EXPOSITION BRIGITTE BARDOT. LES ANNEES « INSOUCIANCE »


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Brigitte Bardot. Les années « insouciance »,

MA30 - Espace Landowski Boulogne-Billancourt

(À partir du 29 septembre, du mardi au samedi, de 11 heures à 18 heures).

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Bardot, la légende, «Hors-Collection»,

Catalogue de l’exposition.

EXPOSITION - À partir du 29 septembre, à Boulogne-Billancourt, une rétrospective rendra hommage à la plus sensuelle des mythologies françaises. Comment, dans les années 1950-1960, une jeune fille de la bourgeoisie s’est métamorphosée en une icône universelle.

Celle qui fut vingt ans durant une star internationale et un symbole de la France des années 50-60 fêtera ses 75 ans lundi prochain. Si elle a quitté le cinéma en 1973, elle n’a pas cessé de se battre avec sa fondation pour les animaux. C’est la première fois qu’une exposition d’une telle ampleur est consacrée de son vivant à une star de cinéma.

Nathalie Rheims, écrivain, résume le mythe Bardot : «Si différente, si vivante (…) Elle est un mythe, une icône qui a fait rêver tous les hommes. La beauté absolue. La grâce angélique, avec, parfois, une trace du diable. Combien de femmes sur cette terre se sont rêvées Brigitte Bardot. Pourtant, elle n’est pas comme cette Marilyn désincarnée de Warhol. Pour moi, elle est si différente, si vivante. C’est à travers son combat pour les animaux que je me retrouve en elle. Son retrait du monde, le don de sa vie à cette cause est ce qui nous ras­semble. C’est là, pour moi, que se niche la seule vérité possible, dans cette relation d’amour pur qui s’incarne dans la fragilité innocente, la seule où peut s’exprimer la vérité des sentiments.»

Dans LE FIGARO (21/09/2009), Armelle Héliot revient sur la naissance du mythe : «  Belle, belle, c’est tout simplement d’abord parce qu’elle était d’une beauté sidérante que Brigitte ­Bardot a exercé, au cœur de la société française, et du monde, une influence extraordinaire. Malgré elle souvent, mais aussi en toute conscience parfois. Dans l’avant-propos du nouveau livre que lui consacre Henry-Jean Servat, elle écrit : «Portée par un courant que je n’ai pas maîtrisé, ma vie a basculé bousculant tout ce qui fut mon enfance et mon éducation. » Ce courant, c’est celui d’une époque. Elle n’est pas venue trop tard dans un monde trop vieux. C’est comme si on l’avait attendue et que, dès les premières couvertures des Veillées ou de Elle, quelque chose avait frappé chacun : elle n’est pas comme les autres. Elle irradie. Elle dégage. La danse a exalté son allure de déesse, son port de reine. Elle a un sourire qui éclabousse, un visage plein et des lèvres sensuelles. Belle, mais pas seulement.

Née en 1934, elle grandit dans une famille bourgeoise des beaux quartiers : très bien élevée, Brigitte Bardot. Son père voulut faire interdire les affiches de ­Manina, la fille sans voiles… film qu’elle tourna dès 1952, la même année que le charmant Trou normand de Jean Boyer avec Bourvil ! D’un côté, une gentille petite fille, de l’autre, une pin-up en bikini blanc ! Apocalypse des bonnes familles. Mais papa, «Pilou», taquine la muse et maman va ouvrir sa maison de couture. Brigitte présente ses robes. La famille est, elle aussi, autant que BB, représentative d’une évolution de la société française, dans les années 50. Et c’est en famille qu’elle passe ses vacances à Saint-Trop. Celui de Colette, qui l’adore.

«Portée par un courant», contrariée par une époque, aussi. Quand on revoit le scandale que put faire cette aimable chronique qu’est Et Dieu créa la femme (1956) avec Vadim, son premier mari et son Pygmalion, on ne peut s’interdire de penser à l’impact de Bonjour tristesse de Françoise Sagan, deux ans plus tôt ».

« Elle pulvérise les codes, explique encore Armelle Héliot. Mais Bardot n’est pas seulement une beauté que l’on dénude - et puis, elle n’est pas la première ! N’oublions pas, par exemple, Edwige Feuillère dans Lucrèce Borgia - elle est aussi une rétive, une insolente, une fille qui a beaucoup d’esprit, le sens de la repartie. Lorsque New York la découvre, les répliques fusent. Elle est épatante. Sa joie de vivre la galvanise. Mais les pressions sont épouvantables. Photographes, échotiers. Elle est pudique. Elle n’aura pas une existence facile, mais elle se tait sur les douleurs les plus profondes. Elle rate un suicide en 1960, au sortir du tournage de La Vérité de Clouzot, le jour même de ses 26 ans. C’est de là que vient le « scandale ». Pas des amours et encore moins de la filmographie qui est depuis longtemps considérée comme excellente. Non plus de son jeu. Moqué un temps - sa manière d’articuler : héritage de l’enfance, lorsqu’il faut parler clairement à papa dur d’oreille… Son jeu, c’est sa liberté. Elle pulvérise les codes.

C’est parce qu’elle n’est pas comme les autres que les poètes et les intellectuels se penchent sur son «cas». Qui est donc cette solaire qui rapporte des millions de devises à la France, que toutes les femmes imitent, qui donne le sentiment de la liberté ? Le jeune Barthes l’explique. «Elle n’est pas plus licencieuse mais simplement plus libérée. Elle représente un ­érotisme plus ouvert, dépouillé de tous ces substituts faussement protecteurs qu’étaient le semi-vêtement, le fard, le fondu, l’allusion, la fuite.»

Cocteau l’adore : «Elle vit comme tout le monde en n’étant comme personne.» Duras s’en mêle, docte. «Du Japon à New York et vice versa, elle représente l’aspiration inavouée de l’être humain du sexe mâle, son infidélité virtuelle d’un ordre bien particulier - celle qui l’inclinerait vers le contraire de son épouse, vers la femme de cire qu’il pourrait modeler, faire et défaire à volonté, jusqu’à la mort incluse. Nous l’appellerons de son vrai nom, la reine Bardot.» Nourissier lui consacre tout un livre. Avec des images ! La plus cocasse est celle du face-à-face avec le général de Gaulle. Tante Yvonne ne veut pas la voir à l’Élysée. Elle vient tout de même. En pantalon, veste militaire d’opérette à brandebourgs, pantalons, cheveux défaits ! Total respect… Le Grand Charles : «Une simplicité de bon aloi.»

En 1968, c’est par le show Bardot que débuta l’année… On coupa une séquence. Celle de la Bardot drapée dans un drapeau tricolore. Mais deux ans plus tard, elle était Marianne !

(Sources : LE FIGARO, EIPA)

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