HOMMAGE A JEAN FERRAT


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Le chanteur engagé Jean Ferrat, qui résidait depuis des années en Ardèche, ce qui lui avait inspiré sa célèbre chanson “La montagne” en 1964, est décédé ce 13 mars à l’âge de 79 ans, a-t-on appris auprès de la préfecture.

 

“Il est décédé à l’hôpital d’Aubenas”, où il avait été hospitalisé quelques jours auparavant, a précisé à l’AFP le sous-préfet de Tournon-sur-Rhône (Ardèche).

 

Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine), Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, perd son père à 11 ans, lorsque ce juif émigré de Russie est déporté à Auschwitz. L’enfant est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu’il n’oubliera jamais.

Aussi prolifique que discret, notamment à la télévision, il a composé et interprété quelque 200 chansons, mêlant textes engagés, hommages à Louis Aragon et déclaration d’amour à l’Ardèche, sa région d’adoption.

Compagnon de route du PCF sans jamais en avoir été membre, il a rapidement pris ses distances avec Moscou. Il apportera néanmoins son soutien à Georges Marchais lors des élections présidentielles de 1981, expliquant quelques années plus tard, dans la chanson Les Cerisiers (1985), les raisons pour lesquelles il était demeuré fidèle à la mouvance communiste.

Jean Ferrat, lauréat du prix de l’académie Charles Cros en 1963 et du grand prix de la chanson de la SACEM en 1994, avait apporté son soutien à la liste présentée aux élections régionales par le Front de Gauche en Ardèche.

 

LES REACTIONS :

 

- Nicolas Sarkozy : “Chacun a en mémoire les mélodies inoubliables et les textes exigeants de ses chansons, qui continueront encore longtemps, par leur générosité, leur humanisme et leur poésie à transporter les âmes et les coeurs, à accompagner aussi les joies et les peines du quotidien. Avec Jean Ferrat, c’est une conception intransigeante de la chanson française qui s’éteint. Farouchement attaché à sa liberté et à son indépendance, il a toute sa vie pensé et vécu son art comme un artisanat, privilégiant constamment l’authenticité et l’excellence à la facilité consumériste des standards commerciaux”.

 

- George Moustaki : “C’était quelqu’un d’exemplaire, il n’a rien sacrifié de ce qui lui tenait à coeur”, a poursuivi M. Moustaki précisant que Jean Ferrat était un “homme engagé, mais il n’était pas un hurleur de sentences. Il le faisait avec poésie”. “Il y avait un lien très fort entre nous, a ajouté Moustaki, évoquant ensuite leur jeunesse et leurs débuts, à la même époque: “dans les années 50, on avait commencé à écrire des chansons ensemble. Il a eu très vite un grand succès par la beauté de sa voix qui était exceptionnelle”.

 

- Michel Drucker : “C’est une partie de la France, c’est toute une génération qui doit avoir beaucoup de chagrin aujourd’hui parce que c’est un des derniers géants qui disparaît. Il y avait Brel, il y avait Brassens, il y avait Ferré et il y a Jean qui était le dernier des Mohicans. C’est toute une page de la chanson française qui se tourne”.

 

- Pierre Perret: “Jean Ferrat était l’un des grands de la chanson. Son œuvre magnifique était en symbiose totale avec ce qu’il était. Il aimait les chansons frondeuses. Nos liens affectifs étaient très forts depuis tant d’années: on a galéré ensemble.”

 

- Line Renaud: “Nous perdons un très grand artiste. Jean était un auteur immense, un homme d’une gentillesse admirable avec de la tendresse plein les yeux et plein la voix. C’était un homme profond.”

 

- Mireille Mathieu: “Jean Ferrat était l’un des mousquetaires de la chanson française. C’était un monstre sacré, comme Ferré, Brel et Brassens. Les chansons de Jean Ferrat resteront à jamais, comme «Aimer à perdre la raison». Nous n’avons jamais eu l’occasion de travailler ensemble. Je respectais ses engagements. C’était un pur.”

 

BIOGRAPHIE SOMMAIRE :

 

Dernier de quatre enfants d’une famille modeste qui s’installe à Versailles en 1935, il poursuit ses études au Collège Jules Ferry. Son père est joaillier et sa mère fleuriste. Durant la guerre, son père, qui est juif[2], est déporté par les nazis et meurt à Auschwitz. Il a onze ans quand il perd son père, il est alors caché par des militants communistes.

