UN ROMAN RUSSE ET DROLE


un-roman-russe-et-drole

Catherine Lovey

Editions Zoé


” Il s’agit de vous éviter des ennuis et la meilleure façon d’y parvenir, c’est encore de ne pas les chercher. - Je vous entends bien. Je ne veux pas d’ennuis. Je souhaite juste écrire un roman russe. - Excellente idée ! Ecrivez un bon roman russe plein de rebondissements et laissez l’affaire Khodorkovski en dehors de tout ça. Ce ne sont pas les sujets qui manquent de nos jours ! Une belle histoire d’amour post-soviétique, non, ça devrait être dans vos cordes…” Valentine Y. s’entête. Elle quitte son pays et s’enfonce dans la Russie.

REVUE DE PRESSE /

La critique de la Librairie Payot (Suisse)

Chronique Payot. Coup de cœur

« Le troisième livre de Catherine Lovey vient combler le vide laissé par Un homme interdit, ce roman perturbant qui avait suscité tant de débats : cet homme était-il victime ou bourreau ? Un roman russe et drôle, lui, commence comme un film de Téchiné : des amis discutent autour d’une table, rigolent et picolent. Ils écoutent Valentine leur parler de son idée fixe : écrire un roman sur l’oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, emprisonné quelque part en Sibérie. Cet homme, pour elle un héros (« peut-être un fou, un saint, un idiot, c’est assez pour un roman »), la fascine. Déterminée à le rencontrer malgré l’avis général de ses amis lui recommandant de laisser tomber cette affaire qui pourrait être dangereuse, Valentine part pour la Russie… L’intrigue restera sur une interrogation majeure : qu’advient-il de son roman ? L’écriture est puissante, visuelle et habile, mêlant à la fois récit de voyage, situations cocasses ou désespérées, enquête, roman épistolaire. Valentine manque à ses amis, et voilà tout le talent de l’auteur : elle nous manque, à nous aussi ! »

REVUE DE PRESSE /

La critique du Temps

(Genève, Samedi 16 Janvier 2010)

« Ecrire un roman russe et drôle autour du destin de Khodorkovski, oligarque déchu, c’est le pari de Catherine Lovey qui signe un troisième livre très réussi.

En bordure de ville, dans le jardin enneigé, les boules de Noël grelottent encore aux arbres de l’entrée. A l’intérieur, quatre chats se moquent du froid. A midi, une grande fille rentrera de l’école, voudra manger. Un fils de 20 ans vit encore à la maison. Un mari, des enfants: contrairement à l’héroïne d’Un Roman russe et drôle, Catherine Lovey est bien ancrée dans la «vraie vie». Même si cela ne lui est pas facile, elle se prête avec sincérité au jeu des questions, prête à accompagner le livre qui vient de sortir. C’est le troisième et elle a appris qu’on l’interrogerait sur sa façon de travailler, son rapport à l’écriture, toutes choses intimes, intuitives pour elle, si éloignée du milieu littéraire par ses études et sa pratique du journalisme. »

REVUE DE PRESSE /

Entretien avec l’auteur avec Isabelle Rüf

Sur Le Temps (Genève, Samedi 16 Janvier 2010)

EXTRAITS : « Samedi Culturel: «Un Roman russe et drôle» affirme son ambition dans le titre. Quels liens avez-vous avec la Russie?

Catherine Lovey: C’est un fantasme qui remonte à l’enfance. J’ai grandi dans un petit village de montagne, mes parents étaient paysans. Les livres étaient la seule ouverture au monde et il n’y en avait pas beaucoup chez nous. Mais il y avait les contes, Michel Strogoff, la bibliothèque de mes oncles qui avaient étudié. Une fois, comme nous roulions vers le Valais, ma fille m’a demandé: «Il y a quoi derrière les montagnes?» J’ai reconnu ma propre question, et les livres y répondaient: l’immensité, les vastes espaces. Plus tard, la lecture des grands romanciers m’a confirmé que c’est vraiment ma famille littéraire, avec Tchekhov aussi. Mon tout premier voyage en indépendante, à 20 ans, en 1987, a été pour ce pays. Je n’y vais jamais en touriste, je vis chez les gens, avec eux. J’y suis retournée plusieurs fois, pour préparer ce livre, pas en journaliste, mais en retrait, en observation. Je me débrouille en russe, mais j’ai raté mon histoire avec la langue, par manque de temps. Elle est tellement riche, ses méandres sont si complexes, je suis sûre que cela influence la façon de penser, de se situer dans le monde. Quand j’écris, je me demande souvent s’il n’y a pas en russe un terme plus précis.

- Pourquoi avoir choisi la figure de Khodorkovski?

C’est la première fois que je prends un personnage réel. Quand il a été arrêté en 2003, je me suis dit immédiatement que je voulais le mettre dans un roman. Pour moi, c’est vraiment «un héros de notre temps». Notre génération n’a pas de dissidents ou de résistants à admirer, ni de messie à la Mandela, plus d’utopie. La dernière fois qu’on a pu espérer un monde différent, c’était à la chute du Mur, et on savait d’avance que ça ne marcherait pas. On est sans illusions. Et voilà un homme qui a su profiter des opportunités. Ce n’est pas un héritier. Par ses propres moyens, il devient l’homme le plus riche de Russie, donc le plus puissant, le plus habile. L’affaire Yukos est une reprise en main du pouvoir, un traumatisme énorme. Cet homme a tout à perdre, il a les moyens de fuir et il reste, il se laisse déporter en Sibérie, rejoignant la grande Histoire russe. Tous les autres sont partis ou ont fait allégeance au pouvoir. Jamais je n’aurais osé inventer une telle figure. Il n’est pas seulement l’homme sacrificiel. Je ne prétends pas percer ce mystère mais je peux l’approcher avec ironie et prudence. Pour moi, l’écrivain n’est pas quelqu’un qui sait la vérité, il n’a pas à s’engager. »

Pages : 288 p.

Format : Broché

Dimensions:21.0 x 14.0 x 1.8 cm

ISBN:9782881826627

EAN13:9782881826627

Les commentaires sont fermés.

Your server is running PHP version 4.4.9 but WordPress 4.0 requires at least 5.2.4.