A LIRE : TEXTE DE DJEMILA BENHABIB A LA MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE VOILE INTEGRAL


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Ce texte de Djemila Benhabib, qui a été lu devant les sénateurs français en

novembre 2009, mérite d’être largement diffusé.

A notre tour, nous assurons sa diffusion pour que des voix comme la sienne soient entendues et qu’un maximum de personnes puissent se sentir concernées par cette question.

 

 

Mesdames les sénatrices, Mesdames les présidentes,

Mesdames et messieurs les dignitaires, Chers amis,

 

Merci mille fois de ce grand honneur que vous me faites,

aujourd’hui, de me consacrer parmi les Femmes debout et

de permettre à ma voix, celle d’une femme de culture

musulmane féministe et laïque de résonner dans cette

prestigieuse institution de la République.. Merci à vous,

mes amies de Femmes solidaires et de la Ligue du droit

international des femmes pour votre travail acharné,

permanent et indispensable que ce soit dans les

quartiers, auprès des femmes victimes de violences et

discriminations, des sans papiers ou encore au sein des

politiques et des instances onusiennes. C’est dire que

c’est ici, localement que prend racine le travail pour

les droits des femmes pour se répercuter à l’échelle

internationale. C’est dire aussi que la Marche des

femmes pour la liberté et l’égalité est une et

indivisible. Lorsqu’une femme souffre dans un quelconque

endroit de la planète, c’est notre affaire à toutes et à

tous. Merci de nous faire sentir de mille façons que

nous sommes les maillons d’une même chaîne./

/ Voilà encore quelques années, je n’aurais jamais imaginé

que ma vie de femme, que ma vie de militante serait si

intimement liée au féminisme et à la laïcité./

/ Je vous surprendrai peut-être en vous avouant que je ne

suis pas devenue féministe en tournant les pages

du /Deuxième Sexe/, ni en me plongeant dans ce

magnifique roman d’Aragon /Les Cloches de Bâle/, où il

était question entre autres de Clara Zetkin et de Rosa

Luxembourg, deux figures de proue du féminisme et de la

paix dans le monde.

 

Je ne suis pas devenue laïque en m’abreuvant de Spinoza,

de Ibn Al-Arabi, de Descartes, de Ibn Khaldoun, ou de

Voltaire, mon maître. Absolument pas.

 

J’aurais pu tourner mon regard ailleurs pour me perdre

dans cette enfance si heureuse que j’ai eue dans une

famille généreuse, cultivée, ouverte sur le monde et sur

les autres, profondément engagée pour la démocratie et

la justice sociale. J’aurais pu m’égarer dans la beauté

de cette ville qu’est Oran où il faisait si bon vivre au

bord de la mer. Cette ville qui a propulsé la carrière

littéraire d’Albert Camus, avec son célèbre roman /La

peste/, jusqu’au Nobel de littérature. J’aurais pu ne

rien voir, ne rien entendre des brimades, du mépris, des

humiliations et des violences qu’on déversait sur les

femmes. J’ai choisi de voir et d’écouter d’abord avec

mes yeux et mes oreilles d’enfant. Plus tard, j’ai

choisi de dire les aspirations de toutes ces femmes qui

ont marqué ma vie pour que plus jamais, plus aucune

femme dans le monde, n’ait honte d’être femme.

Pour vous dire vrai, à l’enfance et surtout à

l’adolescence, je n’ai jamais rêvé de mariage, de prince

charmant, de robe longue, de grande maison, d’enfants et

de famille. Les quelques mariages auxquels j’avais

assisté, en Algérie, me faisaient sentir que la femme

était un objet bien plus qu’un sujet. Inutile de vous

préciser que ma perspective était ultraminoritaire, car

les femmes sont formatées à devenir des épouses puis des

mères dès l’enfance. Je devais avoir, quoi, cinq, six,

peut-être sept ans tout au plus, lorsqu’on me somma de

rejoindre ma grand-mère dans la cuisine, car ma place

naturelle était à mi-distance entre les fourneaux et la

buanderie, de façon à pouvoir faire éclater mes talents

de cuisinière et de ménagère le moment venu.

