MARC MOULIN : LE MEILLEUR DES HUMOEURS


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Humoeurs est un mot-tiroir de mon invention (où diable vais-je chercher ces sensationnelles trouvailles ?) Il contracte - avec astuce - trois mots : humeur, humour et moeurs. Et c’est exactement ce dont il s’agit, au fil de ces pages lumineuses : s’énerver et sourire des comportements de ceux qui, de plus en plus et souvent sans réfléchir, nous envoient droit au mur, car ils n’ont pas la clairvoyance que moi je possède.

Marc Moulin

C’est ainsi que Marc Moulin présentait avec la verve et le talent qu’on lui connaît ses brillantes chroniques hebdomadaires, publiées dans Télé Moustique de janvier 1997 à août 2008. Ce livre vous offre le meilleur de la quintessence des 600 articles du

célèbre chroniqueur, illustré par le très talentueux Pierre Kroll.

 

Humoeurs is a word I invented (where do I find such excellent trouvailles ?). It contracts - cleverly - 3 words : mood (’humeur’ in french), humour and habits/morals (’moeurs’ in french). And it’s exactly what it is about, along these bright pages : to get irritated and smile about the behaviours of those who, more and more and often without reflection, go to the wall (and take us with them), because they don’t have the perception, that I possess.

Marc Moulin

It’s like this that Marc Moulin presented with his witty eloquence and talent his weekly columns, published in Télé Moustique magazine from January 1997 until August 2008.

This book offers the ‘best of the quintessence’ of the 600 articles by the famous columnist, illustrated by the very talented Pierre Kroll.

 

Editions Luc Pire / ISBN : 9782507002701

 

LE LIVRE :

 

Le meilleur des humoeurs 1997-2008

 

Homme aux talents protéiformes, tour à tour ou parallèlement, claviériste compositeur pour le label de jazz Blue Note, animateur et producteur d’émissions radio, auteur de pièces de théâtre, de livres et de chroniques, Marc Moulin a été un personnage attachant et incontournable de la vie culturelle belge pendant plus de 35 ans.

Marc Moulin a tenu la chronique des “Humoeurs” dans l’hebdomadaire TéléMoustique entre janvier 1997 et août 2008, peu avant son décès. Humoeurs est un mot-tiroir qui contracte humeur, humour et mœurs. Fin observateur de la comédie humaine, depuis les dysfonctionnements de notre système à l’économie ultralibérale en déroute, Marc Moulin n’a eu aucune peine à relater les travers d’une époque en mutation. Visionnaire doué d’un sens d’un humour inégalé, le chroniqueur décrit sans complaisance notre monde.

L’obsédante question, en filigrane dans ces textes, reste que, si nous en sommes arrivés là, est-ce à cause des hommes de pouvoir, à cause de nous ou des deux ? Le meilloeur des Humoeurs nous invite à mieux comprendre notre époque, et à en rire…

 

Texte : Marc Moulin Marc Moulin (1942-2008) est pianiste, compositeur, animateur et producteur radio, humoriste, auteur, chroniqueur et touche-à-tout belge. Il est le fils de Léo Moulin et de Jeanine Moulin, poétesse et critique littéraire. Il a signé durant 11 années dans le Télémoustique une chronique acide de l’actualité illustrée par Pierre Kroll sous le titre “les humœurs de Marc Moulin”.

 

Dessins : Pierre Kroll Pierre Kroll publie chaque jour dans Le Soir, chaque semaine dans Télémoustique et dessine tous les dimanches en direct dans l’émission Mise au point (RTBF). Il a publié plus de 12 recueils de dessins chez Luc Pire. Ses dessins, qu’ils soient d’humeur ou d’humour, politiques ou polémiques, paraissent dans de nombreux périodiques : Le Vif, la Cité, Trends-Tendances, Pourquoi Pas ?, Pan, le Soir magazine, le Peuple…

 

LA VIE DE MARC MOULIN

 

Musicien, homme de médias, écrivain, chroniqueur acharné du quotidien… Marc Moulin nous manque. Sur une vie, il est parfois offert de croiser des êtres inestimables. Des hommes ou des femmes qui en imposent sans pourtant rien imposer. Marc Moulin était de cette trempe. Il forçait le respect. Pour commémorer le premier anniversaire de sa disparition, le réalisateur Serge Bergli s’est penché sur le cas Moulin. Dans son documentaire Comme à la radio, Bergli aborde les différentes facettes de l’homme en mettant le doigt sur l’essentiel.

En donnant la parole à ceux qui l’ont côtoyé, en puisant dans les archives, Bergli nous montre Moulin, sans sombrer dans la prétention, défaut propre aux hommages tardifs. On revit sa rencontre avec le jazz, la naissance de Placebo, sa signature sur le mythique label Blue Note, la radio (Cap de nuit, Le Jeu des dictionnaires), mais aussi la création de Radio Cité.

Au fil des rencontres, se dessinent les contours d’un artiste qui se renouvelait sans cesse, d’un homme qui cherchait et qui trouvait.

Télé Moustique, Jérôme Colin, 26/9/2009

 

Moulin’s life

Musician, radio producer, writer, columnist… We miss Marc Moulin.

During a life, we can sometimes meet invaluable people. Men or women who stand out without imposing anything. Marc Moulin was one of those. He commanded respect.

