L’AFFAIRE DES AFFAIRES (T2) : L’ENQUETE


laffaire-t2

Denis Robert (scénariste)

Laurent Astier (dessinateur)

DARGAUD

 

Un roman graphique qui décoiffe et qui, après la crise bancaire actuelle, explique beaucoup de choses…

Jamais une bande dessinée n’aura autant été sous le feu de l’actualité : Nous avions laissé Denis Robert en juin 1997 à la fin du tome 1 (« L’argent invisible ») alors qu’il entrait en contact avec un mystérieux informateur luxembourgeois. Nous le retrouvons en septembre 2009 dans ce tome 2 (« L’Enquête ») alors que débute le procès où il comparaît pour recel de vol. Lui et beaucoup d’autres disent qu’il est poursuivi pour journalisme. Ce tome 2 de « L’Affaire des affaires » sortait donc alors que les cinq semaines du « Procès Clearstream 2 » vennaient tout juste de s’achever (verdict attendu le 28 janvier 2010). On est dans un polar sur l’hyperfinance.

 

Ses coulisses, ses pressions, ses acteurs. On suit le journaliste dans son enquête. Banques manipulées ou mafieuses, paradis fiscaux, justice défaillante… On retrouve Florian Bourges l’informaticien qui remet à Denis Robert les listings qui seront manipulés et feront tant de bruit, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, André Lussi l’ancien PDG de Clearstream. On comprend des enjeux - masqués ou non - de l’Affaire. On sent monter la pression et la crise qui couve. Le réel nous rattrape. En deux cents pages animées par le trait impeccable et le sens de la métaphore graphique de Laurent Astier, ce second tome de L’Affaire des affaires (en attendant le troisième « La manipulation ») donne des clés pour comprendre l’engrenage dans lequel nous entraînent les professionnels de la calculette. Tous ces petits arrangements entre amis (comprendre entre financiers) que les journalistes hésitent à raconter, tant la peur des procès est forte. Et l’aveuglement des hommes politiques, palpable. C’est rapide, passionnant, et (paradoxalement) à la fois drôle et effrayant.

 

Journaliste à Libération pendant treize ans (1982 / 1995), Denis Robert couvre les « les affaires » (Villemin, Weber, Longuet, Urba…). Ecrivain, il est l’auteur de huit romans dont le « Bonheur » (Les Arènes, 2000) « Dunk » (Julliard, Septembre 2009). Il a aussi écrit une dizaine d’essais comme « la Justice ou le Chaos » (Stock, 1996). Il a réalisé cinq documentaires tous diffusés par Canal Plus ou au cinéma. En 2001, son livre « Révélation$ » et son film « Les Dissimulateurs » révèlent le fonctionnement de « Clearstream », une multinationale basée à Luxembourg. Il expose ses toiles en permanence à la Galerie W. Laurent Astier est né en 1975. Il débute dans le jeu vidéo avant de s’orienter vers la bande dessinée. Il est l’auteur de plusieurs séries comme Cirk, Gong, Aven ou Cellule Poison qui prend pour toile de fond les réseaux internationaux de prostitution dans l’Europe contemporaine.

 

Robert Denis

 

Denis Robert est né en 1958 à Moyeuvre-Grande au cœur de la vallée de l’Orne, en Lorraine. Après un bac D et un diplôme d’études approfondies (DEA) de psycholinguistique, il entre en 1982 à Libération où il est d’abord correspondant dans l’est de la France avant d’intégrer la rédaction à Paris. Là, il va multiplier les enquêtes et se spécialiser dans les affaires politico-financières qui éclatent en pleine ère mitterrandienne. En 1995, Denis Robert quitte le quotidien pour se consacrer à l’écriture : fictions, livres d’enquêtes, scénarios pour le cinéma ou la télévision.

Denis Robert est l’auteur de plusieurs romans : Chair Mathilde (1991), Je ferai un malheur (1995), Notre héros au travail (1997), Tout va bien puisque nous sommes en vie (1998), Le bonheur (2000), Une ville (2004), Le milieu du terrain (2006), La domination du monde (2006) et Une affaire personnelle (2008). Il a également écrit des essais et des enquêtes : Pendant les « affaires », les affaires continuent (1996), La justice ou le chaos (1996), Révolte.com (2000), Révélation$ (2001), La boîte noire (2002), Clearstream, l’enquête (2006). Il est auteur et réalisateur de cinq documentaires : Journal intime des affaires en cours, co-réalisé avec Philippe Harel ; Histoire clandestine de ma région ; Les Dissimulateurs, l’affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo ; Le Cahier. Il est le scénariste de Tout va bien, une bande dessinée avec Thomas Clément et publiée par Dargaud en 2005. Ainsi que du livre artistique « Dominations » en 2006 réalisé avec Philippe Pasquet. Il signe une chronique hebdomadaire dans Siné Hebdo. Il est artiste plasticien permanent à la Galerie W (Paris).

 

Astier Laurent

 

Laurent Astier est né le 9 novembre 1975 dans la banlieue stéphanoise.

Après une enfance passée à dessiner ses premières bandes, à créer ses premiers héros, il opte pour les Arts Appliqués au lycée de St Etienne.

Puis il s’expatrie dans la brousse creusoise pour deux années de BTS Expression Visuelle Image de Communication à La Souterraine.

En 1999, suite à la création avortée d’une agence de com’, il monte à Paris pour intégrer une équipe de développeur de jeux vidéo.

Pendant trois ans, il travaille comme graphiste-designer au sein d’In Utero sur le jeu Evil Twin, Cyprien’s Chronicles, jeu de plateforme-aventure.

En 2001, remarqué par les éditions Glénat, il signe scénario, dessins et couleur du premier album d’une trilogie d’anticipation, Cirk.

En 2003, paraît Gong aux éditions Vents d’Ouest, roman graphique d’un noir poisseux sur le monde de la boxe et les bas-fond de New York à la fin des années 40.

En 2004, il entreprend une nouvelle trilogie avec son frère Stefan au scénario, Aven, polar bucolique dans la France de l’après 68.

En 2006, aux éditions DARGAUD, il lance Cellule Poison, polar contemporain sur le trafic de femmes et la mafia albanaise prévu en 5 tomes de 96 pages. Trois tomes sont déjà parus.

En 2007, il écrit et dessine le BD Blues sur Big Bill Broonzy dans le Chicago des années folles aux éditions Nocturne.

En 2008, il participe au collectif Parole d’illettrisme paru chez Futuropolis, avec Luc Brunschwig au scénario.

Début 2009, il réalise les 200 pages du premier tome de L’Affaire des Affaires, roman graphique à la croisée de l’enquête, du journal intime de la vie de son auteur Denis Robert et découpé par Yan Lindingre.

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