Actualités | Quai d’Orsay


 

Ministère des Affaires étrangères | Point presse | 16 mars 2009

1 - DEPLACEMENT DE BERNARD KOUCHNER AU TCHAD (14 et 15 mars)
2 - INTERVENTION DE BERNARD KOUCHNER DEVANT L’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE
3 - FRANCE / TOGO / AFRIQUE : SIGNATURE DES NOUVEAUX ACCORDS DE DEFENSE
4 - SOMALIE / ENLEVEMENTS
5 - GRANDE-BRETAGNE / COMMISSION EUROPEENNE
6 - ISRAEL

1 - DEPLACEMENT DE BERNARD KOUCHNER AU TCHAD (14 et 15 mars)

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, s’est rendu les 14 et 15 mars au Tchad à l’occasion du passage de relais d’EUFOR TCHAD/RCA à la MINURCAT. Le ministre était accompagné d’une délégation de parlementaires européens et français et de représentants du secrétariat et de la présidence du Conseil de l’Union européenne.

Le 14 mars, à N’Djamena, Bernard Kouchner a rencontré, avec l’envoyé spécial de la Présidence tchèque Georg Lennkh, le comité de suivi de l’accord du 13 août, instance de dialogue et de concertation entre la majorité et l’opposition tchadiennes pour la réforme constitutionnelle et l’organisation des prochaines élections, dans lequel l’Union européenne l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), les Nations unies et l’Union africaine jouent un rôle d’observateurs et de facilitateurs. Le ministre a rappelé l’importance de l’accord du 13 août et appelé le comité de suivi à surmonter les obstacles actuellement rencontrés dans la mise en oeuvre du processus électoral.

Bernard Kouchner a été reçu par le président Idriss Deby et le Premier ministre Yousouf Saleh Abbas. Il a évoqué avec eux le bilan de l’opération Eufor-Tchad/RCA, l’évolution de la situation au Soudan et la nécessité de poursuivre le dialogue régional ainsi que le soutien apporté par la France, aux côtés de l’Union européenne et de l’OIF, au dialogue politique inter-tchadien.

Le 15 mars, Bernard Kouchner s’est rendu à Abéché où il a participé à la cérémonie de passage de relais de l’opération EUFOR TCHAD/RCA à la MINURCAT. Il a visité le camp de réfugiés de Djabal et le site de déplacés de Gassiré, à proximité de Goz Beida.

Le ministre a souligné qu’Eufor avait rempli avec succès et en toute impartialité sa mission concernant la sécurité des 500.000 personnes déplacées et réfugiées à l’Est du Tchad et au Nord-Est de la République centrafricaine. L’opération européenne est la preuve de l’engagement de l’Union européenne au service de la communauté internationale dans cette région. Il a rappelé que le retrait d’EUFOR ne marquait pas la fin de l’implication de la France et de l’Union européenne au Tchad et dans la région puisque 2.000 hommes servant actuellement dans le cadre de l’EUFOR passaient sous la bannière de la MINURCAT.

La France comme l’Union européenne resteront actives dans le domaine de l’action humanitaire et du développement, notamment à travers leurs programmes d’aide au retour des déplacés dans l’Est du Tchad, et poursuivront leur action sur le plan politique au Tchad, en République centrafricaine et au Soudan, où la mise en oeuvre de l’accord de paix global et du processus de paix au Darfour est plus que jamais cruciale pour la stabilisation de la région.

2 - INTERVENTION DE BERNARD KOUCHNER DEVANT L’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE EURO-MEDITERRANEENNE (Bruxelles, 16 mars)

Bernard Kouchner est intervenu ce matin aux côtés de son homologue égyptien, Ahmed Abul Gheit, à l’occasion de la cinquième session plénière de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne.

Les deux ministres, dans le cadre du travail commun des coprésidences de l’Union pour la Méditerranée, ont notamment évoqué devant les membres de la commission politique de l’Assemblée parlementaire les moyens de relancer progressivement le processus de l’Union pour la Méditerranée ainsi que la situation du processus de paix dans le contexte de l’après Gaza et des efforts du gouvernement égyptien en vue d’une relance de ce processus.

La France et l’Egypte poursuivront leur concertation sur ces sujets.

3 - FRANCE / TOGO / AFRIQUE : SIGNATURE DES NOUVEAUX ACCORDS DE DEFENSE

L’ambassadeur de France à Lomé et le ministre des Affaires Etrangères du Togo ont signé le 13 mars le nouvel accord instituant un partenariat de défense entre nos deux pays.

Cet accord est le premier des textes destinés à remplacer les anciens accords de défense nous liant à plusieurs pays africains, dont la révision avait été annoncée par le président de la République dans son discours du Cap le 28 février 2008 devant le Parlement sud-africain. Les autres pays concernés sont le Cameroun, les Comores, la Côte d’Ivoire, Djibouti, le Gabon, la République centrafricaine et le Sénégal.

Après le discours du Cap, une mission avait recueilli les vues de nos partenaires concernés et un groupe de travail commun avait été constitué par les ministères des Affaires étrangères et européennes et de la Défense. Les travaux de ce groupe ont conduit à des propositions que nous avons faites au Togo et que nous allons faire à nos autres partenaires dans les semaines et les mois à venir. Ce processus aboutira à l’abrogation des accords passés dans ce domaine. Un document unique regroupera les dispositions relatives à l’ensemble de notre relation de défense avec chacun de ces pays.

Nous traçons ainsi le cadre juridique rénové de nos futures relations en l’adaptant à l’évolution de l’Afrique et du monde. Cette rénovation conduit à un texte moderne fixant, au fil de ses dispositions techniques et dans un plein esprit de réciprocité, les domaines de notre relation de défense, le statut des personnels concernés et les facilités offertes aux forces de la France et de ses partenaires. Il s’adapte en même temps aux spécificités de la situation de chacun des pays concernés.