To commemorate the first anniversary of his disappearance, the director Serge Bergli studied Moulin’s story. In his documentary Comme à la radio, Bergli presents the various facets of the man, pointing on the essential.

While interviewing the ones who were closed to him and through a selection of archives, Bergli shows us Moulin, without being pretentious. We discover his encounter with jazz, the birth of Placebo, his signature on the legendary Blue Note label, the radio (Cap de Nuit, Le Jeu des dictionnaires,..), but also the creation of Radio Cité.

Throughout the interviews, we discover the outlines of an artist, always renewing himself, of a man who sought and found.

Télé Moustique, Jérôme Colin, 26/9/2009

 

REVUE DE PRESSE :

 

Jean-Luc Cambier

Rédacteur en chef de Télé Moustique

 

« Officiellement, Marc Moulin a quitté la RTBF en 1998. Après avoir déjà beaucoup inventé pour la maison, il avait encore espéré en rénover les radios. Mais, vient un moment où, selon ses propres conclusions, « il vaut mieux abandonner le rôle de Don Quichotte pour s’occuper de ses fesses et bien faire ce qu’on doit faire ». Une nouvelle vie commençait. Elle était chargée mais bien rangée. En bas, téléphone coupé, Marc Moulin se consacrait à la musique.

A l’étage où il recevait le monde, c’est-à-dire quelques amis et beaucoup de news, il écrivait sur un bureau étroit. Et il a énormément composé et écrit en une dizaine d’années : trois albums, deux essais, trois pièces de théâtre et environ 600 chroniques.

Du 1er janvier 1997 à fin août 2008, chaque semaine, Marc Moulin partagea donc ses Humoeurs avec les lecteurs du Moustique. Pendant près de douze ans, il fut fidèle au poste, sans vacances. Malgré les exigences du théâtre, et de ses concerts. Et, jusqu’aux derniers moments, malgré la maladie. C’est dire si cette rubrique était un ancrage dans sa vie. Elle représentait sans doute un moyen de continuer à transmettre et à partager après des années de radio.

S’informer, réfléchir, écrire pour faire réfléchir et rire. C’était cela et encore un peu plus, comme dans un de ses tous derniers textes où il écrivait, mettant en parallèle notre été pourri et notre gouvernement en sursis : « le Belge a l’air de mieux supporter le temps qui passe que le temps qui fait ». La concision et le balancement de la formule, le message personnel sous la vérité générale, ce n’est plus de la chronique, c’est de la littérature. On ne peut qu’éprouver de l’admiration et de la tendresse pour un homme capable d’une telle phrase, de la fierté aussi quand il travaille avec vous. Marc Moulin considérait au contraire que c’était lui le privilégié. Son goût de la pédagogie douce («parler légèrement de choses profondes») y trouvait son compte. Non seulement il avait le droit de donner son avis mais, en plus, ses chroniques étaient suivies par 400 000 lecteurs (2/3 de notre lectorat).

Il était d’ailleurs très soucieux de conserver l’attention de son public : « quand mes textes pour Moustique sont trop sérieux, je les réécris en pensant que je les raconte à un copain ». Régulièrement, pour laisser souffler son audience, il retournait au rire franc et à l’absurde (il admirait le non-sense et l’humour à froid des Anglais).

Marc aimait s’exprimer à l’intérieur de contraintes. La première de toutes, c’était la perfection qu’il s’imposait. Il nous a souvent demandé au dernier moment de déplacer une virgule dans son texte (« la volonté d’être irréprochable, c’est un reproche qu’on peut me faire »). Et s’il ne s’inquiétait jamais d’aller trop loin dans ses propos, il s’interrogeait souvent sur le choix et l’ordre des mots pour les exprimer. Être efficace dans l’exercice de la chronique, voire séducteur, ne l’empêchait de défendre des thèses très personnelles. Prêter à sourire, c’était sa manière de faire passer simplement sa pensée complexe.

Malgré la fermeté de son style et la sincérité de ses convictions, Marc Moulin était le contraire d’un esprit fermé. Des lecteurs pouvaient taxer ses Humoeurs de gauchisme primaire ou tout aussi bien d’anti-socialiste systématique, il leur répondait avec la même minutie, la même mesure. Au fond, il était plutôt à gauche, mais virulent envers les socialistes peu sociaux. Il châtiait passionnément un service public qu’il aimait bien. Il a décrit la crise financière avant même qu’on ne la diagnostique. Il s’est arrêté sur les faiblesses des puissants, dénonçant, parmi mille autres promesses non tenues, les vieux airs de la nouvelle gouvernance et les publicités qui nous prennent pour des cons.

Marc Moulin n’avait pas de camp, sinon celui de la légitime ingérence dans toutes ces affaires qui nous regardent ou dont on ferait mieux de se préoccuper.

Ses apparents paradoxes disent en fait une grande sensibilité et ses lecteurs les ont bien décryptés. Pour eux, il était un vengeur, la voix et le ton qu’ils ne pouvaient pas tenir. Ils ont compris que semaine après semaine, on ne peut pas être si dur avec le monde sans vouloir son amélioration. Son intelligence et sa culture conféraient à Marc Moulin une autorité naturelle. Il était le dernier à la réclamer. Il ne voulait pas donner de leçons. Il voulait contribuer et il l’a fait. »

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