GEORGES DE LA TOUR, LE VIELLEUR AU CHIEN


Philippe Beaussant
Ed Invenit

georges-de-la-tour-le-vielleur-au-chienLʼacadémicien Philippe Beaussant, romancier et essayiste, met son amour du baroque au service du joyau du musée de Bergues, Le Vielleur au chien de Georges de La Tour. Ce peintre, décédé brutalement en 1652, ne sera redécouvert quʼau début du XXe siècle, pour être aujourd’hui célébré comme l’un des plus grands peintres français. Philippe Beaussant éclaire pour nous la perception de ce peintre de la lumière qui, grâce à la représentation d’un aveugle, de manière exceptionnelle, peint un homme qui porte la nuit au fond de son âme. Même la musique semble prisonnière de cette vielle, lʼinstrument des pauvres, qui ne permet que quelques notes et quelques mélodies. Pourtant, grâce au regard du chien couché à ses pieds, le peintre parvient à transfigurer la lumière car elle permet au vieil homme « quelque chose de plus serein dans la manière même qu’il a de vous envoyer son chant que vous écoutez sans lʼentendre, comme il vous regarde sans vous voir. »

Georges de La Tour est né à Vic-sur-Seille (Lorraine) en 1593. Fils de boulanger, il accède à la noblesse en se mariant en 1617 avec Diane de Nerf, membre d’une grande famille de Lunéville où il part s’installer. Il y reçoit des commandes de tableaux mais s’enrichit surtout en spéculant sur le grain. Il se met quelques temps à l’abri à Paris pour échapper aux conflits qui sévissent autour de Lunéville durant la Guerre de Trente ans et il est possible, même si les archives royales n’en gardent pas la preuve, qu’il y ait été promu au titre de « peintre ordinaire du roi ». Georges de La Tour meurt en 1652 d’une pleurésie mais c’est bien des siècles plus tard que commença son véritable destin. Jusqu’au début du XXe siècle, le peintre était en effet complètement passé dans l’oubli si bien que ses œuvres, caractéristiques du clair-obscur et de l’esthétiques caravaggienne, étaient recensées dans les collections des musées sous les noms de Guido Reni, Saraceni, Gentileschi, Terbrugghen, Honthorst ou encore Zurbaran ou Velasquez. C’est l’historien Hermann Voss qui le premier perça à jour, en 1915, l’identité du peintre, en lui attribuant deux toiles du musée de Nantes. En 1934, 13 de ses œuvres sont présentées à l’Orangerie et le public découvre émerveillé un des plus grands représentants de la peinture française. Le Vielleur au chien exposé au musée de Bergues fait partie d’une série de toiles présentant des mendiants jouant de cet instrument à cordes dont l’usage, lorsqu’il tomba en désuétude, leur fut souvent réservé. En marge de son œuvre qui privilégia les sujets nocturnes, le tableau représente, dans une mise en scène épurée, un être maudit car le jour est, selon René Char, « l’exemplaire fontainier de nos maux. Georges de La Tour ne s’y est pas trompé. »

Philippe Beaussant, écrivain et musicologue, passionné de musique baroque et spécialiste du XVIIe siècle français, a consacré de nombreux romans et plusieurs essais à la musique. Lully ou le musicien du soleil, dont s’inspira le cinéaste Gérard Corbiau pour réaliser Le Roi danse, a reçu de nombreux prix. Il a publié récemment Le chant du cygne (Fayard, 2009), commentaire éclairé sur l’art du portrait chez Titien. Membre de l’Académie française, Philippe Beaussant a reçu pour l’ensemble de son oeuvre le Prix de la langue française en 2001.

Format : Broché
Nb de pages : 28 p.
Parution : 25 août 2011
ISBN-10: 2918698113
ISBN-13: 978-2918698111

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