Il s’agit essentiellement, en maintenant notre coopération militaire, d’ouvrir celle-ci vers la construction de l’architecture de paix et de sécurité en Afrique et vers le concours que l’Europe s’est engagée à lui apporter dans le cadre du partenariat stratégique entre l’Union européenne et l’Union africaine signé à Lisbonne en décembre 2007.

Ce document unique, nous l’avons aussi voulu pour que l’ensemble de nos partenaires africains et européens, les Parlements et les opinions concernés puissent appréhender en une seule lecture les différentes facettes de notre relation. C’est dans une recherche de cohérence, de transparence et d’adhésion que s’inscrit cette démarche qui aboutira à la saisine du Parlement français afin qu’il examine chacun de ces accords pour en autoriser la ratification.

Enfin, à cette occasion, a été abandonnée, comme l’avait annoncé le président de la République, toute référence à une éventuelle intervention dans une crise intérieure que comportaient certains de nos anciens accords.

L’ensemble de cette démarche vise à mieux prendre en compte la montée en puissance sur le continent africain des systèmes de sécurité collective de l’Union africaine et des Nations unies.

Cette évolution est déjà une réalité concrète. La tâche principale de nos forces pré-positionnées est la formation des éléments de la Force africaine en attente et de détachements africains pour des opérations de maintien de la paix, comme en Somalie par exemple. Les Ecoles nationales à vocation régionale, que nous soutenons, contribuent aussi à cette formation destinée à permettre à l’Afrique de disposer des capacités techniques nécessaires à la mise en oeuvre d’une sécurité collective. L’ouverture sur l’Europe s’amorce enfin, avec l’accord des pays africains concernés.

S’agissant du Togo, l’inauguration du Centre national de formation aux opérations de maintien de la paix où va s’entraîner le détachement togolais destiné à la MINURCAT, comme la formation d’une compagnie dédiée à la brigade en attente “Ouest” de la Force africaine en attente, sont des exemples concrets de cette nouvelle orientation des armées africaines.

4 - SOMALIE / ENLEVEMENTS

Avez-vous une réaction après les enlèvements de plusieurs employés du PAM et du PNUD en Somalie ? Avez-vous des informations concernant les employés de l’ONG française “Action contre la Faim” qui ont été enlevés il y a plusieurs mois maintenant ? La France dit vouloir accroître la sécurité des personnels humanitaires en Somalie, comment cette idée peut-elle se traduire dans le chaos qui règne à travers le pays ?)

La France condamne l’enlèvement ce matin à Wajid de plusieurs membres du Programme alimentaire mondial à l’issue d’une mission au Puntland.
Elle demande leur libération sans délai.

La France rend une nouvelle fois hommage au travail et à l’engagement des personnels des Nations unies sur le terrain en Somalie, au service de la population somalienne.

Afin de mieux répondre à la détresse de cette population, le Conseil de sécurité a adopté le 16 janvier 2009 la résolution 1863 qui envoie un message politique clair : la priorité est d’apporter un soutien financier et logistique aux efforts de l’Union africaine en faveur de la stabilisation du pays et de lui donner les moyens d’achever le plein déploiement de l’AMISOM.

Dans ce contexte, nous espérons que le nouveau gouvernement somalien, avec l’aide de la communauté internationale, parviendra à accroître la stabilité et la sécurité en Somalie. C’est le sens du message de soutien qu’a récemment apporté Bernard Kouchner au président de Somalie, Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, lorsqu’il l’a rencontré à Djibouti le 22 février.

S’agissant des membres de l’ONG “Action contre la faim”, vous savez que la discrétion est de mise dans ce type de situation, dans l’intérêt même de la sécurité des personnes concernées.

5 - GRANDE-BRETAGNE / COMMISSION EUROPEENNE

(Est-ce que la France partage le point de vue de Gordon Brown en faveur d’un deuxième mandat pour José Manuel Barroso à la Commission européenne ? Et quel est le calendrier relatif à la nomination du prochain président de la Commission ?)

Notre pays a déjà eu l’occasion d’exprimer à plusieurs reprises combien il appréciait les qualités et l’action de José-Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, notamment face à la crise économique et financière. Je n’ai rien d’autre à ajouter.

6 - ISRAEL

(Avez-vous un commentaire sur l’accord de coalition conclu en Israël entre le Likoud et le parti Israël Beiteinou, qui donne naissance à un gouvernement d’extrême droite hostile au processus de paix et à la création d’un Etat palestinien ?)

Comme vous le savez, le processus de formation du gouvernement israélien est encore en cours. Attendons qu’il soit formé et de connaître son programme.

Lorsque ce gouvernement sera constitué, nous nous attacherons à dialoguer avec lui, dans le cadre de la relation de confiance et d’amitié qui nous lie à Israël et comme nous l’avons déjà indiqué au lendemain des élections, pour trouver la meilleure façon de reprendre résolument et sans délai le processus de paix, dans tous ses volets, et de conclure ce processus au plus vite, avec l’appui de l’ensemble de la communauté internationale. La création d’un Etat palestinien indépendant, viable et démocratique constitue en effet pour nous la meilleure garantie de sécurité d’Israël, sécurité à laquelle la France est indéfectiblement attachée.

Dans cette attente, nous continuons de travailler avec les autorités israéliennes actuelles afin de trouver au plus vite les voies d’une consolidation du cessez-le-feu à Gaza, s’agissant en particulier de l’arrêt total de toutes les violences, au premier chef les tirs de roquettes, de la réouverture des points de passage depuis ou vers Gaza, de la levée du blocus et de la lutte contre la contrebande d’armes.

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