VICTOIRES DE LA MUSIQUE 2010 : « L’HORREUR PRES DE CHEZ VOUS »


France Music Award

Il a osé l’écrire, devrions-nous dire …

Car “Fluctuat.net” a écrit une critique dévastatrice des VICTOIRES DE LA MUSIQUE 2010, qualifiées de « Grande Messe Noire Rétrofuturiste autour de la bière de la chanson française », une institution sclérosée, réservée à un microcosme auto-proclamé, qui s’auto-congratule en vase clos. Et qui ne représente nullement la réalité de la chanson française actuelle et encore moins de celle qui marche et se vend encore.

A lire donc cette critique féroce, qui ne respecte rien pas même les « grandes disparus », dont on peut déplorer l’extrême vulgarité, mais qui sur le fonds est terriblement vraie …

 

par Fluctuat.net in Le Blog Musique de Fluctuat

8 mars 2010

Extraits : « On a beau se résoudre chaque année à consacrer une soirée à la Chanson Française, l’épreuve est rude, longue et de plus en plus accablante. 2009 était l’année de l’ennui et de la soupe, des viocs et de Bashung. 2010 sera celle de l’ennui et de l’indifférence, de la médiocrité et des… viocs, omniprésents, dans la salle et sur l’estrade, pour célébrer chaque année la Grande Messe Noire Rétrofuturiste autour de la bière de la chanson française. On peut y regarder chaque fois d’un peu plus près : il n’y a plus rien, plus aucun signe, plus de pouls, plus de sang, plus d’éclats. Pas même un brin de scandale ou un faits divers qui pointe, rien que des longueurs, des bottes cirées et de pâles copies de chanteurs morts.  

Pas de Bashung sur pied à consacrer cette année mais un florilège d’hommages aux morts (Bashung par Jean Fauque, un medley Michael Jackson atroce où un M privé de son mojo tente d’animer l’amorphe Charlotte Gainsbourg en Billie Jean tandis que Amadou et Mariam font les fous à l’arrière-plan) aux vivants (Charles Aznavour embaumé par un autre medley horrifique Maurane-Amandine Bourgeois- Nolwenn Leroy et Fred Mitterrand, au secours),  et aux morts vivants (les apparitions fugaces de Maurane, d’Hughes Aufray, l’encéphalogramme désespérément plat de Charlotte Gainsbourg, l’apparition lunaire et extraterrestre de Stevie Wonder sublime rayon de soleil de la soirée récompensé par Aznavour et qui blague en zieutant la récompense “Let me look at this”, elle est bien bonne,…).

 

Misère, symphonie et petites voix aux champignons

Emmenées par le duo Nagui-Drucker (il n’y aura que la mort qui nous privera de celui-là), les 25ème Victoires ont choisi d’abdiquer toute crédibilité (…) Comme une horreur n’arrive jamais seul, les bourgeois bohèmes qui administrent la production ont rameuté, comme cela arrive parfois, un orchestre symphonique qui achève de déconstruire en sciant du violon gluant des titres qui n’en demandaient pas tant et invité des musicologues avertis (le worst of des présentateurs et journalistes ayant servi la soupe à la française ces 25 dernières années) tels que Jean-Luc Delarue, Jean-Pierre Foucault, Daniela Lombroso, Philippe Gildas et PPDA (la France qui bouge) pour remettre les prix. Olivia Ruiz, toujours montée sur ressorts et godemiché en chocolat, vient pêcher sa récompense de Meilleure Artiste Féminine avec une chanson étrange parlant de crêpes aux champignons puis le prix en toc du meilleur vidéo-clip. La Fouine, en invité rap exotique de l’année, ne sauve pas l’honneur des musiques de la rue (sic) avec son titre mou du genou et du flow. Kool Shen avait piscine. Révélation du Public, Pony Pony Run Run cabotine comme le bon groupe de synthpop qu’il est tandis que Grégoire repart heureusement bredouille (il y a une morale).

