DOUBLE LUMIERE


double-lumiere

Brigitte Kuthy Salvi, Michel Cazenave (Préfacier)

Editions de l’Aire

Passer mon chemin emplie d’un regard qui passe le sien. Lever la tête une nuit et voir, très loin, une étoile qui m’élève. A perte de vue, besoin de vous. Vous que j’aime, ne pas vous perdre des yeux. Présence. Bougainvilliers de mon enfance, mauves vibrant sur le mur blanc, Queue du petit âne gris disparaissant dans un nuage de poussière, Nuit, la seule vraie nuit qui permet d’ouvrir les yeux.

Voir derrière cette nuit. Rêve. Juste un regard, en secret, à tous ceux qui sont près de mon c?ur. Comme avant, retrouver les lieux amis. Désir irrésistible d’un temps sabbatique pour refaire le plein de voir. Vous qui voyez…

REVUE DE PRESSE /

La critique de Lisbeth Koutchoumoff,

LE TEMPS, 14 Mars 2009 :

« Dans «Double lumière», Brigitte Kuthy Salvi dévoile le monde tel qu’elle le voit depuis qu’elle a perdu la vue.

Ce sont des chroniques fortes, bien que chuchotées ou comme dites au creux de l’oreille, qui font Double Lumière. Dans chacune, Brigitte Kuthy Salvi donne à voir sa nuit, toutes ces nuits qui font ses jours depuis qu’elle a perdu la vue à la suite d’une opération alors qu’elle avait 15 ans. Et ce monde voilé qui surgit devant nos yeux résonne d’échos inconnus, de profondeurs ignorées, de peaux, d’énergies insoupçonnées, d’auras que l’on sent rougeoyer, à vif. De sons, de voix, de respirations, de souffles que l’on n’entend plus ou si peu. D’une plume légère, limpide, sans détour, Brigitte Kuthy Salvi fait bruisser, sonner, palper sa vie toute tendue vers la soif de voir. De l’intérieur.

Ce faisant, elle n’élude rien de l’effroi. De la peur, de l’enfermement, des découragements sans fond. Il s’agit d’une lutte, ni plus ni moins. Pour ne pas perdre le goût de vivre. Et l’on suit alors une quête, vitale et poétique, pour goûter le monde par tous les pores. Voilà ce qui émeut. Voilà ce qui fait le partage. Et sans cesse l’interrogation du sens de voir. Que voit-on lorsque l’on voit? Qu’est-ce qui est visible? Le noyau de l’être peut-il être vu?

Brigitte Kuthy Salvi garde ses yeux ouverts. Elle cherche toujours du regard ce qu’elle ne voit pas. Et elle se nourrit de tous les yeux autour d’elle. Il y a ceux qui habitent leurs yeux et ceux qui oublient de regarder. Il y a les regards pauvres et les regards qui se donnent comme un cadeau, qui savent s’attarder sur une forme, sur une couleur. Elle capte ces présences ou ces absences au monde avec une acuité de sonar. Les yeux, les corps parlent.

«Un jour, nous nous sommes rencontrés. Ton regard était si intense que j’en ai été éblouie. J’ai été obligée de fermer les yeux un instant ». »

Brigitte Kuthy Salvi est avocate pénaliste. Son mari architecte. Lorsqu’ils visitent des expositions d’art, elle voit par ses yeux et par ses silences qui traduisent une émotion trop forte pour être dite.

Beaucoup de voyages aussi, de déserts, d’Inde. De sensualité. Folle et forte. On se souvient d’un bain dans une rivière. La description de l’eau et des bruits ne peut pas s’oublier.

Brigitte Kuthy Salvi est née à Paris en 1958. A l’âge de quinze ans, elle perd la vue, ce qui ne l’empêche pas de terminer ses études. Actuellement elle vit en Suisse où elle exerce le métier d’avocate dans les domaines du droit pénal, de la défense des victimes et du droit de la famille.

Pages : 163 p.

Parution : mars 2009.

Format : Broché.

Dimensions:21.0 x 14.0 x 0.8 cm

ISBN:9782881088803

EAN13:9782881088803

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