INCIDENCES


incidences

Philippe Djian

Editions Gallimard

Une Fiat 500. Au volant, Marc. A côté de lui, sa plus jolie étudiante. C’est la nuit, ils foncent chez lui finir la soirée en beauté. Au petit matin, son goût prononcé pour les jeunes élèves de son cours d’écriture va soudain lui passer. A cause des routes de montagne ? Du néo-conservatisme ambiant ? Des crises de sa soeur ? Ou plutôt du charme des femmes mariées ? Marc ne saurait dire. Du moins, pour le moment.

Philippe Djian est l’auteur de nombreux romans aux Editions Gallimard parmi lesquels Frictions, Impuretés et Impardonnables (adapté prochainement au cinéma par André Téchiné). Il a également signé récemment une série littéraire en six épisodes intitulée Doggy bag.

Chronique[s] Presse

REVUE DE PRESSE :

La critique d’Isabelle Rüf

Dans Le Temps, 5 Mars 2010 :

« Philippe Djian aux prises avec le «creative writing».

Boursouflé, lourdement psychologique, «Incidences» de Philippe Djian met en scène un petit écrivain qui enseigne le «creative writing».

Lire peut nuire gravement à la santé: entre la première et la dernière page d’Incidences, il se fume au bas mot une cartouche de blondes et pas mal de Gitanes aussi. On y boit également énormément pour faire descendre un nombre élevé de médicaments. Par bien des aspects, le roman de Philippe Djian tient du catalogue: de marques de vêtements, de voitures, d’écrivains contemporains dignes de servir de modèles. Marc enseigne ce qu’on appellerait le creative writing si on était aux Etats-Unis. Mais depuis chez lui, par temps clair, on aperçoit les Alpes enneigées, un lac et, parfois, la Suisse. Le climat politiquement correct qui règne sur le campus de l’université, le puritanisme, l’alcoolémie, les rapports surveillés avec les étudiants, tout évoque pourtant les romans de Philip Roth. «Pensez à ce pauvre Zuckerman, à ce qu’il donnerait pour être à votre place», susurre, menaçante, la jeune Annie qui harcèle son maître d’écriture. Ecrire des romans américains est une des caractéristiques de Philippe Djian, même si on y paie en euros.

A 53 ans, Marc est en posture délicate. Il vieillit mal. Son poste est menacé. Il vit dans un rapport pervers de dépendance mutuelle avec sa sœur, dépressive et anorexique. Une terrible histoire de famille qu’on découvre par bribes les tient attachés l’un à l’autre. Quand la poisse met des morts sur son chemin, il s’en débarrasse du mieux qu’il peut, même si les cadavres sont lourds à porter, à son âge et avec ses poumons. Le sexe le rassure. Par prudence, il ne couche qu’avec des filles de moins de 26 ans, jusqu’à ce qu’une vraie femme ne fasse irruption dans sa vie et que l’amour complique tout. Il a des absences, des passages à vide; la nature lui sert alors de refuge. A la fin, un coup de théâtre, en cohérence avec ce scénario taillé à la serpe, mène à l’explosion.

«N’importe quel crétin est capable de raconter une histoire. La seule affaire est une affaire de rythme, de couleur, de sonorité», serine Marc à ses étudiants. Lui-même a renoncé, il connaît le vieil adage qui veut que ceux qui savent font et que les autres enseignent. «Il avait conscience du fardeau qui lui était épargné. Sans doute quelque chose à l’intérieur de lui-même avait-il été fracassé, écrabouillé, mais quel soulagement au bout du compte, quelle libération. Il frémissait parfois à la simple évocation de la sidérante vie monacale à laquelle il avait échappé - qui revenait à manipuler un produit radioactif à mains nues jusqu’à finir brûlé, ou à respirer de l’amiante, si l’on s’en tenait au résultat final, à savoir un lent empoisonnement. Aucun véritable écrivain n’y échappait. Il n’y avait aucune exception.» Philip Roth donc, et Raymond Carver, Charles D’Ambrosio, le poète Frederick Seidel, John Gardner sont cités à l’appui de cette vision romantique de l’écrivain. Marc, lui, n’est même pas Houellebecq, il le relève lui-même.

A la petite Annie, qui veut des cours particuliers, il dit: «Je peux vous apprendre tous les trucs et toutes les ficelles, je peux vous aider à tenir le crayon, à griffonner quelques dessins, mais c’est tout ce que je peux faire.» Les ficelles et les trucs, Philippe Djian les connaît. La musique et le rythme sont aussi très souvent à l’appel. Même dans ce roman décevant, les détails sauvent une intrigue boursouflée. Comme dit Marc, arrachant une page d’un contemporain que lit un de ses élèves: «Il déclara qu’il était toujours intéressant de voir à quel endroit un train déraillait, à quel endroit une phrase manifestait la faiblesse, l’orgueil, l’échec, la provincialité de son auteur ». »

Pages : 232 p.

Parution : février 2010.

Format : Broché.

Dimensions:20.7 x 14.2 x 1.9 cm

ISBN:9782070122127

EAN13:9782070122127

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