LA BELGIQUE EN CRISE : LE DEBUT DE LA FIN ?


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Revue de presse internationale.

Extraits des éditos de la presse européenne du 14/06/2010 après le triomphe sans précédent des indépendantistes flamands aux élections législatives belges du 13 juin  …

 

“La Belgique est l’homme malade de l’Europe. Un malade en éternelle convalescence, dont l’état s’est aggravé fortement suite aux élections de ce dimanche. La possibilité d’une rupture institutionnelle existe désormais sérieusement.

 

[ ] Bruxelles est la capitale de l’Europe et dans ce contexte, le fait que le pays possède une structure tant complexe est positif. Le caractère international et bilingue de la ville en fait l’hôte parfaite de cette énorme “eurocratie”. (Mais) la Flandre ne s’embarquera jamais dans une aventure indépendantiste sans prendre Bruxelles - son bijou historique - comme capitale. [ ] L’Europe est trop importante pour que la Flandre ou la Belgique ne la détruisent.” “El Pais” (Espagne)

 

“[ ]Peut-être que le plus grand succès de Bart De Wever aura été de faire passer la revendication d’une Flandre indépendante comme une cause respectable. Les autres partis séparatistes, comme le Vlaams Belang, s’apparentent davantage à des partis extrémistes et xénophobes, ce qui limite leurs portées. [ ] Peu de symboles d’une unité belge demeurent, si ce n’est la famille royale, le héros de BD Tintin et Bruxelles elle-même. Il y a aussi l’équipe nationale de football, mais elle ne s’est pas qualifiée pour la Coupe du Monde.” “New York Times” (Etats-Unis)

 

“[ ] Le fond du problème de la Belgique, c’est qu’elle est beaucoup plus un Etat qu’une Nation. Et qu’il y a, en fait, deux peuples - qu’il y a toujours eu deux peuples dans l’histoire - généralement séparés, quelquefois antagonistes et, quand ils étaient réunis, ils l’étaient, en général, sous l’égide d’un pays étranger : la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, voire la Hollande. (Ce) malheur belge, (ce) naufrage belge en ce moment, est d’autant plus paradoxal que, dans l’Europe d’aujourd’hui, voir deux populations ou deux peuples incapables de mettre sur pied une forme de coopération qui respecte à la fois l’autonomie, les différences et la solidarité, c’est tout de même un gros échec [ ].” Alain Duhamel, dans sa chronique politique quotidienne sur “RTL” (France)

 

Pour le “Guardian” (centre gauche), “Les longues négociations qui s’avéreront nécessaires pour former une coalition vont mettre le pays à la merci des marchés financiers qui suivent de près la crise financière dans les pays de la zone euro”. Même son de cloche dans le “Times” (centre droit) : “Les partis sont condamnés à des semaines de négociations avec des conséquences désastreuses pour leur économie”. La “BBC” fait un pas de plus : “Ces discussions vont saper les tentatives de contrôle de la dette publique voire remettre en question la présidence des institutions européennes. La Belgique ne peut pas se permettre une longue période d’incertitude. La présidence européenne met un pays en épingle mais cette présidence survient au mauvais moment”. X.G., correspondant en Grande-Bretagne.

 

“(Bart De Wever) est redoutable dans les débats. Il peut expliquer les problèmes les plus compliqués de manière très simple. Il a ainsi utilisé une image claire pour expliquer que l’Etat belge était devenu superflu pour la Flandre et la Wallonie : “Un médecin ne donne-t-il pas deux médicaments différents pour soigner deux patients avec des maladies distinctes ?” Son idée de désarticuler la Belgique est férocement combattue par les Belges francophones. Ceux-ci le considèrent comme le diable en personne. Si c’était possible, sa popularité (au sud du pays) serait en dessous de zéro.” “De Volkskrant” (Pays-Bas)

 

“Comment former un gouvernement dans une telle mosaïque ? L’unique certitude est que le futur de la Belgique est entre les mains d’un nationaliste flamand qui a peu d’intérêt à la préserver. [ ]” “ABC” (Espagne)

 

“[ ] L’idée, jetée en pâture par les nationalistes flamands, d’un “confédéralisme à la Suisse”, ne tient pas debout. L’histoire, la démographie et l’édifice institutionnel belges n’ont rien en commun avec les réalités helvétiques où le pouvoir, avant tout, n’est pas partagé entre deux communautés face à face, mais entre 26 cantons. L’épreuve de force belge était sans doute incontournable, au vu de l’ampleur des disparités et des rancœurs régionales [ ].” “Le Temps” (Suisse)

 

“La sérieuse menace d’éclatement de la coalition gouvernementale relègue au second plan le résultat des élections belges. Le journal phare, la “Frankfurter Allgemeine”, n’a même pas publié lundi de commentaire sur l’événement. Le “General-Anzeiger” de Bonn évoque la fragilité financière de la Belgique qui apparaît “comme la prochaine proie des spéculateurs contre l’euro”. Tous les dirigeants belges savent qu’ils ne pourront échapper à ce danger que s’ils font ce que les électeurs n’ont pas voulu faire : tenir ensemble.” M.Li., correspondant en Allemagne

 

“Pendant que l’Europe discute de la manière de réduire le déficit, les Belges vont se disputer le bien-fondé et la façon de trancher dans les pouvoirs du fédéral. Diviser les postes budgétaires, comme M. De Wever le propose, et donc restreindre les transferts d’argent de la Flandre à la Wallonie, pourrait aider à réduire une partie du déficit public, et dans la foulée, peut-être, faire en sorte que les Flamands soient moins engagés sur la voie d’une indépendance totale et que les Wallons y soient moins opposés.” Sur le blog du “Wall Street Journal” (Etats-Unis)

 

“[ ] Si le programme d’évaporation (de la Belgique) de M. Bart De Wever devait entrer en application, les Wallons doivent savoir qu’une majorité sans cesse croissante de Français accepterait, si bien sûr eux-mêmes le décidaient, de les accueillir au sein de la République française.” Jean-Pierre Chevènement, sénateur français.

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