À quinze ans, il doit donc quitter le lycée pour travailler afin d’aider financièrement sa famille. Il commence en même temps des études de chimie et devient aide-chimiste jusqu’en 1954, année de ses premières auditions. Déjà, à cette époque, il est attiré par la musique et le théâtre.

Au début des années 1950, il entre dans une troupe de théâtre, compose quelques chansons et joue de la guitare dans un orchestre de jazz. Il passe sans grand succès quelques auditions, fait des passages au cabaret sous le nom de Jean Laroche, et, ne se décourageant pas, décide de se consacrer exclusivement à la musique. Le jeune guitariste prend ensuite pour pseudonymes Frank Noël, avant d’opter pour Jean Ferrat (d’après la ville Saint-Jean-Cap-Ferrat).

 

Ainsi en 1956, il met en musique Les yeux d’Elsa, poème de Louis Aragon dont il est un admirateur. C’est André Claveau, alors en vogue, qui interprète la chanson et apporte à Jean Ferrat un peu de notoriété. Il se produit alors au cabaret parisien La Colombe de Michel Valette, en première partie de Guy Béart.

En 1958, il sort chez Vogue son premier 45 tours, mais ne rencontre guère de succès. Une jeune chanteuse, Christine Sèvres, reprend quelques-unes de ses chansons. Il l’épousera en 1961. C’est la rencontre en 1959 de Gérard Meys, qui deviendra son éditeur et son ami, qui relance sa carrière, il signe chez Decca et, l’année suivante, sort son second 45 tours avec la chanson Ma Môme, qui est son premier succès et passe sur les radios. (*) En 1966, le succès étant venu pour Ferrat, Vogue rééditera ce 45t sous le label Pop4, label à bon marché destiné à la grande distribution de l’époque, comme Prisunic.

Sa rencontre avec Alain Goraguer, qui signera ses premiers arrangements sous le pseudonyme de Milton Lewis, sera par ailleurs décisive. Ce dernier deviendra ensuite l’arrangeur attitré des chansons de Jean Ferrat.

 

Son premier 33 tours sort en 1961 et reçoit le prix de la SACEM. Il entame alors une longue carrière, émaillée de difficultés avec la censure. En effet, Jean Ferrat a toujours été un chanteur engagé. Il écrira ses textes ou mettra en musique ceux de ses amis poètes, Henri Gougaud, Georges Coulonges ou Guy Thomas. (Voir la section discographie pour la suite).

En 1962, il fait la connaissance d’Isabelle Aubret. Un véritable coup de foudre amical a lieu entre les deux artistes. Ferrat lui écrit Deux enfants au soleil, un des titres majeurs de la chanteuse, et lui propose la première partie de la tournée qu’il démarre alors. Il compose une chanson sur des paroles écrites par Philippe Pauletto qu’il publie en 1970, et qui sera ensuite interprétée aussi par Isabelle Aubret : Tout ce que j’aime.

Il a aussi composé une chanson sur des paroles de Michèle Senlis pour Jacques Boyer et Jean Louis Stain au début des années 1960 et qui sera, dans les années 1970, réécrite partiellement et interprétée par Daniel Guichard : Mon vieux.

 

Jean Ferrat habitait dans la commune d’Antraigues-sur-Volane (près de Vals-les-Bains) en Ardèche, qui lui inspirera d’ailleurs la chanson La Montagne.

Jean Ferrat meurt le 13 mars 2010 d’une crise cardiaque à l’hôpital d’Aubenas, où il avait été admis quelques jours auparavant.

 

 Artiste engagé, il accuse le système commercial qui fait passer les considérations financières avant la chance donnée aux artistes créatifs. Publiant des lettres ouvertes aux différents acteurs de la vie culturelle, présidents de chaînes, ministres, il dénonce une programmation qui selon lui privilégie les chansons « commerciales » aux créatifs.

Il était membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie internationale de la promotion d’une culture de non-violence et de paix.

 

Le site officiel Jean Ferrat :

 

http://www.jean-ferrat.com/

 

Nombreux video-clips sur le site de LIBERATION :

 

http://www.liberation.fr/culture/0101624361-jean-ferrat-s-en-est-alle

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