LIBERALE ATTITUDE


liberale-atitude

Scénario et dessins : Pluttark / Couleurs : Mathilda

Fluide Glacial

 

Le libéralisme a vaincu. Vive le libéralisme à outrance. En quelques saynètes bidonnantes, Pluttark exagère notre système pour mieux en souligner l’absurdité fondamentale. Rions un peu avec la crise ! 

 

L’histoire : Malgré (et grâce à) la crise, le capitalisme touche désormais à la quintessence de ses principes. Les puissances dirigeantes et la société occidentale dans sa globalité sont donc prêtes à appliquer leur ultime combat : nous autodétruire. Bilan tout azimut de cet instant charnière :

Retranché au sommet de son immeuble, le DRH d’une grande entreprise exerce du terrorisme patronal : si on ne supprime pas le SMIC, qu’on n’exonère pas les cadres dirigeants d’impôts et qu’on ne lui refile pas un yacht de luxe, il menace de licencier 10 salariés toutes les heures.

En visite dans une usine textile chinoise, des représentants de l’UE découvrent avec effroi une salle gigantesque où des centaines de femmes s’affairent sans broncher sur leurs machines à coudre. Le patron les rassure avec un discours écolo : à chaque fois qu’une ouvrière meurt d’épuisement, ses restes sont recyclés sous forme de compost 100% biologique.

A ces scènes banales de la vie courante, s’alternent 36 fiches pratiques, comme autant d’idées géniales et révolutionnaires pour vaincre la crise…

 

Ce qu’on en pense sur la planète BD : On ne va pas vous le cacher, mais en même temps, vous le savez sans doute déjà : en cette année 2010, c’est la crise. Au terme de sa « victoire » face à l’idéologie soviétique, le capitalisme occidental a lâché les brides de son système, sans véritable garde-fous. Le « libéralisme », que ça s’appelle : laissons faire le marché, puisque c’est la meilleur moyen de générer la prospérité. Mais ne serait-ce pas également le meilleur pour parvenir à l’autodestruction ? Laissons aux politiques et aux économistes le loisir de deviser et de s’alarmer sur le sujet. Dans ce recueil, Pluttark prend plutôt le parti d’exacerber dans le rire (jaune) les effets de cette période historique. De la plus cynique et désopilante des manières, il recueille deux types de « gags en 1 case » : d’une part, pleine planche, des scènes ordinaires de la vie économique et sociale, mais poussées à leur paroxysme, jusqu’à l’absurde. D’autre part, sous forme de fiches pratiques appelées 100 idées pour vaincre la crise (3 fiches par planche), des solutions pétries de mauvaise foi et exagérant la logique de nos lois et pratiques. Ici, l’entreprise est déifiée, le marketing est une philosophie, le quidam et le salarié sont des fusibles négligeables entièrement dévoués au système. Le dessin synthétique et schématique s’avère adapté à faire partager ces doux moments de bonheur libéral. Franchement, pas besoin « d’être de gauche » pour être bidonné : quelque soit votre tendance politique, la grande majorité de ces saynètes est inspirée et fait mouche. Osons le dire : grâce à l’outrance, on se met même parfois à comprendre l’absurdité fondamentale de nos pratiques. C’est méchant, c’est excessif, mais c’est génial !

 

Pluttark avec sa Libérale Attitude digne de paraître chez Fluide Glacial nous assaisonne à souhait d’une déraison économique cynique mais qui puise dans tant de réalisme. Où va le monde ? Vers une justice façon roue de la fortune ? Vers des call-centers gériatriques ? Vers des patrons en grève pour la suppression des aides aux employés ?

Ce monde où tout s’écroule Pluttark, le construit et le fait vivre, et même si on aimerait pas vraiment en être, il faut être lucide, n’y tendons-nous pas doucement ?

Bien plus qu’une BD, il s’agirait presque d’un documentaire, d’un pamphlet, d’un scénario catastrophe ou de la solution ultime… quelque soit son nom, on en sourit, on en rit, et on se dit : « c’est pas faux »…

D’un trait moderne et délicieux, d’un humour décapant et parfaitement pesé, les planches de Pluttark vont vous régaler… et ces idées pour vaincre la crise pourraient bien en inspirer !

 

REVUE DE PRESSE :

 

La critique de AURACAN.COM :

« Ce nouvel album publié par Fluide Glacial suit la lignée des satires du monde économique. On se souvient l’an passé de La Fabrique des jeunes auteurs Peb & Fox, album sur la vie de l’entreprise sur fond de grande crise économique publié par Paquet ou du pavé, le Fric c’est Kapital par Tignous davantage orienté sur les financiers qui gouvernent notre planète et publié chez 12 bis. Pluttark poursuit sa vision caustique et cynique de notre univers contemporain. Il s’était intéressé « scientifiquement » à l’être humain dans son album précédent Bipèdes. Il passe là au système économique dominant : le libéralisme !

Pour « positiver », il propose 100 idées pour vaincre la crise. Enfin il nous en présente qu’un tiers. Donc si ça marche, on verra 3 albums ? Toujours est-il que ses idées font toutes un peu plus peur les unes que les autres et révèlent les dangers d’un libéralisme débridé. Elles alternent avec des gags de pleine page ou en deux planches de 6 cases.

On rit donc jaune comme avec ces deux planches expliquant les raisons de la crise mondiale parce qu’une vieille dame n’a pas acheté un malheureux paquet de riz ou quand il révèle que l’employé du mois de l’entreprise de manutention est un gamin suçant encore sa tétine. Le dessin très caricatural et assez naïf ne s’alourdit d’aucun détail inutile. »

 

La critique de CARREFOURDESCULTURES.COM :

« La critique du libéralisme n’a jamais rencontré autant d’écho depuis la crise mondiale. En tirer un pamphlet qui tienne la route - du moins en BD - est cependant toujours aussi difficile. Pluttark y parvient, paradoxalement, en déraillant ferme. Là où la plupart des auteurs peinent à s’extraire des poncifs sur la mondialisation et à donner souffle et dynamique à la satire, le bonhomme atteint son but en poussant les limites du système jusqu’à l’absurde. Là où d’autres démontent l’idéologie libérale en l’étudiant de l’intérieur - lire l’excellent « Dans mon open space » de James, dont le tome 3 est au programme de la rentrée chez Dargaud - Pluttark lui fait les honneurs des orgues de Staline. En bref, l’outrance paye.  Jouant essentiellement sur le gag de situation en une seule case - planche ou strip - l’auteur tient le rythme dans la démesure, détournant à l’envi de multiples situations au cynisme consommé. Ses « 100 idées pour vaincre la crise » sont à elles seules une belle preuve que l’économie de marché peut, elle aussi, assurer le spectacle. Au moins par intermittence… »

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