 

En 1984, l ‘Algérie adopte un code de la famille inspiré

de la charia islamique. J’ai 12 ans à cette époque.

Brièvement, ce code exige de l’épouse d’obéir à son mari

et à ses beaux-parents, permet la répudiation, la

polygamie, destitue la femme de son autorité parentale,

permet à l’époux de corriger sa femme et en matière

d’héritage comme de témoignage, l’inégalité est érigée

en système puisque la voix de deux femmes équivaut à

celle d’un homme tout comme les parts d’héritage.

 

* Question : L’Algérie est-elle devenue musulmane en 1984 ?

 

*Réponse : Je vous la donnerai pendant le débat tout à

l’heure si vous le souhaitez*.

 

Pour ce qui est de la laïcité, j’ai compris sa nécessité

lorsque, au tout début des années 1990, le Front

islamique du salut (FIS) a mis à genoux mon pays

l’Algérie par le feu et par le sang en assassinant des

milliers d’Algériens. Aujourd’hui, on est forcé de

constater que les choses n’ont pas tellement changé.

 

Trop de femmes dans le monde se font encore humilier,

battre, violenter, répudier, assassiner, brûler,

fouetter et lapider. Au nom de quoi ? De la religion, de

l’islam en l’occurrence et de son instrumentalisation.

Pour refuser un mariage arrangé, le port du voile

islamique ou encore pour avoir demandé le divorce, porté

un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi

le seuil de la porte sans la permission du mâle, des

femmes, tant de femmes subissent la barbarie dans leur

chair… Je pense en particulier à nos soeurs iraniennes

qui ont défilé dans les rues de Téhéran pour faire

trembler l’un des pires dictateurs au monde :

Ahmadinejad. Je pense à *Neda*, cette jeune Iranienne

assassinée à l’âge de 26 ans. Nous avons tous vu cette

image de Neda gisant sur le sol, le sang dégoulinant de

sa bouche.. Je pense à *Nojoud Ali*, cette petite

Yéménite de 10 ans, qui a été mariée de force à un homme

qui a trois fois son âge et qui s’est battue pour

obtenir le droit de divorcer. et qui l’a obtenu. Je

pense à*Loubna Al-Hussein* qui a fait trembler le

gouvernement de Khartoum l’été dernier à cause de sa

tenue vestimentaire..

 

La pire condition féminine dans le globe, c’est celle

que vivent les femmes dans les pays musulmans. C’est un

fait et nous devons le reconnaître.. C’est cela notre

première solidarité à l’égard de toutes celles qui

défient les pires régimes tyranniques au monde. Qui

oserait dire le contraire ? Qui oserait prétendre

l’inverse ? Les islamistes et leurs complices ?

Certainement.mais pas seulement.

 

*Il y a aussi ce courant de pensée relativiste qui

prétend qu’au nom des cultures et des traditions nous

devons accepter la régression, qui confine l’autre dans

un statut de victime perpétuelle et nous culpabilise

pour nos choix de société en nous traitant de racistes

et d’islamophobes lorsque nous défendons l’égalité des

sexes et la laïcité. C’est cette même gauche qui ouvre

les bras à Tarik Ramadan pour se pavaner de ville en

ville, de plateau de TV en plateau de TV et cracher sur

les valeurs de la République.*

 

Sachez qu’il n’y a rien dans ma culture qui me

prédestine à être éclipsée sous un linceul, emblème

ostentatoire de différence. Rien qui me prédétermine à

accepter le triomphe de l’idiot, du sot et du lâche,

surtout si on érige le médiocre en juge. Rien qui

prépare mon sexe à être charcuté sans que ma chair en

suffoque. Rien qui me prédestine à apprivoiser le fouet

ou l’aiguillon. Rien qui me voue à répudier la beauté et

le plaisir. Rien qui me prédispose à recevoir la

froideur de la lame rouillée sur ma gorge. Et si c’était

le cas, je renierais sans remords ni regret le ventre de

ma mère, la caresse de mon père et le soleil qui m’a vu

grandir.

