UN ECART DE CONDUITE


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Michèle Halberstadt

Aux éditions Albin Michel

 

Se remet-on jamais d’une erreur de jeunesse ? Michèle Halberstadt pose la question avec ce roman, “Un écart de conduite”…

« Un étrange destin de femme traquée qui vit dans le mensonge, la double vie, la peur et le silence. Michèle Halberstadt sait parfaitement évoquer, sans effets ni pathos, la souffrance, sa résonance intérieure, les non-dits qui enferment plus que les verrous, la mélancolie de devoir vivre sans partager l’essentiel de soi et la culpabilité devenue une seconde peau ».

 

 

1974. Laure quitte sa famille. Elle a 19 ans et devient serveuse dans un bar des Landes dont le propriétaire est aussi dealer. Elle se fait piéger par la police un jour d’automne. Condamnée à six ans de prison, elle s’évade.

1977. Laure s’appelle Louise, vit à Nice, avoue son passé à l’homme qu’elle aime.

1995. Louise habite les beaux quartiers de Paris, elle a deux enfants, un mari parfait, mais toujours peur.

Lorsqu’un matin l’ancien directeur de la prison de Pau débarque chez elle, elle sait qu’elle en a terminé avec l’imposture et que l’heure de la délivrance est enfin venue.

Se remet-on jamais d’une erreur de jeunesse ? À travers le destin d’une femme traquée, Michèle Halberstadt raconte le cruel apprentissage à la vie d’adulte et le vertige d’une vie plurielle. Un récit sobre et maîtrisé, tendu sur cette ligne de crête, fragile et fatale, entre la normalité et l’illégalité.

 

REVUE DE PRESSE :

 

La critique de Christine Ferniot

Sur L’EXPRESS - 18/05/2010 :

« Condamnée à la suite d’une broutille, une jeune fille paie le prix fort pour sa naïveté. Michèle Halberstadt traite la banalité tout en finesse. A dix-sept ans, Laure décide de prendre la route. Sa mère vient de mourir, son père ne s’intéresse pas à elle : il préfère vivre avec le fantôme de sa femme, brutalement disparue. Encore adolescente, Laure veut respirer le grand air de la liberté, s’inventer une vie. Deux ans plus tard, elle s’installe dans le Pays basque ; serveuse dans un bar, elle joue les affranchies avec Didier, le patron, un dealer bien organisé. Pas maligne, Laure va se faire arrêter un soir en livrant de la drogue pour rendre service. “A dix-neuf ans, dans cette voiture qui sentait le moisi, elle sut qu’elle venait de foutre sa vie en l’air.” L’histoire est simple, elle ne ferait même pas trois lignes dans une rubrique des faits divers. C’est justement cette banalité que Michèle Halberstadt veut décrypter dans ce roman qui s’intéresse aux détails d’un engrenage, à la naïveté qui s’achève dans la culpabilité. La prison, la condamnation, la peur ne sont qu’une première partie de l’histoire. La romancière s’attache plus au remords, à la douleur irréversible qui empêche de vivre, d’être heureux plus tard. Quand Laure sortira, elle ne sera jamais libre et, toute sa vie, paiera son “écart de conduite”.

Il n’y a pas de morale dans les livres de Michèle Halberstadt, c’est un mot qu’elle n’aime pas. Après Café viennois et L’incroyable histoire de Mademoiselle Paradis, elle se rapproche de la France d’aujourd’hui, mais continue de se pencher sur les mêmes thèmes : la solitude, la confiance trahie, les marques du passé. Dans ses deux précédents romans, elle avait choisi Vienne et des époques historiquement symboliques (le siècle de Louis XIV ou les années 1940 et le nazisme). Cette fois, elle se lance dans une aventure contemporaine sans lâcher ses obsessions. Michèle Halberstadt a été journaliste, elle est aujourd’hui productrice de cinéma, mais elle ne construit pas ses romans pour en faire des scénarios. L’écriture, apparemment fluide, est très descriptive et s’attarde sur les détails infimes, les transformations physiques, les bruits les plus ténus. Ce sont tous ces éléments minuscules qui permettent de mieux comprendre ses personnages dé-passés par les événements, démunis, enfantins. Laure aura beau grandir, vieillir, elle restera une enfant perdue, trahie, pri-sonnière d’un secret qui ressemble à une petite mort. »

