DVD : ECOLOGIE, CES CATASTROPHES QUI CHANGERENT LE MONDE


Alice Le Roy

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Editions Montparnasse

En bonus : Tchernobyl, la vie contaminée, vivre avec Tchernobyl

Le smog de Londres, l’empoisonnement de la baie de Minamata, la marée noire de l’Amoco Cadiz, l’explosion du réacteur nucléaire de Tchernobyl : les désastres écologiques de grande ampleur se sont succédés depuis 1945.

Alors que nous mesurons aujourd’hui l’ampleur de la crise écologique, l’histoire des désastres qui ont ponctué les dernières décennies est peu connue. Surtout, on ne sait presque rien du soin mis par les autorités responsables à en minimiser les conséquences. Pourtant, au moment des faits, des lanceurs d’alerte ont immédiatement compris leur portée, et ont lutté pour faire émerger ce qui est devenu la conscience écologiste. Ce film raconte cette émergence.

Pour la première fois, témoins et acteurs de ces événements dévoilent la manière dont des gouvernements et des entreprises, faisant preuve de lenteur et d’impréparation, ont choisi la dissimulation, voire le mensonge d’État, au mépris des conséquences pour les citoyens.

Minamata, Seveso, Bhopal, Torrey Canyon, Amoco Cadiz, Tchernobyl, Erika : cette sinistre litanie pourrait composer une histoire parallèle des soixante dernières années. C’est ce que propose de faire le documentaire de Virginie Linhart, Ecologie : ces catastrophes qui changèrent le monde, qui sort en DVD aux Editions Montparnasse : retracer plus d’un demi-siècle de progrès technique et de développement industriel à travers les accidents et catastrophes qu’ils ont générés, et les façons dont les sociétés s’en sont prémunies. Car, comme le disait Hannah Arendt, “le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille” ; ou, pour le dire plus brutalement avec Paul Virilio, “Inventer le train, c’est inventer le déraillement.”

Le film exhume des archives souvent terribles, parfois étonnantes (ainsi la façon pour le moins désinvolte dont les actualités britanniques évoquent le smog londonien, qui faisait chaque année des milliers de morts au début des années cinquante ; ainsi les images de soldats soviétiques mesurant la radioactivité dans les rues de Pripiat à quelques kilomètres du réacteur en fusion de Tchernobyl, sous les yeux de passants intrigués ou indifférents).

Mais il ne se contente pas du spectacle, souvent fascinant, de la catastrophe : il s’efforce de problématiser ce parcours tragique, en s’appuyant sur l’intervention de nombreux spécialistes. Il démontre ainsi comment chacun de ces accidents a fait avancer la législation et la sécurité, toujours sacrifiées a priori par la “loi du marché” : lois sur l’air en Angleterre et aux Etats-Unis (après la découverte des méfaits du DDT), directive 96/82/CE dîte “Seveso” sur les sites industriels dangereux, adoptée par l’Union Européenne après la catastrophe éponyme, interdiction des tankers à simple coque à partir de 2015 (après les marées noires successives : Torrey Canyon, Amoco Cadiz, Erika…).

Il démontre également qu’il a fallu pour cela une mobilisation de la société civile, sous l’impulsion des victimes, des ONG, ou des scientifiques : procès des pêcheurs de Minamata (empoisonnés par les rejets de mercure) au Japon, parution du Printemps silencieux (dénonçant le DDT) de la biologiste Rachel Carson aux Etats-Unis, long combat juridique des élus bretons après la marée noire de l’Amoco Cadiz (mars 1978), etc.

Aujourd’hui le “principe de précaution” (inscrit dans la constitution française en 2005) et la sensibilité des opinions publiques occidentales ont fait faire des progrès notables aux normes de sécurité. Mais la dérégulation et la mondialisation permettent aux multinationales d’externaliser leurs responsabilités (c’est particulièrement visible dans le cas des pétroliers) et de délocaliser les risques dans les pays du tiers-monde.

Le dernier tiers du film s’attache surtout à démontrer comment la “catastrophe” est devenue globale : déforestation, surexploitation des ressources, gaz à effets de serre, pollution des terres, des mers, des airs, tous ces phénomènes contribuent à destabilliser les grands équilibres planétaires, avec des conséquences que l’on peine encore à mesurer.

Le documentaire, très pédagogique, rentre très bien dans le cadre des nouveaux programmes d’Histoire-Géographie et d’EC-ECJS, sous l’angle du développement durable bien sûr, mais aussi sous celui des risques : on rappellera ainsi que l’année prochaine, les élèves de Cinquième auront à étudier en Géographie et en Education Civique la sécurité et les risques majeurs, et les inégalités face à ces risques.

Avec les témoignages de Nicolas Hulot, Nicholas Stern, Noël Mamère, Lester Brown, Wangari Maathai, Corinne Lepage, Michèle Rivasi, Rajendra K. Pachauri, Yann Arthus-Bertrand, Vandana Shiva, Gro Harlem Brundtland, David Attenborough, Alexandre Nikitine, Bernard Laponche, André Cicolella, Masazumi Harada, Yoshihiro Yamashita

Ecologie : ces catastrophes qui changèrent le monde

Un film de Virginie Linhart et Alice Le Roy

Un DVD des éditions Montparnasse

En bonus : Tchernobyl, la vie contaminée, vivre avec Tchernobyl,

un film de David Desramé et Dominique Maestrali (52 min)

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