 

L’islamisme politique n’est pas l’expression d’une

spécificité culturelle, comme on prétend ça et là. C’est

une affaire politique, une menace collective qui

s’attaque au fondement même de la démocratie en faisant

la promotion d’une idéologie violente, sexiste,

misogyne, raciste et homophobe.

 

Nous avons vu de quelle façon les mouvements islamistes,

avec la complicité, la lâcheté et le soutien de certains

courants de gauche cautionnent la régression profonde

qui s’est installée au cour même de nos villes. Au

Canada, nous avons tout de même failli avoir les

tribunaux islamiques. En Grande-Bretagne c’est déjà la

norme dans plusieurs communautés. D’un bout à l’autre de

la planète, le port du voile islamique se répand et se

banalise, il devient même une alternative acceptable aux

yeux de certains car c’est tout de même mieux que la burqa!

 

Que dire de la démission des démocraties occidentales

sur des enjeux primordiaux à la base du vivre-ensemble

et de la citoyenneté tels que la défense de l’école

publique, des services publics et de la neutralité de l’État ?

 

*Que dire des reculs en matière d’accessibilité à

l’avortement ici même en France ?

*

Tout ça pour dire qu’il est toujours possible de faire

avancer les sociétés grâce à notre courage, notre

détermination et à notre audace. Je ne vous dis pas que

ce sont là des choix faciles. Loin de là. Les chemins de

la liberté sont toujours des chemins escarpés. Ce sont

les seuls chemins de l’émancipation humaine, je n’en

connais pas d’autres.

 

Cette merveilleuse page d’histoire, de NOTRE histoire,

nous enseigne que subir n’est pas se soumettre. Car

par-delà les injustices et les humiliations, il y a

aussi les résistances. Résister, c’est se donner le

droit de choisir sa destinée. C’est cela pour moi le

féminisme. Une destinée non pas individuelle, mais

collective pour la dignité de TOUTES les femmes. C’est

ainsi que j’ai donné un sens à ma vie en liant mon

destin de femme à tous ceux qui rêvent d’égalité et de

laïcité comme fondement même de la démocratie.

L’histoire regorge d’exemples de religions qui débordent

de la sphère privée pour envahir la sphère publique et

devenir la loi. Dans ce contexte, les femmes sont les

premières perdantes. Pas seulement. La vie, dans ses

multiples dimensions, devient soudainement sclérosée

lorsque la loi de Dieu se mêle à la loi des hommes pour

organiser les moindres faits et gestes de tous. Il n’y a

plus de place pour les avancées scientifiques, la

littérature, le théâtre, la musique, la danse, la

peinture, le cinéma, bref la vie tout simplement. Seuls

la régression et les interdits se multiplient. C’est

d’ailleurs pour ça que j’ai une aversion profonde à

l’égard des intégrismes quels qu’ils soient, car je suis

une amoureuse de la vie.

 

Rappelez-vous une chose : lorsque la religion régit la

vie de la cité, nous ne sommes plus dans l’espace du

possible, nous ne sommes plus dans le référentiel des

doutes, nous ne sommes plus dans le repère de la Raison

et de la rationalité si chères aux Lumières. Séparer

l’espace public de l’espace privé en réaffirmant la

neutralité de l’État me semble indispensable, car seule

la laïcité permet de se doter d’un espace commun,

appelons-le un référentiel citoyen, loin de toutes

croyances et de toutes les incroyances, pour prendre en

main la destinée de la cité. Avant de conclure,

permettez-moi de partager avec vous une lettre destinée à

l’un de vos élus.

 

J’ai longuement hésité avant de vous écrire. Peut-être,

par peur d’être perçue comme celle venue d’ailleurs qui

fait indélicatement irruption dans les « affaires

françaises ». Au diable les convenances, je n’ai jamais

été douée pour la bienséance surtout lorsqu’elle est au

service des plus forts, des plus puissants et des plus

arrogants. Puis, s’il avait fallu que je vive en

fonction du regard des autres, je n’aurais rien fait de

ma vie ou si peu. Lorsqu’il s’agit des droits des

femmes, nulle convenance ne doit primer sur l’essentiel.

