LA HUITIEME VIBRATION


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Carlo Lucarelli

(traduction de Serge Quadruppani)

Métailié

A la fois roman policier, d’aventures et roman d’amour, voici un grand roman tout court. Dès la première page, nous entrons dans l’atmosphère d’une Afrique faite de chaleur, d’humidité, de sueur, d’insectes, d’odeurs, de bruits mettant en jeu les sens du lecteur.

Nous ressentons le malaise du climat, le malaise des regards de la population dont on ignore les pensées. Nous entendons les sons d’une terre inconnue, nous sommes dans un roman où chaque personnage est le personnage principal parce qu’il raconte son histoire au lecteur.

Janvier 1896. Un corps expéditionnaire débarque dans la colonie italienne d’Erythrée. Il est composé de recrues de toute la péninsule, avec leurs histoires, leurs accents, leurs espoirs et leurs mille dialectes : l’anarchiste décidé à porter la sédition, le rêveur d’Afrique, le major drogué et psychotique, le héros pressé d’affronter le désert, les caporaux cyniques, un berger des Abruzzes au parler si obscur que personne ne le comprend et le brigadier des carabiniers qui s’est engagé pour débusquer un assassin d’enfants.

Sur place, ils vont trouver une population indigène aux langues et aux coutumes bariolées, des colons entre abrutissement alcoolisé et idéologie du progrès, une Africaine mi-sorcière mi-putain, et une Italienne à la beauté délicate et non moins malfaisante. Tandis qu’une petite fille danse interminablement dans la poussière, toutes les trames, les amours pures ou perverses, les projets grandioses et les appétits grossiers convergent vers la terrible bataille d’Adoua, la première grande défaite d’une armée blanche devant des troupes africaines.

Coup de torchon en Erythrée

1896. L’Italie unifié de 1860 s’est rendue compte qu’elle n’avait pas de colonies à l’instar de la France, de l’Espagne, des anglais. Ce constat dit, l’Italie prend d’assaut la corne d’Afrique de l’est. Elle occupe l’Erythrée, terre peu accueillante tant la chaleur ronge la santé, physique et mentale. Envoyer des bataillons de paysans sardes dans un désert chauffé à 50°, cela n’a guère de sens. Dans cet enfer sans répit, une vingtaine de personnages se débat avec ses propres obsessions, missions, dilemmes.

Du major qui gouverne la soldatesque au petit caporal qui tue le temps au bordel, de la femme enfant d’un colon aux autochtones qui ricanent de ses italiens mis ko par la chaleur, l’auteur fait preuve d’une ambition démesurée avec un sens de la précision et de la mesure impressionnant. Carlo Lucarelli, auteur du ténébreux « l’ile des anges déchus », est un auteur renommé en Italie. Romancier, scénariste, présentateur d’un « Faîtes entrer l’accusé » transalpin, l’homme brasse de nombreux métiers liés à la fiction.

Avec cette « Huitième vibration », voici le grand roman de la rentrée, ample et ambitieux, puissant et passionnant, hypnotisant. Lucarelli ne raconte pas une histoire mais dix, s’empare du roman historique pour lui injecter une rogue énergie. Il y a du Jim Thompson, celui de « 1275 âmes », dans ce livre-là. Une vision noire et féroce de l’humanité, sous-tendue par une discrète ironie.

MAGISTRAL!

Chroniqueur, scénariste et dramaturge italien né à Parme en 1960, Carlo Lucarelli a publié de nombreux romans, romans policiers, thrillers et livres d’enquêtes, dont les best-sellers Misteri d’Italia et Nuovi Misteri d’Italia, enquêtes sur des faits divers non résolus,. Il écrit également des scénarios de bd et anime une célèbre émission de télévision sur des affaires non résolues.

Format : Broché

Nb de pages : 413 p.

ISBN-10: 2864247194

ISBN-13: 978-2864247197

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