LE DEBAT DU MOMENT : ALLEGRE CONTRE LE LOBBY DU G.I.E.C. (1) / 400 SCIENTIFIQUES SIGNENT CONTRE CLAUDE ALLEGRE


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Ce 31 mars 2010, Valérie Pécresse, la ministre de la recherche, a reçu du lourd à son courrier. Un appel signé de plus de 400 scientifiques français travaillant dans le domaine du climat. La chasse aux sorcières était lancée contre Claude Allègre et les « climatosceptiques ». Car Allègre n’est que la figure de proue d’un mouvement plus vaste au sein du monde scientifique. « des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs », comme le reconnaissent eux mêmes les partisans du GIEC.

La révolte contre le très américain GIEC explique l’inquisition contre ses adversaires. Tout çà relève plus de l’inquisition contre Galilée que de la liberté du débat scientifique. Et les adversaires d’Allègre n’en sortent vraiment pas grandis …

                                          

Voici cet appel :  Mme la Ministre de la Recherche M. le Directeur de la Recherche M. le Président de l’Académie des Sciences Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN) M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS.Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté. Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture,  de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs (…) Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences  du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre (photo) dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire. Ces ouvrages n’auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu’à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société. Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale. Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi ».

 

L’Appel est lancé également à d’autres destinataires, les dirigeants de l’Académie des sciences, des organismes de recherche comme le CNRS, de son Comité d’éthique. Cette réaction doit répondre «aux accusations publiques» lancées par l’ancien ministre Claude Allègre et le directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris Vincent Courtillot. Des accusations violentes. Les climatologues seraient coupables d’une «imposture», «dévoyés» par l’appétit  «d’argent», ils auraient trompé les citoyens et le gouvernement sur le climat. Dans son livre L’imposture climatique, Claude Allègre les accuse d’avoir «cadenassé» les revues scientifiques à l’aide d’un système «mafieux» et «totalitaire» afin d’imposer leurs vues aux contradicteurs. Depuis la parution de ce brûlot dont les ventes explosent et qui a permis à Claude Allègre de bénéficier d’une large exposition médiatique (télés, radios, journaux), les climatologues s’interrogeaient sur leur riposte. Allaient-ils encore une fois se laisser «traîner dans la boue, insulter en place publique», s’est demandée Valérie Masson Delmotte, paléoclimatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de Saclay. Le débat fut rude. Certains climatologues, et notamment des chefs de file, voulaient faire le dos rond. Ne pas «lui faire de la publicité». Ne pas laisser penser «que nous sommes contre le débat».

Valérie Pécresse informait Libération qu’elle avait «saisi le président de l’Académie des sciences pour qu’il organise en son sein un débat sur le sujet». Notant qu’elle «ne peut trancher un tel débat sans l’avis des pairs», elle ajoute : «ce n’est pas par hasard si j’ai proposé que le climatologue Jean Jouzel préside le Haut conseil pour la science et la technologie. C’est un signe de confiance du gouvernement envers cette communauté».

 

La revue Nature, l’une des plus lues dans les labos, a proposé hier un éditorial musclé. Il invite les climatologues à comprendre que les «deniers» - les «négateurs» ou climato-sceptiques - ne sont pas des gentlemen, mais des voyous, adeptes du combat de rues, «street fight» dans le texte. Et que ces derniers ont conquis les médias, sans difficulté (avec des complicités multiples, comme celle de Guillaume Durand sur la 2 qui a bien usé la brosse à reluire pour Claude Allègre). Dans son édito, titré “Climate of fear” en référence ironique à un article célèbre de Richard Lindzen dans le Wall Street Journal, la revue admoneste les scientifiques : ils doivent cesser d’être «naïfs» et de croire que les données suffisent à convaincre le public. (…) Cet édito intervient alors que l’ONU et le Giec ont décidé de mettre en place une commission d’audit des  procédures et méthode de travail du Giec. C’est l’IAC (InterAcademyCouncil) qui va s’en occuper.

C’est dans ce contexte que le 2 mars, Les Échos publiaient une « apologie de Claude Allègre » signée François Ewald…

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