L’essentiel étant : la liberté, l’égalité et

l’émancipation des femmes. J’entends encore des copines

françaises me dirent avec insistance : parle-lui,

dis-lui, écris-lui. Étrangement, leurs propos me

rappellent le titre de ce magnifique film

d’Almodovar /Parle avec elle/ où dès les premiers

instants, le rideau se lève furtivement, pendant

quelques secondes, sur un spectacle de danse, mettant en

scène le corps d’une femme, celui de Pina Bausch. Elle

qui exprimait si bien dans ses chorégraphies crûment la

violence exercée à l’encontre des femmes.

 

Monsieur Gérin, c’est à vous que je m’adresse, je

voudrais vous parler, vous dire la peur que j’ai connu

le 25 mars 1994 alors que j’habitais à Oran, en Algérie

et que le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux

femmes de mon pays le port du voile islamique. Ce

jour-là, j’ai marché la tête nue ainsi que des millions

d’autres Algériennes.. Nous avons défié la mort. Nous

avons joué à cache-cache avec les sanguinaires du GIA et

le souvenir de Katia Bengana, une jeune lycéenne âgée de

17 ans assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son

lycée planait sur nos têtes nues. Il y a des événements

fondateurs dans une vie et qui donnent une direction

particulière au destin de tout un chacun. Celui-là, en

est un pour moi. Depuis ce jour-là, j’ai une aversion

profonde pour tout ce qui est hidjab, voile, burqa,

niqab, tchador, jilbab, khimar et compagnie. Or,

aujourd’hui vous êtes à la tête d’une commission

parlementaire chargée de se pencher sur le port du voile

intégral en France.

 

En mars dernier, je publiais au Québec, un livre

intitulé /Ma vie à contre-Coran/ : une femme témoigne

sur les islamistes. Dès les premières phrases, je

donnais le ton de ce qu’est devenue ma vie en termes

d’engagements politiques en écrivant ceci : « J’ai vécu

les prémisses d’une dictature islamiste. C’était au

début des années 1990. Je n’avais pas encore 18 ans.

J’étais coupable d’être femme, féministe et laïque. » Je

dois vous avouer que je ne suis pas féministe et laïque

par vocation, je le suis par nécessité, par la force des

choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps car

je ne peux me résoudre à voir l’islamisme politique

gagner du terrain ici même et partout dans le monde. Je

suis devenue féministe et laïque à force de voir autour

de moi des femmes souffrir en silence derrière des

portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur,

pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves.

 

Il fut un temps où on s’interrogeait en France sur le

port du voile islamique à l’école. Aujourd’hui, il est

question de voile intégral. Au lieu d’élargir la portée

de la loi de 2004 aux établissements universitaires,

nous débattons sur la possibilité de laisser déambuler

dans nos rues des cercueils. Est-ce normal ? Demain,

peut-être c’est la polygamie qui sera à l’ordre du jour.

Ne riez pas. Cela s’est produit au Canada et il a fallu

que les cours (de justice) s’en mêlent. Car après tout

la culture à bon dos lorsqu’il s’agit d’opprimer les

femmes. Ironie du sort, j’ai constaté dans plusieurs

quartiers que les jupes se rallongent et disparaissent

peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est

devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et

porter une jupe, un acte de résistance. C’est tout de

même une banlieue française qui est le théâtre du

film /La Journée de la jupe./ Alors que dans les rues de

Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus

en plus, au péril de leur vie, dans les territoires

perdus de la République française, le voile est devenu la norme./

*/ Que se passe-t-il ?/* */La France est-elle devenue malade ?

/*/ Le voile islamique est souvent présenté comme faisant

partie de « l’identité collective musulmane ». Or, il

n’en est rien. Il est l’emblème de l’intégrisme musulman

partout dans le monde. S’il a une connotation

particulière, elle est plutôt politique surtout avec

l’avènement de la révolution islamique en Iran en 1979.

