2E PRESENTATION : L’ECONOMIE DU MONDE ROMAIN Jean Andreau


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Rome, fondée au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, fut d’abord une très petite cité avec un territoire rural. Puis elle a conquis l’Italie, toute la Méditerranée, et même d’amples régions plus continentales - comme la Gaule ou les rives du Danube. On connaît l’étonnant brio de certaines de ses réalisations matérielles et intellectuelles: ses constructions publiques et privées, ses transports maritimes, son droit, ses connaissances techniques, etc. Comment l’économie de cette cité, qui est devenue un immense Empire, était-elle organisée ?

 

Quels en étaient les ressorts ? Jusqu’à quel point peut-on parler de sa modernité ? Cet ouvrage fait le point sur les problèmes posés par les divers secteurs de cette économie, à la lumière des nombreuses découvertes de ces dernières décennies - et notamment des découvertes archéologiques.

 

Table des matières

HISTORIOGRAPHIE ET STRUCTURES DE L’ECONOMIE ROMAINE

L’AGRICULTURE ET L’ELEVAGE

ACTIVITES DE FABRICATION

BANQUE ET VIE FINANCIERE

LE COMMERCE

ROME AVAIT-ELLE UNE POLITIQUE ECONOMIQUE ?

REMARQUES SUR L’EVOLUTION DE L’ECONOMIE ROMAINE

 

Andreau est Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris.

 

REVUE DE PRESSE :

 

La critique d’Alternatives Internationales :

Christian Chavagneux

Alternatives Economiques n° 290 - avril 2010

 

« n connaît peu de chose sur la façon dont fonctionnait l’économie romaine. Ce qui permet à chacun de voir ce qu’il a envie d’y voir pour conforter sa vision actuelle de l’économie. C’est tout l’intérêt du livre de Jean Andreau que de bien présenter dès le premier chapitre les termes des débats en cours sur le sujet.

Il y a ceux qui présentent Rome comme une économie moderne, analysable selon les canons de la science économique contemporaine, qui pensent que la révolution industrielle aurait très bien pu y survenir. C’est de ce côté que se situent par exemple les thèses extrêmes de Peter Temin, dont les conclusions sont qualifiées par Jean Andreau de “hâtives et de parti pris”.

Mais on trouve également des spécialistes qui, sur la base d’une analyse plus institutionnelle, expliquent ses singularités historiques et les faiblesses intrinsèques de son organisation. Andreau tente de proposer une vision “objective” fondée sur les connaissances disponibles sans se priver de prendre parti sur divers sujets.

Le livre passe ainsi en revue l’agriculture et l’élevage, les activités de fabrication, les activités bancaires (peu de prêts à destination du “secteur productif”) et commerciales. On y apprend que les dirigeants politiques sont souvent intervenus pour gérer des crises d’endettement excessif. Le monde ne change pas… »

 

La critique de Sciences & Vie :

Olivier Pétré-Grenouilleau

« L’économie antique était-elle irrémédiablement bloquée, ou bien annonçait-elle déjà en partie les transformations menant à notre monde moderne ? Plusieurs fois reformulée, telle est la question qui divise historiens « primitivistes » et « modernistes » depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle. Dans une langue lumineuse, Jean Andreau commence par nous présenter l’histoire et les enjeux de ce grand débat, appliqué ici au cas romain. Viennent ensuite des chapitres thématiques (agriculture, fabrication, banque, commerce) dont l’examen permet de déboucher sur la question de l’existence ou non d’une politique économique romaine.

L’auteur tord d’abord le cou à quelques idées reçues, comme celle d’un « blocage technique » qui aurait empêché l’économie gréco-romaine de se dépasser. En décrivant une cité romaine en partie organisatrice de l’espace qui l’entoure, J. Andreau nous invite à dépasser le clivage traditionnel entre une ville « archaïque », perçue comme uniquement consommatrice des produits de la campagne, et une cité « moderne », où l’on travaille et l’on produit. Du côté des blocages sociaux, on a longtemps prétendu que l’essor d’un secteur d’activité dépendait à Rome de l’intérêt que lui portaient les élites. L’auteur nous rappelle fort à propos que cela n’est nullement mécanique. Enfin, autre grand sujet de controverse, l’esclavage : si, selon J. Andreau, la société romaine fut bien esclavagiste, son économie ne l’était pas tant que cela. L’esclave ne jouait, mis à part dans certains secteurs, qu’un rôle parmi d’autres dans la vie économique de l’Empire. Ce ne sont donc pas les difficultés grandissantes d’approvisionnement en nouveaux esclaves qui, au final, conduisirent l’Empire à sa perte.

L’auteur distingue trois époques. D’abord celle, succédant à la période archaïque, d’une très rapide progression des échanges, accompagnée d’une transformation simultanée de la produc­tion, qu’il s’agisse de l’agriculture (avec l’essor de la villa esclavagiste), de la céramique ou de la verrerie. Ensuite, en gros, avec l’Empire, on change de rythme car il est désormais « davantage question de maintenir que de progresser ». Puis vient le temps de la régression, mais pas avant le ve siècle et l’écroulement de Rome. Non que la vie économique fût dépendante des aléas de la politique, mais parce que l’économie romaine s’inscrivait dans ce que J. Andreau appelle un « empire-monde » : la vie économique romaine était tellement conditionnée par l’existence de l’Empire qu’elle ne pouvait lui survivre. »

 

 

Éditeur:Ellipses Marketing

Collection:Le monde : une histoire

Pages:281 p.

Dimensions:19.0 x 14.5 x 1.7 cm

ISBN:9782729853310

EAN13:9782729853310

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