LE SANG ET LA MER


Gary Victor
Vents D’ailleurs

Après la mort de leurs parents, Estevèl et Hérodiane quittent le village Saint-Jean en bord de mer pour la capitale. Ils s’installent dans une petite chambre, en haut de l’escalier serpent qui mène à Paradi, un bidonville sur les hauteurs de Port-au-Prince. Dans cet enfer de béton et de crasse, l’amour peut-il être plus fort que tout ?

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L’amour impossible entre un frère et une sœur, entre un peintre sensible et son modèle, entre une jeune fille à la beauté fracassante, passionnée de lecture mais pauvre et le riche héritier d’une des grandes fortunes du pays ? C’est la mer qui viendra aux secours des rêves brisés…

Gary Victor construit son œuvre, roman après roman, en éclatant les frontières des genres. Il puise ses sources d’inspiration dans l’imaginaire haïtien d’une richesse extraordinaire, où le réel et le merveilleux s’entrecroisent et s’interpénètrent. Dans ce roman, il aborde des thèmes universels, tels que la justice sociale, les rapports entre riches et pauvres, entre frère et sœur, l’influence des religions (vodou et catholicisme), l’amour entre hommes, le sexe comme passeport pour la réussite sociale…

Où naissent les rêves des jeunes filles ? Hérodiane, orpheline, vivant à Paradi, un bidonville de Port-au-Prince, rêve du prince charmant à la peau claire et aux yeux bleus. Est-ce parce qu’une religieuse lui a lancé sur un ton haineux : « Noire comme tu es, comment veux-tu que Jésus t’aime ? » ou parce que, Estevèl, son frère adoré, salué à sa naissance par l’écume d’une vague de mer, s’adonne à d’autres plaisirs ?

Le rêve s’incarne en Yvan, riche mulâtre d’une des grandes fortunes du pays, et se révélera un cauchemar quand Hérodiane commencera à découvrir l’envers des mythes et des discours. Si les âmes corrompues des vivants peuvent faire basculer les c urs fragiles dans l’enfer sur terre, les rêves brisés des jeunes filles créent l’espoir d’un autre avenir.

Gary Victor révise ici, avec la maestria qu’on lui connaît, le rêve du prince charmant à la manière haïtienne. Comment dans cette société perverse et corrompue, dans cet univers où les plus riches asservissent encore et toujours les plus pauvres, les jeunes filles peuvent venger le monde.

L’avis d’un lecteur :
« Deux mots importants pour le pays d’Haïti, sang et la mer. A travers ces deux thèmes Gary Victor nous convie à la lecture de son dernier roman paru aux éditions Vents d’Ailleurs.
Le pays d’Haïti saigne depuis longtemps à travers la dette pour son indépendance, l’apprentissage chimérique de la démocratie, la fuite de ses forces vives, sa jeunesse, son intelligentsia.
C’est par le sang de Hérodiane, jeune fille de 17 ans qui raconte son avortement parce que son prince charmant ne voulait surtout pas garder l’enfant d’une négresse. Le thème de la couleur de la peau, de la promotion sociale qui est souvent rendue difficile avec le stigmate de la peau. Le mulâtre est aussi une puissance économique et le rêve de la paysanne est la rencontre d’un mulâtre capable de la faire sortir de la misère.
C’est par la mer, cette savane bleutée que bon nombre de ses enfants ont emprunté pour connaître la vie qu’elle envisage meilleure. Quand Quiskéya Boyo ne leur offre en certains endroits, que des galettes de terre pour tout repas. La mer pour fuir la misère, la dictature, les zenglendos, ou les chimères… Mais au-delà de ces clichés, c’est toute la force de l’imaginaire de Gary Victor qui nous découvrir un personnage extraordinaire, Estevel qui serait un fils d’Agwé, lwa de la mer.
C’est aussi un roman de la tolérance devant le mépris d’une religieuse: «Noire comme tu es, comment crois-tu que Jésus t’aime», mais aussi de l’orientation sexuelle de son frère.
A travers la perte de son sang, l’auteur veut peut être nous dire combien son pays est presque exsangue malgré des dangers imminents comme le soubresaut de la terre.
Le lecteur va découvrir des amours contre nature, l’amour filial presque à la limite de l’inceste, l’amour homosexuel et surtout l’amour d’une femme si fort que l’on se demande jusqu’à la fin du roman s’il parviendra à triompher des barrières sociales.
Gary Victor toujours, avec autant de brio va nous entraîner dans son imaginaire débordant. Il a choisi deplanter son décor digne d’un tableau naïf haïtien; mais est-ce que son pays n’est pas en train de perdre une mer de sang?’ (Jid)

Né à Port-au-Prince, Gary Victor est le romancier haïtien le plus lu dans son pays, il est notamment adulé par la jeunesse haïtienne. Outre son travail d’écriture, il est aussi scénariste pour la radio, la télévision et le cinéma. Ses créations explorent sans complaisance aucune le mal-être haïtien pour tenter de trouver le moyen de sortir du cycle de la misère et de la violence. Il a obtenu le prix du Livre insulaire pour À l’angle des rues parallèles, le prix RFO pour Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin et le prix Caraïbe de l’Adelf pour Les Cloches de La Brésilienne.

Format : Broché
Nb de pages : 192 p.
ISBN-10: 2911412737
ISBN-13: 978-2911412738

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