ECOBLANCHIMENT. QUAND LES 4X4 SAUVENT LA PLANETE


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Jean-François Notebaert, Wilfrid Séjeau

Les Petits Matins

Le point de vue de l’éditeur : En anglais, on parle de « greenwashing » ; en français, d’ « écoblanchiment » : une technique de marketing consistant à donner une image écolo à une entreprise quelles que soient ses pratiques. C’est ainsi que Monsanto promeut des pesticides supposés protéger les plantes, que Renault vante une voiture ” allégée en CO2 “, ou que le groupe Carrefour s’empare du vocabulaire de la décroissance.

Les thèmes du développement durable gagnant en impact et en notoriété dans la société, les entreprises - mais aussi les politiques - usent et abusent de ce procédé trompeur. Les auteurs analysent les ressorts de cette imposture et pointent l’antinomie qui existe entre les logiques marchandes actuelles et les impératifs environnementaux. Ils montrent également comment la résistance s’organise, par l’interpellation citoyenne, le boycott, voire des attaques en justice.

REVUE DE PRESSE /

Un entretien du « 75020.fr » avec les auteurs /

Propos recueillis par Déborah Antoinat :

« Qu’est ce que l’écoblanchiment ?

Jean-François Notebaert et Wilfried Séjeau : Le greenwashing en anglais, ou écoblanchiment, est une technique de marketing utilisée par certaines entreprises qui abusent de l’argument écologique pour vendre des produits dits « verts » alors qu’ils sont polluants. En menant notre enquête, on s’est aperçu que les plus gros pollueurs étaient ceux qui communiquaient le plus sur ce thème !

Pouvez-vous nous donner quelques exemples concrets ?

Entre 2006 et 2009, la présence d’arguments écologiques dans la publicité (tous supports visuels confondus) a été multipliée par 5. Cela représentait 6% des publicités visuelles l’an dernier selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

On peut notamment citer la marque Round-up du groupe Monsanto qui a longtemps indiqué sur son désherbant : « 100% biodégradable » et « respecte l’environnement », alors qu’il contient des puissants pesticides nocifs pour l’environnement. On pourrait aussi parler d’EDF qui base sa communication sur le « bas carbone » pour mieux éclipser le mot « nucléaire ».

Quelles sont les conséquences de ce phénomène pour la société et pour l’environnement ?

Ces entreprises jouent sur la déculpabilisation en disant aux consommateurs que les produits n’ont pas d’incidence sur l’environnement. Cela va à l’encontre de la volonté de faire changer les comportements. Le tout, en donnant bonne conscience, en brouillant les pistes. Un des principaux dangers est la perte de confiance du consommateur et, par extension, cela peut porter préjudice aux entreprises qui ont une démarche honnête.

Avec l’écoblanchiment, on incite les gens à utiliser des produits qui sont néfastes pour l’environnement et cela a des effets très concrets. Le cas de Monsanto est édifiant… des études ont mis en lumière les dégâts écologiques du Round-up. Monsanto a d’ailleurs été condamné pour publicité mensongère.

Qui sont les résistants à l’écoblanchiment dont vous parlez dans votre livre ? Quel est leur pouvoir ?

Au niveau individuel, les consommateurs ne sont pas dupes de ce type de pratiques et manifestent leur résistance en boycottant les entreprises en question.

Au niveau collectif, des organisations comme Greenpeace mettent en place des actions pour faire cesser ces abus. Ce sont encore des actions venant de structures historiquement engagées dans l’écologie et traditionnellement sensibles à ces problématiques, mais il y a un mouvement de fond. Certaines actions ont tout de même entrainé la condamnation judiciaire de quelques écoblanchisseurs.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

On avait envie de prendre un ton un peu ironique et de rebondir sur ce que l’on voit en ce moment. Il s’agissait de mettre en avant l’absurdité de cette communication tout en apportant un ancrage universitaire et de la réflexion. Une autre motivation du livre était de mettre en avant les conséquences et d’apporter un discours politique. Dans cet essai, on en appelle à la régulation politique ! »

Table des matières

FLAGRANTS DELITS D’ECOBLANCHIMENT

Monsanto, les pesticides ” propres ”

Quand l’industrie automobile pollue et communique vert

La Formule 1 ” haute qualité environnementale ”

EST-IL VRAIMENT POSSIBLE DE CONCILIER ECONOMIE, ENTREPRISE ET ECOLOGIE ?

Ecoblanchiment et développement durable

Ecoblanchiment et destruction des biens communs

Réconcilier économie, entreprise, politique et environnement

LA RESISTANCE DES CONSOMMATEURS ET DU MONDE ASSOCIATIF

Pourquoi le consommateur résiste-t-il ?

Les manières de résister

Jean-François Notebaert est maître de conférences en sciences de gestion à l’IUT de Dijon-université de Bourgogne. Wilfrid Séjeau est conseiller régional Vert de Bourgogne depuis 2004. Il est l’auteur, avec Pascal Canfin, de C’est pollué près de chez vous. Les scandales écologiques en France (Les petits matins, 2008)

Pages : 184 p.

Format : Broché

Dimensions : 20.0 x 13.0 x 1.0 cm

ISBN: 9782915879681

EAN13: 9782915879681

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