence et impertinence des régimes en place
I. Déviances et puissance des pesanteurs perverses
II. Sources de renouveau
2 De l’inadaptation à l’adaptation
I. La démocratie est-elle la solution ?
II. De la démocratie formelle à la démocratie réelle
3 Les potentialités régulatrices de la géopolitique
I. Forces et territoires en mutation
II. État présent des lieux
III. La pertinence de l’État et du service public
IV. Utopie et réalisme

Conclusion générale

La mondialisation éthique saurait-elle éclore d’un nouvel ordre mondial ?

Gabriel Wackermann, professeur émérite à la Sorbonne, riche de ses nombreuses missions internationales d’enseignement et de recherche et de son rôle d’expert auprès des plus grandes institutions internationales, offre ici au lecteur une analyse globale et approfondie.

Parution : Septembre 2011
Nb de pages : 429 p.
Format : Broché
Dimensions : 24.0 x 16.5 x 2.3 cm
ISBN : 9782729866211
EAN13 : 9782729866211

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