 

La critique de Loïc Di Stefano

Sur BOOJUM-MAG.NET :

« Laure rompt avec sa famille et se fait embaucher, parce qu’elle est belle comme tout, sorte de Brigitte Bardot accessible, dans un bar de plage. Vite, elle devient la maîtresse du patron, qui trafique sur toute la Côte. De la drogue à l’ancienne, pour être tranquille. Une commande de trop, qu’elle voudra faire toute seule, par insouciance, et la voilà serrée par la police, qui surveillait ce petit manège depuis un certain temps. Le dealer, envolé, pas si bête. Laure, qui refuse de trahir son amour, emprisonnée, paie pour tout le monde et subit une Justice qui la condamne plus lourdement qu’attendu, refuse de croire en sa naïveté et l’enferme jusqu’à ses trente ans… Privée de sa jeunesse, Laure n’a plus rien de ce qui la faisait être, et doit s’inventer nouvelle. Petite cause, bénigne presque, conséquence terrible : cette pesanteur du réel est magnifiquement rendue par l’écriture faussement simple de Michèle Halberstadt.

« C’était bien l’amour, trafiqué, usurpé, idéalisé, qui les avait fait basculer du mauvais côté. / Elles minimisaient la gravité de leur faute, préférant se raccrocher à leurs projets. Pour tenir enfermées, il fallait s’inventer la vie qui les attendait dehors. »

En prison, au contact d’autres femmes qui ne sont là que pour un petit écart de conduite, une vétile, par amour, et dont aucune n’est une vraie méchante, Laure apprend à ouvrir les yeux sur la réalité, à prendre conscience de la vie. Elle apprend un métier, elle apprend à passer à l’âge adulte, dans la contrainte mais non sans y trouver un peu de satisfaction, dans la mesure des contraintes et des amitiés forcées.

« Comment avait-elle pu se montrer à ce point inconséquente ? Comment être en paix avec soi-même quand on méprise celle qu’on a été ? / La réponse était là, devant elle, lumineuse. Il fallait qu’elle change. »

Ce roman, à l’allure trompeusement légère, et qui fait passer l’insouciante Laure de 1974 à la Lou qui, en 1977, ne vit plus que dans la crainte d’être appréhendée mais qui a trouvé dans cette survivance même une force d’être supérieurement humaine, est aussi un très beau roman d’amour entre une petit-fille et son grand père. Laure et Dada, prêt à toutes les folies et à tous les sacrifices pour sa petite-fille. Et quand elle se retrouve seule, face à la mer, c’est la force de Dada et ses conseils si avisés qu’elle invoque pour continuer à vivre.

Un très beau roman sur la légèreté de l’être, pris au piège du réel et de l’insouciance, et sur les douleurs de l’enfantement de soi, dans la crainte d’un monde qui ne demande qu’à vous enfermer de nouveau, et dont il faut se méfier. Mais un monde qui, vu par un oeil décillé, offre sa beauté et sa rudesse singulière. »

 

L’AUTEUR :

 

Michèle Halberstadt est productrice, entre autres, des derniers films de Benoît Jacquot, Alain Corneau, Laetitia Masson ou François Dupeyron. Elle a publié trois romans, Prends soin de toi en 1991 chez Flammarion. En 2004, Michèle Halberstadt a publié Adjani aux pieds nus, un journal de tournage, chez Calmann Lévy et, chez Albin Michel, Café viennois, en 2006 ainsi que L’incroyable histoire de Mademoiselle Paradis, en 2007

 

Format : 205 mm x 140 mm

144 pages

EAN13 : 9782226208330

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