UN BRILLANT AVENIR



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Catherine Cusset

Gallimard


Elena, une jeune Roumaine née en Bessarabie (aujourd’hui République de Moldavie) et ballottée par l’Histoire, rencontre à un bal en 1958 un homme dont elle tombe passionnément amoureuse. Il est juif, et ses parents s’opposent au mariage. Elena finit par épouser Jacob et par réaliser son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceausescu.Emigrer aux Etats-Unis. Elle devient américaine, et se fait appeler Helen.

Elle a rompu avec le passé, mais l’avenir n’est plus un rêve. Helen est maintenant confronté à une réalité qui lui échappe : la maladie et la dépression de son mari ; l’indépendance de son fils à qui elle a tout sacrifié, et qui épouse une française malgré l’opposition de ses parents.

Cette jeune femme égoïste, arrogante, imbue d’un sentiment de supériorité presque national, Helen ne l’aime pas. Cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante, Marie en a peur. Pourtant, entre ces deux femmes que tout oppose - leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme -, quelque chose grandit qui ressemble à de l’amour.

Catherine Cusset est née en 1963. Elle vit à New York. Elle revient fort avec ce huitième livre, qui fait partie de la prestigieuse première sélection pour le prix Goncourt 2008.

« Mais c’était la même rue, le même restaurant, le même coin où se tenait Jacob dans sa chemise blanche, l’air sérieux, absorbé par la lecture du plan, tandis qu’elle tirait sur sa cigarette avec insouciance en contemplant les jolies parisiennes. Le souvenir a une telle acuité qu’elle a l’impression qu’elle pourrait toucher Jacob en tendant la main. Une larme coule de son œil. »

Un brillant avenir nous propose un voyage dans le temps et dans l’espace. Au-delà de la saga familiale (tous ballottés au gré du vent et de l’histoire entre la Roumanie, Israël, New York et la France), c’est surtout l’écriture qui sert de fil rouge, qui stabilise le lecteur.

Une écriture douce, simple et qui sait accélérer le rythme des sentiments et donner un vrai relief aux personnages dans sa complexité toute en retenue. Si à la vue de la table des matières on croit tenir entre ses mains un puzzle, c’est avec fluidité et un plaisir tout mélancolique qu’on suit la relation tumultueuse qui déchire puis rassemble Elena-Helen et Marie, sa bru, sans doute quelque part une figure de l’auteur elle-même.

REVUE DE PRESSE /

La critique sur evene.fr, par Emilie Vitel :

« ’Un brillant avenir’ est de ses romans dont les premières pages laissent présager d’un délicieux voyage en territoire littéraire. Un style limpide, une atmosphère chaude et lumineuse, une intensité narrative à faire frémir… On se laisse prendre au jeu avec excitation. A nouveau, Catherine Cusset sonde les relations humaines, les liens familiaux, sans complaisance aucune. Tourbillonnante, l’intrigue balaie les lieux - Russie, Roumanie, Etats-Unis, Israël, France, Italie… - comme les époques. Et c’est sans doute l’originalité de cette construction qui fait illusion. Mais force est de constater que le récit s’essouffle en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Si elle vit aux Etats-Unis depuis de longues années, Catherine Cusset a grandi en France. Pourtant, parmi les nombreux clichés qui encombrent son propos, c’est bien sa vision de la France et des Français qui semble la plus caricaturale. A tel point qu’on se demande si elle n’a pas forcé le trait justement pour désapprouver un pays dans lequel elle ne se reconnaît plus. A la littérature américaine, elle a choisi d’emprunter son réalisme. Mais les rebondissements, trop nombreux et radicaux, tiennent plus de l’acharnement que de l’observation. Systématiques, extrêmement détaillées, les descriptions finissent par ressembler à des inventaires. Comme saisie d’un besoin de tout formuler, l’auteur s’égare et se répète. L’écriture, sans élan ni surprise, achève de décevoir. La belle promesse de ce ‘Brillant avenir’ tourne court. »

REVUE DE PRESSE /

La critique sur Cuneipage.com, par Emilie Vitel :

« Un brillant avenir nous entretient essentiellement de deux femmes, que tout oppose, mais que réunit l’amour d’un homme : Alexandru.

Tour à tour, et en passant de 1941 à 2006, après avoir débuté par 2003 (mais rassurez-vous, on suit très bien !), se succèdent les moments marquants de leur vie.

Elena, d’abord, de Bessarabie en Roumanie, puis en Israël, un petit moment en Italie avant les Etats-Unis, son rêve américain qui est d’offrir à son fils “un brillant avenir”, lui ouvrir toutes les portes, un pays libre, de hautes études (”On a toujours besoin d’un doctorat”). Et puis Marie quand elle arrive dans la vie de son fils, Marie la française qui laisse traîner ses kleenex sales, qui dort comme une marmotte, l’intellectuelle, bardée de diplômes.

Ce n’est pas pour autant une systématique opposition entre ces deux femmes, c’est plus simple et subtil que ça.

Helen est une femme brillante (physicienne nucléaire), qui a du se battre toute sa vie, pour tout : épouser Jacob, fuir un pays étriqué et étouffant, douter de sa véritable histoire, offrir à sa famille la sécurité et la liberté. Elle se sent menacée très vite, par tout, de façon sans doute démesurée mais compréhensible. Marie le comprend très bien, d’ailleurs. Mais elle est tellement différente, avec ses racines françaises, son éducation privilégiée et son naturel désarmant, que les rouages grincent assez vite et très fortement…

C’est un roman vraiment très réussi qui cache sous ses dehors lisses plus de profondeur qu’il n’y parait. Par petites touches qu’on devine totalement vécues, Catherine Cusset nous attache de plus en plus fermement à son intrigue. Au départ, on se dit qu’on le dévore parce que c’est bien ficelé, mais que le style est vraiment basique. Et puis on se rend compte que la narration parvient à ne jamais juger personne, à exposer dans leurs failles et une certaine laideur avérée des personnages qui ne sont plus du tout de papier, mais bien debout et vivants devant nos yeux. »

Catherine Cusset vit à New York depuis vingt ans. Elle a déjà publié huit romans aux Éditions Gallimard : La blouse roumaine (L’Infini, 1990), En toute innocence (collection blanche, 1995, Folio n° 3502), À vous (collection blanche, 1996, Folio n° 3900), Jouir (collection blanche, 1997, Folio n° 3271), Le problème avec Jane (collection blanche, 1999, Folio n° 3501, Grand Prix des Lectrices de Elle 2000), La haine de la famille (collection blanche, 2001, Folio n° 3725), Confessions d’une radine (collection blanche, 2003, Folio n° 4053), Amours transversales (collection blanche, 2004, Folio n° 4261)

Gallimard

Format 14 cm x 21 cm

ISBN 2070121984

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