GRAVURES REBELLES


gravures-rebelles

4 romans graphiques

Frans Masereel, Lynd Ward, Giacomo Patri, Laurence Hyde

Les quatre histoires sans paroles que regroupe ce livre ont été créées par quatre célèbres artistes de la première moitié du XXe siècle. Ces gravures, d’une rare intensité, reflètent le climat politique et social de l’époque: la grande dépression, les injustices sociales, les luttes de la classe ouvrière, la guerre et la peur des armes de destruction massive.

Ce testament de leur rôle de « témoins graphiques » montre la fécondité du rapport de l’art et de la politique dans ces moments de fièvre de l’histoire. Une longue introduction décrit les techniques et les outils qu’ils utilisaient et retrace le parcours de ces graveurs rebelles.

« Ce livre contient des histoires sans paroles classiques qui étaient quasiment impossibles à trouver (croyez moi, j’ai cherché)… George Walker les replace dans leur contexte et permet aux génies de Ward, Masereel, Patri et Hyde de briller. Si vous appréciez les romans graphiques, si vous vous intéressez à ce qu’on peut raconter en images, il vous faut ce livre. » NEIL GAIMAN

« Ce sont des œuvres d’une telle force qu’elles ont encore beaucoup à offrir -beauté, brutalité, empathie, sérieux du propos, joie de vivre, ferveur révolutionnaire- mais surtout, ces ouvrages reflètent le travail d’artistes qui étaient réellement convaincus que l’art peut changer le monde. » SETH

CE LIVRE CONTIENT LES VERSIONS INTÉGRALES DE :

  • La Passion d’un homme (1918) de Frans Masereel
  • Le Pèlerinage sauvage (1932) de Lynd Ward
  • Col blanc (1938) de Giacomo Patri
  • La Croix du sud (1951) de Laurence Hyde

REVUE DE PRESSE :

Note de lecture parue dans Gavroche n° 157, janvier 2009 :

« Ensemble de techniques d’impression en relief, la xylographie est la plus ancienne des formes d’imprimerie, inventée en Chine au VIIIe siècle et popularisée dans l’Europe du XVe siècle par Albrecht Dürer.

C’est cette ancienne technique que va utiliser un des artistes les plus originaux du XXe siècle, le Belge Franz Masereel (1889-1972), pour exprimer sa révolte devant l’injustice sociale et les drames des deux guerres mondiales. Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Gand, il se rend à Paris où il découvre sa technique de prédilection, la gravure sur bois, qui, selon ses termes, « s’avère la plus simple, la plus honnête et la plus directe pour arriver à exprimer avec vigueur ce que l’artiste désire communiquer au public (1) ».

Témoin des désastres de la guerre, il collabore aux revues pacifistes de Genève, comme La Feuille ou Les Tablettes, à partir de 1916. Durant les années 1920, il publie de nombreux ouvrages qui, dans un style expressionniste, rappellent les horreurs de 1914-1918 et annoncent les bouleversements de la décennie suivante. C’est à cette catégorie qu’appartient La Passion d’un homme (1928) qui ouvre Gravures rebelles, narrant avec brio en seulement une vingtaine de planches la vie et l’engagement d’un homme ordinaire jusqu’au sacrifice suprême pour ses idées. Suivent ensuite trois autres romans graphiques, respectivement, Le Pèlerinage sauvage (1932) de Lynd Ward, Col blanc (1938) de Giacomo Patri et La Croix du Sud (1951) de Laurence Hyde, qui, comme celui de Masereel, illustrent admirablement un genre de livre « pouvant être lu n’importe où dans le monde sans avoir besoin d’être traduit ». L’ensemble est précédé d’une longue introduction qui place ces œuvres dans leurs contextes historique et politique et explique en détail les techniques utilisées, donnant son originalité et son unité au livre.

Si Le Pèlerinage sauvage et Col blanc reflètent le climat de la crise économique de 1929 aux États-Unis et ses multiples drames, La Croix du Sud souligne les conséquences mortifères des essais nucléaires américains dans une île du Pacifique. À regarder ces dessins d’un paradis saccagé, on pense à ce qu’écrivit Claude Levi-Strauss dans Tristes tropiques : « Aujourd’hui où des îles polynésiennes noyées de béton sont transformées en porte-avions pesamment ancrés au fond des mers du Sud [...] Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité. »

Comme l’écrivit Stefan Zweig, à propos de Masereel : « Si tout était anéanti, livres, monuments, photographies, descriptions, etc., et qu’il ne restât plus que les bois qu’il a gravés en vingt ans, on pourrait, avec eux seuls, reconstituer le monde d’aujourd’hui. » Il est donc logique que tous ces auteurs connurent la censure et des difficultés, à des degrés divers, avec les « autorités » - sans doute parce que leur message, profondément humain et immédiatement compréhensible, les rendait éminemment dérangeants, subversifs et nécessaires pour comprendre dans quel monde nous vivons. »

1. Frans Masereel & Ghislain Olivier, Route des hommes, Musée des arts contemporains au Grand-Hornu/La Lettre volée, 2006, p. 149. Signalons aussi deux autres livres disponibles de Masereel aux éditions Cent pages, Mon livre d’heures (2002) et La Ville (2008).

Frans Masereel, Lynd Ward, Giacomo Patri, Laurence Hyde

Pages : 416 pages

Dimension : 16,5 x 24 cm

ISBN : 978-29158305-2-1

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