 

La soirée s’enlise ensuite dans une série de magnétos qui célèbrent l’histoire de la cérémonie : on revoit quelques glorieuses séquences d’archives, histoire de concurrencer Arthur qui fait la même chose sur la chaîne concurrente. Il faut attendre un petit 23h (en réponse à Valérie Damidot cette fois qui refait la D&Co sur M6) pour que les hostilités reprennent avec une excellente prestation de Sliimy, qu’on n’aime pourtant pas, dont la tenue princière et la conviction sur “Paint Your Face” resteront parmi les meilleures choses qui soient arrivées ce soir.

A côté, les autres révélations ne pèsent pas lourds et ressemblent à de mauvais clips tirés de Retour vers le futur. Archimède sent le vieux et Revolver allume un rockab tout aussi foireux (…) Sans qu’on y comprenne quoi que ce soit, c’est le surfait Yodelice qui remporte le prix de la Révélation. Un Biolay classe et (extérieurement) consensuel coiffe (il était le seul présent dans la salle, ouf) Bénabar et Johnny “Delajoux” Hallyday - meilleure tournée quand même - en tant qu’Artiste Masculin de l’Année puis empoche la récompense pour le Meilleur Album. La bonne série continue avec Oxmo Puccino en bon parrain des Musiques Urbaines qui décline son mollasson “Soleil du Nord” et nous fait sacrément regretter l’époque où il faisait du rap, et le prix du meilleur DVD à Bashung (qui n’est pas venu).

On pensait échapper cette année à M le Maudit Ridicule mais il a fallu que l’impayable Guillaume Durand le conduise une nouvelle fois jusqu’à la scène pour qu’il fasse l’intéressant à coups de solos de guitares idiots et vaguement insupportables. Histoire de se payer une tranche de rire, c’est Izia, la fille de Jacques Higelin qui embarque la Victoire du Meilleur Album Rock de l’année. Dominique A dont le disque La Musique peut toujours s’acheter n’avait du reste aucune chance puisque les BB Brunes étaient aussi dans la course. Ouarf, Ouarf. Voilà qui va plaire à Drucker.

 

Minuit, c’est pas encore fini ?

Faute d’avoir regardé le programme télé, on y est toujours à minuit 20. Christian Morin et une nana non identifiée font des blagues merdiques, prennent tout le monde en otage et entonnent un Happy Birthday tout seuls. La salle s’ennuie et en viendrait presque à réclamer Drucker. A cette heure, on trouverait presque que Shaka Ponk est un bon groupe si Shaka Ponk était un bon groupe. Un bon groupe, ouais. Ils ont une projection de singe en arrière-plan qui donne mal aux yeux mais ça ne suffit pas. Drucker a bourré les urnes et c’est encore la fille d’Higelin qui a de faux airs de Charlotte Gainsbourg bavarde qui raffle la Victoire du Spectacle de l’année.

Il reste quoi ? L’électro… Minuit 28. Manquerait plus que David Guetta remporte le truc. “One Love”. C’est Birdy Nam Nam qui s’y colle finalement. Guetta avait rendez-vous chez le coiffeur. On frissonne devant le dernier adieu à Mano Solo. Et puis, ouf, la chanson française c’est comme le hockey, c’est toujours les Québécois qui gagnent à la fin. Chanson de l’année : bah, Coeur de Pirate, meilleure compositeur, auteur, interprète. 19 ans, un nez en trompette de cochon. Comme des enfants. Et franchement, franchement, ce n’est pas fameux. “mais il m’aime encore, et moi je t’aime un peu plus fort / Mais il m’aime encore, et moi je t’aime un peu plus fort”. Ca c’est le refrain. Vous en voulez encore ? Nous non plus. Juré, craché, on ne nous y reprendra plus cette fois. Au lit, au lit, au lit. Demain, on se remet à l’anglo-saxon. »

 

http://new.fr.music.yahoo.com/blogs/le_blog_musique_de_fluctuat/1522/victoires-de-la-musique-2010lhorreur-prs-de-chez-vous/

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