Que l’on ne s’y trompe pas, le voile islamique cache la

peur des femmes, de leur corps, de leur liberté et de leur sexualité.

 

Pire encore, la perversion est poussée à son paroxysme

en voilant des enfants de moins de cinq ans. Il y a

quelques temps, j’essayais de me rappeler à quel moment

précisément, en Algérie, j’ai vu apparaître ce voile

dans les salles de classe. Pendant mon enfance et

jusqu’à mon entrée au lycée, c’est-à-dire en 1987, le

port du voile islamique était marginal autour de moi. À

l’école primaire, personne ne portait le hidjab, ni

parmi les enseignants, ni surtout parmi les élèves.

 

Voilà 12 ans que j’habite au Québec dont la devise

inscrite sur les plaques d’immatriculation des voitures

est « Je me souviens ». A propos de mémoire, de quoi la

France devrait-elle se souvenir ? Qu’elle est porteuse

des Lumières. Que des millions de femmes se nourrissent

des écrits de Simone de Beauvoir dont le nom est

indissociable de celui de Djamila Boupacha. C’est peu

dire. Il ne fait aucun doute pour moi que la France est

un grand pays et ceci vous confère des responsabilités

et des devoirs envers nous tous, les petits. C’est

d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui, tous les regards

sont tournés vers votre commission et que nous attendons

de vous que vous fassiez preuve de courage et de

responsabilité en interdisant le port de la burqa.

 

Pour notre part au Québec, on se souvient qu’en 1961,

pour la première fois dans l’histoire, une femme, une

avocate de surcroît, est élue à l’Assemblée législative

lors d’une élection partielle. Son nom est Claire

Kirkland et elle deviendra ministre. En invoquant un

vieux règlement parlementaire qui exigeait des femmes le

port du chapeau pour se présenter à l’Assemblée

législative, on la force à se couvrir la tête pendant

les sessions. Elle refuse. C’est le scandale./ /Un journal

titre : « Une femme nue-tête à l’Assemblée législative ! » Elle résiste et

obtient gain de cause.

 

Il faut comprendre par là que nos droits sont des acquis

fragiles à défendre avec acharnement et qu’ils sont le

résultat de luttes collectives pour lesquelles se sont

engagés des millions de femmes et d’hommes épris de

liberté et de justice. J’ose espérer, Monsieur

Gérin, que la commission que vous présidez tiendra

compte de tous ces sacrifices et de toutes ces

aspirations citoyennes à travers le monde et les siècles.

 

A vous chers amis, s’il y a une chose, une seule, que je

souhaiterais que vous reteniez de ces quelques mots,

c’est la suivante. Entre une certaine gauche

démissionnaire, le racisme de l’extrême droite et le

laisser-faire et la complicité des gouvernements nous

avons la possibilité de changer les choses, plus encore

nous avons la responsabilité historique de faire avancer

les droits des femmes. Nous sommes, en quelque sorte,

responsables de notre avenir et de celui de nos enfants.

Car il prendra la direction que nous lui donnerons.

Nous, les citoyens. Nous, les peuples du monde.. Par nos

gestes, par nos actions et par notre mobilisation.

Toutes les énergies citoyennes sont nécessaires d’un

pays à l’autre au-delà des frontières.. L’avenir nous

appartient. La femme est l’avenir de l’homme disait

Aragon. S’agissant d’homme, je veux en saluer un présent

aujourd’hui, c’est mon père à qui je dois tout..

 

Et je finirai par une citation de Simone de Beauvoir : «

On a le droit de crier mais il faut que ce cri soit

écouté, il faut que cela tienne debout, il faut que cela

résonne chez les autres. »/ /J’ose espérer que mon cri aura

un écho parmi vous.

 

 

**Djemila Benhabib* http://www.djemilabenhabib.com/

 

Lettre lue au Palais du Luxembourg, le vendredi 13

novembre 2009, lors de la journée “Femmes debout”,

organisée par Femmes Solidaires et la Ligue du Droit

International des Femmes

 

 

Chapeau Bas Madame…

Diffusez, Diffusez, Diffusez, il en restera bien quelque chose…

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